Speaker #0Faut-il attendre que l'autre bouge ? C'est l'épisode 93 de ce podcast Les Chemins du Couple. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du Couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission est de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations, et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous méritez. Je vous souhaite de passer un très bon moment, démarrons ensemble ce nouvel épisode. Alors dans les épisodes précédents, j'ai exploré avec vous quelque chose qui se joue souvent en silence dans beaucoup de relations de couple. Nous avons parlé de culpabilité qui va guider la relation, nous avons parlé aussi de cette difficulté mais pourtant essentielle à dire non sans se sentir coupable et j'ai évoqué également les micro-renoncements à soi qui vont s'accumuler dans le quotidien et qui finissent surtout par creuser une distance dans la relation de couple. Aujourd'hui j'aimerais juste aller encore plus loin, peut-être encore même plus profondément. Deux, ce qui se cache derrière tout ça, c'est la posture intérieure que beaucoup de personnes habitent, utilisent, sans même savoir que c'est ce qui porte leur énergie. Une posture qui ressemble à de la patience, qui ressemble parfois aussi à de la générosité, qui ressemble aussi même encore à de l'amour, mais qui en réalité peut épuiser une relation lentement et en silence. Et cette posture, c'est la tente. Attendre que l'autre comprenne sans que j'aie à lui dire. Attendre qu'il fasse le premier pas. Attendre qu'elle change de ton. Attendre qu'il s'excuse pour ce qu'il a dit hier soir. Attendre qu'elle me regarde comme avant. Attendre qu'il propose, qu'il initie, qu'il devine. Attendre, attendre, attendre. Et derrière cette attente, il y a une question qui colore tout. Est-ce que je peux aller mieux tant que l'autre ne bouge pas ? Cette question, beaucoup de personnes que j'accompagne la posent, mais sans vraiment la formuler. Je vais entendre, tant qu'il ne fait pas un geste, je ne peux pas avancer. Il y en a d'autres qui vont me dire, mais je vais bien, quand elle ou il va bien, et quand je vais mal, il ou elle va mal. Il y en a d'autres qui vont me dire aussi, il faut qu'il ou elle prenne conscience d'abord, sinon ça ne sert à rien. Et derrière chacune de ces phrases, il y a une croyance puissante, presque imperceptible. Mon bien-être dépend de son mouvement à lui, de son mouvement à elle. Et aujourd'hui, j'aimerais vraiment que nous regardions ensemble pourquoi cette posture s'installe si facilement, ce qu'elle dit de notre histoire et de notre manière d'être en relation, de nous lier, et surtout comment elle nous éloigne, paradoxalement, de ce que nous cherchons vraiment dans la relation de couple. Et pour cela, je vais m'appuyer sur aussi des apports cliniques. Des recherches de David Snarch, psychologue américain, spécialiste du couple, qui a profondément renouvelé la compréhension de ce qu'on appelle la différenciation du soi dans la relation. Et ensuite, on va aller voir aussi les travaux de Sue Johnson, fondatrice de la thérapie centrée sur les émotions dans le couple, qui éclaire pourquoi l'attente est souvent l'expression d'un besoin d'attachement adulte qui n'a pas trouvé d'autre voie. pour se le dire. Parce qu'au fond, la question « faut-il que l'autre bouge ? » n'est pas une question logistique, c'est une question existentielle. Et la réponse, comme nous allons le voir, ne vient pas de l'autre. Elle vient d'un endroit, en soi, qu'il s'agit d'apprendre à habiter. Donc l'attente est silencieuse parce qu'elle ne se présente jamais comme telle. Elle se déguise. Elle prend la forme de patience, du respect, de la maturité, parfois même de la générosité. Mais lorsqu'on regarde de plus près, On découvre une mécanique très différente. Il y a une attente qui est vivante, celle qui dit « je laisse à l'autre le temps qui lui est nécessaire tout en continuant à exister pleinement dans