- Speaker #0
On va se positionner et on est en train de construire aussi un centre de tri, puisque quand on emmène les déchets dans un centre de tri, il y a toujours une partie qui n'est pas triable, donc ce qu'on appelle un centre de tri. de surtrie. Donc aujourd'hui, on a un partenariat qu'on est en train de nouer avec Citeo et il y a un chantier en cours pour créer ce centre de surtrie à Tiverval sur notre écosyte. Donc effectivement, on élargit le scope de nos métiers, mais en gardant quand même ce métier de base historique, la collecte, qui représente 70% de notre activité.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Anthony Baron et vous écoutez les Afters de la Transformation. Un podcast à déconcilier qui donne la parole aux leaders et acteurs des enjeux de demain. Bonne écoute à tous. Nous nous immergeons aujourd'hui dans l'univers du recyclage. Nous avons l'honneur et le privilège d'accueillir Philippe Crassus, directeur matériel et achat du groupe C'est Pur. Bonjour Philippe.
- Speaker #0
Bonjour Anthony.
- Speaker #1
Et bienvenue à vous dans ce nouveau numéro des Acteurs de la Transformation. Alors dans cette interview, nous allons revenir sur les éléments de votre parcours, évoquer ensemble l'histoire et le positionnement du groupe C'est Pur qui a été créé en 1965. La stratégie et transformation que vous pilotez actuellement, le mode de management et la gouvernance également qui nous intéressent. On abordera un sujet essentiel et au cœur de nos métiers qui sont notamment la stratégie RSE et les stratégies d'impact que vous menez au quotidien. Et on évoquera également les enjeux et les perspectives du secteur du recyclage. Alors Philippe ? Concernant votre parcours, vous êtes diplômé d'une école de commerce ISEMA et d'un DESS en achats universitaires de Grenoble. Vous débutez votre carrière dans les achats chez TsoDexo, puis comme consultant au sein de CSE Pitmarwick et Kiyu. Et de 2007 à 2011, vous êtes responsable des achats techniques, puis responsable du matériel au niveau du groupe SOR, spécialisé dans le traitement de l'eau. Et en 2012, vous rejoignez le groupe CEPUR comme directeur achats et matériel pour accompagner sa phase de... développement pour en faire un acteur de référence dans le recyclage, la collecte et le tri des déchets. Première question pour vous Philippe, vous êtes depuis plus de 10 ans directeur achat matériel chez C'est Pur. Qu'est-ce qui vous a amené, notamment, à vouloir rejoindre ce secteur qui est celui de la collecte et du tri des déchets ?
- Speaker #0
Donc, de 2007 à 2012, en intervenant chez Groupe SOR, qui à ce moment-là avait également une filiale de collecte des déchets, Coved, qui depuis a rejoint notre groupe, Ce travail avec les collectivités locales, ce travail avec ses exploitants, qui était assez intéressant, mais au sein d'un grand groupe. SOR était une filiale de Boeing à ce moment-là. Donc un côté intéressant de vouloir être un peu plus proche d'une activité terrain et surtout d'être un peu plus acteur de la transformation dans une entreprise qui, à ce moment-là, était une entreprise qui sortait d'une époque familiale et de se sentir un peu plus impliqué dans le choix de ses décisions et surtout qu'elles deviennent très concrètes et très opérationnelles et de pouvoir les corriger très rapidement.
- Speaker #1
Et donc sur le périmètre des achats et du matériel, qu'est-ce qu'on retrouve ? Donc le métier de CEPUR,
- Speaker #0
il est assez classique. En 2012, c'est de la collecte de déchets au service des collectivités locales. C'est de la propreté urbaine, donc ces deux métiers-là. Donc un métier très classique, très simple, des hommes et des camions. Donc naturellement, dans l'organisation de CEPUR à ce moment-là, la double casquette directeur matériel et directeur d'achat est confiée à la même personne. Et c'était le challenge de ce poste-là en 2012. de porter ces deux responsabilités-là.
- Speaker #1
Et quel est le contexte, l'environnement de CEPUR en 2012 quand vous l'avez rejoigné ?
- Speaker #0
Donc en 2012, M. Matusiewski, président fondateur depuis 1965, décide de préparer la suite, de donner un second souffle à son entreprise. Il a un certain âge à ce moment-là, il ouvre son capital à un fonds d'investissement qui fait rentrer à 50%. Et c'est l'occasion, à ce moment-là, de faire entrer aussi des têtes nouvelles au sein du comité de direction, de structurer un comité de direction. On passe d'une entreprise familiale à une entreprise qui prend une nouvelle envergure. Oui, c'est le VO. Donc voilà. Donc à ce moment-là, ce poste est à pourvoir et l'opportunité de rejoindre cette entreprise-là.
- Speaker #1
Alors C'est Pur, c'est un groupe qui fait 469 millions d'euros de chiffre d'affaires, 4 200 collaborateurs, ce sont 2 900 véhicules. Quelles ont été les grandes étapes ? dans l'histoire et qui fait que C'est Pur est devenu aujourd'hui un acteur de premier rang.
- Speaker #0
Donc C'est Pur, petite entreprise régionale des Yvelines, 1965, créée par M. Matuseski, comme beaucoup d'entreprises de collecte de déchets à cette époque-là, dans les années 60-70. Très rapidement, il comprend qu'il faut avoir une croissance externe pour devenir un acteur un peu plus important. Donc dans les années 80, il rachète une entreprise qui s'appelle C'est Pur. L'entreprise initiale s'appelait Matuseski et sa RL. un peu difficile à écrire et à prononcer pour être porteur. Il rachète une entreprise qui s'appelle Cépure, donc il grossit localement autour de l'île de France, Neuilly, Sarcelles, Alfortville, des agences historiques pour nous. Et après, très rapidement, 2005, l'arrivée de notre président actuel, M. Ivanov. Et 2012, il commence à vouloir passer la main à... grandir avec un fonds d'investissement, donc Fondation Capitale à ce moment-là, un fonds français. Et là, c'est l'essor, c'est plus grand puisque c'est le principe des fonds de retourner, de réveiller un peu l'entreprise sur des acquis et de passer dans une croissance plus intéressante. C'est l'occasion pour nous de vraiment affirmer notre stratégie qui est toujours la même, de continuer à croître, rester concentré sur nos métiers historiques, donc la collectivité locale, la collecte. La propreté urbaine, de la traitement et de valorisation des déchets ménagers et tout en affirmant que dans ce schéma-là, on cherche l'excellence opérationnelle en tant que pure player et d'inscrire dans notre ADN tout ce qui va être responsabilité sociale, sociétale et environnementale.
