Speaker #0Pourquoi le calme te rend méfiant quand la sécurité en couple ressemble à de l'ennui ? C'est le sujet de cet épisode 132 du podcast Les Chemins du Couple. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du Couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission est de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous méritez. Je vous souhaite de passer un très bon moment Démarrons ensemble ce nouvel épisode ! Alors, tu as peut-être enfin trouvé ce que tu disais chercher depuis toujours, une relation calme, quelqu'un de stable, de fiable, de doux, quelqu'un qui répond aux messages, qui ne disparaît pas, qui ne te fait pas deviner son humeur à la façon dont il va fermer la porte. Et voilà que ce calme, précisément lui, t'inquiète. Tu t'ennuies, tu doutes. Tu regardes cette relation paisible et une petite voix murmure « mais il ne se passe rien, ce n'est peut-être pas ça l'amour » . C'est l'un des paradoxes les plus fins et les plus répandus que je rencontre. Des personnes qui ont souffert de relations en dents de scie, qui ont rêvé de sécurité pendant des années et qui le jour où la sécurité arrive, se mettent à la suspecter. Le calme leur semble fade, la douceur leur semble molle. La fiabilité leur semble ennuyeuse. Et beaucoup repartent vers des histoires qui les font vibrer, c'est-à-dire trembler, en se disant qu'au moins, là, elles ressentent quelque chose. Alors, je vais te poser d'emblée l'idée centrale de cet épisode. Et elle demande un peu de courage. Si le calme te rend méfiant, le problème n'est peut-être pas la relation. C'est peut-être que le calme est une langue que tu n'as jamais apprise et que tu confonds depuis toujours l'intensité avec l'amour. Ce sont deux choses différentes, on va le voir, et cette confusion coûte cher. Elle fait quitter des relations précieuses et elle fait rester dans des montagnes russes épuisantes. On va être une précision pour être honnête aussi, parce que la nuance compte. Il existe des couples réellement éteints où l'ennui... dit vrai. Et on apprendra à faire la différence. Même, c'est plus même l'un des points les plus importants de cet épisode. Et ça vaut autant pour les femmes que pour les hommes. Cette méfiance du calme n'a pas de genre. Elle a une histoire. Alors, commençons par reconnaître le mécanisme. Parce qu'il porte plusieurs visages et certains ne se ressemblent pas. Il y a la méfiance pure. Tout va bien, il est adorable, elle est adorable. Et toi, tu attends que ça se gâte. C'est trop beau. Il doit cacher quelque chose. Personne n'est comme ça. Tu inspectes, tu testes parfois, tu cherches la faille avec l'application de quelqu'un qui sait qu'elle existe. Puisque dans ton expérience, elle a toujours existé. Le calme pour toi, ce n'est pas la paix, c'est le silence avant l'orage. Il y a l'ennui. Diagnostiquer. Là, plus de méfiance, mais un constat qui t'attriste. Je ne ressens rien. Avec les autres, c'était les feux d'artifice, des attentes. fébrile, des réconciliations bouleversantes. Avec lui, avec elle, c'est tranquille, doux, plat, dis-tu. Et tu en tiens la conclusion qui semble logique. Si je ne ressens pas ces montagnes-là, c'est que je ne l'aime pas. Il y a le sabotage le plus troublant. Sans le décider, tu crées de l'orage dans le ciel bleu. Une remarque qui pique, une jalousie qui sortit de nulle part, un reproche monté en épingle. Et voilà la tempête, les larmes, puis les retrouvailles. Et quelque chose en toi enfin respire parce que ça tu connais. Beaucoup de personnes fabriquent ainsi, à dose régulière, l'intensité dont leur système a besoin et détruisent à petit feu une relation qui ne demandait qu'à les rendre heureuses. Et il y a le départ, le visage le plus coûteux. Celui ou celle qui quitte les partenaires paisibles en toute bonne foi. Il ne se passait rien et qui retourne comme aimanté vers les profils. imprévisible, distant. compliqué, auprès desquels enfin ça vibre. Et le cycle recommence. Souffrance, rêve de sécurité, sécurité trouvée, sécurité fade, départ. Du côté de la femme ou de l'énergie féminine, ce mécanisme s'habille souvent en langage romantique. Il ne me fait pas vibrer, il n'y a pas d'étincelle, je l'aime mais je ne suis pas amoureuse. Tout un vocabulaire qui compare le présent paisible aux intensités d'avant. Du côté de l'homme, il s'habille souvent en langage d'évasion. La routine me tue, j'ai besoin