Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Ça fait longtemps que je n'ai pas fait d'épisode. Là, j'ai du mal à garder la cadence. Et au début, je me suis dit, allez, bouge-toi le cul. Et puis, au bout d'un moment, je me suis dit, mais non, laisse faire, laisse faire la vie. Est-ce que j'arrête ? Est-ce que je continue ce podcast ? Et puis, je me suis dit, ne te fous pas la pression. Fais avec ce qui vient. Est-ce que c'est parce que je me répète ou parce que c'est les mêmes thématiques qui tombent ? Probablement. D'ailleurs, j'aurais envie de faire des podcasts avec d'autres. parce que l'idée aussi c'est que je puisse me nourrir à l'extérieur, nourrir ma réflexion, proposer d'autres réflexions aussi. Donc ça c'est en cours, c'est vraiment sur le tapis, je vais voir comment ça chemine. Aujourd'hui je me suis dit que j'allais peut-être juste faire un petit topo très simple, sans chichi, peut-être raconter un petit peu des trucs, comment je vais etc. Je sais que cela vous fascine, ma vie trépidante. J'ai eu énormément de fatigue, de charge mentale. La maternité, la parentalité, tout ça me secoue énormément. C'est vrai que j'ai beaucoup de choses qui m'ont pété à la gueule ces dernières années. J'ai pu en parler. La dépression aussi et ça. Que devenir mère m'aura un petit peu rendu zinzin, c'est le moins qu'on puisse dire. Aujourd'hui, je prends en compte cette dimension de moi. Je ne l'associe pas à qui je suis, encore une fois. L'identité diffère de notre dépression, même si celle-ci est chronique, ce qui est le cas chez moi. À partir du moment où je prends un traitement, tout roule. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ces derniers mois, du moins, j'ai vraiment côtoyé mes imperfections. J'ai décidé vraiment de les regarder de façon très frontale. C'est une très belle expérience d'humilité, la parentalité, parce que des conneries, on en fait tellement. Et donc, j'avais un petit peu du mal à naviguer entre ce truc, ces extrêmes. On peut se dire, OK, je fais trop de conneries, je suis une merde, et je n'en fais pas du tout, je ne supporte pas. pas la critique, la remise en question, etc. Je trouve que d'accepter ces erreurs sans pour autant se condamner, je trouve que c'est quelque chose de très difficile. Et il en va de même pour l'addiction. Là-dessus, j'avais cheminé. Mais la parentalité, ça implique nos enfants, ça implique ces petites personnes qu'on aime tant, qu'on a mis au monde. Donc il y a ce truc où je mets un enfant au monde compte tenu du fait que moi, j'en ai vraiment chié dans ma vie. La dernière chose qu'on veut infliger... À son enfance et ce qu'on a vécu, on se dit « waouh, c'est quand même pas rien » . Et je dirais que là-dessus, j'ai vachement cheminé. C'est-à-dire qu'il y a des choses que j'ai pu faire avec ma fille que je n'aime pas, crier, basculer dans des colères noires où je suis quasi dans un état un peu dissocié, où je déteste ça, je pense que ça aura pu lui faire du mal. Il n'est pas trop tard. Et je sais que dans ces moments-là, je me suis vraiment, vraiment détestée. Et c'est tellement tentant de foutre ça dans un coin de sa tête, de se dire non c'est trop douloureux de se détester comme ça. Et là j'ai décidé vraiment de le regarder de façon très frontale et de me dire bah ouais ce que t'as fait et ton comportement est vraiment intolérable. Ça ne veut pas dire que tu n'as pas à accueillir en fait ce que tu vis sans pour autant accepter que cela se reproduise. Et donc là pouf, le fait vraiment d'être dans ce juste milieu. à la fois d'être douce et contenante avec moi-même, sans pour autant encourager ce comportement rageux et colérique. Petit disclaimer, je n'ai pas battu ma fille. Néanmoins, je bascule dans des colères noires, de choses que j'ai pu vivre avant, qui sont quand même une forme de violence. Il y a quelque chose de très tabou autour de la rage maternelle. Depuis qu'on choisit d'être mère, ce truc, tu l'as voulu, alors assume. Mais encore une fois, tout est question de nuances. Et donc c'est vraiment ces nuances que j'essaie d'explorer. Sur un point de vue sociétal, je l'ai fait X fois, mais là je parle un peu plus de moi en fait, en espérant que ça puisse nourrir aussi vos