- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans la première saison des Lois naturelles, le podcast de la naturopathie holistique. Je suis Camille Langlet, étudiante en dernière année de naturopathie au Cenatho et fondatrice de ce podcast. Chaque jeudi, je vous invite en solo ou au travers de témoignages inspirants à découvrir les trésors que recèle la naturopathie et comment, grâce à des techniques simples et pleines de bon sens, vous pouvez prendre soin de votre santé et de tout votre être chaque jour un peu plus. La santé sur tous les plans de l'être est à notre portée. Bonne écoute ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode des Lois naturelles. Aujourd'hui, j'ai le plaisir et la joie d'accueillir Bernadette. Bernadette est avocate au barreau d'Ajaccio en Corse depuis près de dix ans. Intervenant principalement en matière familiale, son quotidien est fait de conflits conjugaux, de divorces, de séparations, de vies de couples déchirés. Passionnée par les relations humaines, Bernadette ressent pourtant impuissance et frustration dans l'exercice de sa mission. Quand bien même elle mène son client à la victoire judiciaire, il n'en demeure pas moins que la relation humaine entre les ex-époux ou partenaires de vie est et reste un échec. Face à ce constat, Bernadette ne se résigne pas. Elle décide de se former, dans un premier temps en qualité de médiatrice, afin de tenter de recréer un dialogue entre les protagonistes du litige. Cette formation révèle chez Bernadette une réelle passion pour la communication. Elle se forme alors à diverses techniques, dont la communication non violente. Mais la médiation ne comble pas toutes les attentes de Bernadette, qui se sent toujours limitée dans l'exercice de son métier d'avocat. En 2020, elle découvre le coaching et ses outils, d'abord pour elle-même, puis rapidement elle décide de s'y former, pour en faire bénéficier ses clients. Aujourd'hui, Bernadette exerce en tant qu'avocat coach, et elle est pleinement alignée avec sa pratique professionnelle. Alors, on peut se demander quel est le rapport avec la naturopathie. Étant moi-même juriste, dans ma première vie professionnelle, le parcours de Bernadette me touche personnellement, car en tant qu'avocate, elle a su réaligner sa profession et ses valeurs avec son métier. Je pense que son parcours est inspirant, au-delà de son histoire personnelle. La naturopathie a une vision holistique de l'être, il ne s'agit pas uniquement de bien manger, de faire du sport ou de se faire masser régulièrement, La naturopathie vise à un état d'harmonie de l'être, une congruence pleine et entière de toutes les facettes de son être, une adéquation des valeurs de la personne avec ses actes et son quotidien. Ainsi, exercer un métier dont on ne partage plus les valeurs ni le sens peut créer une disruption et éloigner du chemin de la santé. Personnellement, je suis admirative du parcours de Bernadette car elle a su créer son chemin, un chemin qui est inédit en faisant preuve d'audace et de courage. Bonjour Bernadette !
- Speaker #1
Bonjour Camille.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation. Je suis très touchée et très honorée de t'avoir sur ce podcast pour ce premier interview.
- Speaker #1
Merci à toi pour ton invitation et merci pour ta présentation qui m'a vraiment touchée.
