- Speaker #0
Je suis avec Eloi Sarrazin, salut Eloi, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va bien, merci de me recevoir.
- Speaker #0
Une deuxième intervention pour toi, on le rappelle, intervenu dans l'épisode 288 du LTP, où vous aviez présenté Outdoor Secours avec Nicolas Pagès qui va nous rejoindre et qui a un petit peu de retard. Et j'ai décidé de faire appel à toi de nouveau, de faire appel à vous de nouveau pour parler d'un sujet qui moi me tient à coeur particulièrement qui est ce que sont les gestes de premier secours et notamment la formation à ces gestes de premier secours. On va faire un petit bilan de là où on en est aujourd'hui en France et puis je pense que ça va être important de rappeler les bonnes bases. Alors l'objectif de cet épisode n'est pas de rentrer dans trop de détails techniques parce qu'à l'audio c'est toujours compliqué de... de faire passer les messages et puis on verra que ça vous donnera aussi certainement peut-être envie de vous former, auditrices et auditeurs. Donc voilà un petit peu l'objectif pour cet épisode. Eloi, je te laisse te représenter une nouvelle fois à titre perso puis à titre un peu plus professionnel.
- Speaker #1
Alors, Eloi Sarrazin, à titre personnel... Ça fait maintenant plus de 12 ans que je suis dans le milieu du secourisme, dans le sens global, dans le milieu du sport. Je passe une partie de mes week-ends sur le terrain. Je ne fais pas que ça, j'ai un métier à côté, dans lequel je suis de temps en temps confronté aussi à des cas de détresse ou autre. Mais pour revenir sur le professionnel, sur Outdoor Secours, société qu'on a créée il y a deux ans avec Nicolas Pagès, qui est une société spécialisée dans la médicalisation d'événements sportifs outdoor. Donc on intervient sur la partie médicale des événements sportifs pour en assurer la sécurité. Et donc on est ravi aujourd'hui de pouvoir partager sur la partie plutôt formation et un petit peu les messages clés pour assurer la sécurité des événements et comment réagir face à certaines situations.
- Speaker #0
Tu es toi-même formateur à un premier secours. Est-ce que tu peux nous expliquer... Dans quel cadre tu formes ? On rentrera peut-être après en détail sur les différents types de formation, mais aujourd'hui toi tu formes dans quel cadre ?
- Speaker #1
Dans mon cas aujourd'hui, je suis formateur au geste qui sauve, qui n'est pas en fait une formation diplomante aujourd'hui, mais c'est le premier maillon du panel de formation. Donc c'est une des initiations qu'on propose au grand public à la fois. dans des entreprises ou ça peut être aussi dans des supermarchés, des centres commerciaux, etc. Donc il va en fait apprendre le massage cardiaque, l'hémorragie, l'étouffement, la personne inconsciente et alerter, protéger.
- Speaker #0
C'est une première approche sur les gestes principaux.
- Speaker #1
C'est ça, c'est une initiation qui dure deux heures, donc qui est accessible à tous. Et après, on va avoir différentes formations et Nicolas qui va nous rejoindre, lui est formateur. PSC et PSE donc en fait on a le PSC beaucoup ont entendu anciennement AFPS il y a de nombreuses années après on a entendu PSC 1 aujourd'hui le PSC qui est premier secours civique et finalement la première formation diplômante et certifiante pour le grand public celle que n'importe qui peut suivre et qui va former à tous les gestes d'urgence Merci. face à une situation.
- Speaker #0
On rentrera dans les détails de toutes ces formations. Moi j'ai suivi le PSC1 à l'époque avant de faire ma formation d'éducateur sportif qui était un prérequis obligatoire. Donc on voit que dans certains diplômes et certaines formations, on doit passer par ces formations-là. A titre perso, allez rapidement, tu pratiques un peu le trail ?
- Speaker #1
Alors je ne pratique pas moi le trail, je pratique plutôt l'escalade, beaucoup de voile et le ski l'hiver. après à titre personnel je cours avec une préférence plutôt pour courir dans la montagne ou dans les collines 12 ans au milieu de trailer forcément ça donne envie après je ne pratique pas le trail en compétition à titre personnel d'accord excellent donc on va parler dans un premier temps on va rentrer dans le détail des différentes formations au premier secours avant
- Speaker #0
de rentrer dans le détail Merci. Pourquoi c'est important de se former de ton point de vue ?
- Speaker #1
Il est extrêmement important de se former si on prend vraiment le milieu de l'événement sportif, etc. Aujourd'hui, sur 90% des accidents qu'on va rencontrer en trail par exemple, avec ce qui peut arriver, l'arrêt cardiaque et finalement l'incident le plus grave, puisque la vie est en jeu, c'est que le premier maillon de la chaîne de secours, ça va être les autres concurrents ou les signaleurs. Et donc c'est ultra important de se former, parce que le temps que nous, ce cours, on arrive, on va mettre 10-15 minutes à arriver, les chances de survie de la personne, finalement, elles reposent sur les témoins.
- Speaker #0
Mais ça c'est valable dans la vie de tous les jours aussi ? C'est valable dans la vie de tous les jours,
- Speaker #1
c'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans tous les accidents, 70% des accidents se passent devant témoins. Donc c'est ultra important de se former. Pour donner juste quelques chiffres très rapides sur l'arrêt cardiaque, les trois premières minutes sont les plus importantes. Donc voilà, c'est ce qui montre l'importance d'être formé. Quelqu'un qui va pratiquer le massage cardiaque dans les trois premières minutes va permettre d'augmenter drastiquement les chances de survie de la personne.
- Speaker #0
D'après ce qu'on a parlé juste avant de lancer l'enregistrement, on a à peu près, tu me diras si je me trompe, mais 50 000 personnes par an en arrêt cardiaque ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et il n'y a que 5% des gens qui survivent ?
- Speaker #1
C'est ça, même avec un massage cardiaque efficace dès les premières minutes, ça ne garantit pas les chances de survie. Il y a plein de, on ne va pas rentrer dans les détails médicaux, mais plein de pathologies sous-adjacentes, etc. On ne connaît pas quand on intervient sur la personne. Mais aujourd'hui, c'est ultra important de se former puisque... Tu disais 70%
- Speaker #0
des arrêts cardiaques se font devant un témoin.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Donc ça, c'est quand même important à comprendre. c'est que Il n'y a que 5% de gens qui survivent, c'est dans les 3 premières minutes que c'est le plus important et dans la très grande majorité des cas, on est accompagné. C'est ça,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Combien de pourcentages de personnes formées en France aujourd'hui au GES de premier secours ?
- Speaker #1
On est sur 40% aujourd'hui de personnes formées. Contre l'Allemagne ou la Norvège, je prends aujourd'hui en 2025, ce chiffre 2025 qui était de 95%. 95% ? On a un gros retard en France.
- Speaker #0
Mais 40% j'aurais dit moins tu vois. Quand tu dis 40% qui sont formés, c'est formés au PSC ?
- Speaker #1
Au PSC,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est formé puisque le PSC est diplômant. Donc formé au PSC. Après, ça ne veut pas dire que les personnes pratiques ou le jour où il y a un accident se sentiront d'intervenir. C'est la grosse difficulté aujourd'hui qu'on a. C'est que dans une situation de stress, on va perdre ses moyens. Donc ça ne garantit pas d'être formé. D'être formé ne garantit pas le fait qu'on va réussir, qu'on va intervenir ou qu'on va se sentir en capacité d'intervenir. Moi,
- Speaker #0
tu vois, typiquement, pour partager mon expérience, je me suis formé au PSC1 il y a 5 ans. Je pense qu'aujourd'hui, j'ai à peu près tout oublié. Volontairement, j'ai re-regardé une vidéo YouTube récemment pour me remettre un peu dans le bain. Mais effectivement, il n'y a pas de recyclage, ce qu'on appelle le recyclage dans le milieu professionnel notamment. C'est un peu dommage je trouve, mais déjà si on arrive à augmenter le nombre de pourcentages de gens qui sont formés initialement, ça sera déjà pas mal. Donc ça c'est important à comprendre, 40% des gens, je pensais que c'était moins. Il y a eu des progrès de faits ces dernières années ?
- Speaker #1
Il y a eu des progrès faits ces dernières années, il y a eu des causes nationales autour de ce sujet-là, on rappelle l'importance de se former, on le voit de plus en plus dans les messages de prévention, etc. Donc il y a eu des progrès qui sont faits, mais il y a encore beaucoup de progrès à faire. pour rattraper nos voisins européens.
- Speaker #0
On part de loin quand même. On part de très loin. 13 septembre, tu le disais tout à l'heure, avant qu'on enregistre, journée mondiale du secourisme. Peut-être que ça peut être l'occasion aussi de vous lancer là-dedans. Tu as parlé tout à l'heure du PSC. Tu as parlé du cadre de formation dans lequel tu évolues. Tu disais les gestes qui sauvent. Ce sont les deux principales formations, donc gestes qui ne servent pas diplômant, PSC et diplômant ? Oui,
- Speaker #1
pour le grand public. Après il existe des formations pour plutôt les bénévoles en association de secourisme, etc., les pompiers, mais qui sont des formations pour le coup professionnelles et pas adaptées au grand public. Mais aujourd'hui la formation diplômante pour le grand public c'est le PSC, et cette formation-là en l'occurrence forme correctement à l'ensemble... des événements qui peuvent arriver, l'arrêt cardiaque, etc.
- Speaker #0
Ce qui est important aussi de comprendre dans cet épisode, c'est que c'est à viser majoritairement pour des gens qui ne sont pas formés, donc pour le grand public, donc on va se focaliser nettement sur le PSC particulièrement. Combien de temps ça dure un PSC ? Et qu'est-ce que tu apprends globalement dedans ?
- Speaker #1
Alors la formation, le PSC, ça se fait sur une journée. On va apprendre l'ensemble des gestes de premier secours liés aux différentes urgences vitales. Donc on va apprendre tout ce qui est l'arrêt cardiaque, l'hémorragie, l'étouffement, l'inconscience.
- Speaker #0
Les noyades aussi.
