- Speaker #0
comme le marché, on va dire, de la dématérialisation de factures en Europe et de pouvoir se focaliser dessus, premier élément. Et puis le deuxième élément, de pouvoir développer la supply chain avec l'arrivée de l'IA.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Anthony Baron et vous écoutez les After Decider, un podcast à déconcilier qui accueille des leaders entreprenants, acteurs de l'économie réelle, portant au quotidien des mutations et des innovations dont les actions impactent notre société. Bonne écoute à tous. Nous nous immergeons aujourd'hui dans l'univers du logiciel SaaS. Nous avons l'honneur et le privilège d'accueillir Raphaël Sanchez, président du groupe Generics. Bonjour Raphaël.
- Speaker #0
Bonjour à tous.
- Speaker #1
Et bienvenue à toi dans ce nouveau numéro des After Decider. Alors dans cette interview, nous allons revenir sur les éléments de ton parcours, l'histoire et le positionnement actuel du groupe Generics, les stratégies et transformations qui ont pu être menées ces dernières années et celles à venir. On abordera également les modes de management donc appliqués au sein du groupe Generics, ainsi que un sujet qui est toujours important pour nous, la stratégie RSE et d'impact au sein de Generics. Et on terminera sur les enjeux du secteur du logiciel, les perspectives également à venir. Alors Raphaël, sur ton parcours, au niveau académique, tu es diplômé de Schema Business School. Tu débutes ta carrière au sein du groupe IBM en 2002, où tu occupes différents rôles dans le développement commercial, la direction de BU et de direction commerciale sur des offres software pendant trois ans. Tu prends ensuite la direction de l'activité. infrastructure pendant 7 ans, et ce jusqu'en 2021. Après un passage chez Kindrill de 2021-2023, qui est une société spécialisée dans le Conseil des transformations technologiques, notamment comme directeur des opérations pour la France, tu rejoins ensuite le groupe Generics en tant que Chief Revenue Officer et tu prends la présidence du groupe en mars 2024. Première question pour toi Raphaël, comment accueille-tu cette nomination comme CEO en 2024 ?
- Speaker #0
mais écoutons. J'accueille ça avec le plus grand des plaisirs parce que je pense que Generics fait partie des diamants français, tout du moins dans la tech. Et donc c'est un privilège, un honneur de pouvoir driver, développer une société telle que Generics.
- Speaker #1
Et quel était le contexte au moment de cette nomination ?
- Speaker #0
Ce qu'il faut comprendre c'est que Generics, en fait une société qui a 35 ans, qui est née dans le nord de la France en 1990 et qui a parcouru une trentaine d'années au sein de l'économie française et puis également en Europe. pour y pratiquer en fait son business, à savoir la supply chain et la finance. Et à la fin, on va dire des années 2010, aux alentours 2020-2022, vous avez une société qui commercialisait du logiciel en mode on-premise, premier point, dont la deuxième source de revenus après la France était la Russie, et qui se reposait sur un legacy logiciel, et tous ces trois ingrédients pour appréhender l'avenir. Donc le point de départ, en fait, c'est un challenge immense qui était de transformer l'entreprise en vue de la faire grandir, à la fois un bon dans le XXe siècle, si ce n'est dans le XXIe, pour appréhender aujourd'hui avec l'IA le XXIIe. Donc c'était plutôt de manière exciting, comme on dirait en bon français.
- Speaker #1
Et au regard de ton parcours, notamment après de nombreuses années passées chez IBM, quelles sont les compétences ou les valeurs que tu as pu retenir de cette expérience et que tu as pu amener aussi chez Generics ?
- Speaker #0
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a quatre grands critères qui sont extrêmement importants. Le premier, c'est la tech. J'ai grandi dans la tech, dans une entreprise qui doit avoir 120 ans aujourd'hui, qui est IBM. Et la tech, c'est certainement le meilleur marché du monde. Vous regardez le top 50 des entreprises dans le monde, c'est essentiellement de la tech. C'est là où les carrières se font, c'est là où la valeur est créée, c'est là où l'histoire est écrite. Donc ça, c'était une première bonne chose et c'était plutôt sympa. de traduire ce que j'avais appris chez IBM dans une société de tech française. La deuxième chose qui me semble importante, c'est le côté global. J'ai eu la chance de travailler dans une organisation mondiale et aujourd'hui avec Generics, une organisation qui a des ambitions mondiales, donc globales au sens multiculturel. On opère dans 60 pays, mais on est présent physiquement dans 12 pays à travers le monde. La troisième chose, c'est le côté, on va dire, mission critical. Nos solutions, ce n'est pas du next to have. C'est-à-dire que nos clients, aujourd'hui, nos plus grands clients, reposent sur nos technologies, et si nos technologies ne fonctionnent plus, leur business s'arrête. C'est aussi simple que ça. C'est leur solution critique. Absolument. Aujourd'hui, on gère plus de 2000 entrepôts, plus de 5 millions de transports, on gère un demi-milliard de factures. Donc c'est simple, quand Generics s'arrête, les magasins ne sont plus livrés, les camions ne bougent plus, sont immobilisés. Et puis, les factures ne sont plus payées. Donc, c'était le but d'être essentiel, mission critical pour nos clients. Et puis, après, le quatrième point, c'est la rupture technologique. On a tout traversé chez Generics. On a connu le téléphone portable, on a connu l'Internet, on a connu le cloud, et désormais l'IA. Donc, quelque part, on a appris ça. J'ai appris ça précédemment. évidemment, aient vécu ça, on va dire, chez IBM, et aujourd'hui on le traduit, notamment avec l'IA, chez Generics. Donc tout ce que j'ai pu apprendre, que ce soit dans la tech, dans le côté global, dans le côté mission critical, et dans l'aspect rupture technologique, ça a été assez aisé pour moi de le traduire au sein de Generics.
- Speaker #1
Quel est le positionnement aujourd'hui de Generics auprès de ses clients ?
- Speaker #0
Alors Generics, comme je le disais, on a 30 ans d'expérience et on est... essentiellement positionnés sur les grandes entreprises. Donc dans deux grands domaines, la supply chain, la supply chain c'est quoi ? C'est la gestion des marchandises de nos clients. Comme j'ai l'usage de le dire, quand les bouteilles de soda bien connues se vident dans un rayon, ce n'est pas un directeur de magasin qui passe commande, ce sont des algorithmes qui font cela. Ces algorithmes gèrent également les entrepôts et les transports. Donc ça c'est assez essentiel, parce que comme une fois, comme je le disais précédemment, en fait on est critique pour nos clients. Mais une palette, un bien, un colis, c'est également un bon de commande et une facture. Donc au gré du temps, on a développé également la capacité à gérer les objets numériques, les données, notamment financières et administratives associées à nos clients. Donc on gère l'intégralité de la chaîne de valeur et c'est la raison pour laquelle on prétend être essentiel pour eux. Les grandes entreprises, alors on a 35% du CAC 40 en France, mais on grandit également notamment en Europe au travers des grandes entreprises jusqu'à l'échelle mondiale puisqu'aujourd'hui on est présent en Amérique du Nord et également en Amérique du Sud. Et puis, on a nos premiers bureaux basés à Hong Kong pour pouvoir appréhender au mieux l'Asie dans les mois et années à venir.
