- Speaker #0
Pour performer certes, mais en fait c'est pour performer vis-à-vis de moi-même et de savoir dans quelle proportion mon cœur m'handicape sur mon entraînement et sur mes performances. Est-ce que ça va vraiment changer quelque chose ? Puisque en fait c'est quelque chose avec lequel je vais vivre toute ma vie, voire même ça va se dégrader à la vie. Je ne sais pas si ça me changera la vie.
- Speaker #1
Et salut à toi, je suis extrêmement heureux de te retrouver pour un nouveau numéro. du Let's Try Podcast, le podcast 100% consacré à la pratique et à la communauté du trail running. Et après cette coupure estivale, en période de vacances, me revoilà, me revoilà avec un nouvel épisode en format interview. Et une interview d'un des patrons, un soutien participatif, qui fait partie de cette belle communauté, qui n'est autre que Mathieu Romain. Mathieu Romain, vous l'avez entendu... A quelques reprises dans les épisodes du LTP, notamment dans l'épisode qui s'appelle Comparaison n'est pas raison, Mathieu Romain nous partagera son histoire de vie, quelques problématiques de santé qui l'ont empêché de pratiquer du sport dans sa jeunesse, comment il a surmonté ces problématiques-là, comment il a découvert la course à pied dans des périodes compliquées, sa découverte du travail également, comment il fait en sorte de... d'arriver à mêler sa vie de restaurateur et sa pratique de la course à pied. Et puis on va également parler de ses plus beaux moments, de ses pires moments de travail, de ses moments extraordinaires et fameuses questions rapides. Je remercie Mathieu Romain pour le temps qu'il nous a consacré et je vous laisse profiter de cet échange. Bonne écoute ! Salut Mathieu, je suis heureux de te retrouver encore une nouvelle fois. dans le podcast avec beaucoup de plaisir. Comment vas-tu ?
- Speaker #0
Écoute, ça va très bien, Nico. Je passe de bons moments à Georges à côté du lac de Serpenson, donc je m'amuse beaucoup.
- Speaker #1
Et hâte,
- Speaker #0
comment dire, hâte de faire cette petite interview avec toi.
- Speaker #1
À Georges, on le connaît très bien, c'est le village qu'il y a sur le tour du lac de Serpenson, qui est d'ailleurs le départ à l'époque où j'avais fait le 50, le 50 km du Grand Travail de Serpenson, qui est le départ. Super village.
- Speaker #0
tu profites bien chaque année c'est le même rendez-vous c'est toujours un plaisir parfois l'hiver aussi un petit peu mais surtout l'été tu connais bien les ors demain je vais peut-être faire le parcours de la Sky Race des ors qui a eu lieu il y a une semaine ou deux donc je vais le faire en off pour
- Speaker #1
m'amuser un peu trop bien c'est cool de t'avoir Mathieu dans le podcast Tu as déjà été intervenu dans un ou deux podcasts précédents. Et là, tu fais partie des Patreons qui ont été tirés au sort pour nous partager ton histoire de vie, et puis ton histoire en rapport avec le travail, et puis parler un petit peu des sujets un peu transversaux. Donc là, tu disais que tu étais à Chorges, mais tu es en vacances. Oui. Je te laisse te présenter de manière un peu générale. Mathieu, qui es-tu ?
- Speaker #0
Alors, je suis un homme de 39 ans. Je vis dans le nord, dans une commune qui s'appelle Brie. C'est pas loin de Valenciennes et de Maubeuge. Souvent, on se moque de Maubeuge. Je suis originaire de Maubeuge, d'ailleurs. Pourquoi on se moque de Maubeuge ? Souvent, il y a beaucoup d'humoristes, parfois des chansons, parfois dans des films où on reprend Maubeuge comme étant une ville où ça vient de loin. C'est compliqué à Maubeuge. donc voilà je suis originaire de là j'ai deux enfants, je suis marié je suis restaurateur depuis un peu plus de 12 ans j'ai un restaurant à Bavé Bavé c'est aussi un petit village pas loin je donne aussi des cours de création d'entreprise depuis pas mal d'années dans les universités à Valenciennes et puis voilà je me suis mis au trail et au sport de manière mais on va certainement reparler depuis allez on va dire depuis 4 à 5 ans, avant c'était en discontinu et maintenant c'est vraiment de manière très continue.
- Speaker #1
Ok, très bien. Intéressant le sujet de la création d'entreprise, restaurateur, tout ça, on va pouvoir un peu aborder ce thème-là, qui est intéressant pour beaucoup. Donc aujourd'hui, tu me disais, tu vis où exactement ?
- Speaker #0
Je vis à Brie, c'est une petite commune pas loin de Valenciennes, mais souvent Valenciennes, on connaît un petit peu plus. et puis c'est vraiment je suis à une heure à 50 minutes de l'île à peu près ok donc tu as de quoi faire en termes de dénivelé c'est ça ? absolument pas si on va peut-être reparler dans mon approche le terril c'est bien j'ai un terril à 25 minutes de la maison et puis on fait ce qu'on appelle le hamster je pense que je suis hamster ascendant poisson rouge à la prochaine
- Speaker #1
j'oublie très rapidement le nombre de boucles que je fais mais ça me dérange pas j'ai pris l'habitude c'est bien c'est intéressant de mettre en parallèle ces deux animaux qui effectivement ont des qualités qui peuvent se compléter ouais c'est ça ça peut se compléter le théorie pour rappel c'est les montagnes constituées de déchets de charbon des mines de charbon qui constituent vos principales comment dire possibilités de faire du dénivelé Merci beaucoup.
- Speaker #0
Exactement, mais pour donner une petite idée à ceux qui nous écoutent, généralement ça ne fait pas des montées de plus de 70 mètres des plus d'un coup, et encore 70 mètres, il faut déjà aller les chercher. Et donc du coup, dès qu'on va faire des grosses sorties, il faut répéter.
- Speaker #1
Il y a les terrés qui sont aménagés d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, je dis nous, parce que je suis avec pas mal d'amis, et dont David qui est un des patrons aussi. On va souvent au Terril, et ce Terril-là c'est dans la ville de Rheim. Ceux qui sont du Nord et qui écoutent ça se reconnaîtront. Et dans la ville de Rheim, ils sont pas mal aménagés effectivement. C'est plus sauvage du tout. Il y a vraiment des chemins, etc. Mais au bout d'un moment, on retourne en rond.
- Speaker #1
Il y a une belle communauté de trailers là-bas, non ?
- Speaker #0
Oui, en fait, il y a quand même pas mal d'événements. Alors après, on a la chance, on n'est pas si loin des Ardennes belges. Et donc, quand on veut vraiment faire des un peu plus grosses compètes avec du dénivelé, etc., on peut aller aussi dans les Ardennes belges sans forcément traverser toute la France. Donc c'est pour ça que je pense qu'il y a une communauté un peu dispo sur le secteur. Parce qu'il y a beaucoup de campagnes, donc on peut faire du trail sans trop de dénivelé. D'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui, je pense, font du trail sans trop de dénivelé dans notre secteur. Et comment dire, mais dès qu'on en veut un petit peu, on a des possibilités.
- Speaker #1
Je salue Mickaël Zawinski qui est un fidèle patron et qui habite à Lille et qui effectivement va faire ses blocs en Ardenne-Bège que j'ai la chance d'accompagner.
- Speaker #0
Exactement. Je ne le savais pas et donc on se recoupe.
- Speaker #1
Mathieu je te laisse un petit peu nous expliquer ton environnement dans l'enfance dans un premier temps familial géographique et puis aussi sportif oui alors du
- Speaker #0
coup je suis né en 87 ça fait mal quand je le dis mais je le vis plutôt bien bientôt 40 ans contrairement à d'autres mais je ne citerai pas de mots mais je le vis plutôt bien le plus bel âge Oui, c'est ça, exactement.
- Speaker #1
Juste avant que ce soit mon cas.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, du coup, comme je l'ai dit, je suis né à Maubeuge. J'ai grandi sur le secteur. Alors Maubeuge, je ne vais pas faire tous les petits villages, etc. Ma mère avait un peu la bougeotte. Donc, on faisait pas mal de petites villes, pas mal de villages, etc. J'ai grandi avec deux demi-sœurs. On avait la même mère, mais on n'avait pas la même père. Mais elles étaient plus âgées que moi.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc, on a grandi sous la responsabilité de notre mère, qui s'est beaucoup occupée de nous. Aujourd'hui c'est un peu plus compliqué avec notre mère mais j'ai toujours cette reconnaissance là parce qu'elle a quand même eu trois enfants à Charles et non un dernier qui était moi et qui était un peu plus compliqué. D'un point de vue sportif c'est un peu complexe parce que je suis né avec on en a déjà parlé à travers je t'avais déjà envoyé un ou deux messages je suis né avec une malformation cardiaque je suis né avec une ce qu'on appelle une CIV donc c'est un trou entre les deux ventricules il y a beaucoup de pas mal d'enfants de ce que j'ai dit. toujours entendu parler, qui naissent avec une CIV, mais ça se répare parfois en grandissant et en fait le trou se referme et il n'y a rien à faire, sauf que moi ça ne s'est pas réparé et en fait ça s'est même aggravé puisqu'en 98, donc j'avais 11 ans en 98, le jour de mon anniversaire, ma visite annuelle au cardiologue le jour de mon anniversaire, on y va et le cardiologue à Lille dit à ma mère que là ça ne va pas ça ne va pas du tout parce qu'en plus que le trou reste Merci. voire même c'est légèrement agrandi il y a une fuite aortique mon coeur battait tellement fort devait tellement compenser qu'il y a mes valves aortiques je ne vais pas rentrer dans les détails techniques qui commençaient à se fatiguer et donc en plus du trou mon coeur devait encore plus compenser pour compenser cette fuite aortique donc là il n'y avait pas de discussion c'était opération et je me suis fait opérer à Paris j'étais en 6ème Merci. C'était un peu bizarre parce que du coup, je suis un peu grand pour me faire opérer de ce type de chirurgie à cœur ouvert. Parce que d'habitude, généralement, maintenant, il y a beaucoup de CIV qui sont comblés tout de suite, presque dès la naissance. Je ne connais pas les critères exacts, mais c'est comblé tout de suite. Comme ça, après, ce n'est pas traumatisant, c'est plus facile et puis on n'en parle plus. Mais moi, c'était quand même à 11 ans. Donc, j'ai des souvenirs très, très, très, très, très clairs de tout ça. Petite question, je te coupe, mais comment vous en êtes aperçu ? C'était une visite annuelle chez le cardiologue. Comme j'avais une CIV, en fait, on contrôlait de manière régulière. C'est vrai que moi, quand je faisais du sport, j'étais tout le temps très vite essoufflé, très vite. Mais on se disait que tant que le cardiologue validait, il disait qu'on allait voir, qu'il n'y avait pas trop d'inquiétudes, même si ma mère ne m'incitait pas forcément à faire beaucoup de sport, il faut être honnête, et puis ça a été pire après. Et en fait, c'est vraiment une visite annuelle. C'est une échographie. Et là, ça ne va pas, ça coince. Il faut faire quelque chose. Et donc, je me suis fait opérer. Opération au cœur ouvert. Alors, je n'ai pas eu de remplacement de valve. J'ai eu visiblement énormément de chance puisque j'ai eu un chirurgien qui a fait de la plastique. Une opération un peu artistique puisqu'il a en fait au lieu de remplacer la valve comme on fait parfois il a bidouillé, il a fait une plastique on appelle ça et donc j'ai une micro fuite, j'ai toujours une micro fuite aortique, j'ai plus de j'ai plus la fuite au niveau des ventricules mais j'ai toujours une micro fuite aortique mais qui me permet quand même avec un contrôle tous les ans chez le cardio tous les ans c'est le petit rituel qui me permet de faire du sport etc et au niveau de l'enfance Après cette opération, ça a été un peu compliqué pour le sport justement, parce que ma mère était très en flip. Il ne m'est pas arrivé que ça, il m'est arrivé des tonnes de trucs dans le milieu médical. Donc c'est pour ça que j'ai quand même beaucoup de reconnaissance vis-à-vis de ma mère sur ça, parce qu'elle a dû gérer pas mal de choses. Et donc le sport, ça a été compliqué jusqu'à mon adolescence. Tu n'en faisais pas ou tu en faisais de manière sporadique ? Moi, je voulais en faire, mais c'était... c'est-à-dire qu'il ne fallait pas trop forcer. Dès qu'il y avait une notion de compétition, un petit peu, c'était interdit. J'ai une anecdote, j'ai un souvenir comme ça. J'étais au collège. En plus, c'était au collège, c'était en sixième. Donc, tous les profs, c'était un petit collège privé. Tous les profs savaient que je m'étais fait opérer en sixième, etc., à cœur ouvert. Et donc, quand j'étais en cinquième, quatrième, on jouait au foot à la cour de récré. C'était les profs qui me disaient, non, non, t'arrêtes de courir. Donc, t'arrêtes de courir, tu te mets sur le côté, tu ne peux pas trop faire de sport toi, alors qu'il y avait plus de... problème, entre guillemets. Ça y est, j'étais soigné. Je n'étais pas guéri, mais j'étais soigné. Et donc, ça a toujours été un peu ça jusqu'à mon adolescence. Alors, la problématique, c'est que jusqu'à la seconde, j'ai beaucoup grossi. J'ai atteint, même à l'adolescence, j'ai atteint un bon 90-95 kilos. Il y a des photos un peu cultes qui traînent sur certains réseaux. Et voilà. Sauf qu'à l'adolescence, à un moment, il y a eu une petite rupture. C'est-à-dire qu'il a fallu sauver les meubles parce que je me sentais mal dans ma peau, plein de choses.
