Speaker #0Dès que tu mets un pied à New York, tu sens que tu n'es plus dans une ville, mais dans une centrale électrique. Tout bouge, tout fait du bruit, tout va vite. Ici, même marcher devient une compétition. Les New Yorkais avancent à une vitesse hallucinante. Tu regardes ton Apple Watch, elle croit que tu fais du fractionné. Une étude a même montré qu'il marche deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Deux fois. C'est simple, si tu te balades ici en mode tout risque, tu risques vraiment d'être doublé par une mamie de 85 ans. en déambulateur. Dans le métro, c'est la même chose. Pas de sourire, pas de regard. Juste une foule compacte qui avance comme un seul organisme. Et à chaque station, tu sens ton rythme cardiaque qui accélère. C'est contagieux. La ville t'impose sa cadence. Le plus fou, c'est que tu te sens porté par cette énergie. Tu as l'impression de pouvoir déplacer des montagnes. Mais attention. New York te donne, puis te reprend immédiatement. Après quelques heures, tu es déjà complètement vidé. C'est sale. paradoxe de cette ville, elle te dope à l'adrénaline et elle te crame dans la foule. Marcher ici, c'est comme marcher dans une machine à laver, sauf que t'as pas choisi le programme et parfois tu vas un petit peu à 100 à l'heure. Je me suis surpris à marcher plus vite, je me suis surpris à m'activer plus, à respirer plus vite aussi, jusqu'à arriver à un point où je me dis non, ça c'est pas du tout mon rythme à moi. Alors franchement, je comprends pourquoi énormément de gens adorent cette ville. L'énergie est super communicative ici, t'as l'impression que tu l'apprends avec toi. Tu peux même te dire, je vais accomplir des grandes choses. Parce que cette énergie, elle te porte, elle te pousse. Mais attention, il y a toujours le risque de tomber dans le rouge, de te cramer. Si tu restes beaucoup trop longtemps dans cette prise électrique, tu risques de finir en court-circuit. New York, c'est la preuve vivante qu'on peut être absolument galvanisé, pris par cette énergie collective, qui peut nous pousser, nous donner des ailes, nous amener à faire des grandes choses. Mais alors attention, on peut aussi en être victime. Et c'est exactement ce que font beaucoup de gens. Ils n'y prennent pas garde, ils continuent à vivre comme ça, sans jamais de pause, sans jamais souffler, jusqu'au moment fatal où ils se crament. complètement. Derrière l'énergie incroyable de New York, il y a aussi la pression. Ici, rien n'est gratuit. Chaque minute, chaque mètre carré, chaque sourire même, coûte cher. Les loyers sont parmi les plus élevés du monde. Certains habitants dépensent plus de la moitié de leur salaire juste pour se loger dans un appartement plus petit que ta chambre d'étudiant. Résultat, beaucoup cumulent deux, parfois trois jobs. Pas pour s'offrir des vacances à Miami, non. Juste pour pouvoir payer leur frigo et leur facture d'électricité. Et dans ce contexte, l'ambiance de travail devient véritablement extrême. Les open space ne ferment jamais, les bureaux s'allument plus tôt que le soleil et s'éteignent bien plus tard que les néons de Times Square. Aux Etats-Unis, près d'un travailleur sur deux dit avoir déjà vécu un burn-out. Et à New York, cette statistique prend une dimension encore plus violente. Ici, l'épuisement n'est pas une exception, c'est presque un rite de passage. Comme si tu n'étais pas un vrai New Yorkais tant que tu n'avais pas connu au moins... une nuit blanche au bureau. Le tour de moi, Wall Street, le paradis de l'argent, du business, des carrières qui explosent et des nerfs qui lâchent. Le problème, c'est que cette course n'a aucune ligne d'arrivée. Tu peux toujours travailler plus, gagner plus, monter toujours plus haut et puis au bout d'un moment, tu ne sais même plus après quoi tu cours. C'est un petit peu comme si tu courais un marathon mais que personne ne t'a jamais donné de dossard. C'est un petit peu comme si à chaque fois que tu voyais la ligne d'arrivée, Quelqu'un l'a prené et l'a décalé de 10 km. Et tu sais ce qui finit par se passer comme ça quand tu cours sans fin, comme un hamster dans sa roue, tu finis par t'épuiser totalement. New York, ce n'est pas seulement la vitesse, la compétition et la pression. C'est aussi une ville qui a compris une chose essentielle. Sans équilibre, on ne tient pas. Et c'est pour ça qu'elle a inventé ses propres bulles d'oxygène. La plus célèbre Central Park, imagine. Un rectangle de verdure gigantesque au milieu des gratte-ciels. 