de me sentir vivant. Et parfois un regard qui glisse ailleurs, vers ce qui brille et promet du fébrissement. Comme si l'intensité perdue prouvait que l'amour était mort. Alors, pourquoi quand la vie t'offre enfin la paix, ton système refuse ? La refuse-t-il finalement ? Le psychiatre américain Bessel van der Kolk a passé sa vie à étudier ce que les expériences difficiles laissent dans le corps. Et le constat est clair. exactement notre sujet. Un système nerveux qui agrandit dans l'imprévisible, les tensions, les éclats, les silences lourds, l'amour qui va, qui vient, se calibre sur cet environnement-là. L'alerte devient son réglage normal, son état de base. Et quand, des années plus tard, ce système se retrouve dans un environnement réellement sûr, il ne sait pas le lire. Le repos, pour lui, est une donnée inconnue. Alors, Il l'interprète avec des grilles qu'il possède et il conclut soit que quelque chose se prépare, la méfiance, soit qu'il ne se passe rien, le vide. Retiens cette idée à les capitales. Ton corps préfère le familier au bon. Ce qui ressemble à ton enfance ou à tes premières histoires te permettra toujours plus vrai, plus vivant que ce qui t'est étranger. Même si l'étranger est meilleur pour toi. L'agitation connue rassure. plus que le calme inconnu. C'est absurde sur le papier, mais c'est profondément humain. Et comprends bien ce que ça implique. Quand tu dis je ne ressens rien, avec quelqu'un de stable, il faut traduire ce que tu ne ressens plus dans la plupart des cas, c'est l'angoisse. La boule au ventre en attendant sa réponse. La vigilance sur son humeur. La peur d'être laissée. Tout ce vacarme intérieur que tu appelais, faute de mieux, des sentiments. Le silence de l'alarme, tu l'appelles du vide. Or ce n'est pas du vide, c'est de la place. De la place pour autre chose, que tu n'as simplement jamais appris à sentir. J'avais consacré un épisode à ce à quoi ressemble plutôt une relation saine, l'épisode 61. Et je t'y renvoie, parce qu'on y voit déjà combien la santé en amour déroute ceux qui ne l'ont jamais croisé. Une femme est venue me voir aussi pour prendre une décision, quitter ou non l'homme qu'elle fréquentait depuis un an et demi, après des années avec un divorce, bref, des enfants. C'était une nouvelle relation, la cinquantaine. C'était un homme doux, attentif, solide. Par contre, son dossier à charge tenait en une phrase. Avec lui, il ne se passe rien. Je crois que je ne l'aime pas. Alors, on a regardé ce rien de plus près. Je lui ai demandé de me décrire ce qui se passait. Avant, et avec les hommes qu'elle disait avoir aimés, notamment son ex-mari. 15 ou 20 ans de relations vraiment longues. Elle a décrit des attentes intolérables, des nuits à pleurer, des retours triomphaux, un cœur en permanence au bord de quelque chose. Et à un moment donné, elle a compris. Et elle a dit, en fait, je croyais que c'était l'amour. C'était le ventre noué. Avec lui, je n'ai plus pas peur. Et je ne sais pas ce que ça fait d'aimer sans avoir peur. Elle était venue quitter un homme. Elle a découvert qu'elle ne savait pas encore reconnaître ce qu'elle vivait avec lui. Parce que... ça ne lui ressemblait à rien de connu. Et si cette phrase te ressemble, je ne sais pas aimer sans avoir peur, alors ce que j'ai créé va pouvoir t'intéresser. Ma série de vidéos entièrement gratuites se libérait de l'attente. Ça travaille exactement cette racine. Pourquoi ton système a besoin de tempête pour se sentir aimé ? D'où vient cette confusion entre l'angoisse et l'amour ? Et comment construire cette sécurité intérieure qui rend la paix enfin habitable ? C'est gratuit et c'est pensé autant pour les femmes que pour les hommes et le lien est dans la description de l'épisode. Maintenant, continuons. Il faut démonter la confusion elle-même parce qu'elle repose sur un mécanisme que la science a démontré de façon spectaculaire. Deux chercheurs, Donald Dutton et Arthur Aron, ont mené une expérience devenue célèbre. Ils ont fait traverser à des hommes un pont suspendu, haut, instable, impressionnant. Et au milieu du pont ? Une jeune femme leur proposait de répondre à un questionnaire, puis leur laissait son numéro. Le même scénario était rejoué sur un pont stable bas. Résultat, les hommes du pont suspendu ont été beaucoup plus nombreux à rappeler la jeune femme. Pourquoi ? Parce que leur cœur battait plus fort à cet instant-là, leurs