- Speaker #1
Tu étais arrivé en obésité du coup ?
- Speaker #0
Oui, c'était quand même pas mal d'obésité parce qu'il y avait pas mal de gêne. Il y avait la gêne des autres, il y avait le regard, il y avait les filles. J'étais ado, donc je commençais à me poser cette question-là aussi. Et donc voilà, le sport a été… C'est là ma première rencontre, je pense, avec le sport. C'est la course à pied, classique, pas très. mais courir à pied pour maigrir, tout simplement. C'était, je ne sais pas, en tant qu'ado, je m'étais mis cet objectif-là. J'étais un peu libéré des appréciations de ma mère qui me disait toujours « friend, friend » , mes grands-parents aussi, mes grands-parents paternels de qui j'étais très, très, très proche.
- Speaker #1
Et juste une petite question, mais les médecins, en l'occurrence, qui te suivaient pour ces problématiques-là, cardiaques et tout, il n'y avait pas de réellement de contre-indication au sport ?
- Speaker #0
Non, après l'opération, en fait, eux, il n'y avait pas de problème. Il fallait surveiller, il fallait faire attention. et je... Je dois théoriquement éviter un peu les sports explosifs. C'est ça qui est plus dangereux pour moi. Dangereux, on s'entend, mais qui est plus compliqué pour mon cœur. Mais tout ce qui est sport avec long, avec une faible intensité, mais longue, c'est moins problématique pour moi. D'ailleurs, j'ai encore la confirmation en mars, la dernière, avec le cardio qui m'a dit exactement la même chose sur l'île. Donc voilà, mais sauf que moi, à un moment, il a fallu quand même que je me… que je me soigne d'un point de vue poids, que je me soigne dans ma tête aussi. Il y a eu plusieurs éléments déclencheurs.
- Speaker #1
J'allais te poser la question, il y a eu des déclics ?
- Speaker #0
Oui, j'ai remplacé mes lunettes par des lentilles, c'est des conneries. Mais en fait, tu changes de visage, mais tu es toujours un peu costaud. Et puis à ce moment-là, on avait fait un podcast ensemble sur la comparaison. Et ça date peut-être de là. Et donc à ce moment-là, j'ai commencé à me dire, il faut que je maigrisse. Donc j'ai maigri. en faisant du sport mais sans tomber dans je ne me suis pas inscrit un club j'ai pas fait ça régulièrement toutes les semaines et à partir de là s'est ouverte peut-être une deuxième période dans ma vie vis-à-vis du sport c'est que le sport entré de manière entrée et venait en fait c'est à dire que je pratiquais le sport un peu quand j'en avais besoin quand j'en avais le temps etc puis je m'arrêtais parce que j'avais d'autres envies d'autres choses et puis je reprenais le sport parce que je me disais bon bah voilà et là ça a été un petit peu des allers retours Jusqu'il y a 3-4 ans, peut-être, en 2022-2023, où j'ai commencé vraiment... Alors, j'ai eu le restaurant aussi. Le restaurant m'a beaucoup empêché. J'ai eu le restaurant en 2014. Le restaurant m'a beaucoup empêché d'être régulier dans ma pratique du sport. C'est-à-dire que c'était des périodes très difficiles. Je faisais du sport pendant 2-3 mois, j'étais content. J'avais des résultats, je commençais à me dire, tiens, c'est bien de faire du sport. Et puis après là, le restaurant me bloquait pendant 6-8 mois, où c'était impossible avec la fatigue, les services, etc. de pratiquer. Et puis jusqu'au jour où ça n'a pas commencé par le trail, ça a commencé par la course à pied. Et c'est d'ailleurs David qui est Patreon et qui est le parrain d'un de mes fils, qui lui courait déjà beaucoup. David fait toujours énormément de sport. Et j'ai pris un peu en exemple, moi aussi j'aimerais bien faire, il avait fait à l'époque un marathon, il avait fait le marathon du Mont Blanc aussi, etc. Je me suis dit tiens c'est... J'aimerais bien être dans ces efforts-là, m'investir dans un entraînement, etc. Et c'est là que j'ai switché et que j'ai arrêté de dire le sport viendra combler mes trous d'activité. Et c'est l'inverse en fait. C'est que je vais d'abord, j'ai toujours appris ça dans les écoles que j'ai fait, les universités, etc. C'est un schéma, peut-être que ça rappellera des choses à certains. C'est un schéma d'un bocal et c'est à nous de décider les grosses pierres, puis les plus petites. pierre, puis le sable, puis l'eau qu'on met pour remplir ce bocal de manière la plus optimale possible. J'ai décidé que le sport, c'était maintenant une grosse pierre et que c'est le reste après qui viendra un peu gonfler. Et en fait, à partir de là, ça a changé beaucoup de choses dans ma vie. Alors, c'est un peu cliché peut-être, mais ça a changé beaucoup de choses dans ma vie, notamment mon rapport avec l'angoisse. J'avais beaucoup d'angoisse avec le sport. C'est un peu compliqué d'un point de vue familial avec les deux garçons, etc. à la maison, le travail, le restaurant. C'était un peu complexe à gérer tout ça, et en fait le sport est venu détendre un peu tout ça, donner un petit peu d'élasticité et me permettre de gérer. Donc c'est vraiment le gain aujourd'hui que j'ai, alors mis à part d'un point de vue santé, etc. Même si je y reviendrai, j'ai par exemple la visite du cardiologue que j'ai eue en mars 2020, il m'a dit qu'un jour ou l'autre, il y a de fortes probabilités que pour vous, repasser sur le billard parce que c'est pas le sport le problème mais vos valves aortiques qui ont été un peu douillées vont se fatiguer un jour ou l'autre et donc si elles se fatiguent un jour ou l'autre il faudra repasser sur le billard et puis on verra
- Speaker #1
ce qu'il en est excuse-moi Mathieu j'ai bien entendu tout ce que tu as dit tu as déroulé le fil de ta relation avec le sport parce que je pense que c'est intéressant de revenir sur cette période là où Toi, tu avais envie de faire du sport, mais autour de toi, que ce soit familial ou les profs ou peut-être même les copains, etc., les connaissances te faisaient sentir presque attention, attention ou indirectement ou directement. C'est dangereux pour toi, etc. Alors que réellement, médicalement, il n'y avait pas réellement de raison. Non, il n'y avait pas de raison. Est-ce que toi aujourd'hui, tu arrives à expliquer... J'aimerais bien parler de ça parce que c'est aussi... la position de beaucoup de gens par rapport au sport aujourd'hui. Il y a encore des gens aujourd'hui, malgré tout, malgré tout ce qu'on sait, qui considèrent que le sport n'est pas réellement une bonne chose. On parle souvent d'excès. Alors, on est dans une société où on est beaucoup dans l'excès. Donc, du coup, on met souvent en relation le sport et les excès. Toi, de ton côté, par rapport à cet aspect des gens qui t'entouraient, notamment familialement, pourquoi ils avaient peur pour toi ? C'était quoi, à ton avis ?
- Speaker #0
Oui, c'était ça, c'était de la peur. Et puis, on parle peut-être d'une époque, encore une fois, ça fait mal de dire ça, mais on parle d'une époque où...
- Speaker #1
C'était les années 2000.
- Speaker #0
Oui, même à 13 ans, je me suis opéré à 11 ans. Donc oui, c'est tout début des années 2000. On parle d'une époque où le sport, comment dire, sur les longues distances, alors de toute façon, j'étais adolescent. J'étais même pré-adolescent, on n'en aurait pas parlé, mais le sport à haute intensité pouvait faire peur à des gens. Tu vois, aujourd'hui, parfois, on parle de… Je ne sais pas si à l'époque, et peut-être que certains me contrediront, ou certains ont certaines, mais je ne sais pas si à l'époque, il y avait des amateurs plus plus, des gens qui vraiment pratiquaient le sport de manière intensive, sans forcément être des élites ou quoi que ce soit. Et je pense que mes grands-parents, ma mère, les profs, etc., tout ça… il n'y avait pas besoin de se faire mal, entre guillemets, ou de faire beaucoup de sport si on n'en avait pas forcément la nécessité. Et en plus, moi, avec mon problème cardiaque, non, je n'avais vraiment aucune raison de faire du sport. Et c'est vraiment un regret aujourd'hui un peu, notamment après l'opération, parce que je sais très bien et je pense que je suis assez curieux sur l'entraînement, etc. Et j'ai ce petit regret de me dire qu'aujourd'hui, je me suis mis à la course à pied, au trail, etc. Mais je sais que j'ai loupé des années peut-être fondatrices dans... Je ne serais jamais devenu un élite. Un développement physiologique, quoi. Exactement. Et en plus de ça, j'ai beaucoup grossi à cette époque. Et donc, j'ai conscience que ça a été chaotique. Et aujourd'hui, je vois... Ça me fait sourire, on en avait parlé dans le podcast, comparaison n'est pas raison, mais je vois des amis qui, eux, ont pratiqué le sport. Ça ne veut peut-être rien dire parce qu'il y a de la génétique aussi, mais on ne peut pas s'empêcher d'y penser. Je vois des amis qui ont fait du sport toute leur vie. Aujourd'hui, ils refont deux ou trois mois de course à pied. Ils ont des capacités phénoménales bien au-dessus de les miennes qui m'entraînent presque quotidiennement depuis maintenant 3-4 ans. Donc, c'est tout. C'est comme ça. Après, je sais que j'ai aussi quand même un petit handicap. J'ai cette fuite aortique qui persiste. Mais voilà. Et donc, j'essaie, par rapport à ta question sur mon enfance, oui, j'ai ce petit regret qu'on ne m'ait pas laissé un petit peu y aller, surtout après l'opération. Peut-être avant l'opération, je comprends. Je suis papa. J'ai deux petits garçons. Demain, on m'annonce qu'il y en a un qui a… maintenant ils sont grands mais on m'aurait dit qu'ils avaient une malformation cardiaque je ne suis pas sûr que je les aurais incités à faire du sport à haute intensité ou même faire des matchs de basket les miens jouent au basket où ils courent dans tous les sens avec une malformation cardiaque mais une fois l'opération passée avec consultation du cardio je pense que je serais peut-être un peu plus enclin mais est-ce que ce n'est pas une question d'époque je pense qu'il y a de ça aussi mais c'est vrai que c'est un regret après pour aller un petit peu
- Speaker #1
Un peu dans le détail de la physio, j'avais fait un épisode à l'époque avec notre regretté Pascal Balducci sur les trailles, les jeunes. C'est vrai que la période d'adolescence pour développer les capacités VO2max, c'est la période clé, phare, entre 14 et 20 ans. Mais malgré tout, cette période, si tu veux développer ta VO2max, tu dois t'appuyer quand même sur des intensités élevées pour la développer. la problématique si tu veux te rassurer par rapport à ça, c'est qu'en fait, toi, le médecin ne t'encourageait pas à faire de la haute intensité.