- Speaker #1
On reviendra effectivement sur ces sujets. 2012, vous le dites Philippe, l'arrivée d'un fonds d'investissement au capital de la société. Derrière le développement, on imagine que ça a accéléré. C'était quoi plutôt de la croissance organique ? des croissances externes aussi et des opérations de build up.
- Speaker #0
Donc 2012-2021, ça a surtout été de la croissance organique, donc un élargissement d'abord en Ile-de-France puis progressivement en province. Et à partir de là, 2023-2024, une croissance externe qui s'est accélérée, l'acquisition de trois entreprises. Donc une première qui était en Bourgogne, le fonds de commerce 2CT Collecs, qui nous a rejoint en 2023. 2024, une partie du fonds de commerce d'un confrère qui nous a rejoint également, donc ÉcoDéchets, qui nous a permis de consolider les positions que nous avions déjà sur le Grand Est. Et pareil, 2024, début 2025, le fonds de commerce de SAMSIC Propreté urbaine, qui nous a permis de consolider également des positions sur la propreté urbaine au sein des collectivités.
- Speaker #1
C'était combien de personnes au global qui ont été intégrées ? au travers de ces acquisitions ?
- Speaker #0
Au global, ça a dû être 800 personnes qui ont été intégrées à différentes phases sur ces trois acquisitions-là, sur différents territoires. Donc maintenant, ça permet à Sépur de couvrir un territoire entre la croissance externe et la croissance organique sur un axe qui va du Havre à Beaune. Tous les territoires au nord de ces départements-là voient passer un camion Sépur aujourd'hui, plus un centre de tri en Vendée, un centre de tri en Gironde. Aujourd'hui, C'est Pur, c'est 34 départements où on voit un logo C'est Pur et où un camion C'est Pur tous les matins.
- Speaker #1
D'accord. Et si on reste sur ce sujet de l'acquisition, comment c'est passé ou quelles sont peut-être aussi les difficultés que vous partagez avec nous sur l'intégration de ces acquisitions, peut-être aussi sur les enjeux d'acculturation des collaborateurs, des sociétés acquises au sein de la culture C'est Pur ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, on trouve sur le marché des entreprises de collecte de recyclage des entreprises de taille intermédiaire à acquérir. Il y en a quelques-unes, cette génération-là, des gens qui les ont créés et qui ont maintenant 70 ans, qui souhaitent les aider. Il y en a plusieurs. Ce qui est quand même un marqueur important pour nous, c'est cette culture de la collectivité locale, donc pouvoir s'intégrer dans... Aujourd'hui, notre cœur de business, un marqueur autour de la collectivité locale, cette volonté de partager, de bien faire, d'être un pur player, de ne pas se porter sur du recyclage plus que de choses, ce n'est pas notre métier, et d'intégrer cette dynamique-là, forte tant sur la culture des hommes que sur la responsabilité sociétale et environnementale. Ce sont des marqueurs assez forts dans l'entreprise.
- Speaker #1
Bien sûr. Et si on parle maintenant du business model aussi de Cepure, donc on l'a compris, vous faites la collecte, le tri de ces déchets, et ensuite, qu'est-ce qui se passe dans la chaîne de valorisation des déchets ?
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, la chaîne de valeur, c'est effectivement la collecte, donc la partie logistique de ce grand métier, mais on va en parler plus, parce que c'est là aussi qu'on capte la matière. Plus tard, on peut donner, c'est le grand terme à la mode de l'intelligence artificielle sur cette phase-là, assez sommaire et assez classique. Donc on collecte, après on trie le déchet, on l'amène dans un centre de tri de collecte sélective, où là on transforme un déchet bruit. collectés dans un camion en poubelle en une matière première et après il peut être valorisé donc là on est sur une chaîne de valeur où c'est pur n'est pas présent aujourd'hui donc transformer ce papier ce plastique en une matière sommes pas présents mais après peuvent se porter aussi d'autres maillons de la chaîne de la valeur où nous réfléchissons qui est sur le déchet qui est est non valorisable. Donc aujourd'hui la l'unité de valorisation énergétique, l'usine d'ascénération pour les déchets, les poubelles qui sont dévalorisables. On va se positionner et on est en train de construire aussi un centre de tri, puisque quand on emmène les déchets dans un centre de tri, il y a toujours une partie qui n'est pas triable, donc ce qu'on appelle un centre de surtri. Donc aujourd'hui on a un partenariat qu'on est en train de nouer avec Citeo et il y a un chantier en cours pour créer ce centre de surtri à Tiverval sur notre écosyte. Donc effectivement, on élargit le scope de nos métiers. mais en gardant quand même ce métier de base historique, la collecte, qui représente 70% de notre activité.
- Speaker #1
Et le marché est constitué de gros acteurs, des acteurs de taille intermédiaire, C'est Pur est une ETI, et des petits acteurs, comment se configure finalement ce panorama du marché ?
- Speaker #0
Le panorama, on peut toujours être le premier sur son secteur, tout dépend du découpage de la chaîne de la valeur qu'on veut prendre. Si effectivement on considère qu'on est sur la production d'énergie, la production de matière, et jusqu'à revenir à notre métier historique, la collecte, on va trouver trois, quatre gros acteurs qui vont nous considérer comme un challenger ou une UTI. Si on se positionne comme le service aux collectivités locales, et on est dans cette volonté-là pour nous, puisque le client est au cœur de notre métier, On peut considérer que Sepur fait partie des gros players, des gros acteurs. Et effectivement, on va être une dizaine de joueurs nationaux sur ce terrain-là. Mais Sepur fait partie effectivement dans ce schéma-là des trois premiers.
