Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui on parle encore de manipulation. J'ai eu quelques demandes à ce sujet. Notamment, on m'a demandé de donner des exemples un peu plus concrets. Alors, quand on se fait manipuler, il y a quelque chose qui ressort, il y a quelque chose qu'on ressent à chaque fois, c'est qu'on perd son libre arbitre. Il y a cette sensation d'étouffement et l'impression vraiment qu'on n'a pas de liberté. Donc il y a quelque chose qui se referme, qui se resserre autour de toi. Et il y a des fameuses phrases du type « je sais ce qui est bien pour toi, pour que tu me fasses confiance, je sais » . Donc la personne à qui vous avez affaire est en position de sachant. Et donc vous êtes un peu impuissant et vous n'êtes pas libre là-dedans, vous n'avez pas votre pouvoir. Et donc, ça peut être fait, comme je disais, de façon très subtile. Vous allez lui raconter une histoire, par exemple, lui exposer une situation. Vous allez vous livrer à cette personne. Vous allez dire, ah là là, je ne sais pas quoi faire vis-à-vis de ça. Et donc, vous appliquez ce que la personne vous dit de faire. Et puis, vous vous rendez compte finalement que non, ce n'est pas vraiment votre truc. Et vous allez lui dire, bon, j'ai appliqué ce que tu m'as conseillé. Non, ce n'est pas trop, ça ne l'a pas trop fait. Et l'autre en face va vous dire « mais non, mais c'est que tu ne l'as pas fait correctement, c'est que tu ne me fais pas confiance, tu ne m'écoutes pas, je pense que tu n'as pas compris en fait » . Donc on va souvent vous dire ça « non, je pense que tu n'as pas compris ce que je suis en train de te dire, écoute-moi bien » . Je parle évidemment de ma propre expérience. Par exemple, lorsque j'ai arrêté de boire, j'allais chez Alcoolique Anonyme et j'allais dans une réunion, il y avait quelqu'un qui voulait absolument me parrainer. Vous savez, vous avez ce système de filleule, de parrain, etc. Et moi, j'étais là, wow, cool. Et en fait, elle m'appelait beaucoup. Elle me disait, non, non, mais attends, il faut que tu fasses ça. Il faut que tu récites tes machins, tes étapes. Et j'étais là, OK, mais j'ai vraiment envie d'aller à mon rythme. C'est important, tout ça va très vite. Oui, et puis il faut que tu viennes à deux réunions par semaine. C'est pas bien, c'est pas ce que tu fais. J'étais là, oui, oui, je comprends, mais voilà. Et je me suis dit, merde, est-ce qu'il y a effectivement quelque chose que je fais mal ? Est-ce que je vais refuter ? Je n'ai jamais refuté depuis. Et je me suis rendue compte que cette personne me disait de faire de plus en plus de choses. Et je n'étais pas une vraie sobre, puisque je n'appliquais pas ce qu'elle disait. Et elle me disait, mais j'ai de l'expérience, fais-moi confiance, tu vas rechuter. Super. Donc ça, c'était vraiment un exemple type. Et puis, elle m'engueulait un petit peu, elle me prenait un petit peu par surprise, tout ça. Et donc, j'ai fini par ne plus aller à cette réunion, tout simplement, mais c'est vrai que j'ai traîné un petit peu, quoi. Il peut y avoir aussi ces personnes qui vous collent un peu et qui disent des trucs du style, « Ok, j'ai besoin de toi pour tel truc. » Et ça, c'est assez fin, parce qu'on va aider nos potes. On va aider des potes en détresse, dans le besoin, etc. Mais en même temps, on doit prendre en compte notre propre situation. Et donc, cette personne va te demander un truc, puis un autre truc, puis un autre truc, et va dire, tu sais... Je suis vraiment sans toi, je suis dans la merde, etc. Elle va vous faire porter cette responsabilité. Surtout si on a cette tendance à porter le monde sur ses épaules, on va se dire, à cause de moi, elle va être dans la merde. Et puis elle va prendre ça, puis elle va prendre ça, puis elle va prendre ça. C'était le cas avec ma mère, il y avait une amie chez elle qui était vraiment une vraie sangsue. J'habitais chez mes parents à cette époque et elle était insupportable, cette nana. Et puis elle avait cette espèce de... Elle se plaignait. Et puis elle disait, je sais pas ce que je ferais sans toi. Et puis elle bouffait tout ce qu'il y avait dans le frigo. Et mon père, il adorait le coca, fallait pas toucher à son coca. Alors évidemment, il se sifflait la bouteille. Et lui, ça le rendait absolument dingue. Et puis ma mère disait, mais tu sais, elle chante tellement bien, elle a tellement de talent. Elle m'a donné des cours de chant gratuitement, alors je peux bien l'héberger. Ah oui, c'est ça, parce que la personne va vous dire, moi je te donne ça, donc tu dois forcément me donner ça en retour. Seulement, ce genre de personne va... vous donner alors que vous ne l'avez pas spécialement demandé. C'est ça aussi, c'est que ma mère, elle était prête pour payer ses cours de chant. Non, non, non, je te l'offre et en échange, je vais squatter chez toi jusqu'à la fin de mes jours. Elle a fini par la virer, heureusement, mais elle était absolument insupportable. C'était vraiment quelque chose. Et donc, elle jouait vraiment sur les