- Speaker #0
On a quand même toujours essayé de ne pas se mettre en concurrence avec ce qui existait déjà. Donc toujours dans cette même logique de « on ne réinvente pas la roue, on va là où il y a quelque chose qui manque » . Et cette paire d'auditions cachées, elle venait en fait pour nous aborder un problème majeur aujourd'hui aussi, c'est la paire d'auditions liée à l'âge. C'est comment on fait. pour retarder la progression de cette perte d'audition liée à l'âge, on l'adresse de manière précoce, et on l'adresse de manière précoce sur ce signe qui est le signe d'intelligibilité dans le bruit.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Anthony Baron, et vous écoutez les Afters de la Transformation, un podcast adéquat qui donne la parole aux leaders et acteurs des enjeux de demain. Bonne écoute à tous. Nous nous immergeons aujourd'hui dans l'univers des biotech. Nous avons l'honneur et le privilège d'accueillir Célia Bélin, cofondatrice et CEO de Silicaire. Bonjour Célia.
- Speaker #0
Bonjour Anthony.
- Speaker #1
Et bienvenue à vous dans ce nouveau numéro des After la Transformation. Alors dans cette interview, nous allons revenir sur les éléments de votre parcours, l'histoire et le positionnement également de Silk Air, les développements en cours de la société en Europe, aux Etats-Unis également et ailleurs dans le monde, la culture managériale, vos engagements sociétaux et environnementaux, ainsi que les évolutions futures du secteur. Alors sur votre parcours, d'un point de vue académique, vous êtes... diplômé d'un master en développement des médicaments, gestion de projets et stratégie industrielle à l'université de Montpellier et complété par des formations à l'ESSEC à la London Business School. Vous débutez votre carrière au sein du groupe Sanofi en 2000. Pendant 14 ans, vous exercez différentes fonctions à responsabilité dans les essais cliniques en neurologie, oncologie et médecine interne. En 2007, vous devenez directrice Supply Chain et vous participez notamment à l'intégration d'Aventis sur les enjeux Supply. De 2010 à 2014, vous dirigez des programmes sur l'activité Healthy Aging, des phases d'essais à la mise sur le marché. Et en 2014, vous prenez un virage entrepreneurial en créant avec deux associés la société Silicaire, une biotech spécialisée dans les sciences auditives, alliant R&D, développement de traitements pour la détection de problèmes neurocognitifs et d'audition. Et vous êtes également conseillère du commerce extérieur de la France, ambassadrice de la MedValais et ambassadrice également de Team France Export. Alors première question pour vous, Célia. Quel était le déclic pour vous après 15 ans chez Sanofi en tant que directrice supply chain et directrice également de différents programmes sur des essais cliniques pour cofonder Silker en 2014 avec Marie-Pierre Padelou et Sylvie Pucheux ?
- Speaker #0
L'opportunité d'entreprendre dans un secteur où le besoin marché était assez criant. Donc, on a pensé avoir les compétences pour cela et ça nous a donné l'élan.
- Speaker #1
Et c'était quoi le contexte à l'époque ? Est-ce que Sanofi est quand même une belle machine ? Oui. Qu'est-ce qui fait que vous n'avez pas trouvé cet élan entrepreneurial ou intrapreneurial au sein de Sanofi pour se dire, ok, je vais le créer avec mes associés ?
- Speaker #0
On a essayé de le créer en interne, pour tout vous dire. On n'a pas nécessairement voulu partir de Sanofi. Au départ, ça a été, comme vous disiez, plutôt la possibilité d'entreprendre en interne chez Sanofi. On a porté le projet pendant plus d'un an avec des comités de pilotage au niveau corporate, donc tout en haut, qui nous ont suivis tous les mois sur l'état d'avancement du projet. Et au final, le business model qui a été choisi pour Silk Air était assez peu aligné avec les objectifs de Sanofi, la capacité de Sanofi de suivre ce type de start-up. Donc on a démissionné, on a créé à l'extérieur ce qu'on avait eu l'opportunité de... de designer, de modéliser à l'intérieur.
- Speaker #1
Et donc là, vous débutez en 2014. Et les débuts se font dans un petit labo de 5 mètres carrés, globalement. Oui. C'est comme ça que ça a commencé ?
- Speaker #0
Ah oui, quand on est parti de chez Sanofi, on pensait quand même pouvoir rester au moins en location sur les laboratoires. Et pour différentes raisons, ce n'a pas été possible. Donc, on est parti avec rien du tout. On n'avait pas de labo. Alors, quand on fait de la recherche médicaments, Ouh ! C'est quand même un élément fondamental. Et donc, on a été aidé assez rapidement par une société montpellierienne qui s'appelait Amilgen et sa directrice Vanessa Villard, où on a pu louer une partie de ses laboratoires. Elle exploitait des locaux qu'elle pouvait ouvrir à des tiers. Et c'est ce qui nous a aidés. Mais effectivement, le premier labo, il faisait 5 mètres caractéristiques. Tout petit.
- Speaker #1
Et ça, ça a été un catalyseur pour vous ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pour accélérer justement le développement ?
- Speaker #0
Oui, alors on a vraiment démarré dans un bureau où on était trois, dans un incubateur qui s'appelle le BIC, Business Incubator Center de Montpellier, qui est assez connu pour ça. Et on a eu les labos peut-être deux mois après, mais sans laboratoire, on ne pouvait pas démarrer l'activité. En fait, l'activité visait à tester des médicaments dans le domaine de l'audition. Pour tester des médicaments, il fallait des laboratoires.
- Speaker #1
Et quel est le profil de Marie-Pierre Padelou et de Sylvie Clucheux qui vous accompagnent dans cette aventure ?
- Speaker #0
Oui, alors on est assez complémentaires. Elles ont entre 20 et 25 ans d'expérience dans l'industrie pharma. Elles ont également travaillé longtemps chez Sanofi. Sylvie, c'est la chercheuse, donc un peu fougueuse, qui avait les dernières années travaillé dans l'audition. Aujourd'hui, elle est directrice de l'innovation préclinique. C'est un titre qui lui va comme un gant puisqu'elle est vraiment sur tout ce qui est un peu avant même de pouvoir le commercialiser. On est vraiment sur... les méthodes de développement de deux mains. Elle va s'attarder à tout ce qui est alternative à l'expérimentation animale. Donc, comment est-ce qu'on fait du vitraux dans notre secteur de l'audition ? Elle va travailler sur la membrane tympanique 3D, des organoïdes, de la couclée, des gros mots vraiment très intéressants. Et tout ça en partenariat avec des universités, évidemment. Marie-Pierre Padelou, elle est pharmacien. plutôt opération réglementaire, développement. C'est une développeuse, c'est quelqu'un qui a mené des médicaments jusqu'au marché et dans notre domaine, c'est assez rare malgré tout, d'avoir eu la chance d'aller jusqu'à l'autorisation de mise sur le marché. Dans son cas, ça a été le cas. C'est une super directrice de projet et avec une casquette réglementaire. Aujourd'hui, elle est directrice de la compliance chez Seedcare, ce qui veut dire que ça englobe à la fois la partie qualité et réglementaire.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux problèmes d'audition ?
