Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai une crève carabinée, j'ai un bon 39 de fièvre, une fatigue absolument incroyable, la semaine a été dingue. On n'a pas dormi avec ma fille qui était malade et maintenant c'est mon tour. C'est un régal, j'ai eu du mal à me bouger, le plus dur aura été de mettre une culotte et un pantalon, mais je l'ai fait, me voici. Aujourd'hui, j'ai envie de parler du fait de vouloir changer l'autre. Je suis un petit peu avec ça, suite aussi à quelques commentaires que j'ai reçus dans le contexte de relations où l'autre pouvait être alcoolique ou non d'ailleurs. Ça pose de nombreuses questions sur ce qu'on est prêt à supporter par amour. C'est vrai que c'est très complexe parce que forcément, on veut aider les gens qu'on aime. on veut aider Les personnes en détresse qui nous sont chères. Mais jusqu'où est-ce qu'on peut aider les gens ? Jusqu'où peut-on changer l'autre ? S'ennuyer à son propre équilibre personnel et intime. Et je trouve que ce n'est pas évident de doser cela. Et on trouve ça souvent justement dans les schémas où il y a l'alcoolisme dans un couple et l'autre se plie en quatre pour... Pour que l'autre arrête, en fait. Mais souvent, c'est une démarche qui est tellement intime et qui est tellement indépendante de tous les facteurs extérieurs des autres, etc. Le désir d'arrêter l'alcool, il est profond, en fait. Et c'est vrai que ce n'est pas quelque chose qui se commande. Et c'est assez terrible parce que les alcooliques mentent. Ils changent d'avis, ils vont dans une forme de déni, puis ils en sortent, et puis ils se remettent à nouveau dedans. C'est un périple absolument épuisant. Et ça peut vraiment être un vrai calvaire pour le ou la conjointe. Et ça me fait penser d'une manière générale, jusqu'où est-ce que l'autre pourra changer. Et des fois, on ne change pas l'autre. C'est ça. Donc, au bout d'un moment, ça vient vraiment poser la question des fondements même de la relation et de ce qu'on veut, de ce qu'on est prêt à supporter. Et des fois, ça va très, très loin. Il n'y a pas que forcément des trucs où l'alcoolisme est impliqué. Il y a aussi des dynamiques du style « je veux que tu aies confiance en toi » , par exemple. « Je veux que tu ailles bien » . En voulant que l'autre aille bien, absolument. Donc l'alcoolisme, c'est un facteur parmi ces critères-là. C'est-à-dire que jusqu'où est-ce que l'autre pourra changer pour nous ? Jusqu'où est-ce que l'autre nous aime ? Si l'autre ne change pas pour toi, il y a un truc où tu es confronté, un vide un peu abyssal. Où est ma place là-dedans ? Si l'autre ne change pas pour moi, quelle posture j'ai ? Quelle place j'ai ? Dans notre relation, quelle place j'ai dans ce monde si on ne change pas pour moi ? Donc c'est vraiment très complexe, hormis le fait que certaines personnes ont eu l'habitude de faire des efforts absolument monstrueux pour réussir à se faire aimer, et des fois ces trucs-là, ça traîne pendant des lustres. Mais il y a aussi le fait de se confronter à sa propre impuissance, et ça, je trouve que c'est vraiment un truc extrêmement douloureux. Quand tu te rends compte que l'autre, il ne changera pas. En fait, il est comme il est. Je vois ça vachement autour de moi. Mais c'est vrai que c'est tellement tentant quand l'autre nous agace. Des fois, on veut changer. Mais des fois, j'entends certains couples qui disent « Ouais, il ou elle, elle est comme ça, il est comme ça. Puis, il ne change pas, il ne change pas. » Et ils tiennent toujours, toujours les mêmes discours. Et puis, à un moment, je leur ai dit « Mais tu sais, tu as conscience que... » qu'elle ne va pas changer pour toi. Donc à un moment, où est-ce que toi tu te situes dans cette relation ? Pourquoi est-ce que toi tu veux absolument la changer d'abord ? Donc c'est vraiment une danse qui peut devenir un peu malsaine si on ne fait pas gaffe justement à ça, à son équilibre personnel qui passe au bout d'un moment, on s'épuise et c'est là qu'évolue une forme de ressentiment. Voilà tout ce que j'ai fait pour toi. Et voilà comment tu me remercies en restant passif, en ne changeant absolument pas. Et des fois, c'est dans ces moments-là qu'il faudrait ou faire un break ou éventuellement rompre. Mais non, on reste. Et on s'épuise à vouloir changer l'autre absolument, par amour certes, mais pas que. Et puis quelque part aussi, on prive l'autre de sa liberté, sans le faire exprès bien sûr. On lui ôte un petit peu son libre arbitre, c'est-à-dire que je sais ce qui est bon pour toi. Oui, alors ce n'est pas une forme de manipulation machiavélique et consciente, c'est très complexe. Mais en se plaçant ainsi... dans cette posture de sauveur, ça peut questionner justement sur la place qu'on laisse à l'autre dans cette histoire. Et la réalité, c'est que l'autre, il est comme il est. Et soit, nous, on a aussi la liberté de faire des choix dans nos relations, aussi vertigineux que cela puisse paraître. Et c'est absolument terrifiant, finalement, quelque part, de se rendre compte qu'on est totalement impuissant. quant au déroulement de certaines choses, que l'autre ne fera pas telle décision parce que tu le dis. Donc c'est quelque part laisser entendre que l'autre a absolument besoin de toi. Le manque de confiance en soi n'est pas toujours là où on le pense. C'est parfois au sein même de la personne qui veut sauver l'autre, qui a besoin justement de se rassurer au sein de cette posture. Et donc c'est des dynamiques extrêmement complexes. Et donc je repense à l'alcoolisme. Ça peut vraiment être un combat épuisant, où on espère et puis on se casse la gueule, on pleure, ce sont des montagnes russes absolument dingues. Seulement, c'est un processus extrêmement intime, comme je disais, ce voyage vers la sobriété. Et si une personne alcoolique décide de devenir sobre, ça ne sera pas pour vous, mais pour Idoal. A bientôt. Ciao.