Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler de manipulation. Ça nous est tous arrivé à certains stades de nos vies de nous faire manipuler à des moments plus que d'autres. Des stades de nos vies où on peut être plus vulnérable. Et c'est pas toujours ce qu'on croit la manipulation, ça peut prendre des formes très subtiles. Et moi je pense surtout aux petites manipulations du quotidien, qui peuvent être extrêmement violentes, de par leur discrétion. On parle souvent du fameux pervers narcissique. Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas des espèces à part, ce sont des gens humains, qui peuvent parfois avoir des élans d'empathie et de bienveillance. mêlée à quelque chose d'un peu tordu et de pas très clair. Et des fois, cette noirceur qui reprend le dessus, et on peut avoir affaire à quelque chose d'extrêmement complexe. Et je trouve que c'est ce qui fait réellement la difficulté de la manipulation, c'est que des fois, c'est pas toujours simple de mettre le doigt dessus. Parce que les gens qui manipulent ne sont pas nécessairement des monstres. Personnellement, ça m'est rarement arrivé. de tomber sur des crapules pures et dures. Souvent, ce sont des personnes très fragiles et qui balancent tout un tas de projections sur l'autre. Et voilà, il y a quelque chose d'insupportable, des fois, en elles, en ces personnes. Je pense à ça parce que c'est par rapport à des trucs que je vis en ce moment. Maintenant, plus qu'aujourd'hui, c'est vrai que je suis à l'aise avec qui je suis. Dans tout ce qu'il y a de plus fragile, de plus beau, de plus sombre, je pense que j'ai renoncé à cette version idéale de moi-même. Néanmoins, les trucs que j'aime chez moi, je les aime vraiment et ça suffit. Je me dis que je n'aime pas tout chez moi, mais ce n'est pas la fin du monde. J'ai évidemment des trucs à gérer, notamment par rapport à la maternité. Là où je veux en venir, c'est que là où on peut se faire manipuler, c'est forcément... Les portes d'entrée, ce sont ces quelques domaines dans nos vies où on n'est pas hyper clair. Suis-je une bonne maman ? Tu vas trouver quelqu'un qui va dire « mais non, t'es pas une bonne maman » . Je grossis un peu le portrait, mais en gros, c'est ça. Ce que je trouve difficile dans la manipulation, personnellement, c'est l'ambivalence. C'est rarement noir ou blanc. On peut se faire manipuler par des personnes qu'on aime. Et c'est là où c'est le plus difficile, je trouve. C'est que les intentions de ces personnes ne sont pas toujours mauvaises. Et souvent, c'est le résultat d'émotions qui n'ont pas été digérées, comprises, identifiées de leur côté. Seulement, où est-ce qu'on pose nos limites ? Et les limites, c'est quelque chose qui est plus ou moins perméable. C'est plus ou moins poreux. Il y a des moments dans nos vies où on se sent un petit peu plus équipé que d'autres. C'est tellement tentant de foutre des gens dans des cases et de dire, il ou elle, peu importe, on va dire il, je pense à un homme actuellement, il ou elle est un connard et c'est tout. Mais non, ce n'est pas un connard, c'est quelqu'un de très complexe. qui a une grande noirceur en lui, et en même temps qui a beaucoup d'humour, qui est très drôle, qui est très brillant. Donc c'est cette espèce de brouhaha, de choses, de courants contradictoires, et des fois on ne sait pas où regarder. Et je trouve que c'est ça le plus difficile. C'est toutes ces petites trahisons du quotidien, ces petits pics qu'on reçoit de la part de quelqu'un. qu'on aime de quelqu'un dont l'opinion nous importe. Et c'est qu'est-ce qu'on fait de ça ? Donc ça demande vraiment de réussir à faire la part des choses et à dire qu'est-ce que je prends, qu'est-ce que je ne prends pas. Et quand ça devient trop difficile, on est obligé de couper les ponts ou de prendre ses distances. Qu'est-ce qu'on met en place pour se protéger ? On peut couper les ponts, j'ai eu affaire à des potes. qui n'était pas bon pour moi, qui n'était plus des potes. Et j'ai dit, écoute, on coupe les ponts. Voilà, mais des fois, c'est vrai que c'est un peu plus compliqué quand c'est quelqu'un dans ta famille, au travail. Là, je pense qu'il faut se faire aider dans ces moments-là. Parce que c'est très difficile de mettre les protections au bon endroit. Ce que j'ai