- Speaker #0
Alors, dans l'unité, les dernières années chez Sanofi, on travaillait en healthy aging, qui était comment bien vieillir, et on s'attardait aux patients de manière assez holistique. Ça veut dire qu'on regardait le patient, non pas juste avec une de ses maladies, il a des pertes de mémoire, il a des maladies cardiovasculaires, il a des douleurs musculaires, etc. Mais vraiment de regarder dans l'ensemble ce patient. pour essayer de prévenir et d'adresser tous les problèmes qu'ils pouvaient avoir de manière à mieux vieillir. Et les désordres sensoriels, en fait, faisaient partie de l'équation, ce qui semble assez logique, mais qui n'est pas toujours le cas. Donc, dans les désordres sensoriels, il y a la vue qui est souvent adressée. En ophtalmologie, aujourd'hui, c'est un marché très mature dans l'industrie pharmaceutique. Il y avait le goût, il y avait le toucher et il y avait évidemment l'audition. Et l'audition, quand on se penche sur les chiffres, parce qu'à l'époque, moi, je travaillais beaucoup avec les opérations commerciales en corporate aussi, Quand on regarde vraiment les chiffres du besoin médical non répondu, de la prévalence et la pente que ça peut prendre, il y avait un besoin tellement énormissime qu'on peut encore espérer dans ce secteur-là, finalement, développer des médicaments qui adressent une très large population de patients.
- Speaker #1
On a justement l'OMS qui, selon ses études, annonce près de 2,5 milliards de patients. Personne dans le monde, soit une personne sur quatre, qui souffrirait de déficience auditive à des degrés divers d'ici à 2050. Est-ce que vous pouvez nous donner peut-être ou partager justement votre constat à vous sur les problèmes d'audition qu'on peut trouver justement à l'échelle mondiale ?
- Speaker #0
Oui, il y a les problèmes d'audition dont parle l'OMS qui sont liés souvent à l'incapacité à entendre un certain volume. Donc l'audibilité, vous allez chez l'ORL et vous avez une perte d'audition avérée. une sur quatre. C'est énorme.
- Speaker #1
Oui, c'est énorme.
- Speaker #0
Énorme. Et il y a tout ce sur quoi nous, on travaille, qui est un peu la face cachée de l'iceberg, qui s'appelle les pertes d'audition cachées, où on n'a pas forcément tout de suite ce diagnostic chez l'ORL qui vous dit, allez vous équiper en aide auditive parce que vous n'entendez plus à telle fréquence, mais où on a des difficultés de compréhension dans le bruit. Et aujourd'hui, ça, ça adresse des jeunes d'une trentaine d'années, une quarantaine d'années, une cinquantaine d'années bien sûr. Des jeunes. Plus en plus jeune. Et c'est dû à... Il y a plusieurs causes. Le vieillissement, bien sûr, mais quand on parle de 30 ans, on n'est pas encore très vieux. Donc le sujet, c'est plutôt l'exposition répétée et continue au bruit. Donc ça, c'est la cause première. Quand vous avez des écouteurs sur les oreilles toute la journée, quand vous êtes en visioconférence toute la journée, quand vous écoutez vraiment très très jeune, tout de suite avec des... pod, etc. dans les oreilles, vous vous retrouvez à avoir une exposition continue qui impacte indéniablement votre audition.
- Speaker #1
Et quelles sont les solutions qu'a développées Silicaire, notamment pour répondre à ces pathologies, ou en tout cas à celles liées à la perte auditive cachée ?
- Speaker #0
Nous, le premier candidat à médicaments, donc nous on développe des médicaments. Et ensuite, pour développer ces médicaments, il a fallu aussi développer des outils un peu plus performants. pour caractériser les problèmes d'audition et être sûr que le médicament est bien adressé à la bonne maladie et donc être capable de détecter la bonne maladie. Donc on a à la fois des outils de détection et des médicaments. Et notre médicament phare s'appelle le SIL-001 et ce médicament, il va traiter la perte d'audition cachée, ce qu'on appelle la synaptopathie cochléaire, qui est cette difficulté à entendre dans un environnement bruyant. Donc ça c'est un médicament ? C'est un médicament. Alors cette difficulté à entendre dans un environnement bruyant, elle est... C'est dû à une déconnexion des fibres et des synapses de la cellule ciliée interne, qui est la cellule de l'audition qui vibre en réceptionnant le son, et qui transmet par ces vibrations le son reçu jusqu'au cerveau. Et en fait, il y a des fibres, une vingtaine de fibres, qui relient cette cellule ciliée au nerf auditif. Et quand ces fibres se déconnectent, évidemment, la transmission du son est de moins bonne qualité, un peu comme l'électricité, si vous avez un poule de fil et qu'il y en a la moitié qui sont débranchés. ça va moins bien fonctionner. C'est la même chose dans l'audition. Nous, notre molécule, c'est ce qu'on appelle un disease modifier. Ça va venir faire repousser les fibres, reconnecter les synapses et rétablir le son.
- Speaker #1
Et ça, c'était globalement une pathologie que vous aviez identifiée dès le début chez Slicker ou qui était quelque chose qui existait déjà au préalable ?
- Speaker #0
Oui, alors cette pathologie, elle est décrite depuis 2009 à peu près. C'est quand même des travaux assez récents par une équipe du Massachusetts. Voilà, Massaionier Institute, donc plutôt attaché à Harvard. Alors, je ne suis pas si temps qu'on pète, mais on discute. Et donc, c'est un chercheur qui s'appelle le professeur Lieberman qui a commencé à décrire ces travaux-là, avec ensuite Corface, Maison, etc. Donc, on retrouve plusieurs courants sur cette synaptopathie cochlère ou perte d'audition cachée.
- Speaker #1
D'accord. Et vous, le médicament, donc le SIL-001, vous avez mis combien de temps à le sortir ?
- Speaker #0
Alors, nous, on a eu une approche un peu... particulière, on a récupéré des molécules qui avaient été arrêtées sur les étagères de pharma. Alors bon, il se trouve que la pharma, c'est ça nos filles, c'est vrai que les portes étaient plus ouvertes sûrement, mais ça aurait pu être n'importe quel pharma. Aujourd'hui, il y a des molécules qui ont été développées jusqu'à des stades assez avancés, jamais mis sur le marché, et qui peuvent très bien être redéveloppées sur d'autres pathologies. Donc dans notre cas, ces molécules, c'était des molécules qui permettaient la production de facteurs neurotrophiques, donc de faire repousser les fibres. Ça avait été développé par voie orale pour la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer. Nous, on a récupéré ces molécules qu'on aime beaucoup et on les a développées par voie transtympanique. Donc nous, c'est une injection, une petite injection, comme on ferait de l'anesthésie dentaire ou du Botox. Je prends toujours ces exemples-là. Derrière la membrane tympanique, on injecte un liquide qui devient un gel et qui vient se coller à la fenêtre ronde, qui est une membrane qui sépare l'oreille moyenne de l'oreille interne. et par diffusion en fait ce gel va aller dans la cochlée, qui est l'organe de l'audition, qui ressemble à un petit escargot. Et il faut diffuser tout le long de la cochlée, parce que ça démarre par des hautes fréquences, ça va jusqu'aux basses fréquences, donc il faut couvrir toutes les fréquences de cette cochlée. Et ça va venir faire repousser les fibres des cellules ciliées au nerf auditif.
