- Speaker #0
Je suis avec Christophe Nonorgue. Salut Christophe, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Nico, ça va très bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors déjà, avant de commencer à échanger ensemble, on va saluer Bertrand, Bertrand de Lavenne, qui nous a mis en relation. Alors est-ce que tu peux nous dire un petit peu comment tu connais Bertrand ? Bertrand qui est un fidèle soutien participatif. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu comment tu connais Bertrand ?
- Speaker #1
Oui, alors Bertrand, je l'ai rencontré sur la backyard de Toulouse. Ce qui est un petit peu surprenant parce qu'on vient les deux de Suisse, donc on s'est rencontrés à pratiquement 1000 kilomètres de chez nous. Et puis voilà, on a un petit peu échangé, on a même pas mal échangé. D'ailleurs, on est rentrés, on était dans le même avion, donc on a pu bien discuter, notamment par rapport à la Barclay, qui est une course qui nous passionne tous les deux. Il savait que j'y étais allé, donc il avait plein de questions, d'informations, de choses qui l'intéressaient. Et on a échangé pas mal par rapport à ça. On s'est revus une ou deux fois. Et puis, lors de notre dernière rencontre. C'est là qu'il m'a parlé de ton podcast et qui nous a mis en relation.
- Speaker #0
Trop bien. Donc voilà, on le salue. On embrasse bien fort Bertrand. Écoute, je suis très heureux de t'avoir. Pour la petite anecdote, au tout début où j'ai lancé le LTP, j'avais enregistré un épisode avec un garçon que tu connais certainement bien qui s'appelle Hugo Ferrari.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Et à l'époque, on parlait de sa tentative de record. de D'plus en 24 heures dans le mal passant et toi il me semble que tu l'avais fait juste avant et donc dans les tout premiers épisodes du LTP on parlait déjà de toi donc il a failli le temps j'avoue que j'ai mis un peu le temps pour t'inviter mais en tout cas c'est un vrai plaisir de t'avoir Christophe au micro du LTP on va parler de ta vie comment tu as découvert le travail de tes tentatives de record de D'plus ton aversion pour le... Pour le D+, on va dire ça comme ça. De la Barclay, tout ça, on va parler de plein de choses. Ça va être hyper intéressant. Mais avant toute chose, j'aimerais, Christophe, si tu veux bien, que tu te présentes pour les auditrices et les auditeurs. Mais sans... Qui est Christophe Nonor, sans parler trop de sport pour l'instant ? Qui es-tu ?
- Speaker #1
Alors, j'ai 46 ans, je suis marié. J'ai des enfants. J'ai deux jumeaux qui ont maintenant bientôt 16 ans, 15 ans et demi.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Je suis prof de maths. Ma femme est prof aussi d'ailleurs. On s'est retrouvés dans le même collège. Enfin, c'est sur notre lieu de travail qu'on s'est rencontrés. Et puis, il se trouve qu'en ce moment, nos enfants sont dans notre collège aussi. Donc, on a toute la famille Nonorgue qui est dans le même collège. Et puis, voilà. Donc, on se voit à la maison, on se voit au travail, enfin à l'école pour les enfants. Et puis, voilà. Mes enfants arrivent en fin de scolarité. Ils partiront au lycée l'année prochaine. Donc, ils seront enfin débarrassés du fait d'avoir le regard de papa ou maman sur eux quand ils sont dans les couloirs de l'école.
- Speaker #0
Alors ça, c'est rigolo parce qu'encore une fois, tu vois, il y a toujours des anecdotes personnelles. Je salue Virginie, elle déteste que je l'appelle mon épouse, alors je vais dire ma femme ou ma moitié, qui avait son papa qui était prof de bio dans son collège et elle a absolument souffert de cette situation. Tu penses qu'ils en souffrent, tes enfants, que vous soyez dans le même collège ? Oui.
- Speaker #1
Je ne pense pas. Disons qu'on est dans un collège suffisamment grand. C'est l'avantage, c'est un collège de 600 élèves. Donc déjà, on a pu ne jamais les avoir dans notre classe. Donc ça, je pense que c'est quand même quelque chose qui était prioritaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, maintenant, c'est vrai que quand je les croise dans les couloirs, moi, je leur dis bonjour avec un grand sourire. Et puis, ils me font un petit salut un peu discret vis-à-vis des copains. Voilà, on ne veut pas trop montrer quand même.
- Speaker #0
C'est complètement, complètement. Donc tu disais Christophe tu es suisse d'origine, est-ce que tu peux nous expliquer un peu l'environnement dans lequel tu as grandi ? Alors j'entends par là l'environnement familial et l'environnement géographique, est-ce que tu étais plutôt à la campagne, à la ville ?
- Speaker #1
Oui alors je viens de Suisse effectivement, j'ai toujours vécu en Suisse, je suis du canton de Neuchâtel qui est un canton au pied de la chaîne du Jura Donc, on est vraiment entre le Jura et le plateau. On a d'un côté le lac, de l'autre côté des montagnes, mais des montagnes, on va dire, raisonnables. On n'est pas dans les Alpes. Et puis, j'ai passé les premières années de ma vie dans un petit village au-dessus de la ville de Neuchâtel, donc plutôt à la campagne. Et puis après, on s'est rapprochés de la ville. Et puis maintenant, je vis en ville de Neuchâtel. Mais bon, on s'entend par ville. Je dirais qu'en cinq minutes, depuis chez moi, je peux aller me baigner dans le lac. Et puis en cinq minutes, de l'autre côté, je suis dans la forêt pour aller faire du dénivelé. Donc ça reste une ville à taille vraiment humaine, ce qui me convient bien. Je ne me verrais pas du tout dans une grande métropole.
- Speaker #0
C'est clair. Et donc, environnement sportif, j'imagine, tes parents, tu étais avec tes parents, tes parents, ils étaient plutôt sportifs ?
- Speaker #1
Pas vraiment sportifs, non. Je n'ai jamais été poussé dans le sport depuis tout petit, mes parents ont toujours été, on va dire, actifs. C'est-à-dire qu'on faisait des promenades tous les week-ends pour aller sortir les chiens. Mais il n'y a jamais eu vraiment une culture du sport ni de la compétition chez moi, dans ma famille. Alors après, comme tous les enfants de mon âge, quand j'avais 6, 8, 10 ans, j'ai eu différents types de sports. J'ai fait du judo, après j'ai fait du tennis, après j'ai fait du VTT. Des fois, un petit peu de compétition, mais surtout dans une logique de loisir. Je n'ai jamais été vraiment poussé vers la compétition. Je dirais que c'est venu sur le tard, presque à la naissance de mes enfants. Beaucoup de personnes arrêtent un petit peu le sport. C'est un peu là que je m'y suis mis parce qu'avant ça, j'étais beaucoup plus sur des sports loisirs. J'ai fait aussi beaucoup de sports outdoors, de la via ferrata, de la planche à voile. Et puis, quand j'ai eu 30 ans et que mes enfants sont nés, tout d'un coup, surtout avec l'arrivée de jumeaux, j'ai perdu énormément de disponibilité, de temps libre. Et puis, je me suis orienté vers la course à pied qui est un sport où on n'a pas besoin d'avoir un rendez-vous avec un partenaire. On met les baskets. En 45 minutes, on a fait une petite séance. Il n'y a pas besoin d'avoir une demi-journée de disponible.
- Speaker #0
Ton rapport avec la nature, jeune, c'était quoi ? Tu disais qu'on faisait des promenades pour sortir le chien et tout. C'était quelque chose qui était important pour toi ? Tu étais quelqu'un qui était plus dans le collectif au travers, je crois que tu as fait un peu de sport co aussi. C'était quoi un peu ta vision du sport ? Comment tu le...
- Speaker #1
Je dirais que je n'étais pas très sensible dans ma relation à la nature. Comme j'ai vécu les premières années de ma vie en tant qu'enfant à la campagne, bien sûr, on jouait toujours dehors, on était sur nos vélos dans un petit quartier assez tranquille où il y avait très peu de circulation. Mais je n'étais pas forcément hypersensible à la nature, à la montagne, des choses comme ça. C'est venu plus tard. Et d'ailleurs, maintenant, en tant qu'enseignant, j'enseigne à des ados de 13 à 15 ans. Puis des fois, dans des journées un petit peu hors cadre, on essaie de leur proposer. proposer des activités. Par exemple, quand on a des classes de neige qu'on appelle des camps de ski où on passe une semaine en montagne, on leur propose des fois une activité de se lever à 5h du matin pour aller sur un petit sommet voir le lever de soleil. Et j'adore voir les ados qui sont intéressés, qui s'inscrivent dans ces activités de manière complètement facultative parce que moi, je me dis, moi, en tant qu'adulte, ça me parle de voir un lever de soleil en montagne, mais je me rappelle qu'en tant qu'enfant, en tant qu'adolescent, c'est pas quelque chose qui me parlait. Donc c'est vraiment aussi des choses qui sont venues sur le tard.
- Speaker #0
C'est un sujet à tiroir que tu m'as proposé, c'est intéressant. Justement, est-ce que nous en tant qu'adultes, on se dit forcément, nous ça ne nous intéressait pas trop, ça nous intéressait moins de faire la rando et donc du coup on aurait tendance à ne pas forcément en proposer ? Ou est-ce que c'est justement à nous en tant qu'adultes, toi particulièrement, tu dois le vivre avec ton métier de prof ? Est-ce que tu penses que c'est aussi pas à nous de trouver les moyens de faire en sorte qu'ils aiment ce promenade en nature, etc. ? Je pense que c'est aussi la manière dont on l'appréhende en tant qu'adulte.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. C'est-à-dire que pour moi, en tant qu'adulte, que ce soit vis-à-vis de mes élèves ou tout simplement vis-à-vis de mes garçons, quand mes garçons, tout d'un coup, ils voient par la fenêtre, ils disent « Ah, il y a des magnifiques couleurs sur le lac, un beau coucher de soleil » . je trouve génial qu'ils soient ouverts à ce genre de choses-là. Et moi, je n'ai pas vraiment l'impression que j'ai été très sensible à ça en tant qu'enfant. Je ne sais pas si c'est lié à mes parents ou qu'ils l'étaient moins, mais pas forcément, parce que je crois que mes parents aiment bien aussi les promenades en nature. Mais c'est vrai que des fois, je lis des récits, des livres. Je suis en train de lire en ce moment l'excellent bouquin de Sébastien Réchon. Je suis plongé dedans. Je dévore ce bouquin, j'adore ça. Je me rends compte que lui, il était presque prédestiné à vivre des aventures grand format XXL, ce genre de choses-là. Moi, je pense qu'il n'y a rien dans mon enfance qui me prédestinait à ce genre de choses-là.
- Speaker #0
Tu n'étais pas forcément dans la contemplation, ce qui peut être le cas de Seb par exemple, que j'ai d'ailleurs reçu dans l'LTP, qu'on salue. Mais tu n'étais pas forcément dans cette contemplation-là tôt.
- Speaker #1
exactement et comme c'est venu plus tard j'ai envie de le transmettre et puis d'un sens je comprends tout à fait quand des adolescents ne sont pas sensibles à ça parce qu'ils ont d'autres choses qui les préoccupent et d'un autre côté quand ils sont sensibles je me dis c'est génial parce que finalement moi c'est venu peut-être à 25-30 ans et eux à 15 ans déjà ils sont sensibles au fait d'être en nature, d'être dans la contemplation et puis c'est aussi ce qui va amener forcément après derrière Merci. des démarches peut-être plus responsables en termes écologiques de protection de l'environnement.
- Speaker #0
Si je te parle de goût de l'effort, ça t'inspire quoi pour quand tu étais gamin ? Goût de l'effort c'était quoi ? Est-ce que c'est une notion qui te parlait ? C'est quelque chose que que tu appréhendais ou pas du tout ?
