- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast Liberté d'être femme. Je suis Marie-Laure, docteure en physique et coach. J'accompagne les entreprises en pleine transformation, que ce soit en direction R&D à temps partagé ou à travers des crash tests organisationnels pour éliminer les frictions internes. Si j'ai créé ce podcast, c'est pour porter deux valeurs qui me tiennent viscéralement à cœur. Ce sont la liberté et la sororité. Mon but, c'est de donner la parole aux femmes managers et dirigeantes. Ensemble, loin des filtres, on parle de leadership authentique, de résilience et de solidarité féminine. Installez-vous confortablement et bonne écoute ! Bienvenue Émilie sur le podcast Liberté d'être femme.
- Speaker #1
Merci aussi de m'avoir invitée Marie-Laure.
- Speaker #0
Je suis ravie et puis avec toi aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui a... je pense, jamais été abordée ou en tout cas, de toute façon, ça n'a jamais été au centre de l'épisode, ça c'est une certitude, on va parler d'argent.
- Speaker #1
Oui, un vaste sujet.
- Speaker #0
Voilà, et toi, tu es une experte, tu vas nous raconter en tout cas ton expérience et puis au fur et à mesure des questions, il y aura peut-être des petits conseils ou des astuces qui sortiront pour les personnes qui nous écoutent et je vais t'inviter à commencer par... parler tout à fait logiquement, parce que j'aime bien commencer avec ça, par ton parcours qui est comme beaucoup de personnes qui viennent sur ce podcast, atypique, sans doute parce que j'aime ça. J'avais noté que tu avais été éducatrice spécialisée, médiatrice familiale. Aujourd'hui, tu fais notamment du conseil en investissement financier, mais pas que, tu fais plein de choses. Est-ce que tu peux nous raconter ce chemin et puis qu'est-ce qui relie les différents pans de ta vie ?
- Speaker #1
Oui, alors je pense que tout est lié et tout est relié depuis toujours. Moi, je me suis lancée dans l'éducation spécialisée comme une évidence parce que depuis que je suis toute petite, j'ai toujours dit que je voulais aider les enfants qui n'avaient pas de chance. J'avais 4 ans la première fois où j'ai dit ça et je n'ai jamais perdu de vue cet objectif. Donc, c'est naturellement que je suis arrivée à 18 ans à passer mes concours d'éducateur spécialisé. J'ai eu une chance par rapport à beaucoup de personnes qui ont passé ces concours, c'est de les avoir du premier coup et d'avoir en plus un choix de pouvoir choisir l'école, mais aussi la formation. Donc j'ai longuement hésité entre éducateur de jeunes enfants et éducateur spécialisé. Et finalement, je me suis lancée dans l'éducation spécialisée parce que je sentais déjà que je n'allais pas rester longtemps dans des institutions et qu'il fallait que j'aie un choix plus large. Et puis quand je passe mon... Mon concours d'éducateur, je me souviens encore de mon entretien à l'école de Strasbourg, où on me dit « mais où vous vous voyez dans 10 ans ? » Je me souviens de leur dire « je me vois monter une structure, je me vois créer quelque chose. Je veux travailler l'inclusion, l'inclusion des personnes handicapées, et notamment des enfants handicapés à l'époque, pour les mettre dans le milieu ordinaire, leur permettre de pouvoir avoir accès à des choses. Donc je commence comme ça, j'ai 18 ans, je rentre à l'école d'éducateur, et j'ai une grosse envie de changer le monde, clairement. Et je... J'oeuvre principalement en protection de l'enfance, je fais aussi de la psychiatrie adolescente, je bosse aussi un peu dans le handicap, j'accompagne aussi les personnes en situation de handicap sur la question des droits à la sexualité et l'accompagnement à la vie sexuelle, autre sujet tabou en France aussi. Et en fait, je me rends compte qu'il y a plein de choses qui me plaisent, mais j'ai toujours envie de créer des projets, j'ai toujours envie de choses comme ça. Et j'enchaîne. Je change d'institution régulièrement. Je pars dans le Sud. Je crée des dispositifs en protection de l'enfance autour du placement à domicile. C'est moins de foyers, mais plus de temps à domicile avec du renforcement d'éducateurs présents plus au domicile des parents sur du soutien à la parentalité. Je crée un premier café des familles sur une