- Speaker #0
Alors, je l'ai rappelé dans ton parcours, tu as décidé de te former à la médiation. Est-ce que tu pourrais nous expliquer pourquoi tu as été vers la médiation un peu plus en profondeur ? Qu'est-ce qui t'a animée et dans quel état d'esprit tu te situais à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, en fait, en 2018, je suis avocate à Ajaccio. Ça fait deux ans, j'ai créé mon cabinet. Il fonctionne. J'étais auparavant ex, j'étais en collab. Et j'avais fait vraiment le choix de créer mon cabinet, rentrer à Ajaccio, éguercer à Ajaccio. Et pourtant, j'ai cette prise de conscience en juillet, juin, juillet 2018, quitte que de ce que... ça ne fonctionne pas en fait, ça ne me convient pas en fait, le métier ne me convient pas, et je suis en recherche d'autres choses, je suis en recherche de reconversion, je suis en recherche d'autres choses, je me pose énormément de questions, et je décide d'écouter mon intuition. Et en réalité, mon intuition me dit, quand j'entends parler de médiation, mon intuition me dit il y a quelque chose pour moi et ce qui m'amène à commencer cette formation en médiation c'est il y a quelque chose pour moi, je sais pas quoi et j'ai envie d'écouter mon intuition, vraiment la première décision ça a été, je vais décider j'ai décidé et je décide d'écouter mon intuition et le premier choix ça a été je sens qu'il y a quelque chose pour moi, je vais vers la médiation, mais je sais absolument pas quoi en fait, je ne sais pas ce que je recherche
- Speaker #0
Et tout à l'heure, tu disais que tu sentais que le métier n'était plus fait pour toi. Qu'est-ce que tu as ressenti en fait ? Qu'est-ce qui se passait à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je n'allais tout simplement pas bien en fait, vraiment. Quand je quitte Aix, ça fait deux ans et demi que je suis en collab. et je quitte Aix parce que je ne suis pas bien. Et à ce moment-là, lorsque je suis à Aix, j'ai des crises d'angoisse, etc. Et en 2018, je suis surprise parce que j'ai ces mêmes symptômes qui reviennent et je ne vais pas bien physiquement, émotionnellement. Là, aujourd'hui, je te le dis avec le recul. À l'époque, la seule chose, c'est je vois que j'ai à nouveau des symptômes tels que des crises d'angoisse, etc. Et là, c'est le point de départ qui me dit Ah oui, je ne comprends pas, en fait. tout fonctionne professionnellement, donc ça devrait aller, et pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a un symptôme, et là, j'essaye vraiment de me dire, OK, il faut que je trouve... Là, j'ai cette sensation de... Il y a autre chose qui est possible. Et j'ai envie de trouver ce autre chose. Mais je pense que c'est plus... Ce n'est pas que l'aspect professionnel, c'est plus généralement dans tous les aspects de ma vie, je me pose énormément de questions. Et de toute façon, ça ne va pas physiquement. Ça ne va pas... Voilà, j'ai des symptômes, je suis fatiguée. Et là, en fait, je décide de commencer par... OK, j'ai une intuition, je vais l'écouter. Et là, je commence à lire des livres, des livres de développement personnel. Et je reste vraiment... ouverte aux signaux que j'ai dans mon corps. me donne, qui pour moi est mon intuition qui me parle. Et le premier signal, c'est cette formation de médiation qui dure cinq jours à Aix, en fait. Au départ, je pars pour cinq jours à Aix et pendant ces cinq jours, j'ai cette sensation de je suis au bon endroit au bon moment. Vraiment, pendant ces cinq jours, j'ai ces phrases qui sont là à différents moments de cette formation. Je suis au bon endroit au bon moment. où j'entends parler des émotions. Je comprends à un moment donné, je mesure qu'il y a des émotions, que c'est important d'écouter ces émotions, les besoins qui sont derrière les émotions. J'entends parler un petit peu de communication non-violente. Et là, ça me parle en fait. et ça correspond à tout ce que j'ai pas écouté jusqu'ici en fait. Moi, mes émotions, on m'a pas appris à les écouter, on m'a pas appris à les exprimer. Et ces quelques jours de formation m'ont permis déjà d'avoir des bribes d'autres choses en fait, de ce champ des possibles que je savais exister au fond de moi. Et là, en fait, c'est comme si, ok, j'ai envie d'aller plus loin. Et j'apprends en fait qu'il y a une formation sur un an pour devenir médiateur. et là en fait je sens que j'ai envie d'aller plus loin et une formation qui devait durer 5 jours finalement dure un an et demi et je passe le diplôme pour devenir médiatrice et vraiment il y a un autre dans cette formation de 5 jours le dernier jour on nous dit dans le cadre de la formation on cherche des personnes pour construire la paix dans le monde et là en fait le construire la paix dans le monde il y a vraiment je sens quelque chose qui s'allume en moi et me dit ok c'est ça en fait Et ça a vraiment été pour moi la première étape.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant ce que tu dis, parce que ton mal-être, il était au-delà d'un mal-être psychologique. Tu le ressentais dans ton corps physique.