- Speaker #1
D'accord. Trois premiers acteurs en France ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est pur, on n'est présent qu'en France. Donc cette volonté d'être présent nationalement, à partir de 34 départements, on peut considérer qu'on a une envergure nationale, une croissance qu'on veut raisonner et profitable. Donc effectivement, raisonner, ça veut dire ne pas partir vent debout sur tout le territoire, c'est rester proche de nos clients. Nos clients sont ceux qui parlent le mieux de nous. Donc ça nous oblige vis-à-vis d'eux, ça nous oblige nous-mêmes vis-à-vis de notre performance, parce que si on veut que ça soit nos meilleurs promoteurs, il faut être bon. Et par essence, on peut aller grossir sur les territoires avoisinants si on fait bien son travail. Donc c'est plutôt une approche dans ce sens-là.
- Speaker #1
Et la croissance organique, vous avez opéré notamment pendant une dizaine d'années à partir de 2011. Les parts de marché que vous avez obtenues, c'est en gagnant des appels d'offres ? auprès de collectivités, c'est ça, qui émettent à chaque fois ou remettent en tout cas ?
- Speaker #0
Le fonctionnement de notre métier, c'est du marché public, c'est de l'appel d'offres public. Donc effectivement, avec des contrats qui sont plus ou moins longs, la durée moyenne, c'est 5-6 ans. D'accord. Donc effectivement... marché public, un fusil à un coup. Donc, encore une fois, cette obligation d'excellence, ce qui est de notre faire valoir, puisque le train passe une fois tous les six ans, il ne faut pas le rater, sinon on repart, et on est obligé d'être bon et de se mettre en ordre de marche pour être bon pendant les six années où on l'a gagné, pour le renouveler derrière, sinon c'est une croissance éphémère.
- Speaker #1
Vous avez évoqué l'arrivée d'un fonds d'investissement en 2012. Il y a un nouveau fonds qui est arrivé en 2022. Donc Cube Infrastructure.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Quel a été l'apport notamment de ces deux actionnaires, capitalistiques et financiers, dans le développement de ces purs ?
- Speaker #0
Le premier de 2012, Fondation Capital, c'est le début de la transformation. On passe d'une ETI familiale qui est en croissance très forte depuis 2005, l'arrivée du Ray-Ban Off. mais qui a besoin d'un coup de pouce supplémentaire pour continuer à grossir.
- Speaker #1
Ce sont des investissements, notamment, qui sont nécessaires ?
- Speaker #0
Des investissements, formaliser une stratégie, une vision claire pour pousser les frontières, sortir de l'île de France. Donc ça, c'est la vague 2012-2021-2022. Et 2022, l'arrivée de Cube Infrastructure, on rentre dans une dynamique. qui est d'affirmer cette stratégie-là, donc accélérer la croissance avec du build-up, en faisant 2-3 opérations de croissance extérieure, d'accélérer sur la transition énergétique. On a besoin d'un actionnaire solide et de référence quand on s'engage sur la transition énergétique. À court terme, ce sont beaucoup de capitaux, beaucoup de capex, donc quand on parle à un investisseur, il faut qu'il soit rassuré quand on va faire mobiliser tant de capex. Donc, le conforter, c'est le bon choix et on va en parler après. On confirme ce choix et on pense qu'on ne se trompe pas. Mais effectivement, cette nécessité d'avoir un actionnaire qui est rassuré là-dessus et c'est pur ayant grossi de taille entre 2012 et 2022, nécessairement, ça a nécessité de changer de taille de fonds.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et justement, au niveau des investissements, donc des CAPEX que vous évoquez, c'est quoi le sous-jacent ? Ce sont les camions ? Ce sont des centres de tri ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, on investit entre 45 et 60 millions selon les années et selon les marchés. Donc, ils sont majoritairement tournés à 90% sur des camions ou les infrastructures qui vont avec les camions. Puisque dès qu'on parle d'un camion électrique, il faut parler de l'infrastructure qui va autour et créer une station service pour des camions électriques. C'est aussi mobilisateur de capex. et également qu'on On parlait tout à l'heure de la création de centres de surtries, ça ce sont des CAPEX OECPUR, portés aussi par Citeo, donc un investissement qui est partagé. Mais également, pour en parler, on décide de s'intéresser à un concept qu'on a baptisé l'énergie circulaire, qui dit camion électrique, allons au bout de la démarche, produisons nous-mêmes notre énergie, et d'une manière vertueuse avec du photovoltaïque. Oui d'accord, donc ça c'est aussi un investissement. Ce sont aussi des investissements qui ne sont pas sur le court terme. Quand on va parler juste après de transition énergétique, le plus important, ça va être la vision. D'être dans une vision stratégique, une vision sur le temps long, pour sortir justement de cette approche économique qui est très court-termiste. Avec les aléas que ça peut représenter.
- Speaker #1
C'est quoi le ROI d'un camion ? Vous l'achetez et par rapport à un usage, un contrat de 6 ans, est-ce que...
- Speaker #0
Sur du thermique, on est dans cette ordre de grandeur-là. Le camion est amorti sur un contrat de 6 ans. Ce qui veut dire qu'on peut continuer à faire notre métier de manière très traditionnelle, très conservateur. La durée de vie du camion, il est financé pendant le premier contrat. Dès qu'on part sur un camion électrique, l'investissement est plus lourd. On rajoute pas du simple au double, mais quand même pas loin. Plus l'infrastructure de recharge. Donc il faut être sur une durée de vie plus longue. Donc effectivement, il faut être capable de prendre cette respiration-là et de se dire, je le fais en toute conscience, de partir sur un camion qui va me coûter 200 000 euros plus cher. Plus les infrastructures.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, c'est quoi la part du thermique et de l'électrique dans la flotte de véhicules ?
