Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Petite forme aujourd'hui, j'ai chopé la crève, c'est ça d'avoir des enfants à l'école. Et bien justement à ce propos j'ai envie de parler de parentalité, de notre légitimité en tant que parents, des valeurs aussi qu'on veut transmettre à notre enfant, à nos enfants, et dans la mesure du possible. Alors on nous dit qu'être un parent parfait ce n'est pas possible. Et non seulement on n'est pas un parent parfait, nous ne sommes pas parfaits du tout. En ce qui me concerne, je ne suis pas parfaite du tout, du tout, du tout. Ceux qui le sont, j'aimerais bien voir votre secret. Je pensais notamment au week-end dernier où j'étais crevée, et comme beaucoup de week-ends, où finalement je suis un petit peu affalée sur mon canapé à regarder mon téléphone, et je fous ma petite fille devant les cartoons. On a quand même pu prendre deux heures pour sortir et aller dans un super parc, donc ma fille a pu s'amuser un petit peu, mais le reste du temps, HS. Et j'étais colérique, c'est-à-dire que des choses qu'elle faisait, vraiment j'avais du mal à garder patience, et donc j'élève la voix, je me mets en colère en fait. J'ai toujours eu ce petit côté colérique, ça je l'ai que avec ma fille d'ailleurs. Parce qu'on a une pression aussi en tant que parents. On se met la pression, du moins, parce qu'on veut tellement bien faire. Alors du coup, à chaque fois qu'on foire, on s'en veut. Moi, plus je m'en veux, plus je me mets en colère. Et c'est aussi pour ça qu'il faut vraiment de l'espace pour pouvoir déployer sa colère, sa frustration. Non pas forcément tabasser tout le monde, mais tout simplement regarder cela en face et admettre que des fois, on en a tout simplement marre et qu'on n'y arrive pas. Et justement... on n'est pas obligé de tout aimer chez nous. C'est ça aussi le truc, c'est que moi j'aime pas mon impatience, j'aime pas mon côté colérique, j'aime pas gueuler sur ma fille. Et à chaque fois, après, je m'en veux. Et des fois, ça m'empêche aussi de profiter pleinement de ma fille. Alors on peut essayer de travailler dessus, évidemment, il ne s'agit pas d'être fataliste. On a envie d'être le parent, d'être un parent de modèle. Pour nos enfants, forcément, on a envie de leur transmettre des valeurs. Mais des fois, non seulement on ne le fait pas de façon parfaite, des fois on n'y arrive pas du tout. Alors finalement, dans ces moments-là, je me sens tellement pourrie personnellement que j'essaie vraiment de descendre la barre. Parce qu'on a beau dire « ne soyez pas un parent parfait » , on continue de ruminer, de culpabiliser. Je pense, en tout cas pour ma part, qu'il faut vraiment mettre la barre encore plus bas. Et donc finalement, se contenter des choses vraiment très, très, très importantes. Pour moi, c'est que ma fille ait un toit, de l'amour, des câlins, des bisous, qu'elle ait de quoi manger, qu'elle ait de quoi jouer, et que je puisse avoir des échanges de regards avec elle. Alors c'est la base, mais c'est déjà bien quand on y pense. On n'est pas sur tous les fronts, en fait. Et donc, on a beau dire qu'on n'est pas parfait, qu'on ne nous demande pas d'être parfait, c'est quand même l'image qu'on continue de véhiculer, notamment via les réseaux sociaux, où tu as l'impression d'avoir des nanas qui assurent de ouf. Et le fait est, bah non, on ne peut pas assurer partout, c'est même tout le contraire. Des fois, tu n'as pas envie de te lever, tu as vraiment la tête dans le cul. Regardons cela en face. Et donc, ce serait quoi pour vous, redescendre la barre, mettre la barre encore plus bas ? Je m'adresse... aux parents qui ont cette culpabilité. C'est quoi les choses non négociables pour vous ? Pour moi, c'est ne pas élever la main sur ma fille, ne pas lui mettre des tartes. J'ai dû la gifler une ou deux fois parce qu'elle avait été très loin. Mais alors, qu'est-ce que je déteste ? Il ne s'agit pas de lui mettre un coup de poing. Les coups brutaux, je me l'interdis, évidemment. Je déteste élever la voix et ça, je rate. Tout le temps, j'élève la voix parce que je deviens dingue, parce que des fois, je n'y arrive pas. Tout simplement, elle, comme tout enfant de 4 ans, elle expérimente, elle jette des trucs, elle fait des conneries. Donc voilà, elle cherche un cadre. Forcément, c'est rassurant pour elle aussi que je dise non. Mais c'est chiant aussi d'avoir à dire non, non, non tout le temps en tant qu'adulte. Et des fois, on n'y arrive pas et on craque. Et 9 fois sur 10, bon allez, 8 fois sur 10, je gueule. En fait, je tiens à m'ouvrir un petit peu de la sorte, même si c'est vraiment peu flatteur, pour vraiment montrer qu'on n'est pas seul là-dedans. C'est juste qu'il y a des choses difficilement avouables quand on est dans le développement personnel, dans la thérapie, et qu'on a ces valeurs qu'on veut transmettre, les valeurs de la maîtrise de soi, du respect. Et c'est sûr que quand tu gueules, « Putain, tu me fais chier, j'en ai trop marre ! » On n'est pas trop dans cette image de parent qui gère ses émotions. Et alors, les trucs aussi du style... Alors ça, c'est le comble. Quand notre enfant se met en colère et qu'il gueule, et qu'on lui dit « Arrête de te mettre en colère ! Arrête de gueuler ! » Et là, tu te dis « Waouh ! » C'est comme on dit le cordonnier mal chaussé. Eh bien, voilà, personnellement, je suis un cordonnier mal chaussé. Voilà. Et clairement, je suis trop sur mon téléphone. On dit aujourd'hui, par exemple, c'est incroyable à table, par exemple, les gens ne se regardent pas, etc. C'est vrai. Je me fixe une petite règle. À table, j'essaie de poser mon téléphone, de regarder ma fille dans les yeux. Et des fois, vraiment, les week-ends, il m'arrive de me faire vraiment, vraiment chier. Voilà, donc on fait comme on peut aussi pour passer les week-ends. Et ça ne veut pas dire qu'on n'aime pas nos enfants. Ma fille, je l'aime tellement, je l'aime si fort. On a le droit aussi de se faire chier. Ça ne remet pas en question la qualité du lien et l'amour qu'on porte à notre enfant. Il faut juste se dire quelles sont les choses minimum non négociables pour quand même ne pas dépasser des limites qui sont pour nous intolérables. J'ai déjà évoqué les miennes. Quelles sont les vôtres ? Voilà, dans tous les cas, baissons la barre. Donnons de l'amour à notre enfant comme nous pouvons. Il faut lui dire qu'on l'aime. Pour moi, c'est important de lui dire que je l'aime. Et quand ça vient vraiment du cœur, il ne s'agit pas de balancer des automatismes, de le bombarder d'amour. Il s'agit d'être quand même aligné avec ça dans ces moments-là. Et dans les moments où vous le détestez, ne lui dites pas que vous l'aimez. Ces moments où je lui dis que je l'aime, ça vient vraiment des tripes, ça vient du cœur. Je fais comme je peux pour que ma fille se sente aimée. Le reste... je n'assure pas et je pense que je ne suis pas seule bon courage, à bientôt ciao