Speaker #0Reconnaître ton style d'attachement et celui de ton ou ta partenaire. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission est de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible. pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous méritez. Je vous souhaite de passer un très bon moment, démarrons ensemble ce nouvel épisode. Alors, aujourd'hui, je vais te poser tout simplement une question très concrète. Quand la personne qui partage ta vie se rapproche de toi, qu'elle te réclame de l'attention, de la tendresse, du temps, qu'elle veut qu'on parle de nous, est-ce que cela te réchauffe, t'encourage, te porte ou est-ce que ça déclenche en toi, sans que tu saches bien pourquoi, une petite envie de reculer, de respirer, de prendre l'air ? Et la question inverse, tout aussi importante, quand ton ou ta partenaire se ferme, qu'elle s'éloigne, qu'elle devient distante ou silencieuse, est-ce que tu restes tranquille ou est-ce qu'une alarme se met aussitôt à sonner en toi et que tu ne penses plus qu'à une chose, recoller, comprendre, réparer ? Ta façon de répondre à ces deux questions raconte déjà presque tout ce qu'on appelle ton style d'attachement. C'est-à-dire ta manière à toi, très personnelle, de te comporter dans l'intimité, de chercher la proximité ou de t'en protéger, de réagir quand le lien se tend, quand la relation s'active. Cette manière d'aimer s'est installée bien avant ta vie de couple d'aujourd'hui et elle pilote très souvent, en silence, une grande partie de ce qui se joue entre vous, surtout dans les moments de tension. Avant d'aller plus loin, il y a une précision. Ces styles d'attachement ne dessinent pas une frontière entre les hommes ou les femmes. Il y a des femmes qui fuient la grande proximité et des hommes qui la réclament exactement autant qu'à l'inverse. Et tu vas peut-être te reconnaître d'ailleurs dans le portrait que je vais te montrer. Pour l'autre, ce sera une autre façon. Je décris des tendances que j'observe à partir Merci. de recherche aussi, bien entendu, et rien n'est gravé dans le marbre. Mon but n'est pas de te ranger dans une case et ce n'est pas l'objectif, mais c'est plutôt de te donner des clés pour que tu comprennes enfin ce qui se joue, rejoue entre vous, encore et encore. Aujourd'hui, je vais te donner de quoi te situer légèrement. C'est un épisode de podcast, toi et ton partenaire, parmi les quatre grandes manières d'aimer. Et surtout, je vais te faire voir la dynamique qui s'installe entre deux de ces manières. Cette chorégraphie épuisante que tant de couples rejouent sans jamais la nommer. Ce que tu pourras en faire ensuite, je te l'explique à la fin de l'épisode. Alors, il y a un cliché qui va nous aveugler. Donc il faut d'abord déboulonner une croyance parce qu'elle bloque tout. Quand un couple se met à souffrir, d'écart, de proximité, une explication s'impose presque toujours, dans un sens ou dans l'autre. L'un se dit au fond on est trop différent, on n'est peut-être pas fait l'un pour l'autre. L'autre se dit je suis trop demandeuse, trop intense et lui ou elle il est froid, il ne ressent rien. Et ces deux explications, l'incompatibilité d'un côté, le défaut de caractère, de l'autre sont presque toujours fausses. Pire, elles enferment parce qu'elles te laissent croire que le problème c'est qui vous êtes alors que le problème c'est seulement la façon dont vos deux manières d'aimer se percutent. Prends une simple scène vraiment toute banale. Tu envoies dans la journée un message tendre à la personne que tu aimes. Tu vois que ce message est lu. Et les heures passent sans réponse. Pour toi, c'est tout l'après-midi qui se charge d'une petite boule au ventre. Tu te refais le film, tu