- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Liberté d'être femme. Je suis Marie-Laure Hisette, coach, conférencière, autrice et consultante pour les organisations. Mon message principal, comment peut-on transformer les organisations pour les rendre plus respectueuses de l'humain ? Mais ici, sur le podcast, je donne plus particulièrement la parole aux femmes. On parle de leadership, de sororité, de comment elles œuvrent justement pour rendre les organisations plus humaines. et puis aussi de la place de la femme dans la société, dans les entreprises et de leur rapport au travail. Bonne écoute ! Bienvenue Virginie et puis bonjour à toutes et à tous. Alors vous remarquerez que cet épisode il est différent de d'habitude puisque d'habitude j'enregistre tous les épisodes de podcast avec des personnes en visio et aujourd'hui avec Virginie on ne fait pas comme d'habitude. C'est la toute première fois que je fais un épisode en physique, alors vous me pardonnerez les éventuels petits couacs techniques qu'il pourrait y avoir. Génie, on se connaît depuis un moment, on n'habite pas très loin l'une de l'autre, on partage énormément de valeurs en commun, et on s'est dit que ce serait dommage de ne pas faire quelque chose ensemble. On va certainement faire plusieurs choses ensemble, on commence avec cet épisode de podcast qu'on enregistre sous un format particulier. Puisqu'on va aborder ensemble toute une série de thématiques et on va s'amuser, pour mettre un petit peu d'originalité, à piocher les thématiques qu'on va aborder dans ce bol qui est devant moi. Ce qui fait que même si bien sûr l'épisode a été préparé, il y a quand même une improvisation sur les thématiques, l'ordre dans lequel on va les traiter et puis évidemment ce qu'on va dire autour d'elles. Mais d'abord, avant de démarrer, je voudrais donner la parole à Virginie pour qu'elle puisse se présenter.
- Speaker #1
Alors bonjour à tous et merci. Marie-Laure de m'avoir proposé ce podcast. Alors moi, Virginie Marques, j'ai travaillé pendant 25 ans au service des comités d'entreprise, des comités sociaux et économiques, sur l'accès à la culture, sur la création de liens sociaux. Et puis, il y a un peu plus d'un an maintenant, j'ai décidé de me lancer dans l'entrepreneuriat et de créer l'agence L'Autre Sens. Alors ça pousse, on est toujours dans cette question de liens sociaux. de créer de la cohésion au sein des équipes. Je suis passionnée par le collectif, je crois, et ça fait partie des valeurs que l'on partage. Mais j'ai choisi de traiter ce sujet avec quelque chose de plus corporel et de plus profond, et donc de mobiliser une ressource qui est naturelle et universelle, c'est le sensoriel, pour créer de la cohésion, de la confiance au sein des équipes. On y reviendra peut-être un peu plus tard, mais en tout cas, aujourd'hui, en effet, je travaille sur la coopération des équipes. Et pour ça, je mobilise cette ressource qu'est le sensoriel à travers des parcours artistiques ou gastronomiques.
- Speaker #0
Merci Virginie pour la présentation. On a choisi, parmi nos listes de thématiques, des sujets sur lesquels on se rejoint. qui nous anime autour de la confiance justement du collectif, etc. Vous découvrirez ça au fur et à mesure qu'on va piocher dans notre bol magique. Cela dit, une partie de nos échanges va aussi s'appuyer sur mon livre Humanisons nos organisations qui est sorti en janvier 2026 aux éditions Soraya, donc mes propres éditions, c'est une auto-édition. Il est disponible sur Amazon et puis vous pouvez... Je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Virginie l'a lu. Et voilà, elle a un certain nombre de questions. Et ça permettra aussi d'alimenter notre réflexion et les questions qu'on a envie de se poser mutuellement sur ces thématiques pour comprendre comment chacune d'entre nous les aborde avec son propre prisme. Je regarde mes petites notes. Voilà, Benoît, je crois que j'ai dit ce qu'il fallait. On va commencer tout de suite avec la première thématique. Virginie, je t'invite à piocher dans le bol et on va voir sur quoi on tombe.
- Speaker #1
On ne regarde pas. Une cente.
- Speaker #0
Alors, le sensible, ça rapporte. Parfait. Eh bien, on m'attaque direct dans le vif du sujet. Allez. Alors, pour chaque thématique, je vous fais une petite intro rapide en quelques mots. Comme ça, vous découvrez un petit peu les... type d'orientation qu'on peut avoir envie de donner. Et puis après, avec Virginie, on va se poser des questions mutuellement, rebondir sur ce qu'on a envie de se dire en fonction de ce qui nous vient. Donc le sensible, ça rapporte. Pour beaucoup de dirigeants, il y a encore cette véritable question. Est-ce que donner de la place à tout ce qui est sensible, ça a un vrai sens ? Est-ce que ça peut être vraiment quelque chose d'intéressant, d'important pour l'entreprise ? Est-ce que remettre l'humain, le vivant, le sensible au centre, c'est compatible avec la performance ? Alors, évidemment, ma réponse à moi va être oui, mais on va débattre de ça avec Virginie. C'est pas tellement une question de croyance, c'est une question de données et on en a à partager avec vous là-dessus. Et je commencerai par te poser une question sur les chiffres du mouvement Impact France sur les entreprises à fort impact dans ton travail terrain. Alors peut-être que tu pourras nous partager les chiffres que tu m'avais indiqués. Et puis, est-ce que c'est quelque chose que toi tu observes dans ton travail de terrain ? Et est-ce que tu vois que les entreprises qui investissent dans le sensoriel et le vivant performent différemment ?
- Speaker #1
Alors, je crois que ma réflexion, à moi, elle tourne beaucoup autour du social et de l'impact social. Et en effet, on parle beaucoup de RSE. Le E, on sait aujourd'hui bien l'adresser. Toutes les mesures environnementales, elles sont facilement... Comment dire ? On peut facilement les mettre en œuvre, en tout cas. et surtout d'un point de vue réglementaire. Le S du social et sociétal, celui-ci, il est plus délicat à mettre en œuvre et surtout plus complexe. Dans les entreprises, il y a un document unique d'évaluation des risques. Donc l'entreprise se conforme à ces réglementations-là, mais ça peut aller au-delà. C'est-à-dire que c'est la question que tu poses. Et en effet, le mouvement Impact France en 2025 était très clair. Les stratégies ayant une forte stratégie d'impact affichent 45% de croissance en plus sur leur chiffre d'affaires sur deux ans, alors que c'est 37% de croissance pour les autres. Donc on voit bien le delta entre celles qui ont misé sur la recherche d'impact et celles qui ne l'ont pas fait. Un autre indicateur qui me semblait intéressant, c'est le coût du désengagement. Aujourd'hui, ne pas se préoccuper de l'humain et de savoir s'il est à sa place et engager encore dans le projet d'entreprise, ça peut coûter très cher à l'entreprise. On parle de désengagement, c'est le turnover, c'est l'absentéisme, c'est tout un tas de constats qu'on peut faire en entreprise et de mesures qui montrent que le salarié n'est pas forcément à sa place. Et ça, ce coût du désengagement est estimé à plus de 14 000 euros. par an, par salarié, selon l'IBET, qui est l'Institut de bien-être au travail. Donc, c'est vrai que c'est important pour moi, en tout cas, de convaincre. Dans mon expérience, c'est surtout, j'ai envie de parler de l'environnement dans lequel j'ai baigné pendant un an, qui est celui de beaucoup d'entreprises qui se sont engagées en matière de développement durable, de RSE, donc qui ont envie d'adresser ce sujet-là. Il ne peut pas être, par contre, traité. si on ne met pas en parallèle la question de la performance ou en tout cas de la rentabilité de l'entreprise. Mais aujourd'hui, on peut oser parler de rentabilité et en même temps de bien-être au travail et de qualité de vie au travail. Et je crois que c'est justement ça va de pair. Les entreprises qui durent sont certainement celles qui vont se préoccuper de l'humain.
- Speaker #0
Oui. Tout à fait, et je crois que ça va être vraiment le sens de ce qu'on va se dire ensemble aujourd'hui. On ne peut plus séparer performance, et en particulier performance durable, au sens durable dans le temps, mais durable au sens aussi de la partie environnementale. Comment est-ce qu'on peut effectivement adresser cette partie-là ? On comprend bien que tout ce qui est rentabilité est essentiel pour la survie économique. financière des entreprises, donc ça ne peut pas être mis de côté, mais l'humain non plus. Et finalement, le sens de ces chiffres, c'est que c'est pas l'antinomique, c'est que l'un ne va pas sans l'autre. Et pourtant, on a très longtemps mis de côté cette part humaine pour se concentrer factuellement, basiquement sur des chiffres, et ça ne suffit pas. Et d'ailleurs, je voulais le dire dans l'intro, puis j'ai oublié de le dire, alors je le dis maintenant, On va vraiment... ensemble avec Virginie, adresser des sujets essentiels pour les entreprises. On va quand même balayer beaucoup de choses à travers nos thématiques. Donc, je vous invite vraiment à enregistrer cet épisode, à prendre des notes ou à le réécouter si besoin et surtout à le diffuser autour de vous parce qu'on va vraiment parler de choses essentielles et surtout donner des clés et un peu un mode d'emploi. C'est une sorte de mode d'emploi de comment est-ce qu'on peut rendre nos entreprises aujourd'hui plus performantes, mais de manière durable en mettant l'humain au centre. Alors, comment est-ce que toi, tu mets ça en avant auprès des entreprises ? Comment est-ce que tu arrives à le vendre ? Parce qu'effectivement, on ne parle pas forcément toujours le même langage. Comment tu arrives à t'adapter ?