- Speaker #1
Complètement. Je le ressentais dans mon corps physique, et puis finalement, il n'y avait aucune raison. Quand j'étais en collab, je me sentais surmenée, ça ne me convenait pas. Je ne me sentais pas au bon endroit, je ne voulais plus vivre à Aix. Tu vois, à ce moment-là, je me suis dit, OK, il y a des signaux dans mon corps. J'étais à deux doigts du burn-out, clairement. Je savais pourquoi j'avais des signes à Aix. J'étais à deux doigts du burn-out. Quand je suis à Ajaccio, je ne comprends pas, en fait. Tout devrait aller, en fait, parce qu'en apparence, tout va bien. Mon cabinet fonctionne, je vais bien. Je n'ai aucune raison d'avoir ce type de symptômes et de me dire encore une fois... j'ai envie de raccrocher la robe, clairement. Ce métier ne fait pas sens pour moi. Et en fait, j'ai cette sensation à ce moment-là d'avoir tout essayé. Parce que j'ai créé mon cabinet, je ne suis plus collab, parce que je suis dans la ville où je veux vivre, et que c'est un choix du cœur aussi de rentrer vivre à Ajaccio, dont je suis originaire. Donc je ne comprends pas, en fait. En fait, mon mental ne comprend pas ce qui est en train de se passer. Et je me dis, par contre, j'ai cette sensation de... J'ai une intuition. j'ai envie d'écouter cette intuition et de voir finalement, je sens qu'il y a autre chose qui est possible. Vraiment, c'est ce qui se passe à l'intérieur de moi à ce moment-là.
- Speaker #0
Et quand tu décides d'aller suivre cette formation de médiation, tu le fais plutôt pour tes clients, j'imagine ?
- Speaker #1
Pas du tout, en fait.
- Speaker #0
Tu le fais pour toi ?
- Speaker #1
Vraiment. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, en fait, à ce moment-là, je le fais, oui, pour moi. Je le fais parce que, pour une fois, le mental n'entre pas en ligne de compte. je le fais pour moi. En fait, je suis dans un stade de ma vie où ce métier ne me correspond plus, donc je suis en recherche d'autre chose. Je suis en recherche de reconversion. Et je me souviens que quand je m'assieds et que je comprends, parce que vraiment je m'assieds sans savoir exactement ce qu'est la médiation. Enfin, je veux dire, là, le mental n'est entré à aucun niveau, à aucun plan dans la prise de décision. Et je me souviens que là, j'apprends. qu'on peut être avocat et médiateur. Et à ce moment-là, c'est rigolo avec le recul, parce que j'ai même presque une déception de me dire, non, mais moi, je cherchais autre chose. Et là, maintenant, on me dit que je peux faire les deux, alors que ce n'était pas du tout le deal. Moi, je voulais vraiment autre chose. Ou je sentais qu'il y avait quelque chose pour moi. Après, ce qui s'est passé et que je n'avais pas prévu, c'est que j'entre dans un autre monde où j'apprends, je comprends, je perçois qu'on nous enseigne qu'il y a des modes de communication. On nous enseigne qu'on peut être au cœur du conflit et essayer de trouver des solutions, des solutions qui soient satisfaisantes pour chacune des parties. Et là, en réalité, la première chose que ça révolutionne, c'est mon métier. C'est-à-dire que moi, ces outils de communication, ces outils qu'on nous donne dans le cadre de la médiation, je vais d'abord et surtout avoir envie de les mettre au service de mes clients, dans mon métier d'avocat. En fait, c'est venu à moi comme une évidence. Je me suis dit, wow, en fait, tout ça, je vais le mettre dans mon métier d'avocat. Oui, il y aura un métier de médiateur, effectivement, ou j'ai envie d'exercer mon métier d'avocat. en donnant la possibilité à mes clients de trouver des solutions, parce que je sens à ce moment-là, et je perçois aussi que, effectivement, j'interviens en matière familiale. Jusqu'ici, dans l'exercice de mon métier, avec le recul, je me suis toujours sentie limitée. je sentais bien que les personnes en face de moi avaient des émotions et que quand c'était plus ou moins compliqué, je n'arrivais pas à les apaiser, je n'arrivais pas à percevoir ce qui était là pour elles. Je me sentais limitée dans l'exercice de mon métier et je sentais bien que tout ce qui se jouait devant le juge ne me convenait pas de la façon dont les choses se passaient. et lorsque j'ai eu ces outils de médiation je les ai avant tout intégrés dans le cadre de mon métier et là je les ai mis au service de mes clients ça m'a vraiment permis de faire un travail intra-personnel avec eux j'arrivais vraiment, et j'arrive aujourd'hui à leur poser les bonnes questions, les justes questions pour savoir ce qui est là pour eux pour vraiment travailler depuis les émotions, depuis les besoins créer véritablement un projet essayer de les apaiser, vraiment essayer d'être dans une démarche gagnant-gagnant en réalité. D'organiser la séparation au-delà de ce qui s'est passé dans le couple dès lors que les circonstances le permettent, bien sûr.