structure à Toulon aussi où on accompagne... le départ des enfants et des parents les week-ends qui sont placés en foyer, et le retour avec des temps d'accueil, de déposer les émotions pour pouvoir permettre tout ça. Et puis je reviens en Alsace sur une création de visites médiatisées externalisées. L'idée, c'était de sortir des quatre murs d'une institution, de redonner une place de parent à des parents pour être acteur d'un temps de visite avec leurs enfants. Sur des choses très bêtes, l'idée c'est d'aller au parc, on demande aux parents de repérer le trajet, de prendre en charge le ticket de bus, de vérifier s'il y a un espace pour prendre un goûter, de vraiment le remettre au cœur de tout ça et de lui permettre potentiellement de reprendre aussi confiance en lui, en ses compétences de parent, parce que quand on arrive à une visite médiatisée, souvent c'est qu'on n'a plus beaucoup de droits avec ses enfants. Et puis, je continue. Je vais faire un petit tour dans la direction de structure aussi. Là, je m'oriente plutôt sur les familles étrangères. Je me retrouve dans le monde un peu politique aussi, à cet endroit-là. Je me rends bien compte que moi, ce que j'aime, c'est l'accompagnement et pas du tout la politique. Donc, je repars en protection de l'enfance. Sauf que je sens que ça ne me nourrit plus. Il y a besoin d'autre chose. Et c'est le moment où je crée mon entreprise, en fait. À cette époque-là, on est en 2016 et des éducateurs en libéral, il n'y en a pas. Ça n'existe pas. On me prend pour une dingue, on me dit que je suis prétentieuse de faire ça de mon côté. Mais j'ai envie de créer des choses un peu différentes, donc je me lance dans plein de choses. Je fais du soutien à la parentalité, je fais des ateliers parents dans des établissements scolaires pour aborder des sujets autour de la parentalité. J'ai un programme principalement autour de la déculpabilisation parentale. On met beaucoup de pression aujourd'hui aux parents et aux femmes aussi de manière générale sur cette question de la parentalité. Et puis je rencontre des gens, on crée un service pour des jeunes en errance institutionnelle, ceux dont personne ne veut, avec des profils souvent de délinquance, de « je fais le bazar là où j'arrive » et on commence à louer des appartements et à vivre avec eux en H24 avec deux autres collègues. Et enfin voilà, il y a... Plein de choses, plein de projets. Je deviens experte pour le tribunal du juge des affaires familiales sur des auditions d'enfants, des enquêtes sociales, mais aussi des médiations de couples. C'est le moment où je pense à une validation d'acquis par l'expérience de la médiation. Je reprends des formations, je fais de la systémie, je fais de la communication non-violente, je me forme à l'énéagramme, à plein de choses. Et en fait, j'ai une passion pour les gens, tout simplement. J'ai envie que les gens me parlent de leur vie, peu importe aujourd'hui. Comment ils arrivent ? Mais ils arrivent avec tout ce qu'ils sont, avec leur histoire. Et en fait, je pense que c'est ça que j'aime profondément. Et aujourd'hui, dans le conseil financier, il y a eu des éléments déclencheurs pour arriver à ça. Parce que clairement, j'ai pu dire que jamais de la vie je ferais ce métier, parce que ce métier, c'était le métier de mon frère. Et c'est toujours d'ailleurs le métier de mon frère. Et en fait, il y a eu plusieurs éléments déclencheurs. C'est qu'en 2020, j'ai un programme de séparation de dénoveillante. que je mets en place à destination des familles qui réfléchissent à une séparation, qui commencent à sentir qu'ils se sentent plus bien dans leur couple, qui sont dans un processus de « on doit se séparer mais on ne sait pas comment faire » ou qui sont séparés et pour qui ça se passe mal. Et donc, finalement, au cours de ce programme, qui connaît un bel engouement, je me rends compte que la plus grosse des problématiques, c'est l'argent. Tant que je ne règle pas la problématique de l'argent, je ne peux pas aborder tous les autres sujets. Le logement, la séparation physique, la prise en charge des enfants, tout est lié à une question d'argent. Et les gens ne comprennent pas un peu en séparation comment ça se passe, comment on sépare son patrimoine. Et c'est le moment où