cherches ce que tu as pu dire de travers. Tu vas guetter la moindre vibration de ton téléphone. Lui, au même instant, a lu ton message, il l'a trouvé gentil et il s'est dit qu'il te répondrait tranquillement plus tard. Il n'y a plus à repenser une seconde, absorbé par sa journée. Le soir, il rentre détendu et il tombe sur une ambiance glaciale qu'il ne comprend pas du tout. Pour lui, tout allait bien. Pour toi, il s'est passé quelque chose d'énorme. Et si le soir, ça tourne à la remarque sèche ou au silence un peu boudeur, retiens bien une chose, parce qu'elle change tout le regard. Cette remarque, ce silence, ce n'est que le point final. Le vrai sujet, lui, s'est joué toute l'après-midi à l'intérieur de toi, bien avant que le moindre mot ne soit prononcé. Aucun des deux n'a tort, aucun des deux n'a voulu blesser l'autre. Vous avez simplement... À ce moment-là, deux radars réglés sur des fréquences différentes. Et tant que vous l'ignorez, chacun interprète l'autre à travers sa propre peur et se trompe complètement sur ses intentions. Du coup, d'où vient ta manière d'aimer ? Alors, d'où vient cette manière d'aimer et pourquoi est-elle si difficile à voir ? Parce qu'elle s'est mise en place tellement tôt qu'elle te semble être toi, tout simplement toi. Deux psychologues, Amir Levine et Rachel Heller, ont rendu accessibles à tous les travaux sur l'attachement, issus de Bowlby et vraiment d'autres personnes. Et ils ont mis en lumière et décrivent vraiment quelque chose de très éclairant aussi. À la base, on est bien d'accord, c'est les travaux de Bowlby et quoi que ce soit, mais ces deux, ils ont apporté des explications plus concrètes, plus compréhensibles pour tout le monde. Quand tu étais enfant, tu as appris, sans le décider, une stratégie pour rester lieu à ceux qui prenaient soin de toi. Si l'amour et la présence étaient là de façon fiable, tu as appris que tu pouvais compter sur le lien. T'en approcher sans crainte, t'en éloigner sans angoisse. C'est ce qu'on appelle un attachement sécure et il concerne, a priori, environ une personne sur deux. Mais si cette présence était imprévisible, parfois chaleureuse, parfois absente, tu as appris une autre stratégie, rester en alerte, surveiller le lien, te rapprocher très fort pour ne pas le perdre. Ça, c'est l'attachement qu'on dit anxieux. Et si au contraire tes besoins d'enfants se heurtaient souvent à de la distance, ou s'ils étaient reçus comme trop, tu as appris que compter sur quelqu'un était risqué, qu'il valait mieux te suffire à toi-même, ça, c'est l'attachement qu'on dit évitant. Puis il existe une quatrième manière, un peu plus rare mais qui existent qui naît quand la personne censée te rassurer enfant, était aussi par moment une source de peur et d'imprévisible, tantôt présente, tantôt tendre, tantôt absente ou inquiétante. Là, l'enfant apprend quelque chose d'impossible à tenir, que celui vers qui il faut courir pour être consolé est aussi celui qu'il faut fuir, c'est ce qu'on appelle l'attachement désorganisé. J'y reviens dans un instant. Aucune de ces styles d'attachement, de ces stratégies n'est un défaut. Chacune a été, à son heure, la meilleure solution qu'un enfant avait trouvé pour rester aimé, en composant avec ce qui lui était donné. Seulement voilà, on devient adulte, on choisit un partenaire, et cette vieille stratégie, elle continue de tourner en arrière-plan. J'ai consacré un épisode entier au sentiment d'abandon, par exemple, qui est dans l'épisode 50, et je t'y renvoie, si ce mot résonne en toi, parce qu'il éclaire de l'intérieur tout le versant anxieux. Cette peur ancienne... que si tu lâches la surveillance du lien, l'autre va finir par s'en aller. Je repense toujours