Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de tristesse, de cynisme. J'en vois beaucoup en ce moment, peut-être un truc de rentrée, de grisaille, je ne sais pas trop. Il y a tellement de tristesse dans l'air. Est-ce que c'est la mienne ? Est-ce que c'est l'autre ? Un ensemble ? Je ne sais pas trop. Je pense que c'est un truc un petit peu environnant. J'avais une conversation aussi avec quelqu'un autrefois. On parlait des parisiens, et on entend souvent ce truc comme quoi les parisiens sont agressifs, j'entends aussi dire que les parisiens sont des cons, et vous remarquerez que pour le parisien, le con c'est toujours l'autre. Donc si on défait un petit peu ce cliché, je parle des parisiens parce que moi j'habite l'île de France, donc je pense que c'est le propre de toutes les grandes villes, si on essaye de découdre un petit peu ça, de dépiauter un peu ça, De voir ce qu'il y a derrière, on se rend compte que c'est dur, que c'est terrible en fait. Donc il suffit de voir dans les transports en commun notamment. Je trouve que c'est là vraiment l'environnement le plus hostile et le plus propice pour ce type de conclusion. Quand on voit la violence aussi de la chose et toute la misère sociale qu'on voit dans les transports en commun, la déchéance, la détresse et en même temps toi tu traces, tu veux arriver au boulot. C'est là qu'on voit vraiment ce déploiement de l'agressivité collective. Il faut aussi se mettre à la place du Parisien. Et on constate dans le métro notamment que c'est un milieu où les cinq sens sont littéralement agressés. Ça pue, la vue est horrible, on te touche, notamment quand le métro est plein à craquer. Toutes nos parties intimes sont un petit peu mises à mal. peu indirecte, au sens où t'as quelqu'un contre tes seins, contre tes fesses, contre je ne sais quoi, et on fait comme on peut pour se protéger.
Speaker #0comment on fait avec tout ça ? Et derrière ce cynisme, il y a une grande tristesse souvent. Cette désillusion, ce désenchantement. Et donc voilà, le cynisme peut être une façon de dire « Oh non, toi tu ne rentres pas dans ma vie, tu ne rentres pas dans mon intimité. Tu es mal intentionné. » Il y a un intérêt derrière tes actions, derrière ta gentillesse. Non, non. Et donc, se protéger de la sorte, c'est vrai qu'on se protège contre une certaine forme d'agressivité, d'hostilité, de déception. Et d'un autre, c'est vrai que quand ça devient quelque chose d'ancré dans ta posture, dans ton mode de vie au quotidien, c'est là que ça devient tragique. Parce qu'on s'empêche de vivre, on s'empêche de ressentir. Parce que la vie, c'est dur, mais la vie, c'est bien aussi. C'est bien aussi quand on a les bonnes conditions, j'entends, quand on est chez soi, quand on a des amis, quand on a la possibilité d'aller contacter ce lien. Et qu'il peut y avoir cette douceur, mais qu'on n'arrive pas à la saisir. C'est triste et c'est dur. C'est vrai qu'en s'empêchant de goûter au plaisir de la vie par mécanisme de protection, il y a ce truc où tu t'empêches de vivre, en fait. Donc ce serait quoi ? de réussir à doser, de réussir à se fermer et à s'ouvrir quand il le faut. C'est pas simple. Et dans un premier temps, c'est tout con, mais je pense que c'est reconnaître sa tristesse, reconnaître ses désillusions, reconnaître ce désenchantement. Et en parler, je pense que c'est la chose d'après. Et ça prend du temps, tout va tellement vite aujourd'hui. Il y a cette vitesse, avec bam bam bam, tout cet anonymat. On ne peut pas s'ouvrir comme ça du jour au lendemain, il y a ça aussi, c'est qu'on ne peut pas dire « sois bienveillant, vas-y ouvre-toi » . Ça prend du temps, donc on a besoin de délicatesse, on a besoin de lenteur en fait, la lenteur. C'est vrai que notre rapport au temps... Waouh ! Je regardais un truc de fitness l'autre fois, une version moderne d'aujourd'hui, puis une version de l'époque avec le même coach, et je regardais la version ancienne, ça prend trois heures, et il y a ce truc du genre « Allez, on va faire des pompes ! » Et t'as l'impression qu'un temps infini passe entre ce moment où il passe d'une position à l'autre, et je me dis « Putain, mais notre rapport au temps a réellement changé ? » Enfin, c'est pas un scoop, mais là, ça m'a vraiment choquée. Et donc on a besoin de cette lenteur, cette délicatesse, cette douceur. Comment on la cultive ? Donc c'est vraiment aller pas à pas, quoi. Ne pas chercher à s'ouvrir d'un coup, et c'est sans doute pas dans notre intérêt justement, je pense que c'est la dernière des choses à faire, parce que ça aussi ça peut être un peu violent. Violent ? Juste dire ok, je reconnais que je suis triste, qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce que je protège derrière ce cynisme, derrière cette carapace, derrière cette dureté qui m'empêche de profiter aussi des bonnes choses ? Qu'est-ce que ce serait de reconnaître ça, et de pleurer un bon coup ? Bah, ça fait mal. c'est vrai, mais en pleurant, en s'autorisant à pleurer, on s'autorise aussi à rire. Et donc, de cultiver les mini-ouvertures. Et puis après, on reconnaît et après on en parle et on se rend compte qu'on est beaucoup moins seul qu'on le pense et qu'en fait on est nombreux à être des âmes blessées qui cherchent à communiquer entre elles. A bientôt, ciao !