Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Encore une petite crève, donc je vais faire au mieux pour m'exprimer le plus clairement possible. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de vieillesse. Ce qui me fait penser à ça, c'est ma propre vieillesse. J'ai mal aux genoux gauche particulièrement, et je sens que j'en ai un petit peu abusé, à force de faire des sauts et du sport un peu de façon... un peu... frénétique par le passé. Et donc ça me confronte à mes propres limites et ça me confronte finalement au temps qui passe. Et le petit message derrière c'est « Hey, t'es pas éternelle, fais gaffe à toi et protège tes genoux quoi » . Cela m'amène à parler de cette peur de vieillir qu'on peut avoir et aussi la peur qui est véhiculée par la société. Et d'un côté, je mentirais si je disais que je n'avais pas quelque part un peu peur de vieillir, mais de l'autre, j'ai envie d'accueillir à bras ouverts ce phénomène totalement naturel et pourtant qui dérange tellement. Moi, ce qui me fait peur dans l'idée de vieillir, c'est la douleur, c'est la souffrance. C'est plutôt le manque de liberté, le manque de mobilité. Donc raison de plus pour moi. de travailler ma mobilité, de travailler ma flexibilité et d'ajuster aussi ma façon de faire du sport en fonction de mon âge. Alors bon, j'ai quasi 40 ans, j'en ai pas 80, mais voilà, quand même. Je sens que j'ai atteint un pic il y a quelques années et que tout doucement, mais sûrement, j'ai plus la même vitesse, la même explosivité, etc. On nous invite pas. à accueillir cette vieillesse avec bienveillance et avec douceur finalement. Et ça, c'est évidemment la faute aux réseaux sociaux. Quand on voit cette jeunesse, cette vitalité, cette fraîcheur, et cette fraîcheur quasi immortelle qu'on nous renvoie. Donc oui, la jeunesse attire, et puis probablement de base pour des raisons peut-être de survie de l'espèce. La jeunesse, c'est propre à l'accouplement et c'est propre à la vivacité. Seulement, on a tendance aussi à oublier que la mort fait partie aussi du cycle de la vie. Finalement, c'est quoi ? C'est la fin d'un cycle. On ne sait pas ce qu'il y a après, donc il y a cette peur de l'inconnu et la peur de quelque chose qui n'existe pas. et qui est finalement assez impensable. Quand on y pense, on ne peut pas vraiment saisir, comprendre quelque chose d'aussi abstrait que la mort, que la finitude. Et pourtant, je pense que ça mérite d'aller y faire un tour, non pas spécialement de mourir tout de suite, mais justement d'aller toucher un petit peu cette finitude, d'aller un petit peu regarder dans cette zone-là. Et en effet, les personnes âgées sont assez invisibles sur les réseaux sociaux. Et bon, quelque part, je me dis que c'est qu'une question de temps, parce que notre génération, dans 40 ans, je pense qu'on sera sûrement un peu old school, mais on pourra sans doute s'exposer un petit peu sur Instagram, Unco ou autres réseaux sociaux du futur. Et donc peut-être que nous serons un petit peu moins invisibles. Mais ce qui est extrêmement sournois, c'est que quelques influenceurs, célébrités que je ne nommerai pas, prônent. l'acceptation de soi. Et pourtant, ce sont ces mêmes personnes qui, par tous les moyens, par toutes sortes de filtres, etc., vont empêcher de montrer les traces de ce temps qui passe. Donc finalement, il y a une espèce de message un peu paradoxal. Acceptez-vous comme vous êtes, mais attention au temps qui passe. Heureusement, ce n'est pas le cas de tous, mais seulement... En étant influenceur aujourd'hui, je pense qu'on a une sacrée responsabilité, tant notre société est déglinguée et absolument happée par la peur, et donc les influenceurs, de par leur nom, influencent énormément, et je pense devront un petit peu faire gaffe à ça, mais bon. Et puis il y a tout le capitalisme autour de la jeunesse, aussi les crèmes, les opérations, les vêtements, tout