réflexions. Clairement, comme nous tous, je suis très traumatisée en fait. Et je regarde mes blessures et puis je les pense comme je peux. J'essaie de les recouvrir au mieux sans pour autant les nier. Et ça, c'est tout un art. Et donc accueillir aussi, s'accueillir comme on est, c'est accepter qu'on est humain et qu'on merde, qu'on fait des grosses conneries. Avec cet objectif de ne pas recommencer. C'est extrêmement bizarre et c'est difficile comme posture. Donc je comprends aussi. Le fait de se condamner, finalement, c'est de se dire, ok, quelque part, c'est vraiment ne pas regarder sa propre impuissance. C'est de se dire, non, non, je peux être quelqu'un de mieux, je peux être quelqu'un de mieux. Et des fois, c'est vraiment ce paradoxe. Ben non, pas forcément. Pour moi, c'est vraiment une grande leçon d'humilité. Il ne s'agit pas d'être quelqu'un de mieux. Il s'agit plutôt d'aspirer à honorer ses valeurs dans la mesure du possible. Ça, c'est pas facile. Donc voilà, et ça, je trouve que c'est un bon antidote pour la culpabilité. Attention. La culpabilité, il ne faut pas non plus l'annuler. Des fois, elle est là aussi pour nous dire qu'on a été trop loin. Mais dès lors qu'on se condamne du matin au soir, surtout quand on a des tendances très dépressives comme moi, c'est là aussi qu'il faut apprendre à décoller un peu ses pensées de ce qui est vraiment. Encore une fois, là, c'est tout un art. Voilà. Et puis, je suis avec ça en ce moment beaucoup. Aussi de ce que je transmets à ma fille. C'est vrai que moi, je suis maman solo. Je suis célibataire. Et la notion d'amoureux, avoir un amoureux, c'est quoi ? Et je me dis, la vache, pendant des années, j'ai essayé un petit peu de me forcer à me foutre en couple. Et je me rends compte que la vache, je suis heureuse en étant célibataire. Je suis heureuse en étant célibataire. Notamment chez les nanas, quand t'es célibataire, après 35 ans, les gens te regardent bizarrement. La société pourrait te renvoyer cette image comme quoi t'es un peu mal baisée si t'es célibataire. Le grand paradoxe, c'est que je suis célibataire et pourtant je suis capable d'amour plus que jamais. Ça ne m'empêche pas de tomber amoureuse, ça ne m'empêche pas d'aimer des gens très forts. Et au contraire, l'amour circule. Je suis réellement heureuse, en fait, je suis en accord avec ça. Je vais peut-être encore tomber amoureuse, peut-être que je vais me mettre avec quelqu'un. C'est de se dire, peut-être, peut-être pas, et que du coup, tu te laisses porter, en fait. Et c'est aussi ça, être capable d'amour. Se laisser naviguer à partir d'un endroit de liberté. Et alors oui, la sensualité, le sexe, tout ça, bien sûr que ce sont des dimensions qui peuvent être importantes. Mais le plus important, c'est de laisser vraiment circuler cette énergie. Et si on veut s'envoyer en l'air, il y a moyen. Mais moi, ce que j'aime, c'est l'intimité. J'aime l'intimité et l'amour, ça englobe tellement de choses. Ça englobe l'amitié, la sensualité. Ce que je veux transmettre à ma fille, d'être maman, l'amour de soi aussi. Tout ça, voilà, on appartient à un environnement, on est des êtres de lien, c'est sûr. Il y a s'aimer soi, aimer les autres, et ce sont des choses qui circulent un petit peu en miroir. Mais c'est réellement possible, en fait, de s'accepter tel que l'on est. Et à partir du moment où on s'accepte comme on est, on cesse aussi d'idéaliser les autres. Et on se regarde comme, voilà... entre humains qui naviguent dans cet étrange voyage qu'est la vie. Et le plus important pour moi, c'est de me sentir proche des gens que j'aime, qu'importe ce qui se passe, à partir du moment où je me nourris, où je crée du sens, où on crée du sens ensemble. Parce que la vie est tellement étrange que tout ce qu'il nous reste à foutre, c'est vraiment de se démerder pour essayer de trouver du sens à sa vie. Et pour moi, le sens, il est là. C'est de donner de l'amour, c'est de recevoir de l'amour, qu'importe ce que ça englobe. J'ai l'impression que mon discours est très cucu, mais je vous assure que ça vient du cœur, ça vient des tripes. Voilà, donc n'ayons pas honte d'être comme nous sommes, imparfaits, déglingués et incroyablement humains. A bientôt, ciao !