Speaker #0Bienvenue dans les secrets de Bacchus, le podcast qui fait parler le vin. Je suis Chloé, caviste passionnée. Dans chaque épisode, je vous invite à découvrir le vin comme si vous veniez me voir dans ma boutique, avec plaisir, simplement et surtout. Tout sur tout sans chichi. Dans ce podcast, le vin s'écoute, se boit et avant tout se vit. Alors, prêt à entrer dans mon univers ? Laissez-moi vous murmurer les secrets de Bacchus. Un podcast à consommer sans modération ou presque. Hello les zoonocurieux et bienvenue dans ce nouvel épisode des Secrets de Bacchus. Décembre s'est installé comme un autre qu'on attendait un peu, mais qu'on redoutait aussi. Avec ses lumières suspendues dans le froid, ses parfums de cannelle qui s'accrochent aux écharpes, et cette manière bien à lui de réveiller nos souvenirs, mais aussi nos angoisses de menus. Les vitrines débordent de promesses dorées, de coffrets scintillants, mais étrangement, aucune idée lumineuse ne vient sauver votre cadeau pour... Papy Gérard. Et comme si ça ne suffisait pas, maintenant que vous avez enfin validé votre menu de Noël, vous voilà face à l'immense page blanche du choix des vins. Oui, je vous vois là, hein, en douce, en train d'interroger, tchatjépété. Qu'est-ce que je sers avec mon chapon farci ? Respirez. Ce soir, votre caviste préféré a enfilé sa plus belle parure de mère Noël. Pas pour faire joli. mais pour vous guider, vous rassurer et surtout vous inspirer. Parce que dans cet épisode, on parle de vins de fête, de ceux qui illuminent une table, de ceux qui rassemblent, de ceux qui font naître ce petit silence avant la première gorgée. Allez, installez-vous confortablement et c'est parti pour un nouvel épisode des Secrets de Bacchus. Dans cette première partie, revenons à table. Chaque repas de fête, c'est un peu comme un film dont vous êtes le réalisateur. Votre entrée donne le ton, votre plat crée la tension, et votre dessert délivre l'émotion finale. Et le vin, lui, c'est la musique. Vous n'y faites peut-être pas attention consciemment, mais si elle sonne faux, tout vacille. Alors je vais vous poser une question simple mais presque brutale. Vous voulez... impressionnés ou vous voulez touchés. Parce que les fêtes, ce n'est pas un concours de sommellerie, c'est un moment suspendu où la table devient un refuge. Imaginez, la porte s'ouvre et un souffle d'air froid glisse jusqu'au salon. La table brille déjà sous la lumière des bougies, des reflets d'or sur les verres, le parfum du beurre chaud qui danse avec celui du sapin. Et cette douce agitation qui précède les grands moments. Il y a les rires qui montent dans la cuisine, la tante qui surveille son gratin comme si l'avenir du monde en dépendait, un enfant qui secoue un paquet en cachette et le chapon qui termine sa course au four avec la majesté d'un soleil d'hiver. Et puis, il y a ce silence, ce petit silence précieux, presque imperceptible, juste avant que quelqu'un ne dise On ouvre quoi comme bouteille ? Ce n'est pas une question anodine, c'est là le début du rituel. Le premier fil que l'on tire pour dénouer toute la soirée. Vous tendez la main vers la bouteille et soudain tout ralentit. Le bruit de la capsule, le souffle du bouchon, le premier parfum qui s'élève tiède rassurant comme une invitation à déposer l'année écoulée au pied du sapin. Et là ? Autour de la table, les visages se tournent, les épaules se détendent et les yeux pétillent un peu plus. Ce premier vers, c'est la clé qui ouvre la fête, la parenthèse, le refuge. Alors justement, ouvrons cette fête sur votre menu, l'entrée. C'est la première caresse. Que vous serviez du foie gras, du saumon fumé, une entrée plus légère, pensez à ceci. L'entrée n'a pas besoin de crier, elle a besoin de séduire. Un effervescent brut, bien équilibré, c'est le manteau scintillant de la soirée. Un crément alsacien, bien sûr. Un champagne droit, un petnat maîtrisé qui pétille comme un rire retenu. Le premier verre doit dire « Hé, bienvenue ! » Oublie le froid de dehors. Demandez-vous, que voulez-vous que vos invités ressentent ? à la première gorgée. Du réconfort, de la finesse, de la surprise peut-être. Allez, passons au plat principal. C'est le cœur battant du repas. Le fameux plat principal. Celui qui déclenche les débats familiaux. Celui qui met la pression. Celui pour lequel tout le monde vous juge un peu, hein. Avouons-le, hein. Mais respirez. Vous n'avez pas besoin de la bouteille la plus chère du