Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de dynamique relationnelle malsaine, de manipulation encore, en quelque sorte, c'est un petit peu la thématique de ce moment. Je pense à ces relations destructrices qui nous font tant de mal, et malheureusement c'est très fréquent, et souvent ce sont des histoires d'amour qui nous laissent... On en ressort un petit peu déglingué, blessé, en colère, triste, tout ça. Et c'est vrai que quand on sort de ça, le temps de se remettre, c'est aussi l'occasion de se poser quelques questions et de se dire, OK, qu'est-ce qui s'est passé ? Pour reparler du fameux pervers narcissique, c'est vrai que je me pose beaucoup de questions quant à cette définition. parce qu'on fout un peu tout et n'importe quoi dans cette image du pervers narcissique. Pour moi, quelqu'un de vraiment pervers, c'est quelqu'un qui jouit de ton mal-être, qui jouit de ta souffrance et qui prend un réel plaisir à te faire tourner en bourrique. Il y en a même parfois qui prennent un plaisir sexuel à te voir souffrir. Donc là, on rentre dans du lourd. Pour moi, c'est ça, la vraie perversion. La personne sait ce qu'elle fait, donc elle a quelque chose de pleinement incarné, de très conscient, en fait. Je décide, de mon plein gré, de te faire du mal, parce que j'aime ça. Et je comprends que l'étiquette du pervers narcissique soit quelque chose de très rassurant, parce que ça permet aussi de se protéger, ça permet... aussi de séparer le bourreau de la victime. Et c'est une façon comme une autre d'éviter de souffrir. Donc voilà, je comprends que le fait d'évoquer le fait qu'on ait une éventuelle participation dans cette dynamique un peu malsaine, je comprends que ça puisse faire culpabiliser. Donc c'est extrêmement tentant de dire il ou elle égale pervers. Seulement, C'est peut-être aussi l'occasion finalement de nous inviter juste à nous questionner sur ce qui a pu se passer. Au-delà de dire, c'est ta faute, comme ça ce n'est pas la mienne. C'est vrai qu'au final, on peut un petit peu inconsciemment chercher à éviter à regarder sa responsabilité. Mais plutôt que de dire, c'est ta faute si tu t'es mise dans cette relation, j'ai plutôt envie de dire, d'une, qu'on fait comme on peut et que tout ça part. parle d'amour, en fait. Ça parle d'un besoin d'amour, de recevoir et de donner de l'amour. Donc, quoi qu'il en soit, ça part d'un endroit qui, à la base, se veut lumineux. Donc, il ne faut pas trop qu'on s'enveuille quand on se fout dans des relations comme ça. Voilà, parce que ça part d'un bon endroit. Donc, voilà, il ne s'agit pas de dire que c'est votre faute. Ça, c'est de la connerie. C'est bien plus fin, plus subtil que ça. Et le fait est, sans pour autant dire qu'il ou elle est un pervers narcissique, on tombe sur des gros connards. C'est vrai aussi. Des gens super égoïstes qui te font du mal, qui te disent n'importe quoi, qui ne se rendent pas compte de ce qu'ils font, et qui te font des coups de décrase. Il y a beaucoup de gens comme ça, et qui ne le font pas vraiment exprès. Ou alors qu'ils ne savent pas faire autrement. Il y a aussi ce type de personnes, où là on est un petit peu à la frontière de la perversion, des personnes qui peuvent avoir des petits élans, des petits flashs d'humanité et d'empathie, mais hop, ça se referme aussitôt, parce qu'ils ont tellement l'habitude de se foutre dans cette carapace, au sens où... Cette émotion, cette vulnérabilité les renvoie à ce vide abyssal qu'il y a en eux et qui est tout simplement insupportable. Alors pouf, on va dire ok, c'est plus simple de faire souffrir l'autre plutôt que de regarder ce qui se passe en moi. Donc là, évidemment, ça c'est pervers. Est-ce