ma vie » . Cette attente-là, elle est respiratoire, elle laisse de l'espace, elle ne s'accroche pas. Mais il y a l'autre attente, beaucoup plus inconfortable, qui dit « je suspends mon élan, ma vie, mon énergie, mes décisions jusqu'à ce que l'autre fasse ce que j'espère » . Cette attente-là, et immobilisante et elle met sa propre vie en pause. Et les signes sont très concrets. Je vais vous en donner quelques-uns pour voir comment vous allez vous reconnaître là-dedans. Vous attendez qu'il fasse le premier pas ou qu'elle fasse le premier pas après une dispute et vous laissez le silence s'installer pendant des jours plutôt que d'aller l'approcher. Vous attendez qu'elle perçoive votre fatigue, qu'il perçoive votre fatigue sans que vous ayez besoin de l'expliquer. Et en plus, vous lui en voulez ou à elle quand elle ne le perçoit pas. Vous attendez qu'elle s'excuse pour une phrase qui vous a blessé ou qu'il s'excuse pour une phrase qui vous a blessé et vous gardez en réserve cette blessure pendant des semaines. Vous attendez qu'il ou elle change d'attitude, qu'il ou elle devienne plus présent, plus tendre, plus attentif. Et vous mesurez quotidiennement ce qu'elle ou elle ne fait pas. Vous attendez, et plus vous attendez, plus l'écart se creuse entre ce que vous espérez et ce qui se passe vraiment. Je voudrais vous donner deux scènes très concrètes pour rendre cette situation plus tangible. La première, vous êtes une femme, une femme qui rentre chez elle après une journée difficile. Elle ne dit rien, elle pose son sac, elle fait quelques mouvements, elle s'occupe des enfants. Et en fait, elle attend qu'ils remarquent, qu'ils viennent vers elle, qu'ils posent la question. Elle ne lui demande pas parce qu'elle pense que si elle doit demander, alors... ce qu'il proposera ne comptera plus vraiment. Lui, fatigué lui aussi, ne perçoit pas l'attente. Il finit par allumer la télévision. Elle, à l'intérieur, se ferme un peu plus. Et ce soir-là, dans son esprit, il devient un peu plus l'homme qui ne voit pas, qui ne comprend pas, qui ne se rend pas compte. La seconde, un homme qui va attendre depuis des semaines une forme de reconnaissance. Il a accompagné sa partenaire, par exemple, dans une période professionnelle. compliqué. Il a géré les enfants, il a soutenu. Bref, il n'attend pas des grands mots. Il a juste besoin d'un geste qui lui dirait « je vois ce que tu as fait, je le mesure » . Il ne le demande pas parce qu'il pense que demander, c'est priver le geste de sa valeur. Elle, prise dans sa propre traversée, ne le formule pas. Et lui, à l'intérieur, commence à se dire qu'il s'est peut-être trompé sur ce qu'elle ressent vraiment. Dans les deux cas, ce qui blesse, ce n'est pas l'absence du geste, C'est la conviction. silencieuse que ce geste, pour qu'il compte vraiment, doit venir spontanément de l'autre. Comme s'il existait une règle implicite, si je dois demander, ça ne vaut plus rien. Cette règle, vous êtes très très très très nombreux à la considérer et peut-être que vous ne vous en rendez même pas compte, peut-être que vous le faites sans l'avoir choisi. Et c'est elle qui maintient l'attente. Parce que tant que vous croyez que la valeur du geste se mesure à sa spontanéité, vous restez prisonnier d'une équation que... personne dans le couple ne peut résoudre. Pour comprendre d'où vient cette attente, il faut regarder ce que nous avons appris très tôt, parfois sans le savoir. Beaucoup de personnes qui vivent dans cette posture d'attente ont grandi dans des environnements où elles n'avaient pas vraiment le droit de demander. Pas par des malveillances des parents, souvent parce que, simplement, ils étaient pris ailleurs, par leur propre détresse, par leur charge mentale, par leurs blessures, par leur absence. L'enfant a alors appris quelque chose de précieux et de toxique à la fois. Il a appris que pour être aimé, il vaut mieux ne pas trop demander. Il a appris que les besoins de l'autre