mains étaient moites, leur souffle était court, et à cause du vide sous leurs pieds, leur cerveau a attribué tout ce vacarme à la rencontre de la jeune femme. Ils ont pris leur vertige pour une attirance. Voilà le mécanisme qui gouverne peut-être une partie de ta vie amoureuse. L'émotion physiologique se trompe d'étiquette. Un cœur qui s'emballe, c'est un cœur qui s'emballe. La cause peut être l'amour ou la peur ou l'incertitude ou le manque. Quand tu attends un message qui ne vient pas et que ton ventre se serre, ton corps produit exactement le cocktail du début d'un grand amour. Alors les relations instables te font vivre en boucle ce cocktail. Et tu en conclus là, je ressens donc là j'aime. Sauf que ce que tu ressens, c'est du manque de l'incertitude, de la larme. L'intensité que tu prends pour preuve de l'amour est très souvent la preuve de l'insécurité. Alors pose-toi cette question. Si l'insensité était vraiment de l'amour, alors les relations les plus toxiques seraient les plus grandes histoires d'amour. Puisque ce sont celles qui font battre le cœur le plus fort. On en parlera dans des épisodes à venir sur les relations toxiques justement. Tu sens bien que quelque chose cloche dans cette équation. Ce qui fait battre le cœur très fort, c'est le danger. Ce qui fait du bien profondément, c'est autre chose. Et cette autre chose a un défaut terrible sur le marché des sensations. Il est discret. Du côté de la femme, cette confusion te fait peut-être relire ton histoire. Ces hommes passionnants qui t'ont tant fait vibrer étaient souvent, à y regarder de près, des hommes imprévisibles. Et la vibration, c'était ta vigilance. Du côté de l'homme, elle éclaire peut-être cette impression que ta compagne stable ne te fait plus rien. Pendant qu'une inconnue entrevue va te faire de l'effet. L'inconnue apporte de l'incertitude, donc de l'adrénaline. Et tu appelles ça du désir. Alors que c'est pour une bonne part du vertige d'un pont suspendu. Alors comment on fait quand on découvre tout ça ? La première chose à savoir, c'est que la paix s'apprivoise exactement comme une saveur. Si tu as passé ta vie à boire très sucré, la première gorgée d'un grand thé te paraîtra fade. Ce n'est pas le thé qui manque de goût, c'est ton palais qui était saturé, réglé sur l'excès de sucre. Il lui faut du temps et des gorgées répétées pour que les nuances apparaissent et un jour, ce qui était fade devient une richesse incroyable. Et c'est le très sucré. qui va devenir écœurant. La sécurité affective suit le même chemin. Les premiers temps, le calme te semble vide parce que tes capteurs, calibrés sur les tempêtes, ne détectent rien. Et puis si tu restes, si tu laisses ton corps faire connaissance avec ce climat, quelque chose va s'éveiller. Tu remarques un soir que tu es détendu, réellement détendu en sa présence. Que tu peux être toi fatigué, drôle, silencieuse, sans surveiller l'effet que ça produit chez l'autre. Que ton corps, pour la première fois peut-être, comprend qu'il ne se passera rien et que ça, c'est le luxe. Non pas l'absence de vie, l'absence de menace. Et il y a un moment, dans ce chemin, que les personnes que j'accompagne décrivent souvent avec émotion. Le jour où le calme cesse d'être inquiétant, cela devient silencieux. Cela devient délicieux. Ce calme silencieux devient délicieux. Et l'on se sur... prend à savourer ce dimanche sans drame, une conversation sans enjeu, un silence sans dessous. Et il faut le dire, ce passage demande de traverser une zone inconfortable, celle où l'ancien goût manque encore et où le nouveau ne s'est pas encore révélé. C'est là que beaucoup renoncent et repartent vers le très sucré. Si tu es dans cette zone, entends ceci. Ce manque que tu ressens n'est pas la preuve que tu t'es trompé de personne. C'est la preuve que ton système est en train de se recalibrer et ça c'est une excellente nouvelle. Du côté de la femme, apprivoiser la paix, c'est souvent apprendre à rester dans la douceur sans la tester. Laisser les jours tranquilles s'accumuler sans y planter une épreuve. Du côté de l'homme, c'est souvent redécouvrir que le vivant ne loge pas seulement dans le nouveau et l'incertain mais dans la profondeur. Celle qu'on atteint qu'en restant. Reste maintenant la question honnête. Celle qu'on ne peut pas esquiver. Et si c'était vraiment de l'ennui ? Parce que oui, il existe des couples réellement