- Speaker #1
L'Asie étant un marché à potentiel pour Generics ?
- Speaker #0
En fait, par essence, quand vous travaillez dans la logistique, votre métier, si vous voulez, c'est de réconcilier des fournisseurs et des clients. Donc, mes logiciels, ils font quoi ? Ils font en sorte que l'ensemble des produits, des biens, qui sont créés partout dans le monde, arrivent en France. Mais la réciproque est vraie. L'ensemble des entreprises qui produisent en France et en Europe, On fait en sorte d'envoyer leurs biens partout dans le monde. Donc nous, par essence, on est mondial. La logistique n'est ni plus ni moins que le carrefour même de l'économie dans le monde.
- Speaker #1
Le groupe a subi ou en tout cas vécu plusieurs différentes vies aussi dans son actionnariat. Comment est-il constitué aujourd'hui ?
- Speaker #0
Historiquement, en fait, le groupe est accompagné depuis plus de 20 ans par Playad Investment qui est depuis le début des années 2000. un fonds d'investissement, une family office qui accompagne Generics depuis plus de 20 ans et qui lui a permis de développer son portefeuille de solutions, son entreprise et qui s'est associée en parallèle à une introduction en bourse qui a eu début des années 2000. Mais depuis l'automne 2022, Montefiore s'est associée au prêt de Pléiade pour sortir de cote Generics, arriver dans un environnement privé et pouvoir procéder à sa transformation vers le SAS, vers l'IA. et vers l'expansion géographique, comme je le précisais précédemment.
- Speaker #1
Et donc justement, quel est l'appui de ce nouvel actionnaire ?
- Speaker #0
Cet actionnaire, en fait, vient d'abord avec son expertise, puisque Montefiore est très réputé pour booster les ETI françaises et en faire des champions. Et si vous voulez, moi, je résume souvent les choses comme ça. Generix, c'est une société de taille intermédiaire. On a à peu près 1000 collaborateurs, on travaille beaucoup en Europe et on s'étend dans le monde. Et donc, comme on est mission critical, nos clients, ils attendent de nous qu'on ait la robustesse des grands de ce monde. Je pense Microsoft, SAP ou Google. Mais comme on est de taille intermédiaire, on doit également être sexy et glamour comme une startup qui vend de l'IA. Vous voyez, on est au milieu. Tout l'objectif et tout l'enjeu et tout ce que nous apporte Montefiore, c'est de faire de nous un champion. Parce qu'à un moment, il faut choisir son camp. La taille compte. Et donc, on a décidé de devenir des grands. Et donc, on a non seulement besoin, évidemment, de financement, de moyens supplémentaires pour grandir, mais on a besoin d'expertise, on a besoin de réseau. Et donc, Montefiore, aux côtés de Playad, nous apporte cette capacité à grandir dans le monde et bénéficier de leur réseau, leur expertise pour faire de cette ETI, on l'espère, rapidement, un champion de l'IA à travers le monde.
- Speaker #1
Alors, en fait, tu nous l'as dit, Générique, c'est aujourd'hui un éditeur très implanté. sur le territoire et notamment en Europe et au-delà d'ailleurs, avec 60 pays, 5000 clients, comme un éditeur vraiment SaaS spécialisé dans la supply chain, autour de solutions type WMS, TMS, EDI, invoicing, etc. Ce développement sur ces 25 dernières années, c'est fait sur des croissances plutôt organiques ou des opérations aussi de croissance externe, les deux d'ailleurs ?
- Speaker #0
Alors, on a eu plusieurs chapitres. Le chapitre 1 de Générix, il faut imaginer ça comme une personne. Au début, vous avez un bébé qui est né en 1990 et qui, pendant les dix premières années, a grandi. On faisait l'ERP initialement. Et puis, au bout de dix ans, ce bébé qui a grandi, dont l'objectif numéro un, c'est de se créer quelque part de nouveaux logos, une brand awareness, une marque connue, vit au bout de dix ans. Ils ont une première crise d'adolescence, c'est-à-dire la crise d'identité. Et donc de cet univers ERP généraliste, auquel on a fait face début des années 2000, avec les grands comme SAP et PeopleSoft, on a décidé de se spécialiser. On s'est donc spécialisé en logistique, avec notre suite de logiciels Supply Chain, et Playad est venu à nos côtés, ce qui nous a permis effectivement de procéder à l'acquisition de sociétés et de constituer notre stack logiciel. toute cette période d'adolescence, l'appareil, 10-15 ans, avant d'arriver à l'âge adulte, le troisième chapitre, qui consiste à dire, maintenant qu'on est des experts dans nos domaines, à la fois la logistique et la finance, quelle est la prochaine étape ? La prochaine étape, c'est l'international. On a eu beaucoup de chance, puisque nos grands clients, notamment français, nous ont emmenés à l'international. Des grands retailers français nous ont emmenés non seulement en Roumanie, en Italie, en Espagne, mais également au Brésil. où de grands noms du luxe français nous ont emmenés en Asie, où d'autres, dans les produits de grande consommation, nous ont emmenés aux Etats-Unis. Bref, on est devenu international, et d'ailleurs on a fait l'acquisition en 2017 d'une société basée à Montréal, qui avait 50% de ses clients aux Etats-Unis, 50% de ses clients au Canada, et qui venait par achevé, quelque part, l'approche internationale, parce que vous pouvez faire du business dans 60 pays dans le monde, si vous n'êtes pas sur le continent nord-américain, vous n'avez pas le droit de dire que vous êtes global. Donc ça a été le troisième grand chapitre de Generix. Et une fois qu'on arrive à là, à ce stade-là, c'est quelque part l'ouverture du quatrième chapitre qui est de devenir un champion, un leader sur ces catégories de marché. Et c'est la raison pour laquelle, cette fois-ci, Montefiore s'est associé à Playad pour faire de nous ce champion qu'on a envie de devenir.
- Speaker #1
Effectivement, l'arrivée de Montefiore est quasiment... assimilé à celle de ton arrivée également. Et depuis, le groupe accélère sa transformation, passage au SAS, des investissements dans l'IA, des inquisitions qui se poursuivent, comme Kineo notamment. Et puis, comme tu le disais, un fort développement à l'international. Si on évoque justement le moment dans lequel on se parle, quelles sont les transformations stratégiques, opérationnelles les plus importantes qui sont notamment en cours ?