- Speaker #1
D'accord, donc en fait, naturellement, les fibres vont repousser grâce à ce médicament. Oui. Incroyable. Et donc, la même manière, en combien de temps vous avez développé ce médicament ? Ah oui, pardon.
- Speaker #0
Alors, en combien de temps ? Donc, on a récupéré ces molécules, nous, fin 2020.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et on est en clinique là aujourd'hui, en phase 2, donc ça veut dire d'efficacité sur les patients, début 2026. Donc il a fallu 5 ans.
- Speaker #1
5 ans, d'accord. Et donc la mise vraiment sur le marché, c'est là dans les prochaines années ?
- Speaker #0
Oui, alors on rentre en phase 2. Dans le meilleur des cas, il nous reste une phase 2B3 confirmatoire à faire, ce qu'on appelle comme ça. Et ensuite la mise sur le marché. Donc dans le meilleur des cas, aujourd'hui, il reste 7 ans avant de pouvoir arriver sur le marché.
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
ok. Ouais.
- Speaker #1
Et... Et c'est quoi les contraintes réglementaires qui permettent derrière la validation du médicament ?
- Speaker #0
Alors là, on est sur de la contrainte surtout d'efficacité. Il faut démontrer que le produit est efficace sur des marqueurs cliniques. Donc, il faut démontrer qu'on améliore l'intelligibilité dans le bruit, cette compréhension dans le bruit sur des tests qui sont normés. Et ça, il faut montrer aussi que le produit est bien toléré par injection derrière la membrane tympanique. Donc, il ne faut surtout pas qu'il y ait de problématique de... sécurité dans le cas de l'audition c'est pas une maladie qui tue donc on accepte aucun risque. Il faut que ce soit juste super efficace. Ok,
- Speaker #1
très clair. En préparant cette interview, j'ai vu qu'il existait visiblement un lien entre la perte auditive et la prévention de la démence. Comment ces connexions scientifiques transcendent-elles le traitement des acouphènes, mais aussi la vision globale, la santé cognitive et le vieillissement, finalement ?
- Speaker #0
Oui, alors là, c'est énormément publié. Alors, sûrement un peu... avec, grâce on va dire, au lobby des fabricants d'aides auditives qui veulent essayer d'équiper les personnes avant 80 ans. Mais la réalité qui sort de ces études est assez alarmante. Donc c'est le troisième facteur de risque, d'évolution, de la perte de mémoire en démence. Alors il y a plusieurs causes à cela. L'audition. La perte d'audition. Donc, c'est bien de s'en occuper de son audition. Le premier, il y a plusieurs hypothèses. Une des hypothèses, c'est évidemment l'isolement des personnes. C'est-à-dire quand vous commencez à moins bien entendre, systématiquement et encore une fois, même quand vous comprenez mal dans le bruit, vous vous retrouvez un peu exclu des conversations, vous vous isolez. Vous ne parlez plus trop, vous ne participez plus trop. Donc, quand on est un peu plus âgé, complètement. Oui, puis ça ne se voit pas. Et puis ça agace les gens de faire répéter sans arrêt ce qu'on comprend, parce que la personne à qui on parle, elle ne comprend pas. Donc on voit souvent, mais qu'est-ce que tu dis ? Et ça, c'est très agaçant pour les personnes. Et donc au bout d'un moment, la personne qui entend pas bien, elle ne dit plus rien. Elle fait croire qu'elle entend, elle entend rien en fait. Donc ça, c'est un des sujets. Et le deuxième sujet, c'est ce qu'on appelle l'éthiologie de la maladie. Donc la cause, la création de cette pathologie. Donc il y a plein d'hypothèses qui... pourrait expliquer que ce qu'on observe aujourd'hui dans le cerveau, finalement, on l'observe plutôt dans l'oreille.
- Speaker #1
Très intéressant, c'est bon à savoir. Au-delà de SIL001, aujourd'hui, vous en êtes où dans le développement de vos autres produits, peut-être, ou de vos recherches actuelles ?
- Speaker #0
Nous, on a plusieurs molécules dans le portefeuille. Là, on a SIL3 derrière, qui finit sa préclinique. Et ensuite, on rentre deux nouvelles molécules cette année. Donc, j'espère que je peux... Je pourrais l'annoncer avant le mois de décembre. Alors, on dit toujours ça, puis ça prend toujours un peu de retard. Mais disons cette année, de nouvelles molécules au portefeuille. Donc ça, c'est l'objectif de ce qu'il y a. Ce confidentiel, je ne vous dirai pas quelles sont les molécules, évidemment. Mais non, le fait qu'on étende le portefeuille, ça, c'est plutôt public.
- Speaker #1
Et sur quelle pathologie ?
- Speaker #0
Alors, nous, on reste toujours sur l'audition.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Après, on va travailler différentes... catégories d'audition. Alors ça peut être soit par sous-population de patients. Donc en fait, ce que je n'ai pas dit encore, c'est que cette perte d'audition cachée, elle est aussi accélérée par d'autres pathologies chroniques, inflammatoires, liées au vieillissement. Donc nous, notre première population de patients, c'est le diabète de type 2, qui présente une prévalence encore beaucoup plus importante de perte d'audition et de perte d'audition cachée. Donc là-dessus, on a fait des essais observationnels, donc cliniques. On est venu caractériser sur 350 patients, si ces patients-là présentaient une perte d'audition cachée, on a confirmé qu'il y avait une prévalence. C'est 70% des patients qui ont une perte d'audition cachée.
- Speaker #1
Pour ceux qui sont atteints de diabète ?
- Speaker #0
Diabète de type 2. Et c'est un peu plus de 30% qui n'a que cette perte d'audition cachée. C'est-à-dire qu'on ne voit aucune baisse de seuil auditif, juste une difficulté à entendre dans le bruit.
- Speaker #1
Et la conséquence de cette perte d'audition cachée, elle est liée au diabète ou c'est la perte d'audition cachée qui amène le diabète ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Ce n'est pas très clair encore. Là, on imagine plutôt que le diabète crée une inflammation importante au niveau de l'oreille. Il y a des neuropathies assez connues. Quand on est diabétique, on a des problèmes de neuropathie périphérique, donc les bouts des doigts, les pieds. On imagine que c'est pareil dans l'oreille.
- Speaker #1
D'accord. Alors en dix ans, Slikar est passée d'une start-up naissante à une bibliothèque reconnue internationalement. Quels ont été pour vous les plus grands obstacles, que ce soit réglementaires, financiers, scientifiques, dans cette aventure entrepreneuriale et comment les avez-vous surmonté pour maintenir l'élan innovant ?
