Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Ça fait un moment que je n'ai pas enregistré l'épisode. J'ai eu un petit peu le cafard, j'ai traversé une période un peu agitée. Et en même temps, beaucoup de projets, beaucoup de choses ont bougé, donc je ne suis pas restée dans l'inaction. Et donc j'ai envie de parler de cette nuance, entre le fait d'avoir le cafard et d'aussi être en mouvement quelque part. C'est vrai qu'on est dans une ère des étiquettes. où on est, ok, je suis dépressif, je suis comme ça, on a tendance un petit peu à être collé sur notre personnalité, et quel dommage, parce qu'on peut être quelqu'un avec une maladie mentale, et être quelqu'un d'actif, quelqu'un qui prend des initiatives, quelqu'un de drôle, tout ça peut cohabiter, et je pense que c'est très important de mettre de la nuance dans nos personnalités, dans ce qu'on vit. Il y a tout un tas de saisons et de cycles qui recommencent et qui se terminent. Et forcément, je regarde les réseaux sociaux, je vois beaucoup de personnes qui parlent de maladies mentales, de souffrances, et c'est très bien, c'est bien d'être vulnérable, c'est bien de parler de sa souffrance. Seulement, je pense qu'on doit faire attention à ne pas esthétiser cette souffrance, ne pas la rendre romantique, ne pas la rendre héroïque. Oui, on peut être fier de sortir de la dépression, on peut être fier de sortir de l'addiction, c'est vrai. Seulement, J'ai envie aussi d'apporter un brin d'espoir aux personnes qui sont coincées là-dedans. Et vous dire que non, il ne faut pas un surhomme ou une surfemme pour sortir de la dépression, pour sortir de l'addiction. C'est un processus. Certes, il y a une part de volonté, mais pas que. C'est quelque chose d'intime, de complexe. Et on en sort aussi parce que, de façon un peu inconsciente aussi, tous ces mécanismes ne sont plus dans notre intérêt. Ça me fait penser aussi à la culpabilité, qui peut être liée à la dépression. Je culpabilise parce que je ne sors pas de chez moi, parce que je ne me suis pas lavé les cheveux depuis trois semaines. Je culpabilise parce que je ne me douche plus, ce genre de choses par exemple. Et on en parle souvent, la culpabilité c'est aussi une manière de se détourner de notre impuissance face aux choses. La culpabilité c'est très douloureux, mais regardez aussi le fait qu'on ne puisse pas faire grand chose dans beaucoup de situations, ton avis ? Ça peut être encore plus douloureux. Et donc, notre esprit est très bien foutu. Et en ce sens, la culpabilité nous empoisonne. On a pu en parler dans d'autres épisodes. Mais ce que je veux dire par là, c'est que, encore une fois, c'est un processus, c'est un voyage. La volonté, c'est une petite parcelle dans cette affaire-là. Et vient le jour aussi où il y a d'autres saisons qui s'ouvrent, d'autres cycles. Et sortir de la dépression, sortir de l'addiction, ce n'est pas impossible. Et des fois, oui, on peut maîtriser ce qu'on fait de notre maladie mentale, de la façon dont on va se faire aider, mais on ne maîtrise pas le fait d'être malade, d'avoir une addiction, ça c'est une autre affaire. Et donc là aussi, où je veux en venir, c'est qu'il faut vraiment décoller ça de notre personnalité. Encore une fois, on peut être quelqu'un avec une maladie mentale et être quelqu'un de très dynamique, on peut être quelqu'un de super dépressif et être très drôle. On peut être une personne addicte et être très indépendante à d'autres égards. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut savoir embrasser la complexité. Et encore une fois, la souffrance, certes, il y a une partie qui est inhérente à notre condition, mais ce n'est pas une obligation. Je disais tout à l'heure qu'il y avait ce truc un peu romantisé dans la souffrance, dans les réseaux sociaux. On n'est pas obligé de passer par la souffrance pour vivre quelque chose de glorieux. on n'est pas obligé d'être au fond du trou pour être valorisé. Et c'est sûr que tout ce qui est grandiose et grandiloquent, tout ce qui est incroyable, ça fait parler de soi, ça rend visible, c'est sûr. Mais n'oublions pas que chaque victoire passe aussi par des toutes petites choses qui ne sont pas forcément visibles sur Instagram et sur TikTok. Mais ces toutes petites choses, ces petits élans de vie, c'est justement ça qui fait qu'on peut sortir. de la dépression, sortir de l'addiction. Et ça, des fois, ce n'est pas quelque chose qu'on peut verbaliser, montrer de façon grandiloquente. Et on n'a pas besoin de passer par ça pour vivre quelque chose de vivant, pour vivre quelque chose de beau et pour retrouver du mouvement. A bientôt. Ciao !