- Speaker #0
En fait, on a décomposé notre plan. autour de trois grands piliers. Le premier pilier, en fait, il était très orienté go-to-market et vente. C'est-à-dire que quand vous êtes une société qui a grandi pendant 30 ans, au travers de 8 acquisitions et comme je le disais, présent dans 12 pays dans le monde, vous vous retrouvez avec un portefeuille logiciel assez important et puis avec un environnement, même d'un point de vue business, multiculturel. Donc le but, c'était de se recentrer sur quelques grands enjeux majeurs, comme le marché, on va dire. de la dématérialisation de factures en Europe et de pouvoir se focaliser dessus, premier élément, et puis le deuxième élément, de pouvoir développer la supply chain avec l'arrivée de l'IA. Donc on s'est vraiment focalisé sur deux grands domaines pour accompagner notre croissance versus la diversification des sujets. Le deuxième grand plilier, il est autour de l'intégration de l'entreprise. Là aussi, forcément au travers du temps, vous vous retrouvez, si je caricature un peu, presque avec... 11 ou 12 PME versus une seule et unique entreprise. Donc on a créé des synergies, à commencer par la création de trois centres de services partagés pour le monde. En fait, on est organisé autour de trois grandes régions commerciales. L'une en Europe du Nord, Asie-Pacifique. La seconde en Europe du Sud, Latin-América. Et puis la troisième, North-América. Et maintenant, chacune de ces régions commerciales, on a créé un centre de services partagé, qu'on appelle des centres d'excellence. L'un pour le développement. en Europe du Nord avec la Roumanie, l'autre pour le support de l'ensemble de notre stack logiciel au Portugal, et puis le troisième, notre Digital Factory, à Montréal. Ce qui donne un sentiment d'appartenance à l'ensemble des trois grandes régions commerciales, au niveau mondial, ils ont tous une vocation mondiale, et donc de créer une seule et unique entreprise. Donc des synergies en termes de ressources, et puis également de nouveaux outils, process et méthodes, unifiés et le tout booster l'IA. Donc ça c'est le deuxième pilier, une entreprise. Et enfin le troisième... Il est autour du produit. On n'est pas parti dans une stratégie qui visait, si vous voulez, à réécrire l'intégralité de nos logiciels, même si on a 30 ans. Mais c'était plutôt les moderniser. Et en plus, on a une chance presque providentielle avec l'IA qui nous permet de répondre à l'intégralité des défis de dette technique, ce qui n'était pas le cas peut-être il y a trois ans si on avait mené cette interview. Donc c'est la façon dont on crée de la valeur. Et puis la deuxième chose... qui est extrêmement importante, je le disais tout à l'heure au travers des ventes, forcément sur 20 ans on a accumulé 49 logiciels, on s'est focalisé aujourd'hui sur un top 10. Donc ce sont des choix importants, des choix difficiles.
- Speaker #1
Donc il y a eu du renoncement finalement sur certaines solutions ? Absolument,
- Speaker #0
absolument. Et donc ça, ça a été important, on va faire moins de choses et beaucoup mieux, et le tout dopé à l'IA. Et ça c'est hyper important à comprendre, parce que quand on se posait la question tout à l'heure, Tout à l'heure, quand je posais la question à mes collaborateurs, vous êtes combien chez Generics ? On me répond, bon ben on est 1000. En fait on n'est pas 1000. Ce que je leur dis c'est qu'on est 10 000 aujourd'hui. Simplement on a 9000 ingénieurs supplémentaires qui sont des ingénieurs virtuels, nos agents IA, qu'on le cuit d'Einstein, et qui nous permettent, si vous voulez, d'être beaucoup plus gros, beaucoup plus forts. Et même une entreprise de taille intermédiaire comme Generics, en fait vous pouvez devenir rapidement un champion mondial parce que vous avez des capacités presque illimitées. en termes d'innovation, et puis surtout une capacité de les, ce qu'on appelle le time to value, de les apporter sur le marché extrêmement rapidement. Et donc c'est une chance, c'est une chance pour nous en tant qu'entreprise, mais c'est une chance également pour nos clients et enfin nos collaborateurs.
- Speaker #1
Absolument. Et le choix justement du recentrage sur certaines lignes de métier ou solutions logicielles, c'est fait comment par rapport à des critères de rentabilité, des critères de taille de business ?
- Speaker #0
Ça a été surtout focalisé sur nos clients. Generics, de ce que j'en ai observé, on n'a pas été une société, si vous voulez, qui a disposé d'un savant fou, des fois des génies, des personnes extrêmement brillantes qui peuvent envoyer des satellites, voir des êtres humains sur Mars. Ce n'est pas ça notre histoire. Nous, le coup de génie de Generics, c'est d'avoir écouté ses clients. Et bien c'est ce qu'on a fait. Et voyez cette recette-là. Non seulement on continue à l'appliquer, mais on pense qu'elle est encore plus importante. Ce qui nous lie et ce qui fait l'avenir de Generics, c'est écouter ses clients et c'est la confiance qu'on a de nos clients. Et on pense même que la confiance, c'est devenu, si vous voulez, un nouveau élément différenciant. À l'univers de l'IA, l'authenticité, la curiosité et la confiance, c'est ce qui feront la différence. C'est presque une nouvelle fonctionnalité qu'on a à notre portefeuille. Donc on a beaucoup de chance, puisqu'on a une société qui a plus de 30 ans. Et dont finalement, son patrimoine majeur, c'est ses clients. Ils ont beaucoup investi sur nous pendant 30 ans. Donc on leur doit bien ça. Et pour nos investissements futurs, on les écoute, on leur rend bien. Et c'est ça qui oriente notre stratégie.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il y a eu derrière aussi des cessions ou c'était simplement des fermetures ?
- Speaker #0
Alors, c'était plutôt de la consolidation. Parce qu'aujourd'hui, effectivement, vous avez un logiciel qui est capable de faire ce qu'on faisait 4 historiquement. Et donc, on est plutôt...
- Speaker #1
On est plutôt à la rationalisation même.
- Speaker #0
Voilà, de la rationalisation. Et puis, dans un certain nombre de cas, effectivement, des choix qui ont été faits sur un domaine plutôt qu'un autre, mais toujours en accord avec nos clients. Et d'ailleurs, quand on a élaboré cette roadmap, ce plan stratégique, initialement, à l'arrivée de Montefiore, la première chose qu'on a été faire, c'était de la présenter à nos clients. Et dès qu'on a eu leur blessing, leur sceau, leur accord, là, on a foncé.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Donc, ça ne pouvait que marcher.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr, absolument. Sur la stratégie internationale, tu parlais de cette régionalisation qui a été scindée en trois, et ce qui a permis d'ailleurs de mettre, comme tu l'évoques, des centres d'excellence. Tu n'évoques pas le Middle East ? Le Moyen-Orient, c'est une zone dans laquelle vous êtes présent, ou qui n'a pas forcément lieu dans la stratégie de Generics ?
- Speaker #0
Le Moyen-Orient, à mon avis, c'est...
- Speaker #1
Ça reste un hub logistique mondial avec des flux...