- Speaker #0
Nous on fait les choses un peu, enfin on a une vision long terme, mais après on prend les choses les unes après les autres. Donc j'ai pas de grand... Les obstacles à raconter, plutôt des grands virages ou des grandes décisions qui ont dû être prises pour la société. La première, ça a été quand même d'ouvrir le capital dès la création de la société. Donc, c'est un point majeur. On a tout de suite décidé qu'on serait une entreprise qui ouvrirait son capital et qui laisserait des investisseurs participer à l'aventure. Le deuxième grand virage, ça a été d'étendre la structure de la société aux États-Unis. Donc ça c'est 2017, c'est court, ça veut dire qu'on a pris la décision en 2016. Et ça, ça a été assez majeur de pouvoir assez tôt dans le développement se dire américain. Et aujourd'hui, on voit vraiment les bénéfices d'être franco-américain. américain. Donc on a des laboratoires aux Etats-Unis, on a monté une jeune venture avec une société qui s'appelle CB7 sur place. Ça je pense que c'est parce que, vous le disiez en introduction, mais on a beaucoup travaillé sur des intégrations quand on était chez Sanofi, il y a eu des fusions, des acquisitions en continu et ça veut dire quand on manage des équipes, on passe notre temps à intégrer des équipes qui... pas forcément envie de travailler avec nous, mais il faut leur donner la même trajectoire, l'envie de collaborer, de travailler ensemble, etc. Et ça, on a appliqué ces mêmes règles dans notre manière de fonctionner. Donc on est ultra collaboratif, quand les choses existent déjà, on ne les réinvente pas. Ça, c'est la règle numéro un. On cherche d'abord avec qui on peut coopérer. On peut faire la préparation. Exactement, partager le gâteau, ce n'est pas un problème pour nous. l'enjeu, c'est d'aller vite, en fait. Parce que l'enjeu, c'est que le patient ait un traitement le plus rapidement possible, exactement.
- Speaker #1
Typiquement, sur CIL 001, entre les premiers essais cliniques jusqu'à la mise sur le marché, c'est quasiment 10 ans. C'est ça ?
- Speaker #0
C'est énorme. Et pourtant, récupérer un médicament qui est déjà un médicament. Donc, c'est très très long.
- Speaker #1
Il y a d'autres étapes marquantes. Oui,
- Speaker #0
de faire le choix, je ne suis pas rentrée encore dans le business model, mais de faire le choix de récupérer des composés pharmaceutiques. Donc ça, c'est fin 2020. Acquisition de quatre molécules au portefeuille de Silker. Levée de fonds qui, du coup, beaucoup plus conséquente pour aller développer des médicaments. Ça, ça a été un choix assez majeur. Choix aussi du profil de produits cibles, des pathologies qu'on voulait adresser, qui sont des pathologies. peu commune. À l'époque où on décide d'aller sur la synaptopathie cochléaire, perdre d'audition cachée, il n'y a personne en fait. Il y a nous. Donc bon, aujourd'hui ça évolue évidemment, mais c'était un enjeu assez majeur.
- Speaker #1
Vous avez vu des nouveaux entrants arriver sur ce segment de marché, si on peut appeler ça comme ça ?
- Speaker #0
Oui, alors aujourd'hui, ce n'est pas encore affiché pleinement, parce qu'on a quand même été assez innovants dans notre manière de positionner les produits et ça a surpris un peu. La concurrence, mais oui, il y a plusieurs molécules qui aujourd'hui vont essayer de se positionner sur certaines pertes d'audition cachées, cette synaptopathie cochléaire, cette déconnexion synaptique, etc.
- Speaker #1
Alors l'ouverture du capital à la création de la société, si on revient sur cet élément majeur. Effectivement, c'est une nécessité de cash, j'imagine, pour travailler sur le développement des premiers produits, des premières molécules ?
- Speaker #0
Oui, de cash. Nous, on a démarré un business model en générant des revenus. parce que la première chose à faire, on n'avait pas de laboratoire, c'était quand même de créer la compétence. Donc il a fallu recruter des gens, parfois formés, parfois pas encore, monter des process, développer des essais, être capable de tester tout ce qui est à tester sur un médicament avant de pouvoir l'entrer chez l'homme, y compris aux Etats-Unis, sur des phases plutôt ce qu'on appelle réglementaires, précliniques.
- Speaker #1
Donc comment vous générez les revenus dès le départ ?
- Speaker #0
On travaillait avec des partenaires qui ont besoin de nous, puisque cette brique, c'est ce qu'on avait identifié, cette brique de développement préclinique, donc avant la clinique, elle était inexistante dans l'audition. On a identifié que cette brique-là, elle était absolument essentielle pour permettre à des médicaments d'aller de la phase de découverte à la phase de clinique. Et donc, on a travaillé avec des acteurs majeurs, Vastelas par exemple, comme Grand Labo. Je peux les citer eux, les autres pas trop, on est sous contrat de confidentialité, mais on a travaillé avec une centaine de laboratoires pharmaceutiques ou de biotech pour les aider dans leur développement, générer de la donnée et les accompagner sur les missions de marché. On continue d'ailleurs.
- Speaker #1
Et ça venait pas dans un effet de ralentissement finalement, vous, de votre propre développement ?
- Speaker #0
Le développement propre... n'existait pas encore. Quand on est parti de Sanofi, il y avait cette question de est-ce qu'on est démarré en tant que biotech ou en tant que plateforme de R&D qui peut servir à des tiers. Et en tant que biotech, il aurait fallu pouvoir parier sur un mécanisme d'action, une molécule, un profil de produit cible, etc. C'était absolument impossible en 2014. Donc avec... C'est venu plus tard et on a quand même toujours essayé de ne pas se mettre en concurrence avec ce qui existait déjà. Donc toujours dans cette même logique de ne réinventer pas la roue, on va là où il y a quelque chose qui manque. Et cette paire d'auditions cachées, elle venait en fait pour nous aborder un problème majeur aujourd'hui aussi, c'est la paire d'auditions liée à l'âge. C'est comment on fait. Pour retarder la progression de cette perte d'audition liée à l'âge, on l'adresse de manière précoce, et on l'adresse de manière précoce sur ce signe qui est le signe d'intelligibilité dans le bruit. Et ça, ça n'existait pas. Donc la plupart des boîtes avec... On continue à travailler, elles sont plutôt sur de la thérapie génique, thérapie cellulaire. Donc elles, elles vont adresser des secteurs de niche, des maladies rares, d'autres thématiques, de perte d'audition héréditaire, ou souvent avec un angle pédiatrique. Donc nous, on est capable de travailler pour eux et d'accélérer leur programme, et en aucun cas, on est en compétition avec ces gens-là en fait.
- Speaker #1
C'est très complémentaire, finalement. Et 2016, il y a les Etats-Unis. En tout cas, vous prenez la décision de traverser l'Atlantique et vous créez la filiale aux Etats-Unis en 2017. Comment se déroule justement ce développement aux US ? C'est une opération de croissance externe, c'est un partenariat. Vous avez parlé de John Venture. Dans quel ordre, finalement, vous avez établi ce développement ?