éteints, où le sentiment s'est endormi sous les années. Et il serait injuste de dire à tout le monde que son ennui est une illusion. Alors voici de quoi discerner, et c'est peut-être le plus précieux de cet épisode. Le vide et la paix ne se ressemblent que de loin. Dans la paix, il y a la présence. Vous parlez, vous vous regardez. Tu te sens bien avec l'autre. Ton corps se détend à son contact. Il y a de la curiosité, du p... plaisir simple à partager un repas, une marche, un silence. Ce qui manque, ce sont les montagnes russes et seulement elles. Dans le vide, c'est autre chose. Il manque la connexion elle-même. Vous ne vous parlez plus vraiment. Tu ne te sens ni vue ni curieuse de l'autre. Tu t'ennuies avec lui même quand tu essayes. Et ton corps, au lieu de se détendre en sa présence, s'éteint. La La question test est simple. Ce qui te manque, est-ce l'orage ou est-ce l'autre ? Si c'est l'orage, tu es probablement devant une paix que ton système n'a pas encore apprivoisé, et le travail est en toi. Si c'est l'autre, si la connexion elle-même est éteinte, alors ton couple s'est peut-être endormi et ça se réveille aussi. C'est tout le chemin, d'ailleurs, de ma série de colocataire à amoureux dont je t'ai déjà parlé. Ta part du chemin, celle qui ne dépend que de toi, commence par cette relecture. Avant de conclure que tu n'aimes pas, ou plus, vérifie qui parle en toi, ton cœur ou ton alarme privée de son carburant. Du côté de la femme, ça donne souvent « j'ai arrêté de chercher l'étincelle d'avant, j'ai découvert une chaleur que je ne savais pas sentir et elle était là depuis le début » . Du côté de l'homme, ça donne souvent « j'ai compris que ce que j'appelais de l'ennui était la première relation où je n'avais rien à prouver et j'ai failli la quitter pour ça » . Voilà ce qui se joue ici. Apprendre à lire le calme avant de le fuir. Comprendre que le calme est une langue à apprendre, que l'intensité n'a jamais été une preuve d'amour et savoir distinguer le vide de la paix, c'est déjà désamorcer le piège. Reste la racine, ce système en toi qui a besoin de tempêtes pour se sentir aimé et qui se recalibre pas tout seul. C'est exactement là que je te propose d'aller maintenant. Cette confusion entre l'angoisse et l'amour, ce besoin d'intensité qui te fait suspecter la paix, Cette difficulté à te sentir aimé quand rien ne fait mal, c'est exactement la racine que je travaille dans ma série de vidéos entièrement gratuites « Se libérer de l'attente » . Elle est faite pour toi si tu t'es reconnu dans ce calme qui inquiète, si tes histoires les plus intenses ont été les plus douloureuses et si tu veux enfin pouvoir vivre une relation paisible sans la saboter ni la fuir. Dans cette série, je t'aide à comprendre d'où vient ce calibrage sur l'alerte, a repéré comment il pilote tes élans et tes doutes et à construire cette sécurité intérieure qui change tout. Parce qu'un cœur qui n'a plus peur peut enfin sentir ce qu'il ressent vraiment. Pour la recevoir, le lien est dans la description de cet épisode. Tu laisses ton prénom et ton email et la première vidéo arrive tout de suite. C'est gratuit et c'est pensé, autant pour les femmes que pour les hommes. Voici ce que j'aimerais que tu retiennes. Le calme n'est pas l'absence de l'amour. Le calme, c'est l'amour sans la peur. Et si tu ne le reconnais pas, c'est peut-être que tu n'avais jamais encore croisé l'un sans l'autre. L'intensité qui t'a servi de boussole toute ta vie mesurait ton alarme, pas tes sentiments. Et une boussole déréglée fait quitter des trésors et garder des tempêtes. Alors avant de conclure que ta relation paisible manque d'amour, laisse-toi le temps d'apprendre sa langue. Ne quitte pas la paix avant de l'avoir goûtée vraiment. ce serait dommage de partir juste au moment où, pour la première fois, tu étais en sécurité. Et je te laisse avec une question à garder pour toi cette semaine. Ce que tu appelles ennui, si tu écoutes très attentivement, qu'est-ce que c'est ? Le vide d'une connexion éteinte ou juste le silence tout neuf de ton alarme ? Je te dis à très bientôt pour un prochain épisode du podcast Les Chemins du Couple. Vous avez apprécié le contenu de cet épisode ? Alors pensez à laisser un avis, un commentaire, rappelez-vous. Également de vous abonner afin d'être averti du nouveau contenu qui va apparaître. 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