Speaker #0La peur de se tromper dans le choix de partir ou rester en couple. C'est le sujet de cet épisode 109 du podcast Les Chemins du Couple. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du Couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission est de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous méritez. Je vous souhaite de passer un très bon moment. Démarrons ensemble ce nouvel épisode. Alors, il y a des personnes qui, depuis 3 ans, depuis 5 ans, parfois 10, voire même plus, sont arrêtées exactement au même endroit. Dans leur travail, elles avancent. Dans leur projet, dans leur santé, elles décident pour les enfants, vite et bien. Mais une seule question, celle de leur couple. Est-ce que je reste ou est-ce que je pars ? Là, ça n'a pas bougé d'un pas depuis des semaines, des mois. voire des années. Ces personnes y pensent presque tous les jours. Elles pèsent, repèsent. Le matin, elles se réveillent exactement là où elles étaient la veille. On appelle ça de l'indécision. Alors tu te dis, peut-être que tu es concerné, je suis quelqu'un qui n'arrive pas à trancher et aujourd'hui je voudrais te proposer une autre lecture parce que celle-là est fausse et elle te fait du mal. Tu crois que tu n'arrives pas à décider, en réalité tu as bien trop peur de te tromper et ça change tout. Parce que derrière cette paralysée, il y a une peur très précise qui a un nom. Et tant que tu ne la nommes pas, elle décide à ta place. Justement, en t'empêchant de décider. C'est la peur du regret. La peur de te réveiller dans dix ans et de réaliser que tu t'es trompé, que tu es parti et que tu le regrettes. Ou que tu es resté et que tu le regrettes. Et entre ces deux regrets possibles, tu restes immobile en croyant te protéger. Je te le dis tout de suite dans cet épisode, je m'adresse autant aux hommes. qu'aux femmes. Parce que cette peur-là, vous la portez tous les deux, chacun à votre manière et je veux que vous vous compreniez mieux. Cet épisode prolonge ce que j'explore avec toi depuis quelques semaines. La dernière fois, je t'ai parlé du doute qui s'installe quand tu ne ressens plus rien et j'ai nommé ces deux peurs, peur de te tromper en restant, de te tromper en partant. Aujourd'hui, je vais aller voir ce que ces deux peurs te font concrètement quand elles parlent en même temps. Elles te figent. Et pour bien comprendre ce mécanisme, je vais m'appuyer sur deux chercheurs qui ont passé leur vie à étudier la façon dont on prend ou on ne prend pas nos décisions. Il y a Daniel Kahneman et Daniel Gilbert. Ce qu'ils ont découvert sur le regret va t'éclairer sur ta propre paralysie. Et à la fin, je te laisserai avec une question, une seule, à emporter avec toi. Je suis indécis, j'attends d'être sûr. Commençons par le cliché, celui que tu te répètes à toi-même. Quand tu es coincé dans cette question depuis longtemps, Tu finis par te raconter une histoire simple. Je suis quelqu'un d'indécis. Ou alors, j'attends d'être sûr. J'attends d'avoir la certitude. Et le jour où je l'aurai, je saurai quoi faire. Alors je vais essayer de te donner une image parce que c'est exactement ce qui se passe. Imagine quelqu'un arriver à un carrefour avec deux portes devant lui, une à gauche et une à droite. Et au lieu d'en prendre une, cette personne s'arrête, pose son sac, plante sa tente là, au bureau au milieu du carrefour. Elle ne dort pas sur l'une des deux routes. Elle dort sur le carrefour lui-même. Et elle se dit, ok, je repartirai le jour où je serai sur de la bonne direction. Sauf que les saisons passent, les années passent. L'attente, elle est toujours exactement au même endroit. Chez les femmes, souvent, ça ressemble à quelqu'un qui fait la liste. Tu vois la liste, celle avec deux colonnes, les raisons de rester, les raisons de partir. Elle la refait, elle la refait et elle la redéfait. et dans sa tête en conduisant sur un carnet le soir, sur les notes dans son téléphone. Et chaque fois, le résultat en fait est différent. Ou alors les deux colonnes s'équilibrent. Et à la fin, elle se dit, ok, c'est pas encore assez clair. Il me manque quelque chose. Alors elle attend, elle attend un signe, elle attend qu'il change, elle attend qu'un événement, qu'une parole de trop, qu'un geste de tronc, même que lui prenne la décision qu'il la trompe, vienne