Speaker #0Ça va, quand le couple ne se dit plus que des banalités, c'est le sujet de cet épisode 127 du podcast Les Chemins du couple. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission... et de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous voulez. mériter. Je vous souhaite de passer un très bon moment, démarrons ensemble ce nouvel épisode. Alors vous vous parlez tous les jours, le planning, les courses, les enfants, l'heure du rendez-vous, ce qu'on mange ce soir, des dizaines d'échanges par jour, des messages, des rappels, des confirmations. A première vue, la communication fonctionne parfaitement dans votre couple et pourtant si tu honnête une seconde. Vous ne vous êtes rien dit, rien de vrai depuis des mois, peut-être voire même des années. Et c'est le paradoxe le plus discret de la vie de couple. On peut se parler tous les jours et ne plus se parler du tout. Parce qu'il existe deux registres de paroles. Et ils n'ont presque rien en commun. Il y a la parole qui gère, celle qui fait tourner la maison. Et il y a la parole qui relie, celle par laquelle deux personnes continuent de se connaître. La première. peut fonctionner à plein régime pendant que la seconde s'est éteinte. Et c'est même le scénario le plus courant. Le bruit de l'intendance couvre longtemps le silence du lien. Le symbole de tout ça, c'est ça va, ça va, toi, ça va, ça va, et toi, ça va. Trois secondes et tout est dit, c'est-à-dire rien. Ce petit échange qui a l'air d'une attention est devenu dans beaucoup de couples exactement l'inverse. Une formule de politesse qui dispense d'une vraie question. Un mot de passe qu'on échange en se croisant et qui referme la porte au moment même où il fait semblant de l'ouvrir. Si tu reconnais votre quotidien là-dedans, cet épisode est pour toi. Et je te le dis d'emblée, il n'y a là ni fatalité ni coupable. Personne ne décide un jour d'arrêter de se parler. On va voir comment ça arrive exactement et pourquoi ça peut revenir. Et j'en parle aux femmes comme aux hommes parce que ce silence habillé de banalité, vous le fabriquez toujours à deux. Chacun à sa façon. Et le chemin pour en sortir, je te le donne à la fin. La parole qui gère est la parole qui relie. On va poser cette distinction parce que tout l'épisode va relier sur elle. La parole qui gère, c'est celle de l'équipe. Qui prend les enfants ? Qu'est-ce qu'on mange ? As-tu pensé à rappeler l'assurance ? On part à quelle heure samedi ? Elle est utile, indispensable même. Une maison ne tourne pas sans cette parole. Mais remarque une chose, cette parole-là, tu pourrais l'échanger avec un colocataire, une assistante, un assistant, un collègue d'organisation. Elle ne demande rien de toi. Elle ne révèle rien de toi. Deux personnes peuvent se dire 100 phrases de gestion par jour sans se connaître le moins du monde. La parole qui relie, c'est autre chose. C'est celle par laquelle tu donnes accès à ton intérieur, ce qui t'a traversé aujourd'hui, ce qui t'inquiète en ce moment, ce dont tu rêves, ce que tu n'oses rien dire à personne, ce que tu ressens pour l'autre. Cette parole-là ne gère rien, ne produit rien, ne sert à rien au sens pratique. Et c'est elle, uniquement elle, qui fait que deux personnes restent intimes. Le jour où elle disparaît, vous continuez de tout savoir de vos agendas, mais vous cessez de peu à peu de savoir qui est l'autre. Et il faut dire pourquoi les banalités gagnent toujours du terrain. C'est qu'elles ont un avantage imbattable, elles ne risquent rien. Dire ça va ne peut pas être mal reçu. Parler du planning ne peut pas créer de malaise. La parole vraie, elle, expose. Elle peut tomber à plat, déranger, rouvrir un sujet sensible, révéler une fragilité. Alors, dans un couple où quelques tentatives ont fini en déception, chacun glisse. sans le décider, vers le registre sûr. On se met à l'abri dans l'intendance. Sauf que l'abri a un prix. On ne risque rien et on ne soit. Plus rien non plus. Du côté de la femme, souvent, tu as été longtemps celle qui tenait la parole vraie à bout de bras, celle qui posait les questions, qui racontait, qui relançait. Et à force de recevoir des réponses courtes ou des