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, la part de l'électrique, on n'est pas loin du tiers. Tout confondu, CEPUR, c'est 2800 véhicules. On parlait tout à l'heure de l'arrivée de Fondation Capital, d'un premier fonds, la réalisation de notre division stratégique. Dans notre stratégie, en 2014, on se fixe comme marqueur fort, et dans l'ADN de CEPUR, de sortir du pétrole. Quand tout le monde écrivait « je veux réduire de X tonnes de carbone » , X tonnes de carbone, pour nous, ça ne veut rien dire. Je ne sais pas combien je produis à titre perso, si j'en ai une petite idée, mais le commun des mortels, non. Donc on se dit qu'il faut un message clair, limpide, sortir du pétrole. Ça, tout le monde le comprend. ça nous met nos clients et leurs administrés le comprennent nos collaborateurs le comprennent parce que si on veut les emmener dans cette démarche là il faut qu'ils comprennent la démarche nos parties extérieures donc aussi nos fournisseurs comprennent notre démarche là donc on dit sortir du pétrole on se donne 10 ans pour le faire, 2025 on se donne également une deuxième respiration en 2031 sortir des énergies fossiles parce que sortir du pétrole c'est bien mais si c'est pour continuer sur du fossile c'est... On n'a fait que la moitié du chemin. Donc, à aujourd'hui, sur nos 2800 véhicules, il nous reste un petit bout de véhicule qui roule le gazole. On a fait des croissances extérieures avec des entreprises qui n'étaient pas forcément engagées dans cette démarche-là. Donc, on a hérité de ce qui était là. Mais aujourd'hui, 80% de notre flotte roule sans pétrole et même 70% sans énergie fossile. Donc on est plutôt dans cette bonne démarche-là.
- Speaker #1
C'est quoi le mix énergétique ? Vous voulez parler électricité ? L'électricité, le gaz,
- Speaker #0
avec du biogaz issu de la méthanisation pris auprès des acteurs. Du biodiesel qui est une énergie assez facile de transition, c'est de l'huile de colza issue de l'industrie. col d'ajustement. Donc on roule sur une huile végétale et ça a permis d'accélérer la transition sur tous les véhicules qui étaient en parc et qui dans leur vétusté ne sont pas remplacés systématiquement aujourd'hui.
- Speaker #1
Vous nous parlez donc effectivement de cette transformation qui est quand même sur la partie véhicules. Si on regarde aussi dans les produits ou quelque part les éléments de collecte que vous avez, est-ce que vous observez depuis ces 10-15 ans une transformation dans la consommation, dans les usages aussi ? Et également l'impact quelque part que les collectivités ont dans l'importance du tri et du recyclage.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on voit deux grosses évolutions sur le camion. On est dans un métier qui existe depuis la nuit des temps. Un camion qui passe et qui passe toujours au même endroit dans la commune. Donc on voit deux grosses évolutions. Le premier, effectivement, c'est sur l'aspect environnemental. Donc cette transition, le camion diesel, début des années 2000, il y a eu des premières apparitions sur du camion gaz, sur des essais, mais c'était plus par opportunisme commercial. Maintenant, il y a une vraie dynamique et chez nous et sur le marché en général. général pour partir sur quelque chose de plus décarboné. Donc ça, c'est le premier aspect. Et le deuxième aspect qui est d'accompagner les administrés dans le tri. Donc ça, ça se traduit par de l'intelligence artificielle à bord du camion. On reste sur quelque chose de... Très péjoratif, un camion en poubelle, on parlait des éboueurs, on parlait des... Aujourd'hui on est sur un petit bijou de technologie, le camion il est bourré d'électronique, tant pour connaître où est-ce qu'il est passé, on peut pucer une poubelle pour savoir combien de fois elle a été présentée, on peut prendre en photo le contenu de la poubelle et de la reconnaître. connaissance d'image et de l'IA derrière pour le lendemain avoir un message adressé directement à l'administré et lui dire monsieur, madame vous avez mal trié peut-être avez vous besoin d'aide on va vous envoyer quelqu'un la communauté de communes va vous envoyer quelqu'un pour venir vous expliquer que le pot de yaourt se met dans telle poubelle ou telle poubelle. Donc aujourd'hui dans la technologie c'est du contrôle et un outil d'éducation d'accompagnement plus que le meilleur truc qu'on fait il est celui qu'on fait nous-mêmes en tant qu'administratifs. administrés chez nous, à mettre dans la bonne poubelle. Et on n'arrivera pas à valoriser derrière si ce tri-là n'est pas fait en amont. Et le meilleur support, finalement, c'est celui-là.
- Speaker #1
Et comment vivent les administrés quelque part cette innovation, ou en tout cas le fait de recevoir ce type de messages ?
- Speaker #0
Il peut y avoir le premier réflexe, comme celui que vous venez d'avoir, Anthony. de dire, ah ben ça a une tour de contrôle, vous savez ce qui se passe chez moi. Et puis après, il y a l'accompagnement, la sensibilité, de dire, ah ben oui, j'ai toujours cru qu'il fallait mettre le pot de yaourt dans ma poubelle. Et ben non, c'est pas la bonne. Ah ben ça, désormais, ce film-là, on peut le trier. Ah ok, d'accord, je le mets dans ma bonne poubelle. C'est plutôt axé sur du dialogue. Et c'est important parce que finalement, on leur montre que ce camion qui passe tous les jours, Le camion qui passe aujourd'hui toujours dans un territoire, c'est le facteur, c'est le camion poubelle. On reste le maillon du territoire, les gens de la proximité. Donc les gens sont attachés à ce camion qui passe dans la rue.
- Speaker #1
C'est quoi l'enjeu aujourd'hui pour les collectivités ?
- Speaker #0
L'enjeu pour les collectivités c'est effectivement... cette transition sur le tri d'accélérer. Aujourd'hui, le service de la collecte des déchets, il s'autofinance, il est collecté par la taxe d'ordure ménagère et les recettes pour une collectivité sont orientées en fonction de leur taux de tri. Donc, plus le taux de tri est important, plus leurs administrés tri génèrent moins de déchets. En fait, la phase finale, c'est gérer le minimum de déchets. Plus la qualité des subventions qu'elles touchent est satisfaisante et du coup, peuvent financer ce service-là.