moi, je vais solliciter mon frère à cet endroit-là pour lui dire comment ça se passe et que je commence à me former au régime matrimonial, je commence à me former à... à ces questions en me disant, mais en fait, tout le monde devrait savoir ça. Pourquoi les gens ne savent pas ? Pourquoi les gens se marient et ne comprennent pas ce qu'ils ont signé ? Et c'est un peu comme ça que je commence à mettre le doigt dans l'engrenage de la gestion de patrimoine sans le vouloir. Parce que clairement, je ne voulais pas du tout faire ça. Donc voilà, les choses commencent comme ça. Et puis après, il y a une succession d'événements. Je deviens maman. J'arrive plus à travailler la parentalité au quotidien, je perds mon plus gros client qui est l'éducation nationale parce qu'à ce moment-là, je ne sais pas pourquoi l'éducation nationale décide que les entreprises individuelles ne sont plus possibles d'intervenir dans les établissements scolaires, mais on ne prend plus que des associations. Voilà, soi-disant garantie de plus de pratiques et de... C'est vraiment cette garantie de... Les gens sont... sont plus compétents et on n'aura pas de charlatans qui nous vendent des projets. Alors que ça fait quelques années que je travaille avec l'éducation nationale, ça se passe très bien. Donc j'ai certains établissements qui continuent et qui financent sur des fonds propres. Mais très vite, ça s'essouffle aussi parce que ça demande un budget et que même si les familles sont là, dès qu'il y a des baisses de fréquentation des cafés-familles sur les établissements scolaires, ils se posent la question d'est-ce qu'on le maintient, est-ce qu'on ne le maintient pas. Ma fille arrive. J'apprends ça, l'éducation nationale est quasiment mon récurrent, j'ai envie de dire. Je viens d'arrêter de faire du H24 avec des jeunes en appartement parce que je suis maman. Il faut repenser le business plan, réfléchir à tout ça et se dire, OK, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que je fais et comment je construis ça ? Je ne veux plus faire de la protection de l'enfance. C'est trop lourd en ayant un enfant tout petit. Je ne peux plus avoir des horaires atypiques. Donc, il faut que je réfléchisse à autre chose. Et en fait, l'idée de la gestion de patrimoine, ce n'est pas moi qui l'ai. C'est mon mari qui appelle mon frère et qui lui dit « Mais on est d'accord, il y a quelque chose avec ta sœur. Elle aime ça, elle t'intéresse, ça lui plaît. Elle aime rendre service aux gens. Elle aime leur apporter des réponses. Est-ce que tu penses qu'elle est capable de pouvoir faire ton métier ? » Et ça commence comme ça, en fait. Et moi, c'est une période... Vas-y.
- Speaker #0
Je disais le petit coup de pouce du destin et du coup de la famille.
- Speaker #1
Et c'est le moment aussi où on traite, on anticipe la succession de mes parents avec mon frère. On bosse sur le sujet. Mes parents ont bientôt 60 ans. On commence à travailler des donations, à mettre en place des choses. On monte des SCI, il se passe pas mal de choses. Et plusieurs fois, mon frère me demande « Est-ce que tu as bien compris ce qu'on a fait ? » « Oui, clairement, j'ai compris. » Mais tout le monde devrait savoir ça aussi. Parce qu'en fait, nous, on ne va pas se faire éclater en frais de succession. Mais en fait, il y a plein de gens qui ne savent pas ça. Et à la fois, je trouve ça pas juste que les gens ne savent pas. Et je me rends compte aussi de la chance que j'ai à cet endroit-là de moi, avoir quelqu'un qui m'informe de ces choses, qui m'apprend tout ça. Et en fait, c'est un peu le moment où mon frère me dit Vas-y, go. Va le dire à tout le monde. Sur le coup, c'est non, en fait. C'est pas du tout ça, mon taf, et c'est pas du tout ça que j'aime faire. Et en fait, je vis un rendez-vous avec mon frère où il me dit clairement, fais comme tu fais aujourd'hui quand t'es dans la parentalité. Ok ? Je fais un rendez-vous. À la fin, il me dit « j'ai appris des trucs sur ces clients qui sont incroyables, que jamais de la vie j'aurais pu apprendre. Par contre, on va peut-être un peu parler d'argent aussi. » Et c'est comme ça que les choses démarrent. Je me rends compte à quel point l'argent est un vecteur de plein de choses dans nos vies, et qu'on n'aborde pas ça.
