Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler de liberté, de responsabilité. Ce qui me fait penser à ça, c'est un épisode que j'ai fait sur la dépression dans lequel je disais que la dépression n'était pas une affaire de volonté. Sur les réseaux sociaux, il y a eu pas mal de visibilité sur cet épisode, beaucoup de commentaires, beaucoup de réactions. Et j'ai vu que cet épisode avait quand même soulagé beaucoup de personnes. Donc ça montre aussi la détresse dans laquelle on vit. Et ce besoin de contenant, ce besoin d'être rassurée finalement et de se dire « non, il y a des choses qui ne sont pas de votre faute » . Et j'ai fait un épisode où là, je me fais un petit peu l'avocat du diable, dans lequel je parle plutôt de notre part de responsabilité, notre part de liberté quant à nos choix et nos décisions. Alors là, cet épisode, il n'a pas marché. Et j'ai trouvé cet écart vraiment très intéressant, et c'est un petit peu de ça dont j'ai envie de parler finalement, c'est de notre liberté, de notre responsabilité, ce qu'on en fait. Et donc, comme je disais, le fait que mon épisode sur la dépression et la volonté ait autant marché, ça montre vraiment à quel point on manque de cadres et on manque de contenants, de contenants rassurants. C'est vrai que je comprends qu'on ait besoin de se réfugier. dans ce cadre qui nous dit « Eh non, pas tout n'est de ta faute » . Et c'est vrai, la dépression c'est vraiment une putain de maladie. Et donc où est-ce qu'on met notre part de responsabilité là-dedans ? Comme je disais, j'ai fait un épisode là-dessus aussi, sur qu'est-ce que je fais de ce qu'on fait de moi, et c'est là toute la question. Et donc finalement, Boris Cyrulnik en parle très bien de ça, comme je disais, sur le fait qu'avant, On vivait dans la peur, la peur de la maladie, de la guerre, des morts violentes. Et qu'aujourd'hui, on vit dans l'angoisse, dans cette angoisse de liberté, justement. Et donc, c'est sûr que d'avoir à disposition une multitude de choix, ça peut être extrêmement angoissant. Ça fait porter un poids sur nos épaules qui est quand même assez conséquent. Dès lors qu'on te dit que tu es libre de tes choix, tu es libre. d'une partie de ta vie, d'une partie de ton destin. On se retrouve sans repère et c'est vertigineux. Et c'est aussi ce qui nous différencie, ce qui différencie l'âge adulte de l'enfant finalement. On ne peut pas se réfugier dans les bras d'un parent, d'une maman, pour ceux qui ont la chance d'avoir eu une maman contenante. Ou pas contenante d'ailleurs, parce que quand on n'a pas eu ce contenant, cet amour, ce cadre qui dit que tu peux t'envoler dans ce monde de brut. Ça va aller, quand on n'a pas eu ça, la vie peut être vraiment compliquée. Et donc cette perte de repère, c'est des contraintes. C'est quelque part choisir une bonne partie de son chemin. Et c'est vrai que c'est dur à porter ça quand même. Et c'est aussi, quand on est face Ausha, finalement, on se confronte aussi au regard de l'autre. Et donc, par nature, on a ce besoin d'appartenance. On est des êtres de lien, donc la peur du jugement, la peur du regard de l'autre, c'est venir confronter, c'est venir mettre en péril ce sentiment d'appartenance. Et finalement, cette peur d'être rejetée, c'est une peur qui est réelle et qui est parfaitement légitime. C'est dans notre nature. Où s'arrête cette liberté bordel ? Donc la liberté, c'est un cadeau, c'est aussi une épreuve. Et c'est vrai que, en tout cas dans notre société, moi j'ai grandi comme ça, je sais pas pour vous, mais le système scolaire et éducatif c'est vraiment de la grosse merde, au sens où on te fait bien comprendre que si tu fais tel ou tel ou tel choix, que tu vas vraiment foirer pour de bon si jamais tu étais, si par quelque incident que ce soit, tu venais à faire le mauvais choix. Quelle horreur. On oublie de parler de reconversion. On oublie de dire à quel point la vie est complexe, à quel point la vie est surprenante, à quel point la vie te fait prendre différents chemins. Et donc, finalement, on est responsable d'une partie de sa vie, mais non, on n'est pas responsable d'une partie de sa vie. Pour autant, on va tous mourir. J'espère que vous apprécierez ce sujet de bon matin, et ça, c'est inévitable. Donc, il y a tant de choses qu'on peut maîtriser en ayant conscience de cette fragilité, de cette vulnérabilité. La liberté oblige à être soi. Dans les études, par exemple, si on fait tel ou tel choix, le regard de l'autre est extrêmement pesant, surtout quand on est si jeune. Moi, j'ai mis beaucoup de temps à me séparer, à me détacher. Pas me détacher, parce que le regard de l'autre, c'est toujours compliqué, mais vraiment à me dire que tu peux être aimée à ta juste valeur, comme tu es. Moi, j'ai dû sortir de ma crise d'ado aux alentours de 35 ans, quand je suis devenue maman. Et encore aujourd'hui, des fois, je sens que je suis en manque de ce cadre contenant. J'ai envie de rester au lit toute la journée, j'ai envie qu'on m'amène un chocolat chaud et qu'on me dise... Tu fais comme tu peux, tu fais au mieux. Et on fait au mieux, c'est vrai, et je pense que c'est là finalement la conclusion de cet épisode. Alors c'est tout con, mais oui, on fait au mieux. Faut pas aller chercher 30 000 trucs, on fait comme on peut, et c'est déjà très bien. Et je pense qu'on sait au fond de soi quels sont les domaines dans lesquels on peut avoir un petit peu plus de poids, un petit peu plus de liberté. On le sait au fond de soi. Donc voilà, cette espèce de vide où tout est possible finalement, c'est assez incroyable quand on y pense. C'est à la fois merveilleux et en même temps c'est vraiment flippant. Donc il faut réussir à naviguer là-dedans et vraiment porter ce regard bienveillant sur soi. Alors je dis bienveillant, je ne sais pas, pour dire que tout va bien tout le temps. Attention à ça. C'est vraiment de se dire qu'on a le droit de flipper. apprenons à surfer sur cette vague apprenons à surfer dans le grand vide dans le grand vertige de la vie tout en se prenant la main les uns les autres à bientôt, ciao