- Speaker #1
Alors, le vrai défi dans mon activité, c'est de réussir à faire entrer le sensoriel en entreprise et à montrer que c'est un levier de performance. Alors, même si le terme performance, quand il est utilisé seul, j'ai un peu du mal avec ce terme-là. Par contre, j'aime la performance du collectif. Ça va même au-delà de la performance collective, c'est vraiment ensemble, on arrive à aller plus loin et à devenir réellement performant. Alors moi, je pars du principe que le cloisonnement qui existe aujourd'hui entre l'émotionnel qui relève de la vie personnelle et le rationnel qui est attaché exclusivement parfois à la vie professionnelle, c'est complètement dépassé. C'est-à-dire qu'on ne essaie à l'heure. À quel moment on constate dans une entreprise, un SAS, dans lequel on dépose nos émotions quand on arrive, ça n'est pas possible. Alors plutôt que de chercher à les enfuir ou à ne pas les écouter, ce que je cherche à faire à travers ces expériences sensorielles, c'est de laisser finalement ces émotions s'exprimer lors d'expériences collectives pour que chacun puisse apporter sa pierre à l'édifice. et puisse trouver sa place dans le collectif et puisse surtout nourrir et enrichir le collectif. Donc c'est vrai que ce décloisonnement, pour moi, rationnel et émotionnel, c'est une des bases, un socle finalement, des ateliers que je propose. Et c'est ce qui permet d'amener, on en parlera sans doute tout à l'heure, mais le sujet de la vulnérabilité, puisque ça veut dire qu'on tombe un peu le masque, mais c'est une source de... Ce n'est pas une fragilité pour moi, c'est au contraire une source de, on parle beaucoup de robustesse, de perma-entreprise. Donc c'est bien le vivant au cœur, le vivant, ce n'est pas que la raison, c'est bien les émotions.
- Speaker #0
Tu as évoqué le mythe du cloisonnement vie pro-vie perso. Pour moi, c'est quelque chose qui n'a pas vraiment de sens. Quand on arrive à son travail, on vient avec qui on est. Les éventuelles difficultés qu'on peut vivre chez soi, sa relation de couple qui ne va pas forcément très bien, le fait qu'on a des enfants et qu'on peut avoir des inquiétudes par rapport à eux, le fait qu'on peut être aidant d'un proche dans sa famille, ces choses. Et puis évidemment, tout ce qui est positif aussi. On arrive avec ça le matin au travail. On ne sait pas comme si on le déposait au pied de la porte. et puis qu'on pouvait l'oublier. Et inversement, on rentre chez soi avec ce qui vient de ce qui s'est passé, la journée qu'on a vécue, etc. Les émotions transitent de l'un à l'autre. Là où effectivement, je suis d'accord, c'est que les personnes salariées ont le droit à la déconnexion. Le fait d'être connecté en permanence via téléphone, mail, ordinateur, etc. Ce n'est pas forcément sain. Je comprends cette notion de décloisonnement, même si quand on est indépendante comme nous, c'est un petit peu différent il y a quand même beaucoup plus de mix et de mélange la porosité mais effectivement la frontière émotionnelle elle n'est pas réaliste tu as évoqué d'ailleurs la perma-entreprise je m'étais intéressée à ce sujet il y a pas mal d'années,
- Speaker #1
tu voulais en parler un petit peu plus tout à fait justement, tu mentionnes dans le livre tu parles de la traite des valeurs de la traite des besoins aussi et tu évoques des nouveaux modèles d'entreprise notamment l'entreprise libérée la cratie, la sociocratie le modèle opale est-ce que l'un d'eux te semble plus respectueux du vivant et est-ce que tu veux nous en parler un peu plus moi c'est le modèle opale qui a pas mal attiré mon attention mais voilà je te laisse déjà je vais expliquer ce que j'appelle la tresse des besoins sur la tresse des valeurs on
- Speaker #0
avait prévu de l'aborder dans un autre, j'espère qu'il tombera mais je vais déjà expliquer, le concept est un petit peu le même Ça, c'est quelque chose que j'ai appris dans ma formation sur le leadership transformationnel, parce que je suis coach certifié, mais j'ai aussi une formation, une certification en leadership transformationnel. Et donc, après, j'ai développé mon propre concept de tresse au niveau des valeurs. Mais tresse des besoins, ça, je l'ai appris. C'est en fait, nous, êtres humains, femmes, hommes, tout le monde, on a des besoins. Et ces besoins... Je sais qu'on parle souvent de la pyramide de Maslow, et ça c'est quelque chose qui est complètement faux, et qui d'ailleurs n'a pas été développé par Maslow sous forme de pyramide. Lui, il a parlé de hiérarchisation des besoins, mais il a aussi indiqué que les besoins étaient interconnectés. C'est pour ça que je parle de tresse, et je vais expliquer après ce que je voulais dire. C'est vrai qu'il y a des besoins fondamentaux, comme le fait de pouvoir se nourrir, boire, dormir. Et c'est vrai que si ces besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, ça va être compliqué de s'occuper des autres. C'est dans ce sens-là qu'on avait voulu mettre les choses sous forme de pyramide, après Maslow. Mais la réalité, c'est qu'en fait, c'est plus comme une tresse. C'est-à-dire que si on imagine que chaque besoin est un brin, et qu'on veut avoir une tresse qui a des brins à peu près équilibrés pour notre propre bien-être, il faut s'assurer qu'on épaissit ou on désépaissit un petit peu les différents brins de la tresse, mais au fur et à mesure de la journée, de la semaine, des années, de notre vie. C'est-à-dire que, prenons un exemple, je ne sais pas si on a besoin d'être créatif. La créativité, c'est quelque chose qui fait partie de nos besoins, plus ou moins selon les personnes. admettons que pendant un certain temps j'ai été dans des tâches administratives parce qu'il le fallait etc et que j'ai pas pu m'occuper de ce besoin créatif c'est pas grave, j'ai beaucoup épaissi mon, si tant est que l'administratif soit un besoin, mais le besoin de structure peut être tout à fait présent chez quelqu'un, et bien je vais prendre du temps après ça pour épaissir mon mon brin créatif, donc je vais me consacrer un peu plus à ça pendant un certain temps, quand c'est possible et que j'ai la disponibilité, et puis comme ça pour tous les besoins qu'on peut avoir. Donc c'est quelque chose qui nécessite d'être quand même à l'écoute de soi, et non, ce n'est pas de l'égoïsme, non, ce n'est pas être auto-centré, c'est prendre soin de soi. Et comment est-ce qu'on peut être dans la relation, bien dans la relation aux autres, si on n'accepte pas de prendre soin de soi d'abord ? Donc, je pense que ce sont des choses essentielles. Donc, cette notion de tresse des besoins, ça m'avait beaucoup éclairé les choses. Il ne faut pas culpabiliser parce que pendant un moment, on ne peut pas s'occuper de tel ou tel besoin pour différentes raisons parce qu'on a toutes et tous des contraintes. On sait qu'un peu plus tard, on pourra le faire et il faut le faire parce que si on n'écoute pas les besoins, on n'est pas vraiment bien. Donc ça, c'est pour la tresse des besoins. Et concernant les modèles d'entreprise que tu évoques, c'est vrai que dans... Dans le livre, je cite un certain nombre de modèles que là, pour des questions de temps, je n'ai pas redéveloppé. Celui que je trouve le plus intéressant, c'est le modèle opale. Effectivement. Alors, qu'est-ce que c'est que ce modèle opale ? Ça vient d'un livre, moi j'ai découvert ce concept dans un livre de Frédéric Laloux qui s'appelle « Reinventing Organizations » . Il porte ce titre-là en français aussi. En fait, il explique qu'il y a eu différents modèles d'organisation, au-delà d'entreprises, d'organisation qui ont existé dans le temps et qui sont à mettre en parallèle avec le développement de nos capacités sociales, à nous, êtres humains. Donc on a eu des modèles ambre, rouge, orange, vert. Et puis opale, c'est le dernier modèle qui correspond selon lui à de nouvelles évolutions de nos capacités sociales, de nos besoins. de liens sociaux et notre capacité à gérer des organisations plus complexes. Et donc le modèle OPAL, c'est un modèle qui est axé sur trois piliers. La raison d'être évolutive, c'est-à-dire que l'organisation écoute ce qu'elle est appelée à devenir. La plénitude, chacun vient au travail avec toute sa personne sans porter des masques, c'est un aspect important du lien humain qu'on réévoluera peut-être plus tard. et l'autogouvernance. C'est-à-dire, on remplace la hiérarchie pyramidale par un système de cercles avec des décisions distribuées. Alors, comme ça, ça peut paraître un petit peu obscur, mais j'explique tout ça dans le livre si vous avez envie de comprendre un petit peu plus. Et je trouve que c'était, parmi tous ceux que j'ai cités, le modèle qui était le plus intéressant pour remettre l'humain au centre, qui a déjà porté ses fruits parce que dans... Dans le livre de Frédéric Laloux, il donne des exemples d'entreprises qui fonctionnent au moins partiellement suivant les principes OPAL et qui ont eu des résultats remarquables, y compris dans des secteurs très difficiles, comme par exemple des regroupements d'infirmières ou dans des hôpitaux. Donc des endroits où en France, il y a beaucoup de mal-être au travail, beaucoup de difficultés. Et pourtant, ils ont eu d'excellents résultats sur la qualité de vie au travail. La qualité de l'accompagnement des clients ou des patients est particulièrement remarquable. Cela dit, sur tous ces aspects organisationnels, je voudrais quand même dire que chaque entreprise est différente. Les secteurs, bien sûr, sont différents, la taille, le lieu géographique, le type de personnes qui composent l'entreprise, les contraintes qu'elles vivent. Ils font qu'on ne peut pas venir plaquer un modèle sur une entreprise. Je pense que ça doit bien parler aussi. On ne peut pas dire, voilà, tel modèle, toutes les entreprises devraient fonctionner comme ça. C'est pour ça que je trouve intéressant de s'intéresser à ces différents modèles, de regarder ce qu'ils ont, leur mode de fonctionnement, et de se demander comment on peut les appliquer. dans son entreprise. Et puis, il y a une notion de progression. Ce n'est pas tout ou rien. J'applique le modèle et puis avant, je ne le faisais pas. Et il faut aussi sortir de la question de la culpabilisation. Je trouve que c'est hyper important. C'est-à-dire que quand on est à un certain stade et c'est comme ça, ce n'est pas parce qu'on se dit qu'il faudrait faire évoluer, qu'il faut culpabiliser sur le fait que l'entreprise, elle est comme ça. On part de ce point-là et on se demande pas après pas. en tâtonnant comment est-ce qu'on peut évoluer.