- Speaker #1
Oui, c'est aussi venu relativement tard mais alors je dirais moins tard. Là je pense que donc comme je t'ai dit j'ai commencé avec du judo puis du tennis. Et je me rappelle l'époque où en tennis, on nous a dit, OK, maintenant, vous vous entraînez deux, trois fois par semaine. On va rajouter un quatrième entraînement et ce sera de la condition physique. Et je pense que j'étais dans les rares, voire peut-être le seul dans le club de tennis qui ait commencé à plus apprécier les entraînements de condition physique que les entraînements de tennis. Je pense que là, je parle d'une époque où j'avais 12 ou 13 ans. Et c'est peut-être là mes plus anciens souvenirs de cette notion vraiment de goût de l'effort. Voilà, on va dire d'effort. pour l'effort et pas de l'effort uniquement à travers un jeu comme du tennis ou le foot. Il y a des personnes qui vont courir très bien derrière un ballon mais si on leur enlève le ballon, ils vont se dire à quoi ça sert que je cours. Donc vraiment la notion d'effort pour l'effort, pour moi c'est venu peut-être à mes 12-13 ans et d'ailleurs c'est pas pour rien qu'après le tennis, j'ai bifurqué sur le VTT où on est dans un sport qui est clairement plus à dominant technique que ludique.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Tu l'as dit tout à l'heure, tu es prof de maths.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Explique-nous un petit peu le cheminement qui t'a mené à faire ce métier. Déjà, ton amour ou d'où te vient cette volonté d'utiliser les mathématiques. Et aussi, dans un deuxième temps, si tu veux bien, sur l'aspect plutôt pédagogie, nous dire d'où ça vient. parce que j'imagine que quand on est prof, on a vraiment cette volonté de transmettre. Est-ce que tu peux me parler de ces deux aspects-là de ton métier actuel ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est une longue histoire, je vais essayer de la résumer un petit peu, parce qu'il y a eu quelques va-et-bien pour en arriver là. C'est-à-dire que quand j'ai terminé mon lycée, et que la question s'est posée de savoir est-ce que je continuais les études supérieures ou est-ce que je cherchais un métier, je suis parti sur l'université et j'ai fait l'université en sport. Donc... L'appareil, l'aspect sport était bien sûr très, très présent à ce moment-là. Et d'ailleurs, j'ai essayé de me spécialiser dans tout ce qui était la préparation physique. Donc voilà, mes envies qui étaient nées quelques années avant, à 12-13 ans, quand j'ai commencé à faire de la préparation physique avec mon club de tennis, puis après du VTT, je dirais que là, c'était vraiment quelque chose qui était bien ancré à ce moment-là.
- Speaker #0
Et je te coupe, mais tu n'avais pas... C'était en Suisse, donc ce n'était pas un équivalent. C'était quoi l'équivalent de la licence STAPS en France, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement ça, c'est l'équivalent de la licence STAPS. D'ailleurs, j'avais même fait une année d'échange dans le programme Erasmus où j'avais fait une année d'université en France à Montpellier. C'est d'ailleurs pour ça que je connais le terme STAPS, sinon je ne le connaissais pas. Mais voilà, c'était un équivalent de ça.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
j'ai fait ma licence universitaire. Et à ce moment-là, pour moi, le but n'était pas du tout l'enseignement. c'était de partir dans la préparation physique. Et puis, j'ai commencé à être préparateur physique en travaillant dans un fitness, en ayant des petits contrats par-ci, par-là. J'ai travaillé avec un cycliste, j'ai travaillé avec une équipe de hockey, hockey sur glace pendant la période estivale, quand ils n'avaient plus la glace pour s'entraîner, et puis qu'on faisait uniquement de la préparation physique. Et je surfais comme ça un petit peu, d'un petit contrat à un autre, sans oser peut-être m'y lancer à corps perdu. Et tout d'un coup, je me suis vite rendu compte, même si j'étais encore très, très jeune, que j'avais envie d'un petit peu plus de stabilité professionnelle. Et là, j'ai commencé à faire des remplacements dans une école où même sans être titré du point de vue pédagogique, quand c'est pour des remplacements, ils peuvent nous engager. Et j'ai commencé à faire des remplacements logiquement en éducation physique et en sport.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et il est arrivé un moment que... Dans cette école, dans laquelle je travaille toujours maintenant, l'école dans laquelle j'avais été d'ailleurs moi-même élève des années auparavant, mon petit frère qui a 10 ans de moins que moi était dans une des classes de cette école et tout d'un coup j'apprends par lui, enfin au travers de mes parents, que sa prof de maths avait des ennuis de santé et qu'elle devrait être remplacée, mais pas juste pour une semaine ou deux, mais pour tout un semestre, et qu'il cherchait un remplaçant. Et puis mon petit frère a dit, mais c'est Christophe qui pourrait jouer le rôle de ce remplaçant. Et moi, j'ai dit, mais je ne suis pas du tout titré en maths. Et j'ai quand même tenté ma chance puisque j'avais quand même déjà quelques orteils dans l'établissement. Je suis allé voir le directeur. Il savait que j'étais titré en sport, mais pas du tout en maths. Et j'avais une chance, c'est qu'il se rappelait de moi parce que quand j'étais élève, j'avais participé à un championnat de maths où j'avais fait un assez bon résultat. Il se rappelait de moi en tant qu'élève. Et il m'a pris à l'essai d'abord une semaine et ensuite pour tout ce semestre en tant que remplaçant en maths. Et du coup, comme j'ai pas mal crochet là-dedans, encore plus peut-être dans l'enseignement des maths que dans l'enseignement du sport, j'ai complété ma formation, d'abord du point de vue universitaire, puis ensuite du point de vue pédagogique, ce qui m'a donné la double casquette d'enseignant de maths et d'éducation physique. Et depuis quelques années maintenant, je dirais depuis 4 ou 5 ans, j'enseigne plus que les mathématiques, ce qui me convient bien. Je suis peut-être essoufflé un petit peu rapidement sur l'enseignement de l'éducation physique. Alors que les mathématiques, ça reste pour moi une vraie envie et une vraie motivation de transmettre ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a fatigué dans ce métier de prof de sport ? C'était quoi ?
- Speaker #1
Je dirais qu'il y a un certain nombre de clichés vis-à-vis des adolescents qui sont tristement vrais.
- Speaker #0
Même en Suisse ? Non. Même en Suisse ?
- Speaker #1
Alors, je ne dirais pas forcément sur des grosses difficultés en termes de discipline ou des choses comme ça. mais quand on a une équipe de garçons ils veulent que jouer au foot et puis quand on essaye de les ouvrir à d'autres sports que le foot ça les intéresse pas, quand enfin on accède à leur requête pour faire du foot ils passent leur temps à se plaindre des problèmes d'arbitrage quand on a un groupe de filles et qu'on essaie de faire des activités et qu'elles sont pas motivées et qu'on leur dit vous voulez faire quoi comme activité elles me disent on pourrait toujours sortir des matelas et dormir voilà c'est deux trois expériences que j'ai eues comme ça qui qui font que, oui, je sais que c'est l'adolescence, c'est une période comme ça, c'est naturel. Mais pour moi, le sport est une telle passion que j'avais un petit peu du mal avec ça et j'avais tendance à perdre patience. Alors qu'en mathématiques, pour moi, les maths, il y a moins un côté passionné, même si j'aime les maths, mais il y a un côté plus professionnel. Et un adolescent de 14 ou 15 ans qui vient en traînant des pieds parce qu'il n'aime pas les maths, pour moi, je dirais que c'est normal et c'est mon job de le motiver. Et ça me plaît de le faire. Alors que celui qui traîne les pieds parce qu'il n'aime pas le sport, j'ai un petit peu moins de patience.
- Speaker #0
Tu as un peu moins de patience parce que tu comprends un peu moins comment c'est possible de ne pas aimer se bouger, de ne pas aimer bouger, etc. C'est à 60 ans, complètement. Voilà,
- Speaker #1
c'est à 60 ans.
- Speaker #0
Et si on revient un petit peu sur l'aspect sport, du coup, tu as dit VTT, etc. À quel moment tu as dit justement que tu t'es mis à la course à pied pour un aspect pratique ? C'était en quelle année ça déjà ?
- Speaker #1
Alors, j'avais 30 ans, donc 2010.
- Speaker #0
D'accord, donc à la naissance de tes enfants, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement, à quelques mois près.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, c'était déjà du trail là ou c'était plutôt sur de la route ? C'était comment la pratique de la course à pied ?
- Speaker #1
Alors, ça a vite été sur du trail. Alors, dans un premier temps, comme l'idée, c'était juste de sortir un petit peu, m'aérer parce que quand on a forcément deux petits nourrissons à la maison, Ça fait du bien aussi de pouvoir un moment prendre les baskets et se défouler un petit peu à l'extérieur. Alors, il y a eu ça. Par contre, très, très vite, ça a dérivé. Dans le sens que dans une soirée un petit peu arrosée avec un copain, on s'est lancé le défi de participer au Trail de l'Absinthe, qui s'appelle maintenant le Swiss Canyon Trail, qui est relativement connu même à l'international. À l'époque, il n'avait pas encore ce nom-là. Qui était vraiment le grand trail de la région qui faisait à l'époque... que 72 kilomètres et on a vraiment décidé ça sans aucun entraînement du tout. On s'est lancé ce challenge-là, on avait un mois en gros pour se préparer et on s'est dit allez, essayons. Donc voilà, je suis parti directement un petit peu sur du XXL en brûlant les étapes. Suite à ça, mon pote, il m'a lâché dans l'aventure en me disant ah, en fait, j'ai une session d'examen, ça va pas aller. Je me suis retrouvé tout seul sur la ligne de départ.
- Speaker #0
Je t'aime pas, merci, c'est cool.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Tu le vois encore ?
- Speaker #1
Oui, alors je le vois encore.
- Speaker #0
Il est sympa. C'est cool. Il fait du trail encore ou pas du tout ?
- Speaker #1
Il en fait un petit peu moins. Il a eu des enfants. Il est bien équipé. Professionnellement, il a des charges horaires un peu plus lourdes que les miennes.
- Speaker #0
J'espère qu'il a honte de ce qu'il a fait.
- Speaker #1
J'espère aussi. Ça va, il s'est bien rattrapé. Par la suite, on a vécu des belles aventures ensemble. C'est notamment avec lui que j'avais fait la Swiss Peak 360 km. toute la parisienne du Valais on avait passé six jours ensemble Il s'est rattrapé par la suite.
- Speaker #0
Salut d'ailleurs Patrick et Christina, qui est l'organisateur, il me semble, un des organisateurs du Swiss Canyon Track. Exactement. Salut. Donc voilà, toi tu démarres la course à pied, puis quelques mois après, tu te mets sur un 75 et 3000.
- Speaker #1
Exactement. Là, il y a quand même une justice. En 2011. Je ne suis pas allé au bout. Tu n'es pas allé au bout,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Voilà. C'est vrai que j'entends là aussi des fois des... certains trailers qui partent leur première expérience en disant on m'a pris un dossard pour telle course et puis j'ai gagné alors je me suis rendu compte que j'étais peut-être assez taillé pour ça alors j'ai pas eu du tout ces débuts là de mon côté voilà c'est à dire qu'après 40 km j'avais tous les tendons qui sifflaient j'arrivais plus à même plus à marcher et j'ai abandonné à ce stade là mais ça m'a pas dégoûté parce que voilà j'ai J'étais un petit peu plus raisonnable en m'inscrivant dans la foulée à Sierzinel, qui est à 30 kilomètres. Et puis après, j'ai monté progressivement les distances derrière.
