Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai la voix de Barry White, c'est normal car ça fait deux jours que je crie sur ma fille. Et donc justement j'ai envie de parler de maternité, de parentalité, messieurs, je ne vous oublie pas, mais je parle pour moi en tant que maman. Eh bien, toutes ces émotions, ces courants contradictoires, ces courants contraires qui nous habitent, des fois j'ai vraiment envie de clouer le bec. à l'éducation positive, bien que ça fait beaucoup de merveilles. Mais personnellement, je ne suis pas tout le temps bienveillante, je ne suis pas tout le temps positive. J'aimerais bien, j'aimerais beaucoup être une mère 100% bienveillante, mais j'ai suffisamment parlé de la mère justement suffisamment bonne et des 30% restants de la mère un peu pourrie. Et donc ces derniers jours, j'ai très très bien réussi encore une fois. Être une mère un peu pourrie, un peu plus que d'habitude d'ailleurs, et je m'en félicite. Je me sens comme une merde ce matin. Et qu'est-ce que je fais de ça ? Il faut qu'on accueille ces émotions. Alors ça paraît un peu cucu dit comme ça, mais il faut qu'on les traverse. La maternité n'est pas censée être facile. Ce n'est pas un projet simple, ce n'est pas un projet maîtrisable. Ce n'est pas un projet de voyage ou un projet quelconque. Et les enfants ne sont pas une sorte de terrain sur lequel on peut calquer justement ce projet. Moi, j'aimerais bien que tout soit parfait. Bon, ce serait peut-être un peu chiant, mais j'aimerais bien être plus... Gérer mes colères un peu mieux. J'aimerais bien aussi ne pas être traumatisée. J'aimerais bien ne pas être addict à l'alcool. Il y a beaucoup de choses que j'aimerais. La maternité, c'est difficile. Un point, c'est tout. La parentalité, c'est difficile. Un point, c'est tout. Et donc, quand on fait des choses que l'on regrette, eh bien oui, moi je regrette de lui avoir gueulé dessus. J'ai crié tellement fort, comme vous pouvez le constater, j'ai pas beaucoup de voix. Tout ce que j'ai pu faire, c'est la prendre dans mes bras, lui dire que je l'aime. Souvent, je lui dis, tu sais, même quand tu es en colère, je t'aime, je sais que maman crie trop fort. « Elle t'aime, je suis désolée, je passe beaucoup de temps à m'excuser et après je recommence, bien évidemment. » Mais encore une fois, la maternité, c'est difficile, point. La vie, d'une façon générale, n'est pas censée être facile. On passe une bonne partie de notre vie à essayer d'être en accord avec nos valeurs. Pour moi, une vie réussie, c'est ça, c'est une vie où on est en accord avec ses valeurs. Après, on n'agit pas toujours en accord avec ses valeurs et c'est là que le regret s'installe, cette culpabilité s'installe. Et donc ces deux derniers jours, je n'étais pas en accord avec mes valeurs. C'est sûr que de crier sur ma fille H24, non, ça ne me va pas. La maternité, ce n'est pas un parcours de développement personnel. C'est quelque chose de brut, de parfois violent. Ça commence par l'accouchement. Bonjour l'expérience. La douleur, c'est juste un régal. Moi, je sais que j'avais eu une péridurale qui n'a pas marché, qui a lâché à la toute fin quand... Quand j'étais sur le point de donner naissance à ma fille, cette douleur ! Miam miam. Donc voilà, on a quand même l'habitude d'en chier depuis la nuit des temps. Maintenant, est-ce que c'est une obligation ? Non. Cela dit, c'est vrai que notre cerveau a du mal à saisir les demi-mesures, les nuances, tout ce qui est un petit peu complexe. Je suis bienveillante et violente à la fois. j'aime ma fille profondément et en même temps des fois je... Qu'est-ce que j'en peux plus ? Je m'aime, je me déteste à la fois. Je m'aime bien, des fois. Des fois, je ne m'aime pas trop. Des fois, c'est un petit peu entre les deux. Et ce n'est pas facile de naviguer là-dedans. Donc, traversons, traversons. Voilà. Et dans ces moments-là, j'essaie de rester dans les faits. J'ai crié, point. Je me suis énervée, point. J'étais fatiguée, point. Ma fille, elle, a 4 ans et dit non tout le temps. J'étais même pire à son âge, largement, je m'en souviens. J'avais appris des gros mots vachement bien. J'adorais les gros mots. Et donc, toutes les belles choses qu'on veut donner, ça épuise aussi. Donner, c'est aussi épuisant. Essayer de respecter ses valeurs, c'est parfois assez difficile parce qu'on rate la moitié du temps. Si on s'en foutait, oui, quelque part, ce serait plus simple. Mais on a besoin de sens. Moi, je sais que d'être mère, c'est à la fois la chose la plus belle et en même temps la chose la plus difficile que j'ai à faire. Parce que plus que jamais, plus que jamais, j'accorde de l'importance à l'amour, aux valeurs fortes qui sont le respect de l'autre. Et des fois, je n'y arrive pas et puis c'est tout. Mais dire que ce n'est pas facile, ce n'est pas pour autant renoncer. Ça ne veut pas dire que je me dis bon, je suis une mère pourrie et puis c'est tout. Non, c'est juste arrêter de se foutre le doigt dans l'œil. C'est arrêter de dire qu'on n'est jamais traversé par la violence en fait. Il n'y a pas de manuel pour ça. Et il n'y a pas de mot pour décrire le voyage qu'est la maternité et à quel point on est poussé dans nos retranchements, dans nos traumatismes les plus profonds. Et moi, c'est vrai que la simple idée de transmettre quelque chose, de mes traumas à ma fille, ça me glace le sang. C'est la dernière des choses dont j'ai envie. Et donc, je fais comme je peux. Donc, encore une fois, on fait comme on peut. Et c'est là la fin de cet épisode. traversons, faisons au mieux. Et puis c'est tout. A bientôt. Ciao.