passaient avant les siens. Il a appris que la manière la plus sûre d'obtenir un peu de quelque chose, c'était d'attendre, en espérant que ça vienne. Et cette équation enfantine, qui pourrait se résumer en deux phrases « si je demande, je dérange, si je dois demander, ça ne compte plus » , s'installe profondément. Et à l'âge adulte, dans le couple, elle continue de fonctionner, alors même que le contexte a... complètement changé. Vous n'êtes plus l'enfant dont les besoins risquent de déstabiliser le parent, vous êtes une adulte, un adulte, dans une relation où vous pouvez nommer les choses, mais la mémoire ancienne ne le sait pas encore. Et c'est ici que les travaux sur l'attachement adulte deviennent éclairants. Sue Johnson, dans ses recherches en thérapie centrée sur les émotions, montre que dans toute relation amoureuse, nous portons un besoin profond d'attachement, un besoin sain et adulte qu'elle décrit avec beaucoup de finesse, avoir l'autre comme une base sécurisante. Quelqu'un d'accessible, de sensible qui répond. Et quand ce besoin n'a pas été suffisamment comblé dans l'enfance, il continue à chercher sa réponse à l'âge adulte. L'attente devient alors l'une des formes les plus discrètes que prend cette recherche. Des recherches aussi plus récentes ont nommé un phénomène très spécifique qui s'appelle les comportements de protestation. Ce sont des stratégies inconscientes que la personne avec un attachement anxieux met en place pour récupérer la connexion quand elle se sent menacée. Le silence prolongé en fait partie. Bouder, se retirer, donner une dernière chance qu'on n'annonce pas, provoquer une tension pour vérifier que l'autre va revenir. attendre en espérant que l'autre comprenne et bouge de lui-même. Le piège, c'est que ces comportements sont précisément ceux qui éloignent l'autre. Plus la personne attend en silence, plus l'autre se sent perdu, sans repère, parfois coupable, sans savoir de quoi. Plus l'autre se ferme, plus l'attente devient lourde et la spirale négative se renforce. Et c'est aussi pour cette raison que l'attente est souvent la suite logique des micro-renoncements dont je parlais dans un épisode précédent. Quand on s'est progressivement habitué à ne pas demander, à ne pas dire ce qui compte, à ne pas se positionner, on développe par défaut une stratégie d'attente. Parce qu'on ne sait plus très bien comment exister autrement que dans le lien. Je pense à cette femme que j'accompagne, qui dirige aujourd'hui une équipe d'une vingtaine de personnes. Dans son entreprise, elle est claire, structurée, capable d'exiger ce qui est nécessaire. Mais dans son couple, depuis quatre ans, elle attend. Elle attend que son mari prenne conscience qu'elle est épuisée. Elle attend qu'il propose une organisation différente. Elle attend qu'il voit. Et quand je lui ai demandé pourquoi elle n'avait pas formulé clairement ce qu'elle voulait, elle m'a répondu, parce que si je lui dis, ce ne sera pas pareil. Ce ne sera pas lui qui aura compris, ce sera moi qui aura demandé. Et cette phrase contient toute l'équation enfantine. Avant d'aller plus loin, je voudrais vous dire un mot. Si en m'écoutant aujourd'hui, vous reconnaissez cette posture d'attente, ces gestes. que vous espérez de l'autre. C'est non-dit qui s'accumule, cette fatigue de toujours espérer que ça vienne. Sachez que j'ai préparé pour vous une série de vidéos gratuites qui s'appelle « Se libérer de l'attente » . Vous vous inscrivez une fois, vous recevez la première vidéo et les suivantes arrivent dans votre boîte mail. Le lien est dans la description de cet épisode et je vous en parle encore un peu plus à la fin de celui-ci. Continuons maintenant. Ce qui rend ce sujet si délicat, c'est qu'il est très facile aussi de se tromper sur la solution. Une fois qu'on a identifié cette posture d'attente, deux pièges classiques se présentent. Le premier, c'est de basculer dans l'extrême inverse. Si je ne dois plus