à un homme que j'ai accompagné, qui dirigeait pareil une entreprise importante, habitué à ce qu'on n'attende de lui des décisions claires, jamais des états d'âme. Sa compagne, lui, reproche d'être un mur, de ne jamais se livrer. Et ce qu'il m'a expliqué un jour, en parlant vraiment doucement, c'est que plus elle se rapproche, plus j'ai l'impression de manquer d'air. Et je m'en veux terriblement parce que je l'aime. Et je vois bien que ma façon de reculer va la blesser. Cet homme n'était pas froid, il était évitant. Quand il se ferme, ce n'était pas contre elle, c'est pour lui, pour faire taire une alarme à l'intérieur de lui apprise il y a très longtemps. Qu'il lui souffle inconsciemment, que de se laisser approcher trop près, c'est dangereux. Être vulnérable, c'est dangereux. Et tant qu'il n'avait pas mis le mot sur ce qu'il vivait, il se croyait simplement quelqu'un incapable d'aimer comme il le faut. Si. En m'écoutant, tu t'es reconnu dans ce versant un peu anxieux, cette manière de tout suspendre aux signes que l'autre t'envoie, j'ai préparé pour toi une série de vidéos entièrement gratuites qui s'appelle « Se libérer de l'attente » . Je t'y aide à repérer, quand tu attends de l'autre, plus de sécurité qu'il ne pourra jamais t'en donner, à comprendre d'où vient ce réflexe dans ton histoire, puis à revenir à toi. C'est gratuit, c'est pensé autant pour les hommes que pour les femmes et tu trouves le lien dans la description de cet épisode. Maintenant, continuons. Les quatre manières d'aimer à partir de l'intérieur de soi. Reprenons ces quatre manières d'aimer, mais cette fois de l'intérieur pour que tu arrives vraiment à te situer. La personne qui va avoir un style d'attachement sécure se sent à l'aise dans la proximité comme dans la distance. Elle peut dire « tu m'as manqué » sans avoir l'impression de se mettre en danger. Et elle peut passer une soirée sans son partenaire, sans se sentir abandonnée. Quand un froid s'installe, Elle se dit, il y a quelque chose à régler, on en parlera. Et son monde ne tremble pas pour autant. De l'extérieur, on va la trouver stable, facile à aimer et se reposant d'être à ses côtés. La personne au fonctionnement anxieux, elle, elle a le radar braqué en permanence sur la relation, le lien. Le moindre signe de distance, un ton un peu sec, un silence, une absence, déclenche aussitôt une vague d'inquiétude. Dans sa tête, ça tourne. Qu'est-ce que j'ai fait ? Est-ce qu'il m'aime encore ? Pourquoi il est comme ça ? Et sous cette agitation, il y a une peur très précise, celle de ne plus compter, d'être laissé, de ne pas être assez pour qu'on reste. De l'extérieur, on l'aperçoit, on perçoit cette personne comme demandeuse, voire envahissante. De l'intérieur, c'est simplement quelqu'un qui a peur et qui se rapproche pour calmer cette peur. Un, deux, trois. Troisième fonctionnement. C'est la personne au fonctionnement évitant. Elle, elle marche un peu à l'envers. Pour elle, c'est la trop grande proximité qui va signer l'alarme à l'intérieur d'elle. Quand l'intimité monte, quand l'autre demande beaucoup, quelque chose en elle se met en retrait. Elle se désengage, elle a besoin de reprendre de l'air. Et dans sa tête, ça dit, on m'en demande trop, j'étouffe, j'ai besoin de mon espace. Et sous ce besoin d'air, il y a aussi une peur. différente, celle de se perdre dans l'autre, d'être contrôlée ou de décevoir en se montrant vraiment. De l'extérieur, on la trouve froide, fuyante. De l'intérieur, c'est là encore quelqu'un qui a peur mais qui s'éloigne pour s'apaiser au lieu de se rapprocher. Et puis, il y a cette quatrième manière d'aimer un peu plus rare qui concerne environ une personne sur 20 et qui est un peu plus déroutantes. Parce