- Speaker #0
Non seulement c'est un hub logistique, mais c'est également un hub financier. D'accord ? Donc le Moyen-Orient fait vraiment partie des réflexions de Générix. Mais comme je le disais, nous, on suit nos clients, voire même ils nous emmènent. Et ce qui est très très important, c'est qu'il faut bien comprendre quelque chose. Une société comme Générix, vous êtes très rapidement astérix quand vous arrivez dans un nouveau pays. Donc qu'est-ce que vous faites en fait ? Nos grands clients, et le CAC 40 qui sont nos clients, ils ont une responsabilité par rapport à l'intégralité des ETI et pour Générix. C'est-à-dire que c'est eux qui nous permettent de devenir international. Et quand on devient assez puissant, je veux dire, en termes d'empreintes, grâce à ses grands clients, à ses filiales françaises, voire européennes, dans un pays, là, vous commencez à vous attaquer au marché local. Donc ça, c'est l'étape 1. Donc, d'une part, on se développe comme ça. Et puis, d'autre part, vous avez raison sur le Moyen-Orient, on pourrait également citer l'Inde. Mais dans l'univers de la logistique, les vraies antichambres, là où il y a les entrepôts, il y a L'Europe de l'Est, je pense à la Pologne, qui est l'antichambre de la logistique en Europe. Vous avez le Mexique par rapport aux Etats-Unis. Vous avez un très très gros business également en Argentine, au Pérou, au Chili et puis au Brésil. Et enfin, là où on pense qu'il y a beaucoup à faire, c'est toute la ceinture océanique, et je pense notamment à l'Indonésie. Donc il y a un hub extrêmement important au niveau des transports au Moyen-Orient, et on pense qu'on va grandir là-bas, pour deux grandes raisons. D'une part, un de nos plus grands clients, je pense que je peux les citer, mais on ne voudra pas, c'est Carrefour. Et Carrefour, en fait, lorsqu'ils ont grandi, il y a un certain nombre de leurs entités qui ont été cédées. Je pense à MAF, à Dubaï, dans ce qui nous permet d'avoir des premières empreintes là-bas et pouvoir travailler d'un point de vue logistique. Et puis la deuxième, c'est la réforme fiscale. On parle beaucoup de réforme fiscale, évidemment. En Europe, la facturation électronique en Belgique en janvier, en Pologne on l'a fait en février, on est en train de faire la France pour septembre et on s'attaque à l'Allemagne et puis à l'Espagne pour 2027. Mais figurez-vous que les Émirats Arabes Unis également ont une réforme fiscale et on pense qu'on a beaucoup à faire avec eux dans les mois et années qui viennent. Donc ça fait partie effectivement de nos axes de développement.
- Speaker #1
Raphaël, tu évoquais tout à l'heure l'IA. comme étant une force en tout cas vécue chez Generics pour la modernisation notamment des outils, des solutions qui sont développées. Quels sont les usages et les pratiques justement autour de l'IA chez Generics ?
- Speaker #0
Alors l'IA pour nous c'est quelque chose de fondamental. En fait ça dépasse d'ailleurs on pense tout ce que l'on peut imaginer. Ce n'est pas uniquement une question de la tech, c'est que l'intégralité du monde va changer. J'en veux pour preuve, aujourd'hui des amis que j'ai à titre personnel qui prêtent des taxis sans pilote, c'est ça l'histoire. Donc l'IA arrive, l'IA est partout et je tiens à rappeler qu'on a dû mettre une trentaine d'années à équiper 75% de la population d'un téléphone. Et on a dû mettre, je ne sais pas, deux, trois semaines pour équiper un milliard d'utilisateurs de chat GPT. Donc ça va à une vitesse colossale. Et on n'est qu'au début de l'histoire. Donc l'IA touche tout le monde. Generics, mais également l'intégralité de ses clients. Donc pour nous, ça a été quelque chose de fondamental. et comme je le disais c'est un avantage compétitif pour une entreprise comme la nôtre ça fait d'une entreprise française une ti un champion mondial ça fait que demain vous pouvez grandir en picardie avoir une excellente idée et et tout d'un coup avoir 15 ingénieurs du MIT qui s'appellent Claude et qui vous permettent de mettre en place une solution, une entreprise qui peut toucher un milliard d'utilisateurs. Je tiens à rappeler d'ailleurs qu'on a vu la naissance cette année des premières sociétés qui pèsent plus d'un milliard d'euros et qui ont deux collaborateurs. Donc il se passe quelque chose de phénoménal. Donc nous, évidemment, on a commencé à embrasser ça. Dès décembre 2024, on a infusé l'IA partout dans l'entreprise. On a commencé à l'incarner avec un certain Albert, qui est notre ciseau virtuel. C'était le moyen de montrer à l'intégralité des collaborateurs Générix qu'on pouvait avoir un agent virtuel en charge de notre sécurité, à la fois pour nous former, mais également pour nous attaquer. C'était le moyen de passer à la culturation. Ensuite, on a mis en place un programme pour nos employés où n'importe quelle initiative, pour peu qu'elle intégrer l'IA, on l'a financée. Il y avait un jury, un concours, etc. Et ça nous a permis de développer de premières applications et de laisser libre cours à l'imagination. de nos collaborateurs, avant d'informer l'intégralité sur l'IA. Au premier niveau, on est parti de Kasparov, du jeu d'échecs et d'eBlue, jusqu'à des niveaux de certification plus importants pour nos plus grands ingénieurs. Mais ce qui a vraiment fait le changement, c'est lorsqu'on a fait l'outillage et qu'on a commencé à outiller l'intégralité de nos collaborateurs de l'IA, avec un souci très important qui est d'utiliser l'IA.
- Speaker #1
C'est quoi comme explication justement ?
- Speaker #0
de telle manière à augmenter leur entreprise et à augmenter leur employabilité. Il est hors de question d'utiliser l'IA qui est pour moi une espèce de stagiaire mais qui a 8 doctorats, ok, ça serait dommage de l'utiliser pour faire des résumés d'email. Donc on a commencé à créer des agents en interne. Aujourd'hui, par exemple, on parle de la réforme fiscale, on a un agent qui connaît l'intégralité des réformes fiscales en Europe, qui est un expert et qui aide nos consultants dans le cadre de la mise en oeuvre des projets. On a également des agents qui permettent à chaque mise en production de nos logiciels de vérifier la conformité Merci. à l'ensemble des éléments techniques et également de sécurité pour pouvoir passer en production une de nos solutions. On a des agents aujourd'hui qui spécifient et créent des logiciels. Mais ça, c'est pour l'interne. Ce qui est très intéressant également, c'est l'IA pour nos clients. Parce que l'IA nous permet d'imaginer un nombre de use cases incroyable. Aujourd'hui, on fait des jumeaux numériques de nos entrepôts et on est capable de savoir précisément où est-ce qu'on doit placer tel ou tel produit en fonction de ce CIR. il est sec, il est frais, il est surchauffé des commandes, de calculer les distances et d'imaginer tous les use cases voire même de planifier l'ensemble des travaux des opérateurs et des robots dans un entrepôt donc le périmètre d'usage est illimité mais le vrai sujet qu'il ne faut pas oublier et on pense que c'est le différenciant de Generics c'est la donnée, parce que ça reste la donnée qui est le pétrole, qui est l'essence de l'IA et nous on a beaucoup de chance puisque comme on a 35 ans on a 35 ans de données, on a des millions de transactions Merci. Je vous disais, on gère à peu près une palette dans le monde toutes les deux secondes, plus d'un demi milliard de factures, donc on a énormément de données, de transactions qui peuvent nous permettre justement de rendre nos propres IA intelligentes et par rapport à ça d'ailleurs on travaille avec chacune d'entre elles.