- Speaker #0
Oui, ça n'a jamais été... Par exemple, lui, ce qu'il me déconseille, c'est de faire du sprint. Quand je vais le voir annuellement... Pour lui, le sprint, c'est le fractionné. Oui, oui. En gros, par exemple, pareil, des charges très lourdes à la salle de muscu, parce que je lui ai dit que je faisais un petit peu de renforcement musculaire aussi. parce qu'on parle vraiment de tout quand j'y vais. Et il m'a dit, par exemple, je ne vous incite vraiment pas à soulever des charges lourdes, à mettre énormément d'intensité à la salle, etc. C'est toutes ces choses-là, puisque ça va, de son point de vue, ça peut dégrader encore peut-être un petit peu plus vite. Alors que les efforts lents, tout de suite, il m'a dit, quand je lui ai parlé de marathon, quand je lui ai parlé de 100 km, etc. Pour lui, tant que c'est fait, il y a une intensité qui est pertinente par rapport à ces efforts-là. il y a beaucoup moins d'inquiétude, beaucoup moins de problèmes et c'est beaucoup plus durable pour lui.
- Speaker #1
Au contraire, les efforts modérés, lents, ça a tendance à renforcer le muscle du cœur.
- Speaker #0
Ça tombe bien, c'est là où je pense que je suis le meilleur. Parce que quand on parle de 5 km ou 10 km, je suis vraiment une pure hôpitaliste. C'est vraiment pas terrible.
- Speaker #1
Après, on est aussi aujourd'hui ce qu'on a été. Oui, c'est ça. Et donc, si tu n'as fait que très peu d'intensité élevée, c'est aussi normal. Puis après, on ne va pas se mentir, il y a des gens qui ont joué aux échecs toute leur vie, ils se mettent à courir à 18 ans et ils sont très forts. Donc ça, c'est pénible. Moi, je les appelle les pénibles, ceux-là.
- Speaker #0
Moi, j'ai un pote comme ça. Il foutra peut-être le trail, il se reconnaîtra. Il me fatigue, il me fatigue. Il court pendant un mois et il passe de sédentaire à...
- Speaker #1
à runner pendant un mois et il explose tout moi je fais des séances de fractionnés je fais 10 heures de sport par semaine et je stagne là je n'aide pas aussi mais bon on les envie mais on les aime on vous embrasse les pénibles ceux qui ont un détecteur de bord de piscine on les connait ceux qui se mettent au concours de fléchettes et qui sont champions de France on les connait bien
- Speaker #0
Oui, puis ils se découvrent un sport comme ça, venu d'ailleurs, et puis d'un coup, ils sont trop forts.
- Speaker #1
C'est pénible. C'est pénible. Donc intéressant, ta relation au sport aussi, donc un peu complexe, contrainte, je ne sais pas comment on peut dire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toi, de manière un peu générale, le sport pour toi, tu regardais ça à la télé, tu étais passionné d'un sport en particulier. C'était quoi ta relation par rapport à ça ?
- Speaker #0
Oui, comme beaucoup d'enfants, j'aimais beaucoup le foot. J'étais un peu baigné, enfin baigné, j'ai fait du foot. J'ai fait pas mal de petits sports. Comme je te disais, c'était un peu sporadique, c'est-à-dire que je commençais un sport. Bon, quelques mois après, j'arrêtais parce que mes parents, enfin ma mère surtout trouvait que c'était un peu trop intense ou il y avait trop de matchs le week-end parce qu'il fallait courir plus, etc. Puis en plus, j'accumulais du retard. Donc par rapport à des enfants dans un sport, je le vois aussi avec mes fils. Mon fils a commencé le basket il y a deux ans maintenant. Quand il a commencé le basket, il y avait des enfants, ça faisait déjà deux ans qu'ils en faisaient et ce n'est pas du tout le même niveau. Et alors moi, j'ai repensé justement à mon enfance. Je me suis dit quand je suis arrivé dans un club de foot où il y avait des enfants qui faisaient déjà du foot depuis cinq, six ans non-stop et puis même s'ils jouaient un peu à la récré, etc. C'est compliqué de se faire une passe. Donc, il y avait un peu tout ça. J'aimais beaucoup le foot, ça n'a pas été aidé parce que j'avais mon ex-beau-frère qui était un fan du Racing Club de Lens à l'époque et qui, avec ma sœur, pour mon anniversaire, m'avait payé un abonnement à Lens. On allait tout le temps à Lens, du coup le foot a pris une place importante. Quand je pratiquais du sport, c'était surtout du foot. C'était à la récré avec les copains. C'est d'ailleurs ce qui m'a aidé, je pense, à ne pas vraiment basculer dans la grosse obésité à un moment. c'est de jouer au foot le soir je posais mon cartable je faisais pas mes devoirs j'ai été très fainéant pendant un moment pendant de longues années très longues années et le foot avec les copains m'a aidé à pas basculer non plus dans l'abus parce que d'un point de vue nutritionnel c'était de l'abus mais le sport pratiqué comme ça en vraiment pur loisir pas du tout en club ou quoi que ce soit a quand même contrebalancé un tout petit peu Et puis en plus, comme c'était moins officiel, je pouvais le cacher un peu plus à mes proches. C'est-à-dire que ma mère ne se rendait pas compte que je faisais quand même une heure et demie de foot le soir. Avec des accélérations. Exactement. Et donc, elle ne s'en rendait pas compte. Je rentrais, oui, je transpirais un peu. Mais elle ne se rendait pas compte de l'heure et demie ou des deux heures que je venais de passer à courir dans tous les sens avec les amis. Donc voilà, pour la relation avec le sport. Voilà comment je faisais le sport.
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est quoi ton positionnement par rapport à tes gamins ? Tu as deux garçons, tu disais ? Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
On parlera aussi peut-être de la relation avec madame tout à l'heure, mais c'est quoi votre façon de procéder ? Il n'y a pas de souci pour les deux ?
- Speaker #0
Non, ce n'est pas quelque chose de génétique. Non, ce n'est pas génétique. Et en fait, ma relation… Alors, dans un premier temps, quand j'ai eu mes enfants, je me suis dit « Ah, tiens, c'est cool. s'ils n'ont pas de problème, si tout va bien, ils vont pouvoir, eux, bénéficier de ce que moi, je n'ai pas bénéficié. C'est à cette époque-là que j'ai un peu conscientisé peut-être le retard, une partie du retard que j'avais pris quand j'étais plus jeune. Et je me suis calmé tout de suite. Je me suis dit, oui, mais attention, ne transfère pas ce que toi, tu aurais eu envie d'avoir vers tes enfants en leur donnant une pratique intensive. Ils feront ce qu'ils ont envie, etc. Donc là, Julien Noué pratique. Alors Noé, il a fait un an de piscine parce qu'il voulait en plus apprendre à nager, etc. Jules, ça fait deux ans qu'il fait du basket. Ils ont fait un an de foot juste avant tous les deux. Ils ont essayé un peu, ils ont un peu tâtonné. Mais tu vois, de temps en temps, Jules, c'est arrivé qu'il a 9 ans, il veuille faire 3 km avec moi avant que moi je m'échauffe pendant 3 km et puis après je pars plus loin et puis lui, il fait 3 km en courant. Mais quand il n'a pas envie, il n'a pas envie. Mais effectivement, cette relation avec le sport, j'ai envie. Alors, il y a peut-être, tu vois, tu me poses la question et je m'en rends compte. Il y a peut-être un peu de ça aussi dans ma pratique intensive actuelle parce qu'il faut être honnête, j'ai une pratique intensive du sport actuelle. Tu as combien d'heures par semaine en moyenne ? En prépa, ça peut monter à 11-12 et je descends rarement. Sauf quand je suis après une compétition où je redescends vraiment et j'essaye de calmer le jeu. Mais je redescends rarement sous les 8 heures de sport. C'est costaud. Oui, et du coup, je pense qu'il y a une petite part avec mes enfants où j'ai envie qu'ils se disent « Papa, il a toujours fait du sport » . Tu vois la question que tu m'as posée ? quel est ton rapport avec le sport dans ton enfance, tes parents, etc. Je me dis que peut-être plus tard, ils se diront, papa, il a toujours fait du sport, puis ma femme en fait un tout petit peu aussi. Et donc, je pense qu'il y a de ça aussi dans ma tête, de dire, il faut être honnête, il faut dire les mots, une question d'exemple un peu, de donner l'exemple un peu à mes fils, de dire, vous voyez, le sport, c'est bien, il faut en faire, il faut réfléchir à ce qu'on fait, il faut avoir envie d'en faire, il faut que ce soit un plaisir. Je n'impose jamais à Jules de venir courir avec moi ou quoi que ce soit. Mais parce que Noé, il a 6 ans, il est un peu plus petit, c'est un peu plus complexe, c'est vraiment à l'envie. C'est logique. Oui, c'est logique. Mais voilà, il y a de ça. Mais par contre, il y a une règle qu'on s'impose avec ma femme, c'est qu'il pratique un sport. Le sport qu'ils veulent, ils ont décidé, et d'ailleurs en termes d'organisation, ça va être folklorique l'année qui va venir.
- Speaker #1
C'est un régal.
- Speaker #0
Là, ça va être un régal. L'année qui va venir, elle va être magnifique. Mais par contre, c'est le sport qu'ils aiment, mais par contre, ils font un sport.
- Speaker #1
Après, c'est la force de l'exemple dans l'éducation. Il n'y a rien de plus fort que la force de l'exemple.
- Speaker #0
Oui, j'espère.
- Speaker #1
Tu pourrais dire à ton gamin, ce n'est pas bien de fumer, si tu fumes, c'est quand même moins...