- Speaker #1
Complètement. D'ailleurs, ça rejoint tous les sujets de développement durable aujourd'hui. Être parfait, c'est pas ce qu'on attend. Enfin, à force de vouloir être parfait, on a tendance à ne plus rien faire. Donc, c'est vrai que parfois, c'est ce chemin. Je pense que ce qui compte, c'est vraiment la progression, la prise de conscience. On en parlera aussi, cette conscientisation des choses. Et pour pouvoir évoluer, donc prendre l'humain en considération, En effet, c'est... dans des modèles qui sont en transformation, tu as dû vivre dans des expériences. Ce n'est pas toujours simple et en tout cas, ce n'est pas un switch. Mais par contre, c'est quelque chose qui s'installe. Et du coup, chaque pas compte et accepter qu'on n'est pas tout de suite parfait. Je crois que ça fait partie vraiment de tous les sujets d'ailleurs qu'on aborde ensemble. Oui, complètement. Je te rejoins complètement.
- Speaker #0
Si vous remarquez un petit changement de luminosité, on a été obligés de baisser le store au-dessus et d'allumer les lumières parce que le soleil arrivait sur la caméra. Donc j'espère que vous nous voyez suffisamment. Et comme on est arrivé au bout de ce qu'on avait envie de se dire, en tout cas aujourd'hui sur le premier sujet, je vais piocher le prochain. Celui-là a envie de sortir, qu'est-ce qu'il nous dit ? On avait le sixième et dernier avant, on a le premier maintenant, c'est Faircore. C'est bien, ça va nous permettre d'aborder d'autres sujets. Ma petite intro sur faire corps comme avant, que je vous ai préparée. Pour moi, c'est un de mes sujets de prédilection, tout ce qui a rapport au corps. Forcément, ça va l'être pour toi aussi avec le sensoriel. On parle beaucoup de cohésion. On n'a pas utilisé ce mot-là, mais encore de team building. Ce sont des mots qui sont fréquemment utilisés à la mode depuis un moment maintenant. finalement, on ne parle pas forcément tant que ça de ce qui fait qu'un groupe devient vraiment un collectif, au-delà de ces expériences-là, d'ailleurs. Et la réponse, on va voir ça ensemble, mais il y a des choses qui vont s'articuler autour du sens, autour de la reconnaissance, mais on va aborder ça ensemble. Et je vais directement commencer par une question pour toi, Virginie. Pour toi, quels sont les ingrédients essentiels pour qu'une personne puissent contribuer pleinement à un projet collectif, qu'elles se sentent utiles, reconnues, respectées ? Voilà, je pense que c'est des choses qui vont tourner autour de ça.
- Speaker #1
Oui. Alors, pour moi, déjà, c'est d'oublier les maths. Parce qu'on nous a toujours appris qu'un plus un égale deux. Et moi, je trouve vraiment que si le collectif... Quand le collectif est bon, c'est quand on a appliqué plutôt le un plus un égale trois. Je m'explique, l'équation finalement, c'est un peu celle d'un couple. Je prends souvent ce parallèle parce que si chacun, en effet, il peut y avoir des concessions à certains moments, on est d'accord, mais d'abord, chacun doit être soi. et je reviens, c'est un peu ce que tu disais tout à l'heure, comment écouter l'autre, comment essayer de faire en sorte que chacun puisse apporter ce qu'il est, ses richesses, ses compétences, ses connaissances, ses qualités, si... on ne prend pas le temps de le laisser être lui-même et qu'on veut simplement qu'il donne tout pour le collectif. Là, pour moi, il y a une équation qui ne fonctionne pas. En effet, chacun doit d'abord se sentir à sa place, à sa propre place. Ça veut dire se connaître soi-même. Ça vient toucher à des sujets qui sont ceux de l'alignement qu'on cherche certainement pendant toute une vie, mais en tout cas, tendre vers là encore, on n'est pas dans la perfection et c'est OK. Par contre, se dire qu'on a envie d'être en effet aligné avec soi-même, donc se sentir à sa place, se sentir utile, se sentir reconnu, ça amène le sujet de la reconnaissance, du feedback aussi en entreprise et pas uniquement de manager, c'est entre collègues. Comment est-ce qu'on prend ce temps-là ? d'être aussi respecté, même si on a des approches différentes, pour pouvoir finalement pleinement s'exprimer. Et s'exprimer en toute confiance, sans se perdre en fait. J'aime beaucoup cette notion de, au-delà de s'aligner, c'est ne pas se perdre. Et donc faire écoute, faire corps finalement, c'est vraiment le sujet en effet du petit papier du moment. Et bien pour moi, les expériences sensorielles collectives ont ce pouvoir-là. Est-ce que tu veux que je... Oui, vas-y,
- Speaker #0
effectivement, si tu as envie de développer. Parce qu'effectivement, c'est vrai que c'est ma question qui vient après, autour de comment tu t'y prends concrètement, et puis qu'est-ce que tu veux observer comme résultat.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est souvent là où on me dit, comment dans une expérience, on peut aller au-delà du team building ? Le team building, souvent, on fait ensemble, mais finalement, on fait collectivement, et chacun n'a pas forcément la possibilité de s'exprimer dans ce qu'il est profondément. Moi, j'ai créé un atelier qui s'appelle « Jeux de regard autour de l'art » . C'est le premier atelier d'ailleurs de mon parcours Artie, qui est un parcours qui s'étale sur six mois, avec plusieurs ateliers. Mais le premier, c'est vraiment une découverte, découverte de soi, découverte de l'autre, à travers la découverte d'une œuvre. Je propose une découverte en binôme, et une des deux personnes a les yeux bandés et découvre un tableau, une photo, à travers les mots et le regard de l'autre. Donc là, on entre pleinement, ça amène vraiment des questions. Est-ce que je suis à ma place ? En plus, quand on revient sur le sujet de l'art, est-ce que j'ai les codes ? Est-ce que j'ai le droit d'écrire un tableau sans avoir baigné dans l'art pendant dix ans ? Est-ce que je peux aussi dire ce que je ressens ? Et si je n'aime pas, est-ce que j'ai le droit de dire que je n'aime pas ? Alors, de savoir que l'autre a les yeux bandés. Ça libère déjà de quelque chose. C'est vrai que ça amène ce climat de confiance aussi, dont on pourra parler. Mais surtout, ce qui est important, c'est le moment où l'autre finalement enlève son bandeau et se rend compte qu'il n'a pas du tout visualisé ce qu'il a sous les yeux. Simplement parce qu'à travers le regard de l'autre, ça avait pris une autre forme. Et pour autant, aucun n'est plus... légitime, il n'y a pas de question de vrai, de faux, de juste, de mauvais, mais simplement ça amène la question du regard de l'autre et ça montre que chacun a son histoire, sa culture et son passé qui fait que il va se laisser emporter dans des émotions, d'autres dans une description très précise et ça c'est ce qui fait qu'on est chacun différent et qu'on peut respecter, dans ce cas-là on peut tendre vers l'équation. Ok, 1 plus 1 égale 3 et ensemble on va essayer de construire ce collectif sans se perdre.
- Speaker #0
Effectivement,
- Speaker #1
j'avoue que c'est une expérience que j'aimerais beaucoup faire,
- Speaker #0
je trouve que ça donne envie quand tu la décris comme ça. Mais ce type d'atelier, si je comprends bien, permet de finalement, bon déjà se comprendre mieux soi et de comprendre mieux l'autre. Et donc quand ce sont des personnes d'une même équipe qui font ça, je pense que ça permet d'opérer une prise de conscience et de se dire ok. Donc, je comprends mieux que cette personne fonctionne de telle manière et que ça peut éclairer peut-être la relation, la façon dont il faut se parler pour mieux se comprendre.
