- Speaker #0
Bienvenue dans les petites histoires de Michel, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cette art-outil de bois mangé que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. nous ferons des visites dans le jardin source d'émerveillement et d'abondance et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée belle écoute à vous Au fil de l'été, je vous propose un programme d'évasion in vino veritas. Cet épisode où nous allons, à travers des entretiens, à la rencontre de Pierre Walsh qui tenait une franchise sommellerie de France à Bruminte. Le vin est au cœur de ces échanges où se révèle le charisme de ce personnage que j'ai eu la joie de croiser sur ma route. alors installez-vous avec un petit rosé bien frais pour savourer pleinement ces micro voyages au pays du vin au cours de ce deuxième épisode de notre série d'été in vino veritas Dans nos entretiens avec Pierre Walsh, nous évoquons comment s'est passée notre rencontre à l'escalier.
- Speaker #1
Alors là, je pense que la vie c'est une succession de hasards, de coups de chance, d'opportunités et surtout de rencontres.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Moi c'était... Un humaniste, Jean Meyer, vigneron au passage, qui m'avait dit... Je suis à Brumath, j'ai ouvert un magasin de... Il m'a coupé la parole, il m'a dit... Brumath, c'est là où il y a l'Escalier ? J'ai dit, quel escalier ? Je pense qu'il y en a plein des escaliers à Brumath. Il m'a dit, non, le jardin de l'Escalier. Écoute, je ne sais pas. Bon, ça faisait 15 jours que j'y étais. Donc, on était encore... Le magasin sentait encore la peinture fraîche. Donc, l'escalier, non. Il m'a dit, écoute, il faut que tu ailles voir. C'est un lieu magique.
- Speaker #0
Alors, juste pour dire... Je vais vous dire comment Jean Meyer, de la maison Joss Meyer, a connu l'Escalier. En fait, j'ai exposé François Bruetschy, un artiste mulhousien à qui il avait confié des étiquettes pour certaines de ses bouteilles. Et il était venu à cette expo de François Bruetschy à l'Escalier, dans la galerie d'art de l'Escalier. Et c'est comme ça qu'il nous a connus et qu'il a découvert le jardin.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, en fait... Je me suis dit, pas tout de suite, parce qu'au début, quand on ouvre un magasin, c'est un tout petit peu compliqué, mais dès que j'ai eu le temps, je me suis dit, il faut que j'aille voir ce jardin de l'Escalier. Mais je n'avais aucune idée de ce qu'était un jardin avec un escalier, ou un escalier avec un jardin. Donc je suis arrivé, c'était fermé, je suis rentré. J'étais encore dans le stress de l'ouverture de ce magasin, savoir si ça fonctionnerait, si ça ne fonctionnerait pas. Je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? Je n'ai pas pu le définir en fait. Et quand tu ouvres un magasin, c'est très cartésien. Il faut qu'à la fin du mois, tu aies tant et tant de rentrées d'argent pour payer ton loyer, ton truc, et partir un peu dans le côté spirituel ou philosophique. Tu n'as pas le temps, parce que tu es vraiment les deux pieds. Et tous les soirs, tu comptes les sous pour voir si tu arrives à équilibrer ton truc. Et donc là, on a très rapidement... Il y avait à l'époque une association de l'escalier où il y avait des repas de temps en temps. et qui étaient des petits repas sympas, il fallait des petits vins sympas, et il fallait trouver des vins qui n'explosent pas le budget.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et on a trouvé, on a toujours trouvé. Oui, oui. Et des vins en adéquation avec...
- Speaker #0
C'était toute l'époque où on faisait des événements artistiques très pointus, où ma sœur, excellente cuisinière, avait proposé de faire des repas pour... alimenter la caisse de l'association pour nous donner une autonomie. Voilà. Et donc, on articulait un repas au travail de l'artiste. Voilà. Donc, au niveau du contenu du menu. Ma sœur avait des entrevues avec les artistes qui parlaient de leurs préférences, qui parlaient de leur travail. Et elle traduisait ça en culinaire. Et c'était des recherches d'un mois. Je sais que pendant un mois, je dégustais tous les jours. Écoute, goûte ça pour voir. Ça va ? Tu crois que ça va ? Qu'est-ce que je rajoute ? Qu'est-ce que j'enlève ? C'était hyper riche et ça générait des événements avec une densité...