- Speaker #0
Pour l'instant, ça n'a pas l'air de... de les bousculer plus que ça quand je pars faire 100 km ils sont contents ils me disent ça va ça s'est bien passé ouais mais ils ont pas ils ont la notion ils sont pas content mais c'est pas l'impression que ça les chamboules voilà mais je me dis que peut-être plus tard un jour ça les bousculera quoi j'aimerais
- Speaker #1
bien que tu me parles un peu ton ton tes premiers moments de course à pied tu as légèrement évoqué tout à l'heure et aussi par robot ton ton arrivée d'alors là aussi aussi tu en as parlé avec David notamment au niveau du travail
- Speaker #0
Alors mes premiers moments de course à pied, alors là où j'ai vraiment mis le pied à l'étrier, c'est qu'un jour, du coup je voyais David, d'autres amis aussi, d'autres potes, on est un cercle, qui couraient beaucoup. Moi de temps en temps j'avais fait une petite compétition, un petit 10 kilomètres, un petit 20 kilomètres, puis bon j'étais à la rue, c'était compliqué. Enfin à la rue, on s'en moque, le but du jeu c'est de pratiquer surtout à ces niveaux-là. Mais voilà, vis-à-vis de tout le monde, j'étais à la rue. Et puis à un moment, je me suis dit, c'est vrai que les efforts longs, ça m'intéresse. Je ne sais pas pourquoi, je ne saurais pas t'expliquer là maintenant tout de suite pourquoi, mais ils ont fait le marathon de Paris, puis après ils ont fait, quand je dis ils, c'est ces fameux potes, puis après ils ont fait le marathon du Mont-Blanc, etc. Et là, je me suis dit, cet effort long, ce fait de se retrouver un peu seul face à soi-même pendant plusieurs heures, ça commençait à m'intéresser.
- Speaker #1
Tu n'as vraiment aucune idée de pourquoi c'est attiré ?
- Speaker #0
Non. Non, franchement, non.
- Speaker #1
Je pense qu'on a tous un travail à faire là-dessus.
- Speaker #0
Oui, peut-être, mais parce que pendant longtemps, et le pire, c'est que maintenant, je m'en rends compte. Quand je fais une sortie de 25-30 kilomètres et que j'étais au bout de ma vie parce que je suis fatigué pour des raisons X ou Y, et que je me dis que ce n'était vraiment pas terrible aujourd'hui, je me force toujours à me rappeler de dire qu'à un moment, tu ne savais même pas faire 20 kilomètres et du jour au lendemain, tu as switché. Arrête de te plaindre, c'est bien. Tu fais ce que tu as à faire. Et en fait, non, je ne saurais pas te... Je ne saurais pas te dire, je ne saurais pas t'expliquer pourquoi, parce qu'en plus, ça a été un long chemin. Comme je dis, je n'ai pas fait 20 kilomètres tout de suite comme ça du jour au lendemain. Ça a été par petites doses. Je me souviens même du premier 20 kilomètres que j'ai vu affiché sur ma montre. C'était une fierté. C'était juste du running, ce n'était pas du trail. C'était une fierté terrible. Et ce n'était pas si longtemps que ça en plus. Et donc, voilà. Non, je ne saurais pas t'expliquer. et donc mon premier vrai rapport d'entraînement. C'est pour préparer le marathon de Paris, tout à fait, et c'est là que j'ai commencé à... à vraiment m'investir, à courir, peut-être pas quotidiennement à cette époque-là, mais très régulièrement, à faire mes premières bêtises à l'entraînement, à croire que j'apprenais tout ultra facilement et que, comment dire, ça c'est un peu une déformation de par mon métier, de par ma formation scolaire, etc. Quand je me rentre dans un sujet, le sujet prend une place, et donc du coup, livres, podcasts, c'est comme ça aussi que je suis arrivé sur ton podcast c'est comme ça que je me suis beaucoup documenté et donc j'ai fait mes premières bêtises j'aime bien une expression c'est IAM qui dit ça pour ceux qui auront la ref c'est quoi IAM ? IAM c'est un groupe de rap pour ceux qui ne savent pas il y en a toujours on est né en 87 moi je suis né en 82 mon gars il y en a qui ne connaissent pas IAM c'était les débuts d'IAM 82 donc tu vois Donc, tu vois, et donc, ils disent une expression comme Jackie Chan, je fais mes propres cascades. C'est un peu ça, moi. Et ben, je fais mes propres cascades et je fais pas mal d'erreurs, mais du coup, j'apprends. Et donc, le marathon de Paris, ça s'est passé comme ça. Ça a été une belle catastrophe. C'est une cascade, quoi. T'as fait une cascade. C'est une grosse cascade, ouais. Et puis après, et c'est là que, et c'est pendant la prépa du marathon de Paris que j'ai commencé à faire 2-3 trails. Alors, des trails pas forcément avec beaucoup de dénivelé. J'en ai fait avec David. C'était quand tes premiers trails ? Du coup, c'était 2023-2024. C'est assez récent quand même. C'est assez récent. Avant, je commençais à courir de manière de plus en plus régulière. C'est pour ça que je te disais 4 ans à peu près. Et puis, la prépa du marathon de Paris est arrivée après. Et voilà, donc 2023-2024, on arrive sur les premiers trails. Il y a un trail qui est réputé sur notre secteur, c'est le trail du Caillou-Kibik. Du Caillou-Quoi ? Du Caillou-Kibik. Alors le Kibik, pas ce Kibik, parce qu'il remonte en fait. Alors le Kayukibik, pour ceux qui sont dans ce secteur-là, c'est la sortie scolaire par excellence. On va tous, quand on est en primaire, quand on est même parfois au collège, on fait la sortie au Kayukibik. Les profs de SVT, c'est leur sortie à l'année, c'est magnifique. Et donc on va au Kayukibik, mais sauf que le Kayukibik, du coup, il y a un peu de dénivelé. C'est un mélange entre forêt, un peu de dénivelé, un peu de tout ça. Et donc, ça a commencé par ces trails-là. Puis, j'ai commencé à dire tiens. Et puis après, le premier vrai trail que j'ai fait, puisque c'est au Puy-en-Velay, un trail que tu connais bien. C'était avec l'UTMB. Et là, c'est là que j'ai accroché le wagon, malheureusement. Enfin, malheureusement ou heureusement. Mais on verra à la fin. Ça dépend pour qui ?
- Speaker #1
Oui, ça dépend pour qui.
- Speaker #0
Et c'est là que j'ai accroché le wagon et c'est là que j'ai dit « Ah ouais, c'est cool quand même en fait » . Et c'est là que ça m'a confirmé. Alors déjà, le marathon de Paris, même si ça s'était mal passé, m'avait confirmé cette envie-là. Mais que le long s'était fait pour moi et que j'adorais ça. Et que malgré les douleurs, malgré le… Bah, c'était des émotions pas possibles. Et en fait, ça m'a confirmé le fait que… Je pense savoir maintenant en partie pourquoi. Je ne sais pas l'origine, mais je sais maintenant pourquoi je continue. Toujours dans cet état d'esprit de vouloir optimiser un maximum. En fait, dans mon activité professionnelle avec le restaurant, c'est toujours ça le travail, il y a toujours des difficultés, etc. Puis on essaye toujours d'ajuster les curseurs, toujours de dire ça, on va le faire autrement, on va tirer les conséquences de ce qui s'est bien passé, pas bien passé, etc. Le retour d'expérience. Voilà, on va ajuster, on va ajuster, c'est ce que je fais constamment et dans mon travail et dans ma vie de tous les jours. et j'ai trouvé ça dans le trail j'ai trouvé ça dans le lot surtout je continue la course à pied encore sur route et c'est toujours ça qui me plaît, c'est d'essayer d'ajuster de dire là t'as fait ça ça s'est bien passé, t'as fait ça,
- Speaker #1
ça s'est mal passé il faut essayer de trouver une solution c'est un peu comme un chef de projet je trouve l'ultra il y a plein de paramètres à gérer il y a des choses à anticiper, il y a des choses sur lesquelles il faut qu'on réagisse sur le moment etc Mais c'est clair que moi j'y vois beaucoup de similitudes. Qu'est-ce que ça t'a apporté le travail de l'ultra dans notamment ton activité professionnelle ? Est-ce que tu penses que tu as réussi à en tirer des trucs ou inversement ?
- Speaker #0
Oui, alors oui, il y a de l'inverse aussi. Parce que je suis quelqu'un de, toujours ma femme le reproche parfois, je suis quelqu'un de très transparent. C'est-à-dire que quand c'est bien et que je passe des bons moments et qu'il y a des choses positives, je dis. Par contre quand c'est négatif, je n'ai aucun problème à dire aussi les choses. pour ce qui est bien petite question je te coupe mais t'es propriétaire de restaurant oui en fait je suis propriétaire je suis le gérant et puis je suis Épanoui compliqué. On a vécu des années compliquées là depuis 2-3 ans, ça va un petit peu mieux. Mais la restauration, ça a été… Après post-Covid, tout avait l'air magnifique et on va s'en sortir. Et en fait, depuis 2022, avec l'inflation qu'il y a eu, etc., ça a été très, très, très complexe. J'ai pris des paris que j'ai perdus. Parfois, en n'augmentant pas les prix, en essayant de… de contenir mes prix pour mes clients. Et malheureusement, c'est des paris que j'ai perdus parce que l'activité a baissé. Et puis, quand on n'augmente pas ses prix et que l'activité baisse en plus, ça pique. Mathématiquement, ça ne passe plus. C'est ça. Mais donc, oui. Et puis, en fait, le sport, ce que ça a pas mal réglé, c'est mes angoisses. Parce que j'ai quand même un resto avec... Alors, il n'y a pas si longtemps que ça, j'avais 10 employés. Maintenant, j'en ai 6. Mais beaucoup d'angoisse. Alors, ce n'est pas que les employés. Je ne veux pas... Je ne veux pas dire ça, c'est l'activité de manière générale, mais l'humain fait aussi partie de ça. Et ça a réglé, ça c'est le gros point positif, c'est que le sport a permis de réguler ça. Je ne veux pas dire que parce que je fais du sport, quand je cours, j'oublie tout. Non, au contraire, j'y pense beaucoup, mais c'est étrange à dire, je ne connais pas le mécanisme physiologique, neurologique, peu importe, mais ça régule la gestion en fait. c'est à dire que Maintenant, avant, je prenais un avis Google, une étoile, je prends un exemple tout bête, un avis Google, une étoile sur mon restaurant, je mettais une semaine à m'en remettre parce que j'essayais de comprendre, j'essayais de trouver des solutions. Et maintenant, un problème comme celui-là ou quoi que ce soit, je le relativise beaucoup plus parce que je m'inscris plus dans le temps long aussi. C'est-à-dire, je sais que mes entraînements, mes ultras quand je fais des compétitions prennent des heures et des heures. Et je sais que... parfois les problèmes sur un ultra, notamment quand t'as mal quelque part, quand t'as une petite fringale, tu te sens un peu moins bien, parfois ça peut prendre des heures à être réglé. Et en fait, je pense que j'ai transposé ce que je vivais dans le sport et ce que j'ai compris et réussi à gérer parfois dans le sport et dans ces compétitions-là, j'ai réussi à le transposer dans ma vie. J'ai pas fait l'inverse, j'ai fait le truc dans l'autre sens, c'est-à-dire que c'est grâce au sport que j'ai compris certains mécanismes et certains modes de fonctionnement que je devais appliquer dans ma vie perso, et ma vie pro surtout. En gros, tu dézoomes. Oui, c'est ça. Je ne suis plus sur le temps long. Je sais que quand il y a un problème qui m'arrive, j'ai toujours ce stress, cette angoisse, parce que c'est quand même mon entreprise. Là, on est fermé. C'est la première fois en 12 ans que je ferme pendant 15 jours pour mes 15 jours de vacances. Comme on a réduit l'équipe au maximum avec les difficultés qu'on a eues, c'est la première fois qu'on ferme pendant 15 jours. Et je sais que toutes les vacances que j'ai eues pendant 12 ans, il s'est toujours passé quelque chose. Et à chaque fois, ça m'a pourri mes vacances. Et maintenant, sauf que maintenant, depuis quelques années, j'arrivais à être énervé pendant 2-3 heures. Et puis au bout de 2-3 heures, ce n'est pas grave, on va trouver des solutions. Et ça, je…
- Speaker #1
Tu l'attribues beaucoup au sport.