- Speaker #0
On a établi assez rapidement. Alors, on part aux US parce que 50, 60, 70 %, ce n'est pas très clair, du marché est américain. Donc, on travaillait pas mal avec des sociétés américaines à l'époque, notamment sur des demandes de subventions auprès du NIH, qui est les grands organismes d'État qui financent les projets. Puis, on gagnait. Et quand on avait gagné, ils ne travaillaient pas avec nous parce qu'on n'était pas sur le territoire américain. Donc, une fois, deux fois, la troisième fois, on a dit bon, ça suffit. Donc, on s'est dit qu'il faut absolument de toute façon être proche du marché. et après on n'avait pas du tout les moyens puis pas du tout Le business model, le plan de développement ne permettait pas de se dire on va investir 3 millions aux Etats-Unis et on va faire du service là-bas. Donc on a décidé de prendre un partenaire, on l'a trouvé assez rapidement, pour pouvoir installer le plus rapidement possible nos laboratoires là-bas. Et ce qu'on voulait faire aux Etats-Unis, c'était de la préclinique réglementaire, donc c'est une autre phase encore du développement. sur lequel il y a des audits de la FDA, qui est l'agence de réglementation. Donc, c'est difficile. Tout est toujours possible. Mais dans un temps limité, un ressource limité, ça aurait été très difficile de le faire soi-même. Donc là, on s'est associés. Et on a installé nos laboratoires d'audition dans une boîte qui existait déjà. Alors très américaine. Avant le Covid, je pense qu'ils faisaient très peu de téléconférences, par exemple. Ça nécessitait pas mal de déplacements. C'était une entreprise plutôt monocyte, avec un peu patriarcal. Mais bon, ça ne nous a pas fait peur. On aime bien, encore une fois, l'intégration. Tu as localisé où ? À Boston, évidemment. C'est place to be.
- Speaker #1
Et ensuite, l'acquisition de molécules au Pays de Sluicare. Comment ça se passe, ce type d'opération ?
- Speaker #0
Ça met du temps. Ouais. Ça a mis plus d'un an au niveau du contrat pour arriver à se concrétiser vraiment, se mettre d'accord aussi sur ce que c'est des accords de licence. Alors, vous avez ensuite tous les droits qui sont liés à la propriété intellectuelle et au développement, mais sous condition d'avancer quand même les programmes. Donc, ce n'est pas donné. Et ensuite, on négocie des upfronts, des milestones payments, des royalties. Après, l'intérêt, c'est que ces contrats... Moi, je suis d'avis d'aller assez vite sur la réflexion, le plus vite possible. Ça a été un an quand même. Parce qu'après, c'est renégociable, on va dire, en fonction de comment on arrive à avancer dans le développement.
- Speaker #1
Alors, opération de croissance externe, partenariat stratégique, acquisition de molécules, donc développement à l'international également. Comment on finance tout ça ?
- Speaker #0
Avec des investisseurs, avec du revenu. On ne fait pas beaucoup, on fait 5-6 millions de chiffre d'affaires annuel. Mais ça, ça permet quand même de couvrir les charges fixes, les coûts fixes, la masse salariale, etc. Et c'est très important, parce que dans des périodes où il est difficile de lever des fonds, parfois, ça a été le cas, là, ça va un peu mieux, mais ça a été le cas. Une biotech, elle voit la chute, sinon, parce que quand il n'y a plus d'investisseurs, qu'elle n'a pas de cash, elle ne peut pas avancer. Donc ça, ensuite de l'investissement au capital, avec des capitaux risqueurs et avec nous, dans notre cas, des corporate, des pharmas qui ont investi au capital.
- Speaker #1
Donc, levée de fonds 2021 et la dernière 2024, c'est ça ? Oui. 40 millions ?
- Speaker #0
Oui, 40 millions de fonds sécurisés.
- Speaker #1
De fonds sécurisés.
- Speaker #0
Oui, 21 levées en fait. Le reste, c'est du cash non dilutif, donc on aime bien aussi. Oui, bien sûr. On aime mieux même. Voilà. Donc, la... Là, il y a deux fonds en particulier qui sont rentrés. Donc, Corporate Shionogi, qui est un laboratoire japonais, qui est sur les maladies anti-infectieuses et sur la perte d'audition et tout ce qui est dans des approches de prévention du vieillissement. Donc, ça, c'est assez intéressant. Et ensuite, SPRIM, qui est un fonds d'investissement de Singapour. Et ensuite, on a toujours ceux qui nous suivent depuis le départ. Donc, Sophie Laro, qui est Crédit Agricole. On va retrouver Galia Gestion. Un fonds de Bordeaux, on va avoir l'ARIS qui est l'agence d'investissement stratégique. de la région Occitanie qui a investi également, et puis une multitude de Sud-PME, Méliès, qui sont aussi plutôt des business angels, qui nous suivent depuis longtemps.
- Speaker #1
Vous arrivez à conserver la majorité au capital ?
- Speaker #0
Alors la majorité, non. En fait, on ne fait pas tellement ce calcul-là, parce qu'une biotech, les fonds à lever, ça se compte en dizaines de millions, et donc on ne fait pas tellement ce calcul-là. on est à tout trois, on détient encore suffisamment pour que personne ne détienne plus que nous.
- Speaker #1
D'accord. Vous avez conservé effectivement... Une sorte de majorité. Voilà, c'est ça. Vous vous sécurisez comme ça. Est-ce qu'il y aura d'autres relevés de fonds ?
- Speaker #0
Ah bah oui. Là, je repars. Janvier, San Francisco, JP Morgan Conférence. Je rentre deux nouvelles molécules au portefeuille. Celles-ci, elles vont devoir avoir... En fait, chaque programme a un peu sa vie en propre. Le principe, c'est de ne jamais utiliser de la trésor qui est dédiée à autre chose dans des nouveaux programmes. Donc là, on rentre des nouveaux programmes. Ces nouveaux programmes, il faut que j'aille chercher les financements qui vont avec.
- Speaker #1
Alors, comment on fait pour lever des fonds ? On est une bibliothèque talentueuse.
- Speaker #0
On bouge beaucoup. Parfois, on se fait accompagner par des banques d'affaires. Donc nous, dans le cas de la première, le VC Agile Capital Market, qui est une société. parisienne qui nous a accompagnés. Après, on peut en changer en fonction des phases de développement, bien sûr, et de spécialité. Si on va chercher des fonds asiatiques, ça dépend. Et ensuite, on voyage beaucoup. Alors, dans le cas des biotechs, ce qui est... Je ne retrouve pas sur d'autres secteurs d'activité, et c'est vraiment très intéressant, c'est qu'il y a beaucoup de plateformes de partnering investisseurs. Ça part de JP Morgan, sur lequel il y a deux, trois, quatre... Pas de forme de partnering. Donc, c'est des conférences spécialisées sur du speed dating, en fait. Et certaines spécialisées investisseurs biotech en speed dating. Donc, vous rentrez votre profil sur Internet. Vous participez à la conférence. Alors, ce n'est pas donné, bien sûr. Et ensuite, vous faites des demandes de rendez-vous ciblées. Et en face, on accepte ou pas le rendez-vous. Et s'ils acceptent le rendez-vous, vous avez 30 minutes pour convaincre.
