Speaker #0Bonjour et bienvenue sur ce dixième épisode du journal d'une agoraphobe. Un podcast pour vous, anxieux, accompagnants anxieux, et mesdames, messieurs les psychologues ou psychologues en devenir. Je témoigne pour vous de mon expérience d'ancienne agoraphobe. En témoignant, j'espère vous faire bénéficier de l'expérience de quelqu'un qui a essuyé un certain nombre de plâtres, genre les relations avec le corps médical, les relations avec le corps paramédical. Je ne prétends pas du tout soigner, ce n'est ni ma formation, ni mon métier. J'espère juste que mon humble expérience apporte d'une part quelques pistes pour un certain nombre d'entre vous et qu'elle contribue à une certaine libération de la parole sur un sujet qui stigmatise bien trop de personnes. Lors de l'épisode 9, nous avons vus que ma psy aurait aimé que je prenne un traitement antidépresseur. En tant que psychologue, elle n'est pas habilitée à effectuer une ordonnance d'antidépresseurs. C'est donc vers mon généraliste que je me suis tournée. Ce dernier n'a tenu compte ni de mon état d'anxiété généralisé, ni des recommandations de ma psy. N'étant pas convaincue par les antidépresseurs, il a préféré me faire une ordonnance de 3 mois de STRESAM. Ma psy s'est sentie un peu démunie face à ce refus et moi un peu démuni face à ma psy. Conclusion, il me semblait vraiment n'avoir en ma possession aucune stratégie pour me sortir de ce trouble anxieux généralisé qui me pourrissait la vie. Je ne voyais aucune issue quand une copine d'une copine d'une copine de ma mère a parlé d'une praticienne en PNL. Je n'avais jamais entendu parler de PNL. Aujourd'hui, je demanderai à ChatGPT, mais à l'époque, il n'existait pas. J'ai donc demandé à Google de m'informer sur la PNL. Non, la PNL, ce n'est pas le dernier tube d'un groupe de rap, même si ça aurait pu. Là, on est dans un tout autre registre, la programmation neuro-linguistique. Pour le petit jeu de mots, tout un programme, vous allez voir. Je suppose qu'on vous a au moins fait dix fois le coup de l'analogie entre le cerveau et l'ordinateur. Eh bien, c'est parti pour la onzième fois. Dans ce cadre, la PNL, c'est un peu comme l'ensemble des logiciels que vous utilisez pour communiquer avec vous-même et les autres. La programmation neuro-linguistique vous permet de reprogrammer ces logiciels si, par exemple, certains bugs vous empêchent d'avancer dans la vie. Genre avoir une grosse bouffée d'angoisse si vous devez aller jeter la poubelle ou prendre un bus. Je vais essayer, sans vous endormir, de résumer les concepts de base de la PNL. On a la programmation. C'est toutes les habitudes, les croyances, les comportements qu'on a engrangés au fil du temps. Vous savez, ce petit programme qui vous fait toujours stresser quand vous parlez en public ou cette tendance à manger un paquet entier de chips devant Netflix. Ça, c'est la programmation d'un certain nombre d'entre nous. En deux, neuro. Parce que tout passe par votre cerveau. Logique. Vos neurones sont là à bosser à fond. Ils enregistrent tout ce qui se passe autour de vous comme une sorte de caméraman invisible. Et en trois, la linguistique. Et là, on parle du langage. Mais pas que les mots que vous utilisez pour... parler aux autres. Il s'agit aussi du langage que vous utilisez pour vous parler à vous-même. Et on sait tous que ça peut être un dialogue un peu contre-productif parfois. Genre, je n'ai pas les capacités, je ne suis pas capable. Un praticien PNL travaille donc sur ces schémas mentaux et nous aide à reprogrammer tout ça si nécessaire. Il pose des questions importantes que souvent nous ne nous sommes pas posées. et nous amène à visualiser certaines situations différemment. En gros, c'est un peu comme un hacking cérébral. Un exemple qui parlera à beaucoup, j'en suis certaine, la phobie des araignées. Avec la PNL, on nous fait changer de représentation. On nous dit « Hé, vous êtes sûr de vouloir continuer de voir cette bestiole comme un monstre ? Pourquoi ne pas la voir en version un insecte tout à fait inoffensif ? » Bon, bien évidemment, il faut savoir raison garder. Si vous êtes en pleine cambrousse australienne, là où les araignées peuvent être dangereuses, fuyez. Mais si vous êtes dans le métro parisien, changez sa représentation, passez du monstre à l'insecte inoffensif, ça a du sens. Google était donc en train de m'expliquer que la PNL, c'est un ensemble d'outils actionnables