- Speaker #0
Oui. Beaucoup à l'ultra en particulier. Énormément. Peut-être que j'avais ça en moi avant. Mais en tout cas, c'est le sport, l'entraînement long, la persévérance, etc. qui m'a fait comprendre que parfois, il fallait laisser les choses se faire, il fallait avancer, et puis chaque chose dans son temps. Quand tu es en ultra, tu commences à avoir une petite douleur quelque part. Bon, pour l'instant, qu'est-ce qui se passe ? Je sais courir, je ne sais plus courir, tu fais un point. Je sais encore courir, je dois réduire le rythme. Je réduis un peu le rythme, OK. Et puis ainsi de suite. Et puis au final, peut-être qu'on trouve la solution, peut-être qu'on n'en trouve pas. Mais en tout cas, il y a une démarche un peu de réflexion. et de chaque chose en son temps. J'ai compris cette idée-là de chaque chose en son temps.
- Speaker #1
Je fais le parallèle de ce que tu dis, ça me fait penser à la gestion de la blessure. Moi j'ai commencé en 2012, donc ça fait quand même un petit moment. Quand tu commences le travail et tu as la moindre blessure que tu as, c'est une catastrophe, tu t'arrêtes de courir, tu remets tout en cause. J'ai eu pas mal d'entorses. Aujourd'hui, dès que j'ai des blessures, en fait je... Je sais que je peux continuer à courir ou à faire de l'activité physique à partir du moment où il n'y a pas que la gêne est présente, mais que ça ne dépasse pas un certain seuil. Et donc, tu as une problématique qui arrive, tu ne la combats pas, mais tu ne fuis pas. C'est ça, tu l'acceptes. Tu l'acceptes et tu essaies, avec cette problématique-là, de trouver un compromis entre ce que tu peux faire. ce que tu ne peux plus faire étant donné que tu es dans cette situation. Et cette gestion du compromis intermédiaire, on va dire, elle est hyper intéressante et elle peut se répliquer, je trouve, dans beaucoup, beaucoup de choses de la vie. Non,
- Speaker #0
c'est exactement ça. Effectivement, c'est la clé, c'est l'accepter. Et je pense qu'avant le trail, avant les efforts longs, parce que c'est pas que le trail, c'est très généraliste. Et je dis toujours à mes étudiants, je dis attention quand ils me parlent, je dis j'aime pas les gros mots. Les gros mots pour moi, c'est pas les mots vulgaires. Les gros mots, c'est les mots qui englobent tout, qui ne veulent pas forcément dire quelque chose. Et je pense que justement, quand on descend d'un étage, la clé quand on a un problème, et j'ai compris ça d'un point de vue pro grâce au sport, c'est juste d'accepter. D'abord, c'est le début. On accepte, ok, ça ne va pas être agréable pendant quelques heures, pendant un petit moment là, mais on accepte, il faut digérer, et puis après, on trouvera les choses les unes après les autres. Et c'est ce que le sport m'a appris de manière principale, surtout le trail, mais les efforts longs, en fait, je suis un... Je suis un adepte de l'entraînement.
- Speaker #1
J'aime beaucoup m'entraîner. Je te coupe, mais j'allais te poser la question par rapport à... Si on revient un peu sur ta pathologie cardiaque, là. Qu'est-ce que tu penses qu'elle t'a apporté en tant que trailer, en tant que sportif par rapport à quelqu'un qui n'a pas connu ça ? C'est deux questions en une. Qu'est-ce qu'elle t'a apporté, cette maladie ? Si on peut considérer que ce soit une maladie, je ne sais pas. Et comment tu vois... Comment tu te vois par rapport à... par rapport à d'autres qui n'ont pas eu ce genre de situation ?
- Speaker #0
Alors, elle m'a apporté qu'il a fallu que je la digère. En fait, il a fallu que j'accepte, surtout au début, surtout au début où j'ai commencé vraiment à faire du sport de manière régulière, il a fallu que j'accepte le fait que j'étais moins fort. Tout simplement, alors il y a peut-être tout ce qu'on a parlé au début, c'est-à-dire qu'il y avait peut-être plein d'autres raisons, mais ça y joue, je ne saurais jamais à quel pourcentage, dans quelle proportion. mais c'est une réalité, je suis moins fort que les autres, j'ai une fuite aortique, je cours avec un handicap, le mot peut-être un peu fort, mais j'ai une fuite aortique qui fait que mon cœur ne remplit pas sa fonction de manière optimale quand je fais du sport. Tu es assumé à combien de pourcent de pertes ? Non. À un moment, je me suis posé la question d'essayer de trouver un cardiologue du sport et je me suis dit, pour quel combat ? Qu'est-ce que tu aimes dans le sport ? Est-ce que tu veux juste accepter que tu ne seras jamais... comment dire ultra ultra performant ou est-ce que c'est juste pour te rassurer fin en fait je ne vois pas forcément la réponse et j'ai dit non je vais je fais du sport pour le plaisir et pour me dépasser pour toutes les raisons qu'on évoque depuis tout à l'heure mais c'est hyper sage comme oui bah en fait j'ai j'essaye de temps en temps maintenant et ce n'était pas le cas au début j'essaye maintenant de temps en temps de me concentrer sur sur ce que je suis capable. Et ça a mis du temps. Je fais le malin en disant oui, je suis capable de prendre du recul, etc. Mais au début, c'était infernal de se dire t'as vu comment je m'entraîne ? T'as vu ce que je mets ? L'investissement, etc. dans la vie de tous les jours. Et en fait, ça n'apporte rien. Mais en fait, ça m'a permis de digérer et je pense que ça joue aussi dans ce qu'on disait il y a quelques minutes d'accepter tout, de se dire pourquoi. de trouver les bonnes raisons pour lesquelles je fais du trail de la course à pied pourquoi je m'entraîne au quotidien pour performer certes mais en fait c'est pour performer vis-à-vis de moi-même et de savoir dans quelle proportion mon coeur m'handicape sur mon entraînement sur mes performances est-ce que ça va vraiment changer quelque chose puisque c'est quelque chose avec lequel je vais vivre toute ma vie voire même ça va se dégrader à l'avenir. Je ne sais pas si ça me changera la vie.
- Speaker #1
Quand tu dis performer pour moi-même, c'est hyper intéressant. La performance, tout est relatif, clairement. Mais tu le vois comment, la performance par rapport à toi-même ? C'est pour faire des meilleures performances, des meilleurs temps, des meilleurs classements ?
- Speaker #0
Des meilleurs temps sur ce qui est calculable, sur ce qui est mesurable. Mais oui. Ça c'est une certitude, j'ai en tête et j'essaye de battre année après année en fonction des prépas mes records sur 10, sur 20, alors moins sur 5 parce que ça m'attire moins, mais sur 10, sur 20, sur marathon, j'y arrive pas, mais c'est une autre question. Et c'est vrai que j'aime beaucoup le format 100 km, je sais pas si un jour je viendrai au 100 miles, je suis pas sûr du tout. Pour l'instant en tout cas ça me botte pas du tout, mais le format 100 km j'aime beaucoup ça. Et pour moi, une performance aboutie, c'est un mix, c'est vraiment un mélange entre... C'est un calcul que je me fais avant, tu vois là, il y a à Nice, troisième semaine de septembre pour le 100K, et c'est un calcul que je vais me faire dans ma tête, pas par rapport, alors en partie par rapport à ce que j'ai fait dans le passé, en partie par rapport au tracé que je vais vivre aujourd'hui, en partie par rapport à ma prépa, je me mets un temps. pas forcément meilleur que ce que j'ai fait dans le Jura dans le passé ou ailleurs ou en Alsace ou quoi que ce soit mais je me mets un temps je me mets une moyenne j'essaye de de calibrer ça de manière la plus raisonnable possible et en fait ça devient ça mon objectif et pour moi du coup la performance sur un trail comme un 100k ça devient juste d'atteindre cet objectif là que j'ai calculé, que j'ai essayé de mesurer moi-même, que j'ai essayé de faire de manière raisonnable. Peut-être pas avec des choses très bien fondées, parfaitement fondées, mais à partir du moment où c'est quelque chose que je me suis fixé, ça devient la lumière au bout du tunnel. Et puis si j'y arrive, je suis content. Si je n'y arrive pas, comme on en a parlé, j'essayerai de comprendre pourquoi. Est-ce que j'avais surestimé mes capacités ? Est-ce que, comment dire, il s'est passé quelque chose que je n'ai pas bien fait ? Attention, Landry.
- Speaker #1
On est en train de refaire l'épisode comparaison n'est pas raison.
- Speaker #0
Comparaison n'est pas raison.
- Speaker #1
Il ne faudrait pas être redondant quand même.
- Speaker #0
C'est pour te dire que justement, je ne compare pas trop quand il s'agit de fixer des objectifs et d'être performant.
- Speaker #1
Il y a une question que j'aimerais te poser, toi qui as vécu, je ne sais pas si on t'avait annoncé ça ou a priori non, mais dans le cadre de ta pathologie, j'insiste sur ça parce que c'est quand même ce qui fait ta particularité. Donc, je l'assume à te poser des questions là-dessus. On entend souvent, c'est une vraie question que je me suis toujours posée, on entend toujours des gens dire, moi on m'avait dit que je ne courrais plus jamais, moi on m'avait dit que je ne pourrais plus faire de l'ultra, moi on m'avait dit que... Alors il y a deux possibilités dans notre monde médical aujourd'hui, enfin dans notre monde d'aujourd'hui, c'est ou les médecins sont beaucoup trop négatifs et beaucoup trop décisifs sur leur diagnostic, Ou alors les... les patients ou les situations, parfois, peut-être les patients entendent des choses que les médecins n'ont pas réellement dit. C'est une vraie question que je me pose. Toi, est-ce qu'on t'a déjà dit tu ne pourras plus faire ceci, tu ne pourras plus faire cela ? Et la deuxième question qui en découle, c'est qu'est-ce que tu as envie de dire aux gens qui ont des problèmes de santé et à qui on aurait dit potentiellement tu ne pourras plus faire ceci ou cela ?