- Speaker #0
C'est clair. Je ne peux pas parler pour les autres pays, mais en France, en plus, c'est particulièrement tabou. Tout ce qui a trait à l'argent, aux revenus, même dans les familles, on a du mal à en parler. Donc, c'est effectivement des sujets sensibles. Toi qui viens de sujets qui étaient très sensibles aussi, finalement, tu changes de scope, mais tu gardes quand même cette particularité d'aller oser aborder des sujets dont peu de gens veulent parler.
- Speaker #1
Ouais, alors je pense aussi que... Moi, l'argent n'est pas un sujet tabou pour moi, déjà. Il ne l'est pas, même si j'ai eu un rapport à l'argent complexe. Je suis un pur produit du social, qui a grandi dans le social. On nous a clairement dit que nous, on était des gens qui donions cœur et âme, que l'argent, ça ne faisait pas le bonheur, que l'argent, c'était mal, que ceux qui gagnaient beaucoup d'argent, ce n'étaient pas des belles personnes. J'ai dû aussi travailler des choses à cet endroit-là, mais je n'ai jamais eu de problématique à parler d'argent. Par contre, je me suis rendue compte aussi à certains moments que quand je pouvais demander à mes collègues comment ils se situaient au niveau salaire, c'était quelque chose qui ne se disait pas.
- Speaker #0
Oui, le tabou du salaire en France, c'est très fort, alors que ce n'est pas du tout le cas dans notre pays.
- Speaker #1
Dès qu'on va monter un peu dans le Nord, on n'y est plus du tout. J'ai une belle-mère hollandaise qui a commencé sa carrière de sage-femme en France. La première chose qu'elle a fait, c'est qu'elle a voulu se situer en salaire. Elle a posé la question aux autres. Elle a eu l'impression de dire un gros mot.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, en gros. Parler de salaire, c'est des gros mots. Il y a beaucoup, je pense, de blessures liées à l'argent. Et donc, du coup, les gens le prennent comme une agression, en fait. Et puis, on...
- Speaker #1
Je crois qu'il y a un rapport à l'intimité aussi quand on parle d'argent. Il y a quelque chose de très intime.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Oui, je vois le sujet après. Tu vois, c'était la relation psychologique des femmes à l'argent. Donc, on peut du coup embrayer sur le côté femme aussi par rapport à ce qu'on vient de voir. Justement, quand c'est une femme qui pousse ta porte la première fois, parce qu'il me semble que tu travailles avec des femmes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Que avec des femmes.
- Speaker #1
Non, pas que, mais la plupart de mes clientes sont des femmes.
- Speaker #0
Et quand c'est une femme, quelle croyance ou émotion autour de l'argent est-ce que tu observes le plus souvent ?