un tas d'expériences. La vitalité, le culte de la performance. Effectivement, c'est vrai qu'on est performant quand on est jeune. Et vieillir, c'est aussi le signe de quelque chose qui ralentit. Donc c'est vrai que sur un plan un peu capitaliste, le rendement est un petit peu moins intéressant. Donc finalement, tout est fait pour ne pas trop aller du côté de la vieillesse. Mais j'ai envie de faire de la résistance. Et je pense qu'en accueillant un petit peu plus le concept de mort, on pourra un petit peu accueillir et accepter le concept de la vieillesse, qui est donc par nature, la nature. quelque chose d'inévitable. Pour ma part, avoir conscience du temps qui passe, avoir conscience de ma propre fragilité, de ma propre vulnérabilité, finalement ça me fait me lâcher un peu la grappe, ce qui est quand même plutôt cool quand on est un esprit un petit peu torturé. Personnellement, je ne reviendrai pour rien au monde dans les années précédentes, où j'étais franchement misérable. Et donc, moi je trouve Dans mes histoires d'amour notamment, c'est vrai qu'en y repensant, j'ai souvent été plus attirée par des personnes plus âgées, parce que je trouve que la maturité et la sagesse, c'est super sexy. Et ce qui m'intéresse finalement, c'est ça. Alors oui, il y a une beauté plastique, mais c'est un tout. Il suffit de voir des gens ultra canons qu'on voit, moi ça m'est arrivé de me dire « putain, il est beau, elle est super belle » et d'avoir envie de lui sauter dessus. Seulement quand on apprend à connaître la personne et qu'on voit qu'il ou elle est un peu con, eh bien, vous remarquerez que le physique, le plastique, est immédiatement teinté de cet aspect néfaste, en fait. Donc, la beauté plastique et l'esprit en ça sont un petit peu indissociables. C'est que ces personnes que je trouvais magnifiques auparavant, j'ai fini par les trouver moches, parce que c'était vraiment des gens burk. Donc, finalement, c'est un tout. Je trouve que c'est vraiment pas juste que les personnes âgées soient aussi invisibles et qu'on associe la vieillesse à... un Ehpad tout pourri, alors que c'est tellement de choses, c'est toute une histoire, c'est extrêmement précieux et ça mérite qu'on en prenne soin. Quand le corps change, ça bouscule. Et évidemment, avec les réseaux sociaux, le premier véhicule qui passe, c'est évidemment l'image. Et quand on voit que chacun, que tout et tout le monde se donne la permission d'écrire des horreurs, je pense notamment aux fameux haters, finalement, c'est un petit peu un cercle vicieux. Et ça donne encore plus envie de faire gaffe à son apparence. Seulement, il y a une différence entre avoir envie de se bichonner physiquement et carrément essayer d'arrêter, de figer le temps qui passe. Quel terrible message pour notre génération et la génération d'après. Et il y a ce déni aussi de la vulnérabilité. C'est vrai que ça rappelle la vieillesse, le manque de contrôle, la dépendance. Le manque de contrôle fait peur, c'est sûr. Comme je disais, moi j'ai peur de souffrir en fait. J'ai peur de ne pas réussir à marcher, ce genre de choses. La mort en elle-même ne m'effraie pas. J'ai une espèce de foi, je ne sais pas en quoi je crois, mais je crois en quelque chose. Je ne crois pas spécialement en un barbu au cheveu long, même si l'idée est très plaisante. Un beau barbu avec de beaux cheveux longs, bien sûr. Je crois en quelque chose, voilà, c'est comme ça. Je suis fascinée par l'univers, par l'espace-temps qui est modulable, l'éventualité d'univers parallèles, etc. Donc ça me fait tellement relativiser sur la notion de l'espèce humaine qui est réduite à un petit poids, même pas, un atome. Voilà, et cela me fascine. Et donc me fait relativiser sur ma propre condition. d'humains, ma propre condition d'humain fragile dont l'organisme ralentit tout doucement, mais sûrement. Il est temps de regarder cela en face. A bientôt, ciao !