- Speaker #0
Alors, il y a deux choses. La première, c'est qu'effectivement, le jour de mon fameux anniversaire où on m'a annoncé qu'il fallait m'opérer en 98, on m'a dit, si on ne l'opère pas, parce que ma mère a posé cette question-là, et si on n'opère pas à cœur ouvert, qu'est-ce qui va se passer ? À 20 ans, il ne sait plus monter un escalier. Donc, j'avais 11 ans. Donc, au moins, les choses étaient claires. Là, par contre, effectivement, le cardiologue, à cette époque-là, a dit, ça ne va faire que s'aggraver. Il va vivre normalement jusqu'à 20-21 ans, mais à 21 ans, c'est tout. Il ne saura plus monter un escalier. C'est terminé. Donc, opération obligatoire. Et la deuxième chose, ce que j'aime beaucoup dans l'approche de mon cardiologue, je ne pense pas qu'il soit spécialisé dans l'impact du sport, notamment de l'ultra, etc. C'est un professeur reconnu à Lille. Je ne pense pas qu'il soit spécialisé sur l'impact du sport dans le développement cardiovasculaire, etc. Mais en tout cas, j'aime beaucoup son approche. C'est qu'à partir du moment où je lui ai dit « Maintenant, je fais du sport de manière relativement intensive quand même. » je fais des marathons, je fais des ultras, etc. Chaque année, il m'a dit, ce qu'on va faire, c'est simple, c'est que je vais prendre des mesures. En fait, à l'échographie avec ces appareils, il peut prendre des mesures, c'est-à-dire qu'il prend des mesures des ventes. Il prend toutes les mesures. Et il dit, moi, chaque fois que je vais vous passer une écho, tant que vous serez dans les bornes de ce qui est acceptable, je vous dirai toujours oui. C'est aussi simple que ça. Le jour où ce n'est plus dans les bornes, je vous dirai là. vous commencez à prendre un risque. Et en fait, chaque année, c'est le petit stress du moment. Mais je... Alors, on n'y est jamais prêt, parce que peut-être qu'un jour, ça arrivera, et puis je n'y serai pas prêt, et puis je m'effondrerai peut-être un petit peu, mais chaque année, c'est le petit stress. C'est que, est-ce que je suis dans les normes ? Et tu vois, là, en mars, il a pris toutes les mesures. Il me montre à l'écran, en même temps qu'il fait l'échographie, et il me dit, là, ça, ventricule, c'est bon. Ventricule, là, c'est bon. La fuite aortique, elle est toujours du même gradient. Il appelle ça le gradient. Est-ce qu'il voit des évolutions positives en lien avec le sport que tu pratiques aujourd'hui ? Non, pas particulièrement. Il a été honnête la dernière fois en mars. Il m'a dit que la pratique du sport ne peut pas être négative, ne peut pas être néfaste. Surtout si vous la faites, comme on l'a dit, avec des intensités plus faibles, etc. Ça ne peut pas être néfaste, ça ne peut vous faire que du bien. Même un volume important ? Oui, même un volume important, parce qu'en plus, je suis transparent avec lui. Je lui dis que je m'entraîne une dizaine d'heures, etc. Je fais des gros volumes. De toute façon, il se doute bien que pour faire des 100 kilomètres… Mais c'est vraiment cette Ausha. Il m'a dit… J'ai un traitement quotidien aussi. J'ai du Coversil. Le Coversil 5 mg, c'est pour ce qu'il m'a expliqué. Je ne suis pas cardiologue, mais du coup, je commence à toucher un peu ma bille sur certains sujets. Pour éviter que le cœur grossisse. En fait, si le cœur grossit trop, ça peut être signe qu'il se fatigue aussi. Et donc, du coup, j'ai ce co-versile pour contenir un petit peu. Donc, ça fait baisser un peu ma tension. Je le prends tous les matins. Ça fait baisser un tout petit peu ma tension, mais ça n'a pas d'impact normalement sur mon entraînement, sur mes performances sportives. c'est juste que c'est du coup peut-être l'alliance des deux qui fait que ça se maintient comme ça mais encore une fois il est honnête avec moi il me dit un jour ou l'autre les 100 kilomètres faudra peut-être arrêter faudra peut-être trouver d'autres alternatives ou alors il faudra peut-être un jour ou l'autre en fonction de l'évolution des choses de passer sur le billard mais il dit là je ne peux pas vous dire ça c'est comme n'importe quelle maladie qui serait grave pour n'importe qui ça peut arriver l'année prochaine comme ça peut vous arriver dans 30 ans et puis que de toute façon on ne fera rien parce que dans 30 ans vous en aurez 70, est-ce que vous pratiquerez toujours le sport de cette manière-là ? Est-ce qu'on ne laissera pas ça comme ça ? Et puis c'est tout. Donc en fait, aujourd'hui, il n'y a pas de certitude particulière de dire dans trois ans, vous ne ferez plus de sport, vous ne ferez plus cette activité-là.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui aurait un souci grave de santé et à qui on aurait dit… L'idée, c'est d'arriver aussi à… A dépasser un petit peu, alors un médecin c'est un médecin, il a évidemment une légitimité en tant que médecin, il faut l'écouter, c'est pas du tout ce que je dis, et on entend souvent des cas où effectivement il y a des diagnostics très sévères et on se rend compte que c'est pas forcément le cas. Toi, qu'est-ce que tu en as retiré de ton expérience, qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un dans ce cas-là ?
- Speaker #0
Moi, j'aimerais que si on se dit, pour le sujet du sport en particulier… J'aimerais qu'on se dise, si jamais on ne veut plus faire de sport, pour quelles raisons exactes ? C'est ce que je disais dans l'approche de mon cardio, c'est qu'il me dit, moi là, un cœur normal, c'est un cœur qui a telle dimension, qui a tel machin. Et en fait, il me le montre techniquement vraiment. Et il me dit, je lui fais confiance dans la mesure, etc. Mais c'est ça que j'apprécie, c'est que j'aimerais bien que si jamais quelqu'un a quelque chose de grave, on ne le dise pas juste. aujourd'hui vous ne pourrez plus faire de sport mais pourquoi je ne peux plus faire de sport ? Quel impact ça va avoir ? Je serais prêt et je dis ça pas les paroles en l'air comme ça parce que c'est quelque chose que j'ai vécu justement quand on m'a annoncé qu'il fallait m'opérer et je ne remercierai jamais assez ma mère comme ça. En fait ma mère n'a pas aimé l'approche du cardiologue à Lille à l'époque dans la manière dont il allait opérer ça. En fait il a dit on va ouvrir et puis on verra bien ce qu'on fera. D'accord. Et en fait, elle a dit, je veux un autre avis. Je veux que ça soit plus carré. Je veux qu'on sache exactement ce qu'on va faire à mon fils, etc. Et c'est là qu'on est allé à Paris et dans un hôpital cardiologique. Et l'île aussi, c'était un hôpital cardiologique. Mais voilà, on est allé à Paris. Et là, à Paris, le professeur a dit, on va faire ça, Il y a juste ça à Val, j'ai eu une interrogation. Mais normalement, on va essayer de ne pas lui remplacer. Il a 11 ans. Il y a moyen que ça marche comme ça, etc. On va faire ça techniquement. Le double avis impératif. Exactement. Et en fait, qu'on vous dise qu'on ne peut plus faire de sport, ok, si ce n'est pas bon, ce n'est pas bon, mais qu'on vous donne exactement les raisons, pas juste que ce soit vague. Et puis après, c'est une question d'intensité aussi. Qu'est-ce qu'on appelle le sport ? On n'est pas tous obligés de faire des 5 km, on n'est pas tous obligés de faire des marathons. Il y a sport et sport. Juste de sortir, d'aller se balader. Hier, on a fait une randonnée avec les deux garçons et puis ma femme. On a fait 16 km à pied sans forcément courir. Sans rien du tout, et c'était du sport.
- Speaker #1
Justement, puisque tu parles de ta femme, j'aimerais bien creuser un petit peu ce sujet-là, ce thème. Bon, t'as remarqué, dans les épisodes des Patrions, il y a très peu de femmes, d'ailleurs. Dans les Patrions, de manière générale, il y a peu de femmes en proportion. La parité, c'est quelque chose que moi, j'avais voulu faire au départ dans le LTP. J'ai clairement pas réussi parce que, ben voilà, on est dans un monde un peu plus... Beaucoup plus masculin, on ne va pas s'en mentir, on le voit notamment sur les ultras et tout, donc ça c'est un état de fait. Toi, j'aimerais que tu nous partages un peu comment vous vivez ça avec ta femme, est-ce qu'elle te soutient dans les trials, dans les ultras, est-ce qu'elle fait du sport ? Est-ce que toi tu serais à même si demain elle venait à pratiquer ou si elle pratique aujourd'hui un sport qui lui demanderait du temps, est-ce que tu serais à même toi de mettre autant d'énergie que ce qu'elle met pour toi ? Est-ce que tu peux nous dépeindre un peu sur cette relation avec ta femme ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Il y a plusieurs éléments. Au début, je pense qu'elle a eu du mal à comprendre. D'ailleurs, on est passé à autre chose. Quand tu me disais ce que le sport a apporté, il a apporté par rapport à mon activité professionnelle. Il y a un point négatif, c'est que ça prend du temps. 10 heures que je passe à m'entraîner, ça fait 10 heures que je passe pas derrière mon ordinateur à vérifier ma marge, à vérifier mes achats, à assurer certaines choses. Là-dessus, j'ai eu du mal au début, mais je l'ai accepté. Et ma femme avait du mal au début aussi avec ça, en disant 10 heures. Alors elle, elle avait pas du mal par rapport au restaurant, parce que le restaurant, ça la fatigue un peu.
- Speaker #1
Elle travaille dans le restaurant ?
- Speaker #0
Non, non, pas du tout. Ma femme est orthophoniste, elle est indépendante aussi à côté.
- Speaker #1
Les jouets des indépendants.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, et donc du coup, c'est indépendant mais c'est un peu plus certain. Voilà,
- Speaker #1
c'est comme Virginie en étant infirmière, c'est sûr que c'est indépendant mais c'est quand même...
- Speaker #0
C'est un petit peu plus calé, c'est un peu plus régulier. Le matin là ça passe sur tel, moi je suis pas sûr d'avoir ma clientèle.
- Speaker #1
C'est clair que c'est l'instabilité permanente. D'ailleurs tiens, profites-en à l'occasion s'il y a quelqu'un qui passe dans ton coin là, dis-nous un peu le nom du restaurant et le village.
- Speaker #0
Le restaurant Le Peplum à Bavé. Bavé, c'est une cité gallo-romaine. C'est pour ça que le restaurant s'appelle Le Peplum. Et puis moi, je m'appelle, mon nom de famille, c'est Romain. C'est extraordinaire. Tout le monde sait cette histoire. C'est le restaurant Le Peplum. Pour ceux qui veulent voir, il y a lepeplum.fr. C'est le site internet. Ils peuvent tout y faire, emporter sur place, etc. Merci pour ce petit coup de pub. Et donc, par rapport à ma femme, effectivement, elle a eu du mal. Alors, pas par rapport au restaurant, c'est ce que je disais. Mais elle a eu du mal parce qu'on a la chance d'avoir une belle maison, mais il y a beaucoup de choses à faire dans la maison. Donc elle dit toujours que 10 heures d'entraînement, je pourrais aller faire des trucs dans la maison, à faire du bricolage, à réparer les choses, etc. Mais je crois qu'elle a compris maintenant, je crois qu'elle a compris avec le temps que ça avait permis quand même, parce qu'on a passé des années assez compliquées avec le restaurant, où l'angoisse, comme je t'en ai parlé, l'angoisse prenait souvent le dessus. et perturber beaucoup notre vie, les aléas du restaurant, etc. perturber beaucoup notre vie. Et elle a compris que le sport avait permis, comme je l'ai dit, de réguler un peu, de réguler tout ça, et que je vivais les choses de manière plus détendue, même les gros événements, même les grosses problématiques. Et je crois que c'est ça qui permet aujourd'hui qu'elle dise OK, vas-y. Fais ton sport, fais ton entraînement comme tu le sens. En plus, il y a de ça aussi, c'est un autre point, c'est que je n'en abuse pas. Au tout début, j'étais parti pour en abuser. Et puis, je n'en abuse pas. Maintenant, je fais deux belles compétitions par an, grand maximum. Alors, je fais des petites courses de prépa, mais je ne vais pas loin. Si c'est des courses de prépa, c'est à quelques minutes, dizaines de minutes de chez moi. Et après, j'aime bien faire deux beaux événements par an. Et l'entraînement, je me bats pour que ça soit le moins impactant. C'est entre guillemets la chance que j'ai d'être indépendant. C'est que quand je ne suis pas au service ou quoi que ce soit, je me débrouille pour faire les entraînements en dehors de la vie familiale. Sauf quand vraiment il faut que je fasse un truc un peu particulier. Mais tu vois, là ce matin, je suis parti, tout le monde dormait. Je me suis levé à 5h45 et je suis allé courir ce matin. Lundi, pareil, je suis monté au Piolite, au Piolite, juste en face de mon balcon. C'est une montagne à charge, sur les hauteurs de charge. Et je suis monté au Piolite, je suis parti à 6h30 du matin, je suis revenu à 10h30, ils étaient élevés depuis une heure. Donc j'essaye aussi de ne pas trop impacter la vie. Et pour ce qui est de ma femme et de sa pratique du sport, oui, elle fait du sport. Elle fait du sport deux à trois fois par semaine. Une fois des cours collectifs, puis elle court un petit peu aussi. Mais ma femme ne veut absolument pas entendre parler de compétition. j'ai essayé de la... J'essaie de la brancher là-dessus, mais ça ne l'intéresse absolument pas. Mais oui, du coup, si elle voulait vraiment rentrer là-dedans, la preuve, j'ai même essayé de la brancher un peu. Je lui ai déjà dit, tu ne veux pas faire ça, etc. Venir courir avec les enfants. Non, ça ne l'intéresse pas du tout. Elle veut vraiment faire son sport pour elle. Je ne pense pas, ce n'est pas un sport. Ce n'est pas du tout un sport performance. C'est plus un sport pour avoir une routine de vie, bien-être, etc. Oui, c'est ça. Et comment dire ? Et du coup, je me sens un peu obligé en même temps, même pas un peu, c'est que je me sens obligé en même temps que j'essaye souvent de me lever tôt le matin, de ne pas trop impacter la vie de famille. Elle, quand elle a ses pratiques, pareil, j'essaye de m'arranger. Par exemple, elle a un cours de sport le mercredi soir. Bon, le mercredi soir, c'est Bibi qui fait tout, qui va coucher les enfants, etc. Et comme on dirait tout seul et comme elle, elle le fait une fois de temps en temps aussi. Quand moi je dois faire un entraînement tard le soir, ça m'arrive. Ce n'est pas régulier, mais ça peut arriver. On essaye vraiment de se rendre l'appareil de ce côté-là. Je pense qu'elle a accepté le système. Il faudrait le redemander plus tard. Mais je pense qu'elle vraiment… On parlait peut-être pour en 2027, peut-être de se renseigner pour essayer, en tout cas de refaire le 90 du Mont-Blanc, de faire le 90 du Mont-Blanc pour ma part. et j'en ai parlé il y a deux trois semaines et oui aucun problème ça n'a pas été une discussion tendue en disant...