attendre, alors je dois tout faire moi-même. La personne se met alors à porter encore plus, à devancer encore plus, à ne plus rien attendre du tout, ce qui n'est plus de l'autonomie mais de l'auto-effacement. Le second piège. c'est de transformer la prise de conscience en reproche. Puisque j'ai compris que je suis dans l'attente, je vais lui en vouloir d'avoir laissé cette attente s'installer. La personne déplace alors sa souffrance sur l'autre, sans rien régler. Ni l'un ni l'autre n'ouvrent une issue. L'issue, elle vient d'un endroit beaucoup plus délicat à aller chercher. Elle vient de ce que David Schnarch appelle dans son livre passionné de mariage la capacité à se tenir soi-même dans la relation. La capacité à rester soi, à rester debout, à rester en lien avec ses propres ressentis, ses propres besoins. Même quand l'autre ne fait pas ce qu'on espère, même quand l'autre est dans une phase difficile, même quand le couple traverse une tension. Il reprend là un concept fondamental qu'on appelle la différenciation du soi. Et cette idée mérite que je prenne quelques instants. La différenciation, ce n'est pas se couper de l'autre ou devenir autosuffisant. C'est tout l'inverse. C'est la capacité à rester profondément en lien tout en restant profondément soi. C'est savoir qu'on peut être touché par l'autre tout en restant entier. C'est pouvoir tenir une position intérieure même quand l'autre n'est pas d'accord, en gardant à la fois sa douceur et son ouverture. C'est vraiment se tenir à soi-même dans la relation. Et c'est ça qui compte le plus. Et c'est cette capacité qui répond à la question du coup de notre épisode « Faut-il que l'autre bouge ? » . La question posée ainsi suppose que l'on ne peut pas bouger soi-même tant que l'autre n'a pas fait de mouvement. La différenciation, elle, ouvre une autre voie. Je peux faire mon mouvement intérieur indépendamment du sien. Et c'est précisément ce mouvement qui va parfois modifier la dynamique entre nous. Ce mouvement intérieur, comment il se traduit concrètement ? Trois formes. La première, c'est la fidélité à soi. Reconnaître ce qu'on ressent vraiment sans le travestir, le déguiser. Oser nommer en silence pour soi d'abord ce qui se passe à l'intérieur. La fatigue, la déception, le besoin, l'élan. Cesser de se convaincre qu'on va bien quand on ne va pas bien. La fidélité à soi commence par la lucidité sur ce qu'on traverse. La deuxième forme, c'est la sécurité intérieure. Apprendre à se procurer à soi-même une partie de l'apaisement qu'on attendait exclusivement de l'autre. Continuer à avoir besoin de l'autre, bien sûr c'est naturel et c'est même nécessaire dans une relation. Mais reconnaître en même temps qu'on a aussi des ressources intérieures pour se rassurer. C'est un travail qui peut être long, qui peut être lent, parfois très inconfortable, qui consiste aussi à accepter que l'autre n'a pas la mission de combler tous nos vides. La troisième forme, c'est l'expression claire. Oser demander ce qui compte vraiment, le dire en clair et net, et faire confiance à cette idée que demander honore la relation. C'est exactement l'inverse de la croyance habituelle. Demander donne à l'autre la chance d'y répondre vraiment, plutôt que de l'avoir à l'inventer. Et un geste demandé, puis offert, garde toute sa valeur. Il dit même quelque chose pour moi de plus précieux qui est « Tu as eu confiance pour me demander, j'ai eu envie de répondre » . Trois mouvements simples, à formuler, beaucoup plus exigeants à vivre. Mais ce sont eux et eux seuls qui rendent la dynamique nouvelle possible. À ce stade, il est aussi important de regarder un aspect que l'on évoque très rarement. L'attente ne fait pas seulement quelque chose à la personne qui attend. Elle fait aussi quelque chose à celui ou à celle qui y est attendue. Quand vous attendez de votre conjoint qu'il devine, qu'il propose, qu'il change sans lui dire, vous le placez dans une position très particulière. Vous