- Speaker #1
Célia, vous êtes devenue une professionnelle du pitch.
- Speaker #0
Du pitch, oui. Du pitch adapté, c'est ça.
- Speaker #1
Exactement. Et si on parle un peu d'IA, quelle place a l'intelligence artificielle dans le développement des produits chez Slicker ?
- Speaker #0
Eh bien, majeure en fait, parce que aujourd'hui, si on regarde bien, il y a très peu de molécules pour ne pas dire qu'une qui est arrivée sur le marché dans le domaine de l'audition. C'est une Fennec Pharmaceuticals, qui est une société américaine qui a développé un médicament pour la prévention de la perte d'audition associée à l'administration de cisplatine, qui est un anticancéreux chez l'enfant. Et nous, notre constat, c'est de dire que peu de sociétés ont réussi jusqu'alors, parce que peu de sociétés se sont suffisamment concentrées sur la donnée clinique. Donc la manière de mesurer l'audition, la sensibilité de ces mesures, parce que quand on fait des essais cliniques, on travaille multicentrique, il faut avoir plusieurs centres et multipays, donc on est sur plusieurs langues. Donc il faut absolument avoir des outils qui permettent de... super bien caractériser les populations de patients et de super, super bien caractériser leur perte d'audition et pour pouvoir détecter l'effet d'un médicament. Et donc l'intelligence artificielle, elle est dans tout ça. Nous, on a travaillé la donnée auditive en premier, en faisant des essais observationnels comme celui du diabète, qui était 350 patients. Et là, en cours, on en a un sur Alzheimer, Parkinson. On fait caractérisation de la fonction auditive chez 300 patients atteints de ces maladies. neurodégénératives. Donc ça nous permet de détecter des biomarqueurs auditifs et ce qu'on appelle des signatures auditives digitales. Et derrière, on regarde des scores de prévalence de la perte d'audition cachée chez ces patients-là. Et ça, on l'utilise ensuite dans nos essais cliniques pour recruter les patients dont on a une probabilité de succès plus importante qu'ils aient la pathologie stigmate.
- Speaker #1
Vos analyses en amont. Et ça veut dire qu'en termes de compétences, cette fois-ci, ce sont plutôt des...
- Speaker #0
Data scientists. Data scientists, exactement. Là. Donc là, on a développé la compétence en interne. Donc c'est notre directeur financier qui s'appelle Jérôme Geoffroy, qui a une sensibilité accrue, on va dire, à la partie data et IA, qui est arrivé en 2022, qui a quand même développé de A à Z, en fait, toute cette ère-là. qui a recruté des data scientists. On a du software aussi, parce qu'on développe des outils de lecture centralisée qui sont des outils à vocation et ces cliniques aussi, qui sont ultra performants. Donc, on a tout un département qui travaille sur cet aspect-là et on est aussi là très collaboratifs. On va travailler beaucoup avec, ça va très très vite ce secteur là, donc avec différents acteurs privés et académiques qui nous font avancer encore plus vite.
- Speaker #1
Parce que là, ce que je comprends, c'est que vous avez développé votre propre modèle d'IA et d'algorithmie. Vous n'êtes pas allé vous pluguer au LLM du marché.
- Speaker #0
Non, on développe parce que ça n'existait pas en fait. On aurait bien aimé en fait.
- Speaker #1
C'est vrai, un peu sérieux.
- Speaker #0
Mais on s'est dit, alors aujourd'hui dans les grandes cohortes, mais on est en train de faire changer ça et on n'est pas les seuls. Je pense que toutes les boîtes qui bossent dans l'audition ont le même enjeu. Aujourd'hui, quand vous allez sur des cohortes de patients où on fait de l'épidémiologie ou de l'analyse de prévalence, quand on récolte des données auditives, souvent ça se limite à ce que vous entendez bien, oui ou non. Et donc avec ça, en essai clinique, on ne fait pas grand chose. C'est sûr.
- Speaker #1
Très bien. Et donc, vous êtes 45 personnes aujourd'hui dans la société. Quels sont les profils qui composent aujourd'hui SILICARE ?
- Speaker #0
Oui, majoritairement encore des ingénieurs et des chercheurs en neurosciences et autologie. Autologie, c'est la science de l'audition. Donc là, c'est des PhD, des ingénieurs de recherche. Tout ça, c'est dirigé par Gail Nertz, qui est directeur d'opération chez nous. Ensuite, on a toute une partie clinique. qui est des chefs de projets cliniques. On va retrouver des médecins, donc direction médicale aux États-Unis, en France. Et ça, c'est dirigé par Mathieu Chuet, qui est notre directeur d'opération clinique. Ensuite, on a toute une partie qui est de la data, donc data scientist, software. développement. Je ne connais même pas tous les titres tellement il y a des titres. Et ensuite, on va retrouver, on va retomber sur pas mal de transverses, donc de l'admin, du marketing, d'alcom, ces aspects-là aussi.
- Speaker #1
Et donc sur l'aspect humain, RH, qui est assez au cœur justement des thématiques qu'on aime aborder dans les astuces de la transformation. Chez Slicker, comment est-ce que vous intégrez justement cette dimension bien-être et motivation des collaborateurs pour les amener à évoluer de façon positive dans le développement de la société ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est un travail continu. La partie RH peut être assez fragile quand on monte une société. C'est un peu comme des plaques mouvantes et chaque recrutement vient changer les équilibres dans les équipes. Et donc, une intégration doit être très forte. Donc, l'intégration des nouveaux arrivants, c'est un enjeu assez majeur. Il y a un vrai parcours d'intégration de nouveaux arrivants chez le civil care. de manière à ce que dès le recrutement, dès les entretiens aussi de recrutement, on s'assure qu'il y ait une adéquation entre le candidat et les valeurs de la société. Les valeurs de la société sur lesquelles on n'a pas encore totalement travaillé. C'est ma question.
- Speaker #1
Quelles sont les valeurs chez Célia ?
- Speaker #0
Je ne vais pas pouvoir y répondre aujourd'hui. Parce que ça a été... Je reviendrai tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, il y a les cultures managériales et les pratiques d'emploi du manager.
- Speaker #0
C'est très râteau à la base. donc pas de... très peu de mid-management. On a commencé à en mettre en place quand les gens ont été demandeurs d'avoir du management de proximité. Mais avant ça, tout l'enjeu dans notre secteur, c'est innovation, autonomie, liberté. C'est des grands mots qu'il faut absolument arriver à conserver. Ça ressemble à des valeurs. En tout cas, c'est ce que les personnes viennent vraiment chercher. C'est très important qu'on recrute majoritairement des personnes qui ont des bacs 5, 8, 10, 12. Donc, il faut que... elle puisse s'exprimer au maximum dans l'entreprise, pour créer au maximum dans l'entreprise. Et ça, ça nécessite de donner le cap, faire en sorte que tout le monde comprenne bien le cap. Donc là-dessus, il y a des fixations d'objectifs partagées avec l'ensemble des collaborateurs, systématiquement début d'année, tout début d'année. Ça, c'est décliné en objectifs individuels, revues mi-année, enfin voilà, on a quand même des process assez marqués et qui sont des dialogues entre le collaborateur, son manager et parfois jusqu'à moi. pouvoir être sûr qu'on soit toujours aligné sur ce qu'il y a à faire et que la personne puisse être suffisamment autonome pour avancer seule.