- Speaker #0
Donc finalement, c'est en suivant ton cœur que tu as réussi à retrouver de l'engouement pour ton métier.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
alors que tu souhaitais le quitter.
- Speaker #1
C'est ça. C'est ça. C'est vraiment venu à moi naturellement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça qui est incroyable. Quand tu as arrêté de réfléchir et que tu as suivi ton élan, finalement, les choses se sont réajustées d'elles-mêmes.
- Speaker #1
C'est ça. Et ça, c'était vraiment... La médiation, ça a été la première étape parce qu'après, les choses ont commencé à se réajuster. Là, vraiment, il y a eu, on va dire, pour moi, la médiation, je le vois comme un premier ajustement. Après, c'est vrai que... Et ça rejoint ce que tu disais dans ta description, c'est que là, véritablement, j'ai perçu aussi que j'étais passionnée de communication. Donc, il y a aussi autre chose qui s'est jouée pour moi à ce moment-là, c'est que j'ai eu envie de continuer à me former. à titre personnel, au-delà de l'aspect professionnel, aux outils de communication et au-delà de la formation médiation que j'étais en train de faire. J'ai fait des stages de communication non-violente à titre personnel parce que vraiment, c'était quelque chose qui m'intéressait et qui me passionnait. J'ai lu énormément de livres sur la communication non-violente, sur les conversations. sur la communication, sur les relations humaines, sur les relations de couple. C'est vraiment quelque chose qui m'a passionnée, vraiment. Et je me suis dit, c'est vraiment autre chose qui est possible, oui, effectivement. Ça existe et il y a des outils, il y a des clés, des clés pour appréhender la relation de couple, la relation à soi, la relation aux autres, la communication, ça s'apprend. Et là, c'est vrai que... au fur et à mesure que je me transformais moi-même dans les outils que je découvrais ça avait on va dire un impact dans mon métier aussi et dans ma façon d'appréhender mon métier et mon activité professionnelle
- Speaker #0
Oui, c'est sûr qu'il y a une interdépendance. On n'est qu'une seule et même personne. Donc forcément, ce que tu apprends au niveau personnel rejaillit dans ton travail et inversement. Et c'est ça qui est fantastique parce que finalement, avec cette formation, tu as réussi à réunir deux parts de toi quelque part.
- Speaker #1
C'est ça. C'est vraiment la première fois où, oui, j'arrive à réunir deux parts de moi. C'est vraiment cette formation qui m'a énormément apporté. Elle m'a permis de réunir. de part de moi, et j'irai même plus loin, m'a permis de réunir toute la part de moi. Parce que ce sont des outils qu'on essaye d'abord sur soi, parce que je pense qu'on ne peut pas les mettre au service de nos clients, je ne peux pas les mettre au service de mes clients si nous ne les avons pas expérimentés, qu'ils ne font pas sens pour moi. et ça m'a permis de mieux me connaître. Et au fur et à mesure que j'ai appris à mieux me connaître, je me suis alignée avec qui j'étais et j'ai fait en sorte que mon exercice professionnel me ressemble. Quand je dis ça, je pense à la formation médiation et je pense aussi, bien évidemment, aux outils de coaching.