- Speaker #1
Complètement. Et puis, certains jours, tu l'as évoqué tout à l'heure, eh bien, on n'est pas dans les mêmes dispositions selon ce qui se passe, selon en effet ce qui peut nous tracasser ou au contraire nous rendre enthousiaste. Et là, c'est vraiment créer ce climat où on a une conscientisation. vraiment, on se rend compte que non, on n'a pas le même regard, mais qu'il n'y en a aucun qui est plus légitime que l'autre et on apprend à le respecter. Donc, pour moi, c'est vraiment ce respect d'abord de soi-même, mais surtout de l'autre. Et c'est une force, une richesse d'aller piocher dans chacun. Je fais un petit parallèle à ce que tu évoquais tout à l'heure sur les modèles d'entreprise, les nouveaux modèles. Oui, non, il y en a pas un qui est forcément parfait parce que, tout comme chaque individu dans la société Merci. est particulier, et bien chaque entreprise est particulière, et pas uniquement dans son secteur d'activité, mais pour son histoire, etc. Et bien c'est pareil, moi ce que je cherche à montrer, c'est qu'on peut prendre les richesses et le meilleur de chaque individu dans un collectif, tout comme on peut prendre le meilleur de chaque modèle qui peut exister.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, tu as tout à fait raison.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, peut-être que ça peut nous ramener à... tu évoques dans le livre, je prends un passage, je vais peut-être le lire rapidement.
- Speaker #0
Ça n'est qu'une phrase qui m'a marquée, c'est qu'à l'échelle d'une organisation, cette intelligence intuitive se manifeste dans la qualité de l'écoute collective. On est vraiment là-dessus. Alors, tu exposes de nombreuses questions pertinentes sur le « je » et le « nous » , puisque finalement, ce 1 plus 1 égale 3, il ramène à « je » et « nous » . Et comment est-ce que tu les abordes, toi, pour en faire un levier ? au service du collectif.
- Speaker #1
Oui, alors je me suis noté plusieurs points que j'avais envie d'aborder autour de ce sujet. Donc déjà, il y a un aspect important qui est la raison d'être commune. Alors j'ai parlé un tout petit peu de raison d'être tout à l'heure quand je parlais du modèle opale. Faire corps, ça nécessite une raison d'être qui est claire, déjà pour commencer, et puis qui est bien sûr partagée. Et ça va au-delà de la mission. C'est plus puissant, c'est plus porteur de sens quand je parle de raison d'être. Le sens, pour moi, c'est un peu le fil rouge de cet épisode. Il y en a plusieurs, mais c'est un fil rouge. C'est quelque chose d'essentiel. D'ailleurs, c'est marrant parce que sens, c'est dans le sens oriel aussi. Je viens de le remarquer. Chaque personne a besoin de sens dans sa propre activité, mais elle a besoin de pouvoir se connecter à un sens commun. Et pour un levier concret, justement... pouvoir développer un sens commun. J'ai un exemple. D'ailleurs, cet exemple, c'est des choses que je peux être amenée à faire, mais je l'ai vu dans ce livre. J'en parlerai peut-être plusieurs fois de ce livre. C'est Hubert Joly qui a écrit l'entreprise Une affaire de cœur en un mot juste. Hubert Joly, c'est un Français, mais qui a travaillé pendant longtemps aux Etats-Unis. Et il a notamment dirigé un grand groupe américain qui s'appelle Best Buy, mais il a dirigé aussi plein d'autres entreprises connues. Et bon, il Il écrit un livre qui parle de ces sujets assez similaires finalement à ce que je dis dans le mien. On est sur les mêmes types de thématiques, mais bon, appuyer sur son propre exemple à lui. Lui, ce n'est pas un coach ou un accompagnant, c'est plutôt les compréhensions, les prises de conscience qu'il a eues au fil de sa carrière. Donc si je parle de ça, c'est parce qu'ici, il y a un moment, quelque chose qu'ils ont fait concrètement chez Best Buy. créer des moments de partage d'histoire au sein d'une équipe ou d'un magasin ou d'un groupe de personnes pour que chacun comprenne ce que les autres trouvent dans leur travail. En fait, chacun partageait des éléments de son histoire personnelle ou professionnelle qui permettaient de comprendre le sens qu'il ou elle mettait dans son activité ou d'autres éléments importants pour comprendre la personne. Et c'est l'ensemble de tous ces récits qui permet après de créer un récit commun et de se mettre dedans. Parce que nous, humains, nous avons un besoin fondamental de sens. Tout à l'heure, j'ai parlé de la tresse des besoins, mais le sens est un besoin fondamental qui a été apporté pendant très longtemps par les religions. Et comme les religions sont quand même pas mal en déclin, en tout cas dans notre monde occidental et tout particulièrement en France, on a une perte de sens. Et on a le besoin de le retrouver ailleurs. Alors, bien sûr, on peut avoir une vie spirituelle, religieuse ou pas, ça en fait partie. Mais nous avons aussi besoin de pouvoir trouver du sens dans notre travail. C'est hyper essentiel. Et non, toucher un salaire sympathique à la fin du mois, ce n'est pas suffisant. Ça ne suffit pas pour apporter du sens. ce sens et ce sens commun, notamment par la création, le fait de prendre du temps pour discuter de nos propres récits et les partager, c'est un levier. Après, j'aborde brièvement la question de la diversité et de l'inclusion. Est-ce que faire corps ne demande pas qu'on soit uniforme ? Tu l'as évoqué avant, la différence que nous avons, le fait que nous sommes tous et toutes des êtres humains différents. Et cette diversité, on en a aussi besoin au sein des entreprises, mais pour que nous puissions faire corps, que nous puissions être un collectif tout en étant différents, il est nécessaire qu'il y ait de l'inclusion. Sinon ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas, puisque les êtres humains ne sont pas forcément naturellement à l'aise avec les différences, et il y a besoin de faire un effort particulier d'inclusion de chaque type. différence qui peut y avoir pour que les gens puissent faire corps collectivement. Et puis, je voulais aborder aussi la question de la reconnaissance que tu as citée aussi. Je rajoute juste deux, trois petits éléments. hyper important d'être reconnu, de se sentir vu au sein d'un collectif. Rejoint d'ailleurs la question de la diversité, ça rejoint la question du récit que j'avais abordé avant, c'est aussi une façon de notre vie, mais ça ne suffit pas. Et encore une fois, il y a une erreur fondamentale qui est faite par les entreprises, et ça, Hubert Jolie le dit aussi avec chiffre à l'appui, étude à l'appui, c'est que la reconnaissance financière... ne suffit pas et peut même être d'ailleurs contre-productive. Parce que finalement, quand on a une attente de résultats financiers, ça bride la créativité. Mais je ne vais pas trop m'étendre là-dessus là tout de suite. Je reviens donc à ce besoin de reconnaissance. Nous avons, nous êtres humains, un besoin d'être reconnus dans le lien aux autres. Et ça peut s'exprimer par des paroles, ça peut s'exprimer... Par des gestes, des attentions, il y a différentes façons de le faire et je pense que chacun a peut-être des besoins différents dans la manière de le recevoir. Mais voilà, c'est essentiel pour pouvoir fonctionner collectivement. Et puis, dernier point que je voulais évoquer, donc tu parles de ces leviers-là, il y a la relation humaine et la relation humaine de qualité. Pour moi, c'est au cœur de... de la qualité du collectif, je pense qu'on y reviendra si on tombe sur le sujet qu'on fait.
- Speaker #0
On va espérer tomber sur des sujets.
- Speaker #1
Sinon, on ne vous dira pas, on changera. De toute façon, ils sont tous intéressants. Est-ce qu'on a fait le tour de celui-là ? Il y a beaucoup de choses que tu voulais dire. Je crois que... Ok, du coup, je t'invite à piocher le suivant.
- Speaker #2
Le suivant. Alors, voyons voir.
- Speaker #1
C'est la boussole intérieure. Ah oui, la boussole intérieure. Il y a aussi beaucoup de choses à se dire sur celui-là. Elle est peut-être son enfant. Alors, qu'est-ce que j'ai écrit ? Décider avec sa tête, son ventre, ses sens. On va avoir plein de choses à dire là aussi. Parce qu'on nous a appris à décider avec la raison. On pense à Descartes, notamment. Et puis on a un petit peu perdu le fil de tout ce que le reste du corps nous dit, parce que non, nous ne vivons pas uniquement dans cette partie-là, et pourtant, la plupart d'entre nous, quand on se parle, quand on agit, etc., on est là-dedans et on oublie tout le reste de notre corps. Et dans le livre, effectivement, celui-ci, j'ai développé un concept que j'appelle la boussole du sens. Et je crois que Virginie aura des questions là-dessus. Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Je me suis notée par rapport à toi, puisque là on est sur cette histoire de boussole intérieure, dont j'expliquerai un peu plus tard ce que j'ai voulu dire par là, et ce n'est pas forcément facile d'ailleurs à expliquer, quand j'ai réfléchi au sujet que je voulais aborder, j'ai dû réfléchir un moment. Mais on va d'abord commencer par discuter de toi et de comment tu... J'ai noté que tu parles de réapprendre à écouter son corps et ses sens pour rester aligné. Et concrètement, comment tu fais toi au quotidien ?