trouvé de mieux pour l'instant pour moi, c'est de dire que ce n'est pas grave si on ne t'aime pas. C'est vrai, ce n'est pas la fin du monde si on ne vous aime pas. Et je dirais même que d'accepter qu'on ne nous aime pas, c'est très libérateur parce qu'on se dit « Putain, mais je n'ai pas à me casser le cul, je n'ai pas à remuer ciel et terre, disons. » pour essayer de me faire aimer. Et je peux vous dire que ça, ça fait des vacances. Moi, c'est la naissance de ma fille, surtout. Déjà, j'étais bien partie. Mais alors là, c'est simple. Des fois, je suis tellement crevée que je me dis, je n'en ai rien à foutre. Moi, j'apprends vraiment à lâcher là-dessus. Je n'ai pas l'approbation de cette personne. Je n'ai pas la validation de cette personne. Et ce n'est pas grave. On peut la trouver ailleurs. Un thérapeute. des amis et soi dans son cœur. Et ça, c'est tout un processus. Mais ce truc de dire, ouais, t'as envie, si t'avais affaire à une autre personne, t'aurais envie de lui amener une couette et un chocolat chaud et de l'abichonner, ben toi, c'est pareil. On n'est pas moins important que l'autre. Et des fois, malheureusement, on grandit comme ça, on grandit en pensant que... qu'on ne vaut pas mieux que les autres. Alors c'est complètement farfelu, mais c'est bien ça. Et ça, ça peut réellement ouvrir des portes à toutes sortes de manipulations. Donc voilà, cette personne à laquelle je pense, je sais que je ne la changerai pas. Et donc il y a de la tristesse, il y a du renoncement. C'est renoncer aussi à ce que je pourrais voir à travers cette personne, à travers ses yeux. Mais aussi bien comprendre que ce que cette personne voit de moi et dit de moi n'est pas la réalité. Et ça, c'est tout un processus. Mais la clé, en tout cas dans mon parcours, se situe ici. Que ce n'est pas vers cette personne que j'ai envie d'aller, ce n'est pas cette personne qui me fait du bien. Et j'ai pu le dire dans plusieurs épisodes, le corps est vraiment une super boussole dans ces moments-là. Il y a quelque chose, tu sens qu'il y a une crispation, tu as un truc dans le bide, tu as ton rythme cardiaque qui monte en flèche. Tout ça, c'est vraiment de très bons indicateurs. Une transpiration excessive, tout un tas de trucs. Et aussi que tu contrôles ce que tu dis. Tu fais gaffe à ce que tu dis, et puis tu ressors de là, t'es crevé. Tous ces signes, en fait. Et on a beau essayer de se persuader que cette personne nous fait du bien, on se dit, c'est bon, elle n'est pas mal intentionnée après tout. Peut-être. Peu importe. Ce que tu ressens, c'est ça. On a envie de voir le meilleur en l'autre. on a envie de croire à la bonté pure des gens. Donc c'est pas du pur machiavélisme nécessairement, c'est pas non plus de la pure bonté, c'est juste un gros putain de bordel qui des fois nous fait trop de mal et des fois on n'a pas d'autre choix que de se casser. Il faut se fier à ce qu'on ressent, prendre le temps de savoir ce qu'on ressent et là l'aide d'un thérapeute est vraiment super, surtout pour les trucs de manipulation. C'est vraiment... On va t'aider vraiment à... à porter attention à ce que tu ressens, en fait, et à valider aussi ce que tu ressens. Parce qu'il y a un manque de validation de ce qu'on est et de ce qu'on ressent. Je trouve que d'arriver au stade où tu doutes de ce que tu ressens, c'est une sensation absolument atroce et terriblement angoissante. Tu ne sais plus qui t'es. Toute ta perception du monde, elle est complètement altérée. C'est horriblement flippant. Et c'est vrai que l'aide d'un thérapeute peut vraiment t'aider à... à rétablir un petit peu cette géographie interne. Voilà, donc Sophie, à ce qu'on ressent, c'est super important. J'avais une montre connectée à un moment où je parlais avec quelqu'un qui me mettait très mal à l'aise. Et c'est marrant, ma montre me disait, vous êtes trop stressée. Calmez-vous, calmez-vous, détendez-vous. Parce que là, je n'étais pas à l'aise. Et c'est marrant, c'est mon corps qui la suit en premier. Ma tête me disait, elle est plutôt sympa, tu vois, elle ne dit rien de méchant, mais ta montre, tu vois, elle te parle, des fois, ce n'est pas si con ces trucs-là. Apprenons à nommer ce qu'on ressent, à lui donner de l'attention, donner de l'attention à nos sensations. A bientôt, ciao !