- Speaker #1
Je me souviens d'une dégustation où l'artiste avait peint des cargos, des bateaux.
- Speaker #0
Oui, c'était... C'était... Ah ça y est, son nom m'échappe. Mais oui, oui, oui.
- Speaker #1
Et donc Anne-Marie avait fait des plats avec des pays où chaque fois il y avait un port.
- Speaker #0
Des escales.
- Speaker #1
Des escales. Et moi j'avais trouvé des vins avec un vin qui s'appelait La Côte, La Falaise. Oui, exactement.
- Speaker #0
C'était vraiment...
- Speaker #1
Voilà, des connotations marines. Il y avait la cuvée marine d'ailleurs aussi. Oui, oui. Et on avait... Pareil, on essayait toujours de trouver... Tu te souviens quand il y avait l'artiste Le Noir ?
- Speaker #0
Oui !
- Speaker #1
Je ne sais pas si on peut le dire.
- Speaker #0
On va le dire.
- Speaker #1
On va le dire. Oui. On peut le dire.
- Speaker #0
Parce qu'on a joué dessus, en plus. Il était d'accord. Oui.
- Speaker #1
On peut le dire.
- Speaker #0
Oui, on peut le dire.
- Speaker #1
Comme dirait Pierre D'ac.
- Speaker #0
On peut le dire.
- Speaker #1
On peut le dire. Oui, c'est un artiste.
- Speaker #0
Non, ce n'était pas lui, l'artiste.
- Speaker #1
Ce n'était pas lui ? Non,
- Speaker #0
c'était mon ami Anke Vrijs, avec qui j'avais fait la résidence artistique en Crète. Et elle exposait. C'était la première expo dans la nouvelle galerie au rez de chaussée.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et elle était malade, mais malade pour cet événement. Et elle ne voulait pas que ça tourne autour d'elle.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et elle avait proposé à cet homme qui était son modèle.
- Speaker #1
C'était son modèle.
- Speaker #0
C'était pour les dessins de nus.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
Oui, sculpté.
- Speaker #1
Oui, c'était une sculpture grecque, mais noire.
- Speaker #0
Noire.
- Speaker #1
Voilà, noire.
- Speaker #0
Justement, parlons des vins que tu avais.
- Speaker #1
Voilà. Et là, on avait fait un truc, on avait osé la chose. J'avais ramené un vin qui s'appelait la folle noire. Oui,
- Speaker #0
ça lui correspondait.
- Speaker #1
Et ça lui correspondait. C'était génial. J'ai des souvenirs un petit peu comme ça. C'était assez étonnant.
- Speaker #0
Alors là, tu es entré dans le registre des repas qui étaient associés aux événements artistiques qu'on produisait.
- Speaker #1
Ça a démarré comme ça.
- Speaker #0
Et ça a démarré. Ah oui ! Tu vois, moi, j'avais zappé cette case-là. Après, tu as toi-même orchestré, on va dire, des dégustations spécifiques autour de certains vins. Moi, j'ai des souvenirs de vins du Sud-Ouest, du Languedoc. Avec Isabelle Josmeyer, Jean Josmeyer. Si tu peux peut-être entrer dans cette...
- Speaker #1
Voilà. En fait, dans mon magasin, j'organisais souvent... Je faisais venir un vigneron. Le vigneron passait le samedi à la cave. Oui. Présenter ses vins.
- Speaker #0
Deux tapis, parce que moi...