- Speaker #1
Vous voyez des disparités entre eux ? J'imagine que oui, mais en tout cas, quelles sont-elles entre les zones rurales et les zones urbaines ?
- Speaker #0
C'est plus compliqué d'éduquer ce que nous, dans notre jargon, on appelle du vertical, un immeuble, qu'un pavillon, puisque forcément, la poubelle, elle est partagée, elle n'est pas partagée. Donc effectivement, il peut y avoir des disparités. Mais en même temps, dès qu'on trie bien et dès qu'on a un succès sur du vertical, on emmène tout de suite beaucoup plus de tonnes et beaucoup plus de déchets et le résultat est beaucoup plus massif. non plus L'énergie à mettre en place est parfois plus ou moins lourde, mais le but est, et on le voit, la tendance, et les Français produisent de moins en moins de déchets.
- Speaker #1
Philippe, vous avez introduit effectivement le sujet de la transformation digitale en donnant un exemple d'usage, qui est l'intelligence artificielle notamment. Quels sont les autres usages que vous avez de l'IA, notamment sur des applications métiers, que vous utilisez peut-être au quotidien ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, l'IA dans notre métier, elle est beaucoup basée sur la reconnaissance d'images. On va la retrouver de différentes manières. On a parlé autour de la collecte et du déchet qui est collecté. On reste dans le camion, on va la trouver dans le comportemental. Le camion, il s'insère, c'est une machine outil qu'on insère dans la circulation. Donc à partir de ce moment-là, on est sûr d'un risque accidentogène par la reconnaissance d'images. on va détecter les comportements à risque de nos véhicules vis-à-vis des autres collaborateurs, mais aussi des gens qui peuvent arriver de part et d'autre, des trottinettes, des poussettes, des personnes. Donc, c'est important de les détecter, c'est important de ne pas être accidenté. donc ça c'est une deuxième couche d'IA qui peut amener sur l'usage du véhicule. Et on va également, une fois qu'on remonte la chaîne de la valeur, utiliser de l'IA dans les centres de tri, toujours pour détecter la qualité du tri, l'améliorer. Donc des trieurs optiques, ça c'était déjà une certaine IA. Pour que le métier de trieur soit moins pénible, on avait robotisé le tri avec des trieurs optiques. Il y a de la robotisation dans les centres. de tri et le trieur est en fin de process pour vérifier que la machine n'a pas fait d'erreur. On est passé du trieur qui faisait tout le tri à un trieur qui est toujours existant, qui est toujours là, mais qui vérifie que la machine n'a pas fait d'erreur. Et effectivement, donc de l'IA à ce moment-là, de l'IA qui commence à se porter aussi sur les bouteilles de protoxyde d'azote qui sont... dangereux pour notre métier. L'objectif est de les détecter pour ne pas qu'elles partent dans le process parce que elles sont accidentogènes ou des batteries lithium, des choses qui peuvent dégrader notre outil de travail. Aujourd'hui, on trouve de l'IA très axée autour de la production.
- Speaker #1
D'accord. Toujours sur la partie intelligence artificielle, vous avez développé votre propres modèles ou vos propres modèles ? Ou vous appuyez sur des LLM ? Comment vous avez... Aujourd'hui,
- Speaker #0
on s'appuie sur des prestataires, sur des partenaires. existants et effectivement notre modèle va être de développer une plateforme qui consolide ces différentes infos. On parlait du camion qui est source de capteurs et aujourd'hui il doit y avoir cinq six origines de données dans le camion en fonction des différents prestataires donc il faut effectivement les agréger pour pouvoir les restituer soit en interne pour faire de la productivité ou soit vers nos administrés.
- Speaker #1
La quantité de données à gérer est juste énorme surtout quand on part sur l'image. On imagine que le référentiel...
- Speaker #0
Le référentiel grossit chaque jour et on découvre des nouvelles applications de ce qu'on peut faire. On est passé d'un camion où on avait le nombre de kilomètres et le nombre de litres d'essence et le nombre de tonnes au nombre de battes levées, est-ce qu'ils sont sur le trottoir gauche, sur le trottoir droite, combien de kilos ils pèsent chacun, est-ce qu'ils contiennent des déchets recyclables, des déchets non recyclables, des aérodotries. Il y a des données de plus en plus et on sait les remonter jusqu'à l'habitant. Et ces données-là, on les adresse à plein de personnes différentes. Ça peut être la collectivité locale, mais ça peut être aussi l'administré qui, sur une appli citoyenne, va trouver ses propres informations.
- Speaker #1
Bien sûr. Et le véhicule autonome dans votre métier, mythe ou réalité ?
- Speaker #0
Le véhicule autonome, pour l'instant, d'un point de vue réglementaire, un, on n'est pas prêt. Deuxièmement, ça sera un vrai sujet de débat quand il arrivera. parce que n'importe Notre métier est aussi fortement social. Un camion, c'est trois collaborateurs. Donc le véhicule full autonome... se posent la question de ces collaborateurs-là. Et après, technologiquement, il y a des tests qui se pratiquent. En Hollande, un constructeur avait fait un test, il n'y avait plus qu'un seul opérateur, il descendait de son camion quand il rentrait dans un lotissement, le camion le précédait et il chargeait les poubelles dedans. La technologie n'est pas si loin. Après, la question est plutôt de comment faisons-nous notre métier et ce que voulons-nous en faire. Chez CEPUR, pour l'instant, on a plutôt pris le parti de garder du social. C'est très fort, tant vis-à-vis des territoires, qui nous font confiance que vis-à-vis des contrats et vis-à-vis de nos collaborateurs. Donc aujourd'hui, chez C'est Pur, on réalise environ 500 000 heures d'insertion. Donc 500 000 heures, ça fait quand même un certain nombre de collaborateurs. Là, on a créé une entité, une filiale qui intervient, pas aujourd'hui sur l'ensemble de nos territoires pour des questions d'agrément, mais c'est notre volonté, qui s'appelle C'est Pur Insertion.