- Speaker #1
C'est-à-dire que vous avez développé votre propre modèle d'IA ou vous appuyez aujourd'hui sur les IA ?
- Speaker #0
On s'appuie alors sur l'open source, mais également sur tous les grands acteurs, français et américains, en fonction de la nature des use cases. C'est vrai d'ailleurs en interne, mais c'est vrai pour nos clients. Mais encore une fois, le modèle de données et les algorithmes métiers s'appuient sur cette technologie. Comme on a connu jadis avec le cloud, des applications qui pouvaient tourner sur Microsoft, sur Google, sur GCP, c'est exactement la même chose avec la LLM. On a des applications, je vais tous les citer, Cloud, Mistral. et Gemini.
- Speaker #1
Ok. Et vous n'avez pas fait le choix pour le coup de développer votre propre modèle d'IA, les LLM étant suffisamment performants aujourd'hui.
- Speaker #0
On n'est pas Google, on n'est pas anthropique, on n'est pas OpenAI, certainement pas. Nous, on est des consommateurs de cette technologie comme on est des consommateurs de cloud pour délivrer des applications métiers. Je vais même aller plus loin. Vous savez, à l'ère où euh Il y a des milliards et des milliards et des milliards de dollars qui sont utilisés par ces grands mondes pour créer des modèles d'IA ou des data centers et qui recherchent souvent quel est le modèle économique. Le modèle économique, on pense que c'est des applications business comme les nôtres qui permettent de répondre à des use cases métiers. Donc on pense justement être un modèle économique pour ces grandes sociétés d'IA et c'est parfait.
- Speaker #1
Ce sera quoi les solutions de demain développées par Generics grâce à l'IA pour ses clients ?
- Speaker #0
Alors je pense qu'on va peut-être en parler un peu après, mais je vais quand même anticiper les choses. Il y a toujours eu un enjeu d'optimisation et de productivité. Le logiciel et même l'IA, fondamentalement, on pense en premier lieu à ça. Nous, on pense qu'une société comme Generics, elle a du sens parce que non seulement elle est là pour augmenter nos clients, les aider à grandir et donc améliorer leur productivité, notamment dans la La supply chain, vous savez, nous on fait face à un monde où les gens, quand ils se lèvent le samedi matin et qu'ils achètent quelque chose, ils veulent être livrés le samedi après-midi et si ça ne leur plaît pas, ils veulent avoir le droit de le renvoyer. Donc nous, on a des logiciels qui opèrent ça. Donc répondre à la consommation et répondre aux enjeux de productivité, à la compétitivité de nos clients. Mais il y a d'autres enjeux. Il y a des enjeux sociaux hyper importants. Juste pour vous donner quand même un indicateur, la logistique c'est quoi ? C'est, je pense, pas loin de 10% du PIB français. Ça doit être 2 millions d'emplois, et puis notamment des emplois précaires, en entrepôt, notamment avec beaucoup d'intérimaires et beaucoup de jeunes. Et donc par rapport à ces emplois peu qualifiés, vous savez, nos technologies, elles permettent de mettre ces nouveaux usages, ces nouveaux outils, l'IA, entre les mains de ces personnes, et on en est très fiers. Donc ça, c'est pour le social. Et puis le deuxième enjeu, il est clairement écologique ou climatique. Ok, on améliore la productivité. Nos logiciels permettent de faire quoi ? De mieux remplir un camion. Des camions mieux remplis, ça veut dire quoi ? Ça veut dire moins de camions. Ils permettent également d'optimiser les tournées. Moins de kilomètres. Ils permettent également d'éviter des retours à vide pour remplir le camion une fois qu'il est dans un magasin avec des invendus et d'apporter ça dans un entrepôt de reconditionnement. Etc. Donc on a derrière un certain nombre d'enjeux qu'on pense qui sont les enjeux de ce siècle auxquels nos logiciels sont tout à fait disposés à répondre.
- Speaker #1
C'est un bel objectif, effectivement. Avant d'aborder ce sujet de la RSE et de l'impact, je voulais évoquer avec toi, Raphaël, justement les pratiques managériales qui sont celles chez Generics, mais déjà la tienne. D'un point de vue leadership, management, quel est ton style de management ?
- Speaker #0
Alors moi, mon style de management, c'est plutôt, je pense, en toute humilité, c'est d'être hyper ouvert d'esprit et vraiment d'écouter. Donc, on est une organisation assez flat, très, très peu de layers entre la direction et puis les salariés de générique. Donc, c'est d'aller vite, d'écouter et surtout de connecter, en fait, l'intégralité de l'entreprise. Donc, ça, c'est hyper, hyper, hyper important pour nous. Et surtout, d'être dans le mouvement. Il y a les grands termes, on va dire, de transformation et de changement. Je pense que ça, quelque part, c'est quelque chose qui est, j'ai envie de dire, continu. D'accord ? On est dans un monde qui change. Et on doit être capable de changer, de s'adapter. Donc moi, ça, c'est des valeurs qui sont hyper importantes pour moi et qui accompagnent, je pense, mon style de management.
- Speaker #1
Et la culture managériale chez Generics, comment tu pourrais la définir ?
- Speaker #0
La culture managériale, je pense pareil un petit peu à cette image. On est curieux, donc on veut que les gens créent. Donc on a, on va dire, un niveau d'exigence qui est important. Mais vraiment, toujours, on va dire, dans... dans une ouverture d'esprit visant à augmenter la puissance de l'entreprise. Le collectif est important et je pense que la place de l'humain va être de plus en plus importante. En fait, paradoxalement, ce qui est assez génial... C'est que l'IA, moi je vois les choses de manière hyper positive, remet un certain nombre de valeurs comme l'authenticité, la curiosité, en fait toutes les valeurs humaines au devant. En fait des choses que la machine et l'IA ne pourra pas remplacer. Donc ça va être encore plus vrai puisque demain ou même aujourd'hui on a accompagné un nouveau collaborateur qui s'appelle Claude, Chad GPT et Gemini. Donc voilà.
- Speaker #1
Et justement comment tu perçois la cohabitation ? entre ces innovations technologiques autour de l'IA, la data et la culture d'entreprise, notamment chez Generics.