- Speaker #1
Noyades ne rentrent pas dans le cadre du... PSC parce que la noyade on va la considérer comme quelqu'un qui va être noyé, il va être en arrêt cardiaque ou inconscient donc on va le prendre comme ça mais on va voir toutes ces situations là mais au delà de ces situations aussi tout ce qui est l'alerte, tout ce qui est la protégée on dit toujours protéger, alerter, secourir mais du coup on voit l'ensemble de ces éléments là pour pousser on va voir aussi tout ce qui est pose de garrot voilà En tout cas, en plus, le référentiel autour de ça évolue régulièrement. On a eu beaucoup d'évolutions après les attentats. Donc, ça évolue tout le temps. Et donc, c'est important de se maintenir à jour. En effet, il n'y a pas de recyclage obligatoire, comme on pourrait voir dans le SST, sauveteur secours du travail, ou nous, dans nos formations professionnelles, les secours en équipe 1 et 2. Il n'y a pas aujourd'hui de recyclage obligatoire sur le PSC. Mais c'est important, en tout cas. Pour les personnes qui passent le PSC et qui sont dans des milieux, je pense, des organisateurs d'événements sportifs, etc., au bout de quelques années, en effet, de se reformer et donc de s'adresser aujourd'hui aux associations de sécurité civile en France qui proposent les formations pour le grand public sur ces sujets-là.
- Speaker #0
Moi, j'ai été formé au CREPS d'Aix-en-Provence. Effectivement, une journée... Je ne me rappelle pas le montant de ce que ça coûtait la formation, c'était pas très cher.
- Speaker #1
Non c'est pas très cher, après je ne pourrais pas m'engager sur le montant parce que chaque structure a ses montants, mais c'est pas élevé. Je crois que c'est une centaine d'euros, un peu comme ça. Aujourd'hui avec votre compte personnel de formation, vous pouvez justement vous former et être pris en charge. C'est notamment une formation qui est aujourd'hui dispensée lors du permis de conduire. Le PSC est rentré. Dans les critères du permis de conduire, on peut, ceux qui ne sont pas formés, aujourd'hui les écoles, je prends l'exemple des écoles, aujourd'hui au collège souvent le PSC est proposé et pris en charge en plus. Mais aujourd'hui au permis de conduire, oui, ceux qui ne sont pas formés, aujourd'hui au permis de conduire la formation est proposée. Ça fait partie des actions mises en place par le gouvernement pour justement augmenter. Et on sait que c'est important de former les jeunes. La jeune génération, parce que c'est elle aujourd'hui.
- Speaker #0
D'accord. Oui, clairement. Tu m'as parlé juste avant qu'on commence l'épisode de la loi de 2020, citoyen sauveteur. Tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
C'est une loi qui, finalement, est venue mettre en place un statut de citoyen sauveteur. Un statut qui va, en fait, assurer une protection juridique pour les personnes qui vont intervenir sur un arrêt cardiaque. Aujourd'hui, on entendait beaucoup... Je suis formé ou pas formé, peu importe, aujourd'hui quand vous avez passé l'alerte sur un arrêt cardiaque, vous êtes formé ou pas formé, l'opérateur derrière le téléphone va vous guider. Mais beaucoup de gens avaient peur d'intervenir en disant « ah non, si je me casse une côte, etc. » La prise de responsabilité. Et donc du coup n'intervenez pas. Aujourd'hui ce statut-là dit qu'un citoyen qui est formé au PSC et qui va intervenir, aujourd'hui va avoir cette... protection juridique qui va éviter de dire, ben non, il a fait les bons gestes, peu importe les conséquences, il ne va pas être tenu responsable. Il est intervenu. Et ça, c'est important.
- Speaker #0
Par contre, est-ce qu'à contrario, on entend parler souvent de non-assistance à personne en danger, est-ce que ça, c'est d'actualité ? Est-ce que si on arrive, si dans une situation spécifique, on arrive à prouver qu'on n'a pas assisté une personne qui était en danger, on risque quelque chose ?
- Speaker #1
Tout à fait. Après, il y a des enquêtes judiciaires. judiciaire et ça c'est pas notre métier mais non assistance à un personne endagée, j'arrive, je suis témoin d'un accident je pars sans alerter à minima, oui c'est considéré comme non assistance à un personne endagée à minima j'arrive sur un accident j'alerte et après l'opérateur me guidera pour me dire il a un arrêt cardiaque, va me guider sur le massage à faire etc ou les gestes à faire mais c'est important on ne peut pas arriver sur un accident et ignorer fermer les yeux puisque là pour le coup On peut arriver dans cette situation de non-assistance à personne.
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu connais, mais qu'est-ce qu'on risque dans ce genre de situation ?
- Speaker #1
Il y a des poursuites judiciaires, après je ne connais pas les montants. Ça va de poursuites judiciaires jusqu'à des peines de prison. Je n'ai pas en tête de cas non plus qui auraient été médiatisés sur ce type de faute. Mais voilà, il faut l'avoir en tête. Et aussi avoir en tête que si je suis témoin d'un accident et que j'alerte et que je ne suis pas formé, je ne vais pas être attaqué pour non-assistance à personne. C'est important et le statut de citoyen sauveteur aussi vient appuyer ça. Mais le plus important, c'est de se former, peu importe les statuts, etc.
- Speaker #0
Sur la deuxième formation que toi tu proposes, les gestes qui sauvent, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce qu'il y a dedans, ce que ça comporte et surtout ceux qui veulent éventuellement, je ne sais pas, dans le cadre d'une asso, d'une école, d'un club, de n'importe quoi, proposer cette formation, est-ce que c'est possible et à qui on s'adresse ?
- Speaker #1
Tout à fait, c'est une initiation du coup, ce qu'on appelle une initiation aux gestes qui sauvent. Ça dure quelques heures et on va voir vraiment les urgences vitales. Aujourd'hui c'est l'arrêt cardiaque, l'hémorragie, l'inconscience, l'étouffement. Donc finalement tous les accidents qu'on peut rencontrer au quotidien chez moi, un proche s'étouffe, qu'est-ce que je fais et comment intervenir ? Quelqu'un qui fait un arrêt cardiaque, le massage cardiaque, quelqu'un qui sait couper fortement l'hémorragie, comment j'interviens ? C'est ça en fait, les gestes qui sauvent, c'est vraiment les gestes qui sauvent. L'urgence vitale, on sait, peut entraîner la mort. Donc du coup, quels sont les gestes pour limiter ça et parer à ça ? Donc ça c'est une initiation qui est proposée par...
- Speaker #0
Deux heures suivies.
- Speaker #1
Ouais, voilà, c'est ça. Proposée par les associations de premiers secours, type Croix-Rouge, Protection Civile, etc. Et peut être tout à fait dispensée dans le cadre d'un club où, je prends, il y a beaucoup... beaucoup d'événements où on a un salon. Donc on pourrait très bien proposer ce type d'initiation et les associations peuvent proposer ce type d'initiation. Moi, j'ai vu beaucoup d'initiatives sur des événements de trail, par exemple, ou des associations avec des formateurs, puisque c'est important d'être formé. On ne peut pas dispenser des formations sans être formateur, avec un vrai diplôme reconnu par l'État. Proposent sur leur stand une initiation au massage cardiaque. Là par exemple, à côté de moi, j'ai un mannequin de formation. Je pourrais très bien proposer sur un événement, dire je vous fais une initiation. Ce n'est pas un diplôme, il n'y a aucun engagement, mais ça peut être des petites initiatives comme ça, qui peuvent être intéressantes pour des clubs, en effet, de proposer. Sur un podium par exemple, avant le début d'une course, on pourrait proposer ce type d'initiation, donc s'adresser aux associations de sécurité civile type Croix-Rouge, Protection Civile ou autres pour mettre ça en place.
- Speaker #0
Donc ce qui est important de retenir là-dedans, c'est quand même que la formation doit, enfin idéalement doit être individuelle mais elle passe aussi par des actions collectives d'assaut, de gens qui... qui ont autour d'eux un certain nombre de personnes qui peuvent aussi retransmettre le message par le biais de ces actions de formation-là. Et je pense que c'est intéressant pour mettre un petit peu le premier doigt dans l'engrenage, entre guillemets, positif de la formation au premier secours, de proposer des formations comme ça dans des contextes de clubs, d'assaut, etc. Ça peut être intéressant. On va parler un petit peu, on va orienter un peu notre discussion sur les gestes de premier secours en trail ou dans le cadre d'événements sportifs. On a beaucoup parlé depuis le début des arrêts cardiaques, des arrêts cardio-respiratoires. Est-ce que tu peux nous présenter, on en avait un peu parlé dans l'épisode précédent, mais est-ce que tu peux nous présenter les différents... Comment dire ? les situations qui peuvent amener à utiliser les gestes de premier secours et à se mettre dans un contexte dont on parlait.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc on parle beaucoup de l'arrêt cardiaque. C'est la première cause de mortalité. Du coup, on a ce type de situation. Après, on a d'autres situations sur le trail qui peuvent être amenées à devoir intervenir.
- Speaker #0
Sur lequel il y a un risque vital.
- Speaker #1
Il y a un risque vital. On va avoir l'hypothermie. L'hypothermie avec des signes spécifiques qui permettent de voir quelqu'un qui est en hypothermie. Une hypothermie peut arriver même s'il ne fait que 10 degrés dehors. Il ne faut pas qu'il fasse moins 50 pour arriver en hypothermie. Donc il y a un risque vital, les conséquences et l'hypothermie entraînent l'arrêt cardiaque. Donc on va avoir l'hypothermie, on va avoir ce qu'on appelle le coup de chaud et c'est déroulant. Le dernier jour, ça a fait grand bruit dans les médias, ce qu'on appelle l'hyperthermie d'effort.
- Speaker #0
Ou hyperthermie maligne aussi ?
- Speaker #1
Le terme vraiment médical, c'est hyperthermie maligne d'effort. C'est le coup de chaud. Aujourd'hui, on enregistre dehors, il ne fait pas 40 degrés, on peut faire une hyperthermie maligne d'effort. Qu'est-ce qui se passe ? C'est qu'on arrête de transpirer à cause de l'effort. Et donc du coup, on n'accumule plus du tout la température et on monte à des températures très importantes. Ça entraîne d'abord le coma et puis après l'arrêt cardiaque, ça c'est hyper important. Et donc un coureur qui est témoin de ça ne pourra pas faire grand chose, en fait il faut refroidir la personne, de l'eau etc. Mais il faut surtout alerter très rapidement parce que nous, équipe médicale, il va falloir qu'on refroidisse la personne. très rapidement en la plongeant dans des bains d'eau glacée, etc.