sentiments de ma mère qui était quelqu'un de très sensible, de super empathique. Mais d'un côté, poser ses limites, c'était hyper compliqué pour elle. Et des fois, c'était super chiant parce qu'on la voyait se faire bouffer toute crue. On est tous passés par là. Mais bon, forcément, quand on voit des proches se faire manipuler comme ça... on a envie de lui dire, mais secoue-toi ! Et finalement, elle a fini par la mettre dehors. À quel prix ? C'était vraiment quelque chose d'extrêmement difficile pour elle. Elle a fini par le faire. Mais alors ? Elle n'endormait pas la nuit. Et moi, je suis un peu comme ça aussi, beaucoup moins depuis que je suis maman, comme je le disais, parce que j'ai beaucoup moins de temps pour ces choses-là. Et là, j'ai affaire à quelqu'un. et là j'ai un petit test en ce moment qui est très sympa mais bon derrière c'est ok il y a ce côté un petit peu, ok je te prends sous mon aile, finalement je me suis rendu compte qu'il y avait un petit peu ça avec ce gars et qui me dit ouais écoute tu devrais faire ci, faire ça je pense que tu devrais t'exercer plus de cette sorte là de manière à travailler tel ou tel muscle par exemple en sport, au début j'étais là ouais ouais ok je suis preneuse de conseils toujours seulement Il y a aussi des choses que j'aime faire, il y a des choses aussi, je sais ce qui est bon pour moi, c'est ça le truc aussi, c'est que vous savez ce qui est bon pour vous. Et lorsqu'on est dans ce doute, on peut facilement se faire manger tout cru. Et là, pour le coup, mon corps, je le connais, je sais ce qui est bon pour moi. Je vais évidemment solliciter les conseils d'un ostéopathe de ce type, qui, je pense, ne va pas me manipuler, puisque je paye 70 euros l'heure. Et c'est en ça que c'est... Là, il y a un échange qui est juste. Si c'était gratos, j'aurais peur que mon ostéo veuille squatter chez moi. Et donc, où est-ce que je voulais en venir ? Oui, il me donne beaucoup, beaucoup de conseils. Il me dit, ouais, tu devrais avoir ça chez toi, vraiment, tu devrais. Oui, mais c'est pas mon truc, j'ai pas très envie. Bah, tu te trompes, je pense que tu te trompes. Et donc, il y a quelqu'un qui va aussi valider en permanence ce que vous dites. Non, non, t'as raison. Il y a aussi ça, c'est pas que tu as tort, c'est ta raison. Si quelqu'un te dit ta raison, ta raison, cette même personne peut dire tu as tort. Traduction, non, je sais ce qui est bon pour toi, je sais ce qui est bien pour toi. Et non, et c'est ça le truc, c'est qu'il ne faut jamais oublier qu'on est les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour nous. Voilà, et c'est extrêmement délicat parce que forcément, on va s'ouvrir, on va ouvrir la porte au conseil, mais il y en a qui ne savent pas gérer, qui ne savent pas différencier le conseil de l'intrusion. Et ça, c'est super chiant. Plus le temps passe, plus je déteste ça. Donc ce gars à qui j'ai affaire, je vous raconterai, parce que je suis en plein dedans en ce moment, et il commence un petit peu à m'irriter. Et je sens qu'à un moment, je vais l'envoyer bouler, et j'essaierai de le faire subtilement. Parce que c'est quelqu'un avec qui je suis en relation un petit peu permanente. Donc voilà, je ne peux pas non plus lui dire d'aller se faire foutre. Et donc, il y a aussi quelque chose qui est beaucoup plus dangereux, c'est certains thérapeutes, par exemple. qui se placent un petit peu en position de sauveur et qui se prennent pour le Christ. Et c'est sûr que là, on est dans une position où on est fragile, on est démuni, on est vulnérable et on va demander l'aide de quelqu'un. C'est « vas-y, aide-moi » . Donc on part déjà avec ce truc et il y a certaines personnes qui vont vraiment vous maintenir dans ce truc de « ok, il faut que tu continues à avoir besoin de moi » . Donc cette personne va venir justement valider. valider, mais pas de la manière qui serait bonne pour nous, justement. Il y a à venir valider votre souffrance, ça c'est très bien, moi je ne parle pas de ça. C'est quelqu'un qui va venir vous dire, écoute, encore une fois, je sais ce qui est bien pour toi, et voilà ce que tu dois faire. Et c'est quelqu'un qui, de manière un peu souterraine, va faire en sorte que vous continuiez à aller mal. Alors ça, c'est absolument horrible, et malheureusement, des psys comme ça, il y en a un paquet. J'en ai vu quelques-uns en formation et je pense que dans le monde des thérapeutes, on est nombreux à en avoir vu quelques-uns. Donc j'espère que j'ai donné quelques exemples un peu plus concrets, mais on parlera encore de ça parce qu'il y a tant de choses à dire. En tout cas, nous ne laissons pas faire et si on n'y arrive pas, on y arrivera un jour, un pas à la fois. Et encore une fois, quand on sent qu'on se fait manipuler, comme je disais, c'est bien de se faire aider. qui est quelqu'un, un bon thérapeute cette fois pour vous dire que vous n'êtes pas fou, que effectivement... Si vous vous sentez pas bien, si un truc qui cloche, c'est peut-être que ça cloche, vraiment. A bientôt, ciao !