- Speaker #1
Alors, il y a beaucoup de choses autour de « je ne me sens pas capable » . Je viens vous voir parce que j'ai peur. J'ai peur de prendre de mauvaises décisions. J'ai peur de ne pas être capable de comprendre ce qui va m'être dit autour de l'argent. Je crois que l'émotion dominante autour de l'argent et des femmes, c'est la peur. Je pense que beaucoup de femmes viennent en me disant « Par contre, je vous préviens, moi, j'y connais rien. Et je ne suis pas sûre de comprendre ce que vous allez me dire. » Alors moi, j'adore parce que je sais que ça ne sera pas le cas. Mais il y a un côté où les femmes, elles arrivent dans mon bureau avec déjà ce sentiment de se rabaisser de toute façon. Je vous préviens, je ne piche que dalle. Je suis là, je ne sais pas trop, ça me fait peur. Ce rendez-vous, j'ai beaucoup de femmes aussi qui me disent que ce rendez-vous me faisait très peur parce que je ne sais pas trop comment ça va se passer. Je ne sais pas ce que vous allez me demander, je ne sais pas si je vais avoir les réponses. Donc, il y a vraiment cette notion, je pense que l'émotion dominante, c'est la peur, la peur de ne pas comprendre, la peur de paraître bête. Et c'est un sujet où, c'est vrai que dans les couples de manière générale, ce n'est pas souvent les femmes qui vont s'occuper de cette partie-là quand on arrive dans mon bureau, en fait.
- Speaker #0
Oui. Et justement, est-ce que tu vois une différence quand ce sont des hommes qui viennent à toi ? Est-ce que ce ne sont pas les mêmes émotions ? Ce ne sont pas les mêmes discours ? Est-ce que tu vois des différences ?
- Speaker #1
Alors, ça serait réducteur, mais oui, je vois des différences. Déjà, quand j'ai des hommes clients, il y a un côté très produit. Je veux savoir ce que vous allez me proposer, combien je vais gagner. Ça parle plus de rendement. La démarche que j'ai orientée plutôt sur la connaissance de soi et de bien faire le point sur ce qui est important pour nous. Parfois, j'ai des hommes qui me disent « Oui, c'est sympa, mais en fait, moi, après ce rendez-vous, je suis frustrée. » Et je pense qu'il y a ce côté où l'homme est davantage dans la mise en action à cet endroit-là et de se dire « En fait, moi, je veux passer à l'action et si je viens vous voir, je veux sortir avec une solution. »
- Speaker #0
Du contrôle des deux côtés, mais pas le même.
- Speaker #1
Ouais. Et puis les hommes ont un côté plus centré rendement, même si je pense qu'aujourd'hui, j'attire aussi des hommes avec des énergies peut-être plus féminines. Mais souvent, en fait, moi, c'est des femmes qui viennent me voir parce que parler d'argent avec une femme est rassurant.
- Speaker #0
Ah bah oui.
- Speaker #1
J'ai le sentiment qu'elles vont être moins jugées.
- Speaker #0
Ouais, mieux comprise certainement.
- Speaker #1
Sûrement.
- Speaker #0
aussi et quand j'ai des hommes c'est souvent leur femme qui leur a dit de venir chez moi ouais je comprends ouais à propos de tu disais tout à l'heure que t'avais dû travailler sur toi justement sur la partie argent alors non pas parce que tu étais déjà à l'aise pour en parler mais certainement sur tes propres croyances Est-ce que tu peux nous en partager peut-être quelques éléments de ton histoire personnelle, des croyances que tu as dû déconstruire ?