- Speaker #0
En fait, l'arrêt cardio-respiratoire, ça peut être un événement en soi pour des problèmes cardiaques, etc. Mais c'est souvent aussi une conséquence de quelque chose qui est venu avant.
- Speaker #1
Tout à fait. Et après, un autre exemple, l'hyperthermie, l'hypothermie, on parlait. Après, on va avoir la déshydratation aussi, qui est hyper importante sur les traits. Donc ça, on rappelle, il faut bien boire, etc. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas la sensation de soif. qu'on n'est pas déshydraté quand souvent on a la sensation de soif c'est trop tard on est déjà déshydraté donc ça c'est important et après on va avoir tout ce qui est chute une chute bénigne oui on va pouvoir se fracturer quelque chose mais les grosses chutes ce qu'on va appeler on peut faire un arrêt cardiaque, quelqu'un qui va chuter de 6 mètres dans un ravin il va tomber ce qu'on appelle un arrêt traumatique c'est lié à la chute parce qu'on peut avoir une hémorragie interne qui va créer l'arrêt cardiaque donc finalement on se rend compte que sur... plein d'incidents, de pathologies dans le trail, en fait, ça peut entraîner l'arrêt cardiaque et entraîner la mort. C'est important. Ce que j'aurais envie de dire, en fait, le premier réflexe, c'est d'alerter. Alerter pour qu'on puisse envoyer une équipe spécialisée, que ce soit les secouristes ou un médecin, très rapidement, sur... sur l'intervention.
- Speaker #0
On va parler juste après des réflexes de base face à une situation d'urgence. On va rester, si tu veux bien, sur les situations les plus fréquentes. Hypoglycémie, ça peut être dangereux. Ça peut amener à, éventuellement, un arrêt cardio-respiratoire.
- Speaker #1
Tout à fait. L'hypoglycémie non traitée peut entraîner, du coup, un coma. Hypoglycémique ou hyperglycémie aussi. Peut entraîner le coma. Et qui dit coma, dit qu'à un moment, la personne aussi... traîne un arrêt cardio-respiratoire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Ah ouais, donc...
- Speaker #1
Tout à fait, en fait, voilà, si on laisse traîner... Une situation dérivée. Une situation, voilà, il y a un risque pour la personne.
- Speaker #0
Hyper intéressant. Donc, on le disait au début, l'objectif de cet épisode, c'était pas forcément de rentrer dans les détails techniques des gestes, de parler de... dans le détail de ce qu'on doit faire exactement dans une situation spécifique, mais plutôt de faire prendre conscience aussi que, moi, tu disais tout à l'heure, tu prenais l'exemple d'un repas de famille où quelqu'un qui s'étouffe. Moi, ça m'est arrivé. Pas moi, personnellement. Mon beau-père, il était en train de s'étouffer et mon beau-frère qui est pompier l'a pris en charge et lui a fait le protocole MLEACH. Et donc, je pense que s'il n'avait pas été là, ça aurait pu être très grave. Donc, c'est ça pour dire que ça n'arrive pas qu'aux autres, que ça arrive... plus vite qu'on le croit et dans des situations improbables. Mais moi, l'objectif de cet épisode, si on revient au trail, c'est de se dire aussi que je pense qu'on est dans un contexte de sport nature, souvent où on est un peu seul, et qu'il est potentiellement plus probable, dans ce contexte-là, de se retrouver face à une situation où on arrive sur une situation d'urgence, où quelqu'un fait un malaise, ou fait un arrêt cardio-respiratoire, etc. Et donc je pense que ça, on n'en a pas assez conscience en trail. Sans pour autant dramatiser ce sport-là, mais on rappelle, on est dans un sport nature, on est souvent loin de tout, les corps sont soumis à rude épreuve physiologiquement, etc. Donc je pense qu'on n'est pas dans une situation normale. Et c'est pour ça que je suis intimement persuadé qu'il faut en prendre conscience et qu'on n'en a pas assez conscience aujourd'hui. Si on se met dans le cadre de quelqu'un qui arrive, alors on se met dans un contexte magnifique, il fait beau, il fait plutôt chaud, on est en montagne, il y a des marmottes, etc. Et puis on arrive, on se rend compte qu'il y a un concurrent d'une de notre course qui est sur le bas côté, qui a un arrêt cardio-respiratoire ou qui fait un malaise. Voilà. Qu'est-ce qu'on doit faire ? Quels sont les bons réflexes à avoir ?
- Speaker #1
Première étape, c'est sécuriser la zone. En effet, on est en sport nature, il peut y avoir des dangers, donc c'est de sécuriser. On ne peut pas mettre en danger soi-même. On intervient, si on se met en danger, le sur-accident peut arriver. Et de sécuriser la zone. Si la personne, même si elle est en arrêt cardiaque, est sous un pierrier avec un risque de chute de pierre, il faut la tirer de là.
- Speaker #0
Il faut graduer le risque.
- Speaker #1
C'est ça, on ne va pas aller se mettre en danger. Et il ne faut pas qu'on remette en danger plus aussi la victime.
- Speaker #0
Pour éviter le sur-accident notamment. C'est ça,
- Speaker #1
tout à fait. Après c'est d'évaluer, parce que la personne en fait, elle est consciente ou inconsciente. D'évaluer très rapidement la situation.
- Speaker #0
Donc ça pour vérifier si elle est consciente ou inconsciente.
- Speaker #1
On bascule la tête en arrière, on met l'oreille sur la bouche, on regarde si le ventre se soulève. Si on a le moindre doute, on démarrera le massage. Mais voilà, ça c'est important. Et d'alerter après. Une fois qu'on a évalué, c'est d'alerter tout de suite. Souvent sur les dossards, il y a le numéro des secours, le PC secours sur les dossards, donc c'est d'appeler. Si on n'arrive pas à joindre le numéro de secours à la course, on appelle le 112.
- Speaker #0
Ce qui est important à souligner, c'est qu'on aurait tendance à, je pense, dans la précipitation, parce qu'on le disait tout à l'heure, même quand on est formateur et qu'on est habitué, comme toi, à intervenir dans des situations d'urgence, je pense qu'il y a ce... Ce stress, ce sentiment d'inconfort très très fort lié à la situation, et on aurait tendance par réflexe à appeler le 112 ou à composer le 18 par exemple. Toi tu insistes bien sur le fait qu'il faut en priorité appeler le numéro de secours de la course.
- Speaker #1
Avoir le réflexe d'appeler les secours de la course, oui, puisqu'on va pouvoir traiter l'alerte en direct et envoyer les secours de la course. Si demain la personne a un réflexe d'appeler le 112, le 112 sait qu'il y a l'événement à tel endroit et va rediriger vers nous. Mais Robert... il y aurait une petite déperdition temporelle voilà tout à fait même si ça ne garantit pas si la personne est isolée complètement pas accessible nous même on rappellera derrière le 112 pour envoyer un hélicoptère ou autre mais c'est important d'appeler le numéro de sécurité de la course comme ça ça va permettre de déclencher les secours ce sera plus efficace si j'ai un secouriste ou un binôme qui est à 100 mètres de la situation qui ne voit pas la situation je vais pouvoir l'envoyer ça sera beaucoup plus rapide que les secours publics qui vont mettre 10-15 minutes voire un peu plus Merci. à arriver.
- Speaker #0
Et on le rappelle, c'est les 3 premières minutes qui sont les plus importantes. Sur l'arrêt cardiaque,
- Speaker #1
c'est les 3 premières minutes qui sont les plus importantes.
- Speaker #0
On voit très bien l'importance de l'efficacité des premières minutes.
- Speaker #1
Tout à fait. Et donc dans l'alerte, si je peux donner 2-3 éléments à donner, c'est ça qui est important, c'est le lieu précis. Surtout en montagne, c'est important, donc c'est de donner le lieu précis. Les coordonnées GPS.
- Speaker #0
La question que vous allez me poser certainement, c'est clair, c'est comment je fais pour retrouver les coordonnées GPS du lieu dans lequel je suis ?
- Speaker #1
Si vous nous appelez avec votre téléphone, vous allez sur Google Maps, vous appuyez sur où vous êtes et vous allez avoir les coordonnées qui s'affichent. En fait, il faut savoir globalement que quand vous allez nous appeler, la plupart aujourd'hui des équipes de secours vont pouvoir vous renvoyer un SMS et on aura vos coordonnées GPS. D'accord,
- Speaker #0
ça c'est sécurisant quand même.
- Speaker #1
C'est ça, que ce soit nous les équipes privées. secours des courses ou les secours publics. On va obtenir votre position et votre géolocalisation. Donc ça c'est important mais c'est de donner le maximum d'éléments sur quelle course je suis, sur quel parcours, des éléments clés de l'environnement. Le numéro du dossard, c'est important parce que comme ça on sait qui vous êtes. Et sur des courses où vous n'êtes pas géolocalisé en permanence, on va pouvoir savoir ok je suis le dossard numéro tant, ta BP à tel point de passage donc je sais à peu près la zone où tu es. ça donne déjà une idée donc ça c'est important de donner ça et de donner la situation la victime, son numéro de SAR qui c'est et qu'est-ce qu'elle a ça va pas être la même chose si vous m'appelez parce que la personne elle s'est tordu le pouce il n'y a pas d'urgence vitale que si la personne est en arrêt cardiaque et ça c'est important, sur une course on peut avoir plusieurs appels en même temps et donc nous on va pouvoir comme ça renvoyer les moyens et déclencher en fonction de la gravité donc ça c'est important et puis surtout déployer les bons moyens Si il n'y a personne en arrêt cardiaque, je ne vais pas attendre pour déployer le médecin. Je vais tout de suite envoyer une équipe de secours la plus proche et envoyer le médecin. Donc c'est ça qui est important, c'est de nous dire quelle est la situation. Pas besoin de beaucoup de détails. Elle est consciente, inconsciente. Elle respire, elle ne respire pas. Voilà, c'est de nous donner une grande ligne.