- Speaker #0
C'était quoi pour... J'aime bien poser cette question parce que c'est intéressant pour nous. Enfin, pour nous. On ne fait pas partie des gens les plus vieux, parce que toi comme moi, on a commencé aux alentours des années 2010, mois 2012. J'aime bien poser cette question-là aux gens comme nous qui ont commencé relativement il y a 15 ans presque. Donc, ça fait quand même un bout. c'était quoi pour toi avant le trail ? Est-ce que ça existait dans ta tête ? Ou est-ce que tu as découvert ce milieu-là en participant à ta première course ? Et puis, deuxième question, est-ce que découvrir ce milieu-là, ça t'a surpris ? Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont marqué quand tu es arrivé dans cette communauté-là ?
- Speaker #1
Je suis vraiment arrivé dans cette communauté sans rien connaître du tout. La seule chose que je connaissais, c'était le nom du... Trail de l'Absinthe, donc désormais Swiss Canyon Trail, parce que c'était régional. Mais je ne pouvais pas citer le nom d'une seule autre course. J'aurais probablement entendu parler peut-être, je ne sais pas, du Marathon des Sables, parce que c'est un mythe, mais même le nom du TMB, je ne le connaissais pas. Donc, je ne connaissais absolument rien à ce sport quand j'ai débarqué dans cette communauté. Et puis, la première expérience que j'en ai parlé, elle a tourné un petit peu court. et après ce qui m'a fait commencer à connaître un petit peu ce qui se faisait certaines courses certaines choses c'est des vidéos que Killian Jornet postait à l'époque qui s'appelait les Killian's Quest voilà où on en voit une sur laquelle il découvre le kilomètre vertical de fuite il y en a une autre voilà différents records personnels comme ça qu'il avait fait des défis personnels ou des records Et c'est là que j'ai commencé un petit peu à m'intéresser à ce qui se faisait, à certaines courses. Et peut-être parce que j'ai découvert le monde du trail un peu au travers de ces vidéos de Kylian, j'ai très vite été intéressé autant, voire plus, par les challenges personnels que par une course dans laquelle on est un dossard.
- Speaker #0
Et j'y vais droit dedans, pourquoi ? La question la plus ouverte de l'histoire, pourquoi ? Pourquoi tu es plus intéressé par des défis, enfin pas plus, mais autant, intéressé par les défis personnels que par des cours ? Alors ça, c'est une vraie question.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
alors,
- Speaker #1
je pense que la première chose qui m'a intéressé dans le trail, ce n'était pas l'aspect compétitif. L'aspect compétitif est arrivé après quelques années quand même, quand j'ai commencé à me rendre compte que sur certains types de parcours, qu'il y avait un gros, gros dénivelé et tout, Ça me convenait pas mal. Et puis au bout d'un moment, quand ça nous convient bien, on a aussi envie de se mesurer un petit peu soit à d'autres ou alors à soi-même en se disant jusqu'où je peux pousser les choses. Mais je dirais que l'aspect compétitif, dans un premier temps, ne m'attirait vraiment pas là-dedans, même si c'est venu un petit peu après. Et du coup, ce qui m'a intéressé, c'est peut-être l'aspect finalement le plus pur du trail. C'est juste de se dire, OK, je sors de chez moi, puis jusqu'où est-ce que je peux aller ? ou quel joli parcours je pourrais découvrir en passant par tel endroit, tel endroit de manière très innocente comme ça j'ai l'impression que maintenant beaucoup de gens cherchent ça mais ils le cherchent ou je peux dire on le cherche parce que j'en fais partie presque un peu pour fuir les grands événements qui sont devenus des fois trop gros trop marketing il y a différentes choses qu'on pourrait fuir dans le monde du trail euh Et à l'époque, ce n'était pas du tout une fuite de ce monde-là, puisque je ne le connaissais pas. C'était tout simplement le côté évident pour moi de me dire, si je mets des baskets aux pieds pour courir en pleine nature, c'est pour voir jusqu'où je peux aller. Finalement, c'est un petit peu ça. Et je dirais, une des premières choses d'ailleurs que j'ai faites en trail, c'est que dans le canton de Neuchâtel, on a deux sommets, un qui s'appelle le Chasseral et l'autre qui s'appelle le Chasseron, donc des noms très proches. Ils sont les deux exactement à la même altitude. Et l'un est d'un côté du côté est du canton de Neuchâtel et l'autre du côté ouest. Et le titre Chasseral-Chasseron me plaisait bien. Et je me suis dit, je pourrais faire le petit délire de rejoindre un sommet à l'autre. Ça représente quand même 66 kilomètres entre les deux, 3000 mètres de dénivellation. On est tous sur les crêtes du Jura. un très très beau parcours et puis je pense que j'avais pris une ou deux fois des dossards dans ma vie quand je me suis lancé dans ce défi personnel c'est quoi qui te plaît dans ce genre de défi là ?
- Speaker #0
c'est la préparation c'est le moment, c'est après c'est quoi ?
- Speaker #1
comme je dis la surchassera le jasseron il y a quelque chose dans le titre qui m'intéressait et des fois ça peut être ça ça peut être quelque chose dans le titre ça peut être quelque chose dans les chiffres là c'est mon côté prof de maths qui ressort
- Speaker #0
On en reparlera juste après.
- Speaker #1
Oui, voilà. Mais quand je vois, par exemple, Benjamin Mougelle, qui a fait récemment 100 fois le kilomètre vertical de Chamonix.
- Speaker #0
Chamonix,
- Speaker #1
oui. Alors, bien sûr, il y en a derrière qui disent, mais à quoi ça sert ? Il est prof de mode ?
- Speaker #0
Il est prof de mode ? Non, je ne sais pas ce qu'il est, Benjamin. Je ne sais pas du tout.
- Speaker #1
Je crois qu'il est architecte, à la base.
- Speaker #0
Ah, ben voilà.
- Speaker #1
Il y a quelque chose dans les chiffres comme ça. Le kilomètre vertical, si ça attire, c'est parce que c'est 1000. On fait rarement un 600 mètres vertical. Comme en course au plat, on va faire un 10 kilomètres. Les nombres, c'est rond, c'est relativement logique. Et voilà, c'est des choses comme ça qui peuvent être un point de départ qui nous attire. Tout d'un coup, ça peut être deux jolis sommets que j'ai repérés en randonnée. Puis tout d'un coup, je me dis tiens, ici, je les reliais les deux. Des fois, l'idée naît d'un petit détail comme ça. D'abord sur le papier, je me dis « ah tiens c'est joli » , puis après je vais me dire « ok, est-ce que dans la réalité c'est faisable ? »
- Speaker #0
Quel rôle a ton entourage dans cette réalité justement ? Parlons de Chasseron, Chasseral, c'est ça ? Tu l'as fait tout seul, tu as été aidé par ta compagne, par des gens. Comment tu les organises ces défis-là ?
- Speaker #1
Oui, alors dès mon premier défi, j'avais écrit 2-3 messages à des copains un peu sportifs, mais pas du tout trailers, puisque je ne connaissais pas du tout la communauté du trail à l'époque. Elle était aussi beaucoup moins développée que ce qu'elle est aujourd'hui. Donc, 2-3 copains sportifs, je leur ai mis un message. Je leur ai dit, voilà, j'aimerais essayer de faire ça. J'ai essayé de faire des temps de passage approximatifs pour savoir est-ce qu'on en aurait plutôt pour 5 heures ou plutôt pour 15 heures. et puis voilà on s'est retrouvé à trois au départ et puis ma femme a été directement partie prenante dans l'aventure parce qu'elle nous a amené au départ elle organisait deux petits ravitaillements en route au 20e et au 40e km elle était censée venir nous rechercher à l'arrivée mais pour cette première tentative on s'est arrêté au 40e km il m'a fallu ensuite une deuxième tentative pour arriver au bout du projet
- Speaker #0
Puisqu'on parle de projets off et hors course etc bon toi tu es quand même connu et reconnu pour pour avoir détenu pendant un certain temps le record du monde de D+, en 24 heures. Bon, on ne va pas expliquer ici ce qu'est le concept de record du monde de D+, en 24 heures. On ne va pas aller dans cette évidence-là. Explique-nous, si tu veux bien, Christophe, le moment où tu as décidé… Parce qu'on rappelle, on recontextualise, on remet dans la chronologie quand même. Oui. dans les années 2019-2020, le record du monde de D+, en 24 heures, c'était peu connu. Comment tu l'as connu, toi, ce défi-là ? Et à quel moment tu as décidé que tu pouvais le faire ? Et pourquoi ?
- Speaker #1
Oui. Alors, pour moi, la première fois que j'en entends parler, c'est en février 2019. Donc, trois mois avant ma première tentative. Donc, du coup, il m'a fallu beaucoup de temps pour me décider. Par contre, en février 2019, j'étais sur un autre projet, c'est-à-dire que je suis aussi l'organisateur d'une course en Suisse qui s'appelle Le Dernier Survivant. C'est une course un petit peu sur le principe d'une backyard, avec un départ, ce n'est pas toutes les heures chez nous, c'est toutes les 30 minutes. Et contrairement à une backyard, il y a énormément de dénivelé et c'est un rythme très intensif. C'est-à-dire que ce n'est pas le sommeil qui vient faire le job après 40 ou 60 heures de course. En général, après 5-6 heures, il n'y a plus grand-chose. plus grand monde et après 10 heures, il n'y a plus personne. Et puis, le concept de ma course, c'est un départ toutes les 30 minutes pour une boucle de 386 mètres de dénivellation et il y a la possibilité d'être finisher, contrairement à une backyard, si on termine 24 boucles dans les délais. Donc, 24 boucles, ça amène à 12 heures d'effort et 9200 mètres de dénivellation.
- Speaker #0
Et on était peu avant la première édition, je commençais à faire de la publicité en espérant que ça ait du succès. Et à ce moment-là, je vois sortir une information, un article de Fred Bousseau dans le Créil Endurance Mag, concernant Benoît Girondel, qui a fait la meilleure performance connue, ou le record, ça dépend quel terme on utilise, de 24 heures de D+, en faisant 12 600 mètres, peut-être, quelque chose comme ça. On était par là autour, on était dans les 12 000. Et là-dessus, plusieurs amis à qui j'avais déjà parlé de mon concept de course qui s'appelle le dernier survivant et qui allait avoir lieu un mois plus tard m'appellent parce qu'ils ont vu l'information. Ils m'ont dit, mais tu te rends compte que toi, ton challenge, c'est de faire faire aux coureurs 9200 mètres de D+, en 12 heures, alors que leur corps du monde, là, c'est 12 000 mètres en 24 heures. Donc, en gros, ils me disaient que j'avais placé le curseur beaucoup trop haut et que ce que j'avais fait, c'était tout simplement impossible. que mon envie derrière, c'était un petit peu un peu comme l'envie de l'As sur une barclay, c'était de mettre le curseur le plus loin possible pour qu'un infime pourcentage de personnes arrive à le faire, mais il ne fallait pas que ce soit impossible, sinon ça perd tout son sens, il fallait que ce soit possible, tout juste humainement possible, on va dire. Et là, je me suis dit, est-ce que je me serais un petit peu emballé ? Est-ce que je me suis emballé ?
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es trompé dans tes calculs ?
- Speaker #0
C'est exactement ça. Il y a un prof de maths trailer, ça le dérange beaucoup quand on lui fait comprendre qu'il pourrait s'être trompé dans les calculs. Mais non !
- Speaker #1
Je te dis que c'est bon. Regarde encore un peu, tu vas voir, c'est bon.