- Speaker #1
Et quels sont vos besoins en recrutement aujourd'hui ?
- Speaker #0
Là, on va recruter des personnes au laboratoire. Donc là, on est toujours preneur de CV de personnes sur de l'organisation, sur de l'autologie, sur la neurosciences. Ça, c'est des choses qu'on a régulièrement. En business development, il est possible qu'on recrute aux États-Unis. Ça, ça fait partie. notre partenaire CB7 ayant levé 70 millions de... Dollar. Ça nous donne quelques perspectives aussi de développement. Donc, on va accélérer le marché américain à fond.
- Speaker #1
Et si on aborde maintenant les sujets de RSE, pardon, en termes d'engagement et d'impact, quelle est la politique de Slick Air sur ces thématiques ?
- Speaker #0
On a une responsable RSE qui est Suzanne. Donc, on est locataire, on n'a pas de bâtiment propre. Donc, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on est dépendant. des bailleurs en fait, mais sur le On peut quand même avoir des actions. Donc on a, toute l'entreprise est complètement impliquée sur différents sujets. Ça va de la gestion des données, et donc on fait des concours de nettoyage d'ordinateurs. Je vous donne des exemples un peu bidons, mais qui permettent de limiter ces stockages de données inutiles qui à terme sont obsolètes. Après on a bien sûr des chartes de déplacement, on prend le train, etc. Il y a un certain nombre au niveau social, une diversité à apporter aussi. Alors, on a un petit déséquilibre femmes-hommes qui est un peu commun, mais qui vient, je pense, du fait qu'on est...
- Speaker #1
C'est un environnement plutôt masculin ? Non, plutôt féminin. Plutôt féminin ?
- Speaker #0
Alors, la biotech, ça dépend dans les couches, c'est toujours pareil. Nous, dans notre cas, c'est assez atypique, mais je pense que ça vient du démarrage où on était trois femmes. Bien sûr. Mais on a un déséquilibre à 60-40, en fait, 60% des femmes.
- Speaker #1
pour vous d'être trois femmes qui se lancent dans une aventure entrepreneuriale, biotech en plus ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tant mieux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je pensais que la réponse serait différente, mais tant mieux.
- Speaker #0
Après, quand on voit des difficultés, on équilibre. Aujourd'hui, on a des hommes, des postes exécutifs, j'ai fait des binômes.
- Speaker #1
Ok. Non, mais tant mieux. Au moins, c'est une très bonne chose. Alors si on parle maintenant des enjeux du secteur et des... perspectives aussi qui sont celles de Silicaire. Sur les dix prochaines années, qu'est-ce que vous anticipez dans le domaine de la santé auditive ? Est-ce qu'il y a des disruptions qui pourraient arriver ?
- Speaker #0
Oui, déjà sur la partie régénération, donc plutôt nos clients, partenaires, là on voit arriver les premières thérapies géniques dans l'Orient, donc avec restauration, la perte d'audition chez les enfants nés sourds, donc ça c'est hyper disruptif évidemment. Et puis surtout, ce serait une ennuyatoire de la thérapie génique aussi, qui rencontre parfois quelques sceptiques. La thérapie cellulaire aussi, où là, on vient restaurer une partie de cellules, souches qui se retransforment en cellules auditives, etc. Donc, on parle de technologies qui sont de pointe et qu'on peut appliquer parce que l'organe de l'audition est finalement assez protégé. Donc, ça laisse tester des choses qui ne peuvent pas être testées nécessairement ailleurs. Et après dans notre cas, cas, on est vraiment sur l'association perte d'audition santé globale. Nous, on est sur cette hypothèse que vous avez citée dans l'Alzheimer, qui est confirmée déjà, mais sur d'autres pathologies, c'est le cas aussi, que la perte d'audition ou la détection de désordre auditif peut être prédictif de l'apparition d'autres maladies beaucoup plus graves. Donc ça, c'est un point majeur. Et après, nous, on a en dehors de la synaptopathie cochléaire, Aum. on essaye d'adresser un problème majeur de santé publique qui sont les acouphènes, pour lequel on reçoit à peu près 20 mails de patients toutes les semaines, de tout le monde entier. Donc les acouphènes, c'est ce bruit fantôme que vous avez dans l'oreille. Pour certains, c'est une alarme de pompiers en continu la nuit aussi. Donc c'est horrible. Et donc là-dessus, une des hypothèses, c'est que la synaptopathie cochléaire, c'est un des facteurs de... de... de déclenchement des acouphènes. Et donc, on travaille sur cette thématique-là aussi, de manière à essayer de trouver des solutions pour ces patients.
- Speaker #1
Et en termes de thérapie préventive, est-ce que vous voyez justement l'IA fortement accélérée pour travailler sur la prévention ?
- Speaker #0
Oui, ça, c'est ce qu'on aimerait beaucoup. L'Europe pousse énormément dans ce sens-là, l'Asie aussi. Donc, nous, on est très présents au Japon avec notre partenaire Shionogi. Ce sont deux continents sur lesquels il y a énormément de travaux en prévention. Ce qui se dessine, c'est quand même du check-up annuel pour les personnes. Si ça inclut des biomarqueurs auditifs, ça permet d'avoir des scores de risque et d'aller plus vite vers des interventions précoces pour éviter que les maladies dégénèrent à des stades où on ne peut plus rien faire.
- Speaker #1
Et Silkeer, qui est déjà aujourd'hui un acteur international, comment est-ce que vous voyez d'ici à 10 ans ?
- Speaker #0
Nous, on se voit grande pharma. On se voit évoluer toujours dans ce secteur de l'audition avec comme une porte d'entrée vers la santé globale. Donc ça, c'est vraiment, et par globale, je n'entends pas mondial, j'entends vraiment la santé un peu partout, adresser toutes les problématiques sur tous les organes. Voilà, petit à petit, continue à se construire pour que le portefeuille de médicaments, les compétences de développement, la partie data analyse, continuent à nous permettre de devenir une société autonome avec un médicament sur le marché. En fait, tout le monde rêve d'un médicament sur le marché. Et là, quand on a adressé Prévalence...
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc si vous allez au bout de cette feuille de route, si on parle des dix prochaines années, les besoins en financement, vous sauriez les situer à quel niveau ?