- Speaker #0
Voilà, j'allais y venir justement, parce qu'il y a eu la médiation, ça a été vraiment le premier grand changement, tant au niveau personnel que dans ta pratique. mais là c'était vraiment comment dire un premier pas il y a eu des pas suivants et là t'as été vers le coaching après alors explique-nous un petit peu donc la deuxième étape c'est 2020 lorsqu'il y a le confinement vraiment
- Speaker #1
2020 lorsqu'il y a le confinement Mon activité professionnelle est comme tout le monde dans le monde entier, elle est suspendue en fait, elle est à l'arrêt. Il n'y a plus… les tribunaux ne fonctionnent plus, donc je me retrouve confinée à la maison, mon activité professionnelle en suspens. et je prends du temps pour moi, je me pose des questions d'un point de vue professionnel, et c'est là que je commence à suivre Anne-Claire Méret, et c'est par son biais que j'entends parler du coaching, et que j'entends également parler de santé naturelle, et à ce moment-là, en fait, j'ai eu une deuxième prise de conscience, c'est que jusqu'ici, en réalité, je n'étais pas allée jusqu'au bout, en fait. Et j'avais... j'avais mon mental qui me retenait, j'avais des limitations en fait, où je n'osais pas en fait exercer mon métier complètement de la façon dont je souhaitais. Donc à partir de là, en 2020, je me dis Ok, je sens qu'il y a encore des choses qui ne fonctionnent pas dans mon métier. Je ne suis pas complètement, on va dire, épanouie dans mon métier, malgré tous les changements que j'ai amorcés. Donc là, je me dis Ok, quand j'entends parler de coaching, je me dis, je décide de me faire coacher moi-même. Donc je me fais accompagner à la sortie du confinement. Et j'ai une première prise de conscience où je me dis… je me donne deux ans, en fait. Là, je sens que, OK, je me donne deux ans pour voir si vraiment mon métier me correspond. Il y a des choses que je veux faire, je sais ce que je veux, je sais ce que je ne veux pas. Jusqu'ici, il y a des choses que je ne voulais pas, mais que je ne m'autorisais pas à faire. Maintenant, en fait, je décide qu'effectivement, il y a des peurs du mental et que je vais aller au-delà des peurs du mental et que je vais écouter complètement et pleinement mon intuition. que je vais me laisser deux ans pour voir ce que je vais faire de mon métier et je vais me former au coaching. Très rapidement, c'est la décision que je prends. Alors, autant la prise de décision de la médiation, c'était vraiment uniquement intuitif et je ne savais pas où j'allais, autant quand je prends la décision de me former au coaching, je sais précisément où je vais. C'est-à-dire que je suis à un stade professionnel où... Je sens que dans l'exercice de ma profession d'avocat, il y a encore des blocages. Il y a des fois où je suis frustrée et où je me sens limitée, parce que j'ai bien conscience qu'il y a quelque chose qui se joue à titre intrapersonnel dans la gestion du conflit, lorsqu'il y a une séparation, et j'ai l'impression qu'il me manque des outils. et quand je commence à entrevoir ce qu'est le coaching, je me dis, ah oui, ces outils-là, les outils de coaching sont intéressants et peuvent m'aider, je me dis, c'est ce qui me manque, peuvent m'aider à transformer mes clients, peuvent m'aider à... à créer quelque chose de différent peuvent m'aider vraiment à accompagner mes clients sur un autre plan que la médiation en fait. Parce que les outils de médiation, c'est des outils de créativité, des outils de communication. Avec le coaching, on fait un travail... très personnelle avec la personne. Il y a des outils de questionnement, on s'interroge sur les valeurs, les besoins, les projets. Donc vraiment, il y a un travail plus en profondeur que je peux faire. Outils de coaching et de coaching de communication, parce que je découvre ça aussi. Et c'est vraiment les deux, je décide de me former à des outils de coaching de communication et à des outils de coaching parce que je perçois que c'est un métier avec une certaine posture et que je veux vraiment être formée pour exercer ce métier. à ce moment-là, je ne sais pas encore si je vais être uniquement coach, si je vais poursuivre mon métier d'avocat, je me laisse vraiment deux ans. Et c'est au fil du temps, finalement, que je me rends compte que, quand ma formation se termine, on est en 2021. Lorsque ma formation se termine, je me dis, ok, là, je veux toujours être avocate. Pour l'instant, je ne me vois pas raccrocher la robe. Je sens qu'il y a quelque chose au fond de moi qui me dit, les deux ans ne sont pas encore passés, on est à mi-2021, ma formation de coaching n'est pas terminée, mais au fond de moi, je sens qu'il y a quelque chose qui me dit, non, je ne peux pas raccrocher la robe, ce n'est pas possible. Et je décide de voir si je peux être à la fois coach et avocate. Ça, c'est la première décision que je prends. Je vois que c'est possible. Et donc, je décide d'être avocat coach. Et finalement, avec le fil du temps, je prends la décision d'être avocat coach avant les deux ans, en fait.