- Speaker #0
Et du coup, c'est ce que j'ai fait. C'est-à-dire que je me suis un peu intéressé à cet article, à ce qu'a fait Benoît Girondel. Et là-dessus, mes amis qui organisent avec moi le dernier survivant. J'avais dit non, mais en fait, il n'a pas vraiment fait un record de dénivelé en 24 heures. Il a fait un délire, il est sorti de chez lui, il a fait un maximum de fois la bosse qui était derrière chez lui pendant 24 heures. Mais c'était une bosse qui n'était pas forcément hyper rentable. Elle était technique avec un peu de racines. Elle n'était pas forcément dans une pente extrême, celle dans laquelle on fait les corps.
- Speaker #1
C'est la plus efficace.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Donc, il n'avait pas cherché l'efficacité sur le dénivelé. il avait cherché de faire un maximum de fois la bosse qu'il aimait bien derrière chez lui. Et je me rappelle qu'à ce moment-là, je dis à mes potes, même moi, je le fais, ce qu'il a fait. Et je lance ça comme ça, mais en sachant quand même que d'un côté, moi, j'étais comme toujours un peu milieu de peloton dans les courses et puis que je parlais quand même de Benoît Girondel. Donc, ça pouvait paraître un peu présomptueux de dire même moi, je le fais. Mais quelque part, je me rendais compte qu'en optimisant le ratio, la...
- Speaker #1
pente et différentes choses c'était tout à fait faisable je comme chien je tiens à nuancer des propos quand même parce que en 2018 tu viennes de course quand même n'est ce pas le travail le travail de la vallée de joues et le montre-travel festival nous sommes si oui
- Speaker #0
c'est vrai alors on est là sur des courses qui sont des coups et des courses assez comment dire c'est nerveux c'est la bonne voilà on est sur des trams douane et c'est vrai que Je tourne pas mal sur des 30 bornes.
- Speaker #1
Oui, c'est moins qu'on puisse dire.
- Speaker #0
Mais par contre, si tu viens prendre mes résultats, par exemple, sur un UTMB, l'UTMB précédent que j'avais fait, je l'avais bouclé pour la première fois après trois tentatives en 2016. Et je suis dans les cordes du point de vue barrière horaire. J'étais en 45 heures. Et puis, dès que je suis sur des 100 bornes ou plus, sur des efforts de longue durée…
- Speaker #1
C'est compliqué. C'est plus compliqué. Tu as un bon moteur, mais effectivement… Et du coup, pour revenir à ton défi, tu dis, même moi, je le fais. Et donc, on te prend au mot et donc, tu y vas.
- Speaker #0
Voilà. Alors, c'est-à-dire, dans un premier temps, je laisse se dérouler la première édition de ma course du dernier survivant qu'elle a fait en mars. Pour cette première édition, il n'y a pas de finisher, mais ça me convient très bien. Mon but, c'est de montrer vraiment, c'est d'avoir deux, trois éditions sans finisher pour que tout d'un coup, il y ait des gros, gros calibres qui viennent se dire, hé, mais c'est quoi cette course que personne finit ? On pourrait même dire l'essayer. Et finalement, c'est exactement ce qui s'est passé dans l'histoire de la course. Donc ça, c'était une belle histoire.
- Speaker #1
Tu n'es pas prof de marketing aussi par hasard, non ?
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que côté marketing, ça m'amène un petit peu plus loin puisque deux mois après ma course, je tente le 24 heures, mais je ne le tente pas forcément sur la pente idéale et optimisée, je le tente sur ma boucle du dernier survivant.
- Speaker #1
Oui, c'est ça qui est bon.
- Speaker #0
Voilà, comme ça, du coup, je profite pour faire un petit peu parler de ma course. Et là, cette première tentative,
- Speaker #1
je suis de l'ordre de 13 600.
- Speaker #0
Je crois que j'ai dépassé d'un petit peu moins de 1000 mètres. Je crois qu'il était à 12 700 et je passe à 13 600. On est à petit peu près dans cet ordre-là. J'ai fait 36 fois la boucle du dernier survivant. donc en 24 heures ce qui fait une moyenne de 40 minutes par boucle donc bien sûr je tiens pas le délai de 30 minutes que j'impose aux coureurs mais parce que là c'était pas le but c'était pas le but je devais tenir sur 24 heures ça change quoi pour toi ce record ? ben disons que je suis le premier surpris je pense sur le moment de réussir ce record je transmets toutes les infos à fred bousso qui avait fait l'article sur Benoît Girondel, il relaye l'article, et tout d'un coup, alors bon, c'est encore un record qui est très, très marginal, je dirais que même encore maintenant, il l'est relativement, mais à l'époque encore plus, il y a une personne qui l'avait tenté avant moi, et moi qui viens le battre, je n'osais pas trop parler de terme record du monde, mais pour la première fois, ça a quand même fait parler de moi un petit peu dans le milieu du trail, et alors il y a un côté sympa, il y a un côté valorisant, gratifiant. et après le côté que sur les courses suivantes que je faisais on m'attendait un petit peu tout d'un coup je prenais un dossard et puis je voyais l'organisateur qui annonçait il y aura Christophe Nenor qui sera sur la course alors c'était à la fois plaisant et en même temps ça me mettait une espèce de pression et me donnait un espèce de syndrome de l'imposteur parce que moi je savais bien que j'étais à l'aise dans du pur dénivelé c'est à dire que pour moi quand il faut pousser fort sur les bâtons dans une pente à 40 km
- Speaker #1
je suis à l'aise pourquoi à ton avis ?
- Speaker #0
je pense que le fait que je me suis remis très très tard à la course à pied j'ai pas forcément une foulée comme quelqu'un qui a fait de l'athlétisme pendant des années une foulée bondissante une amplitude incroyable ou une économie de mouvement alors que là quand on est dans du 40%
- Speaker #1
c'est de la force pure du cardio et de la force pure exactement et tout d'un coup
- Speaker #0
on est presque sur un autre sport. C'est-à-dire que quand après, bon là je brûle un petit peu, vous êtes une étape dans la discussion, mais quand après effectivement, il y a Aurélien Dunampala qui a pris le record et que j'ai repris le record à Dunampala, je sais bien que Dunampala, c'est un autre univers que moi, sur un UTMB, sur une Diagonale des Fous, je fais 50% de temps en plus que lui, il n'y a pas photo. Mais d'un autre côté, la plupart de ces trailers habitués, on va dire au format de course classique, Ils ont l'habitude d'être dans des pentes à 15-20%, ce qui leur permet encore de courir. Ou alors, quand ils font de la marche bâton, c'est vraiment avec une rapidité et une puissance exceptionnelles. Et quand tout d'un coup, on est dans une pente à 40%, c'est un sport qui est presque différent. La descente dans du 40%, ça veut dire qu'il n'y a pas besoin de savoir allonger la foulée parce que c'est impossible d'allonger la foulée.
- Speaker #1
Il faut juste avoir des bons quadris.
- Speaker #0
Voilà, il faut avoir des bons quadris. On fait des petits pas pour se retenir un peu. alors que le nombre de fois où j'ai été frustré des fois dans des courses de voir que je perdais beaucoup de place dans les descentes, il y a des personnes qui m'ont donné des conseils en me disant « mais il faut laisser aller, tu mets les épaules, le poids du corps en avant » et c'est quelque chose que je n'ai jamais su faire. Et non du 40%, personne ne met le poids du corps en avant et les épaules en avant.
- Speaker #1
Le conseil, j'ai fait un épisode récemment, ça me fait penser à un truc ce que tu dis, un épisode qui s'appelait « Comparaison n'est pas raison » , tu vois, ça fait partie des trucs qui sont un peu pénibles. Vous mettez votre corps en avant. Donc, ça veut dire que vous n'avez jamais fait une pente à plus de 25 ou 30 %. Parce que quand vous mettez votre corps en avant, vous finissez et vous n'arrêtez plus.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement. Effectivement, il y a cette difficulté de contrôle de la vitesse. Et en plus de ça, moi, pendant des années, et maintenant, j'en reviens un petit peu pour des questions peut-être d'âge, mais pendant des années, j'ai couru avec des chaussures très, très minimalistes. Donc là aussi, quand on est dans des chaussures très minimalistes, il y a forcément un petit peu le pied à mettre sur le frein quand même dans les descentes parce qu'il faut poser le pied au bon endroit. On ne peut pas taper sur le sol, sur un caillou pointu et tout. Sinon, c'est directement chaque fois une semaine d'arrêt parce qu'on a une vraie blessure, on va dire des douleurs. Donc voilà, les chaussures minimalistes, ce que j'ai toujours aimé, c'est que ça incite à la prudence et que ça fait que sur des longues distances, je pense qu'on a des impacts c'est peut-être moins traumatisant. Par contre, si on a des impacts moins traumatisants, c'est forcément parce qu'on va moins vite.
- Speaker #1
Oui. Puis après, musculairement, il faut être là aussi. Et donc, sur ton entraînement, sur ces deux records du monde, je rappelle, tu as rebattu le record en 2022 avec 18 767. Alors là, tu me dis, si je me trompe, petite anecdote, c'est dans la montée de Muex Musi, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et que je connais très bien puisqu'on a fait le week-end Patreon il y a deux ans là-bas avec notre ami Guillaume Giraudot. Je ne sais pas si tu le connais.
- Speaker #0
Oui, je suis parti une fois à la course du dernier survivant.
- Speaker #1
Guillaume Giraudot que j'embrasse et qui nous avait fait découvrir cette fameuse montée du Mexmusi. Donc, il nous avait dit que là, c'est Christophe, c'est là qu'il a battu le record. Et tu avais été accompagné de Patrick et tout, il me semble, Patrick Board et tout.
- Speaker #0
Alors, ce qui se passe, c'est qu'en fait, Patrick Board, une semaine avant Réline Dunant-Pallard, avait fait le record sur cette pente-là.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'était chaud dans cette période.
- Speaker #0
Voilà, il avait fait le record. Son record a tenu une semaine, puis il a été battu de 100 mètres par Aurélien Dudampala. Et puis, moi, j'avais enterré l'idée dans ma tête depuis bien longtemps, parce que moi, j'étais à 13 000 mètres, et puis là, on est en train de parler de 17 000, c'était vraiment un autre monde. Et puis, une fois, sur conseil de quelques trailers de Franche-Comté, justement des habitués de la course du dernier survivant, Il m'a dit, viens une fois découvrir cette pente. Et j'étais allé m'amuser une petite heure dessus. Et en termes de rapport entre l'énergie fournie et le dénivelé effectué, je ne revenais pas de la rentabilité. Premièrement, peut-être parce que je suis assez bien taillé pour ce type de pente. C'est là que je m'en suis rendu compte. Et aussi parce que la descente, elle est pentue, mais elle n'est pas technique. Donc, finalement, on peut vraiment laisser aller. sur une pente qui fait 100 mètres de dénivellation, on crée quand même moins de lésions musculaires que quand on fait des allers-retours à coups de 400 mètres. Bien sûr. Enfin, il y a plein de choses comme ça auxquelles j'ai pensé après coup. Je n'y avais pas pensé avant, mais qui justifiaient le fait que c'était quelque chose de beaucoup plus rentable. Et là, tout d'un coup, l'idée de retenter le record est venue. Et là, j'ai contacté Patrick Board puisqu'il l'avait fait là-bas pour des questions logistiques. Il m'a montré exactement où il avait pris son départ, comment ça avait été mesuré par le géomètre. Et il a vraiment été top parce qu'il m'a donné plein de conseils par rapport à ça.
- Speaker #1
Salut Patrick. J'ai été dans cette pente, je l'ai couru. Je ne l'ai pas couru, je l'ai marché.
- Speaker #0
Je l'ai plutôt marché.
- Speaker #1
C'est absolument hallucinant à voir en vrai. C'est combien dans le pourcentage ?
- Speaker #0
47%. 47% de pente moyenne. Je me rappelle les premières fois où je l'ai fait, quand on est en haut. Les 5 mètres les plus hauts sont peut-être les plus raides. Donc vraiment, quand on arrive sur le repli en haut et qu'on fait des tours pour se lancer, on a une petite hésitation avant de lancer les premiers pas.