regards qui glissent vers l'écran d'un téléphone ou de la télé, tu as fini par faire comme lui, parler de ce qui ne risque rien. Du côté de l'homme, souvent, tu ne vois sincèrement pas le problème. On se parle tout le temps, dirais-tu. Et c'est dû ! Et c'est vrai en fait au sens du volume. Mais tu confonds l'information et la conversation. Transmettre des données et te livrer est le vrai toi. Tu as pris l'habitude de le garder pour toi ou de le laisser au travail, là où il te semble avoir sa place. Alors comment arrive-t-on là ? Là encore, jamais d'un coup. Personne ne décrète la fin des vraies conversations. Ça s'éteint par érosion, tentative après tentative. Le psychologue américain Sidney Jouard a consacré sa carrière à une idée simple et profonde, le dévoilement de soi. Il disait en substance qu'on ne peut être aimé que dans la mesure où l'on est connu, et qu'on ne peut être connu que dans la mesure où l'on se dévoile. L'intimité n'est pas un acquis qui dure tout seul, c'est un flux alimenté par ces moments où l'un des deux montre quelque chose de son intérieur. Tant que le flux circule, on se reconnaît. Quand il s'arrête, on vit avec l'image de l'autre telle qu'elle était au moment où il a cessé de se montrer. Une photo qui date, mais qui vieillit chaque année un peu plus. Et pourquoi ce flux s'arrête-t-il ? Presque toujours pour les mêmes raisons. Accumuler. Une confidence accueillie par un conseil express alors qu'on voulait juste être entendu. Un enthousiasme reçu par un « hum » distrait les yeux sur le téléphone. Une inquiétude balayée d'un « meh, c'est bon, ça va aller » qui voulait rassurer, mais qui a juste fermé la porte. Aucun de ces moments n'est grave, mais chacun enseigne quelque chose. La prochaine fois, garde-le pour toi. Et à force d'apprendre la leçon, on devient deux personnes qui ne tentent plus rien. J'avais consacré un épisode à l'intimité émotionnelle, épisode 34, et je t'y renvoie, parce que c'est exactement d'elle qu'il s'agit ici. proximité des intérieurs qui est la vraie différence entre un couple et une colocation réussie. Je me rappelle d'un homme en séance qui ne voyait pas de sa co-homme de quoi sa femme se plaignait quand elle disait qu'il ne se parlait plus. « On se parle sans arrêt » , répétit-il, sincèrement étonné. Alors je lui ai proposé quelque chose de tout simple, sortir son téléphone et relire à voix haute leurs derniers trente messages. Il a commencé. Course, horaire du dentiste, le code du portail, pense au cadeau, la famille, le rendez-vous. Il lisait. Et je voyais son visage changer. Au bout d'une vingtaine de messages, il s'est arrêté tout seul et il a dit « On dirait que les messages que j'échange sont ceux avec mon assistante. » Tout était là. Des mois d'échange quotidien et pas une seule phrase où l'un des deux existait autrement que comme organisateur. Ce jour-là, il a compris que sa femme ne se plaignait pas du volume. Elle se plaignait de la matière, de la qualité. Alors si cette liste de messages ressemble à la tienne, écoute bien ceci. Ce glissement vers la colocation bien gérée, c'est exactement ce que ma série de vidéos gratuites de colocataires à amoureux aide à inverser. Avant de reprendre la suite de l'épisode, je veux te dire que dans cette série, tu y comprendras comment le vrai s'est retiré de vos échanges, pourquoi ce n'est la faute de personne, et par où recommence la vraie présence, celle qui ne dépend que de toi. C'est gratuit ! C'est pensé autant pour les femmes que pour les hommes et le lien t'attend dans la description de l'épisode. Je t'en reparle un petit peu plus tard. Maintenant, continuons. Il faut maintenant comprendre pourquoi ce silence s'installe si solidement. Et pour ça, il va falloir regarder de plus près comment naît l'intimité. L'intimité se produit quand deux conditions se suivent. D'abord, l'un se révèle, il montre quelque chose de vrai et ensuite, c'est le point décisif. L'autre le reçoit vraiment. Il montre qu'il a entendu, que ça compte, que la personne compte. La révélation sans la réception ne crée aucune intimité. C'est un circuit à deux, à deux temps. Et il suffit qu'un des deux temps manque pour