- Speaker #0
Là, on est aujourd'hui sur les besoins suivants. On va être sur des levées de fonds qui sont assez proches de ce qu'on a réalisé jusqu'à présent. Parce qu'on reste malgré tout sur de la petite molécule. On est sur des besoins moins importants que les thérapies géniques ou cellulaires dont je parlais tout à l'heure. Après, dès qu'on a un médicament sur le marché, on parle d'autofinancement de manière beaucoup plus grande. plus simple. Donc, il faut tenir le coup jusqu'à cette étape-là.
- Speaker #1
Et quelle est votre vision, Célia, aussi des biotech en France, aujourd'hui ? À la fois dans leur phase de création, dans leur phase de ramp-up, leur phase également de développement à l'international ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a quelques belles pépites quand même en France. Donc, nous, on est membre de France Biotech, très cocorico quand on est à l'étranger. Il y a une innovation assez surprenante, en fait, qu'on ne retrouve pas nécessairement partout. Donc, une audace aussi qui est importante parce qu'on est moins bien financé, toujours moins bien financé, peut-être pas duré, mais toujours moins bien financé que des sociétés américaines, par exemple. Donc, on ne se permet pas de gaspiller, ça c'est certain. Donc, plutôt sobriété, aller à l'essentiel, réfléchir plus loin pour être sûr d'augmenter ses probabilités de succès. Donc, des fois, c'est quand même dans des environnements contraints qu'on crée mieux.
- Speaker #1
Bien sûr. Oui, c'est un élément, effectivement, de motivation, un accélérateur pour se développer. Maintenant, est-ce que vous conseilleriez, en l'occurrence, aux biotech, de franchir le pas de l'Atlantique pour aller se développer ? C'est un prérequis pour vous ?
- Speaker #0
Ah oui, l'international. En fait, nous, le principe, ça, c'est une autre valeur. Je pense qu'on ne subit pas les choses. Jamais, jamais, jamais. Donc pour ne pas subir... Le contexte géopolitique, l'objectif de la biotech, c'est de pouvoir s'appuyer sur plusieurs pieds. Oui, plusieurs corps au pied. Ah oui, il faut. Et plutôt, vous allez aux États-Unis ou en Asie. Bon, nous, on a fait ces deux. On est en Corée, au Japon et aux États-Unis. Donc, sur ces continents-là, l'avantage, c'est que vous n'êtes plus du tout sur les mêmes considérations qu'en Europe, par exemple. Donc, ça nous permet de pouvoir rebondir. Période de Covid, je prends un exemple assez simple. 2020, on fait 0 euro de chiffre d'affaires aux US. Heureusement, l'Europe, 2020, tout ce qui a été mis en place, ça fonctionne bien. 2021, on fait 20% du chiffre d'affaires prévu en Europe. Les US sont repartis plein pot. Heureusement qu'on avait un pied aux US. Donc, en fait, c'est vraiment une histoire de balance et d'agilité, de pouvoir... Être sur ces continents, ça permet de jamais subir ce qui peut se passer dans un endroit en particulier.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Travailler ces piliers de robustesse est effectivement essentiel pour les bibliothèques, on l'a bien compris. Pour les dirigeants qui nous écoutent, qui sont également dans des phases de transformation, d'accélération de leur business, qu'il s'agisse de scale-up, quels conseils notamment vous leur donneriez ?
- Speaker #0
La partie RH, pour moi, c'est la partie la plus critique dans le scale-up, dans cet aspect-là. On le teste encore, nous, aujourd'hui, avec des modèles qui sont peu conventionnels. Mais ça, c'est un point assez majeur de quand même toujours être dans une certaine logique, dans les profils qui sont recrutés dans leur entreprise, de manière à ce que ce soit adapté et aligné avec la vision du dirigeant ou la gouvernance, en tout cas, de la société. Donc ça, c'est un point, parce qu'une entreprise, c'est un groupe. groupements d'hommes et de femmes qui doivent avancer vers un même objectif. Donc ça, c'est la partie RH, surtout à ne pas négliger. Et ensuite, l'international, dont on parlait tout à l'heure, pour moi, c'est assez fondamental. Ce n'est pas suffisamment réalisé pour plein de raisons, mais en fait, ce n'est pas plus difficile. On fait du business, on génère du chiffre d'affaires. Donc, dans le business, ce n'est pas plus dur de signer un contrat avec une boîte de Séoul. qu'avec une société qui serait basée à Montpellier, à côté de chez nous. Il faut vraiment se dire ça, ce n'est pas plus dur. Il ne faut pas se mettre de barrières sur l'international, c'est extrêmement important d'y aller suffisamment tôt pour sécuriser son entreprise.
- Speaker #1
Et je rajouterais peut-être un point que vous avez mentionné aussi dans les étapes du parcours, c'est d'accepter également l'ouverture du capital, parce que ça a été un accélérateur, je pense, pour vous aussi, de pouvoir vous financer.
- Speaker #0
Oui, alors dans le cas d'une biotech pure, de toute façon, il n'y a pas de sujet. Après, il y a beaucoup de structures mixtes, mais on fait aussi partie de l'AFSI, qui est l'Association française des sociétés de services et d'innovation, où on est au conseil d'administration. Là, il y a plus de sociétés qui sont génératrices de chiffres d'affaires et d'emplois. C'est un peu du business un peu plus dans le dur, où on va signer des contrats avec des partenaires, etc. Ces sociétés-là, c'est évident qu'elles sont moins... Ouverte au capital, c'est souvent un fondateur ou un groupe de membres fondateurs qui a un peu plus de mal à... Je leur conseillerais aussi d'ouvrir leur capital parce que quand on a un tiers qui n'est pas le groupe de dirigeants, qui est intéressé au résultat de la société, s'il est minoritaire, il est important de l'écouter. S'il va avoir une vue qui est tout à fait différente dans le développement de l'entreprise et qu'il va avoir une vue aussi, évidemment, qui force l'entreprise à avoir des objectifs de rentabilité.
- Speaker #1
Et le dirigeant,
- Speaker #0
il a besoin d'avoir ses objectifs de rentabilité. S'il n'a pas d'investisseur au capital, c'est ses valeurs à lui. Donc, je pense que c'est quand même important d'avoir un garant de la rentabilité de la société.
- Speaker #1
Très bien. Et Célia, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ?
- Speaker #0
Vraiment, démarrage de l'essai clinique, efficacité de notre composé. Et puis d'arriver avec une solution sur le marché, parce que c'est tellement long, comme vous l'avez cité, qu'il faut étape après étape être capable de démontrer qu'on arrive un peu plus près du succès.
- Speaker #1
Écoutez, on suivra de très près, effectivement, la mise sur le marché de CIL 001, en l'occurrence. Et on vous souhaite plein de succès et de réussite dans cette aventure à nouveau. Cette interview touche déjà à sa fin. Célia, je tenais à vous remercier. C'était un vrai plaisir de vous accueillir. et encore une fois donc c'est beaucoup de courage dans la suite de votre aventure qui est vraiment magnifique. Donc bravo à vous.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Et un grand merci Célia.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté les After de la Transformation, un podcast produit par Adéconcy. Retrouvez l'intégralité de nos épisodes sur les plateformes de streaming. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. A très bientôt.