Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Bye bye 2025, bonjour 2026. Plein de trucs chouettes pour nous tous. Eh bien l'année démarre de façon très curieuse. Je trouve de la fatigue dans l'air, en tout cas en ce qui me concerne. Je suis fatiguée de tomber malade tous les mois. Mon organisme est un peu faible. J'ai un système immunitaire complètement à plat. Je me sens un peu affaiblie. Et n'oublions pas que notre tête est rattachée à notre corps. Et quand le corps va moyen, nos têtes, ça peut aller moyen aussi. Et je trouve qu'il y a tellement d'horreurs qui commencent avec ce début d'année. J'ai envie de dire comme toujours. Et je suis fatiguée un petit peu de voir toute cette horreur, de voir toute cette détresse. Il y a beaucoup de choses horribles. Mais pas que. J'aime bien me dire aussi que le bien coexiste avec le mal. Ce n'est pas l'un ou l'autre. Et que parfois, les merveilles et le bonheur se trouvent vraiment dans les petites choses. J'ai vachement ruminé ces derniers temps. Et hier, j'ai vu ma fille jouer dans la neige quand je suis allée la chercher à l'école. Et je l'ai trouvée si belle. Je suis juste restée plantée là un instant. Moi, j'avais juste envie d'entrer, j'étais crevée. Puis au début, je lui disais, allez, grouille-toi, s'il te plaît. Et puis finalement, je me suis dit, non, reste là, regarde-la jouer dans la neige, au moins quelques minutes. Et je me suis dit, mais quelle merveille. Qu'est-ce qu'elle est belle, qu'est-ce que c'est beau de voir ma fille de 4 ans s'émerveiller dans la neige, voir toute cette neige pour la première fois. Et je me suis dit, mais c'est beau ce que tu vis, c'est beau ce que tu vois. Reste là un instant et réjouis-toi pour ta fille. Réjouis-toi avec elle. Et je me suis dit, mais c'est vrai qu'elle ne doit pas comprendre pourquoi moi je suis pressée de rentrer. Et je me suis dit, mais si elle avait raison, si ma fille avait raison en fait, si. Et si la vie c'était aussi ça, apprendre à s'émerveiller des petites choses encore une fois. De choses qui paraissent si simples et si banales. Et donc le bonheur, le beau se trouve dans toutes ces choses microscopiques en fait. Tous ces petits instants. À un moment, j'étais en train de bouffer hier, puis je me suis assise en face d'elle, en tailleur, manger par terre, à l'arrache. Et au début, je voulais jamais faire ça, parce que je me suis dit, mais c'est crade, tu vas pas bouffer par terre, tu vas manger à la table comme tout le monde. Mais elle, elle a toujours voulu bouffer par terre. Et à un moment, je me suis dit, bah vas-y, tu nous prends un petit plateau et tu te fous par terre, en mode pique-nique. Donc maintenant, on pique-nique dans mon salon, voilà. Il manque plus que la tente. J'ai joué le jeu et en fait, du coup, hier, on s'est regardé dans les yeux et je me suis dit « Waouh ! » Après des jours et des jours de cris, c'était bon. Et j'ai commandé ce livre sur la colère qui est très très beau et que je voulais montrer à ma fille. C'est très important pour moi qu'elle accueille sa colère parce que moi-même, j'ai un terrain un peu fragile, un historique un peu complexe avec la colère. Et c'est très important pour moi d'apprendre à la célébrer, comme vous le savez. Et donc j'avais ce livre que je lisais qui était si beau, où il y avait des explosions de colère chez cet enfant. Le texte disait « quand tu sens que tu exploses, vas-y, explose, et en même temps tu vois ce petit lac d'eau à proximité. » Il y a ce volcan et en même temps il y a de l'eau, il y a une source d'eau, une source d'eau fraîche pour te rafraîchir, pour te calmer. Et donc j'ai trouvé ça très beau parce que ce livre montrait effectivement que la colère, la rage, les choses compliquées pouvaient vraiment coexister avec quelque chose de beaucoup plus lumineux. Et ça, j'ai vraiment envie de me le rappeler, que la vie est aussi bourrée de merveilles. On en bave, la vie est cruelle. Des fois, il n'y a pas de merveille du tout quand on touche le fond du fond. Mais j'ai envie de me dire qu'on mérite tous de regarder ces petites merveilles, de pouvoir avoir accès à ces petites merveilles. Que oui, des fois, on touche le fond, il y en a qui touchent le fond plus que d'autres, parce que la vie peut vraiment être injuste. Mais j'aime me dire qu'on n'est pas obligé, en tout cas quand les circonstances nous le permettent, qu'on n'est pas obligé d'aller au fond du fond pour mériter ce bonheur. Ce truc un peu religieux, quasi religieux, de devoir absolument mériter ce bonheur par la souffrance. Je ne sais pas pourquoi je traîne ce truc, je n'ai pas eu d'éducation particulièrement religieuse. Mais voilà, il peut y avoir ce truc un peu sous-jacent qui pourrait dire que pour obtenir quelque chose, tu dois souffrir un peu. Tu dois mériter d'avoir cette chose alors que c'est quand même une connerie absolument effroyable quand on y pense. Et j'ai absolument pas envie de souffrir. Je m'en suis pris déjà tellement plein la gueule. Et bon, la vie fait que des fois, c'est la vie. On est dans cette incertitude. Nous, les humains, on est conscients de notre mort, on est conscients de l'aspect temporaire des choses, éphémère des choses. On est dans une incertitude extrême. Du fait qu'on connaît, la seule chose dont on est certain, c'est notre mort, du fait qu'on est conscients de notre propre mort, plus que jamais, on a besoin de sens. On se dit, ok, je meurs, donc qu'est-ce que je fais avant ? Et pour moi, Ce truc de s'émerveiller des petites choses, finalement, c'est la meilleure des façons, selon moi, de trouver du sens à sa vie. Et quand cela est possible, bien sûr, parce que ce n'est pas, comme j'ai pu le dire aussi, ce n'est pas forcément quelque chose qui se fait sur commande. Des fois, on n'est pas en mesure d'attraper cette lumière parce qu'on est dans quelque chose de trop sombre. Donc, à regarder avec bienveillance, avec douceur aussi, au sens où on fait toujours comme on peut. Je nous souhaite à tous, en tout cas, de pouvoir nous émerveiller de ces petites choses, d'avoir ces petites choses à disposition, qui passent par des choses toutes, toutes simples, toutes microscopiques, tellement microscopiques que parfois on ne les voit pas alors que c'est juste devant nous. A bientôt, ciao !