trancher à sa place. Et ça va la délivrer du poids d'avoir à choisir elle-même. Du côté de l'homme, ça prend une autre forme. Toi qui écoutes et qui te reconnais là. Tu ne fais pas des listes, toi tu repousses. Tu te dis, ouais, de toute façon, ce n'est pas le moment. Pas maintenant. Ah, les enfants. Ah, puis c'est bientôt les vacances. Ah, puis c'est bientôt les fêtes de fin d'année. Pas maintenant. Il y a une grosse échéance avec le boulot. Ah, il y a les examens des enfants, il ne faut pas les perturber. Pas maintenant, on vient d'acheter une maison. Ou on était en projet d'en racheter une autre. Il y a toujours une bonne raison, parfaitement raisonnable, de remettre la question à plus tard. Et tu te dis que tu es responsable, que tu fais passer les autres avant toi. Alors qu'au fond, ce plus tard, il ne vient jamais. Parce que c'est toi qui fabrique les raisons de ne pas le laisser venir. Dans les deux cas, regarde bien, il y a la même illusion. Tu crois qu'il manque une information, un signe pour elle, un bon moment pour lui. Et tu crois que la décision viendra de l'extérieur. Qu'un jour, les choses seront assez claires, assez évidentes, pour que tu n'aies plus qu'à les constater. Mais ce n'est pas une information qui manque, ce que tu attends, sans. oser te le dire, c'est une garantie. La certitude absolue de ne pas te tromper. Et c'est là que tout se bloque. Parce que cette garantie, elle n'existe pas. Alors pourquoi tu restes figé ? Souvent, c'est le regret anticipé. Pourquoi est-ce que tu attends une garantie qui n'existe pas au point d'y laisser des années entières de ta vie ? Pour le comprendre, il faut regarder ce qui se passe dans ta tête au moment de décider. Et c'est là que Daniel Kahneman m'aide énormément à te l'expliquer. C'est un psychologue qui a passé sa vie à étudier la manière dont on prend nos décisions, qui a reçu un prix Nobel pour ça. Une des choses qu'il a montrées, et qui te concerne directement, c'est que face à un choix difficile, tu ne pèses pas seulement le pour ou le contre. Tu anticipes surtout une chose, le regret. Tu te projettes à l'avance dans le remords que tu pourrais ressentir, et tu cherches avant tout à l'éviter. Jusque-là, ça paraît logique, mais voilà le piège qu'il a mis en lumière. Tu ne redoutes pas le regret. de la même façon des deux côtés. Tu as beaucoup plus peur de regretter ce que tu as fait, une action, un geste que tu as posé, que de regretter ce que tu n'as pas fait. Comme si se tromper en agissant était plus grave, plus impardonnable que de se tromper en ne faisant rien. Tu vois où ça mène ? Si l'idée de regretter une action te terrifie plus que l'idée de regretter ton immobilité, alors, sans même t'en rendre compte, tu vas choisir l'immobilité. Tu vas rester figé parce que ne rien faire te semble moins risqué. C'est exactement ce qui se passe quand tu te plantes à ta tente au carrefour. Tu crois que tu ne décides pas. En réalité, tu as déjà décidé. Tu as décidé de ne pas agir. Parce que c'est la seule option qui te promet sur le moment de ne pas avoir apporté la responsabilité d'un geste. Et par-dessus tout ça, il y a un deuxième piège, celui du bon choix. Quand tu es coincé dans cette question, Tu ne cherches pas au fond une décision vivable. Tu cherches la décision parfaite. Celle qui n'aura aucun coup, aucun deuil, aucun regret. Tu voudrais pouvoir partir sans rien perdre, sans rien sacrifier. Mais cette décision-là n'existe pas. Toute décision, dans un couple, comme dans n'importe quel choix, ferme quelque chose. Partir, c'est renoncer, peut-être à ce qui t'était précieux, à ce qui était important pour toi. Mais rester, c'est peut-être renoncer à la vie d'à côté qu'on s'était imaginé. Il n'y a aucun chemin sans renoncement. Et tant que tu cherches celui qui n'en demande aucun, tu chercheras toute ta vie et tu resteras planté au carrefour. Je t'ai parlé il y a longtemps, dans un épisode très ancien, de la fidélité à soi. Cette manière de ne pas s'abandonner soi-même pour tenir en place. L'immobilité dont je te parle aujourd'hui, c'est tout le contraire de la fidélité à soi. À force de ne pas choisir, pour ne pas te tromper, tu te trahis un peu plus chaque année parce que tu remets ta propre vie en attente indéfiniment. Je pense à un homme que j'accompagne, chef d'entreprise, habitué