qu'elles mêlent les deux et aussi un peu de sécurité. On appelle ça l'attachement désorganisé. Là, tu cherches la proximité de toutes tes forces et au moment précis où ça arrive, où l'autre se rapproche vraiment, quelque chose en toi prend peur, te pousse à le repousser. Tu veux qu'on t'aime et en même temps, tu n'arrives pas à faire confiance à celui qui t'aime. Tu t'approches puis tu fuis, tu réclames de la tendresse puis tu la rejettes. Souvent, sans rien y comprendre toi-même, parce que tout ça se joue... bien en dessous de ta volonté. Dans ta tête, ça pourrait se dire « Viens, surtout, ne pars pas, mais ne t'approche pas trop, parce que je ne sais pas si je peux te croire. » Et sous ce sentiment de chaud-froid, il y a une peur très particulière, c'est d'être à la fois abandonné et blessé par la personne même dont tu attends d'elle beaucoup d'amour. De l'extérieur, on te trouve imprévisible, intense, difficile à suivre. De l'intérieur, c'est quelqu'un qui a appris très tôt que ceux qui devaient le protéger pouvaient aussi faire peur et qui n'a jamais vraiment su depuis sur quel pied danser dans la relation. Ce sont souvent des personnes sensibles, attachantes, créatives, qui aiment fort, mais que la peur vient sans cesse parasiter. Tu peux faire un test, là maintenant, repense aux gens autour de toi, dans ta famille, ton partenaire, toi-même et celui qui t'envoie trois messages d'affilée. Et si tu tardes un peu à répondre, regarde un peu qu'est-ce qui se passe. Et celui qui ne donne plus de nouvelles pendant des semaines, tu vas le voir aussi. Ces manières d'aimer sont partout sous tes yeux. Et une fois que tu as la grille pour les lire, ça te permet de changer de regard sur l'autre. Tout de suite, une nuance essentielle. Je fais un court résumé de ces styles d'attachement. J'ai bien entendu d'autres ressources dans mes accompagnements, mes programmes, où on creuse beaucoup plus tout ça pour aller décortiquer. Là, je veux t'expliquer un petit peu ce qu'il se passe. Mais surtout, l'objectif n'est pas que tu t'enfermes. La plupart des gens ne sont pas à 100% dans une case. On a une tendance dominante, plus ou moins marquée, et surtout ton style peut bouger selon aussi la personne en face, mais aussi ton année, enfin, ton expérience, ton âge, ce que tu vis. Tu peux être plutôt sécure quand même avec l'un et réveiller une part anxieuse. Une part évitante avec quelqu'un d'autre. Ce que tu cherches ici, ce n'est pas une étiquette définitive. C'est ta pente naturelle. Celle vers laquelle tu glisses quand la relation, quand le lien se tend. Du côté de la femme, souvent, on va se reconnaître, quand la personne n'est pas sécure, dans le côté anxieux. Une hypervigilance au lien. Et tu vas vivre le retrait de l'autre comme un rejet. Mais pas toujours. Et c'est important de le dire, beaucoup de femmes sont, elles aussi, du côté évitant. Elles suffoquent quand on les colle et elles s'en veulent en plus. Du côté de l'homme, souvent, c'est le versant. Évitant, on a l'impression de voir en premier ce besoin d'espace, cette gêne devant le trop-plein émotionnel. Mais là encore, énormément d'hommes sont profondément anxieux, terrifiés à l'idée d'être quittés, même s'ils n'ont jamais appris à le dire. L'idée derrière tout ça, c'est de te réconcilier avec ta manière d'aimer. Parce qu'il est possible que vraiment en m'écoutant, décrire peut-être le style anxieux ou le style évitant, tu te sois aussi un petit peu jugé. Que tu te sois dit, voilà, c'est moi, je suis trop, ou alors je suis incapable de me livrer, c'est ma faute si ça coince. C'est précisément là ce jugement que je voudrais désamorcer avec toi. Ta manière d'aimer n'est pas un défaut de fabrication, ni