- Speaker #0
Alors là, c'est de l'intuition dont j'ai envie de parler. Tu parlais tout à l'heure de la raison. On sait que l'intuition, ça dure quelques secondes, parfois une fraction de seconde. On a envie d'y aller. Et très rapidement, la raison arrive, le rationnel arrive avec toutes nos peurs. Et c'est là qu'on éteint le signal que le corps nous a envoyé prioritairement. Et le cerveau arrive pour dire, oh là là, attention, on a déjà vécu ça, ça nous a amené là. Et qu'est-ce que vont penser les autres autour de moi si je fais ce choix-là ? Donc, on revient au regard de l'autre et au collectif, d'où la nécessité en effet d'avoir vraiment ce climat. favorable autour et cette inclusion dont tu parlais tout à l'heure. C'est vrai que pour moi, il y a deux éléments pour écouter sa boussole intérieure, deux éléments qui sont indispensables, c'est de réapprendre à faire de la place à l'intuition. Ça veut dire en effet, j'ai envie de le rapprocher de ce facteur temps qu'on ne prend plus, on ne prend plus le temps, mais du coup, si on prend le temps, on va se dire oui, mais si je prends le temps, si je ne dis pas tout de suite oui. la raison va venir taire finalement mon intuition. Non, c'est prendre le temps d'écouter son corps et de réapprendre finalement à écouter son corps. Alors c'est vrai qu'on parle beaucoup de bien-être, de méditation, de temps pour soi. Tu en parlais aussi tout à l'heure. Oui, c'est un élément. Moi, c'est sûrement ce qui permet de prendre conscience, en tout cas, de ce pouvoir qu'a notre corps et de ce pouvoir de la sensorialité. C'est vrai que moi, je fais beaucoup de liens entre le corps et le sensoriel, puisque finalement, notre corps perçoit en permanence des informations, que ce soit à travers nos cinq sens, mais aussi, il y a tout un tas d'autres sens. ne serait-ce que l'environnement dans lequel on se trouve, etc. D'ailleurs, on a un peu baissé le storm, il fait un peu plus frais. Oui,
- Speaker #1
je crois que j'irai récupérer mon gilet après. Effectivement.
- Speaker #0
Donc, c'est vrai que le soleil, la lumière du soleil, c'est aussi important. Donc, écoutez, ça boussole intérieur, ça tient compte aussi. Ça veut dire aussi qu'il y a tout ce qui gravite autour, puisque c'est ce que va entendre notre corps, comprendre, etc. Donc, voilà. Du coup, moi, ce que j'ai envie de... En tout cas, ce que je veux faire à travers ces expériences sensorielles et ce parcours sensoriel, j'insiste aussi sur la question du parcours pour revenir sur cette progression. Mais en tout cas, à travers de la découverte, à travers de la pratique, à travers des moments hors les murs ou des moments plus immersifs, à travers de la sensibilisation, donc à travers différents moyens, je propose de reprendre le temps d'écouter son corps. et de lui faire confiance. Parce que finalement, le corps sait. Le corps sait et simplement, le cerveau pense mieux savoir tout le temps. Et en fait, j'ai envie de dire, c'est important de l'écouter.
- Speaker #1
Oui, je ne peux que te rejoindre. Regarde ce que je me suis dit sur ce sujet-là. Tiens, d'ailleurs, j'ai ma... Ma tresse des valeurs ici.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tout à fait. En tant que coach, j'ai exactement les mêmes... Je pourrais avoir dit la même chose. Je glisse un petit truc là et après j'aurai d'autres questions à te poser. Sur la notion des trois cerveaux, tête, cœur, ventre. Je ne sais pas si tu es familière avec ça.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Voilà. Ça, c'est un concept qu'on utilise en coaching. En fait, c'est vrai qu'on l'a dit avant, mis le cerveau en avant, on considère que c'est le centre absolu qui sait tout, etc. Mais en fait, on a trois cerveaux, au sens de trois centres nerveux, qui sont donc localisés bien sûr dans la tête, mais il y en a au niveau du cœur, et puis au niveau du ventre, dans les intestins. Donc il y a beaucoup d'études qui ont été faites sur ces sujets-là, je ne vais pas rentrer dedans. Mais effectivement, il y a cette valorisation culturelle de la tête, mais le cœur et le ventre apportent des messages qui sont tout aussi importants. D'ailleurs, il y a parfois des gens qui vont vous le dire, je le sens dans mon ventre, ou ils vont me dire des choses à propos du cœur, ou j'ai mal au cœur, ou ceci, cela. On le fait finalement intuitivement, tu as parlé de mon intuition avant, mais on peut aussi choisir de le faire. Et d'ailleurs, en coaching, je fais pratiquer à mes coachés un exercice qui s'appelle le dialogue tête-cœur-ventre. Donc en fait, on va se mettre... à la place du cerveau, effectivement, et puis à la place du cœur, et puis à la place du ventre. Et à chaque fois, on va leur demander comment ils se sentent, et puis on peut les faire dialoguer entre eux, et les faire se comprendre entre eux, et aboutir à des décisions qui sont beaucoup plus ancrées en soi,
- Speaker #0
finalement.
- Speaker #1
Alors, je voulais te demander, on a parlé de la raison d'être, et toi tu m'as parlé du why. Tu dis que c'est ce qui nous fait avancer, donc le why, le pourquoi. Pourquoi ? Au sens, je pense, de Simon Sinek. Mais qu'est-ce qui se passe quand on ne la connaît pas encore, cette raison d'être, ou bien qu'on l'a perdue ? Comment les expériences sensorielles peuvent aider à la retrouver ?
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que je reviens sur ce parcours arty parce qu'il est assez révélateur. J'ai un parcours plutôt gastronomique, mais c'est vrai que... Et ça permet aussi d'ailleurs... Je vais prendre un exemple gastronomique cette fois-ci. C'est apprendre à se connaître, j'en parlais tout à l'heure, mais à travers une façon différente et surprenante. Moi, je vais toujours mobiliser des sens inhabituels ou créer un effet de surprise pour sortir un peu de ce qu'on a l'habitude de vivre. Pourquoi ? Parce que c'est plus marquant. C'est l'intérêt, justement, tout le monde connaît le... l'histoire de la Madeleine de Proust, mais il y a tout un tas d'exemples comme ça. On a tous des souvenirs de notre enfance, l'odeur de la boulangerie, le parfum de sa maman. L'odorat, c'est le sens qui permet de marquer le plus ce que l'on sent, on s'en souvient longtemps. C'est vrai que ça, c'est un élément pour moi qui est important. Si on prend le cas de la gastronomie dans mes parcours, je vais prendre l'exemple d'un macarron. Quand on voit un macarron, s'il est rose,
- Speaker #1
il est forcément à la fraise ou framboise.
- Speaker #0
Et puis on se dit j'aime ou j'aime pas. Et c'est là que j'arrive à ce sujet, de dire j'aime ou j'aime pas. Finalement, et puis surtout, je sais ce que c'est. En fait, non, on ne sait pas ce que c'est et peut-être qu'on ne se connaît pas. et peut-être que ce macaron rose, eh bien, on y a mis autre chose à l'intérieur et peut-être que ce n'est même pas sucré, c'est peut-être salé. Donc finalement, jouer comme ça, ça permet de surprendre et là, on perd le contrôle. Donc c'est une façon de perdre le contrôle. Et on aime ou on n'aime pas, ce n'est pas grave. Ça aussi, on a toujours voulu, on veut toujours aller vers ce qu'on aime. D'ailleurs, pourquoi on n'entre pas dans un musée ? Pourquoi on ne va pas voir un spectacle vivant aussi facilement qu'on va au ciné ? Parce qu'on osera plus facilement sortir d'une salle de ciné sombre que d'une salle de spectacle où on risque de nous voir partir. Et pourtant, on a le droit d'aimer et de ne pas aimer. Donc c'est vrai qu'à travers ces découvertes finalement décalées, soit de la gastronomie, toujours locale et de saison, c'est aussi des éléments que j'aime mettre dans mon... ou alors d'une œuvre d'art, on va comprendre... que ma raison d'être à moi et ce qui me drive, ce n'est peut-être pas ce que j'avais imaginé. Mais là, je suis en train de mettre le doigt sur quelque chose que je n'aime pas. Et si je n'arrive pas à avancer au sein de cette équipe, dans ce collectif, sur ce projet, c'est parce qu'il y a un élément bloquant et parce que ça ne fait pas partie justement de mon why. Après, c'est comment travailler pour que la personne trouve quand même sa place et qu'elle ne reste pas sur ce constat de dire, moi, j'aime pas. et je n'avance pas. Non, l'idée, c'est de rester constructif, mais de réussir à aller au-delà grâce à une expérience, finalement. Et ce que j'aime, c'est que les sens ne montent pas. On peut les déjouer, mais en fait, très rapidement, là, pour le coup, c'est l'intuition qui parle et la raison, on l'étouffe un peu. Voilà.
- Speaker #1
C'est vrai. Et d'ailleurs, quand tu commences à parler de nourriture, tout de suite, il y a la salivation qui arrive. C'est impressionnant comme le corps réagit à partir juste d'un mot que tu as prononcé et que j'ai entendu. J'ai même pas vu le macaron. Est-ce que tu as un exemple, parce qu'on tourne autour de l'intuition, un exemple vécu où tu as suivi ton intuition contre toute logique et où ça t'a bien servi ?