à décider vite à trancher pour des dizaines de personnes, à prendre des risques que d'autres n'oseraient même pas. Cet homme-là dans son couple était paralysé et il me répétait toujours la même chose. Je vais y voir plus clair après. Après Céline. Et après le bac de mon fils, ça je me rappelle. Et puis il y avait un déménagement qui était prévu aussi. Il y avait toujours un pas après. Et un jour, il m'a dit une phrase qui résume tout. Tant que je ne tranche pas, je garde toutes les portes ouvertes. Voilà ce qui protège la paralysie. L'illusion de garder les deux portes ouvertes, sauf qu'à rester sur le seuil, on ne vit jamais derrière aucune des deux portes. Avant de continuer et de te partager la suite, je vais m'arrêter un instant, car si en écoutant cet épisode, tu te poses la question « Est-ce que je reste ? Est-ce que je pars ? » Alors, j'ai créé justement quelque chose pour toi. C'est une série de 4 vidéos entièrement gratuites, pensées autant pour les hommes que pour les femmes. En 4 vidéos courtes, je te montre les signes que tu tournerons depuis trop longtemps. Et puis enfin, le chemin pour sortir du brouillard et regarder ton couple avec carté. Pour décider, depuis un endroit calme, que ce soit pour reconstruire ou pour partir en paix. Pour la recevoir, tu cliques sur le lien dans la description de l'épisode, tu laisses ton prénom, ton email et la première vidéo arrive directement dans ta boîte email. Maintenant reprenons. La peur. Dessous. La vie parallèle fantôme. Il y a toujours quelque chose sur cette peur du regret qui la rend si puissante. Et ça, c'est Daniel Gilbert qui... Va, l'explique très bien plutôt. C'est un psychologue de Harvard qui a étudié une question fascinante. Est-ce qu'on est capable de prévoir ce qui nous rendra heureux ou malheureux ? J'adore cette question. Et sa réponse après des années de recherche est très claire. Et tu le sais. Non. Je l'utilise pour te montrer que c'est pas que mon cheminement à moi et à mes clients. C'est aussi des études qui ont été faites. On est mauvais à ça. Tu vas... On, toi, moi, tout le monde... tu te trompes presque tout le temps quand tu essayes d'imaginer ce que tu ressentiras plus tard. Et surtout, tu as tendance à surestimer énormément l'intensité et la durée de tes émotions futures. Autrement dit, quand tu imagines à quel point tu vas regretter, tu te trompes. Tu imagines un regret immense, permanent, qui ne passera jamais le désert noir. Alors qu'en réalité, Gilbert l'a montré, tu t'adaptes, tu encaisses, tu te reconstruis bien plus vite et bien plus mieux que... est bien mieux que tu ne le crois. Mais voilà ce qui rend le piège si parfait. Tant que tu ne décides pas, tu n'as pas affaire à la réalité. Tu as affaire à ton imagination. Et dans ton imagination, les deux vies sont possibles, pardon, les deux vies possibles restent intactes, parfaites, sans le moindre défaut. D'un côté, il y a la vie d'après le départ. Celle où tu serais enfin léger, libre, vivant. Où tu retrouverais quelqu'un qui te regarde vraiment. Cette vie-là, dans ta tête, n'a aucun problème parce qu'elle n'existe pas encore. Elle n'a jamais eu à affronter le réel, la solitude de certains soirs, les enfants organisés un week-end sur deux, les comptes à refaire. C'est une vie fantôme. Et un fantôme est toujours plus séduisant qu'une personne réelle. De l'autre côté, il y a la vie de couple réparée, celle où, comme par miracle, tout redeviendrait léger. La complicité, le désir, les fourrures, la charge mentale répartie. Cette vie-là aussi, c'est un fantôme. Parce qu'elle efface d'un coup tout ce qui a vraiment été abîmé et tout le travail que ça demanderait pour le réparer. C'est ça que ta paralysie protège, au fond. Tant que tu ne choisis pas, tu n'as pas à renoncer à aucun des deux fantômes. Tu les gardes tous les deux intacles dans ta tête. Décider, ce serait en faire mourir un. Choisir de rester, ce serait enterrer la vie libre. Choisir de partir, ce serait enterrer le couple réparé. Et comme aucun de ces deux deuils ne te semble supportable, tu n'en fais aucun et tu restes là à entretenir deux vies imaginaires au lieu d'en vivre une seule vraie. Du côté de la femme, cette vie fantôme prend souvent le visage d'un ailleurs idéalisé ou d'un homme rêvé qui comprendrait tout sans qu'elle ait