un signe d'immaturité. C'est une stratégie que, tout petit, enfant, tu as inventée avec une intelligence remarquable pour rester relié à ceux dont tu dépendais entièrement. Cet enfant que tu étais a fait du mieux avec ceux qui l'avaient et il a trouvé la solution qui lui permettait de continuer à recevoir de l'amour dans des conditions qui étaient les siennes. Ce n'était pas un caprice, c'était une forme de génie de survie affective. Alors plutôt que de continuer à te le reprocher, tu peux faire une chose nouvelle. Regarder cette part de toi avec un peu de gratitude, lui dire en somme merci de m'avoir protégé. à l'époque, et constater qu'aujourd'hui adulte, tu n'as peut-être plus tout à fait les mêmes besoins ni les mêmes dangers. Longtemps, cette stratégie a conduit ta vie à ta place, en pilote automatique, installée quand tu étais petit. La regarder en face, c'est déjà poser la main sur le volant. Ce simple regard plus doux change déjà beaucoup de choses. Parce que le jour où tu cesses de te faire la guerre à toi-même, tu cesses aussi, presque mécaniquement, de reprocher à l'autre d'être... comme il est. Souvent, du côté de la femme, te réconcilier avec ton fonctionnement, c'est souvent arrêter de te trouver trop sensible, trop demandeuse, et comprendre que ta soif de lien n'a rien de honteux. Du côté de l'homme, c'est souvent arrêter de croire que tu es froid, inapte à l'amour, et reconnaître, derrière ton besoin de distance, un enfant qui a appris que se montrer être vulnérable, c'était risqué. Et finalement, quand chacun s'accueille un petit peu mieux lui-même, l'espace entre vous, va déjà se détendre. Et puis il y a aussi ce qu'on appelle souvent la danse de l'anxieux et de l'évitant. Reste à comprendre vraiment pourquoi ces styles, pris à deux, deviennent un piège si particulier. Parce qu'une ironie qu'on retrouve sans cesse, ce sont très souvent une personne anxieuse avec une personne évitante, qui finissent, qui s'attirent, et qui vivent une relation de couple ensemble. Le thérapeute de couple américain Stan Totkin en donne une image que je trouve assez parlante. Il décrit les personnes très autonomes, qui se rassurent seules, comme des îles, et les personnes qui ont besoin du lien pour s'apaiser, comme des vagues. Et il observe que les îles et les vagues, justement, se choisissent souvent. Parce qu'au début, chacun trouve chez l'autre ce qui lui manque. Sauf qu'ensuite, leurs deux peurs se mettent à se répondre. Et c'est là que la danse commence. Imagine la scène. Un dimanche un peu tendu. Ou la veille d'un repas de famille. Toi, tu penches du côté anxieux, tu te rapproches, tu cherches à te rassurer, on est bien tous les deux là, tu restes près de moi tout à l'heure. Et lui, il penche du côté évitant. Il sent monter un besoin urgent de respirer, alors il attrape son téléphone où il se trouve un truc à faire dans une autre pièce, juste pour lâcher un peu la pression. Sauf que ce petit geste de recul, toi, tu vas le recevoir comme une gifle, comme la preuve qu'il te lâche. Alors tu te rapproches un peu plus, tu cours derrière lui, tu demandes des comptes, des explications. Ce qui pousse l'autre à fuir un peu plus loin. Et la mécanique est lancée. Plus tu poursuis, plus il se retire. Et plus il se retire, plus tu poursuis. Chacun, en cherchant à calmer sa propre peur, déclenche très exactement la peur de l'autre. Ce sont deux systèmes d'alerte qui se mettent à hurler en même temps, mais dans deux langues opposées. L'un réclame « rapproche-toi » , l'autre supplie « laisse-moi de l'air » . Le piège, c'est que dans cette danse, chacun se vit comme la victime de l'autre. Elle se dit « il me fuit » , il ne m'aime pas assez. Lui se dit « elle m'étouffe » , elle ne me laisse jamais respirer. Et tant que les deux restent là-dedans, ils cherchent un coupable alors qu'il n'y en a pas. Quand ils se retirent, ce n'est pas contre toi, c'est pour lui, pour calmer son alarme. Et quand tu insistes, c'est simplement ta propre peur qui cherche à s'apaiser. Personne n'est le bourreau de l'autre. Il y a juste deux peurs anciennes qui s'enclenchent l'une, l'autre, en boucle et qui transforment peu à peu deux alliés en deux étrangers qui se font face. Et la bonne nouvelle est là. même si elles ne sautent pas aux yeux tout de suite, parce que le jour où vous voyez la danse, vraiment, vous cessez de vous regarder comme deux adversaires. Et vous recommencez à regarder côte à côte, un mécanisme qui vous dépasse tous les deux. Du côté de l'énergie féminine dans cette danse, ce que tu vis, c'est souvent l'impression d'aimer dans le vide, de tendre la main à quelqu'un qui va s'enfuir, se dérober. De l'homme, souvent, c'est l'impression de ne jamais en faire assez. d'être sommé, de ressentir sur commande, être vulnérable et de se rédire d'autant plus. Et le jour où vous comprenez que vous êtes en réalité deux personnes qui ont peur, pas un bourreau, pas une victime, quelque chose dans le couple peut enfin se poser. Reconnaître ta pente, celle de ton partenaire, la danse que vous dansez à deux, c'est déjà un basculement énorme. Et là, tu es peut-être en train de te dire, ok Céline, j'ai compris, mais concrètement on fait quoi ? Est-ce qu'on est condamné à rejouer cette danse ? à chaque fois que la relation se tend, la réponse, bien entendu, c'est non. Apaiser cette part de toi qui s'affole ou qui se retire, ça s'apprend. Et c'est exactement le chemin que je te propose de prendre ensuite. Si jamais ça t'a parlé, si jamais tu veux découvrir un peu plus le côté anxieux, inscris-toi à la série de vidéos entièrement gratuite qui s'appelle Se libérer de l'attente, dont le lien est dans la description de cet épisode. Elle est faite pour... toi vraiment si tu sens que tu remets toute ta sécurité dans les mains de l'autre. Et si tu sens que le moindre signe de distance suffit à te faire vaciller. Si tu devais retenir que deux choses dans cet épisode, j'aimerais que ce soit celle-ci. La première, c'est que ta manière d'aimer, anxieux, évitant, désorganisé ou sécure, n'est pas une étiquette qui te condamne, c'est une stratégie que tu as appris petit, petite, et que tout ce qui s'apprend peut, avec de la conscience, se réapprendre. Et la seconde, c'est que ce qui use votre couple n'est pas qui vous êtes chacun, mais la danse qui s'installe entre vos deux modes de fonctionnement. Et une danse, ça se voit et ça se change. Et la clé au fond tient en un mot la conscience. Tant que cette danse reste invisible, c'est elle qui mène comme un pilote automatique. Le jour où tu la vois, tu récupères ton libre arbitre et tu peux commencer, peu à peu, à passer de la réaction à la relation. Donc je te laisse repartir avec cette question. Vers quel style penches-tu toi quand la relation se tend ? Et vers lequel se penche la personne avec qui tu partages ta vie ? Et cette danse, du coup, vous la dansez tous les deux ? Celui qui poursuit ? Celui qui se retire ? Est-ce que tu te reconnais là-dedans ou pas ? Je te retrouve très bientôt pour un prochain épisode du podcast Les chemins du couple. Vous avez apprécié le contenu de cet épisode ? Alors pensez à laisser un avis, un commentaire, rappelez-vous. Également de vous abonner afin d'être averti du nouveau contenu qui va apparaître. Et enfin, si vous désirez plus de ressources, dans la description, vous avez de multiples informations pour me retrouver. Je vous retrouve très bientôt.