- Speaker #0
Je crois que c'est un peu tous les jours. Régulièrement, finalement, mon intuition arrive, puis je sens la raison qui dit oui, mais. Je vais prendre un exemple plus concret. Très récemment, ma fille m'appelle. Maman, on a un chien qui vient d'être abandonné à la clinique. Est-ce que tu ne veux pas le recueillir ? Moi, très rapidement, tout de suite, j'ai dit oui. Dans ma tête, en tout cas, mon cœur disait oui. Mais je me suis dit, les gens d'habitude réfléchissent à ce genre de choses, donc on va quand même essayer de faire le pour et le contre, etc. Mais en fait, et là où j'étais assez fière d'avoir réussi à faire confiance à mon intuition, c'est que je laissais quand même passer la nuit, et que le lendemain matin, je n'ai pas fait cette liste. Et j'ai dit, écoute ton cœur, écoute ton intuition, si ça s'est présenté à moi. C'est que je devais vivre ça et j'ai dit oui. Et puis c'est aussi là où je suis aujourd'hui, puisque finalement j'ai, après 25 ans d'expérience dans une association, où j'ai démarré en emploi jeune, et puis à la fin j'en étais directrice pendant 10 ans, j'ai fait le choix de me lancer dans l'entrepreneuriat. Donc c'était vraiment un choix personnel et certainement intuitif. plus que raisonnable. C'est quand même un plongeon et on sait forcément qu'il y a des peurs et forcément qu'elles reviennent. Mais le fait de savoir qu'elles ont le droit d'être là, mais qu'elles n'ont pas le droit, par contre, d'envahir l'espace réservé à l'intuition, à l'instinct et au beau, fait qu'on rebondit. Et je suis ravie de cette aventure que je vis depuis un peu plus d'un an maintenant.
- Speaker #1
Bravo de t'être lancée et d'avoir été au-delà des peurs. Alors, je crois que tu avais des questions.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Tu parles, alors je reviens, moi j'aime beaucoup la question, quand tu abordes ce sujet de boussole du sens. Pourquoi ? Parce que ce qui compte pour moi, c'est le chemin qu'on parcourt. J'en ai parlé, mais voilà. Et en plus, tu y mets du sens, donc voilà, c'est intéressant. Tu évoques trois dimensions. une dimension individuelle, organisationnelle et sociétale à prendre en compte pour que le travail fasse sens. Tu parles aussi justement de cette tresse des valeurs. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment tu...
- Speaker #1
J'ai pris ta belle note, effectivement. Alors, la boussole du sens, déjà d'où ça vient ? D'abord, je vais avoir un aspect un peu plus individuel. Après, je viendrai sur l'organisationnel et sur le sociétal. Donc, la boussole du sens, en fait, c'est à partir des travaux de trois scientifiques, Rousseau, Decazes et la troisième, je ne le prononcerai pas, je n'y arrive pas, donc c'est un nom qui évoque quelque chose d'un peu polonaise. Bref, je suis isolée, il y a trois consonnes de suite, je ne sais pas faire. Donc, bref, ce sont trois femmes scientifiques qui ont produit un travail, comme toutes les sources que je cite dans mon livre, un travail conséquent et appuyé. Sur beaucoup de personnes différentes, elles ont défini que le sens provient de quatre grandes sources. Donc on a deux choses, on a les sources et on a les mécanismes. Donc il y a quatre grandes sources, soi-même, les autres, on revient à la question de la relation, le contexte de travail et la vie spirituelle, que tu peux évoquer tout à l'heure. Donc ça, ce sont des sources dans lesquelles on peut prendre pour trouver du sens. à partir de ces sources-là, ce sont des mécanismes intérieures qui vont les convertir en expériences de sens. Et donc, je vais en donner trois, par exemple. L'authenticité. Donc là, la source, ça vient de soi-même. Et ce mécanisme va faire, je me sens alignée avec moi-même. Tu as évoqué des choses un peu autour de ça tout à l'heure à propos de l'intuition. C'est un mécanisme d'authenticité. L'appartenance. Donc là, la source, c'est les autres. Je me sens reliée, reconnue. aimer. Ce sont des aspects très importants qui nous apportent du sens. Un autre que je trouve hyper important, c'est exactement ce qu'on est en train de faire, c'est la contribution. Donc comment j'apporte une... J'ai le sentiment de contribuer. Donc là, la source c'est les autres. Ça peut aussi être la vie spirituelle, dans ce cas-là. Ça peut être le contexte de travail aussi, puisque du coup, on peut avoir ce côté contributif au travail. Donc je sers quelque chose de plus grand que moi. Et à travers ce podcast, c'est ce qu'on est en train de faire. On est en train d'échanger, de donner de notre temps dans l'espoir de pouvoir être utile, de pouvoir faire avancer des questions, opérer des prises de conscience chez les personnes qui nous écoutent, faire avancer la société, etc. Donc ça ce sont des éléments de la boussole du sens mais qui sont très personnels et qui sont propres à chaque personne. On ne va pas tous et toutes plonger dans toutes ces sources mais une seule ne suffit pas, on a besoin de plusieurs. parce qu'il y a quand même besoin d'un équilibre. Si on est trop centré sur la performance sans la connexion au collectif, on peut arriver à de l'épuisement, de la terre d'alignement, etc. Chaque élément va avoir ses défauts aussi si on ne s'applique que là-dessus. Au niveau organisationnel, le deuxième volet, l'organisation est source de sens ou au contraire peut l'étouffer. On l'a évoqué déjà aussi tout à l'heure. Les individus cherchent à travailler pour quelque chose qui a un impact. sur le monde. Surtout les nouvelles générations. Alors ça, c'est présent chez tout le monde. Depuis le milieu du XXe siècle, ça a déjà été identifié. Tout le monde a besoin de sens, mais je pense que les nouvelles générations l'expriment davantage. Ça a peut-être pris une place plus importante pour elles. Et puis, qu'est-ce que je me suis noté ? Oui, le manager est un passeur de sens. Donc c'est quelqu'un qui permet de... d'aider les personnes qui composent l'équipe à avoir cette boussole de sens, à la fois individuelle, mais aussi collective. Et puis, alors qu'est-ce que j'ai écrit ? Danger du sense-washing. Bon, je suppose que c'est comme pour tous les types de sujets, ce que j'ai voulu dire par là, c'est comme le greenwashing, etc. On peut faire du blabla, on peut faire du semblant, on peut afficher des valeurs sur un site internet, sur une charte, etc. mais qui n'ont aucune réalité, résonance au quotidien entre ce qui est dit et la réalité de ce que les gens vivent dans l'entreprise ou de ce que les clients expérimentent aussi, ça marche tout à fait. Et puis j'ai noté un point important, la sécurité psychologique, c'est un aspect très intéressant, c'est quelque chose qui a été développé par Amy Edmondson. Donc une scientifique dont je pense dans les années 60, si je me souviens bien, en tout cas dans le courant du XXe siècle, ça fait déjà longtemps que ça a été développé, pour qu'une équipe puisse justement avoir cette raison d'être commune, il faut qu'il y ait aussi une sécurité psychologique, je pense qu'on reviendra dessus dans les autres thématiques. Voilà, la confiance effectivement. Et au niveau sociétal ? J'avais envie de rajouter ces éléments. La loi Pacte qui parle de raison d'être et de société à mission. Les individus cherchent à travailler pour quelque chose qui a un impact sur le monde. Ça ne veut pas toujours dire que j'ai envie de travailler sur les aspects environnementaux ou sur des grandes causes. Ça peut être des choses très simples. Je vais prendre l'exemple de quelqu'un qui ramasse les poubelles, de quelqu'un qui était boueur. C'est un métier qui est peut-être... pas considéré, mais ça a une importance énorme dans notre quotidien, même si ça peut paraître dégradant, sale, je ne sais pas, de gérer les poubelles, je ne sais pas comment les gens le vivent, mais j'imagine qu'on peut s'imaginer ça de l'extérieur. Mais sauf que ces personnes, quand elles ne font pas leur travail, et ça nous est arrivé parfois quand il y avait des grèves, etc., ça a un véritable impact sur nous, ça a un impact sur l'environnement, ça a un impact Merci. sur le potentiel développement de maladies, la prolifération de rats ou autres, de nuisibles. Donc voilà, on dit qu'il n'y a pas de saut métier. Je pense qu'on peut trouver l'utilité quasiment dans n'importe quel métier. Voilà ce que j'avais envie de partager autour de la boussole du sens.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a deux sujets sur lesquels j'avais envie de rebondir, sans être trop longue, mais en tout cas sur cette question d'impact. Oui, moi, je suis plutôt de la team petit colibri. Je me dis que chacun, en effet, contribue. Et s'il contribue là où il a envie de contribuer, c'est tout de suite une autre approche. Et ça fait le lien avec ce greenwashing, sensewashing, tout ce qu'on peut imaginer qui sert plutôt le marketing et la vente. mais aujourd'hui, même si pour certains, ça devient vraiment compliqué d'afficher des vraies valeurs, parce que tout le monde a envie d'en afficher. Ça devient difficile de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux. Mais c'est vrai qu'en créant, donc moi je suis incubée à la Lucarne, qui est un incubateur d'innovation sociale et à impact. Donc cette question de l'impact, je l'ai travaillée et c'est ce qui fait que j'ai mis un an avant d'avoir une solution qui était conforme à ce que j'attendais et qui peut générer de l'impact. Parce qu'il y a un an, j'étais plutôt sur des événements plutôt éphémères, donc one shot. Si quand on revient en voulant générer un impact social, si après l'événement, on revient au travail et que le collectif n'est pas là, oui, il y a eu un moment de cohésion. Mais finalement, quand on revient dans l'entreprise, on n'arrive toujours pas à travailler avec ses collègues et qu'on n'a pas vraiment créé l'envie du collectif. Pour moi, l'impact n'était pas bon. Et là, j'aurais pu en effet rentrer dans quelque chose qui était éphémère et qui n'avait pas un réel impact social dans l'entreprise. Donc, j'ai pensé vraiment ce côté... parcours comme un cheminement et comme des rendez-vous réguliers, une récurrence pour ne pas oublier et pour vraiment créer quelque chose qui s'installe dans la durée. Donc on revient à cette recherche de durable et c'est sans doute une réponse en tout cas pour contrecarrer l'éventuel sense-washing dont tu parlais tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui. Avec Virginie, on vient de se rendre compte qu'il y avait eu un bug technique et que on n'avait pas toute la vidéo. On a tout le son. Donc pour les personnes qui écouteront en audio, ça ne changera rien, vous aurez de toute façon tout. Pour les personnes qui écouteront en vidéo, on va réfléchir à une solution. Donc soit on ne publiera que certains éléments, soit on mettra une image fixe pendant les moments où ça a été coupé. Donc je suis désolée, ça dure quand même je pense bien 15-15 minutes. On va réfléchir à la meilleure des solutions, mais bon, on ne va pas pouvoir réenregistrer, surtout qu'on a l'audio, donc ce serait dommage. Et ce serait dommage de vous priver de ce qu'on s'est dit qui était hyper intéressant pendant ce temps-là. Donc, on va passer au sujet suivant.
