Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de parler d'alcool. L'autre fois, on m'a posé la question suivante. On m'a dit, Olivia, est-ce que tu as peur de retomber dans l'alcool un jour ? Je ne crois pas. C'est sûr que si dans un coin de notre tête, on admire l'alcool un petit peu comme une relation amoureuse toxique, on sait que cette personne est très mauvaise pour nous, mais on est amoureux, alors on y va quand même. On sait que, vous savez ce truc, on est physiquement attiré par quelqu'un, on est attiré. au point de mettre aux côtés un petit peu ses valeurs, juste pour un baiser de plus, juste pour une nuit de plus avec cette personne, alors qu'on sait qu'au fond, cette personne, elle est un peu burk. Eh bien, l'alcool, la drogue, qu'importe, c'est pareil. On se libère de l'alcool le jour où on cesse de le mettre sur un piédestal. Alors, l'addiction devient une maladie, certes, mais attention à ne pas céder à cet étiquetage d'alcoolique sur notre front, parce que cela nous empêche d'aller un petit peu regarder derrière aussi. et l'alcool, boire, ce n'est pas normal pour moi. On est quand même dans une société un petit peu malade. J'en ai marre aussi de me voir, moi, comme quelqu'un de malade, alors que l'environnement dans lequel on vit est quand même extrêmement malsain. Je ne comprends pas qu'on puisse se bourrer la gueule un soir de Nouvel An pour fêter le Nouvel An, pour fêter Noël, et même un verre, deux verres, qu'importe, le lendemain, moi je sens, même quand je bois en petite quantité. Et je ne trouve pas ça normal. Alors oui, il y a des spécimens, des personnes qui arrivent à s'arrêter à deux verres. Je ne comprendrai jamais cela, peut-être que c'est là que je suis addict. Mais ça ne m'intéresse plus d'essayer de définir ce qu'est un addict ou non. À partir du moment où on ne peut pas s'arrêter de boire de l'alcool, ne cherchez pas à me dire à 14h, il y a un problème, l'alcool est mauvais, un point c'est tout. Donc voilà, arrêter l'alcool, c'est un processus. Et tant qu'une part de nous reste amoureuse de l'alcool, On a beau savoir que c'est mauvais, c'est très difficile d'arrêter. Et c'est pour ça que c'est un long processus. Donc moi, je ne fous plus l'alcool sur un piédestal. Et donc je n'ai plus ce besoin. En revanche, la vie nous fout des tartes encore une fois. Et je pense notamment aux périodes de deuil. La perte d'être cher, par exemple, qui nous plonge dans un chagrin immense. Où dans ces moments-là, on peut avoir des décisions un petit peu impulsives et se tourner vers l'alcool ou autre drogue. Donc oui, je me méfie de ces états-là. Je me méfie. De ces états où on est un petit peu dans cette humeur de je n'ai rien à perdre, de toute façon la vie c'est de la merde. C'est dans ces moments-là personnellement que j'ai pu replonger. Donc je me méfie toujours des coups de la vie quoi. Mais jusqu'ici j'ai eu des petits coups dans la vie et je n'ai pas eu recours à l'alcool. En revanche ça a pu me plonger dans des dépressions profondes. Donc c'est plutôt là l'intérêt de la chose, c'est d'aller traiter la dépression sous-jacente qui pourrait potentiellement nous donner envie de boire. Et évidemment, moi, je buvais pour masquer une dépression. Et donc, je n'aime plus l'alcool. Après, si je rebuvais demain ou ce soir, est-ce que j'aurais envie de boire les quelques jours qui suivent ? Peut-être. Mais en fait, je ne me pose plus cette question, puisque je ne veux pas boire d'alcool. En fait, je veux juste éviter de me foutre de l'alcool dans le gosier. Je ne veux même pas venir tester ça. Je n'ai plus d'intérêt à boire. Alors, j'ai troqué l'alcool pour le sport. On m'a dit, oh Olivia, mais t'es autant addict au sport qu'à l'alcool. Mais il faut se lâcher un petit peu la grappe à la fin, parce qu'on fait comme on peut. Oui, certes, je suis devenue un petit peu accro au sport, mais avec le temps, j'apprends aussi à ne pas me blesser, j'apprends à ménager mes articulations. Et il faut dire qu'entre faire un sport qui me lie aux autres, parce que le sport, pour moi, inspire la communauté, qui me rend heureuse et tout ça en étant en accord avec mes valeurs. Je ne couche pas avec n'importe qui en faisant du sport. Je ne dis pas des choses que je regrette le lendemain en faisant du sport. Alors certes, je peux me faire un petit peu mal au genou et c'est là que je dois faire attention. Et c'est un apprentissage. Au contraire, le sport m'aura appris à respecter mes limites. Parce que pour moi, avec l'alcool, dès lors que je bois un verre, c'est fini. Mes limites ne sont pas respectées. Tandis que si je fais du sport, oui, il m'arrive de me pousser un petit peu. Je le regrette le lendemain et je ne recommence pas. Je fais différemment. Et donc le sport m'apprend. Avec le sport, j'apprends l'humilité. Avec le sport, j'apprends à me connecter aux autres, à mon corps. Donc oui, il n'y a pas photo pour moi. Alors attention, je ne dis pas que l'addiction au sport, celle qui est véritablement néfaste, n'existe pas. Malheureusement, si, ça existe. Mais ce n'est pas mon cas. Moi, ma drogue, c'était bien l'alcool et je faisais tout ce qui était possible pour arrêter. Il y a une période, même je buvais, je faisais du sport en même temps. C'était un peu une catastrophe. Mais je faisais comme je pouvais. J'ai arrêté l'alcool, je me suis blindée de sucre et j'ai fait plein de sports. Est-ce que c'est bien ? Non. Mais on ne peut pas tout faire à la perfection. Et donc aujourd'hui, je suis très agitée. Peut-être que vous le sentez d'ailleurs. Et donc j'ai cette espèce d'agitation permanente, de surenchère, d'espèce de suractivité. Je ne tiens pas en place et j'ai envie de faire 30 000 choses. Et dans ces moments-là, je dois être un petit peu vigilante parce que c'est un petit peu la dépression qui peut me guetter. La surenchère, la suractivité épuisent le système nerveux et il faut un petit peu se méfier de ces choses-là. Et aussi savoir quels sont les domaines où on peut lâcher un petit peu, quels sont les domaines où on peut être un petit peu moins exigeant. Avec ma fille, je suis plus ou moins irascible, mais je fais au mieux, j'essaie de lui faire comprendre que ce n'est pas de sa faute. Le fait d'être dans une suractivité fait qu'on doit tenir sur tous les fronts. Et je me méfie aussi un petit peu de ça et ça peut faire rechuter de nombreux alcooliques, ça. de boire pour... tenir et moi j'étais comme ça je buvais pour tenir parce que j'étais déjà dans cette surenchère donc où est ce qu'on peut le lâcher c'est vrai c'est le bordel chez moi comme d'habitude je suis un petit peu ailleurs voilà et c'est ok c'est ok d'être humain à bientôt ciao