lui demandez en silence de remplir une mission dont il ne connaît pas les contours. Vous lui demandez de réussir un examen dont il n'a pas reçu le sujet et vous mesurez son échec en silence dans votre fort intérieur. Et chaque jour qui passe, sans que cette chose espérée arrive. De son côté, votre partenaire peut sentir une tension diffuse, sans en comprendre la source. Quelque chose ne va pas, il le sent, mais il ne sait pas pourquoi. Il peut alors faire deux choses. Soit il se ferme parce que vivre dans une atmosphère où l'on sent qu'on déçoit sans savoir pourquoi, ça devient épuisant. Soit il commence à proposer des choses au hasard, en espérant en plus tomber juste, ce qui est rarement, voire jamais le cas, et nourrit en plus le sentiment d'inadéquation des deux côtés. Je pense à cet homme que j'ai accompagné, qui est médecin, qui a 46 ans. Il est en couple depuis 15 ans et il m'a dit un jour « Mais j'ai l'impression en fait de toujours me tromper sur ce qu'elle attend de moi. Quoi que je fasse, ce n'est jamais ce qu'il fallait. » Il dit « Je n'ose même plus essayer quoi que ce soit. » Et quand j'ai rencontré sa femme aussi, dans l'accompagnement, elle m'a dit, presque dans les mêmes termes, « Je passe ma vie à attendre qu'il me propose quelque chose qui me touche vraiment, mais j'ai l'impression qu'en fait il n'y arrivera jamais, qu'il ne sera jamais capable. » Aucun des deux n'osait formuler clairement les choses. Lui attendait des signes pour savoir quoi proposer, elle attendait des propositions pour pouvoir s'y reconnaître, les combler. Et chacun de son côté concluait silencieusement qu'ils étaient totalement incompris. Et ce que j'ai souvent observé en séance, c'est que la personne attendue se sent progressivement en plus coupable d'exister, coupable d'être qui elle est, coupable de ne pas comprendre, coupable de ne pas faire ce qu'il faudrait. et cette culpabilité qu'elle n'arrive pas à nommer, devient à son tour une matière, quelque chose qui apporte du poids dans la relation de couple. Sortir de l'attente, c'est aussi pour ces raisons que c'est un cadeau qu'on fait à l'autre. C'est lui rendre la possibilité d'agir en connaissance de cause. C'est lui redonner une chance de répondre vraiment à un besoin qui a été nommé, plutôt que de l'avoir à le deviner, à l'inventer. C'est finalement lui faire suffisamment confiance pour lui dire la vérité de ce qu'on traverse. Pour rendre tout ça actionnable, je voulais vous proposer trois premiers pas que vous pouvez expérimenter dès cette semaine, indépendamment de ce que fait votre conjoint. Premier pas, identifier une attente au cours de votre relation, une seule. Quelque chose que vous attendez de l'autre depuis un moment et qu'il n'a pas fait. Écrivez-la pour vous simplement. Le simple fait déjà de la nommer vous remettra une partie du pouvoir entre les mains. Tant qu'une attente reste implicite, elle nous habite. Dès qu'elle est nommée, elle redevient un choix. Deuxième pas, vous demandez à propos de cette attente précise, qu'est-ce que j'attends vraiment et est-ce que cela parle de moi ? Souvent, derrière une attente concrète, il y a un besoin plus profond. Vous attendez peut-être qu'il propose une sortie et derrière vous avez besoin de sentir que vous comptez encore. Vous attendez peut-être qu'elle parle de votre métier et derrière vous avez besoin de sentir que ce que vous faites a de la valeur à ses yeux. Le besoin profond mérite d'être identifié parce qu'il oriente la suite. Troisième pas, choisir deux options qui vous remettent en mouvement. Soit vous décidez de formuler la demande clairement en acceptant que demander n'enlève rien au geste. J'aurais besoin que tu me proposes une sortie cette semaine parce que j'ai besoin de sentir qu'on se choisit encore. Soit vous décidez de répondre vous-même en partie à ce besoin sans attendre. Vous organisez la sortie et vous vous offrez la reconnaissance que vous n'arriviez