- Speaker #0
Oui, parce qu'avocat, ce n'est pas anodin comme métier. C'est un métier qu'on fait par passion, avec son cœur. donc c'est vrai que même si on décide d'arrêter ce métier et comme on dit dans le jargon de raccrocher la robe il y a toujours une souffrance du coeur c'est pas rien quoi et alors quand tu décides d'aller vers le coaching t'es dans le même état d'esprit que quand tu décides de faire la médiation t'as aussi ces sensations physiques ou c'est plutôt le confinement qui t'a poussé vers cette réflexion ?
- Speaker #1
Non, vraiment c'est plutôt le confinement qui m'a poussé vers cette réflexion j'ai quand même à cette époque là effectivement, j'ai plus ces sensations physiques, j'ai plus les symptômes, parce que justement, je pense qu'à ce moment-là, je suis presque à l'équilibre. C'est juste... disons que quand je sens que je peux aller plus loin en fait je suis presque à l'équilibre et pourtant je sens que c'est pas encore complètement ça et c'est là que avec le coaching je fais un travail sur les pensées un travail sur le mental mais aussi quelque chose qui m'a énormément inspirée c'est aussi ce que partage Anne-Claire Merret Anne-Claire Mireille parle énormément à cette époque-là de santé naturelle, on est en 2020, et il y a vraiment cette idée dans la santé naturelle, il y avait Anne-Claire Mireille qui m'a beaucoup inspirée et Doc Laloune. et en fait elle parle de santé naturelle et du fait de redonner le pouvoir dans le domaine de la santé que la personne reprenne le pouvoir dans le domaine de la santé et ça, ça m'a vraiment inspirée parce que j'ai perçu des choses où j'ai envie de transposer à mon métier en me disant en tant qu'avocat j'ai envie de redonner le pouvoir dans le domaine juridique, dans le domaine de la justice dans le domaine de la séparation à mes clients et en fait de permettre à mes clients de communiquer par eux-mêmes, de permettre à nos clients d'avoir des outils. C'est ça la différence que je fais entre la médiation et le coaching. C'est qu'avec la médiation, j'avais l'impression que les gens n'allaient pas vers l'autonomie. C'est-à-dire qu'ils faisaient appel à moi en tant que médiateur, je les accompagne sur un aspect de leur vie, et je ne les rends pas autonomes en fait. Tandis que les outils de coaching, l'idée c'est vraiment cette idée d'autonomie et de travailler non pas uniquement sur l'aspect relationnel. sur l'aspect relationnel et intra-personnel, en fait. Et j'ai eu envie vraiment de me dire, OK, je sais ce que je veux faire à ce moment-là. Tout ce que dit Anne-Claire Mireille, Doc Laloune, ça m'inspire. Donc, je veux de la même façon permettre à mes clients de reprendre leur pouvoir personnel dans le domaine de séparation. Et là, j'ai cette prise de conscience que, en réalité, oui, les gens peuvent se séparer. Et l'organisation de leur séparation devrait être... de leur ressort en fait. Ça devrait être à eux de s'asseoir autour d'une table et d'essayer d'être aidés, accompagnés par des avocats, par des professionnels, pour organiser leur séparation. de façon gagnant-gagnant. Quelque chose, trouver des solutions qui soient satisfaisantes pour tout le monde. Et finalement, aller devant le juge, si les circonstances le permettent, ça devrait être uniquement pour venir homologuer un accord qui a déjà été trouvé par les personnes. Donc, il y a vraiment cette idée de réinvestir sa séparation, en fait. Réinvestir et organiser sa séparation.
- Speaker #0
C'est un peu l'idée des dernières réformes qu'il y a pour aller vers une simplification du divorce, mais en même temps, il n'y a pas les outils derrière. Si on arrive à être dans cette situation-là, c'est qu'il y a forcément aussi un défaut de communication quand on va voir l'avocat. Donc toi, finalement, aujourd'hui, tu retrouves pleinement ton rôle d'avocat, de conseil. Tu redonnes leur responsabilité aux clients qui sont à, on va dire... avisés par tes conseils, ils redeviennent pleinement maîtres des décisions qu'ils vont prendre pour eux parce qu'en fait, c'est leur situation.