- Speaker #1
Après tu fais deux courses dans l'année, trois courses...
- Speaker #0
Oui mais...
- Speaker #1
Oui non c'est sûr c'est sûr.
- Speaker #0
Tu connais des cas où c'est plus compliqué ?
- Speaker #1
Ouais je comprends, je comprends. Non mais moi je dis souvent, c'est pour ça que j'aime bien me poser la question quand même, c'est que j'avais d'ailleurs pour projet de faire un épisode du LTP que j'ai pas eu encore l'occasion de faire qui aurait dû s'appeler ou qui s'appellera peut-être Vous n'êtes pas seul. On dit souvent que le sport... Le trail, c'est un sport collectif. On n'est pas seul, mais on n'est pas seul dans tous les sens du terme, positivement comme négativement. C'est-à-dire qu'on n'est effectivement pas seul au Ravito parce que madame ou monsieur vient, plutôt madame d'ailleurs, souvent vient nous assister, etc. Et c'est bien cool. Mais par contre, on n'est pas seul aussi dans le sens, essayez de ne pas faire votre vie sans réfléchir. Et effectivement, les entraînements fantômes et tout, c'est quand même la clé. Essayez de faire en sorte de considérer les gens qui nous entourent. C'est quand même la moindre des choses. Allez, on va passer un petit peu aux questions rapides. Les questions, essayez de ne pas trop durer. C'est quoi ton plus beau souvenir de trail ?
- Speaker #0
Mon plus beau souvenir de trail, c'est l'Alsace. C'est mon premier 100 kilomètres. C'était l'UTMB en Alsace. Et c'était vraiment un gros souvenir parce que je suis arrivé à la fin de l'épreuve. J'ai eu l'impression d'avoir donné tout ce que j'avais. et d'avoir réussi ma prépa, d'avoir vraiment complété toutes les cases.
- Speaker #1
Ton pire souvenir d'entrée ?
- Speaker #0
Le Jura, l'année dernière, ça fera bientôt un an. Mon pire souvenir, parce que j'ai dû arrêter, il y a eu un changement de trajet au dernier moment, c'était l'UTMJ, et j'ai dû arrêter parce qu'il y a des bénévoles qui m'ont fait comprendre qu'il faisait très très froid un peu plus haut. Et je ne sais pas, j'ai paniqué, j'ai eu peur, peut-être à bonne raison. J'ai pensé à ma famille, j'ai pensé à mes enfants. Je dis, je ne vais pas prendre de risques. Et en fait, il s'avère que là où quand j'ai arrêté, j'ai cru qu'on était beaucoup arrêtés. Bon, il n'y avait pas dix personnes qui avaient arrêté. Donc, ça a été un petit regret, mais dans un sens, non. Mais c'est un mauvais souvenir parce que c'est l'inverse de l'Alsace. L'impression de ne pas avoir complété quelque chose.
- Speaker #1
Ton moment extraordinaire, alors tu connais le principe, c'est un moment pas forcément le plus beau ni le pire, mais un moment un peu atypique en lien avec le trail.
- Speaker #0
Mon moment un peu atypique en lien avec le trail, j'en ai deux.
- Speaker #1
Vas-y tu peux, t'as le droit.
- Speaker #0
Je peux vraiment ?
- Speaker #1
Vas-y tu peux.
- Speaker #0
Je suis sûr,
- Speaker #1
je sais pas pourquoi il y en a un qui va avoir un lien avec David, je sais pas pourquoi.
- Speaker #0
Non, non, non. Non, David, il y a eu des très bons moments avec David, mais il n'y a pas eu de mauvais... Enfin, pas de moment un peu extraordinaire parce que David, on ne fait pas... Il est chiant,
- Speaker #1
il est plat.
- Speaker #0
Déjà, il est fatigant. Heureusement, du coup, il fait des autres formats que moi, donc il fait plutôt des 100 miles maintenant. Donc là, on va aller à Nice ensemble, mais lui, il fait le 100 miles et moi, je fais le 100 k. C'est bien, on va. C'est bien. Juste, on va passer du temps avant, avant, après, après. Et c'est génial. Non, le moment extra-idénaire, c'est pendant le Jura, c'est avant d'arrêter. Dans une montée, je me rends compte que mon boxer devient insupportable. Mon boxer, mon sous-vêtement. D'accord. Il devient insupportable et j'ai dû me mettre derrière un sapin. J'avais prévu des tapes parce que j'ai parfois des zones qui s'irritent, etc. J'ai dû essayer de faire derrière un sapin pendant qu'il y en a qui passaient là. J'ai dû me mettre… me déshabiller, mettre des tapes un petit peu à des endroits un petit peu particuliers pour pouvoir continuer. Et le deuxième, ce n'est pas moi ce coup-ci, mais c'est un peu graveleux dans le même genre. C'est un gars qui me double, c'était au Puy-en-Velay. C'était mon premier maratrail, donc du coup, je n'avais pas conscience parfois que d'un point de vue gastrique, ça pouvait être un peu compliqué. Et en fait, je cours normal. C'était vers la fin, c'était le dernier tiers, je crois. Et là, il y a un gars qui me double. tranquille, il s'y flottait et puis il me double en lâchant un truc pas possible mais infernal que ce soit odorant en termes de bruit etc et dans ma tête le premier réflexe comme mon enfant qui a 6 ans ou mon enfant qui a 9 ans j'ai pensé il va dire qu'il s'est propulsé et voilà et c'est resté dans ma tête je croyais que tu allais dire il dit pas pardon alors j'ai rigolé et en fait il a du coin de l'oeil il m'a regardé mais il a rien dit il est parti Voilà, c'est les deux moments qui passent.
- Speaker #1
Si tu devais, en quelques phrases, décrire ton ressenti par rapport à l'évolution du travail, tu dirais quoi ?
- Speaker #0
Massification. Pas un mot. Oui, mais du coup, c'est le premier mot qui est venu. Massification. Oui, massification. Pas densification, massification. Massification, je le vois plus dans la spécialisation. C'est-à-dire que densification, je le vois plus avec des gens qui ont de la densité, c'est-à-dire des gens qui ont des capacités. Tu vois qu'il y a de plus en plus de gens qui ont des capacités. Bon, tant mieux, c'est cool. Ça veut dire qu'il y en a qui se développent, etc. Mais la massification, il y a des fois… Ce qui peut être un peu dérangeant, oui ou non, mais ce qui peut être un peu compliqué, c'est qu'effectivement, on voit des gens, et moi, je l'ai vu dans Ojura et je l'ai vu en Alsace, des gens qui viennent là, ils prennent le dossard. Et puis, en fait, ils se sont fait un pari une fois. Et je trouve que c'est dommage. Ce n'est pas pour moi que c'est dommage. Je trouve que c'est dommage pour eux de prendre les choses à la volée. J'ai vu en… comment dire ? En Alsace, au moment où on récupère son sac, on peut récupérer son sac en partie sur le trajet, pour recharger, etc. J'ai vu des gens dans des états. Et c'est là que je me suis dit, c'est dommage. C'est dommage de faire des trails aussi longs, de faire des performances aussi longues. Oui, mais ils font eux-mêmes leur propre cascade, Mathieu. Oui, c'est vrai, peut-être. Peut-être, peut-être, effectivement. Mais ils sont vraiment dans des états... J'ai vu des gens dans des états pas possibles. Et c'est ça qui me fait peur. Je n'ai pas envie de banaliser. Je n'ai pas envie que le trail et les formats très très longs soient aussi banalisés.
- Speaker #1
Est-ce que ça ne va pas un peu contre la nature même de ce sport ? Parce qu'il y a quand même deux courants aujourd'hui, j'ai l'impression, qui se développent. C'est-à-dire le courant que moi je défends, qui est un peu plus de structuration, de réflexion dans l'approche du trail et tout, particulièrement de l'ultra. et leur approche qui est... On va taire un petit peu les noms de ceux qui défendent ce courant-là, mais plutôt, arrêtez de nous emmerder, on fait un peu ce qu'on veut, pas de matériel obligatoire, pas de coach, etc. Toi, tu serais plutôt où ?
- Speaker #0
Moi, je serais entre les... C'est facile de dire entre les deux, mais en fait, dans le sens où il doit y avoir une porte d'entrée. Il y a un moment, moi aussi, comme tu dis, je fais mes propres cascades, mais c'est dommage... de s'investir autant dans quelque chose pour que ça soit un produit de consommation facile. En fait, c'est ça que je trouve vraiment dommage. Ce n'est pas que ça m'embête, c'est que je trouve ça dommage pour les gens de s'être entraîné, de prendre des dossards, de faire des épreuves aussi exigeantes. Et en fait, après, parfois, de se dire, parce que dans mon entourage, je peux avoir des gens comme ça. Après, il y a des événements de la vie. Parfois, c'est tout, tu ne peux pas, tu ne peux pas. Et puis, je l'ai vécu.