- Speaker #0
Pour insister sur ce point, elle est consciente, inconsciente. Ça, je le sais en lui posant la question. Si elle me répond, si elle ne me répond pas, c'est très simple. Elle respire, elle ne respire pas. Tu le disais, on vérifie la ventilation. Voilà, c'est ça. en vérifiant l'air qui sort de la bouche et en vérifiant le mouvement du thorax donc là déjà on a des premières grandes éléments qui permettent donc de tu l'as dit en premier, sécuriser pour éviter le sur-accident et dans le fait de prévenir qu'on ait le maximum de d'infos mais il ne faut pas trop traîner non plus à essayer de trouver des... Non c'est ça,
- Speaker #1
ce qu'on va essayer de traiter c'est l'urgence vitale, après la personne elle est tombée, elle s'est cassée une jambe, elle va crier, elle va avoir mal, il n'y a pas une urgence vitale sur le moment, on va pouvoir, voilà, mais sur l'urgence vitale c'est vraiment... Ce qui va être important c'est est-ce qu'elle est en arrêt cardiaque ou pas parce qu'il va falloir démarrer le massage. Et après je le rappelle, vous êtes formé ou pas formé, on vous guidera au téléphone. Même formé, on vous donnera, ok elle est en arrêt, très bien, vous vous mettez à tel endroit et vous allez démarrer le massage cardiaque, on compte avec vous et on vous guide au téléphone.
- Speaker #0
C'est pour ça que quand on a dans le matériel obligatoire les téléphones chargés, et particulièrement j'insiste bien sur le fait que... Le téléphone c'est bien mais il faut qu'il soit chargé et c'est pas toujours évident quand on est sur l'ultra par exemple ou au bout d'un moment on va peut-être avoir le téléphone qui va être à court donc téléphone chargé moi je rajoutais en ultra, je pense qu'il faudrait le rajouter dans beaucoup de courses d'ultra avoir une batterie externe en plus parce que souvent on se rend compte que le téléphone selon le mode dans lequel on l'utilise on n'a pas forcément assez de batterie etc quand on est dans ce genre de situation et je le répète On ne va pas se mentir, c'est plus probable de se retrouver dans ce genre de situation en travail dans la montagne qu'en promenant dans les magasins, encore que. C'est toujours bien d'avoir un téléphone chargé pour justement, par rapport à ce que tu disais, être guidé. Il faut quand même savoir, et ça j'insiste bien, qu'on a quand même beaucoup en France tendance à nous autoflageller. Mais sur le sujet de la couverture mobile, en France on fait partie des pays les plus couverts. quand vous allez aux Etats-Unis ça n'a absolument aucun rapport je crois que en montagne, dans les Alpes particulièrement on est quasiment en full couverture donc il y a très très peu de chances il me semble qu'on soit pas couvert dans les Alpes particulièrement donc ça c'est important aussi à savoir tu veux insister là dessus ?
- Speaker #1
j'insiste vraiment nous on a plein d'exemples de cas où pas joindre les personnes parce que le téléphone est éteint, il n'y a plus de batterie ou même les personnes partent sans téléphone alors que ce soit dans le cadre d'une course ou dans le cadre privé, je pars me balader en montagne, je pars faire mon petit exercice, mon petit entraînement de trail, je pars tout seul, c'est toujours prévenir une personne surtout dans le cas où on part tout seul, prévenir je pars je pars là à tel moment, à tel endroit, ça permettra qu'à bout d'un moment si on ne voit pas la personne revenir on puisse prévenir et donc sur les trails ce qui est important c'est en effet d'avoir son téléphone chargé, une batterie portable, ça c'est important, ça garantira pas que voilà on peut être malheureusement dans la seule zone où il n'y a pas de réseau donc c'est pareil les témoins, on est témoin d'un accident qu'on n'arrive pas à l'aerte parce qu'on n'a pas de réseau souvent sur une course on va avoir quand même des gens derrière nous on demande à quelqu'un d'aller courir 100 mètres plus loin pour essayer de trouver du réseau voilà c'est important mais je rappelle téléphone obligatoire et bien penser aussi au contact d'urgence qui permet de faire le rappel mais souvent Les contacts d'urgence pour nous c'est important, parce que si on n'arrive pas à vous joindre sur la course, ça va permettre d'appeler votre contact d'urgence pour savoir si elle a eu des infos. Souvent on appelle le contact d'urgence et on tombe sur le numéro du coureur, qui a mis son propre numéro en contact d'urgence. En fait c'est pas pour embêter les coureurs, c'est pour votre sécurité, et ça c'est ultra important parce qu'on perd de précieuses minutes nous en cas vraiment de gros incidents, donc c'est important.
- Speaker #0
Posez-vous la question à mon avis, et ça commence par moi aussi. Si vous êtes en mesure, dans une situation qui pourrait subvenir, de fournir les données GPS, d'essayer, comme tu le disais tout à l'heure, d'aller sur Google Maps ou éventuellement en utilisant WhatsApp. Votre montre Garmin va vous donner,
- Speaker #1
votre montre de course vous donne les coordonnées GPS.
- Speaker #0
Mais je pense qu'il faut éviter d'avoir à tester ce truc-là au milieu d'une situation qui, je le rappelle, est déroutante et perturbante. Tu as parlé de mettre en sécurité, de prévenir. Une fois qu'on a fait ça, c'est quoi la suite ?
- Speaker #1
C'est d'agir. C'est d'agir en fonction de la situation et avec la personne que vous aurez au téléphone. Donc le régulateur derrière, c'est d'agir. Donc si la personne a un arrêt cardiaque, c'est de démarrer le massage cardiaque. Si vous êtes en pleine montagne, vous n'aurez pas de défibrillateur. Par contre, sur des marathons, sur des courses plutôt en... en milieu plus urbain vous aurez un maillage déjà de façon sécuritaire sur la course qui permet d'avoir quelqu'un très rapidement mais je le rappelle et à titre aussi dans vos vies personnelles c'est le défibrillateur c'est à dire que c'est massé et défibrillé ça c'est hyper important donc si vous êtes dans une situation demandez à un témoin d'aller chercher le défibrillateur le plus proche, il y en a dans tous les lieux publics dans les mairies etc, d'aller chercher un défibrillateur au milieu de la montagne vous l'aurez pas voilà mais on fait aussi de la prévention pour votre quotidien donc ça c'est important.
- Speaker #0
Pour rappel le défibrillateur il y a les éléments, le mode d'emploi entre guillemets dessus, c'est pas très compliqué.
- Speaker #1
Non c'est guidé souvent il y a une voie aussi qui vous guide et si vous avez le défibrillateur avec vous, que vous êtes avec le SAMU au téléphone il va vous guider aussi pour le poser.
- Speaker #0
Et tu insistes bien sur le fait que c'est un vrai atout le défibrillateur, pourquoi ?
- Speaker #1
parce que alors Il ne va pas être tout le temps utile, il ne va pas défibriller, mais dans le cas d'une fibrillation du cœur, il va permettre d'envoyer ce choc électrique et donc de redonner un rythme normal au cœur. Et donc dans certaines pathologies cardiaques, c'est ce qui va permettre de sauver la personne.
- Speaker #0
Ce qui me semble que c'est, si je me rappelle bien, c'est une espèce de désynchronisation, ce que tu appelles la fibrillation, et le défibrillateur permet de resynchroniser les battements cardiaques.
- Speaker #1
Donc de reprendre... Un rythme normal, ça ne veut pas dire qu'on arrête le massage cardiaque. Ça ne veut pas dire que la personne n'est pas toujours en arrêt cardiaque. Mais ça va permettre de redonner un rythme normal au cœur et donc d'améliorer les chances de survie. Le défibrillateur, c'est ultra important parce que ça augmente les chances de survie de la personne. Mais il ne faut pas être inquiet quand on pose le défibrillateur s'il nous dit « choc non recommandé » . Ce n'est pas grave en soi.
- Speaker #0
Ce qui est important de comprendre, à mon avis, et je pense que c'est un peu dans l'imaginaire et dans le... Dans ce qu'on pense à peu près tous, c'est que si je suis dans une situation comme ça, je ne serai pas comme au moment assez, je ne serai pas comme au moment mi-prendre, etc. Et là, tu insistes bien toi sur le fait que si vous avez un téléphone chargé, que vous appelez les coordinateurs de secours, etc., ils vous guideront pour faire les premiers gestes et donc on ne sera pas tout seul. Donc c'est pour ça que c'est hyper important de comprendre.
- Speaker #1
C'est très important et vous serez guidé si vous regardez aujourd'hui tous les reportages. qui peuvent passer sur les chaînes télé, etc. Vous le voyez dans le cas d'arrêt cardiaque, le SAMU guide au téléphone, va vous dire où vous placez, puis va compter avec vous, et 1, et 2, et 3, et va vous dire ce qu'il faut, et vous accompagne. Parce qu'en fait, c'est ça, ce qui est stressant, c'est de se retrouver tout seul. Et du coup, quand il y a l'opérateur derrière, au téléphone, qui vous guide, on se met dans une certaine bulle, on fait. Et ce qui est important, je le rappelle, si vous n'êtes pas tout seul, en tant que témoin, le massage cardiaque, c'est fatigant. On se fatigue très, très vite. Et donc, on perd en efficacité. donc c'est important de se relayer si je suis tout seul, je peux avoir le choix mais si je suis 3-4 témoins pensez à vous relayer mais très rapidement, pas toutes les 20 minutes relayez-vous parce qu'en fait ça fatigue le massage cardiaque et donc à un moment, en appuyant moins fort on va être moins efficace donc voilà,
- Speaker #0
c'est un petit conseil s'il y a d'autres témoins relayez-vous en attendant les secours je vais poser la question parce que ça doit être roté dans la tête de certains euh Est-ce qu'aujourd'hui, moi je connais la réponse parce que j'ai été formé récemment, mais est-ce qu'aujourd'hui on est encore dans une époque où on doit faire du bouche-à-bouche lorsqu'on masse ?
- Speaker #1
Non, c'est massage cardiaque, on n'enseigne plus le bouche-à-bouche.