- Speaker #0
Je pense que c'est difficile d'avoir une boule de cristal par rapport à ça. Et pourquoi je dis ça ? C'est parce qu'on a connu beaucoup de révolutions industrielles. Même nous, Generics, on n'a pas connu la machine à vapeur, mais il y a eu un Generics avant Internet, un Generics après Internet. Il y a eu le cloud et aujourd'hui l'IA. La seule différence, c'est la vitesse. Il y a encore trois semaines, on utilisait des logiciels qu'on trouvait absolument génial en termes d'IA. Trois semaines après, il y a de nouvelles annonces qui renvoient à la préhistoire ce qui avait été créé trois semaines avant. Donc ça, c'est complètement fou. Moi, je pense qu'il faut être hyper pragmatique, mais surtout vraiment plonger dedans. L'expérimenter à fond moi-même. Je fais partie de ces fous qui essayent de se créer leur propre jumeau numérique. Mais c'est surtout pour adopter l'IA, comprendre comment ça marche. et surtout comment ça peut aider l'entreprise. Donc on a mis une règle extrêmement simple au sein de la boîte. Peu importe le staff meeting, peu importe les réunions, les managers, leurs collaborateurs, le sujet, l'atelier de travail, je veux qu'il y ait 10 minutes à la fin sur l'IA. Ça peut être le prompt d'un collègue, ça peut être une presse release, n'importe quoi, mais du moment que c'est l'IA. Et il faut vraiment infuser ça. Et en fait, je dis ça pourquoi ? Parce que j'ai deux garçons. Et j'ai deux garçons. J'en ai un qui a 9 ans et l'autre qui a 17 ans. Celui qui a 17 ans c'est assez incroyable parce que certains qualifieraient ça de geek. Vous savez, les jeunes garçons qui ont monté leur propre ordinateur, qui ont leur propre setup et qui m'ont montré des choses extraordinaires. Et quand je lui demande comment il s'est formé, il m'a regardé bizarrement. C'est-à-dire qu'il s'est formé tout seul. Donc vous voyez, il y a un état d'esprit qui est un peu différent. Quant à l'autre, c'est encore plus incroyable. On est vraiment dans la native. C'est-à-dire que lui, je pense que dans son groupe de copains, il y a des agents IA. Donc il y a de nouvelles générations qui arrivent. Et souvent, vous savez, moi je lis des articles qui disent « Eh, l'IA, il n'y a plus de juniors, il n'y a que les seniors, parce qu'il faut savoir driver l'IA. » Je comprends, même si je suis toujours quand même abasourdi quand je me dis « Ben dis donc, les juniors souffrent, mais s'il n'y a plus de juniors, il n'y a plus de seniors. » C'est un vrai sujet. Je me dis également « On garde les seniors. » Parce que la nouvelle génération qui arrive, elle est... très très très très armé sur l'IA. Donc il est extrêmement important que tout le monde se forme sur l'IA et tout le monde apprenne à s'en servir. Pour moi, on va arriver sur un sujet où l'IA c'est pas un sujet qui a un problème de dépendance. Est-ce qu'aujourd'hui on pourrait travailler sans Wifi, sans électricité ?
- Speaker #1
Je pense pas.
- Speaker #0
Je pense que ça serait exactement la même chose avec l'IA. Donc il faut embrasser les choses et encore une fois je pense que c'est une chance énorme pour l'Europe, pour la France. pour pouvoir vraiment augmenter son business qui peut se donner dans le monde.
- Speaker #1
Et d'un point de vue social, est-ce qu'il y a des craintes parmi les collaborateurs d'une entreprise technologique, comme Generics par exemple, sur le futur de son emploi, quand je suis développeur informatique par exemple ?
- Speaker #0
Moi je pense qu'il faut voir les choses globalement. Je pense qu'il y a des craintes globales et qui sont légitimes. Vraiment, comme il y a eu des craintes quand on a mécanisé les campagnes, comme il y a eu des craintes quand on a robotisé les usines. Et aujourd'hui il y a des craintes. Ce qui est assez rigolo, c'est que les craintes, elles concernent... Également des cols blancs. Alors après on a vu beaucoup d'économies cartonnées, alors qu'elles étaient les plus automatisées du monde. Donc oui, il y a des craintes. Regardez les chiffres, et notamment des grandes entreprises américaines, le nombre de lay-off qui sont faits, c'est je pense assez hallucinant. On parle de 1,6 million d'emplois je crois aux Etats-Unis sur les derniers mois. Un peu prétexté par l'IA. Donc je peux comprendre ça. Mais donc pour moi, il n'y a qu'une façon de réagir. C'est d'être offensif et puis surtout de bien penser à comment on se distingue. Encore une fois, je pense que c'est une chance pour l'humain. L'authenticité, la curiosité, il y a un certain nombre de valeurs qui vont compter davantage et notamment la confiance. Et je pense que c'est ça qui va nous distinguer et qui fera la différence entre tel ou tel acteur puisqu'on a tous cette chance de bénéficier maintenant d'une flopée d'ingénieurs d'un point de vue illimité.
- Speaker #1
Bien sûr, ça c'est clair. Quelle est la parité chez Generics, FAMOM ?
- Speaker #0
Alors la parité, on est un peu plus d'un tiers, on flirte avec les 35%, ok, donc comme pas mal de boîtes.
- Speaker #1
C'est une bonne performance pour une entreprise technologique.
- Speaker #0
C'est plutôt chouette, on a la chance. Je pense d'être dans le logiciel. Tu citais en début d'interview que j'avais travaillé dans l'univers de l'outsourcing, de l'infrastructure, etc. Ce qui était un peu plus dur. Mais j'ai un message à passer, c'est qu'il n'y a pas de fatalité du tout. Je suis même plutôt optimiste. Parce que je parlais de mon centre de développement, avec les devs. D'ailleurs avec les premiers consommateurs d'IA, parce qu'aujourd'hui on crée avec de l'IA. Figurez-vous qu'à Clouges, c'est là où j'ai mon centre de développement, à peu près 150 personnes. Les gens qui créent la valeur, j'ai 64% de femmes.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Impressionnant, n'est-ce pas ?
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Simplement, quand vous êtes en Roumanie, que vous avez un pays qui a eu la croissance du PIB qu'ils ont connu, eux, ils étaient dans un schéma où, si vous voulez, être développeur, il n'y avait rien d'écrit. Il n'y avait pas 30 ans d'histoire, il y a les ingénieurs, il y a le commerce, etc. Et c'est différents modèles. Donc, moi, je suis plutôt optimiste vraiment par rapport à ça. Et je pense que l'IA, là aussi, va apporter quelque chose, à mon avis, d'assez consensuel.
- Speaker #1
Il n'a pas arrêté au niveau du comité de direction ?
- Speaker #0
Pour l'instant, dans le comité de direction, on a changé le modèle puisqu'on a réduit ça à 6 personnes et on a une femme présente parmi les 6.
- Speaker #1
D'accord. Bon, noté. Si on aborde maintenant les sujets de la RSE, tu l'as évoqué tout à l'heure, il y a un vrai impact dans les solutions proposées par Generics, donc auprès de ses clients, transporteurs notamment, logisticiens, pour optimiser et faire des gains de productivité avec un impact notable, notamment sur volet environnemental. C'est quoi la politique RSE de Generics aujourd'hui ?