- Speaker #1
mais de dire bon bah c'est tout ça y est je l'ai fait et puis c'est un bien de consommation avec pas comment dire sans purpose, sans sujet sans but derrière toi t'as pas la sensation en ayant commencé en 2023 ou 2024 de faire partie justement de cette magnification toi t'as la sensation que contrairement à d'or t'as plus de raisons de pratiquer que les or
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'à un moment, je me suis vraiment posé la question de pourquoi je m'entraînais autant, pourquoi je voulais faire ça, etc. Et tu vois, j'aime beaucoup ce truc-là. C'est que ces derniers temps, j'ai entendu pas mal de gens dire, de se poser la question, de dire, est-ce que j'ai le temps de m'entraîner pour faire le temps ou alors l'environnement social, professionnel, etc. pour m'entraîner, pour faire un 100 kilomètres, etc. En fait, ce n'est pas grave de ne pas l'avoir. C'est dommage de voir… Mais pourtant, c'est la conscience. Quoi ? L'important c'est d'en être conscient Ouais c'est ça C'est vraiment dommage que ce soit un bien de consommation La pratique aussi intensive du sport Parce que faire un 100 km c'est pas anodin Et de se dire Je le fais et puis après on verra bien de ce qui arrivera c'est ça que je trouve problématique c'est que le sport aussi intensif devienne juste un bien de consommation alors que ça peut être tellement plus le trail c'est un paradoxe et l'ultra en particulier c'est un paradoxe vivant c'est à dire que c'est un
- Speaker #1
sport qui est hyper exigeant mais à la fois qui appelle à des notions de liberté de nature et tout Du coup, ça peut avoir des conséquences qui ne sont pas négligeables. J'aime bien souvent comparer le travail à l'esprit qu'on retrouve un peu dans le surf. Il y a, à mon avis, beaucoup plus d'implications en termes d'entraînement, de conséquences sur la santé, de conséquences sur les risques potentiels de blessures, les risques graves survenus lors des ultras. Oui, effectivement, surfer, se prendre une planche sur la gueule ou aller surfer à des mauvais endroits, mais c'est quand même... Tu vois, il y a une espèce de... Ça appelle des notions de nature et de liberté dans les deux cas. Et dans un cas, il y a quand même beaucoup... Effectivement, si tu le prends un peu par-dessus la jambe et que tu vas faire un ultra parce que ça fait bien de le faire et que t'aimes écouter les oiseaux dans la montagne, ben ouais, si tu mets pas l'entraînement en face, ça peut avoir des conséquences qui sont quand même importantes.
- Speaker #0
C'est plus ça pour les formats longs, du coup. Effectivement, je suis de ton avis. Et effectivement, ça pose problème, je pense, pour les formes à long, où là, ça peut être dangereux. Je te dis, j'ai vu des cadavres au sens figuré, mais j'ai vu des gens dans des étages où je me suis dit, ce n'est pas possible, tu ne peux pas te mettre, sauf événements particuliers, mais là, il y avait trop de monde pour qu'il y ait des événements particuliers.
- Speaker #1
Il y a énormément de gens, moi je le vois, il y a énormément de gens qui, après c'est naturel, qui font eux-mêmes leurs propres cascades,
- Speaker #0
mais qui insistent beaucoup sur les cascades.
- Speaker #1
ça manque quand même je trouve souvent beaucoup de réflexion dans l'approche et c'est particulièrement vrai en travail long sur un travail court qui ne dure pas longtemps tu vas faire ton hippo et puis ça va durer 4 heures et ça va encore mais sur des ultras où tu essayes jusqu'au bout du trick en partant sur la première heure au seuil on s'apprend bien qu'à un moment donné c'est compliqué intéressant ton point de vue massification et peut-être réfléchir plus à pourquoi on fait les choses et pas forcément le travail comme un bien de consommation je partage assez on arrive à la fin de notre échange, on va faire les questions rapides alors là c'est vraiment pour le coup avec des réponses très courtes plat favori après la course ?
- Speaker #0
hamburger
- Speaker #1
T'as faim après la course ?
- Speaker #0
En fait, je suis un puits sans fond. Je pourrais manger toute ma vie, toutes les heures. Mon fils, mon deuxième fils tient de moi.
- Speaker #1
On va dire un gros métabolisme de base associé à 8-10 heures d'entraînement par semaine, ça fait vite des calories.
- Speaker #0
Et pendant que je cours, je pourrais manger plein de choses. Ça serait pas un problème. J'ai cette chance.
- Speaker #1
Boisson favorite après la course ?
- Speaker #0
boissons favorites après la course je n'en ai pas particulièrement mais je vais dire sucré pas forcément même une bière alcool juste sucré un coca ou quelque chose ouais un bon coca bien frais après la course un truc sucré très sucré je préfère 100 fois le coca à la bière moi après il y a un truc qui me vient en ce moment je fais beaucoup quand je fais des entraînements où il fait très chaud depuis il était là ceinture sirop sirop Mais alors avec une dose de sirop...
- Speaker #1
Cinture, sirop de grenadine ou sirop de menthe, c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Et bah voilà.
- Speaker #1
Bon, faut aimer le goût du sel. Ouais, c'est ça. Alors une question un peu piège, tu préfères le trail ou la course à pied ?
- Speaker #0
C'est piège. Je vais dire le trail, quand même.
- Speaker #1
Ok. Tu es plutôt dans le matériel minimaliste ou maximaliste ?
- Speaker #0
Maximaliste.
- Speaker #1
Tu es plutôt renfaux ou apéro ?
- Speaker #0
Renfaux.
- Speaker #1
Grosse rafale de vent ou grosse averse de pluie ?
- Speaker #0
Grosse averse de pluie.
- Speaker #1
Racine ou verglas ?
- Speaker #0
Racine.
- Speaker #1
Tes prévisions de temps de passage sur une course, c'est métronomique ou anarchique ?
- Speaker #0
Métronomique. Mécronomique.
- Speaker #1
Mécronomique. Quand tu cours, t'es plutôt podcast, musique ou bruit de la nature, rien du tout ?
- Speaker #0
Podcast, musique.
- Speaker #1
Podcast et musique, ça dépend de quoi ? Ça dépend de la séance ?
- Speaker #0
Je suis podcast, musique, surtout à l'entraînement, quasi 100% du temps. Et chose particulière, c'est à la compétition, parfois sur un ultra de 17-18 heures, je vais mettre la musique 2 ou 3 heures et rien écouter le reste du temps. Donc c'est vraiment le jour et la nuit.
- Speaker #1
Moi j'ai ma petite playlist spéciale arrivée d'ultra. C'est extraordinaire. Si tu veux te mettre à chialer à la Fenelle Ultra, il n'y a rien de mieux.
- Speaker #0
Oui, c'est pour préparer l'émotion qui arrive.
- Speaker #1
C'est pour chialer avant d'arriver sur la ligne et pas pendant la ligne. Il y a les photographes et tout, ça fait chier. Je suis très sensible, donc j'ai cette solution. Dernière question, tu préfères courir seul ou accompagné par David Timoteo ?
- Speaker #0
Seul.
- Speaker #1
Allez David on te salue bien bas
- Speaker #0
Il a une trop grande babaille Et puis en plus il est facile Donc il est facile en terme d'un point de vue physio Donc en fait quand moi je suis dans le dur Lui il parle, il parle
- Speaker #1
C'est le pénible,
- Speaker #0
on en revient Non non il est Il est adorable Mais en fait quand lui il se rend pas compte que moi je suis dans le dur Quand lui il est dans le facile Sois gentil David avec Mathieu
- Speaker #1
Bon, c'était parfait. Je te laisse conclure notre échange avec ce que tu veux. Un message à faire passer. De nouveau faire une pub pour ton resto. Open mic, vas-y.
- Speaker #0
Non, c'est gentil, mais la pub pour le resto, c'est déjà fait. Je te remercie parce que être Patreon, je l'avais fait à la base juste parce que je suis quelqu'un qui a du mal à dire non. J'écoutais tes podcasts et puis que chaque fin de podcast, Tu disais qu'il fallait être Patreon et que c'était bien, ça rendait service. Je n'arrive pas à dire non. Donc du coup, un jour, j'ai dit oui. Et en fait, je ne me rendais pas forcément compte que c'était pour rentrer dans une communauté. J'avais plus vu ça comme une complétude, comme un truc en plus dans l'ensemble des informations que j'avais. Et en fait, au final, ça m'a apporté quand même de discuter, d'échanger. Encore il n'y a pas longtemps, on a parlé des groupes, on a parlé du matériel, etc. Et en fait, c'est rigolo. On n'est pas ultra proches tous, etc. Mais c'est toujours sympa d'avoir ce petit truc en plus, d'avoir en plus les podcasts, puis d'avoir l'impression d'appartenir à cette communauté. Puis en plus, dans ma vie, je me suis toujours posé la question, quand je vois les interviews de stars, etc., je me suis toujours posé la question de ce que je pourrais dire. Eh bien, voilà, on y est. C'est fait. Donc, tu vois, c'est... C'est une expérience de plus, une cascade de plus que je pourrais raconter plus tard.
- Speaker #1
Tu vas pouvoir être écouté par des dizaines, voire des centaines de millions d'auditeurs dès la semaine prochaine.
- Speaker #0
Et crois-moi que je vais en faire la pub à mes élèves l'année prochaine.
- Speaker #1
En tout cas, ça me touche énormément ce que tu viens de dire sur les patrons, parce que c'est vrai que c'est une de mes plus belles réussites dans ce projet, parce que c'est vrai que le mot communauté est beaucoup plus important. galvaudé aujourd'hui, on l'utilise un peu à tort à travers mais en tout cas ça en est vraiment une et ce qui aussi en toute sincérité me fait tenir aussi dans des périodes qui sont un peu moins faciles en termes de motivation parce que ça fait quand même depuis 2019 donc là on est en train de parler de 7 ans donc il faut dans un projet comme ça qui demande de l'énergie, de la créativité et tout par moment il y a un peu des downs et vous êtes là aussi par moment pour me Pour me remotiver et puis je suis très heureux de voir qu'il y a des gens qui se croisent lors des déplacements aux Etats-Unis, en Afrique, en Australie, c'est incroyable. Donc c'est une belle réussite et puis en tout cas je voudrais de nouveau te remercier pour ton partage d'expérience. Avec plaisir. Je pense que les auditrices et les auditeurs vont pouvoir retirer plein de choses de ton expérience. Double avis médical obligatoire, on est d'accord, je pense que c'est quelque chose qui tient à cœur. pour le coup c'est qu'à le dire et on te remercie d'avoir partagé ça de manière aussi ouverte et on te souhaite tout le meilleur pour la suite de ta pratique du trail merci beaucoup,
- Speaker #0
avec plaisir c'était un plaisir à bientôt, salut Mathieu et voilà,
- Speaker #1
cet épisode est à présent terminé j'espère que vous avez apprécié la compagnie et les échanges que nous avons eu avec Mathieu Romain que je remercie énormément pour le temps qu'il a accordé au LTP et pour le soutien qu'il apporte au podcast. Si tu souhaites nous retrouver sur les réseaux sociaux, rien de plus simple, rendez-vous sur Facebook et Instagram à Let's Ride Podcast. Tu peux également me suivre à titre perso sur Facebook, également Instagram sur Nicolas Guilleneuve. Tu peux également nous rejoindre si tu veux être accompagné sportivement sur la structure expertsportcoaching.com Si tu veux être suivi pour un accompagnement... sportif, individualisé et de qualité par des coachs professionnels, tu peux nous rejoindre sur expertsportcoaching.com et si tu veux aider le LTP à porter ta pierre à l'édifice, au soutien et soutenir la création de contenu indépendant, rendez-vous sur Patreon p-a-t-r-e-o-n.com slash Let's Try Le Podcast. J'espère te retrouver pour un prochain numéro du LTP et d'ici là, ne loue pas. Si tu penses que c'est impossible, fais-le pour te prouver que tu avais tort. Salut, salut !