que le courant ne passe plus. Et voilà ce que ça dit. Le silence de ton couple n'est pas un choix, c'est un apprentissage. Chaque fois qu'une tentative de parole vraie est tombée dans le vide, le circuit a enregistré. « Inutile ! » Chacun de vous a appris, l'expérience aidant, que ce livret ne rapportait rien. Et le registre sur des banalités a pris le reste de la place. personne n'a fermé la porte. Un soir de colère, elle s'est fermée toute seule à la force de ne plus être poussée. Mais retourne l'apprentissage et tu verras la sortie. Ce qui s'est appris peut se réapprendre dans le même sens que ça s'est perdu. Un circuit d'intimité ne se rebranche pas par une grande conversation solennelle du genre il faut qu'on parle qui terrorise tout le monde et ne produit jamais rien. Il se rebranche par le bas, par le bas. petites révélations à nouveau tentées et surtout par des petites réceptions réussies. Et j'insiste aussi sur la réception parce qu'on n'y pense jamais, on croit que renouer le dialogue c'est parler. La moitié du circuit, la moitié que tout le monde néglige, c'est aussi d'accueillir. La prochaine fois que l'autre tente, trois mots, deux vrais mots, même maladroit, même mal choisi, ce qui se passera dans les cinq secondes suivantes pèsera plus lourd que dix résolutions. de mieux communiquer. Du côté de la femme ou de la personne qui a une énergie plus féminine, souvent la tentation est de conclure qu'il n'a rien à redire, qu'il est comme ça. Alors qu'il a peut-être surtout appris quelque part en chemin que son intérieur n'intéressait pas. Et beaucoup d'hommes se remettent à parler le jour où ils découvrent qu'on les écoute sans corriger. Du côté de l'homme ou de l'énergie un peu plus masculine, souvent le réflexe devant une parole vrai de ta compagne et de résoudre. Proposer une solution, relativiser. Alors que dans la plupart des cas, elle ne cherche pas une réponse, elle cherche un endroit où poser ce qu'elle porte et ta seule présence attentive est la réponse. Et je voudrais te faire remarquer quelque chose que tu sais sûrement déjà, sans l'avoir relié. Cette fin de vraie conversation, tu l'as toujours, elle n'a pas disparu, elle s'est déplacée. Regarde où tu la nourris. Cette discussion de deux heures avec une amie qui te laisse vivante comme après une randonnée. Se déjeuner avec un collègue où tu t'es surpris à raconter des choses que tu ne dis jamais à la maison. Ces podcasts que tu écoutes, ces conversations profondes des autres dont tu te nourris par procuration, ton appétit d'échange vrai est intact. Il a juste cessé de passer par ton couple. Et mesure l'étrangeté de la situation. La personne avec qui tu partages ta vie, tes nuits, tes projets est devenue celle avec qui les conversations les plus... pauvre ! Tu as les conversations les plus pauvres de ta semaine. Celle qui te connaît le plus long et te connaît le moins bien dans le présent. Il y a là un manque que tu ressens probablement sans le nommer. Cette solitude particulière qu'on éprouve à deux dans une maison où tout fonctionne. On peut être parfaitement accompagné dans sa vie et complètement seul dans son fort intérieur. Alors laisse cette fin te renseigner. Elle te dit que le problème n'a jamais été que vous n'avez plus rien à vous dire. Tu as des choses à dire. La preuve, tu les dis ailleurs. L'autre aussi, très probablement, les dit ailleurs ou les garde. Ce qui manque entre vous, ce ne sont pas les matières à conversation, c'est le passage, ce circuit dont on vient de parler. Et une faim qui trouve à se nourrir ailleurs maintient la machine en vie, mais elle creuse année après année. L'écart entre ta vie extérieure riche et ton couple silencieux. Du côté de la femme, souvent cette fin, tu la reconnais peut-être à l'énergie qu'il te reste après une soirée entre amis. Il y a cette pensée qui pique un peu en rentrant, pourquoi je n'ai jamais ça avec lui ? Du côté de l'homme, tu la reconnais peut-être à ces moments rares, un long trajet de voiture, une marche, où la conversation avec elle redémarre toute seule et où tu te dis, surprise, c'était bien ça. Cette surprise, c'est la fin qui parle. Maintenant la bonne