- Speaker #0
D'accord, parce que ça a été prouvé que ça n'a pas réellement d'efficacité ?
- Speaker #1
Ça a été prouvé que ce n'est pas ce qui va améliorer les chances de survie de la personne. On a eu beaucoup de cas de conscience, nous avons le Covid, je fais, je ne fais pas. Je parle dans grand public, on ne fait plus de bouche-à-bouche. Vous verrez que quand les secouristes interviennent, on va amener le ballon, le bavus, ce qu'on appelle. Mais du coup, on va nous mettre de l'oxygène et oxygéner. Mais en fait, on apporte de l'oxygène en plus, mais le fait de masser fait recirculer le sang et donc permet de faire circuler l'oxygène. En fait,
- Speaker #0
pour bien qu'on comprenne un petit peu l'intérêt du massage cardiaque, c'est en fait de remplacer le... Le cœur, c'est une pompe ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et donc le fait de masser, ça remplace un petit peu le réflexe naturel du cœur de pomper par un mouvement mécanique de pompe, tout simplement. C'est ça,
- Speaker #1
en fait on vient compresser, donc on va compresser, ça va compresser le cœur et donc du coup faire recirculer le sang.
- Speaker #0
Ça a vraiment un, comment dire, on a un peu du mal à comprendre parfois parce que c'est un peu abstrait, mais ça a vraiment un intérêt mécanique très simple. C'est une pompe qui va, en appuyant dessus, faire circuler le sang dans les organes vitaux. Et en fait, on sait à peu près quelle est l'augmentation du taux de survie par rapport à quelqu'un qui a un massage cardiaque et quelqu'un qui n'en a pas ?
- Speaker #1
Je n'ai pas les chiffres en tête. C'est dommage que Nicolas ne soit pas là parce qu'il les aurait. Quand il va arriver, il pourra répondre à cette question parce que là, je ne voudrais pas dire de bêtise, je n'ai pas les chiffres en tête. Mais c'est fondamental. C'est fondamental. Aujourd'hui, c'est prouvé que ça augmente les chances de survie, le massage cardiaque. On entend dans toutes les chaînes d'info, quand on parle, oui aujourd'hui le massage cardiaque va augmenter les chances de survie.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois quelque chose d'autre ? Donc on masse le temps que... ou alors on se relaie ? Ça c'est important aussi à préciser, je pense que tu l'as dit mais... On évite de rester seul si on voit des gens passer alors qu'on est en train de gérer une situation d'urgence. On demande quand même de rester avec nous parce qu'on pourra, comme tu le dis, se relayer. Donc c'est important quand même aussi de ne pas être seul, c'est toujours aussi rassurant. Alors après on peut aussi avoir une situation où on est trop nombreux et où du coup ça part un peu dans tous les sens.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Comment gérer cette situation ? Est-ce qu'il doit y avoir quelqu'un qui gère le truc ?
- Speaker #1
C'est compliqué en tant que témoin, on ne va pas pouvoir demander aux gens de partir. Nous, en tant que personnel de secours, c'est des situations compliquées à gérer. trop de gens autour ne permettent pas d'être on va dire correctement dans la situation et donc en général quand on intervient en équipe de secours on va avoir les équipiers qui vont agir faire le massage cardiaque gestes et le chef d'équipe qui lui va gérer on va dire tout l'à côté se remettre en lien avec les pompiers extra et puis pousser, évacuer le public donc en fait ça arrive, il y a toujours des gens qui vont être là qui vont regarder, qui vont commenter ces gens là il faut gentiment leur dire de s'éloigner, c'est important de laisser une certaine bulle autour de la victime et des gens qui interviennent Là toi tu parles en tant que secouriste,
- Speaker #0
mais quelqu'un qui se retrouve seul en premier lieu sur ce sujet. ce type de situation, comment il doit faire ? Est-ce qu'il doit effectivement dire reste avec moi, toi tu restes avec moi, tu vois comment il s'organise à ton avis ?
- Speaker #1
Il faut arriver à s'organiser un peu tout seul en autonomie, c'est demander de l'aide parce qu'autant dans les témoins qui sont là, il y a des gens qui sont formés, c'est demander de l'aide et de ne pas avoir peur à dire à quelqu'un tiens tu peux aller me chercher le défibrillateur, voilà demander de l'aide. après gérer tous les témoins ou entre guillemets les voix voyeurs qui sont autour, c'est pas le rôle de la personne qui intervient, il faut se concentrer sur la victime, faire ce qu'on a à faire en sachant que dans le milieu du trail et en pleine montagne on aura moins ce cas là vous intervenez en pleine ville vous aurez de ce fait De toute façon, les pompiers, le SAMU ou la police, la gendarmerie, très rapidement, ils seraient seuls très peu de temps. Alors, 10 minutes, c'est le temps moyen, 10 minutes à 20 minutes pour qu'une équipe de secours arrive, je parle en milieu urbain, par exemple, ça paraît très très long. D'où le fait de ne pas être tout seul.
- Speaker #0
Combien, alors tu parlais de 10 minutes à 20 minutes en milieu urbain, alors j'imagine que c'est quoi le temps moyen d'intervention sur un trail ? Alors j'imagine que c'est variable.
- Speaker #1
Nous, on doit... On doit pouvoir intervenir en moins de 30 minutes sur un trail. L'organisateur, je rappelle, a une obligation de moyens. Et donc, on doit pouvoir avoir une équipe de secours à moins de 30 minutes. Après, en moyenne, pour intervenir, si on a... un maillage secouriste on va mettre 10-15 minutes mais ces délais peuvent s'allonger surtout si il est à 3000 mètres d'altitude que je dois prendre l'hélico en effet on va être sur 20-30 minutes mais le maillage Le maillage fait que normalement, nous en tout cas avec Outdoor Soco, on fait en sorte d'avoir un maillage pour intervenir en moins de 30 minutes. Et 30 minutes, c'est très long.
- Speaker #0
Et donc ça veut dire que potentiellement, il y aurait un massage cardiaque pendant 20, 25, une demi-heure.
- Speaker #1
Potentiellement.
- Speaker #0
Ça arrive ?
- Speaker #1
Ça peut arriver. On peut se retrouver dans des situations où on masse pendant très longtemps avant d'avoir des équipes. Moi, j'ai déjà retrouvé à masser pendant 40 minutes avant d'avoir une équipe médicale extérieure.
- Speaker #0
Et ça, si...
- Speaker #1
D'autant plus quand les conditions sont compliquées, qu'une machine ne peut pas voler, ça peut être en montagne de nuit, ça peut être long.
- Speaker #0
Ça on en a conscience que quand on se retrouve confronté à la situation, c'est aussi l'objectif de cet épisode, mais c'est clair que masser pendant une demi-heure, trois quarts d'heure, ça doit être un sacré stress, une sacrée situation difficile à gérer. Tout fait de se relayer. Tout fait de se relayer et de ne pas être seul aussi. Oui,
- Speaker #1
la situation peut être longue. Surtout en milieu isolé.
- Speaker #0
A quel moment, tu l'as dit tout à l'heure, quand on est inconscient, quand on ne respire pas, mais je ne sais pas, à quel moment on s'inquiète vraiment de la... Je ne sais pas, je pose une question bête, mais... j'ai un concurrent autour de moi qui est un peu pas bien, qui commence à perdre l'équilibre. À quel moment on doit vraiment s'inquiéter ? Là, on rentre dans le cadre de quelqu'un qui est encore en train de se déplacer, qui n'est pas forcément à terre, au sol, etc. À quel moment, quand on constate un comportement un peu... aléatoire, etc., quelqu'un qui n'est pas bien, on commence à s'inquiéter.
- Speaker #1
Tout de suite. On ne prend pas les premiers signes, et notamment ces premiers signes-là, un coureur qui va arriver à un ravitaillement un peu agarre, un petit tube en un peu, c'est les signes qu'il y a quelque chose de grave. Je ne rentrerai pas dans toutes les pathologies qu'il peut y avoir derrière ça, mais dès qu'on a des premiers signes, Si nous font dire que la personne n'est pas dans son état normal, il faut tout de suite l'arrêter et l'amener vers une équipe de secours. Si on arrive vite à Aïman, il y aura des équipes de secours ou en tout cas alerter les secours en disant « j'ai une personne qui n'est pas dans son état normal, elle peut faire un malaise » . Mais c'est important, c'est dès les premiers signes. Plutôt on prend en charge la pathologie, plutôt on évite les conséquences.
- Speaker #0
On a un peu trop tendance à... à mon avis, dans ce sport-là, à considérer qu'un état de... Comment dire ? Une attitude un peu titubante, un peu agarre, etc. Ça fait partie du game, comme on dit. Mais je pense qu'aussi, on a, nous, en tant que trailer, un rôle à jouer là-dedans. C'est-à-dire que si on constate lors d'une course qu'on voit 2-3 personnes devant, quelqu'un qui est vraiment dans un état... Qu'on considère anormal, il ne faut pas se dire que ça fait partie du jeu, c'est l'ultra et tout. Il faut, à mon avis, quand on arrive par exemple au prochain ravito, aller voir les secours et dire la personne qui était juste avant moi, je pense qu'elle n'est pas dans un état normal. Tu penses que c'est important ?
- Speaker #1
Ça c'est hyper important, moi je le constate parce que je suis moins sur le terrain, je suis souvent au PC secours à piloter avec le médecin. Je reçois de plus en plus aujourd'hui des appels de coureurs qui me disent il y a tel dossard, je l'ai vu là sur le parcours, il n'avait pas l'air bien, etc. Ce serait bien que, juste pour nous prévenir, c'est ultra important parce que nous ça nous permet de dire au prochain ravito j'appelle l'équipe de secours qui est là, est-ce que vous pouvez me surveiller tel courant, est-ce que vous pouvez me surveiller tel numéro de dossard ? ça c'est important et toute personne qui est témoin sur l'événement les coureurs, les signalers,
- Speaker #0
c'est important de prévenir même s'il n'y a potentiellement pas quelque chose de grave on préfère être alerté donc prévenir que il vaut mieux prévenir que guérir pour vous et surtout qu'on le voit dans des situations comme les Nord, on se retrouve souvent confronté à des situations qu'on ne prend pas forcément en compte au départ et qui peuvent dériver avec les gens avec les conditions, avec la chaleur, etc. Hyper intéressant d'ouvrir l'œil. D'ouvrir l'œil et d'être attentif parce qu'on a tous notre rôle à jouer là-dedans. On va parler un petit peu matériel. On a parlé du téléphone tout à l'heure. Les organisateurs sont de plus en plus prudents avec ça. Moi, je l'ai dit à de nombreuses reprises à ce micro que je suis favorable à... on va dire au principe de précaution, même si c'est un gros mot aujourd'hui dans notre pays. Je pense que les organisateurs font du bon travail de manière générale en imposant du matériel, même si parfois il semble un peu exagéré. Voilà, toi, ton point de vue un petit peu sur... Alors, encore une fois, je recadre dans le cadre des gestes de premier secours. Ton point de vue par rapport au matériel.
