Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Comme vous pouvez l'entendre sûrement, je suis en pleine forme, j'ai une crève carabinée. Encore une fois, comme d'habitude, c'est ça d'avoir des enfants. Et je suis particulièrement vulnérable aujourd'hui. Et je me suis dit, bon, qu'est-ce que je fais, de quoi je parle ? Et je me suis dit, allez, c'est peut-être l'occasion aussi de te montrer comme ça. Remarque un peu comme d'hab, mais là je me sens un petit peu à vif, je suis épuisée. Et mon système nerveux est complètement saturé. J'ai fait deux crises d'épilepsie cette nuit. Alors là, je suis complètement amorphe. Alors, ce n'est pas des crises d'épilepsie généralisées. Ce n'est pas le truc... Ce n'est pas aussi impressionnant que ça en a l'air. Donc, ce sont des crises partielles, mais qui me laissent complètement amorphe. Et en fait, j'ai particulièrement besoin de repos après. Sauf que, évidemment, on est happé par ce flux du quotidien. Et là, j'ai du trop. Trop d'informations, trop de bruit, trop de travail, trop de son, trop de pollution visuelle. Et en fait, je n'en peux plus. Ce matin, je n'en peux plus. Et je me suis dit, pourquoi pas en parler ? Et en fait, ça me fait penser à l'hypersensibilité, cette sensibilité qu'on peut avoir. Et c'est vrai que je me qualifierais plutôt d'hypersensible. Au début, je pensais que tout le monde était comme ça, mais en fait, non. personne n'est comme tout le monde, mais il y a réellement des personnes particulièrement sensibles. J'en fais partie, je pense que beaucoup d'entre vous pourront me comprendre. Et donc, on a ces espèces d'antennes où on sent tout. On sent ce que les mots ne disent pas et on a les cinq sens particulièrement sensibles avec tout ce qu'il y a de super chouette, parce que quand on se régale, c'est miam miam. Mais par contre, quand on est happé et pollué par tout un... tas de trucs dégueulasses, là c'est horrible. Et en fait, on prend tout. Donc en fait, on est comme une éponge et qu'est-ce qu'on fait ? Il faut bien qu'on essore un peu tout ça. Donc ça revient un petit peu aux thématiques précédentes, sauf que là, je suis vraiment en plein dedans. Je me suis dit, qu'est-ce que je fais ? La première des choses à faire, évidemment, c'est de dire stop. Ça semble évident. Et pourtant, c'est pas si simple à faire, en fait. parce qu'on doit aller de plus en plus vite, parce qu'on a du boulot, on a les enfants. Donc, comment on fait ? Le fait est, on est malade plus souvent que les autres. Des fois, on est obligé de s'arrêter. On est obligé de se foutre en arrêt une journée, deux journées, parce qu'on n'en peut plus. C'est réellement un malaise, ça. C'est vrai que des fois, on ne peut pas se le permettre. Mais si on veut survivre, on est obligé de se trouver des sasses. Donc, voilà, moi, quand je suis dans le métro, j'ai des écouteurs qui me coupent de l'extérieur parce que j'ai mal aux oreilles. C'est le son du RER sur les rails, ça peut me faire vraiment très très mal aux oreilles, donc je me coupe un peu comme ça, il y a évidemment ce qu'on écoute, et aussi ça veut dire peut-être rendre son travail un peu en retard, travailler plus lentement que les autres, avant j'avais tendance à être super speed, j'ai pété en vol plus d'une fois, et là je me suis dit non non stop, maintenant tu travailles lentement. Alors oui j'ai des grosses urgences, des fois c'est la merde, mais d'une façon globale, Je me dis, ok, dans la mesure du possible, tu bosses lentement, tu prends des pauses et on se force. Et en fait, il faut bien qu'on se dise ça, c'est qu'on a le droit, en fait. Parce qu'il y a ce truc aussi, comme on est dans une forme de normalité, on a tendance à oublier que c'est un droit. Beaucoup de gens prennent ça pour une espèce de luxe, mais non, c'est une nécessité, donc il faut qu'on se démerde. Et je pense qu'il faut aussi se rendre compte