nouvelle qui découle de tout le reste. Puisque le silence est un apprentissage et non une usure définitive, il se désapprend. Les couples qui retrouvent une vraie parole ne sont pas des couples qui avaient plus de choses à se dire que les autres. Ce sont des couples où quelqu'un a rouvert le circuit et où l'autre, sentant que ça passait à nouveau, s'est remis à tenter. Et ce redémarrage a une propriété encourageante. Il est disproportionné. Quelques échanges vrais, même courts. changent l'atmosphère d'un couple bien plus que leur durée ne le laisserait croire. Parce qu'une seule conversation où tu t'es sentie entendue te rappelle instantanément ce que vous savez faire et donne envie de la suivante. L'intimité ne revient pas au rythme où elle est partie. Elle revient plus vite parce que la fin est là, des deux côtés, et qu'elle n'attendait qu'un passage. Tu n'as pas besoin que l'autre soit d'accord pour commencer. Les deux moitiés du circuit qui dépendent de toi sont à ta portée dès ce soir. Te révéler un peu, à nouveau, une vraie réponse à la place d'un ça va ? Une chose que tu as vraiment pensé aujourd'hui, sans exiger de retour. Et recevoir vraiment la prochaine tentative de l'autre, si maladroite soit-elle. Poser ce que tu as dans les mains, regarder, écouter jusqu'au bout. C'est peu et c'est énorme, parce que c'est exactement par là que le courant passe. Du côté de la femme ou de l'énergie féminine, ça donne souvent j'ai arrêté de lui poser des questions comme un interrogatoire. J'ai raconté à raconter, moi, et un soir il a posé son téléphone. Du côté de l'homme, ça donne souvent « j'ai répondu autre chose que ça va » , une vraie réponse, et j'ai vu dans son regard que ça comptait plus que tous mes services rendus. Voilà comment ça repart, presque toujours, par trois phrases vraies qui trouvent enfin un passage. Voir la différence entre la parole qui gère et la parole qui relie, comprendre comment le circuit s'est coupé, et sentir que la fin est toujours là, c'est déjà rouvrir la porte. Reste le chemin complet. Comment on fait pour redevenir ce couple un endroit où l'on se parle, pas seulement où l'on s'organise ? C'est exactement ce que je te propose maintenant. Ce passage de la colocation organisée au vrai retrouvaille, c'est le cœur de ma série de vidéos entièrement gratuites de colocataires à amoureux. Elle est faite pour toi si tu t'es reconnu dans ces journées de « ça va » et de logistique, si vous êtes devenu deux excellents organisateurs qui ne se disent plus rien de vrai, et si cette solitude à deux commence à te peser. Dans cette série, je t'aide à comprendre comment le vrai s'est retiré de votre lien, sans coupable, à repérer ce qui étouffe les moments où vous pourriez vous retrouver et à refaire ta part du chemin, celle qui ne dépend que de toi, pour que la parole, la présence et l'élan retrouvent un passage. Pour la recevoir, le lien est dans la description de cet épisode, tu laisses ton prénom, ton email et la première vidéo arrive tout de suite. C'est gratuit et c'est pensé autant pour les femmes que pour les hommes. Alors voilà ce que j'aimerais que tu retiennes de cet épisode. Les banalités qui remplissent vos journées ne sont pas le signe que vous n'avez plus rien à vous dire. Elles sont le signe que le vrai n'a plus trouvé de passage. La matière est là, des deux côtés, mais tu la dépenses ailleurs, l'autre aussi, où il la garde. Et un passage, ça se rouvre par de petites révélations tentées et de petites réceptions réussies. Alors ce soir ou demain, il y aura un ça va, il y en a toujours un. Mais derrière ce « ça va » , il y aura comme chaque jour tout ce qui ne se dit pas. Je te lève avec cette question à garder pour toi. Si, à la place de ton prochain « ça va » , tu répondais une phrase vraie, une seule, qu'est-ce que tu dirais ? Je te retrouve très bientôt pour le prochain épisode du podcast « Les chemins du couple » . Vous avez apprécié le contenu de cet épisode ? Alors pensez à laisser un avis, un commentaire, rappelez-vous. également de vous abonner afin d'être averti du nouveau contenu qui va apparaître. 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