- Speaker #0
Écoutez, nous, la politique RSE, je vais un peu la réduire à une chose essentielle. Parce que parmi tous les scopes, 1, 2, 3, nous, en tant que société de tech, finalement, notre enjeu majeur, on va être très clair, c'est le cloud. ce sont les data centers évidemment qu'on fait attention et à partir du moment qu'on propose des solutions qui non seulement améliorent la productivité de nos clients mais réduisent leur empreinte carbone puisque je sais remplir mieux les camions, mieux les colis faire moins de kilomètres il est normal qu'on doive adopter on va dire une politique mais surtout une façon de travailler la plus sobre possible donc nous dans nos comportements au quotidien quand vous créez du logiciel évidemment vous faites attention Je vous parlais de mon fils tout à l'heure, à chaque fois que je me sers de Claude pour lui poser des questions, il me fait attention papa, c'est une bouteille d'eau. D'accord, donc on a beaucoup de chance. Il est déjà sensibilisé très tôt. Mais c'est ça qui est absolument génial. Les nouvelles générations nous aident par rapport à ça. Et nous on pense même que d'ailleurs ça participe à l'attractivité de Généris pour les talents. Donc on fait attention à ça. Mais donc ce qui est hyper important pour nous, et c'est un des grands enjeux, je crois qu'il y avait Choose France hier.
- Speaker #1
Oui, c'est bien.
- Speaker #0
avec des annonces hyper importantes dans l'investissement sur des grosses infrastructures. C'est un peu les gigafactories de la tech. Oui, beaucoup d'infrastructures. On va transformer l'électricité en token. Donc nous, notre sujet, c'est quoi ? C'est de faire attention que dans les partenaires que l'on choisit, sur lesquels on va héberger nos applications, ce soit les moins énergivores possibles. Donc c'est vraiment l'idée. Je pense que nous, notre action en tant que SaaS Company, éditeur de logiciels, C'est de faire en sorte, tous ensemble, de sensibiliser au maximum les acteurs américains, et puis européens, c'est un peu plus simple, par essence, à cela. Et ça, on doit le faire nous, et puis on doit le faire avec nos clients. Vous citez les grands groupes qui sont hypersensibles, et je pense que c'est comme ça qu'on va réussir presque à normaliser l'enjeu climatique. Donc le sujet, il est là, il est vraiment là. Et ensuite, ces propres data centers, eux-mêmes, doivent bénéficier d'une énergie décarbonée. Et je pense que la France, il faut le dire, on a vraiment un avantage compétitif. Ce n'est pas uniquement le prix de l'électricité qui est compétitif en France pour ces data centers qui hébergent nos applications. C'est également leur bas carbone. Et je pense qu'on ne le répète jamais assez, on a une chance extraordinaire en France. On peut créer de l'IA responsable Et demain ? On créera du quantique, de la puissance de calcul responsable. Et je pense qu'il y a très peu de pays dans le monde qui peuvent faire ça. Quand je dis très peu, c'est vraiment très très peu. Donc on a beaucoup de chance en France, et en tout cas pour nous une boîte de la tech, de bénéficier de ça.
- Speaker #1
C'est une évidence. D'ailleurs justement sur l'environnement international, cet argument sur l'impact que les solutions d'optimisation de Générix amènent dans les entreprises, est-ce que tu vois des disparités ? ou en tout cas une sensibilité plus forte entre l'Europe et d'autres régions du monde ?
- Speaker #0
On le voit et c'est une évidence par rapport à la maturité économique de certains pays. Il y a quand même quelque chose qui est hyper intéressant parce que tous les pays... pays qu'on qualifiait d'émergents, moi je vais appeler ça les pays en croissance. Ils ont une conscience qu'on n'avait pas nécessairement, nous, la vieille Europe à l'époque du charbon. Donc ça c'est quand même plutôt chouette. Et en même temps, ils veulent bénéficier de leur hypercroissance pour grandir et puis améliorer quelque part à la fois le PIB et puis la qualité de vie et le bien-être de leurs propres habitants. Donc il faut trouver une solution entre les deux et là je pense aussi... que la technologie est une réponse. On parlait tout à l'heure des craintes de la technologie. La technologie va apporter des médecins dans les déserts médicaux. C'est vrai en France, mais c'est partout vrai dans le monde. Et je pense... que la technologie va apporter de la vertu, également d'un point de vue climatique, partout dans le monde. Et donc si nos super solutions reposent sur des infrastructures les plus vertes possibles et qu'on peut mettre à disposition cette valeur pour aider des pays à grandir, c'est une manière, quelque part, de les sensibiliser dans l'action. Et sans forcément être punitif. par rapport à leur souhait de croissance qui peut être somme toute assez légitime. On l'a connu nous avec notre rang glorieuse. Donc voilà, je souhaite bonne chance évidemment à l'ensemble des pays qui souhaitent grandir puis améliorer le bien-être de leur population.
- Speaker #1
Si on se projette maintenant Raphaël, dans les prochaines années, sur une vision à 5-10 ans, c'est quoi pour toi les grandes transformations qui vont peut-être redessiner le secteur des solutions logicielles, notamment dans la supply chain ? On a pas mal parlé de l'IA, mais les étapes d'après ?
- Speaker #0
Pareil, moi je ne suis pas devin, et puis comme on n'est pas Google, Anthropic ou ce genre de boîte, moi je ne vois pas Generics comme une société qui crée les grandes tendances du prochain millénaire. Nous on est extrêmement pragmatique, on est là pour s'appuyer justement sur le progrès et en faire bénéficier nos clients. En revanche, ce que l'on voit et ce que l'on connaît avec l'IA aujourd'hui, Bout. J'ai bien dit qu'on était au début de l'histoire. Et je pense que ça va profondément changer la planète avec cette révolution industrielle que moi je mets même au-dessus de ce qu'on a pu connaître par le passé. Mais on commence à évoquer un certain nombre de sujets qu'on expérimente nous chez Générique, ce qu'est le quantique. Pour faire hyper simple, parce que je suis loin d'être un expert, et ça me paraît... Ça c'est le parcours IBM qui amène l'informatique quantique. Oui, absolument, mais c'est assez abstrait. Moi je me souviens, à l'unité de mesure du quantique, on parle de qubits. Et le qubit, je crois que 20 qubits, vous pouvez décrypter n'importe quelle clé dans le monde. L'équivalent de 100 qubits, je crois que c'est en termes d'espèces de stockage, c'est le nombre d'atomes qu'il y a sur la planète Terre. Bref, ça dépasse l'entendement. Donc ça va apporter en fait une puissance de calcul à tous ces modèles que l'on connaît, justement pour essayer de faire en sorte que le progrès préserve les générations à venir. Et donc on l'expérimente. avec une startup française. On en est très fiers, qui s'appelle Cubitsoft, qui sera, j'en suis sûr, très ravi qu'on les cite aujourd'hui. On est accompagné également par l'ADEME puisque, en fait, on est là sur des modèles d'optimisation qui visent à répondre dans les transports à l'empreinte carbone. On parlait tout à l'heure des modèles de chargement de camions et d'optimisation de tournée. Vous voyez ça, puissance 1 milliard. Et aujourd'hui, on s'appuie sur leur technologie quantique pour développer de nouveaux use cases. Donc voilà un des prochains chapitres qu'on imagine et qu'on voit venir, on va dire après ou en parallèle de l'IA, parce que là aussi, j'étais en train de louer l'énergie verte et les investissements qui étaient faits en France autour des giga-clodes. Je pense que c'est la même chose sur le quantique. Donc on a les talents, on a les idées, j'en suis sûr, les investissements, on est une terre d'investissement. Donc, par rapport à ces grandes tendances, voilà celles que l'on voit. En tout cas, on se sent bien positionné et au bon endroit pour pouvoir être accompagné et avoir le vent dans le dos sur ces sujets.