- Speaker #1
Alors, je pense que j'en avais de différents endroits, les croyances. Déjà, j'ai eu des parents qui m'ont poussé à faire des études parce que mon cerveau était plutôt bien fait. Et moi, j'étais orientée, je veux faire du social. La première des choses qu'on m'a dit, c'est que tu ne vas pas faire d'argent dans le social. Ok. En fait, je ne crois pas que je me destine à ce métier parce que je veux faire de l'argent. Et donc, il y a déjà eu ça de, si tu fais du social, si tu travailles dans le social, tu ne peux pas gagner d'argent. Et après, j'ai évolué dans le social, j'ai eu des amis dans le social. Et il y a quelque chose d'assez clanique autour de ce rapport à l'argent et d'un discours qui est aussi dans ce milieu. Et je me suis imprégnée de ça, quitte à être même en opposition avec mon frère ou mes parents, qui, eux, étaient davantage dans la volonté de se créer un patrimoine, d'investir. Et ça a été aussi des moments où on a fait quelques joutes verbales au repas de Noël. Et c'était intéressant parce que j'avais la chance d'avoir deux points de vue différents. Et ça m'a aussi permis d'avoir une ouverture d'esprit différente. Là où je baignais pas à 100% dans mon milieu pro et dans les discours de... En fait, les patrons, c'est pas des belles personnes, ils profitent des gens. Les gens qui gagnent plein d'argent, ils en font pas des choses chouettes. Et pour la petite histoire, c'est quand j'ai commencé à vouloir me lancer dans ce métier en parallèle de mon activité d'éducatrice. J'ai fait des rêves où je me retrouvais en haut d'une colline avec une ville qui brûlait. Et des gens qui me disaient en fait, t'es responsable de ça. Et donc là, c'était une croyance qui était claire. C'est, si aujourd'hui je participe à la notion d'investissement et à la notion de tout ça, je peux faire des choses qui ne sont pas OK avec mes propres valeurs. Et ça a été aussi une façon de me dire aujourd'hui, dans le social, on a passé mon temps à me dire, on ne peut pas faire ça parce qu'on n'a pas suffisamment d'argent. J'ai eu un projet fort de pouvoir... d'avoir envie d'être propriétaire d'une maison pour faire grandir ma fille, pour tout ça, on m'a dit que j'en avais pas les moyens non plus. Donc qu'est-ce qui s'est passé pour moi ? Je suis allée chercher le moyen de pouvoir augmenter mes revenus parce qu'il était hors de question de voir mes rêves à la baisse. Et ça a nécessité aussi pour moi de réfléchir à ce rapport à l'argent. Deux ans plus tôt, j'étais en train de réfléchir à comment je pouvais sortir d'un système d'argent, de ne vivre que de troc. Je suis passée par des étapes où j'ai eu besoin de réfléchir à qu'est-ce que l'argent représentait pour moi, en fait. Est-ce que c'était un moyen ? Et qu'est-ce que j'avais reçu, en fait, dans ma famille de ce rapport à l'argent ? Qu'est-ce que j'en avais observé ? Qu'est-ce que ça avait généré chez moi, en tant que petite fille, en tant que future femme ? Et il y a eu plusieurs choses. Mon père a toujours géré les investissements. Et ma mère a toujours géré le quotidien. Mon père faisait les comptes avec sa fiche Bristol, en vert ce qui rentrait, en rouge ce qui sortait, et on Ausha à chaque fois qu'on avait le relevé de compte qui arrivait. Et je me souviens de mon père qui disait à mon père, « Voyons, t'as acheté quoi comme fringue aux gosses ? Parce que là, c'était cher ! » Et donc, j'ai reçu aussi ces choses-là, et en même temps, j'ai toujours été dans mes couples celles qui gagnaient le mieux sa vie. Il y avait aussi cette notion de j'ai quand même une appétence à l'indépendance en tant que femme, à pouvoir être autonome dans ce que j'ai besoin de faire, me loger, nourrir, me déplacer, payer mes loisirs. Donc il y a eu un peu tout ça qu'il a fallu déconstruire. Ça a été un gros boulot et un gros bordel.
- Speaker #0
J'imagine. Je trouve ça intéressant, tu utilises le mot recevoir. Dire qu'est-ce que j'ai reçu de ma famille, de mon environnement. Effectivement, on peut le voir comme un cadeau. même si ça ne nous sert pas toujours. Quand on est dans cette optique de « je me mets à travailler sur moi » , on a reçu un package, il est comme il est, et puis après, c'est à nous d'en faire quelque chose. Donc j'aime bien ton idée de recevoir, ce n'est pas toujours négatif.
- Speaker #1
Et puis parfois, on reçoit la même chose et on est deux individus, deux frères et sœurs, et on n'en fait pas la même chose aussi.
