Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Oh là là, ça fait très longtemps que je n'ai pas fait d'épisode. J'ai beaucoup de mal à tenir la cadence en ce moment. Il y a beaucoup de fatigue, j'ai chopé une crève absolument abominable. Sinusite, gastro, tout ça, enfin voilà, vous savez tout. Après tout, on est très intime, donc pourquoi pas. Et puis, comme j'adore me prendre la tête, il y a ça aussi qui s'est rajouté par-dessus. Pour changer, j'ai envie de parler d'alcool aujourd'hui. J'étais en train de penser au fait que... À force de consommer, on ne sait plus ce qu'on ressent. C'est très difficile d'apprendre à nommer ses émotions quand on ne sait pas ce qu'elles sont, quand on ne sait pas nommer ce qu'on ressent, quand on ne sait pas regarder ce qu'on ressent. Avant d'ailleurs de pouvoir mettre des mots sur ce qu'on ressent, encore faut-il pouvoir le regarder. Et c'est vrai que quand on a cette envie irrépressible de consommer, on se précipite vers son frigo, on ouvre une bouteille, on se le fout dans le gosier. Et ça, c'est le propre de l'addiction. Il y a quelque chose qui émerge, ce besoin. on va tout de suite l'assimiler à une envie de boire, tant on a l'habitude et tant c'est efficace aussi. L'alcool est une solution rudement efficace, c'est-à-dire que quoi que je puisse ressentir, l'alcool viendra m'aider, l'alcool mettra un couvercle, mais qu'importe le couvercle, tant que ça vient m'aider, réussir à canaliser tout ce bordel que je ressens et qui est trop insupportable, que je ne peux ressentir, que je ne peux me permettre de regarder. Et donc là où je veux en venir aussi, c'est que quand on ressent quelque chose, c'est un message. Et c'est vrai que dès lors qu'on ouvre le frigo et qu'on boit une bouteille, et qu'on fait tout de suite, dès lors que l'envie émerge, c'est comme si quelqu'un nous appelait. Plutôt que de lui dire « Coucou, comment tu vas ? Je t'écoute. » Il appelle et puis on lui raccroche à la gueule. C'est un peu ça, cette image que j'ai. Pour autant, on ne peut pas demander à quelqu'un qui consomme et qui est vraiment très imprégné de ses addictions, on ne peut pas lui demander « Arrête un peu et connecte-toi avec ce que tu ressens, avec tes émotions. » Des fois, on se déconnecte de nos émotions, et à juste titre. Des fois, on a tout intérêt de se déconnecter de son corps, tant c'est insupportable, tant les émotions qui sont là sont difficiles à regarder. On trouve tous les moyens pour se protéger. Donc, c'est dangereux finalement d'inviter quelqu'un à se connecter brutalement avec ses émotions, encore plus quand on est addict, parce qu'on ne peut pas. Et puis, le problème en plus de ça, c'est que l'addiction engendre un autre problème, qui est vraiment le phénomène de dépendance. au produit, ce qui fait qu'on ne sait plus qui est quoi, on ne sait plus où est quoi, où sont mes émotions, où est le besoin de boire, où se trouve la substance, où se trouve ma véritable nature qui tient à s'exprimer, tout est mélangé, c'est le bordel. Et donc c'est complexe cette affaire-là. Et donc je m'interroge sur un juste milieu. Qu'est-ce que ce serait finalement de retarder la consommation, ne serait-ce de quelques minutes ? Ou une minute, si ça, au-delà, c'est insupportable. Et de regarder ça, du coup, avec un peu de curiosité. Qu'est-ce qui se passe là ? Pourquoi est-ce que j'ai autant envie de boire ? Des fois, ça se passe dans le corps, une agitation, un truc dans le bide, ou au niveau de la gorge, où je sais que j'avais des espèces de picotements dans les mains, puis il y a aussi le manque physique, la nervosité. Je sais que j'avais l'impression d'avoir des espèces de courants électriques qui me passaient à travers le corps, que j'avais besoin de calmer. Et puis, la joie, la tristesse, la colère. les remords, les regrets, cette voix que je voulais taire absolument. Et donc si on prend une petite minute pour se dire « Ah, qu'est-ce qu'il me dit ? Qu'est-ce qu'il me parle ? Qu'est-ce que cette voix me dit ? Tiens, cette voix m'insulte, comme c'est intéressant ! » Le regarder ça avec un peu de curiosité, et là du coup, bon, ça devient intolérable, on consomme. Voilà, donc plutôt que de se dire « Bon, arrête de boire demain » , juste retarder un tout petit peu la conso et regarder un petit peu ce qui émerge avec un peu de douceur et de... de curiosité. Et des fois, on ne peut pas nommer ce qui se passe et ce n'est peut-être pas ici l'objectif. L'objectif ici serait juste d'être présent, ne serait-ce qu'une petite minute, avant d'ouvrir le frigo, avant d'ouvrir cette bouteille. Après, il y a tout un tas de raisons pour lesquelles on boit, sociales, culturelles, etc. Moi, je me focalise vraiment sur cette partie émotionnelle, parce que c'est là, cette dimension était vraiment très forte pour moi. Et donc, l'alcool vient vraiment court-circuiter L'identification du moins, c'est d'appel à la régulation de nos émotions. Et c'est pour ça du coup que ça c'est quelque chose qui peut se faire très progressivement, pas brutalement. Parce qu'on se fait tellement violence déjà quand on boit, qu'on ne sait pas ce que c'est que de faire les choses pas à pas. Et donc quelle est cette chose en moi qui cherche à se faire entendre ? Quel est ce message ? Qu'est-ce que mes émotions cherchent à me dire ? Et ça c'est tout un programme. qui se fait lentement et délicatement. A bientôt, ciao !