340 hectares pour respirer, courir, lire ou juste s'asseoir et regarder les écureuils voler la nourriture des touristes. Mais ce n'est pas tout. New York, c'est aussi une ville d'art et de culture. Le MoMA, le Metropolitan, le Whitney. Ici, tu peux passer d'un open space bruyant à une salle silencieuse où un tableau de Van Gogh t'explique, sans un mot, pourquoi ralentir peut sauver ta santé mentale. Et puis, il y a les quartiers plus humains. Brooklyn, par exemple. Ambiance détendue, café indépendant, atelier d'artistes, parents avec poussettes qui prennent le temps de discuter. C'est un contraste total avec la frénésie de Manhattan. Ce qui est fascinant, c'est que la même ville qui t'épuise est aussi celle qui te propose tes antidotes. Ici à Central Park, c'est un peu comme si la ville te disait « Ok, c'est bon, je sais que je t'ai complètement lessivé, alors vas-y, souffle un peu. » Et tu sais quoi ? Ça marche. Spontanément, tu vas t'apercevoir que tu ralentis, que tu te mets à observer le paysage, à sentir les odeurs qui ne sont pas uniquement les odeurs d'échappement, mais les odeurs de fleurs, de végétation qui se propègent un petit peu partout autour de toi. Et tu finis par réaliser que même dans l'endroit qui te les cible... En plus, l'endroit, je dirais, le plus rapide du monde, t'arrives toujours à ralentir. Il y a toujours un moment où tu peux réussir à respirer. Et ça, en fait, c'est une super leçon pour nous. Parce que tu t'aperçois qu'on vous touche dans des endroits qui nous passent à la lessiveuse, qui nous mettent dans le speed. Alors, c'est pas forcément Manhattan, tu vois, mais ça peut être le périph', ça peut être ta boîte mail, ça peut être ton open space. Et quand tu t'aperçois de ça, tu t'aperçois aussi que tu es capable de te recréer un Central Park. intérieur. Qu'est-ce que je signifie par ça ? Je veux dire un endroit où tu vas te sentir au calme, comme un sanctuaire intérieur où tu peux te ressourcer, retrouver ton énergie. Et c'est ça qui est marrant avec New York. C'est que New York, en fait, ça te pousse à choisir. Soit tu fonces comme un malade, tu suis le rythme jusqu'à te prendre un mur, jusqu'à l'épuisement. Soit tu choisis d'aller dans un endroit qui te ressource, de lever le pied et de mettre de la respiration au milieu du chaos, comme au milieu de nos vies à chacun d'entre nous. Alors, qu'est-ce que New York nous apprend vraiment sur le burn-out ? Première leçon, l'énergie est une ressource précieuse. Cette ville est comme une prise électrique géante. Si tu te branches dessus, tu as l'impression d'être invincible. Mais si tu restes trop longtemps connecté, eh bien tu finis grillé. L'énergie, c'est comme ton compte bancaire. Si tu retires plus que ce que tu déposes, un jour ou l'autre, ça se termine en découvert et ennuissier. Deuxième leçon, sans équilibre, pas de succès durable. Même dans la ville la plus rapide du monde, les gens qui tiennent ne sont pas forcément ceux qui travaillent le plus. Ce sont ceux qui ont trouvé des moyens de ralentir, de s'oxygéner. Les joggeurs de Central Park, les artistes de Brooklyn, les familles qui se retrouvent au musée, ils ne fuient pas la vitesse, ils l'équilibrent. Troisième leçon, le burn-out n'est pas une fatalité. On pourrait croire qu'ici, tout le monde finit cramé, mais non. Certains transforment la pression en puissance. Comment ? en choisissant leur bataille. Parce que le vrai piège, ce n'est pas d'avoir trop à faire, c'est de croire qu'on doit tout faire. Et ça, ça ne concerne pas seulement New York, ça nous concerne tous. Que tu sois cadre, entrepreneur, salarié, parent et même étudiant, on vit tous dans un monde qui nous pousse à accélérer. La question c'est, est-ce que tu veux être un hamster qui court jusqu'à s'écrouler ou est-ce que tu veux être celui qui choisit quand courir et quand descendre de la roue ? C'est pour ça que j'ai voulu venir ici. New York est comme un miroir grossissant de nos vies. Tout va plus vite, tout est plus cher, tout est plus intense. Mais ce miroir nous renvoie une vérité qui hurle. Si tu ne prends pas soin de ta vie, alors la ville ou les autres éléments, ton travail, tes obligations vont prendre soin de toi. Et crois-moi, ça ne va pas se faire gentiment. Alors retiens ça. Ton énergie n'est pas illimitée. Ton équilibre, c'est toi qui le crées. et ton burn-out, ce n'est pas une fatalité. Et c'est exactement ce qu'on enseigne dans nos programmes. Parce que j'ai vu beaucoup trop de personnes tomber dans ce piège de la course sans fin. Et j'ai vu aussi à quel point quand on reprend le contrôle, non seulement on peut retrouver son énergie, mais on peut aussi accomplir beaucoup plus et sans jamais se cramer. Et New York m'a rappelé ça. Il ne s'agit pas de courir plus vite, il ne s'agit pas de courir sans fin, il s'agit de courir beaucoup mieux.