- Speaker #1
Complètement. D'ailleurs, vu que tu es prof de maths, on saisit la balle au bon pour préciser qu'il ne faut pas confondre pourcentage de pente et angle de pente. Et d'ailleurs, petite anecdote encore, je suis plein d'anecdotes aujourd'hui. lors de notre colloque de coach qu'on a fait récemment on avait deux AMM avec nous qui font partie de l'équipe et qui eux parlent systématiquement en degrés de pente parce qu'en formation AMM ils parlent en degrés de pente et ils m'ont expliqué pourquoi parce qu'en fait ils disent qu'à partir de 30 degrés de pente oui 30 degrés de pente c'est là où les risques d'avalanche sont les plus plausibles donc c'est pour ça que les AMM parlent particulièrement en degrés de pente et qu'en trail on parle plutôt en pente pourcentage. Donc ça, je pense que c'est important à rappeler que ce n'est pas la même chose.
- Speaker #0
Oui, exactement. C'est vrai que ça m'est déjà arrivé de voir dans des articles des personnes qui disent qu'on était dans une pente à 50°C. Probablement pas. Probablement pas, ou alors il y avait un équipement pour s'assurer, peut-être. Mais voilà, oui, et c'est vrai que j'ai déjà entendu parler de ce 30°C qui est la limite du risque d'avalanche. D'ailleurs, en tant que prof de maths, ça me parle même, parce qu'il y a un petit truc à faire avec ces bâtons de ski pour créer un demi-triangle équilatéral. pour savoir quand on est dans une pente en ski, si elle fait plus ou moins de 30 degrés.
- Speaker #1
Alors, c'est comment ? Tu mets tes bâtons devant toi ?
- Speaker #0
En fait, on tient... Il faudrait que je me rappelle précisément, on met un bâton vertical, et ensuite, on met les deux... On joint le bout des deux hauts de bâton, et puis, en inclinant le bâton, puis en allant le poser sur la neige, on regarde si notre bâton reste vertical. ou bien s'il s'incline contre la pente ou s'il s'incline contre le vide. S'il reste vertical, c'est qu'on est pile à 30 degrés. S'il s'incline contre la pente, c'est qu'on est à moins de 30 degrés. S'il s'incline contre le vide, c'est qu'on est à plus.
- Speaker #1
OK. Merci pour la précision. Donc, je rappelle juste que 45 degrés de pente, donc l'équivalent d'un demi-angle droit qui fait 90 degrés, pour rappel. C'est ça. 100% de pente, n'est-ce pas ? C'est ça.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
confondre.
- Speaker #0
Ça, c'est la conversion qui est facile à faire, puis pour les autres, il faut faire de la trigonométrie.
- Speaker #1
C'est ça, complètement. Donc, faites gaffe quand vous parlez d'angle ou de pourcentage de pente. Qu'est-ce que je voulais dire d'autre ? Oui, donc... 18 767, on dit mumésie,
- Speaker #0
je crois.
- Speaker #1
Mémusie, pardon, autant pour moi. Désolé pour Guillaume et Patrick. Tu as fait du spécifique pour préparer ce nouveau record avec presque 19 000 mètres de dénivelé en 24 heures ?
- Speaker #0
Oui, alors là, j'ai fait beaucoup de spécifiques. C'est vraiment l'époque où j'ai commencé à rentrer dans un entraînement autant en termes de volume qu'en termes de réflexion sur l'entraînement. d'avoir quelque chose de plus abouti que mes premières années de trail où c'était juste, voilà, prendre un dossard par-ci, par-là pour le plaisir. C'est-à-dire que quand j'ai découvert le Mémusie, je me suis dit, OK, j'ai fait 13 000, Aurélien du Nampala était à 17 200, moi j'étais à 13 700, je me suis dit, OK, il manque donc 3 500 mètres. Rien qu'avec cette différence de spot, plutôt que d'être dans ma pente, dans ma forêt habituelle en étant là-bas, Je suis sûr que je vais gagner tant, je ne sais plus quel calcul j'avais fait, mais je pensais déjà gagner une bonne partie. Et après, je me suis dit, OK, le reste que je dois gagner, il faudra que je le gagne en ayant fait une préparation physique et en arrivant au top de ma forme. Et ma préparation physique a surtout été axée sur le fait de tolérer les descentes. C'est vrai qu'on parle toujours d'un record de D+, mais en fait, il y a le D-mois qui vient avec. Et pour moi, c'était ça l'inquiétude. C'est-à-dire que le D+, je n'avais pas... trop de doutes. Disons que je savais que j'allais probablement démarrer en étant à 1200 mètres à l'heure verticalement parlant puis que ça allait petit à petit se dégrader, être à 1100, 1000, peut-être au pire finir à 900, 800. Par contre, en termes de descente, je me suis dit si à un moment où tout d'un coup ça ne descend plus du tout et que je dois marcher ou alors descendre en marche arrière, là, ce n'est pas une histoire de 20% de temps en plus que je vais faire mais je pourrais pratiquement doubler mon temps de descente. Et ça, c'était mon inquiétude principale. Et c'est pour cette raison que j'ai vraiment passé beaucoup de temps à préparer le fait d'encaisser les descentes.
- Speaker #1
Tu as fait comment ? Renfaut ? Plyo-métis ? Eccentrique ? Tu as fait quoi ?
- Speaker #0
Oui, alors j'ai fait pas mal de séries dans des escaliers. Où dans les escaliers, je sautais les marches deux par deux. Donc ça fait à chaque fois vraiment un impact à l'arrivée. On ne peut pas juste dans des escaliers dérouler et attaquer talons comme on le ferait dans une autre pente. Donc voilà, ça oblige vraiment d'avoir une phase de vol et un impact à la réception. Et ensuite, j'ai fait ça avec un gilet lesté. Donc j'avais un gilet lesté, j'avais 10 kilos sur le dos. Et puis avec 10 kilos sur le dos, j'ai fait des allers-retours dans mes séries d'escaliers. Je faisais des fois, j'avais, j'ai un escalier proche de chez moi qui est bien continu. Il n'y a presque pas de palier entre les escaliers. Il représente 40 mètres de dénivellation. Donc voilà, je faisais souvent avec mes 10 kilos sur le dos, 50 allers-retours. Ça faisait des séries de 2000 mètres. de D+, de 1000 mètres de D-, le tout lesté. Et puis après, je suis allé me promener avec mon gilet lesté aussi le long du funiculaire dans ma forêt habituelle. Après, je suis allé sur le Mémusie avec le gilet lesté aussi. J'ai allé une ou deux fois m'entraîner de nuit. Je suis allé m'entraîner quand il pleuvait. Enfin, j'ai essayé de tester un peu toutes les différentes situations et conditions que je pourrais retrouver sur place. Disons que la pluie, heureusement qu'elle n'a pas eu parce que pour toi qui connais le terrain, T'imagines bien à quel point ça devient glissant.
- Speaker #1
C'est impossible.
- Speaker #0
D'ailleurs, Patrick Bois, quand il avait fait son record, je crois qu'il avait eu de la pluie sur les deux dernières heures. Et comme il savait qu'il avait déjà pratiquement un record assuré, il avait vraiment fini les descentes en marche parce que c'était plus possible de tenir un rythme correct sur un terrain aussi glissant.
- Speaker #1
T'as battu le record d'Aurélien en 2022 ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et je crois que c'était toi qui l'avais jusqu'à Benjamin l'année dernière.
- Speaker #0
Exactement, oui. Je l'ai eu pendant presque exactement trois ans.
- Speaker #1
Et donc, qu'est-ce que tu penses des 21 134 mètres de D+, établis par Benjamin le 30 mai 2025 ? Qu'est-ce que ça t'a fait ?
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
salut Benjamin. Le micro du podcast est ouvert, évidemment.
- Speaker #0
Je dirais, pour être franc, ça m'a mis une claque. Ah, merde ! Pas du tout de perdre mon record. C'est-à-dire que je l'ai eu trois ans. Il m'a amené beaucoup plus que ce que je pouvais imaginer. Moi, je l'ai vraiment fait un peu comme défi personnel et aussi pour une autre raison, c'était pour que ça m'ouvre les portes de la Barclay. Ça a été le cas. J'ai pu aller à la Barclay. J'ai participé à des podcasts. J'ai eu des articles. Ça m'a donné une petite renommée dans le monde du trail que je ne cherchais même pas forcément. Donc, j'avais vraiment tiré tous les bénéfices que je pouvais en avoir. Pour moi, c'était le temps de... passer la main,
- Speaker #1
il y avait déjà Benoît Gandolfi qui l'avait tenté il y avait un support reportage qui était passé sur Youtube oui,
- Speaker #0
le film de Benoît très bien fait l'essentiel est ailleurs et du coup déjà pour Benoît ça m'aurait vraiment plu que ce soit lui qui reprenne ce record derrière et pour Benjamin aussi j'étais complètement prêt à passer la main, là où ça m'a mis une claque c'est qu'il a mis la barre tellement haut que pour moi il a un peu tué la discipline. C'est-à-dire qu'à 18 700 mètres, je me rends compte que j'ai déjà placé une belle barre, mais je pense qu'il y avait encore des dizaines, voire si on réfléchit mondialement, des centaines de trailers, qu'ils soient élites ou très bons amateurs ou passionnés, qui avec une bonne préparation spécifique, pouvaient espérer aller rivaliser avec cette barre. Là, en plaçant à 21 100 mètres, on en discutait après son record sur place avec des connaisseurs tu y étais toi ?
- Speaker #1
oui je suis allé sur place même quand Benoît l'avait tenté tu y étais aussi tu te déplaces systématiquement quand il y a une tentative qui est planifiée oui alors chaque fois que je suis mis au courant par quelqu'un qui tente il
- Speaker #0
y en a certains des fois qui tentent un 24h juste en guise de défi personnel mais ils se disent peut-être Merci. j'arriverais à la barre des 10 000 ou des 12 000. Alors là, je ne me déplace pas forcément, mais à chaque fois, quelqu'un le tentait vraiment. Officiellement,
- Speaker #1
avec Géomètre et tout.
- Speaker #0
Et avec l'ambition affichée d'essayer de le dépasser, j'allais sur place. J'allais sur place pour deux raisons. La première, c'est qu'on a créé un petit trophée quand j'ai été battu par Hugo Ferrari. Donc, c'est ma femme qui est bricoleuse et qui a créé un petit trophée. C'est une mini-roue de hamster, pour symboliser les allers-retours qu'on fait. une mini-roue de hamster avec un plé-mobile dedans et on a pyrogravé sur la tranche les performances et tous les détenteurs du record et donc on a offert ce trophée à Hugo Ferrari il est passé ensuite par Aurélien Dunant-Pallat et il m'est revenu après quand j'ai de nouveau refait le record et du coup à chaque fois je me déplaçais avec ce trophée prêt à le passer au suivant Et puis, d'un autre côté aussi, j'avais envie de vivre ça. C'est-à-dire que pour moi, c'était des souvenirs magnifiques. Ça me permettait un petit peu par procuration de revivre ça. Alors, c'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui m'ont dit, alors c'était flatteur pour moi, mais du genre, ah, quel fair play, il va aider celui qui est prêt à lui piquer son corps. Alors, j'appréciais beaucoup les compliments. Mais d'un côté, pour moi, clairement, je l'avoue sans honte, c'était aussi gratifiant pour moi parce que je savais qu'on allait reparler de ce record. ce corps reste quand même ma plus belle réussite dans mon parcours de trailer.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu penses qu'il y a... Comment il a fait, Benjamin ?