- Speaker #1
C'est quoi l'objectif de C'est Pur Insertion ?
- Speaker #0
L'objectif de C'est Pur Insertion, c'est d'amener des gens qui sont en rupture avec le monde du travail et de les ramener au travail. Donc on a la chance d'avoir un métier où ils bossent en binôme, ils sont deux à l'arrière du camion, donc on peut réintégrer une personne qui est en rupture avec le monde du travail, la mettre en binôme avec un autre reaper, et les réintégrer de cette manière-là. Donc ça c'est la volonté de Cépure Insertion, c'est de ramener ces personnes-là.
- Speaker #1
Et justement, ça fait le lien avec la partie un peu managériale chez Cépure, sur les sujets de recrutement. Le rudement d'agent, de collecte, c'est un métier qui est complexe, on imagine, pas non plus hyper attractif. Comment est-ce que vous arrivez justement à engager des nouveaux collaborateurs ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est pur, c'est 4500 collaborateurs. Dans notre métier, chaque fois qu'on fait une croissance et qu'on gagne un contrat, les collaborateurs ont le choix de rester chez le prestataire précédent ou de reprendre les collaborateurs. donc massivement on reprend les collaborateurs car 39% d'écart, on reprend les collaborateurs. L'enjeu, c'est de les faire adhérer au business model de Zepur, les faire adhérer à notre culture, les faire adhérer à ce schéma-là. Donc, on a la chance aujourd'hui d'avoir un bon climat social chez Zepur, d'avoir un très faible turnover. Donc, ils y adhèrent. C'est de les emmener. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs. Donc, effectivement, c'est le premier sujet. Après... il y a des emplois qui sont critiques, pas que chez C'est Pur sur l'ensemble de la profession et même de manière plus large, un chauffeur pas lourd aujourd'hui c'est compliqué on trouve également de la tension sur des métiers du type d'e-rapper donc le collaboration qui est positionné à l'arrière du camion. D'où ces purs insertions pour aller chercher ces populations-là et les faire venir à l'emploi. Donc effectivement, oui, ça peut être compliqué. Mais après, l'enjeu est d'arriver à leur faire adhérer à notre business model. On a une... Une chaîne de management qui est très très courte chez Sepulv, puisque entre notre président et l'équipage, il y a 3-4 niveaux, pas plus, un directeur régional, un responsable d'exploitation et l'équipe sur le terrain. C'est une volonté pour des... derrière, que les messages soient portés par tous. Quand on rajoute beaucoup de strats, à la fin, c'est difficile justement, ces gens qui nous rejoignent, de leur faire prendre la culture d'entreprise. Si on est tous impliqués dedans, c'est beaucoup plus facile.
- Speaker #1
Tout à fait. Et comment vous fidélisez justement vos collaborateurs sur ces métiers, autour du camion et également dans les centres d'autorité ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, les collaborateurs sont très attachés à leur territoire. La collecte qu'ils font, ils parlent de leur camion, ils parlent de leur tournée. Il y a un réel attachement à ce territoire de la part d'un chauffeur et des rippers. L'enjeu, c'est de leur dire, vous êtes attaché à ce territoire, vous devenez attaché à ces purs. Et ça nous met en obligation vis-à-vis d'eux. Ça nous met en obligation d'excellence pour leur dire, vous êtes attaché à votre territoire, mais aussi ce que vous faites au nom de ces purs. Donc finalement, toute la chaîne managériale devient en obligation de... de performance, d'excellence vis-à-vis de nos clients, ça c'est certes, c'est commun, mais également vis-à-vis de nos collaborateurs. Donc on se doit aussi d'avoir cette exemplarité vis-à-vis d'eux.
- Speaker #1
Alors vous le disiez, Philippe, quand vous gagnez un contrat, les collaborateurs qui étaient sur le territoire, quelque part, ont la possibilité de vous rejoindre ou de rester chez l'ancien, on va dire, partenaire de la collectivité. J'imagine que ça vous est aussi arrivé de perdre des contrats. Voilà, comment le vivent les collaborateurs ?
- Speaker #0
Alors, nous avons la chance de ne pas en perdre énormément. C'est ce qui explique la forte croissance ces dernières années. Oui, bien sûr. Mais ça arrive, malheureusement. Ça arrive, malheureusement. Effectivement, les collaborateurs suivent, parce qu'on est sur une population qui est attachée à son territoire, comme on le disait. On a un certain qui demande à rester. Donc, si on est en Ile-de-France, et qu'on est sur une zone qui est consolidée, une agence qui opère sur plusieurs contrats, on est en mesure de leur offrir un autre emploi sur d'autres contrats. Si on est par contre en province, à une collègue qui n'opérait que la communauté d'agglomération de ce village-là ou de cette ville-là, c'est plus compliqué de les accompagner puisque là, ça veut dire une mobilité. Donc là, après, ce ne sont que des cas individuels.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. On a bien compris que CEPUR est engagé depuis près de 15 ans dans une transition écologique, énergétique. impact. Quelles ont été les différentes étapes pour notamment amener vos collaborateurs à s'engager dans cette nouvelle culture ?