- Speaker #1
En matériel, on ne va pas demander au coureur de partir avec un sac de secours complet. Ce qui est ultra important, on l'a rappelé, c'est le téléphone chargé, la couverture de survie. Ultra important ça. Aujourd'hui, on a encore trop nombreux de trails ou d'événements sportifs. où la couverture est obligatoire. On se rend compte que les gens n'ont pas de couverture. Il fait froid, il y a un arrêt de course parce qu'on doit intervenir plus bas. Vous restez pendant 20 minutes sous la flotte, la couverture de survie va vous... vous sauver.
- Speaker #0
Et je précise couverture de survie en ayant lu au préalable le mode d'emploi. Bien sûr. Je rappelle, il y a deux faces. Tu peux juste le rappeler rapidement ?
- Speaker #1
La couverture de survie, c'est le côté doré vers l'extérieur et argent à l'intérieur. Après, vous pourrez retrouver des couvertures de survie qui sont argent à argent, mais c'est important. Il y a un côté pour garder au chaud, un côté pour justement isoler. Donc ça, c'est ultra important.
- Speaker #0
Si je ne dis pas de bêtises, le côté doré à l'extérieur, c'est pour garder au chaud et le côté argenté à l'extérieur c'est pour évacuer la chaleur c'est pour refléter la chaleur tout à fait et après
- Speaker #1
Après voilà, ça peut être les couvertures de survie jetables. Aujourd'hui, sans citer des grandes marques de sport, il existe aussi des couvertures réutilisables, de survie réutilisable. Mais d'avoir une couverture de survie, ça c'est ultra important.
- Speaker #0
Je te coupe, mais je pense quand même que dans le cadre du trail, et particulièrement en montagne où on a souvent des variations de température, je pense que c'est bien d'avoir une couverture de survie qui fait les deux. et au préalable de savoir comment elle fonctionne avant de partir.
- Speaker #1
Je rappelle, et je me permets, parce qu'on parle de la couverture de survie, je peux passer un petit message. Si demain, vous êtes dans une situation d'urgence et qu'une personne a une couverture de survie, ou vous êtes avec une personne qui a une couverture de survie et que vous savez qu'on va vous envoyer un hélicoptère, que vous voyez la machine approcher, ne lâchez pas la couverture de survie. C'est ultra dangereux pour les hélicoptères, on a eu trop de cas où on intervient en hélicoptère, on se retrouve et la couverture de survie s'envole, ça peut mener au crash de l'hélicoptère. Petit rappel, tout le matériel que vous avez autour de vous, si un hélicoptère vient à votre approche dans le cas d'une intervention, vous tenez le matériel au sol, rien ne doit s'envoler. Donc la couverture de survie oui, quand la machine arrive, rangez-la dans un endroit où elle ne peut pas s'envoler, ça met en danger tout le monde.
- Speaker #0
c'est intéressant ça c'est un vrai conseil pratique
- Speaker #1
de terrain. On n'a vécu une situation où on aurait pu rester au sol avec la machine.
- Speaker #0
Très important.
- Speaker #1
Ce qu'on peut avoir aussi dans le matériel, on va dire de sécurité, un sifflet. Un sifflet, ça peut être intéressant parce qu'on ne vous trouve pas, vous êtes dans un milieu boisé de nuit, le sifflet va permettre de signaler. C'est quelque chose qui est bien.
- Speaker #0
Souvent intégré au sac. C'est ça,
- Speaker #1
intégrer au sac beaucoup maintenant. Maintenant, même nous, sur nos sacs de secours, nos plastrons, on a les sifflets. Donc ça, c'est quelque chose qui se fait bien. La lampe frontale, ça a l'hyper-importance. Après, tout ce qui va être de l'eau. Nous, on voit encore trop souvent des coureurs qui quittent les ravitaillements et qui ont les flasques qui sont en métier vide. Ce n'est pas possible, en fait. Ou en cas de forte chaleur, des coureurs qui arrivent et qui ont les flasques pleines qui viennent de... quitter Ravito, c'est important d'avoir de l'eau après d'avoir avec vous la batterie externe on l'a dit mais toujours avoir avec vous un peu de strap quelques pansements, ça peut toujours être utile vous blesser sur le parcours pouvoir juste vous mettre une bande un peu de sparadrap ça évite de se retrouver avec une plaie et d'aller jusqu'au prochain ravitaillement mais ce que je dirais c'est le téléphone le téléphone chargé
- Speaker #0
et la couverture de survie c'est important parce que permettre d'attendre les secours dans des conditions plus ou moins favorables on est dans une période au début d'été on enregistre début juin c'est le 2 juin on a eu les premières chaleurs plus précoces que d'habitude fin mai tu en parlais tout à l'heure sur certains événements il y a eu des drames je crois qu'il y a eu 6 ou 7 décès le week-end dernier notamment sur un aérox sur des courses aussi et sur des courses sur route, etc. Qu'est-ce que tu peux... Moi j'aimerais bien qu'on insiste quand même sur ce coup de chaud, l'hyperthermie d'effort maligne à l'effort. C'est hyper important de comprendre que... C'est hyper dangereux. Moi, quand je fais du coaching en club avec Saint-Provence, nous, on a souvent des chaleurs qui sont assez précoces. Et j'insiste énormément sur le fait que, d'une part, d'un point de vue, si on se place un peu d'un point de vue performance, il ne faut absolument pas comparer, surtout dans les premières chaleurs, les performances qu'on a habituellement versus les performances qu'on a avec ces chaleurs-là. Mais surtout que ce n'est pas un détail et que ça peut... Ça peut avoir énormément de conséquences, j'en veux pour preuve le nombre d'abandons de DNF les plus importants sur les courses en ultra particulièrement, c'est souvent les événements sur lesquels il fait le plus chaud, le Turn Valley Trail en 2025. Damien, je le salue, Damien Pauwels, qui a été au bout de ce trail-là, il a fait partie des 40% arrivés. 40%, ça veut dire 60% d'abandons, c'est bien plus. que l'UTMB 2025 où il y a eu 30% d'abandon avec des conditions météo, où il y a eu de la neige, etc. La chaleur, c'est vraiment un élément déterminant à la fois de la réussite de son objectif et à la fois qui peut avoir des conséquences très graves, notamment par rapport au coup de chaud.
- Speaker #1
Tout à fait, la chaleur est... La chaleur peut entraîner des grosses pathologies. Chaleur ne veut pas dire 40 degrés. Moi j'ai des exemples, je prends le semi-marathon de Paris, qui ne se fait pas en plein été. On a des cas d'hyperthermie maligne. d'effort. En fait, le fait de faire un effort sportif encore plus quand il fait chaud va entraîner derrière des pathologies qui peuvent être extrêmement graves. On parlait de l'hyperthermie, le coup de chaud, ce qu'on a entendu dans la presse ces derniers jours et je ne commenterai pas les articles mais aujourd'hui c'est important de s'hydrater ultra important, il faut s'hydrater et comme je le dis, il ne faut pas attendre d'avoir la sensation de soif pour s'hydrater et s'hydrater ne veut pas dire boire que de l'eau il faut s'hydrater correctement nous sur les trails, on a tendance à recourir commander une bonne soupe ou un bouillon cube même nous on a l'exemple quand on fait des marathons dans le désert bouillon cube même dans l'eau froide en fait ça réhydrate parce que c'est ultra salé et c'est ça qui est important parce que quand la personne va transpirer elle élimine énormément de sel et c'est ça qui peut entraîner au delà de l'hyperthermie d'autres pathologies plus sur les reins etc donc ça c'est ultra important c'est de s'hydrater mais de s'écouter aussi à un moment quand on a les premiers signes Merci. de déshydratation, ça peut être crampes maux de tête, vertiges ou de l'hyperthermie, on ne transpire plus pareil, sensation de frissons, c'est de s'arrêter c'est de s'arrêter je sais que c'est dur, on est dans son effort on veut aller au bout il y a un vrai risque vital et on peut finir en réa, intubé ou décédé on a l'exemple encore ce week-end avec ce qui s'est passé je pense que la chaleur
- Speaker #0
C'est un des éléments les plus importants. les plus dangereux dans notre sport j'aimerais bien si tu veux bien que toi de ton oeil de sauveteur de secouriste que tu nous parles des erreurs les plus fréquentes que toi tu constates dans le cadre des événements de trahi quand on t'appelle dans des situations d'urgence encore une fois je rappelle on se replace dans le contexte des gestes de premier secours Euh...
- Speaker #1
Nous, dans les heures qu'on voit, ça peut paraître bête. On se dit, mais non, ce n'est pas possible. C'est de partir sans eau. Là, ils partent sans eau. Ils se disent, ce n'est pas grave, il y en aura sur les ravitaillements. Je pars sans eau.