- Speaker #0
Alors, il y a beaucoup de facteurs. Le premier, et je pense celui contre lequel je peux pas lutter, et peu de personnes peuvent lutter, c'est un aspect génétique. Je pense qu'il est taillé pour ça. Je veux dire, il est... Si on le regarde, il a des cuisses qui sont aussi musclées que les miennes, mais il pèse 53 kg. Moi, je fais 12 kg de plus que lui. C'est 12 kg dans les allers-retours. On imagine bien, effectivement, rien que du point de vue calcul, c'est évident que ça va amener une vitesse supplémentaire. C'est un très, très bon descendeur, alors que pour ma part, je suis avant tout un bon grimpeur, mais la descente, je la subis quand même toujours un petit peu. D'ailleurs, sa descente, c'était complètement dingue. Pour donner quelques chiffres, il avait... un aller-retour de 66 mètres, il faisait ses premières descentes en 45 secondes. Je te dis ça de mémoire, mais...
- Speaker #1
66 mètres de dénivelé, on est d'accord.
- Speaker #0
Oui, 66 mètres de dénivelé. Donc, sa vitesse verticale de descente était de l'ordre de plus de 5000 mètres à l'heure. De vitesse, j'allais dire ascensionnelle, du coup, descensionnelle, de descente. Donc, c'est complètement dingue. De descente 145 secondes,
- Speaker #1
n'importe quoi.
- Speaker #0
Je pense qu'indépendamment de la fatigue, si j'y vais, que je me fais un petit peu d'étirement, de préparation pour être juste chaud et pas fatigué, je n'en fais pas une en 45 secondes.
- Speaker #1
Moi, en 45 secondes, en roulant, je pense que je peux y arriver. Sans obstacle, je pense que ça peut le faire. Je ne suis pas sûr.
- Speaker #0
Donc, il y a le côté bon descendeur, il y a le côté génétique en sa faveur. Puis, je pense qu'il a optimisé encore mieux que moi. Alors, j'avais déjà optimisé pas mal de choses. Il était bien calculé en bon prof de maths, mon deuxième record. Autant le premier était un petit peu un amateur. Mais je pense que lui a optimisé encore mieux que moi les choses. Le lieu qu'il a trouvé était dans un sous-bois ombragé. Je pense que ça aide aussi de ne pas être en plein soleil. Et en bas, il ne faisait pas un aller-retour, en fait. Enfin, c'était presque un aller-retour. sauf les 10 mètres les plus bas, il faisait une forme de goutte en bas. Ce qui fait que quand il arrivait à pleine vitesse, parce qu'on imagine à quelle vitesse il était lancé en arrivant en bas, au lieu de devoir freiner, s'arrêter sur la marque du géomètre et puis faire demi-tour et repartir, il prenait son virage.
- Speaker #1
Il avait un palier de décompression.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et il gardait sa vitesse. Et puis, il remontait. Il profitait de son élan qu'il lui donnait déjà deux ou trois mètres gratuitement presque dans la remontée. Et là, il repassait en marche. Il faisait sa montée comme ça. Voilà. Donc, tout avait été vraiment parfaitement calculé pour optimiser les choses. Et puis, voilà. Moi, je m'étais dit, est-ce qu'il arriverait carrément à passer la barre des 20 000 ? Ce qui m'aurait déjà impressionné. Mais là, 21
- Speaker #1
134. Comment c'était quand... Justement, dans ces moments-là, quand vous voyez qu'il dépasse les 20 000, ça va être la folie sur place. C'était quoi ?
- Speaker #0
Oui, effectivement, c'était complètement dingue. La plupart des discussions sur place, je me rappelle en avoir discuté avec Benoît Gandolfi, avec Stéphane Brugnard qui était présent, c'est « Mais qui pourra le battre ? » Et bien sûr, le nom qui revenait sur toutes les lèvres à ce moment-là, c'est Kylian Jornet. Et on se disait, mais même, est-ce que Kylian, qui avait fait 23 000 en ski, est-ce qu'il fait 21 000 à pied ? Alors, bien sûr, en ski, il y a la notion de transition. Mais bon, à leur niveau, les transitions, ils prennent 5 secondes en haut, 5 secondes en bas et les transitions sont faites. Je me rappelle que Kylian descendait à pratiquement, je crois, à 115 km heure en ski. Donc, ça donne une idée d'à quel point il était plus rentable dans les descentes. Donc, c'est vrai que c'était un peu la question. Est-ce qu'un Kylian, est-ce qu'il faut vraiment arriver à ce niveau-là pour rivaliser avec Benjamin Mougel ? Et est-ce que c'est faisable ? L'avenir nous le dira peut-être.
- Speaker #1
Tu as été content, tu as été quand même fier de lui. Quand tu dis qu'il a plié le game, ou qu'il a, comment tu as dit ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça, un petit peu tué la discipline.
- Speaker #1
Tué la discipline. Est-ce que tu ne penses pas justement qu'avec les... Oui, il y a deux questions en une. Est-ce qu'il y a des gens qui vont maintenant s'y mettre ? Parce que là, la marque, elle fait quand même flipper. Est-ce que tout ce qui est sorti de ce record de Benjamin ne peut pas, comme tu parlais de la stratégie du petit palier de décompression, ne sont pas des choses qui pourront être mises en place pour faire en sorte qu'on monte le niveau et qu'on puisse le tenter ? Encore une dernière question, désolé. Est-ce que tu as entendu parler ou dire de quelqu'un qui allait éventuellement le tenter ?
- Speaker #0
Oui, alors je vais commencer par ta question. ta dernière question. Non, je ne connais personne actuellement qui voudrait s'y relancer. Je pense que ça refroidit beaucoup de monde.
- Speaker #1
A toi non plus.
- Speaker #0
Alors là, je sais que j'avais déjà dit avec les 17 000 d'Aurélien Dudon-Pallard, ce n'est plus pour moi. Et finalement, j'ai trouvé une pente et j'ai fait une préparation qui m'a permis d'y arriver. Là, je crois que je peux vraiment dire que ce n'est plus pour moi. Plus du tout.
- Speaker #1
C'est trop. C'est sur une autre planète. Et est-ce que tu penses qu'il a vraiment tué la discipline du coup ? Vraiment, est-ce que tu penses ça ?
- Speaker #0
Je me rappelle d'une discussion dans un podcast d'Hugo Ferrari qui parlait de ma marque de 18 700 et qui se rendait compte, déjà pour une marque qui est à 2400 mètres de moins, de l'investissement que ça représentait pour un élite de préparer ça. Un élite qui a un calendrier chargé, qui a peut-être effectivement des courses qu'il doit faire obligatoirement, qui a peut-être des sponsors qui vont lui donner un certain nombre de contraintes aussi. Et voilà, je me rappelle qu'Hugo Ferrari, dans ce podcast, il y avait aussi Ludovic Collet qui en discutait, disait qu'en fait, il faudrait faire un appel aux dons ou à un sponsoring. Un crowdfunding. De mettre une prime qui puisse intéresser un élite pour que ça l'intéresse, qu'il consacre pas forcément juste la journée pour se dire, tiens, j'essaye ça en délire, mais un, trois, six mois de préparation.
- Speaker #1
C'est hyper spécifique.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. C'est tellement spécifique. On ne peut pas sortir d'un UTMB et se dire « Ah tiens, je prends un mois pour récupérer et puis je vais essayer ça. » Du coup, c'est un peu la réflexion du GoFerrari suite à mes 18 700. On peut imaginer qu'on peut faire cette réflexion à la puissance 10 avec les 21 100 maintenant. C'est que du coup, on doit aller chercher des élites qui sont peut-être encore plus haut en niveau, qui du coup auront peut-être des contrats de sponsoring. qu'ils leur amèneront plus d'argent dans les grandes courses. Et peut-être que s'il n'y a pas effectivement la possibilité que ce soit un peu professionnalisé pour qu'il y ait une prime à la clé, ça n'intéressera pas forcément des gens qui seraient suffisamment forts pour rivaliser.
- Speaker #1
Benjamin Mougeat, je tiens à préciser qu'il a quand même un sacré niveau parce qu'il fait l'IT200 de l'Inferno-Ride-Lévoche, il gagne. Il fait 829 dans le texte UTMB en 28h24.
- Speaker #0
C'est un bel athlète et un beau sportif. Donc, ouais, c'est un sacré record.
- Speaker #1
Ce qui est incroyable avec Benjamin Mougel, c'est qu'en fait, il a très peu de références, mais chacune de ses références sont complètement dingues, en fait. Il a fait cet infernal Trail des Vosges qui a été un peu sa première tentative. Donc, première tentative dans le monde du trail, il part sur une distance aussi longue que ça. Il a explosé le record de l'ordre de 3 ou 4 heures. Il arrivait au poste de ravitaillement. Les bénévoles n'étaient pas prêts. il arrivait avant que les ravitaillements soient ouverts donc ça ça a été son premier fait de gloire après il est venu participer à la course que j'organise, le dernier survivant c'est là que je l'ai connu pour la première fois il fait partie des très très rares finishers mais il est vraiment arrivé au bout il était bouche fermée, il a pas transpiré de la journée et c'est pas qu'il a rempli le challenge c'est qu'il l'a ridiculisé deux mois après il fait son record qui est complètement dingue et ensuite de ça Merci. En sous-marin, on en entend plus parler pendant une année.
- Speaker #0
Il y a 100 000 de D+, sur le KV de Chamonix.
- Speaker #1
Il y en a bien sûr 100 000 de D+. Donc, très peu de références, mais chacune de ces références sont complètement hors normes.
- Speaker #0
On va revenir un petit peu à toi, Christophe. Tu en as parlé tout à l'heure, la Barclay. Oui. Alors, tu as dit que tu as préparé le record de 24 heures de D+, avec dans la tête l'idée... de pouvoir t'inscrire à la Barclay. Donc, ça veut dire que toi, la Barclay, tu y penses depuis au moins 2017, 2018, voire avant.
- Speaker #1
Pas exactement, parce que j'ai préparé mon deuxième record. Ah, ton deuxième record, d'accord. Voilà, celui de 2022. Donc, c'est vrai que j'ai fait deux fois, enfin, je suis très lié à cette histoire des records de 24 heures de D+, puisque j'ai été deux fois recordman avec deux performances très, très différentes. Mais je n'ai jamais fait le record pour le record. La première fois, c'était un petit peu… pour faire parler de ma course du dernier survivant et puis par rapport à ce fait divers sur Benoît Girondel, est-ce que j'avais mis la barre trop haute sur ma propre course. Et la deuxième fois, c'était pour espérer, on va dire, mettre une belle ligne à mon CV pour aller intéresser l'AZ et puis m'ouvrir les portes de la barre clé. Donc la barre clé, j'ai commencé à y penser. Je ne me rappelle même plus la première fois que j'en ai entendu parler. J'ai déjà entendu... beaucoup de coureurs de la Barclay qui disent « Ah, je me rappelle toujours le premier documentaire que j'ai vu sur la Barclay. » Pour moi, franchement, je ne sais pas. Je n'ai pas une date à marquer en rouge dans mon agenda de « Ah, c'est la première fois que j'ai entendu parler de la Barclay. » Mais voilà, comme beaucoup de monde, ça m'a fait rêver parce qu'il y a le mythe, il y a la légende, toute une histoire autour. On se rend compte que c'est une aventure complète. En plus de ça, il y a le côté très, très loin des grands événements à 2000 personnes au départ. Ça allait aussi m'attirer, bien sûr, puisque dès mes débuts en trail, j'ai tout de suite cherché un petit peu des défis personnels. Le côté d'une aventure qui est vraiment aux limites de l'humainement possible, c'est aussi ce que j'ai voulu mettre en place sur ma propre course. Donc, tout était fait pour que ça m'attire. Mais comme beaucoup de personnes, ça m'attirait d'un œil, mais je n'avais jamais fait vraiment les recherches pour me dire, OK, maintenant, comment contacter Laz ? Il faut trouver son adresse e-mail, savoir à quelle date. précise dans l'année, lui écrire un email. Enfin, je n'étais jamais rentré vraiment dans le concret. On était plus dans le domaine uniquement du rêve. Et puis, c'est venu en début 2021. J'ai eu un accident en ski. Je me suis cassé le perronnet et j'ai été immobilisé pendant six semaines sur mon canapé. Et puis, je me suis dit, voilà, maintenant, tu as tout ton temps pour rêver à des courses, pour y penser. Essaye de faire quelque chose de concret ou d'efficace. Et j'ai passé beaucoup de temps sur mon ordi à prendre des contacts. à faire des recherches jusqu'à ce que je trouve la possibilité de m'inscrire à la Barclay. Et puis, voilà, à toute chose, malheureusement, donc c'est grâce à mon accident, finalement, j'ai eu le temps nécessaire pour trouver comment m'inscrire à la Barclay.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'attire ? je ne peux pas m'empêcher de faire le lien entre ton métier de prof de maths et la tentative de record. Alors, c'est un raccourci qui est peut-être un peu facile. T'as une tentative de record de D+, à 24 heures, il y a les chiffres, etc. Mais là, clairement, la barre clé, on est vraiment dans un défi ou dans une course. Moi, qui me fais penser un peu à un truc anarchique où on ne sait pas trop où on va, pas trop comment on y va, on ne sait pas trop où on est, on ne sait pas trop quand ça commence, on ne sait pas trop comment ça finit. On est dans le total inverse, total opposé de ce qui est structuré, notamment dans le cadre du record de D+, ou dans le cadre de ta course qui est peut-être un peu plus tracée et tout. Est-ce que... Qu'est-ce que tu y cherches dans cette Barclay ?