- Speaker #1
Absolument. Et quel sera le rôle pour AIDOR comme Générix, justement, dans ces prochaines années, pour accompagner ces transformations à venir qui vont continuer à être technologiques, selon toi ?
- Speaker #0
Nous, notre rôle, on va continuer de faire bien ce que l'on fait et d'essayer de le faire mieux. Encore une fois, notre entreprise, c'est de connecter les clients et les fournisseurs. C'est vrai avec l'univers des marchandises, des palettes dans la logistique, et puis c'est vrai avec l'univers financier, les bons de commande et les factures. Donc nous, on croit à un futur sans barrière. On connecte des clients et des fournisseurs, on connecte des objets physiques, des objets numériques, et on connecte les pays entre eux. raison pour laquelle... Pour nous, l'émancipation internationale est par essence quelque chose d'important. Donc nous, c'est ça que l'on espère encore mieux faire dans les années à venir. Donc le futur de Générix, s'il est mon... mondial, ainsi d'un champion européen, on arrive à être un champion mondial, je crois qu'on sera dans le vrai et on aura réussi ce qu'on voulait entreprendre depuis des années maintenant.
- Speaker #1
C'est quoi l'impact de l'environnement international et instable finalement autour de la géopolitique aujourd'hui pour Generex ?
- Speaker #0
C'est assez particulier parce que j'ai l'usage de dire qu'on a beaucoup de chance parce que quand vous travaillez dans la logistique, vous travaillez dans un marché où chacune des disruptions, en fait, vous fait avancer. On peut parler des tensions internationales, mais qui redistribuent les cartes en termes de logistique, en termes de route.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Mais quand vous avez le Covid, on raconte quoi ? Qu'il n'y a pas de pâtes et de papier toilette dans les magasins ? C'est la logistique. Quand vous avez des tensions avec l'Asie et des problèmes de semi-conducteurs et que vous avez neuf mois pour vous livrer votre voiture, c'est la logistique. Imaginez qu'on a, je ne sais pas moi, un pays qui revoit l'ensemble de ces tarifs douaniers, il faut repenser les chaînes d'approvisionnement également. Donc à chaque fois qu'il y a une disruption, ou même un problème météo quelque part, l'agriculture, il faut repenser les chaînes d'approvisionnement et de distribution. Et les chaînes d'approvisionnement et de distribution, aujourd'hui, c'est du code, c'est du logiciel, c'est des algorithmes. Donc pour nous, à chaque fois qu'il se passe un événement, ça nous permet de réfléchir, de progresser, de faire en sorte que la planète continue à tourner, on espère dans le bon sens. Donc c'est comme ça qu'on voit les choses, même si globalement, je le disais tout à l'heure, Nous, notre but, c'est un futur sans barrière et d'utiliser la technologie pour y arriver. Donc on espère quand même que la Terre continuera encore de tourner de la manière la plus ronde possible. On espère pour les mois et les années à venir. Je tiens le rappel, on a tous des enfants, moi le premier, donc on y croit et on va rester optimiste. Peut-être devenir activiste pour pouvoir faire en sorte que tout ça fonctionne pour le mieux.
- Speaker #1
Et quel conseil, Raphaël, tu donnerais à un dirigeant d'entreprise qui souhaite justement engager une transformation avec l'usage des technologies IA ?
- Speaker #0
Moi, je lui dirais de foncer, d'expérimenter. Évidemment, il faut réfléchir. Et nous, on est les spécialistes de la réflexion en Europe.
- Speaker #1
On aime bien ça.
- Speaker #0
Si je ne dis pas de bêtises, je parlais du taxi autonome tout à l'heure. Je crois que maintenant, c'est autorisé dans 10 États américains. Ça a commencé au Californie, au Nevada, et puis...
- Speaker #1
Ça s'étend.
- Speaker #0
Et nous, je crois qu'en Europe, on est toujours en train de réfléchir si une voiture qui ne boit pas d'alcool et qui ne souffre pas de somnolence est une bonne idée. Donc moi, mon conseil, c'est d'avancer, c'est de foncer, et surtout, c'est d'être extrêmement offensif avec l'IA. Il faut l'utiliser pour l'adopter, et surtout, surtout, surtout, ne pas résister. Donc moi, c'est ça que je dirais. En tout cas, on essaie de s'y employer. Alors on va garder nos qualités de raisonnement, de réflexion, et puis faire attention à nos valeurs éleptiques, ça j'entends bien. Donc on est européen, moi-même, je suis français d'origine espagnole, donc il n'y a pas plus européen que moi. Mais cela dit, il faut foncer. L'audace, la curiosité, je pense que c'est le moyen d'avancer. Et d'ailleurs, ça me permet de lancer un message important. Il est capital que l'Europe compte davantage. Moi, ça, c'est un de mes objectifs. On est pas mal d'éditeurs en France, je peux parler du marché de la tech. La taille compte, on doit créer, toute proportion gardée, mais davantage d'Airbus dans la tech en Europe. Je pense que c'est hyper important. Je vais parler un peu de préférence européenne, mais je pense que c'est important pour un monde un peu plus équilibré qui est un grand continent européen, que tout ne se passe pas entre l'Asie et les Etats-Unis. engager mes confrères justement à utiliser l'IA pour créer les champions de demain et faire en sorte que l'équilibre se fasse plus à 3, à 4, à 5 qu'à 2. Voilà, my two cents.
- Speaker #1
J'ai souvenir quand on avait préparé cette interview Raphaël que tu avais cette énergie, cette volonté en tout cas cette croyance qu'il fallait créer des GAFAM européens le G de GAFAM étant celui de Générix.
- Speaker #0
Évidemment, oui. Évidemment.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite de ton aventure comme dirigeant ?
- Speaker #0
Plein de bonnes choses. Comme on est à la période du Choose France, je crois que c'est assez exceptionnel d'ailleurs. Il y avait plus de 200 CEOs hier à Versailles qui ont fait une promesse de don tous ensemble de 75 milliards d'investissement pour la France. Donc ça c'est quand même plutôt génial et il faut vraiment s'en réjouir. C'est hyper important. de la même manière, ce que je souhaite, c'est que... Il y a du Choose France. Hors de France, c'est qu'un maximum de pays à travers le monde choisissent nos technologies. Et si on arrive à faire ça, on sera ravis. En tout cas, c'est ce qu'il faut souhaiter.
- Speaker #1
Excellent. Un grand merci, Raphaël, pour cet échange. Cette interview touche déjà à sa fin. Je rappelle que tu es le président du groupe Generics. Et quand ce 2 juin, c'est ton anniversaire, les 70 000 décideurs qui suivent l'émission se joignent sur moi pour te souhaiter un joyeux anniversaire. Un grand merci,
- Speaker #0
en tout cas. C'est moi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté les After Decider, un podcast produit par Adéquancy. Retrouvez l'intégralité de nos épisodes sur les plateformes de streaming. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. A très bientôt.