- Speaker #1
C'est ça. Et je leur dis souvent, je sais que je ne sais pas pour vous. et pour moi c'est vraiment ça qui est important c'est qu'ils prennent leurs décisions par eux-mêmes qu'ils voient qu'ils en sont capables et que finalement organiser sa séparation c'est aussi organiser la suite l'avenir aussi bien pour eux que pour les enfants un avenir plus ou moins proche en fait Et c'est là que j'ai vraiment pris pleinement ma place dans mon métier d'avocat. C'est là vraiment que je me suis dit, ok, je suis au service de mes clients, mon métier fait pleinement sens, et c'est vraiment avec toutes ces facettes, et en me disant, j'aide mes clients à organiser leur séparation de manière amiable, à les aider à créer des accords gagnants-gagnants, les accompagner, avec nos outils de coaching, avec nos outils de communication, avec aussi l'aspect juridique, pour les aider à prendre par eux-mêmes leurs propres décisions, que là, vraiment, je me suis dit, c'est ma façon d'exercer ce métier.
- Speaker #0
C'est super intéressant. Je trouve que c'est vraiment important de replacer le contexte et la place que doit avoir l'avocat. Et de façon générale, dans notre société, on est déresponsabilisés. Alors, en tant qu'avocat, tu es vraiment là pour faire la lumière sur la réglementation, mais tu ne vis pas la vie des gens à leur place, que ce soit dans les situations de couple, au travail. Donc, c'est à eux de prendre les décisions. Et là, grâce à ces outils... tu arrives à remettre du dialogue et à ce qu'ils soient capables de prendre leurs décisions. Et ça, c'est super.
- Speaker #1
Qu'ils soient capables de prendre leurs décisions. Et c'est vrai que ça me fait penser aussi, effectivement, il y a l'aspect communication. C'est-à-dire que l'objectif avec les outils de communication, c'est qu'ils soient capables par eux-mêmes de recréer le dialogue avec leur ex. parce qu'ils peuvent être parents et que lorsqu'on est parent, il y a un besoin de communication. Donc, c'est vrai qu'avec les outils de coaching et de communication... ce qui est aussi possible, c'est que je leur permette, je leur transmette des outils de communication de façon à ce qu'ils soient en mesure d'avoir des outils pour communiquer par eux-mêmes et pour être pleinement autonomes, y compris dans la communication. Vraiment qu'ils voient, qu'ils puissent se concentrer sur leur cercle d'influence et avec des outils se rendre compte que oui, ok, ça peut être challengeant, oui, ok, ça peut être difficile. où on a notre part de responsabilité. Et c'est important parce que dans une relation, on a chacun 100% de responsabilité. Et sur quoi est-ce qu'on peut agir ? Comment est-ce qu'on peut faire pour créer ou recréer la communication avec une personne s'il y a une nécessité ?
- Speaker #0
Mais moi, je ne savais pas qu'on pouvait être avocat et coach en même temps. Et je trouve que c'est vraiment super. Ça vient colorer ta pratique et c'est vraiment bénéfique. Alors, j'imagine que les clients doivent venir aussi pour cette couleur particulière, non ?
- Speaker #1
Alors, aujourd'hui, oui. Parce qu'aujourd'hui, j'ose effectivement...
- Speaker #0
communiquer là-dessus, en fait, je pense. Et ça a fait aussi partie du processus. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, clairement, soit ils viennent spontanément vers moi parce qu'ils savent comment est-ce que j'exerce, soit je leur dis et je leur communique, je leur métacommunique ma façon d'exercer. C'est aussi important parce que c'est important. Moi, j'envisage mes rapports avec les clientes d'un point de vue aussi gagnant-gagnant. Donc, c'est important aussi. que ça leur corresponde, que ma façon d'exercer le métier leur corresponde. Donc, soit ils viennent d'eux-mêmes parce qu'ils ont visité mon site ou parce qu'ils ont entendu parler de moi. Et si ce n'est pas le cas, et je leur pose toujours la question, si ce n'est pas le cas, de toute façon, et même si c'est le cas, je leur explique toujours ma façon de travailler de façon à ce qu'on voit ensemble si ça leur correspond parce que c'est quand même important.
- Speaker #1
c'est une relation de confiance c'est une collaboration et t'as déjà eu des clients qui n'ont pas adhéré à ce processus ? cette façon de travailler ?