- Speaker #1
Alors, je pense que paradoxalement ou presque contrairement à ce que tu dis, c'est quand même mon côté scientifique qui m'a attiré là-bas. D'ailleurs, dans les anciens finisseurs de la Barclay, il y a énormément d'ingénieurs. ou de scientifiques. Et l'ASE explique ça d'une manière qui me semble très cohérente en disant en fait, la Barclay, c'est un immense problème à résoudre finalement.
- Speaker #0
Christophe, je suis désolé, je suis obligé de te couper. Je suis obligé d'aller couper l'eau de mon chauffe-eau. Il y a une fuite. Je reviens dans 10 secondes.
- Speaker #1
Oui, vas-y. J'arrive,
- Speaker #0
j'arrive. Désolé, j'ai une fuite au chauffe-eau. Je ne sais pas ce qu'il se passe. J'ai coupé l'arrivée générale. C'est bon.
- Speaker #1
L'appartement n'est pas inondé.
- Speaker #0
C'est bon. Tout est bon. Nickel. Je te disais, pardon, je t'ai coupé par rapport à l'AZ.
- Speaker #1
Voilà. En fait, l'AZ pense que s'il y a beaucoup de finishers qui sont des scientifiques, des ingénieurs, c'est parce que la Barclay, finalement, c'est comme une espèce d'immense problème à résoudre. Par contre, bien sûr, à l'opposé... d'un 24 heures de plus c'est pas un problème fermé où on a une ligne à suivre je me rappelle encore sur mon 24 heures j'avais fait mes temps de passage je faisais des allers-retours toutes les 6 minutes 40 comme ça je savais que toutes les 3 allers-retours ça faisait 20 minutes au lieu d'être en 20 minutes j'étais en 19 minutes 30 ça me donnait le temps de boire j'avais fait toutes ces prévisions donc on a une ligne bien tracée Et la Barclay, on est dans le cas d'un problème aussi comme un problème de maths ou un problème de sciences, mais qui est lui complètement ouvert en fait. Et c'est aussi l'aspect qui m'intéresse. Par contre, effectivement, je pense que le risque, et c'est peut-être une chose que j'ai faite à la Barclay, c'est de vouloir aller là-bas en contrôlant absolument tout. Voilà, c'est-à-dire que si on va à la Barclay avec un plan de route qui est minuté, en disant je vais faire tellement de montées, je vais arriver, enfin voilà, en pensant qu'on peut tout contrôler, tôt ou tard, on risque d'arriver face à des déconvenues. Et voilà, je te disais tout à l'heure, au début de notre discussion, que je suis en train de lire le bouquin de Séb Réchon, je me rends compte qu'en fait, Séb Réchon est à l'exact opposé de moi dans sa manière d'aborder une course. Il va volontairement vouloir y mettre une part d'inconnue, d'imprévue. Ce n'est pas de l'amateurisme, finalement. C'est parce que pour lui, c'est ça l'aventure.
- Speaker #0
Il accepte cette notion imprévue pour pouvoir mieux y répondre en fait.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça exactement. Et je pense qu'il est vraiment complètement taillé pour une Barclay. Mais tout en sachant d'un autre côté que certaines personnes qui vont plus réagir en scientifique comme moi ont aussi très bien réussi sur la Barclay. Aurélien Sanchez, c'est un ingénieur. Et puis, il a vraiment abordé cette Barclay en compilant un maximum de data. Et puis, c'est ça qui lui a donné toutes les cartes en main, finalement, pour contrôler au mieux la course.
- Speaker #0
Tu l'as faite en 2023 ?
- Speaker #1
Oui, 2023 et
- Speaker #0
2024. Et 2024. En 2023, tu as été éliminé 24 minutes après la barrière Ausha., il me semble, sur la troisième boucle, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Oui. Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Pour moi, c'était une réussite. C'est-à-dire que je suis vraiment allé sur cette barre clé. Je me rends compte, et ça a souvent été un peu le cas, on parle des fois un peu de syndrome de l'imposteur. Quand je me suis lancé sur mon premier 24 heures face à Benoît Girondel, au fond de moi, je n'y croyais pas vraiment, en me disant non, mais en face, c'est Benoît Girondel. La deuxième fois où c'est du non pas là qui tenait le record, je me suis fait la même réflexion. Puis en allant à la Barclay, quand je voyais la liste des légendes, des rares légendes qui l'avaient terminée, je me disais non, mais je ne suis pas dans cette catégorie, donc je ne peux pas la finir. Et je suis allé là-bas un peu dans la logique de me dire va le plus loin possible et j'étais vraiment super satisfait de cette fun run parce que déjà, voilà, donc 3 boucles c'est ce qu'on appelle la fun run à la Barclay et si on prend dans l'histoire de la Barclay des fun run, il n'y en a déjà pas tant que ça non plus, donc pour moi c'était vraiment une réussite, je n'étais pas du tout déçu de ces 24 minutes de trop sachant que j'avais fait 2 premières boucles super rapides et idéales avec le groupe de tête je suivais John Kelly qui était un peu le guide local là-bas, donc super expérience sur ces 2 premières boucles Merci. après j'avais vraiment plus de jambes j'ai dû les laisser partir et je me suis effondré, j'ai explosé dans la troisième boucle que j'ai faite en 15h donc j'avais pas de regret d'avoir fait 20 minutes de trop parce que même si j'avais pu passer le cut des 36h après une troisième boucle en 15h j'allais pas faire la quatrième en 12h donc voilà je savais que c'était plié et que ça n'irait pas plus loin donc tu es retourné en 2024 et là comment ça s'est passé ? c'est ça, c'est à dire que dès que je suis rentré de la Barclay j'étais hyper satisfait de mon 3 boucles Et tout d'un coup, je me suis dit, mais en fait, ce n'est pas si impossible que ça. Voilà, je me disais que c'était complètement hors de portée pour moi. Je me disais, il ne m'a finalement pas manqué grand-chose. Ça s'est plutôt bien passé, mais je n'avais pas non plus des jambes de feu comme celles que j'avais eues dans mes 24 heures de D+. Je me suis dit, avec des bonnes jambes, peut-être que j'aurais pu suivre le groupe de John Kelly un tour de plus. Enfin, voilà, il y a un peu tout ça qui était dans ma tête. Puis, j'avais envie de revivre le truc et de me dire, cette fois, tu y retournes et puis tu vas au bout. Et là, je pense que c'est là que les problèmes ont un petit peu commencé. Pour moi, les années 2022-2023, ça a été un petit peu là où j'étais à mon top. Et la prépa 2024 a été beaucoup, beaucoup plus difficile. J'ai enchaîné les petits virus, les petites blessures, jamais des gros trucs. Mais voilà, j'avais constamment l'impression d'être en retard sur ma préparation, que chaque fois que je voulais faire un gros, gros, gros bloc, parce que j'avais besoin de pouvoir me tester, ça ne se passait pas comme prévu. Et voilà, toute la préparation a été un petit peu compliquée. Puis après, j'en ai un petit peu discuté avec Stéphane Brognard. J'ai eu deux appels avec lui, qui a une approche qui m'a bien parlé sur l'aspect mental et tout. Puis, suite à ces discussions, j'ai réfléchi en me disant, voilà, est-ce que finalement, tous ces petits pépins que j'ai eus ne sont pas venus parce qu'au fond de moi, je ne sais pas, peut-être que mon corps n'était pas prêt à remettre la compresse après une année 2022 marquée par leur corps. un record de 24 heures, une année 2023 avec une grosse prépa pour la Barclay, parce que j'étais vraiment prêt à en remettre une couche en 2024. Donc j'ai eu cette réflexion, mais surtout j'ai réussi à le positiver à ce moment-là et à me dire, en fait, tu pars pour un chantier incroyable où tu vas avoir plein d'imprévus. Donc ma préparation, qui a été une succession d'imprévus, finalement, c'est peut-être la préparation idéale pour ce type de course. Voilà, où j'ai dû faire face à tous les problèmes possibles et imaginables. Et j'ai réussi comme ça à le tourner en positif. C'était peut-être un peu artificiel, mais je crois qu'au fond de moi, j'y croyais vraiment. Et j'ai pris le départ super confiant sur cette Barclay 2024. Et ça a duré deux heures parce que dans la deuxième descente, j'ai la cheville qui a tourné. Je me suis fait une bonne entorse. J'ai vraiment senti le crack dans la cheville. Et puis, voilà, j'ai continué. On est sur la Barclay, donc on se dit, je ne peux pas abandonner comme ça. J'ai continué tant que possible en serrant les dents, en boitillant et tout ça. Et puis, je suis arrivé dans le fameux passage mythique sous la prison, où on passe dans le tunnel sous la prison. Et là, je marchais dans l'eau froide. Je me suis dit, génial, je laisse ma cheville un petit peu dans l'eau froide pendant 5 minutes. Ça va me faire du bien. Puis en fait, ça m'a refroidi. C'est-à-dire que tant que c'était chaud, ça allait, ça tenait à peu près. Et tout d'un coup, là, ça m'a refroidi et je n'arrivais plus à mettre un pied devant l'autre. J'ai enlevé la chaussure. Je me suis rendu compte que j'avais vraiment l'œuf. Ça avait gonflé. Et puis, c'était la fin de ma barre clé à ce moment-là.
- Speaker #0
Des volontés d'y retourner ?
- Speaker #1
Oui, mais il m'a fallu du temps pour que ça passe. C'est-à-dire que 2025-2026, je n'y étais pas. Ce n'est pas que l'As ne m'a pas sélectionné, c'est que je n'ai pas essayé d'y aller. Et il m'a fallu un vrai moment pour me dire de quoi tu as encore envie dans le trail. Peut-être qu'après avoir fait mes 24 heures, qu'après avoir fait une bonne barre clé, j'avais un petit peu... assouvi mon envie profonde dans le trail et puis qu'au final ça ne me faisait plus assez rêver pour pour être prêt à encaisser des préparations aussi difficiles que ce qui est nécessaire pour une épreuve comme la Barclay. Donc voilà j'ai vraiment pris le temps fin 2024, 2025 et là maintenant l'envie est vraiment en train de revenir donc ce sera peut-être pas pour 2027 on verra en plus de ça de toute façon je suis pas maître de la situation puisque c'est quand même l'organisation qui décide si j'y vais ou pas. Mais l'envie d'y retourner est là maintenant.