que ça part d'un besoin ou d'un plaisir à faire souffrir l'autre ? Ça ce sont des choses qui se discutent, mais souvent on a juste affaire à des gros cons dont on tombe amoureux. ou des grosses connes, pardon pour le terme, mais des gens dont on tombe amoureux, et qui nous déglinguent. Moi-même, je me suis parfois foutue dans des histoires. J'ai pu en sortir rapidement, mais c'était aussi à l'époque où je buvais. J'étais pas restée longtemps dans ces trucs-là. Mais il peut y avoir des dynamiques extrêmement complexes. J'étais en couple pendant quelques années avec une femme super. Et là, on était dans un truc un peu codépendant. Donc finalement, qui veut changer qui ? Il y a quelque chose de très complexe qui se met en place. Il y a une espèce de danse un peu malsaine, parfois, peut-être. C'était une personne qui avait peu confiance en elle, et le fait est, moi aussi. Et elle me disait, j'ai envie de faire tellement de choses, mais j'y arrive pas, j'y arrive pas. Et moi j'étais là, mais si, tu peux le faire. Il fallait bien que mon amour serve à quelque chose. Il fallait bien que je puisse enfiler ma cape de superwoman. Parce qu'il fallait bien que moi-même j'ai un petit peu de contrôle sur quelque chose. Et quand je me suis rendue compte que finalement, je n'avais pas le pouvoir de pouvoir lui redonner confiance en elle, je me suis sentie complètement impuissante, affaiblie. Et là commence le ressentiment. Je suis capable de te faire changer, tu refuses de changer, donc voilà. Et après, on peut rebasculer vers quelque chose d'un peu... plutôt être renvoyé un petit peu face à sa propre impuissance. Je n'ai pas réussi à la faire changer et je suis face à l'échec. Donc voilà, tout ce que je veux dire, c'est que plutôt que de se dire je suis tombé sur un ou une perverse, ce qui arrive aussi, c'est plutôt... de nous inviter à regarder aussi nos besoins. Qu'est-ce que ça dit de nos besoins ? Qu'est-ce que ça dit de nos manques et de nos souffrances ? Parce que de dire qu'il ou elle est pervers et c'est tout, ça maintient l'autre justement dans la position de bourreau et soit dans une position de victime. Et à quel moment est-ce qu'on reprend son pouvoir dans l'histoire ? Je ne dis pas que c'est simple. Et c'est pour ça que c'est important de ne pas culpabiliser quand on sort de relations super toxiques. Parce qu'on ne le fait pas exprès, on fait comme on peut en fait. Voilà, et moi quand j'étais sortie de cette relation de couple et je me suis rendue compte, putain, tant d'énergie dépensée à vouloir changer l'autre. On défusionne un petit peu, on voit que l'autre est l'autre et que soi c'est soi. On est vraiment confronté à cette solitude existentielle. Et là, on se rend compte que l'autre ne changera pas pour nous. Donc voilà, c'est intéressant d'aller regarder un petit peu de ce côté-là aussi. Et de son propre côté, d'aller regarder ses émotions. Parce que c'est comme ça qu'on va retrouver sa liberté. Et la liberté, comme on a dit plusieurs fois, fait peur. C'est dur. Donc, où est-ce qu'on trouve du contenant ? Comment on se rassure là-dedans ? Voilà, donc regardons-nous avec cette douceur et surtout observons nos besoins. Au final, c'est ça qui est super beau. En disant que l'autre est pervers et point barre, on évite de regarder ce dont on a réellement besoin. On évite de se donner ce respect qu'on mérite. Et quand on se rend compte que l'autre, on ne le change pas, c'est assez libérateur. C'est assez libérateur et ça permet de rentrer dans quelque chose de réel. Des relations où on rencontre l'autre vraiment. Et ça, c'est un bonheur. Je souhaite à tout le monde de pouvoir goûter à ça. A bientôt. Ciao.