- Speaker #0
La transition énergétique, elle date vraiment comme fur et à valoir et comme volonté, c'est 2014. Avant, on en a... avait fait un peu comme tout le monde par opportunisme commercial. 2014 ça devient vraiment un engagement fort de l'entreprise avec cette vision à 10 ans. Donc comment emmener ses collaborateurs déjà avec des messages clairs compréhensibles de tous. C'est l'exemple de sortir du pétrole. Ça c'est facile à expliquer, c'est facile à imager, tout le monde le comprend. Tout le monde comprend que le pétrole c'est une grosse huile noire et qu'il n'y a pas forcément quelque chose qu'on a envie de voir et de respirer. C'est leur expliqué qu'on reste dans une transition qui s'appelle s'adaptent à chacun des usages. On ne va pas partir sur mettre de l'électrique partout dès le premier tour. Donc ça ne va pas changer leur quotidien. Dans la réalisation de leur métier, on va mettre progressivement en fonction d'une collecte urbanisée. La première collecte urbanisée électrique, c'était le 13e arrondissement, c'était en 2022, quand après on est allé mettre le territoire autour de Vironvay en électrique. Dans le 76, on a pu leur montrer qu'on savait aussi faire du rural en électrique et progressivement. Donc, ça a été aussi, j'en parlais tout à l'heure de... de cette exemplarité. Avant de passer sur des camions électriques, tout le management est passé en électrique. Du président jusqu'au chef d'équipe, l'ensemble de l'encadrement roule en électrique. Donc après de rouler dans un camion électrique, finalement c'est facile. Donc ça passe par des choix très pragmatiques finalement, toujours dans cette obligation de se sentir obligé d'être excellent pour y arriver. Ce choix d'être un pur player nous oblige à l'excellence.
- Speaker #1
Et la même question quelque part aussi sur l'IA ou les transformations digitales que vous avez amenées. Comment les collaborateurs ont vécu aussi cette phase ?
- Speaker #0
Quand on met l'IA sur l'arrière d'un camion qui filme ce qu'il y a dans la poubelle, le collaborateur ne se sent pas directement concerné. Puisque finalement, c'est un message qui part à l'exploitation, on traite les données et après demain, c'est un autre collaborateur, un ambassadeur de tri qui va aller sur le terrain et rencontrer l'administré. Par contre, quand on met la caméra qui analyse les comportements dans le véhicule et ce, accidentogène, Il faut expliquer qu'on n'est pas sur une division tournée. de contrôle quand on n'est pas là pour donner la sanction mais qu'on est plus là dans demain tu attention il ya la ville n'est plus la même aujourd'hui il ya des poussettes et des trottinettes dans tous les sens et on t'accompagne on te rassure faut l'expliquer ça prend du temps mais
- Speaker #1
mais toujours ce schéma avec une chaîne de managerial très très courte pour être capable de l'expliquer et très clair et les perspectives d'évolution aussi des collaborateurs parce que C'est toujours intéressant de voir quelle est la politique. de développement des talents. dans les entreprises.
- Speaker #0
C'est l'avantage également de cette chaîne de management très très courte. C'est les collaborateurs qui sont sur le terrain, que ce soit les chauffeurs, que ce soit les chefs d'équipe, voient leurs managers. Ils voient parmi eux qu'il y en a certains qui connaissent, puisqu'il y a aussi un degré de fidélité assez fort des collaborateurs. Ceux qui connaissent, ils se disent quand je suis arrivé il y a 10 ans, lui était chauffeur, il est devenu responsable d'exploitation, adjoint d'exploitation. L'ascenseur social fonctionne. Donc ça, c'est un côté important. On a des directeurs de région. Aujourd'hui, sur nos sept directeurs de région, il y en a trois qui sont issus de l'exploitation. Ils ne sont pas issus de venir chez un confrère, un concurrent. Ils étaient chauffeurs il y a 15 ans, il y a 20 ans. Donc c'est aussi un message important de voir que la censure sociale fonctionne.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et si on parle maintenant de l'équipe de direction, est-ce qu'on a aujourd'hui une parité, une mixité également ?
- Speaker #0
Le métier est peu féminisé. C'est un enjeu sociétal chez nous et chez les confrères. Mais un cabinet de direction, ce n'est pas un sujet tabou qu'il soit là-dessus.
- Speaker #1
Quelles sont justement, c'est pur, les politiques d'inclusion, de diversité dans lesquelles vous êtes engagé ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, les sujets d'inclusion, de diversité, on est sur quelque chose d'assez ouvert. On a beaucoup de nationalités différentes chez nous. On a un sépure insertion qui permet de ramener beaucoup de monde à l'emploi. Donc à ce titre-là, ça amène de la diversité aussi. Ce n'est pas un sujet, au contraire même, c'est un vrai apport de richesse pour sortir de cet entre-soi du milieu du déchet où finalement, le risque des collaborateurs qui passent d'un contrat à l'autre au fur et à mesure des reprises, donc ramener de la diversité.
- Speaker #1
Très clair. Si on se projette maintenant, Philippe, dans les années à venir, sur une vision quelque part à 5-10 ans. ans. Ce sera quoi pour vous les prochaines grandes transformations, à la fois dans votre métier, autour des achats, du matériel, mais aussi dans le secteur de la valorisation des déchets ?
- Speaker #0
Les grands enjeux pour Sepur dans les cinq prochaines années, va être de poursuivre notre croissance territoriale. Nous avons montré qu'aujourd'hui nous ne sommes plus un acteur régional mais nous sommes un acteur national. Donc de poursuivre cette croissance-là, ça peut passer par la croissance organique, ça peut passer par la croissance externe, c'est l'opportunisme qui le fera. à condition qu'on partage les mêmes valeurs, c'est de rester sur notre identité qui est forte, qui est le service à la collectivité locale, vraiment de rester dans cette excellence-là, la collectivité locale, et de continuer dans cette performance opérationnelle sur des marqueurs forts, vraiment sur le sociétal, l'insertion, les collaborateurs et l'environnemental. Il y a beaucoup d'entreprises où on voit que la responsabilité RSE, ESG, est portée par un directeur RSE. Chez CEPI, nous avons fait le choix de la porter collégialement et ça donne une vision sur ce qu'on veut faire dans les prochaines années. La direction RSE, aujourd'hui, elle est portée par ce qu'on a appelé un comité du sens. donc le président évidemment membre permanent mais dans ce comité du sens il y a la direction des ressources humaines il y a un directeur de région exploitation, il y a moi-même la casquette directeur matériel et la direction de la communication donc ce sont vraiment d'autres fonctions que purement RSE mais vraiment des fonctions qui sont transverses dans l'entreprise pour porter cet engagement parce que c'est un marqueur fort et c'est une prospective de CPU.
- Speaker #1
Je comprends, est-ce qu'il y aura aussi des nouveaux métiers, des des innovations peut-être ou des solutions nouvelles que vous voyez émerger ?