qu'être hypersensible, c'est aussi une ressource. Il ne s'agit pas de... coupé complètement avec cette partie de soi, bien au contraire. Et donc, du coup, ce qui est beau, c'est qu'on peut aussi regarder les choses avec le cœur, sensible à la nature, sensible à la vie. En fait, on est au cœur même de la vie quand on est aussi sensible, et dans tout ce qu'il y a de plus beau et de ce qu'il y a de plus vivant. Donc, voilà, cette capacité à rire, à s'émerveiller, cette capacité de curiosité, c'est très beau. Et malheureusement, beaucoup de gens n'ont pas cette curiosité. Et pour moi, c'est une des pires tragédies de la vie. C'est de perdre un petit peu cette naïveté. Enfin, je ne sais pas trop comment le dire, mais cette innocence, en quelque sorte, qui fait que tu n'as plus cette saveur. Donc, ça peut être de la dépression aussi. La dépression, elle fait ça aussi. Il y a des gens qui sont comme ça de façon un peu chronique et peut-être que ce sont d'anciens hypersensibles et je pense que c'est peut-être aussi là le danger. C'est que c'est très important de s'accepter comme on est là-dessus pour ne pas basculer justement dans ce cynisme dont j'ai pu parler. dans des épisodes précédents. Donc c'est ça, c'est savoir se relier à ça, à sa nature, à la nature, et savoir aussi accepter nos limites. Et donc là, c'est le travail d'une vie. Il faut savoir qu'on peut avoir un seuil beaucoup plus bas que la moyenne, un seuil de sensibilité, de fatigue, de saturation. Et c'est mon cas, et je pense que quand on accepte qu'on a un seuil beaucoup plus bas, on est capable de merveilles. Et de vivre une vie qui soit en adéquation avec ça. On mérite ce respect, en fait. Et on voit d'autres gens qui sont là, qui tracent leur route et qui ont l'air d'aller bien. Et moi, j'hallucine complètement. Quand je vois des gens être super speed et tout, je me dis, mais comment tu fais ? Et eux me disent, mais comment toi tu fais ? Comment toi tu fais pour côtoyer autant de vide ? J'en ai besoin, j'ai besoin de ce vide. De ce vide où, justement, des choses peuvent naître de ce vide. J'ai une sensibilité à l'art, j'aime chanter, j'aime la musique, j'aime me poser, ne rien faire. Avec tout ce qu'il y a de plus chiant aussi, je rumine beaucoup aussi, mais globalement j'aime réfléchir, j'aime me poser des questions, j'aime essayer de trouver des réponses. J'aime ma vie maintenant, aujourd'hui, parce que de plus en plus je prends conscience de ça. Mais il y a des fois où c'est dur, comme aujourd'hui par exemple. Il y a des fois où on va trop loin, parce que c'est la vie. Parce que des fois, on a plein de choses qui arrivent en même temps, les déménagements, les dépressions, le mal-être des uns et des autres, quand ses enfants sont malades. Donc il faut qu'on arrive à se démerder avec tout ça. Et je sais que je vais devoir me prendre quelques jours après. Donc vraiment avoir conscience de ses limites. Et il faut bien aussi se dire que si on a un seuil plus bas à bien des égards, on est coriace à d'autres égards. Il ne faut pas oublier ça. C'est qu'aussi des fois, parce qu'on est tellement prêt. On est un petit peu sur le qui-vive vis-à-vis de plein de choses. Quand il y a vraiment une vraie merde qui arrive, on peut être surpris de la force qu'on a. Et ça, c'est vraiment un drôle de paradoxe chez les hypersensibles. Donc surtout, résistons à la tentation de devenir quelqu'un de dur. Résistons à la tentation du cliché de cette personne endurcie qui arrive à tout tenir, tenir, tenir. Si on ne veut pas justement péter en vol. Ayons conscience que c'est important pour nous de respirer. Continuons à être vivants, continuons à ressentir. Et il faut qu'on se démerde pour se reposer. Je vais me prendre une petite heure là, où je vais mettre en pause. Et je vais rendre mon travail plus tard. Parce que là, je sature. Et donc là, je dis stop. A bientôt. Ciao.