- Speaker #2
Allez, à toi.
- Speaker #1
La confiance, ça s'éprouve.
- Speaker #2
Voilà. Eh bien, nous,
- Speaker #1
on vous a fait confiance, on vous a révélé nos problèmes techniques. Allez. La confiance, c'est quelque chose dont on peut parler comme d'un objectif à atteindre. Il faut... Il faut restaurer la confiance dans l'équipe. Mais la confiance, c'est quelque chose qui peut se décréter intellectuellement. On a parlé du rationnel avant, du cerveau, etc. C'est quelque chose qui se construit, qui prend du temps. Et ça commence par quelque chose qu'on a du mal à valoriser dans le monde professionnel, la vulnérabilité. Donc, on va y revenir dessus.
- Speaker #0
Une expérience sensorielle. Travailler sur l'essence, ça crée déjà quelque chose de mémorable. Donc, on se souvient de ce qu'on a vécu. Quand on crée quelque chose d'immersif, on est encore plus une expérience immersive. On va être encore plus dans l'instant présent. Donc, ça aussi, ça contribue en tout cas à amener ce climat, ce contexte qui est favorable. Mais pour que l'impact soit vraiment durable et que la confiance s'installe durablement, pour moi, les opérations one-shot ne suffisent pas. C'est-à-dire qu'on va avancer ensemble. On apprend d'abord à se connaître. C'est ce premier atelier de découverte, que ce soit une découverte gastronomique ou artistique. Ensuite, c'est un atelier, et là, on va travailler ensemble sur tous les apprentissages. C'est pas tout de vivre l'expérience, mais mon travail, c'est aussi de faire le lien et de transposer dans le quotidien des équipes et des collectifs ce qui a été vécu. Tiens, en effet, on a posé différents regards sur une œuvre, on a été bousculé par ce qu'on a goûté. La cuisine végétale, ce n'était pas mon truc. Finalement, j'ai découvert que c'était assez génial. Eh bien, ça, c'est des découvertes. Découverte de choix, découverte de... Après, on va aller sur une pratique, sur un atelier de pratique artistique ou culinaire. Et là, on apprend à faire ensemble. Donc, on entre déjà dans une autre démarche. sans avoir oublié ce qu'on a vécu lors du premier atelier. Ensuite, on sort, on est hors les murs, en immersion, mais à l'extérieur. Donc, on change le cadre. Et là, on a déjà commencé à construire cette confiance. Et puis ensuite, pour finalement réussir à pouvoir débattre ensemble avec une ouverture d'esprit qu'on a acquis tout au long du parcours sur un sujet. de développement durable, que ce soit sur l'environnement, je prends l'exemple de l'artiste avec laquelle je travaille qui a une exposition sur l'eau. L'eau, c'est un superbe sujet, d'autant plus que c'est quand même une denrée, enfin une denrée ou un élément naturel qui est précieux et de plus en plus mis à mal. Eh bien, c'est justement pouvoir débattre de ce sujet, ça n'est pas possible quand on n'a pas commencé à se faire confiance et qu'on n'a pas appris à écouter l'autre. Donc, pour moi, c'est vrai que la question du parcours, elle est vraiment importante. J'ai aussi un autre exemple de ce que j'ai pu faire vivre à un groupe d'étudiants qui a vécu l'atelier du jeu de regard dont j'ai parlé tout à l'heure. En enlevant les bandeaux, beaucoup d'entre eux disaient « Ah, je me suis trompée ! » Et finalement, ça amène cette question de la vulnérabilité, de « Non, il n'y a pas de juste ou de faux, on ne se trompe pas, on a juste un autre regard. » Et donc, ça n'est pas... Oser exprimer ce que l'on a vraiment vu, ce que l'on voit, ce que l'on ressent, pour moi, c'est ce qui permet de faire prendre conscience d'une chose essentielle, c'est justement que personne n'a tort, n'a raison. Et finalement, l'œuvre ou le repas qu'on partage devient un espace de coopération où les différences de perception sont possibles. Et c'est là où finalement on peut s'autoriser à s'exprimer librement. Et d'ailleurs, ça résonne avec quelque chose que j'ai retenu également dans ton livre, c'est la liberté de parole permise. On parle souvent de liberté de parole, bien sûr. Mais finalement, est-ce qu'elle est permise ? Et là, on entre dans une autre dimension.
- Speaker #1
Effectivement, je vais revenir là-dessus et sur les notions de droit à l'erreur. D'abord, j'avais envie de revenir sur la notion de vulnérabilité et de dire ce que j'en pense personnellement. La vulnérabilité, c'est quelque chose qui est souvent confondu avec la faiblesse. On pense qu'être vulnérable, c'est être faible. L'escargot sans sa coquille, on va dire, il est vulnérable. Enfin bon, il est mort normalement sans coquille, mais sans coquille, admettons, il est vulnérable. Et donc, il est faible. Mais la vulnérabilité, au sens tel que moi je la comprends, dans la notion d'humain, de relation humaine, c'est autre chose. Qu'est-ce que c'est être vulnérable ? C'est se montrer tel que l'on est, y compris dans ses doutes. On a parlé de masque un peu plus tôt, c'est ne pas porter trop de masque. C'est pouvoir exprimer ses doutes, ses incertitudes, reconnaître ses erreurs, dire je ne sais pas. Donc ça rejoint cette notion de liberté de parole permise que tu évoques. Et c'est exactement ce qui permet de créer des relations humaines de qualité et d'installer la confiance. Cette confiance qui est au cœur de la thématique qu'on est en train de traiter. Et tout ça, c'est aussi relié avec le fait d'être connecté à soi. Quand on est dans sa tête, exclusivement dans sa tête, donc on est déconnecté du reste de son corps, on est aussi déconnecté de ses émotions, on est déconnecté de l'autre. Ce qui va faire qu'on peut créer un lien profond avec quelqu'un, c'est justement d'être capable d'exprimer sa vulnérabilité, de dire vraiment comment on se sent. Pas quand quelqu'un te demande. Ça va, tu réponds ça va, oui d'accord, mais tout le monde dit ça. Mais prendre le temps d'accepter de dire comment je me sens réellement. Alors bien sûr, ça ne peut pas être fait n'importe comment, avec n'importe qui. Il ne s'agit pas d'exprimer ses émotions, ses ressentis à tout va, de balancer ça. Et puis c'est d'ailleurs même pas forcément très sain non plus pour l'autre qui n'est pas forcément préparé à ça. Donc, ça peut se faire dans un cadre sécurisé. On revient à cette notion de sécurité psychologique. Donc, c'est hyper essentiel de pouvoir mettre en place ce cadre de sécurité dans une entreprise qui permet ensuite d'exprimer cette vulnérabilité. Mais même là, on ne va pas le faire avec n'importe qui, n'importe quand. Il y a des choses qui peuvent se dire en groupe, effectivement, reconnaître une erreur, etc. Il y a des choses plus personnelles qu'on va réserver à des moments où on est en échange, en one-to-one avec une personne avec laquelle on a davantage confiance, etc. Mais il faut retenir cette idée que c'est justement l'expression de cette vulnérabilité qui nous touche, nous, êtres humains. Quand quelqu'un exprime quelque chose de personnel, ça nous touche et c'est ce qui va nous faire progresser dans la relation avec cette personne. Et j'ai envie de rajouter encore cette dernière phrase. Si en tant que manager, je ne montre pas ma propre vulnérabilité, comment, et si je ne fais donc pas confiance, comment est-ce que je peux demander en retour aux équipes de me faire confiance si moi je ne le fais pas ? Et donc, j'ai dit, l'espace sécurisant, c'est essentiel. Et je reviens sur la notion de droit à l'erreur que j'avais aussi envie de développer. Là, je vais citer de nouveau Hubert Joly. L'entreprise d'une affaire de cœur lui-même cite Jeff Bezos et il dit que dans une entreprise, il y a deux types d'échecs. Il y a l'échec d'exécution dans un domaine qui devrait être maîtrisé. Par exemple, Amazon, puisqu'on parle de Jeff Bezos, l'ouverture d'un entrepôt, s'il y a un échec là-dedans, ce n'est pas normal parce que c'est un domaine qui est censé être maîtrisé par Amazon. Il doit y avoir une tolérance faible vis-à-vis de ce type d'échec. Ça ne veut pas dire que ça ne peut pas arriver, mais ce n'est pas un échec qui devrait être... normal, fréquent. Par contre, dans l'exploration de l'innovation, là, il est tout à fait normal d'expérimenter des échecs. C'est même à accepter et à encourager, parce que sinon, il n'y a pas d'exploration possible. Si on a une peur de l'échec au niveau innovation exploratoire, on ne testera jamais rien. Donc le droit à l'erreur, ce n'est pas un blanc sain, c'est un espace calibré qui permet à la créativité de s'exprimer là où elle le doit. Et sur la notion de sécurité psychologique, parce que j'avais envie de développer ça aussi, parce que c'est vraiment quelque chose qui est important, qui est vraiment dans mon livre, j'en parle souvent et puis même dans ma communication. J'ai parlé d'Amy Edmondson tout à l'heure, qui est je pense à l'origine de ce concept. Donc c'est la conviction qu'on ne sera pas puni ni... humilié pour avoir exprimé une idée, posé une question, signalé un problème ou reconnu une erreur. Et ce n'est pas de la gentillesse, c'est en fait même une condition structurelle de la performance. Pourquoi ? Parce que si on n'a pas cette sécurité psychologique, on va avoir tendance justement à ne pas reconnaître ses erreurs par exemple, et donc il peut y avoir des choses extrêmement graves qui passent à la trappe. Donc ça peut être, les conséquences peuvent être très importantes. Donc c'est hyper essentiel. Et le projet Aristote de Lugan a développé encore ces aspects sécurité psychologique. Donc ils ont fait des études qui ont montré que le facteur numéro un des équipes les plus performantes devant les compétences individuelles, c'est cette notion de sécurité psychologique qui va se construire par des comportements quand même, notamment du manager, reconnaître sa propre faillibilité, établir des normes explicites de prise de parole. dans le respect aussi. Il s'agit de poser un cadre, en fait. Un cadre qui peut inclure des choses comme ne pas couper la parole aux autres ou respecter autrui. Voilà ce que j'avais envie de dire sur la liberté de parole. La liberté de parole permise, effectivement, mais quand même dans le respect des autres et d'équipe.