- Speaker #0
On arrive gentiment vers la fin de notre échange, mais si je te demandais de me dire, de sélectionner ton plus beau moment de travail, ce serait quoi ?
- Speaker #1
C'est mes 24 heures, je pense. Je pense que c'est les 24 heures. Ah oui, pardon, le deuxième. Le deuxième. Oui, le deuxième. Parce que j'avais un petit peu professionnalisé le truc. J'en avais un peu parlé sur Facebook. J'avais vraiment dit, autant habituellement, j'essayais d'être toujours assez discret sur mes objectifs. Et là, je m'étais mis volontairement une forme de pression en disant, voilà, annonce que tu veux faire ce record. Ce sera la garantie que tu n'as pas le droit de lâcher pendant. Et du coup, ça avait fait venir un petit peu de monde. Et puis, voilà, sans être égocentrique, mais c'est quand même sympa quand on fait un événement. Toutes les personnes qui sont là sont centrées sur ce qu'on fait. Ma femme est venue pendant les 24 heures. Elle ne s'est pas posée plus que moi. Elle était là à chacun de mes allers-retours. Comme je te disais tout à l'heure, c'était lors de toutes les 7 minutes. J'ai des amis de manière complètement imprévue qui ont débarqué pour venir me voir. Le lendemain, il y a la presse, puis la petite télévision régionale qui sont venues sur place. Patrick Boire qui est arrivé aussi genre une heure avant la fin. Et de savoir finalement que tout cet entourage qu'on voit habituellement sur une course, ces gens qui applaudissent, puis qui applaudissent tous les coureurs, là finalement tout était par rapport à uniquement ce que je faisais moi. Il y avait un côté hyper gratifiant, valorisant, et ça m'a vraiment donné des ailes. Quand j'y repense, j'ai... Je n'ai quasiment pas un souvenir de moments difficiles, ni physiquement, ni mentalement, pendant ces 24 heures. C'est vraiment un moment, ce qu'on appelle la peak performance. C'est un moment...
- Speaker #0
Porté par le collectif.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et le moment où toute la partition s'est déroulée, comme prévu, sans le moindre accroc.
- Speaker #0
Et alors là, du coup, si je te pose la question de ton pire moment de travail, ça serait lequel ?
- Speaker #1
Je n'aime pas dire le pire, parce que dans le pire, il y a le côté... vraiment négatif alors que c'était quand même quelque chose de chouette à vivre mais je pense que c'est mon entorse à la Barclay 2024, je pense que ça a été le plus dur à encaisser, je pense que la préparation a été tellement intensive tellement dure, il y a eu tellement de fois où je suis sorti du boulot, j'ai mis la frontale et je suis revenu à 23h après avoir fait 6h d'effort dans la nuit, en hiver et tout ça, enfin voilà c'est beaucoup beaucoup d'implications c'est aussi une certaine implication sur le budget j'ai dit bonjour Voilà, financière, j'ai dû m'organiser professionnellement pour avoir une semaine de congé.
- Speaker #0
Familiale, etc.
- Speaker #1
Exactement. Dans l'enseignement, comme on a déjà suffisamment de congés, c'est normal quand on reprend une semaine de congé sur des hors-vacances scolaires, du coup, c'est une semaine où on n'est pas payé aussi parce qu'on ne peut pas la rattraper. Donc, ça crée aussi un impact. Donc, il y a eu toutes ces choses-là. Et puis, voilà, je me revois après dans le petit appartement qu'on avait sur place là-bas dans le Tennessee. en train de ranger tout le ravitaillement où je n'avais pas eu le temps de toucher à quoi que ce soit. Ma femme était venue avec moi aussi alors que la première édition, j'étais allé seul. Là aussi, j'avais envie de pouvoir revivre cette connivence que j'avais eue avec elle pendant les 24 heures. Tout ça, ça a rendu le truc vraiment difficile à vivre. Je ne vais peut-être pas dire, comme je te disais, le mot pire, je n'aime pas trop parce qu'en parallèle de ça, j'ai quand même vécu cette expérience de la Barclay après en tant que spectateur. J'ai pu voir l'arrivée de Jasmine Paris, la première femme qui termine la Barclay, avoir le privilège d'être sur place pour vivre ça en tant que spectateur, c'était absolument magique. Donc voilà, ça reste un beau souvenir, mais ça a été très difficile à encaisser.
- Speaker #0
J'imagine, j'imagine. En tout cas, merci pour nous partager ça de manière aussi sincère et honnête. Ça serait quoi ton moment ? Alors moi, c'est un concept que j'ai inventé, c'est le moment extra et l'ordinaire. C'est pas le plus beau, pas le plus... C'est le plus atypique en fait, celui que tu dirais, c'est quand même fou ce qui est en train de se passer, un truc un peu bizarre, un peu étonnant, qu'est-ce qui te viendrait en tête ?
- Speaker #1
Oui, quelque chose d'étonnant, mais que j'ai vécu dans l'univers du trail.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors, j'ai une petite anecdote qui est assez sympa. Quand j'ai fait la Swiss Peak 360, c'est donc traverser du Valais complet avec 25 000 mètres de dénivellation, c'était une aventure sur six jours. Et j'ai fait ça avec Maxime, mon ami qui m'avait lâché au Swiss Canning Trail et qui s'est bien rattrapé là parce que là, on a vraiment vécu une magnifique aventure ensemble. En fait, c'était la première édition et puis l'organisation nous avait laissé quelques libertés qui ne se font pas forcément sur toutes les courses, en tout cas de moins en moins maintenant. C'est-à-dire que si on arrivait à une base vie ou à un endroit où on voulait par exemple dormir, tant qu'on restait sur le parcours de la course, on pouvait le faire. dans le camping-car d'un ami, dans une cabane de montagne, ou n'importe où, tant qu'on est sur le parcours de la course, ils le toléraient. Ça les arrangeait même un petit peu, parce qu'en première édition, ils se rendaient compte qu'ils n'avaient pas forcément assez de place dans les bases-vie pour accueillir tous les coureurs qui voulaient dormir. Donc, du coup, les choses se sont faites comme ça. Et puis, on était à quoi ? On va dire peut-être une soixantaine de kilomètres de l'arrivée. Et puis, je fais un petit peu les calculs, puis je me rends compte qu'on va passer la ligne d'arrivée à 3h du matin, dans l'anonymat complet. Alors que pour nous, c'était l'aventure de notre vie. C'était 2018 et je n'avais pas encore des grandes réussites en trail. C'est la première fois qu'on faisait une aventure aussi longue que ça. On avait pris le départ en pensant qu'on aurait une chance sur 10 d'arriver au bout. Et là, on était vraiment du bon côté. Et du coup, je lui dis, au lieu de terminer à 3h du matin, je sors mon téléphone, je regarde et puis on va se faire booking. Et puis, on réserve un hôtel, le dernier village qu'on traversait. Et du coup, on est allé se faire une nuit en hôtel avec... spa, jacuzzi, le soir on s'est fait entrecôte frites avec le chronomètre qui continue à tourner on avait fait un groupe WhatsApp sur lequel nos amis nous suivaient et tout d'un coup à 22h ils disent ah on n'a pas de nouvelles les deux sportifs ils en sont et on leur a envoyé une photo dans le jacuzzi les battus en éventail donc voilà c'était assez magique on a passé la nuit dans l'hôtel alors on a quand même pas poussé le vice jusqu'à faire une grasse mat le lendemain donc on est reparti vers 4-5h du matin et du coup on a passé la lune d'arrivée à midi où il y avait du monde pour nous accueillir extraordinaire Extraordinaire.
- Speaker #0
Il est magnifique. Merci, Christophe. Il était magnifique, celui-là. Je me suis régalé. On va terminer par les questions rapides, si tu veux bien. Alors là, je vais te proposer une série de questions rafales. Et l'idée, c'est que tu répondes sans argument. D'accord ?
- Speaker #1
Ok, très bien. Des questions rapides à un Suisse, t'as peur de rien.
- Speaker #0
C'est pas moi qui les dit. Ton plat favori après la course ?
- Speaker #1
Un paquet de chips.
- Speaker #0
Ta boisson favorite après la course ?
- Speaker #1
Du coca.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu préfères le trail ou la course à pied ?
- Speaker #1
Le trail.
- Speaker #0
Ah, tu vois, t'es tombé dans le piège. Tu préfères les gels, les bars, les deux ou aucun des deux ?
- Speaker #1
Les gels.
- Speaker #0
T'es plutôt minimaliste ou maximaliste ? Tu as répondu tout à l'heure.
- Speaker #1
Minimaliste.
- Speaker #0
T'es plutôt renfaut ou apéro, toi ?
- Speaker #1
Renfaut.
- Speaker #0
T'es plutôt grosse rafale de vent ou grosse averse de pluie ?
- Speaker #1
Grosse rafale de vent.
- Speaker #0
T'es plutôt racine ou verglas ?
- Speaker #1
Racine.
- Speaker #0
Quand tu cours, tu es plutôt podcast, musique ou bruit de la nature ?
- Speaker #1
Bruit de la nature.
- Speaker #0
Et est-ce que tu es plutôt émotion sur la ligne de départ ou émotion sur la ligne d'arrivée ?
- Speaker #1
Émotion sur la ligne d'arrivée.
- Speaker #0
Ok. Je te remercie, Christophe. C'était vraiment très, très, très sympa, très chouette, très naturelle. Je vous souhaite plaisir aussi. Merci beaucoup. C'était vraiment génial. Je te laisse terminer, conclure avec ce que tu as envie de placer, de dire. C'est open mic pour toi, Christophe. Vas-y, je t'en prie.
- Speaker #1
D'accord. Alors déjà, merci de m'avoir accueilli. Merci pour la discussion. Et puis, en fait, comme je disais tout à l'heure que mon 24 heures m'avait ouvert plein de portes et puis que ce n'était pas d'un regret que de passer la main à quelqu'un d'autre. Voilà, ce genre de discussion en fait partie aussi. Voilà, d'avoir rencontré Bertrand qui était passionné de la Barclay. Maintenant, de pouvoir discuter avec toi. Donc voilà, outre les performances d'un 24 heures, quand des fois, beaucoup de personnes disent mais ça sert à quoi de faire des allers-retours dans une pente. finalement, il y a tout l'aspect humain.
- Speaker #0
Il y a tout ce qui est à côté.
- Speaker #1
Il y a tout l'aspect humain qui en découle. Ça me fait avoir des discussions super intéressantes sur le sujet après. Ce n'est pas seulement l'aspect humain pendant la course ou pendant les deux heures qui suivent. Ça fait quatre ans en arrière pour moi que j'ai fait ça et je le vis encore.
- Speaker #0
Merci Christophe, c'était très sympa, très chouette. Je me suis régalé. J'espère que vous aussi. On te souhaite le meilleur pour la suite, Christophe. et puis euh Merci beaucoup. Tu ne fais pas trop de nœuds au cerveau avec les calculs de maths, quand même.
- Speaker #1
Ça va, je vais essayer.
- Speaker #0
Allez, salut, à bientôt. Salut, à bientôt. Ciao,
- Speaker #2
ciao.
- Speaker #0
Bon, allez, parfait, merci beaucoup, c'était top.
- Speaker #2
Super.
- Speaker #0
Je me suis régalé.
- Speaker #2
Magnifique, très sympa.