rayon pour briller. Vous avez besoin de cohérence. Sur un chapon farci, un blanc ample mais lumineux, un chenin tendre, un chardonnay aux épaules douces, ou un rouge délicat, velouté, où tannin et soie se confondent. Sur un filet de bœuf, une syrah du Rhône-Nord, ou un cabernet franc mûr, noble et profond. Sur un poisson noble, un blanc élancé, subtil, presque murmurant. Et la question qui pique, pourquoi offrir à votre plat un vin que vous n'aimeriez pas boire seul ? Passons au dessert. Et attention, voilà le piège doré. Le dessert sucré avec un champagne brut, non, jamais, au grand jamais. C'est comme danser un tango avec quelqu'un qui vous marche sur le pied. Le dessert, il appelle la douceur, un muscat qui fait fondre le temps, un vendange tardif qui enlace, un bagnouls qui murmure chocolat. Et si c'était justement ce dernier verre qui clôt la nez et ouvre la prochaine ? Passons à la deuxième partie de cet épisode. Les cadeaux, comment faire mouche sans se tromper. Ah, les cadeaux. Et Papy Gérard, évidemment. On dirait qu'il plane au-dessus de décembre comme un guide spirituel du bon sens. Sauf qu'on ne sait jamais quoi lui offrir. Vous voulez un secret ? Un bon cadeau, c'est un miroir. Il dit à la personne « je t'ai vu » . Vous avez plusieurs choix. Le vin, qui est un petit peu un cœur. universel. Il y a des vins qui ne trahissent jamais. Un rouge juteux, gourmand, réconfortant. Un blanc élégant, fin, sincère. Un effervescent, festif, mais pas forcément un champagne. Juste celui qui dit « on célèbre parce que tu es là » . Ce n'est pas le prix qui touche, c'est l'intention. Et le fameux cas Papy Gérard. Pour lui, oublier le vin qui griffe. Pensez douceur, rondeur, générosité. Un rouge souple du sud, un porto-taoni qui raconte des histoires, une lit... liqueur qui s'offre comme un souvenir heureux. Demandez-vous, qu'est-ce que vous voulez qu'ils pensent de vous en ouvrant cette bouteille quand vous ne serez pas là ? Et pour ceux qui ne boivent pas d'alcool alors, ne les abandonnez pas avec un jus industriel trop sucré. C'est Noël, ce n'est pas une cantine. Un sirop artisanal, une infusion rare, une eau botanique. Les fêtes sont beaucoup plus belles quand chacun reçoit sa part de magie. Alors ? Si vous deviez traverser des cendres avec seulement trois compagnons de table, trois flacons capables de sauver un repas et un cadeau de dernière minute, voici ce que je vous glisse sous le sapin. Première option, le pétillant lumineux, celui qui ouvre toutes les portes. Un crément ciselé, une bulle fine, un champagne droit. Le vin qui dit « pose ton manteau, on commence » . La bulle, c'est la clé qui rassemble. Deuxième option, le rouge tendre, celui qui met tout le monde d'accord. Pas un monstre tanique, un rouge juteux, velouté, qui coule comme une histoire qu'on raconte au coin du feu. C'est le vin de la paix, celui qui adoucit les remarques de belles mamans. Troisième option, le doux enchanteur, le secret des fins de soirée. Un muscat délicat, un vendange tardif qui est tout juste, ou un bagnols qui sent doucement le chocolat. Le verre qui pose tout, le dernier flacon avant le silence. Les fêtes, finalement, ce n'est pas le menu, ni la déco. ni même les cadeaux. Les fêtes, c'est l'histoire que vous écrivez ensemble. Alors demandez-vous, qu'est-ce que vous voulez célébrer cette année ? Pas ce que la tradition impose, ce que vous, vous voulez célébrer. Parce qu'un vin, ça ne s'ouvre jamais par hasard. Un vin, ça s'ouvre pour dire quelque chose. Choisissez bien vos mots et vos flacons. Voilà les oeufs noturiens. Cet épisode touche à sa fin. Que vos tables de fête soient chaleureuses, vos verres bien remplis et vos choix assumés. Et si quelqu'un vous dit « t'as pas pris de champagne ? » répondez avec un sourire complice « non, j'ai pris ce qui me fera du bien » . Et puis souvenez-vous, les vins les plus précieux sont ceux qu'on savoure lentement, comme on savoure la vie, une gorgée à la fois et tout en modération. Merci de m'avoir écouté jusqu'ici. Si l'épisode vous a plu, abonnez-vous, laissez 5 étoiles, un petit commentaire ou partagez-le à tous ceux qui aiment trinquer avec le bon goût. Et bien sûr, si vous souhaitez un conseil dédié pour vos fêtes, je vous accueille avec plaisir à la cave à Bainheim ou sur Instagram at bacus.chloé. Merci pour ce beau moment partagé et d'ici le prochain épisode, prenez soin de vous. Et de votre cave, bien sûr. Joyeuses fêtes de fin d'année.