et pratiques pour mieux se comprendre et surtout pour changer des représentations qui nous desservent plus qu'autre chose. Google m'explique également que ces outils ont fait leur preuve. Il me manquait un plan d'action, une méthode. En lisant les différentes descriptions de la PNL dans Google, je me suis dit « voilà mon plan d'action » . Ma mère a pris les coordonnées de cette praticienne dont avait entendu parler une amie d'une amie d'une amie. Et moi, j'ai pris un rendez-vous. Elle est disponible assez rapidement. Elle effectue ses séances dans une des chambres de son domicile. On se rend rapidement compte que c'est une ancienne chambre d'adolescent. Elle est accueillante, sympa et très démonstrative, théâtrale même. Elle me laisse cinq minutes pour m'expliquer sur les raisons qui m'ont motivée à la consulter. Et là, elle commence tout un monologue d'une demi-heure sur comment elle pense que ça s'est passé pour moi quand j'étais dans le ventre de ma mère. Les 30 minutes les plus longues de ma vie. Pour deux raisons. Ce qu'elle était en train de me dire n'avait aucun sens pour moi et plus elle parlait et plus je voyais s'éloigner ce plan d'action, cette méthode que j'attendais tant. Elle me donne un rendez-vous pour la semaine d'après. Je dis à ma mère que je ne souhaitais pas trop y retourner. Ma mère me répond une expression du genre "Il faut suivre le mentor jusqu'au pas de la porte". J'y retourne donc la semaine suivante. Même topo, je parle même pas cinq minutes avant qu'elle me dise qu'elle était très fière de moi, que grâce à la séance de la semaine passée, elle pouvait sentir que j'avais fait de gros progrès. Bien évidemment, ce n'était pas le cas. Puis elle repart sur sa perception de ce que j'ai vécu lorsque j'étais dans le ventre de ma mère. Elle me donne un troisième rendez-vous pour la semaine suivante. Je n'y ai jamais remis les pieds. Entendons-nous, je ne remets en aucun cas en cause la PNL. J'ai bien compris que c'était une boîte à outils actionnables et efficaces. Je remets en cause la relation que j'ai eue avec cette praticienne. Je ne me suis pas du tout sentie écoutée ni comprise. Sa personnalité théâtrale m'a bloquée. J'ai eu l'impression que je devais la laisser parler et qu'il n'y avait aucun espace pour que je m'exprime. Finalement, elle m'embrouillait plus qu'autre chose. En tant que patient, si vous ne vous sentez pas à l'aise avec un praticien, n'hésitez pas à en parler. Parlez-en autour de vous afin d'avoir l'avis de proches qui vous connaissent et pourquoi ne pas essayer d'en parler de manière constructive avec le praticien. Il est fort à parier qu'il est en mesure de comprendre. Je dis bien de manière constructive. Il ne s'agit pas de dire « je vous trouve trop théâtral » ou « trop nul » , mais plutôt de lui expliquer. Par exemple, « j'ai l'impression que dans votre cabinet, je n'ai pas d'espace de parole. » Si sa réaction n'est pas adaptée, ou si vraiment votre psychologue ou votre praticien ne vous convient pas, il faut changer. Cela ne sert à rien de s'embourber dans une situation qui ne vous convient pas et en plus, ça peut vous coûter cher. Voilà ! Nous avons fait un petit tour de ce qu'est la PNL. Encore une fois, je n'ai pas effectué cet épisode pour dénigrer la PNL. La PNL a fait ses preuves. Je relate cette mauvaise expérience même pas pour critiquer cette praticienne. Je fais cet épisode pour faire comprendre que nous sommes tous acteurs de notre guérison. C'est dans la relation que nous avons avec notre psy ou tout autre praticien que l'alliance thérapeutique se joue. Si vous avez le moindre doute sur cette alliance thérapeutique, n'attendez pas et réagissez immédiatement, en discutant autour de vous, en discutant avec votre praticien. Et si vraiment cela ne va pas, ne culpabilisez surtout pas. C'est votre guérison qui est en jeu. Il est donc tout à fait légitime que vous souhaitiez changer de praticien. Et dans ce cas-là ? n'attendez pas, passez à l'action Chers auditeurs, c'est sur ces mots que je vous laisse. À méditer. Avant de se quitter, j'ai juste une petite requête. Si cet épisode vous a aidé ou si vous aimez ce podcast, pensez à le noter et à laisser un petit commentaire. Ça m'aide énormément et ça permet à d'autres personnes qui pourraient en avoir besoin de découvrir le podcast. Et bien sûr, n'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode. Merci d'être là et à très bientôt !