- Speaker #1
D'accord. Présenter ses vins. Et donc, en fait... Non, non, mais je ne tapis plus. Voilà. Et présentait ses vins. Mais je sentais qu'en fait, le samedi, comme il y a eu plein de monde, on n'arrivait pas pour... Enfin, ils sont tous bons, les clients. Mais les meilleurs clients, comment dire, que j'avais vraiment envie de gâter. Les meilleurs clients, ce n'est pas ceux qui achètent le plus. Les meilleurs clients, c'est ceux qui comprennent le mieux la dégustation du jour. La veille, au soir... Je réunissais 30 clients, on venait à l'Escalier et on faisait une soirée sur les vins qu'il allait présenter le lendemain. Et surtout Anne-Marie faisait des plats en rapport avec la région d'où venait le vin. Et c'était une soirée, on aurait pu appeler ça un peu dans le langage un peu chanchon VIP. Oui. Voilà. Mais on passait toujours des très très bons moments. Et puis on avait fait donc une dégustation avec une balade dans le jardin.
- Speaker #0
Oui. Oui, avec justement
- Speaker #1
Isabelle Jossmeyer.
- Speaker #0
Les vins de Jean Meyer. Isabelle Jossmeyer, sa fille qui a pris les rênes de l'entreprise. Maintenant,
- Speaker #1
on dirige l'entreprise.
- Speaker #0
C'est une femme qui vinifie. Très belle femme. Du reste, il faut le dire, ça aide. Et ils avaient notamment dans cette maison un vin qui s'appelait Fleur de Lotus, un assemblage pour les repas asiatiques.
- Speaker #1
Asiatiques, tout à fait. Parce qu'il vendait beaucoup au Japon. Et dans mon jardin, il y a ce pavillon d'inspiration japonaise qui est un peu le cœur de mon projet autour de la cuisine japonaise. Et on a fait une halte avec Isabelle devant le pavillon lotus pour déguster sa Fleur de lotus. Et ensuite, on a fait une petite balade, une périgrénation dans le jardin. Il y avait des... des points d'arrêt.
- Speaker #0
Des points d'arrêt.
- Speaker #1
Et à chaque arrêt, Marie nous avait fait un grignotage et on goûtait un vin qui correspondait un petit peu. C'était une très, très belle soirée. Et là, j'ai des photos.
- Speaker #0
Très belle soirée. C'était en fait une journée. Ça commençait, il faisait encore jour.
- Speaker #1
Et on avait allumé un feu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
À la fin, le dernier, on avait allumé un feu.
- Speaker #0
Oui, oui. Oui, c'était des beaux événements avec de la puissance et cette femme qui a une finesse. Est-ce que tu as encore des relations avec elle ?
- Speaker #1
Un peu moins.
- Speaker #0
Un peu moins.
- Speaker #1
Un peu moins, tu sais, le temps passe, tout le monde est un peu occupé. Après, il faut être conscient qu'il ne faut pas vouloir se cramponner non plus.
- Speaker #0
Non, mais moi, je pense que je vais la solliciter pour une entrevue parce qu'on avait beaucoup accroché toutes les deux.
- Speaker #1
Et... Ça fait... Je vais être un peu dur, mais je trouve que les gens qui, quand tu arrêtes de travailler, c'est comme un sportif, quand il arrête et que tu te cramponnes, des fois, ça peut paraître un peu... un peu combat d'anciens combattants, enfin, ou un peu pas pitoyable, le mot est peut-être un peu trop fort, mais on passe à autre chose. Mais on ne peut pas avoir un pied dedans, un pied dehors. Moi, au magasin, je n'y retourne plus.
- Speaker #0
Ah, clairement.
- Speaker #1
Mais non, parce que j'y suis allé une fois où il y avait encore du monde, je voyais les gens qui venaient. Puis Antoine, du coup, sur le côté, toi, je me suis dit, je lui rends pas service. C'est pas bon. Et tu peux pas. Il faut passer à autre chose.
- Speaker #0
Passer à autre chose. Un nouvel épisode des Petites Histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.