- Speaker #0
disons qu'il peut y avoir des clients potentiels pas des clients eux-mêmes mais des clients potentiels les gens peuvent ne pas rechercher ça en fait il peut y avoir des personnes qui recherchent toute autre chose après généralement j'ai pas eu forcément le cas mais lorsque la personne prend attache avec moi, on voit bien l'une ou l'autre si on a envie de travailler ensemble c'est la première décision en fait et on peut ne pas avoir envie de travailler avec un avocat qui négocie ou un avocat coach, c'est parfaitement OK, en fait. Je pense que quand la personne recherche un avocat, et je pense que ça doit se faire des deux côtés, il y a vraiment une relation qui se crée. Et je pense que c'est important que l'on soit sur la même longueur d'onde, en fait.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et est-ce que tu exerces aussi que du coaching à part, séparément ?
- Speaker #0
Oui, j'ai également du coaching à part séparément. Et dans le coaching, je coache également les confrères.
- Speaker #1
Super, ça c'est une belle partie.
- Speaker #0
Oui, ça c'était la belle partie qui n'était pas prévue au départ et qui est venue également naturellement.
- Speaker #1
On parle beaucoup du coaching aujourd'hui et ça peut ressembler à un effet de mode. Et je trouve intéressant que tu montres comment finalement ça peut s'inscrire dans toutes les professions et ce qu'elle apporte, toi, ça t'a permis d'acquérir dans ton métier.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'on parle beaucoup de coaching. Après, moi, j'ai vraiment été vers le coaching parce que je ressentais l'unité dans mon métier. Après, c'est vrai que, comme tu le disais tout à l'heure, je suis allée vers le coaching avant tout pour moi parce que je me suis posé deux questions et j'ai eu envie d'aller plus en profondeur. J'ai vu vraiment les potentialités du coaching. Et comme j'avais découvert déjà... les outils de communication, les outils de médiation, je me suis dit, ah oui, ça c'est vraiment intéressant. Je l'ai fait en conscience, je me suis dit, j'ai envie de me former à ça parce que ça peut être utile à mes clients. Vraiment, la première idée, c'était celle-ci. Parce qu'une chose qui était certaine, c'est que quand je prends cette décision en 2020 de me former au coaching, je ne sais pas si je vais rester avocate. mais je sais que je veux rester dans l'accompagnement parce que je sais que l'accompagnement me plaît et que vraiment ma vie est ma réalité et aujourd'hui comment tu te sens ?
- Speaker #1
tu te sens pleinement alignée ?
- Speaker #0
aujourd'hui je me sens pleinement alignée je me sens pleinement à ma place et j'aime mon métier c'est super et vraiment c'est c'est ouais j'aime mon métier et c'est même surprenant parce que je m'entends le dire de nombreuses fois et j'ai pas été habituée à ça c'est à dire que là je rentre dans ma 13ème année de bar et j'ai dû et finalement c'est au bout de plus de 10 ans je suis arrivée c'est vraiment j'ai commencé vraiment à me dire j'aime mon métier l'année dernière donc vraiment je trouve que c'est surprenant et c'est intéressant parce que je me dis aujourd'hui heureusement que je me suis écoutée et que je n'ai pas raccroché la robe parce que je serais passée à côté de quelque chose et ça aurait été bien dommage en fait
- Speaker #1
Oui, parce que c'est un très beau métier. C'est un métier qui est difficile, mais c'est un très beau métier qu'on fait avec son cœur. Donc, c'est un très beau parcours et je suis très heureuse qu'on ait pu en parler. Je te remercie beaucoup pour ton partage.
- Speaker #0
Mais merci à toi Camille. Et tu vois, ce que je me dis aussi, ce qui est vraiment important, c'est que c'est un métier où il y a, je crois, qu'il y a autant d'avocats, il y a autant de façons d'exercer ce métier qu'il y a d'avocats. Et je pense que le plus important, c'est d'exercer ce métier d'une façon qui nous ressemble. Et c'est vraiment en réussissant à trouver ma façon d'exercer ce métier et d'une façon qui me ressemble, d'une façon qui me correspond. entièrement et totalement que j'ai aimé ce métier.
- Speaker #1
Et tu nous montres que c'est possible. Et c'est très inspirant.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Où est-ce qu'on peut te retrouver, Bernadette ?
- Speaker #0
On peut me retrouver sur mon site internet, on peut me retrouver sur les réseaux sociaux, Instagram et LinkedIn également.
- Speaker #1
Super. Merci beaucoup pour ton témoignage et ton partage.
- Speaker #0
Merci à toi pour ce moment et pour cet échange.
- Speaker #1
Moi, je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode des lois naturelles dans lequel on parlera immunité. À jeudi !
- Speaker #2
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