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, dans les solutions qui vont émerger, on parlait de ce projet de surtri qu'on est en train de construire, pour valoriser encore la matière, aller au plus loin dans la valorisation de la matière en amont, dans le tri. pour arriver au minimum de déchets. On réfléchit effectivement à tout ce qui va être valorisation énergétique et ou production d'énergie. Il suffit de regarder le contexte géopolitique actuel pour se dire qu'il y a un vrai sujet sur l'énergie aujourd'hui. La mobilité de nos camions, la valorisation des déchets, on a réfléchi à la méthanisation des déchets aussi. Il y a une vraie thématique énergie auquel on réfléchit et ce sont des sujets sur lesquels on va se porter.
- Speaker #1
Pour gagner en autonomie ? Gagné en... en autonomie.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on se tourne très fortement sur la mobilité électrique. On considère que c'est l'avenir de nos territoires. Mais également, c'est-à-dire, aujourd'hui, le mix énergétique français, si on l'oriente sur l'électrique, visons l'autonomie nous-mêmes. Nous avons la chance, par nos parkings, d'avoir des surfaces. Peut-être qu'on peut produire l'électricité pour alimenter nos véhicules. Et demain, cette énergie circulaire c'est bon Là,
- Speaker #1
ce serait plutôt l'énergie solaire,
- Speaker #0
j'imagine ? Donc, on est en train de construire un gros projet qui va être un test, un pilote. Quand même un gros projet, puisqu'il va couvrir un hectare dans notre siège social. Et l'idée, c'est effectivement de collecter les Yvelines avec le soleil des Yvelines. À terme, la mobilité de nos camions poubelles des Yvelines sera... sera alimenté par cette énergie photovoltaïque.
- Speaker #1
Et chaque agence, quelque part, avec ses camions, pourrait aussi être en autonomie ?
- Speaker #0
L'idée est bien de dupliquer ce modèle s'il fonctionne. Et on est arrivé à un schéma, un équilibre, qui nous fait penser qu'il va fonctionner. Mais on aime bien, toujours dans cette ambition d'excellence, le résultat par la preuve.
- Speaker #1
Aujourd'hui, typiquement, parce que le sujet est hyper intéressant, C'est quoi la part du coût, l'énergie ? dans le modèle d'affaires par exemple ou dans la part des charges qui sont celles de ces puits.
- Speaker #0
En fonction, si on est sur une collecte urbaine ou une collecte rurale avec beaucoup de kilomètres, on va osciller entre 5 et 12% du chiffre d'affaires associé au carburant. Si après... Là, on est sur une énergie classique du gazole. Et effectivement, plus on part dans des énergies vertueuses, l'électricité coûte moins cher. L'investissement coûte plus cher, l'électricité coûte moins cher. Donc effectivement, on peut contenir ce coût-là. Si on est en 2022 ou là, en En ce moment, avec le détroit d'Hormuz qui est bloqué, le pourcentage de dépenses allouées à l'énergie devient énorme. Mais effectivement, si on arrive à être dans cette énergie circulaire et en plus vertueuse parce qu'elle n'est pas fossile, on a gagné la partie.
- Speaker #1
Je pense que 5 points sur les coups, ce n'est pas neutre. Ce n'est pas neutre. Je comprends la nécessité de vouloir accélérer, notamment ce chantier.
- Speaker #0
Et de gagner en autonomie aussi, pour se concentrer sur... sur notre métier et sur l'excellence.
- Speaker #1
Excellent. Quel conseil vous pourriez donner à un dirigeant, Philippe, qui se pose également ces questions de transition énergétique et qu'il souhaite engager ?
- Speaker #0
Il y a deux conseils. Le premier serait de réfléchir à la durée. On ne peut pas juste faire une transition énergétique sous le poids de la contrainte fiscale. De la crise énergétique, parce que le trottin mousse est bloqué, etc. Il faut vraiment se donner une vision. On est parti en 2014 avec un objectif 2025-2031. Ça nécessite des capitaux, ça nécessite de l'énergie, ça nécessite des remises en question également. un mauvais chemin et être capable de le reprendre. Mais il faut vraiment une vision long terme, ça c'est le plus important. On parle bien de transformation, c'est plus qu'une transition, c'est une transformation. Donc ça c'est le premier point. Et le deuxième point c'est l'accompagnement. Mais l'accompagnement, il passe aussi par l'implication de soi-même. Je ne suis pas crédible vis-à-vis des collaborateurs si je leur demande de rouler et en 2014, il fallait être aventurier de rouler en Zoé si moi-même, je ne roule pas en électrique. Donc effectivement, ça passe par le schéma-là.
- Speaker #1
Très clair. Qu'est-ce qu'on peut vous coter, Philippe, pour la suite ?
- Speaker #0
De poursuivre ce chemin. On a plein de rêves encore chez C'est Pur. On a envie de progresser sur ces sujets-là, sur Bye. Sur la transition énergétique, sur dupliquer notre modèle sur d'autres territoires, on a la chance d'être dans une entreprise en croissance. Chaque année, on se repose en disant « je ferai ça l'année prochaine, j'aurai pas plus de temps » . Il y a plein de projets qu'on n'a pas encore eu le temps de faire parce qu'on n'a pas eu beaucoup de temps.
- Speaker #1
Effectivement, le temps court souvent après. Mais malgré tout, bravo pour le parcours, bravo à CEPUR effectivement aussi pour ces projets qui ont été menés avec succès. On ressent bien l'impact que vous avez su amener chez C'est Pur en termes de transition énergétique, d'impact environnemental recherché. C'était vraiment une interview très inspirante qui touche déjà à sa fin. Un grand merci Philippe Rassous. Je rappelle que vous êtes le directeur achat et matériel du groupe C'est Pur. C'était un vrai plaisir de vous accueillir.
- Speaker #0
Plaisir partagé.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté les After de la Transformation, un podcast produit par Adéconcy. Retrouvez l'intégralité de nos épisodes sur les plateformes de streaming. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. A très bientôt.