pas à demander. Vous prenez soin de ce besoin de manière autonome. Dans les deux cas, vous êtes sorti. Vous êtes sorti de l'attente passive. Vous avez fait un mouvement. Ces trois pas peuvent paraître très simples, ils ne le sont pas, parce qu'ils touchent à une habitude profonde de notre mode de fonctionnement, voire même, et je suis désolée, mais de notre société et de la culture qu'on nous enseigne. Mais leur force vient aussi justement de cette simplicité. Vous pouvez les faire sans que l'autre change, vous pouvez les faire sans grande discussion préalable. Vous avez juste besoin d'oser un premier mouvement depuis vous, pour vous. Et tout ce que nous venons de regarder aujourd'hui, je le travaille avec les personnes que j'accompagne depuis des années. Et j'ai même vu un phénomène se répéter. Il ne suffit pas de comprendre intellectuellement la posture d'attente pour en sortir. Il faut un cheminement, des repères, des exercices concrets. Il faut surtout pouvoir reconnaître les signes spécifiques qui montrent qu'on est entré dans ce mode-là sans s'en apercevoir. C'est précisément pour ça que j'ai préparé une série de vidéos gratuites qui s'appelle « Se libérer de l'attente » . Dans la première vidéo, je vous montre et je vous présente les 7 signes invisibles que vous attendez plus que vous ne vivez votre relation, 7 marqueurs concrets que la plupart des personnes portent pendant des années sans les nommer. Vous allez voir, c'est vraiment très éclairant. Deuxième vidéo, j'explore d'où vient ce schéma, ce que votre histoire et votre manière de vous lier, d'être en relation, ont à voir avec ce que vous vivez aujourd'hui. Pourquoi vous, pourquoi maintenant ? Troisième vidéo, j'aborde la sortie, comment on en sort vraiment, en revenant à soi, en retrouvant sa fidélité intérieure. Trois leviers concrets pour reprendre sa place. La quatrième vidéo, je vous propose d'aller encore un pas plus loin. Pour vous inscrire, c'est dans le lien dans la description sous cette vidéo. Vous pouvez laisser juste votre prénom, votre email et vous allez recevoir la vidéo. Cette série est gratuite. Elle s'adresse autant aux femmes qu'aux hommes en couple ou même pour ceux qui veulent comprendre leurs futures relations de couple. Donc, dès que vous vous êtes reconnus là-dedans, vous pouvez vous inscrire. Pour conclure cet épisode, j'aimerais vous laisser avec une idée qui résume tout ce que nous venons de regarder. Faut-il que l'autre bouge ? La réponse honnête, celle que je vois se confirmer lors de mes accompagnements depuis 15 ans, c'est que non. L'autre n'a pas besoin de bouger en premier pour que la dynamique change. Au contraire, la plupart du temps, c'est quand l'un des deux fait un mouvement intérieur, sa fidélité à soi, sa sécurité intérieure, son expression, que la dynamique relationnelle se transforme. Et parfois de façon plus discrète, parfois de façon très spectaculaire. Et il y a là quelque chose de profondément libérateur. Vous pouvez commencer dès maintenant par un seul mouvement, depuis vous-même, sans attendre que votre partenaire prenne conscience. Sans attendre que votre conjoint comprenne. Sans mettre votre vie et votre vie de couple en pause, jusqu'à ce qu'il fasse le pas. Et je vous laisse avec cette question, qui vaut autant, à nouveau, pour les hommes que pour les femmes. Et si la personne que vous attendez depuis tout ce temps n'était pas votre conjoint, mais vous-même ? Dans une version plus récente, plus claire, plus fidèle à ce que vous ressentez, vraiment. Je vous retrouve dans le prochain épisode du podcast Les Chemins du couple. Vous avez apprécié le contenu de cet épisode ? Alors pensez à laisser un avis, un commentaire. Rappelez-vous également de vous abonner afin d'être averti du nouveau contenu qui va apparaître. Et enfin, si vous désirez plus de ressources, dans la description, vous avez de multiples informations pour me retrouver. Je vous retrouve très bientôt.