- Speaker #0
Normalement,
- Speaker #1
on peut se retrouver dans une situation où il y a un tel écart entre deux ravitaillements. On se retrouve sans eau et on se met en danger.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ça, c'est ultra important. C'est toujours partir avec de l'eau. La météo, c'est très important. Quand l'organisateur demande le kit grand froid ou chaud, c'est pour des bonnes raisons c'est d'anticiper la météo pas se dire je pars faire un trail dans le nord de la France de toute façon il fera froid je pars avec non en fait c'est de bien penser à la météo parce que ça peut vous mettre en danger j'ai un exemple anecdote
- Speaker #0
vas-y trail de la Seine-Bombe il y a 3 ans je salue mais on ne voudra pas merde j'ai oublié son nom ah Sébastien Speller qui est venu faire le trail de la Seine-Bombe Donc il y a des assiettes. ancien, et il est venu faire le trail à la Seine-Bombe, à mon avis il n'avait pas tout le matériel nécessaire, et il s'est retrouvé à courir sur les crêtes au mois de février, alors le sud c'est bien, mais il peut aussi faire froid, à la Seine-Bombe on monte jusqu'à plus de 1000 d'altitude, et il a été obligé de courir pendant une période de la course avec la couverture de survie sur les épaules.
- Speaker #1
donc on se retrouve dans des situations un peu c'est un bel exemple parce que c'est nous qui couvrons cet événement là et encore plus cette année où il y a eu un ultra qui a été intégré c'est important c'est parce qu'on est dans le sud en plein mois d'avril qu'on ne peut pas se retrouver on prend l'exemple de l'ultra trail du Ventoux qui a eu,
- Speaker #0
UTMB ils ont couru dans la neige pourtant c'était pas il y a 6 mois ils ont couru dans la neige et ils se sont retrouvés avec des presque 30 degrés
- Speaker #1
dans l'après-midi c'est ultra important il faut faire attention même en plein mois d'août à l'UTMB à Chamonix on se retrouve sous la neige en haut et en bas à vouloir se rafraîchir parce qu'il fait trop chaud la métaux est hyper important le téléphone on l'a rappelé on en a parlé tout le long c'est d'avoir un téléphone avoir un téléphone tout court mais un téléphone chargé pas éteint parce qu'on va se dire je vais économiser la batterie je vais éteindre le téléphone et c'est souvent à ce moment là qu'on en a besoin qu'on n'arrive pas à vous joindre ça
- Speaker #0
me fait penser à un truc les petits téléphones que prennent les élites souvent bonne idée ou mauvaise idée du coup parce que est-ce qu'ils arrivent à déterminer leur positionnement GPS non ils n'arriveront pas ils n'arriveront pas
- Speaker #1
parce qu'en fait du moment où le téléphone n'a pas de puce GPS, on ne pourra pas déterminer. Aujourd'hui, à part un smartphone qui a une puce GPS, même nous si on envoie le SMS, il va falloir se connecter et du coup ouvrir le SMS, ça envoie sur un lien, ça va déclencher la puce GPS du téléphone. Donc un petit téléphone à clapper n'aura pas de puce GPS.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça permet de prévenir quand même.
- Speaker #0
Oui, mais on ne pourra pas dire où on est ou on ne pourra pas communiquer.
- Speaker #1
après même sans position GPS on arrivera toujours à trouver un moyen vous retrouver. On perdra du temps mais on vous retrouvera.
- Speaker #0
Si vous avez le téléphone, le petit téléphone pour gagner du poids là, assurez-vous que vous soyez en capacité par le biais de votre montre notamment de donner la position GPS dans laquelle vous êtes.
- Speaker #1
Voilà, après c'est dans les erreurs aussi c'est souvent, je suis dans mon effort sportif je suis dans ma performance, c'est d'ignorer les premiers signes les signes qu'on citait tout à l'heure vertige, mal de tête, envie de vomir, etc. C'est d'ignorer ces signes là et dire bon. C'est pas grave, j'ai l'habitude, je continue. En fait, c'est de savoir s'écouter. Chaque coureur se connaît et donc sait où sont ses limites. Mais à un moment, il faut savoir dire stop. Parce que dans les erreurs, c'est souvent on va jusqu'au bout, mais souvent il est trop tard.
- Speaker #0
Et si vous avez un doute, je pense que c'est intéressant aussi d'aller voir des secouristes sur les ravitaux et de poser la question. Qu'est-ce que vous en pensez ? Parce que souvent, c'est vrai que c'est un peu flou. Nous-mêmes, on n'arrive pas à être suffisamment objectifs. Je pense que si... s'il y a un doute, il faut peut-être poser la question, prendre les constantes, l'attention, je ne parlerai pas dans les détails, mais je pense qu'il faut avoir aussi cette humilité-là, de se dire, est-ce que vraiment, moi je suis en capacité de savoir si oui ou non je peux continuer.
- Speaker #1
Tout à fait, moi j'ai plein d'exemples, je reprends l'exemple de l'UTMB, où sur certains ravitaillements, on a des coureurs qui arrivent, et qui disent, je ne suis pas très... très bien, est-ce qu'on pourrait juste contrôler donc on va donner des conseils, ça veut pas dire qu'on va l'arrêter et le sortir de la course même sur certaines bases de vie, se dire bah je vais m'arrêter alors je sais que c'est compliqué parce qu'on cherche la performance on cherche à faire le classement mais s'arrêter une demi-heure, dire je vais dormir derrière en fait ça permet de repartir sans danger donc il faut pas avoir peur d'un peur de s'écouter de devenir nous voir donc ça c'est ça c'est important et dans les erreurs aussi dans les autres erreurs comme on disait c'est sur les contacts d'urgence je prends le cas en fait de l'abandon le dnf et souvent les personnes abandonnent et nous préviennent pas sauf que nous à la fin de la course on sait pas où elle est et on va aller chercher je rappelle les conséquences parce que ça il y a peu de personnes. qui le savent. J'avais des exemples, ça m'est arrivé sur une course sur l'ultramarin, j'ai un coureur qui a abandonné, qui ne nous a pas prévenu. L'ultramarin, Havan, on est en milieu, en plus Maritim. La dernière fois qu'elle avait été vue, c'était proche de la mer, donc on peut imaginer tout ce qu'on veut. Nous, on a déclenché les pompiers, on a déclenché la gendarmerie. en fait la personne avait abandonné et était rentrée à Paris. Conséquence, le lendemain matin, les gendarmes peuvent se pointer à sa porte pour venir le chercher. Aujourd'hui, déclencher des moyens... moyens de secours et nous quand on engage des moyens publics pour rechercher une personne qui a abandonné jusqu'à être prévenu les frais peuvent vous être imputés ça c'est hyper important quand vous abandonnez vous prévenez même si c'est pas pour des raisons médicales prévenez parce qu'après on va vous chercher on a une responsabilité c'est logique c'est qu'en fin de course l'organisateur doit s'assurer que tout le monde est bien là s'il manque quelqu'un il peut y avoir derrière des suites importantes il faut retrouver la personne je n'ai pas de cas où une personne a fait un malaise mais on peut imaginer tout ce qu'on veut donc nous forcément on va prendre la situation la plus grave la personne n'en a pas de nouvelles on appelle son contact d'urgence il ne répond pas ou il ne sait pas où elle est nous forcément ça va engager des moyens importants, déclencher l'hélicoptère et tout ça ça a un coût si on déclenche pour rien et c'est le cas globalement partout, demain vous appelez les pompiers pour rien ou pour un canular, vous êtes pénalement responsable. Vous pouvez être attaqué en justice pour ça. Ça, c'est important. Ça, c'est des erreurs qu'on revoit trop souvent. Moi, je passe un événement qui doit finir à telle heure, on passe encore des heures et des heures derrière à chercher et appeler un par un les numéros, les dossards, les contacts du genre pour savoir où est la personne, si elle a abandonné ou pas. Donc ça, vraiment, faites attention et jouez le jeu. Vous abandonnez, prévenez juste, vous appelez le PC course, vous appelez le PC secours. vous dites numéro de dossard, j'ai abandonné, il n'y a pas de problème, je n'ai pas besoin d'assistance médicale et nous on vous met en DNF. Au moins on sait que la personne a abandonné, elle rentre avec ses proches, il n'y a pas de soucis.
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément évident parce qu'on abandonne, on est mal physiquement, on est mal mentalement et tout. Mais il faut bien avoir conscience que ça a beaucoup d'impact derrière. Donc ayez ça en tête quand même, ce n'est pas un détail parce que ça peut générer. Tu parlais de déclenchement de secours. Ça peut aussi avoir des impacts sur... ça me fait penser à Samoens il y a deux ans, me semble-t-il, où il y a eu un gros événement de secours dans les aquatiques. Alors j'ai plus... ça te parle cet événement ?
- Speaker #1
J'en ai entendu parler,
- Speaker #0
oui. Et en fait, il n'y avait plus assez de secours pour assurer la sécurité entre cet événement-là qui était en cours et les secours sur la course. Donc on voit bien aussi que tout est lié. C'est-à-dire que... Tu peux en parler de ça ? Tout à fait,
- Speaker #1
c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a les secours de la course, mais à un moment, on va aussi pouvoir déclencher les secours publics. Si moi, sur la course, il y a quelqu'un qui a abandonné, qui ne nous a pas prévenu, on va déclencher des moyens, c'est des moyens qu'on ne peut pas mettre ailleurs.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Voilà, donc demain, je déclenche un hélicoptère, des équipes, des patrouilles de gendarmerie, à je ne sais pas combien de kilomètres de là, il y a quelqu'un qui fait un arrêt-carte. L'hélicoptère est en train de chercher un coureur qui est juste rentré chez lui, il est en train de prendre sa douche et se reposer.
- Speaker #0
Derrière,
- Speaker #1
c'était quelqu'un qui va décéder. Après, sur une recherche de personnes, l'hélicoptère partira sur la cardiaque. Mais en fait, ça mobilise des moyens. Ça désengage complètement le dispositif. Et donc ça, ça met en danger le reste de la course. Et si je n'ai plus de moyens disponibles sur une course, c'est égal pour l'organisateur
- Speaker #0
arrêt de course aussi c'est à dire qu'il n'y a plus de moyens de secours sur la course l'organisateur se doit d'arrêter la course c'est ce qui s'est passé à l'UTAG à Samoas tout à fait alors ça a beaucoup râlé et tout mais à un moment je veux dire on est aussi dans un sport nature avec un environnement parfois hostile et à un moment donné il y a des gens qui sont responsables vous l'êtes les organisateurs le sont et il y a des décisions qui doivent être prises parce que sur accident parce que voilà donc hyper intéressant tout à fait Allez, on arrive gentiment à la fin de notre échange. On va recentrer un petit peu sur les gestes de premier secours. J'aimerais bien que si tu veux bien que tu fasses un petit résumé de ce qui te semble important dans le cadre des gestes de premier secours dans le cadre des événements de trail.