- Speaker #0
Et c'est vrai que je rebondis sur ce que tu évoquais sur la sécurité psychologique. En fait, finalement, si aujourd'hui on est dans une société où règne plutôt la défiance et l'entre-soi, c'est parce qu'on n'a pas cette sécurité psychologique, elle n'est pas partout. Et finalement, si je me fais confiance à moi-même, c'est déjà compliqué de gérer tout ce qui est à gérer. Et puis dehors, ce n'est pas très beau. Donc, je vais me faire confiance à moi-même et assumer ma propre sécurité. Et donc, c'est à créer finalement. Ça veut dire qu'il faut créer ce climat-là. Ce n'est pas encore inné, mais en tout cas, on voit que ça progresse. Et c'est comme ça que les choses vont avancer, en tout cas, à travers des exemples comme ceux que tu cites. Et puis, merci aussi d'évoquer le droit à l'erreur dans l'innovation, puisque moi, c'est quelque chose qui me rassure. C'est ce que je disais tout à l'heure, faire entrer le sensoriel en entreprise. Je vois bien que c'est tâti, on est sur un sujet là. Et comment ça va se passer ? Tomber le masque, oser exprimer ses émotions ? Est-ce que moi, en tant que dirigeant, manager, je peux faire ça avec mes équipes ? Ce n'est pas simple, mais ça veut dire que c'est leur montrer à eux qu'ils ont le droit à l'erreur et que même moi, dans ce que je propose… Si ce n'est pas parfait, ce n'est pas grave. J'ai aussi le droit à l'erreur et c'est comme ça que je vais avancer sur mes solutions.
- Speaker #1
Oui, j'ai failli le dire tout à l'heure. J'avais envie de parler de toi et de dire ce côté oser et pouvoir se tromper. C'est exactement ce que tu as fait quand tu as décidé de créer ta propre structure et activité. Et on le vit au quotidien. Oui, on se trompe. Et puis, on fait aussi de belles choses. Mais si on n'avait pas osé, toutes ces belles choses, toutes ces personnes qu'on a déjà pu aider, toutes ces prises de conscience qu'on a permis, pour moi, c'est un mot très, très important, prise de conscience. Et c'est ce que j'essaye de faire à travers ce podcast. C'est ce que j'essaye de faire à travers les conférences que j'anime. Et puis, bien sûr, aussi à travers les accompagnements. Et j'ai bien conscience que c'est exactement ce que tu fais aussi. Merci. permettre à des gens de prendre conscience et aussi de se déculpabiliser. C'est hyper essentiel parce que tout ce qu'on a évoqué ensemble dans cet échange, ce ne sont pas des choses qui se font, comme tu l'as dit, d'un claquement de doigts, ou ce n'est pas un switch, c'est le mot que tu avais utilisé. Oui, il y a un switch, un moment où on prend conscience et où on a envie de changer, mais ce sont différentes marches. Et donc, c'est déjà des marches à franchir individuellement. Alors, encore bien plus à travers un collectif qui ne va pas pouvoir opérer des changements à la même vitesse qu'une personne toute seule. Donc, il y a une progression. Et puis, j'irais même, c'est le travail de toute une vie à titre individuel d'évoluer, de comprendre ça. Et bien, c'est aussi le travail d'une équipe dans la durée. Si on veut de la performance durable, il faut qu'elle puisse continuer à évoluer. dans le temps. Et ce n'est pas juste je prends une fois quelques séances de coaching où le manager se fait coacher pendant quelques mois et puis après c'est bon, on a réglé tout et tout va bien. C'est un travail, le travail de toute la vie de l'entreprise de continuer à évoluer et à permettre à ses salariés d'évoluer aussi. Parce que c'est un des besoins essentiels.
- Speaker #0
Et c'est vrai que tu parlais tout à l'heure, je reviens sur ce sujet de la vulnérabilité, parce que c'est sans doute ce qui fait qu'on accepte en effet que tout n'est pas parfait, et qu'on peut se tromper, etc. Et lors du Forum du Développement Durable, Alexandre Fayol était présent au mois de novembre l'an dernier, et je vous conseille son livre Vulnérables. un dirigeant d'une grosse entreprise de cybersécurité, Advance, qui s'est trouvé confronté à une maladie incurable et qui, après avoir passé ces steps d'acceptation et a décidé d'en faire finalement une opportunité, ou en tout cas a utilisé cette période de sa vie qui pouvait le mettre à terre comme une façon finalement de réécrire les choses. Et je crois que c'est ça aussi l'audace, C'est dosé. poser à un moment donné, parce qu'il y a une situation particulière, d'oser poser les choses sur la table, y compris les faiblesses, ce qui bouscule, ce qui dérange, etc. Et de ne pas subir, mais bien de rester dans la dynamique de mouvement. Et c'est ça aussi pour moi. Tant qu'on est en mouvement, on parcourt ce chemin. Et en tout cas, la force est aussi dans la fragilité. Je trouve que c'est vraiment de réussir à changer la vision de ce sujet de la vulnérabilité. D'ailleurs, on parle aussi beaucoup de robustesse maintenant. C'est assez proche parce que finalement, une entreprise robuste et qui dure, c'est aussi celle qui accepte ses vulnérabilités. Et ça passe par les hommes et les femmes qui œuvrent pour le projet. Donc, voilà.
- Speaker #1
Tout à fait. Merci Virginie pour tous ces partages. On a quand même abordé un sacré paquet de sujets entre nous, donc j'espère que ça vous aura, à vous qui écoutez ou qui regardez, permis d'avoir des prises de conscience. Je répète encore une fois, vraiment partagez ça autour de vous parce que c'est ce que Virginie et moi on a vraiment à cœur, c'est que nos messages de respect de l'humain, de recentrer, de mettre l'humain au cœur des entreprises et la relation humaine. soit vraiment diffusée au plus grand nombre. Donc, vous pouvez mettre une note à l'épisode de podcast si vous l'avez écouté, vous abonner sur YouTube, sur les plateformes de podcast et surtout partager l'épisode autour de vous. Et voilà, merci Virginie pour ce temps que tu m'as consacré, pour ce moment de chaleur partagé autour des thématiques qui nous sont chères.
- Speaker #0
Merci, merci beaucoup à toi. Déjà, pour humaniser nos organisations, Moi, j'ai... Je l'ai dévoré, je ne peux plus le prêter parce que j'ai gribouillé trop de choses, mais vraiment c'est quelque chose, et c'est dans ces moments-là qu'on se sent à sa place. Quand on partage quelque chose, j'en ai des frissons, donc moi je suis vraiment ravie de notre rencontre et de ce moment partagé avec toi. autour de ce sujet, même s'il y a encore des petits papiers dans le bol. On s'arrête là aujourd'hui, mais on sait que on va continuer à travailler sur ce sujet-là.
- Speaker #1
Je crois qu'on a plus ou moins à travers les autres, on a déjà abordé plus ou moins ces sujets.
- Speaker #0
Complètement, bien sûr.
- Speaker #1
Ce n'est que le début de notre histoire. Tout à fait. On vous souhaite à tous et à toutes une très belle journée.