Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, nous sommes le 23 décembre. Bientôt Noël. J'ai comme... J'ai une drôle d'impression, comme chaque année, à cette période, il y a une espèce de... Ouais, le temps s'arrête, il y a la fin de quelque chose, la fin d'un cycle. Et je suis un petit peu... J'ai des... Comme des sensations un peu contradictoires, un mélange de... De joie, de tristesse, de nostalgie, un petit peu tout ça. Noël, c'est un peu la période aussi du deuil, des personnes absentes, de l'innocence disparue aussi, parce que c'est pas très joyeux, mais les réunions familiales sont souvent source de conflits. Et voilà, nos plus grandes blessures naissent de la famille. Et forcément, les repas de fin d'année, c'est vraiment une plongée en eau profonde. Et ça nous laisse rarement indifférents sur ce point. Et j'ai envie cependant d'envoyer de la magie. Envoyer de la magie notamment vis-à-vis de ma fille. J'ai envie de lui envoyer plein de magie, plein d'amour. Elle a 4 ans et là vraiment elle saisit, elle sait que Noël c'est un truc un peu spécial. Elle sait qu'elle va avoir des cadeaux. Et on a acheté notre premier sapin. On a décoré ensemble et moi j'ai jamais acheté de sapin chez moi. J'en avais rien à foutre. Et là, du coup, ma fille m'invite vraiment à garder cette magie. Il y a comme une petite invitation qui me dit, garde la magie, garde l'agnac, garde la pêche. Et donc, du coup, on a cette tradition en Angleterre où on a des petites chaussettes de Noël qu'on met au pied du lit. C'est le Père Noël qui le fait, pas nous, bien sûr. Voilà, donc elle aura le Christmas stocking, on appelle ça. C'est une grande chaussette, quoi. Et donc j'ai hâte parce que c'est le premier qu'elle aura cette année. Et donc je me réjouis de lui déposer au pied de son lit pendant qu'elle dort et de voir ses petits yeux émerveillés le matin. Voilà, j'ai vraiment hâte de ça et j'ai envie vraiment de goûter à ça. Noël, ça me rappelle plein de trucs aussi. Ça me rappelle, j'ai envie de boire un bon chocolat chaud avec un peu de cannelle. ou un bon thé chaud, et puis j'ai envie de regarder Edouard en main d'argent, vous savez ce film de Tim Burton qui est juste un chef-d'oeuvre, et qui pour moi, qui m'a bouleversée, je me souviens j'avais vu ce film petit au cinéma, ça m'a mis cette espèce de claque de Noël, et ce film résume vraiment tout ce que je ressens, la tristesse, la joie, l'amour, la douceur, et aussi quelque chose d'un peu sombre et violent. Il y a toute cette ambivalence autour de Noël, et je suis un peu en plein dedans. C'est aussi Noël, un moment où on doit se protéger. Parce que, comme je le disais, on retourne un peu en famille dans les conflits profonds. Donc autorisons-nous à nous coucher tôt. Moi, je sais que je m'autorise une porte de sortie. Je me dis que si je suis crevée, je me couche. Je tiens rarement après minuit. Avec ma famille, c'est grand max. Évidemment, je ne bois pas. Donc, passé une certaine heure, il y a l'ivresse qui monte. Moi, j'essaie de m'éclipser à ce moment-là. Et voilà, je sais que je suis toujours... Le 26-27, quand c'est passé, je suis généralement assez soulagée. Ça me rappelle les gueules de bois aussi, ça me rappelle l'ivresse. Ça me rappelle quand même des périodes aussi assez sombres de ma vie, de grandes dépressions, décembre, Noël. Donc, j'ai vraiment ce petit arrière-goût d'anxiété un peu. C'est vraiment... Enfin, je suis un peu dans l'anticipation, on va dire. Pour les anciens alcooliques dont je fais partie, Noël c'est quand même un moment un peu à risque et donc on a vraiment envie de se protéger. Et donc protégeons-nous, prenons soin de nous, parce que le goût du champagne, le goût du vin rouge, toutes ces odeurs et cette autorisation pleine à trinquer peut vraiment nous jouer des tours. Mais à chaque fois, si je sens que j'ai envie de tremper mes lèvres dans une coupe de champagne, je... pense au lendemain matin. Généralement, je vois la tronche de mes convives le lendemain matin et je me dis que j'ai bien fait de ne pas boire. Dès que je suis tentée comme ça, j'essaie de toujours penser à l'après, de penser à ce moment où je me couche dans mon lit, ivre, et je me réveille toute désorientée, la bouche sèche, toute confuse et trop mal. Je pense à ça et tout de suite, ça me remet... Dans cette gratitude, en fait, j'ai beaucoup de gratitude pour ma sobriété. Ça fait longtemps maintenant, je ne bois plus depuis 2018. Je me dis « waouh, c'est super » . Et je n'ai pas de mots pour décrire le voyage que j'ai vécu. Il y a clairement un avant et un après. Je souhaite à tout le monde, tous les alcooliques, tous les addicts qui boivent encore, de pouvoir un jour goûter à la sobriété. Non pas à la grande joie que ça apporte, mais plutôt à la sérénité. On ne vit plus dans ces extrêmes. C'est aussi ça qui peut manquer, mais c'est aussi ça qui fait vachement de bien. Donc voilà, ce sera l'occasion aussi de faire une petite pause pour moi de quelques jours. Peut-être que je referai un épisode la semaine prochaine. En tout cas, j'ai beaucoup de gratitude pour ces quelques mois dans ce podcast, les magnifiques échanges que j'ai pu avoir, la communauté TikTok qui est très précieuse. Vous êtes précieux et vous m'apportez beaucoup et j'espère que je reviendrai. vous faire du bien, autant qu'à moi. Moi, ça me fait un bien incroyable. C'est une aventure dingue, ce podcast. Voilà, en tout cas, je vous souhaite un joyeux Noël. Et puis, faites gaffe à vous. Si vous êtes triste, soyez triste. On a le droit d'être triste. On a le droit d'être triste à Noël, vraiment. Donc, voilà, ne nous obligeons pas à être heureux sur commande. À bientôt. Ciao.