- Speaker #1
Si je fais un résumé sur les gestes de premier secours dans le cadre du trail... Petit 1, tout ce qu'on a dit, ça va être protéger, alerter et agir. Donc ça, c'est hyper important.
- Speaker #0
On dit plus secourir du coup, parce qu'avant c'était protéger, alerter, secourir.
- Speaker #1
C'est ça, c'est plutôt protéger, alerter, secourir. C'est ultra important, c'est trois mots à retenir. se former, moi j'invite vraiment les gens à se former c'est hyper important se former ne veut pas dire que vous vous retrouverez un jour face à une situation mais le jour où vous vous retrouvez face à une situation vous serez content d'être formé moi pour donner un exemple ça fait maintenant 12-13 ans que je suis dans le secours je suis intervenu sur deux arrêts cardiaques et pourtant on pourrait croire que deux fois un arrêt cardiaque c'est important de se former Oui. et de se maintenir aussi, maintenir ses connaissances. Alors, pour le grand public, je sais que c'est plus compliqué, mais se former, ça c'est ultra important. Et donc, bien retenir, vous êtes le premier maillon de la chaîne de secours. Demain, comme on l'a dit dans tous les chiffres qu'on a donnés au début de cette émission, c'est qu'aujourd'hui, dans 70% des cas, vous allez témoin, et il n'y aura pas d'équipe de secours à proximité. donc c'est ultra important de se former et si on n'est pas formé de ne pas avoir peur au moins d'en être conscient mais s'il y a un mot à retenir c'est alerter dans le trail alerter parce qu'on va pouvoir déclencher nous les moyens très rapidement si vous alertez vous allez pouvoir avoir des gens qui vont vous guider et
- Speaker #0
vous allez pouvoir agir en conséquence de la communication que vous allez avoir si vous n'avez pas le moyen d'alerter là clairement vous êtes tout seul au mieux nulle part avec quelqu'un qui est potentiellement inconscient ou en train de mourir on va appeler un chat un chat et qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
malheureusement sans être dans l'extrême on sait ce que ça va entraîner c'est la réalité le milieu isolé est un milieu on pourrait se dire en montagne au malheureusement il peut y arriver des cas où même si j'ai mon téléphone ça passe pas mais il faut mieux se dire j'ai mon téléphone là je capte pas mais la personne est là tant pis je cours sans m'être plus loin j'essaye de trouver du réseau, j'alerte en fait il faut alerter c'est vraiment primordial,
- Speaker #0
c'est passer l'alerte et après on agit ça me fait penser à un Patreon Xavier que je salue qui est dans le sud-ouest du côté de Toulouse qui s'est trouvée sur la réconciliation. cardiaque des Templiers sur l'endurance il y a 3 ou 4 ans et voilà il m'avait fait un retour ça l'a complètement bouleversé pendant des semaines et des semaines il ne m'en voudra pas de partager son expérience mais il tenait d'ailleurs, je pense que c'est un peu aussi pour lui que j'avais fait cet épisode ça l'a vraiment beaucoup chamboulé, on peut en parler ça rapidement de ce que ça peut engendrer toi par exemple à titre perso quand tu disais que tu as eu 2 massages cardiaques à faire, qu'est-ce que ça a laissé et... Qu'est-ce que ça a créé chez toi ?
- Speaker #1
Ça laisse des traces. Même on pourrait se dire, on est formé, on a l'habitude. La situation au moment venu, on va faire ce qu'on veut, après on le ressasse. Les jours qui suivent, on y pense. On parle des soignants et il ne faut pas avoir peur. Je le dis, si des soignants écoutent après l'épisode, il ne faut pas avoir peur d'en parler, il ne faut pas avoir peur d'être accompagné. Nous, dans des équipes de secours, j'ai l'exemple il y a quelques années sur une course, on a eu un arrêt cardiaque, on a intervenu avec de jeunes. secouristes, ça marque forcément et donc ça il faut les accompagner il y a des cellules spécialisées après auprès des hôpitaux etc, cellules de prise en charge psychologique qui sont là pour en parler et donc d'autant plus pour le grand public qui va intervenir, oui c'est marquant oui c'est choquant et forcément c'est des choses c'est dur de voir quelqu'un qui est en arrêt cardiaque, qui potentiellement derrière les conséquences... Certains seront qu'on n'arrivera pas à le sauver. C'est compliqué, il faut être accompagné, il ne faut pas avoir peur d'en parler. Et nous, équipe médicale, quand on va intervenir sur prendre le relais de témoins, c'est ultra important pour nous. Alors nous, on va être dans notre truc, on va faire, mais c'est important de prendre en compte ce qu'on appelle, on ne va pas les appeler les témoins, mais on va appeler ça les impliqués. On a beaucoup entendu parler pendant les attentats, il y a l'attentat et quelqu'un qui se fait exploser. on va avoir les gens qui sont victimes on va avoir les gens qui sont autour, qui sont impliqués qui ont vu la scène et qui finalement vont avoir plutôt une détresse psychologique et ça il faut les prendre en compte, car quelqu'un, un témoin un coureur qui a massé pendant 30 minutes, qui a vu son copain par terre, c'est marquant et on peut si on n'est pas bien accompagné ne pas en sortir indemne mais c'est naturel, il ne faut pas avoir peur même nous équipe médicale moi il y a des fois je repense à certaines interventions il y a des interventions plus marquantes que... que d'autres, et c'est pas... ça serait inhumain de dire, moi, ça me touche pas. Non, c'est pas vrai.
- Speaker #0
Et en plus, j'insiste sur cet aspect qui est, à mon avis, important. C'est traumatisant pour quelqu'un qui agit ou qui est victime, et... comment dire, on le ressasse, toi, ça a été ton cas, c'est-à-dire que t'as pu agir, t'as pu... on va dire, j'imagine que ça s'est bien terminé, etc., mais imaginons un instant qu'on se retrouve dans une situation comme ça, qu'on n'est pas formé, qu'on sait pas à quoi faire, que ça se passe mal. Imaginons la culpabilité qu'on peut ressentir à avoir rien fait, avoir eu peur, avoir mal fait les choses, etc. Imaginons ce que ça peut engendrer psychologiquement derrière. Donc j'insiste bien moi sur le fait qu'il faut appeler un chat un chat et on conclura sur ça. On fait un sport dangereux. Alors certains vont dire oui, on est... Le trail c'est moins dangereux Donc avant, ce n'est pas un sport dans le monde. dangereux, on est encadré, ok, on ira dire ça à quelqu'un qui masque quelqu'un d'autre pendant une demi-heure, on lui dira que c'est pas dangereux, mais je pense qu'il faut avoir conscience qu'on est dans des environnements hostiles, qu'on peut se retrouver seul, que ça peut mal tourner, et qu'il faut en avoir conscience et qu'il faut agir comme tu le disais, en se formant, et en n'ayant pas peur de que ça arrive, justement. Alors, effectivement, ça va peut-être arriver, ça n'arrivera peut-être jamais, mais il y en a pour qui ça arrivait. Et ils auraient été, je pense, contents d'avoir été formés, d'avoir su comment réagir, d'avoir eu le téléphone chargé, etc. Et je pense qu'on souffre un peu trop de légèreté par moment et que c'est important de prendre les choses en main et de se former, etc. Voilà, c'est important.
- Speaker #1
Tout à fait d'accord et voilà, c'est pas avoir peur. Mais voilà, pas avoir peur de parler aussi derrière, pas avoir peur d'être accompagné. Ce n'est pas un mal en soi. on est tous humains et c'est assez important même nous soignants on s'habitue pas à ça mais la formation du coup aide à se sentir un
- Speaker #0
peu plus confiant dans ce qu'on va faire en avoir conscience au moins parce que souvent je pense que le problème des gens qui sont pas formés qui n'ont absolument pas la notion de ce qu'ils peuvent rencontrer c'est qu'en fait on est complètement perdu au début, on arrive dans cette situation Merci. on fait quoi, on panique plus le stress, plus tout ça plus aussi il faut penser qu'on est soi-même dans une situation où potentiellement on n'est pas super en forme, on ne va pas se mentir on est dans une ultra, ça fait 20h qu'on est dehors, on a mal dormi comment on réagit ? donc un petit peu d'automatisation liée à notre formation, ça peut faire du bien aussi, c'était hyper intéressant moi je me suis régalé, j'espère que l'épisode va apporter pas mal d'outils pour au moins prendre conscience de de... du risque dans lequel on se trouve. dans le temps qu'on est et qu'on mesure parfois peu. C'était un réel plaisir de t'avoir, Eloi. On fait un grand coucou à Nico qui n'a pas eu l'occasion de nous rejoindre. Il était dans les bouchons, on le salue. En tout cas, c'était un vrai plaisir d'avoir ton partage d'expérience. Et puis, vous êtes importants, les secours, le bénévolat aussi, c'est important. Et formez-vous parce que c'est la clé de... C'est la clé de la manière dont on va gérer les situations. Tu veux conclure, Éloi ?
- Speaker #1
Je peux conclure, en tout cas merci de m'avoir reçu pour une deuxième fois sur ce podcast que je trouve très intéressant. Et pour conclure, oui, comme on disait, formez-vous. Et moi je salue le travail admirable que font tous les bénévoles des associations de sécurité civile qui prennent de leur temps personnel pour former les gens. on leur doit ça et donc n'hésitez pas à les contacter pour vous former c'est ultra important c'est ultra important et encore une fois prenez du plaisir dans votre règles, tout ce qu'on a dit aujourd'hui c'est pas des situations qui se passent tout le temps ça reste un sport,
- Speaker #0
on peut prendre du plaisir il y a des beaux paysages etc il n'y a pas tout le temps des accidents mais ça peut arriver merci beaucoup Elouan on mettra tous les liens pour s'inscrire aux formations diverses et variées on mettra des liens aussi sur les vidéos Youtube etc c'était un vrai plaisir de t'avoir et puis à la prochaine merci à la prochaine salut Elouan