à le demander. Du côté de l'homme, c'est souvent l'image d'une paix retrouvée, d'un endroit sans tension et sans reproche où il pourrait enfin souffler. Mais dans les deux cas, c'est le même mécanisme. Tu compares. Ta vie réelle, avec ses défauts bien visibles, a une vie imaginaire qui n'a aucun défaut, parce qu'en fait, tu ne l'as jamais vécue. Et dans cette comparaison-là, la vie réelle perd toujours. Le pire des deux mondes ! Parce que pendant tout ce temps, qu'est-ce qui se passe réellement, concrètement dans ton couple ? Parce que c'est bien joli de vouloir regarder les deux portes ouvertes dans sa tête. Mais pendant ce temps-là, on vit à deux, et l'autre est là, en face. Ce qui se passe, c'est le pire. pire des deux mondes. Tu n'es pas vraiment dans le couple parce qu'une partie de toi a déjà un pied dehors, alors tu ne donnes plus grand-chose. Tu retiens, tu te protèges, tu protèges tes arrières. Mais tu n'es pas dehors non plus, alors tu ne construis pas autre chose. Tu es suspendu entre les deux. Et un couple suspendu, ça ne répare rien et ça ne se termine pas. Ça stagne. Et l'autre le sent. C'est ça qu'on oublie. L'autre sent très bien que tu n'es plus là tout à fait. même quand tu ne dis rien. Il sent ce pied dehors, cette retenue, cette présence qui n'en est plus vraiment une. Et souvent, il se met lui aussi à se protéger, à se retirer. Et le couple se vide de l'intérieur. Non pas à cause d'une décision, mais à cause d'une décision qui n'a jamais été prise. Et le plus dur, c'est le temps. Parce que ces années suspendues, tu ne les récupéreras pas. Que tu finisses par rester ou par partir, ce sont des années où tu n'auras vraiment fait. Ni l'un, ni l'autre. Des années où ton couple n'aura pas eu sa vraie chance d'être réparé. Parce que tu n'y étais pas assez présent pour le réparer. Et des années où tu ne te seras pas libéré non plus. C'est ça le coût réel de la paralysie. Ce n'est pas un coût qui se voit. Il n'y a ni drame ni catastrophe. Juste une vie qui passe à côté d'elle-même. Une année après l'autre. La sortie s'est décidée depuis un autre endroit. La vraie question n'est pas celle que tu te poses. Tu te demandes depuis des années comment être sûr de faire le bon choix et je viens de te dire que cette certitude n'existe pas. Donc cette question-là ne te fait que de te garder prisonnier. La vraie question, la seule qui peut te remettre en mouvement, ce n'est pas comment ne pas me tromper, c'est depuis quel endroit je vais décider en moi. Depuis la peur et l'épuisement ou depuis un endroit plus calme ? Parce que ça, l'endroit d'où tu décides, ça, tu peux le changer. Si tout ce que je viens de te décrire te parle, si tu te reconnais dans cette personne arrêtée au carrefour depuis trop longtemps, j'ai préparé pour toi cette série de 4 vidéos entièrement gratuites. Le but, c'est que tu retrouves assez de calme en toi pour décider depuis un endroit posé, et non plus depuis la peur de te tromper, que ce soit pour reconstruire ton couple ou pour partir en paix. Pour recevoir cette vidéo, le lien est dans la description de cet épisode, tu laisses ton prénom, ton email et tu as accès à la vidéo. immédiatement. Je voudrais te laisser avec une seule idée. Tant que tu attendras d'être sûr pour bouger, tu ne bougeras jamais parce que cette certitude n'arrivera pas. Ce n'est pas un manque de courage, c'est que tu cherches une garantie que la vie ne donne à personne. Alors voici les deux questions que je te laisse et je te les laisse vraiment avec elles. La première, est-ce que tu es en train d'attendre une certitude qui n'existe pas ou est-ce que tu peux accepter que toute décision a un coût ? et choisir quand même. Et la deuxième, encore plus importante, depuis quel endroit en toi tu regardes ton couple en ce moment ? Depuis la peur de te tromper ou depuis un endroit plus calme ? Prends le temps d'y répondre, je te retrouve très bientôt dans un prochain épisode du podcast Les Chemins du couple. Vous avez apprécié le contenu de cet épisode ? Alors pensez à laisser un avis, un commentaire. Rappelez-vous également de vous abonner afin d'être averti du nouveau contenu qui va apparaître. Et enfin, si vous désirez plus de ressources, dans la description, vous avez de multiples informations pour me retrouver. Je vous retrouve très bientôt.