- Speaker #0
Tout à fait aussi. Ça m'amène à aller aborder avec toi la question de l'argent dans le monde du travail. Je pense que ça va intéresser pas mal de personnes qui nous écoutent parce qu'il y a effectivement la vie perso, comment on gère ça dans la famille, dans le couple, et puis il y a comment ça se passe dans le monde du travail. Et on va avoir un peu deux situations, les situations des personnes qui sont plutôt salariées. Et puis on verra après d'autres aspects. Je regarde juste mes questions, mais si je ne me trompe pas, j'ai des questions plus sur les femmes entrepreneurs aussi. Donc je commence d'abord par la partie salariale et notamment un sujet quand même dont on parle régulièrement, la négociation de salaire. Je ne sais pas si c'est des sujets que tu abordes beaucoup dans tes accompagnements, mais qu'est-ce que toi tu as pu observer à travers les années concrètement chez les femmes que tu accompagnes ou formes, mais qui sont salariées ?
- Speaker #1
Ouais, alors je crois que déjà la notion du salaire... de manière générale, la femme se pose moins de questions sur son salaire. Il est ce qu'il est. Et je sais que j'aime beaucoup coacher les clientes que je reçois parce que l'accompagnement se passe par un petit jeu de cartes qui libère la parole. Et il y a une carte qui s'appelle évolution professionnelle. Et souvent, la question qui vient des clientes, c'est ça veut dire quoi, évolution professionnelle ? Et moi j'adore dire, c'est ce que ça veut dire pour vous en fait. Et quand vous entendez ça, à quoi vous pensez ? En fait, une femme, de manière générale, va s'orienter vers un métier sans jamais vérifier combien elle va gagner. Elle va le découvrir au moment de sa prise de fonction pour la première fois. Les hommes sont davantage à aller réfléchir à combien je vais gagner si je m'oriente vers ce métier. Et donc forcément, quand elles arrivent et qu'elles trouvent un emploi, la première des choses, c'est la satisfaction d'avoir cet emploi, sans forcément commencer déjà à se dire « je commence, est-ce que je suis fou ? » Je ne suis pas forcément légitime à ce temps-là de demander un salaire. Je vais prendre ce qu'on me donne et je verrai plus tard. Il y a vraiment cette notion de l'argent, ce n'est pas la question qu'on se pose.
- Speaker #0
Je me reconnais complètement dans ce que tu racontes. Je ne suis plus salariée aujourd'hui, mais ça a été comme ça pour moi à l'époque. Je me souviens de mon ex-conjoint qui part. contre avait une vision beaucoup plus claire de ce qu'il voulait et de comment il voulait que les choses évoluent sur sa carrière il y avait des personnes qui lui avaient donné des chiffres et dit ouais à tel âge il faudrait avoir doublé ceci cela je me rappelle qu'il était il était très axé là dessus alors que moi pas du tout et quels sont les freins les plus fréquents au moment de demander justement une augmentation de négocier à l'embauche parce que même je pense que même Elles ne vont même pas demander d'augmentation très souvent, j'imagine.
- Speaker #1
Il y a plusieurs freins que je constate aujourd'hui dans les accompagnements que j'ai. Il y a déjà celui de la légitimité. Pourquoi on m'autoriserait ça à moi et pourquoi on répondrait à ma demande à cet endroit-là ? Est-ce que réellement j'ai suffisamment confiance en moi pour m'autoriser à faire cette demande ? Mais ce que je constate beaucoup aussi, c'est la question de la relation. avec le supérieur à qui on irait faire cette demande. Est-ce que le fait de faire cette demande et d'avoir potentiellement un non va entacher la relation avec la personne ? Ou alors va lui donner le sentiment que je ne suis pas satisfaite et donc avoir un impact sur la relation au travail ? Et ça, c'est quelque chose que je n'avais pas mesuré, mais que je constate de plus en plus en fait. Je vois chez mes clientes cette notion de j'ai besoin d'avoir des rapports chouettes avec mes supérieurs, avec mes équipes. Et mettre l'argent dans cette relation risque d'avoir un impact négatif sur la relation.
- Speaker #0
Beaucoup de peur d'abîmer les relations.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. C'est le frein pour toi le plus important ?
- Speaker #1
En tout cas, je pense que c'est celui que je constate. La peur de recevoir un non, en fait, aussi, tout simplement. Le fait qu'on nous dise non, je pense que c'est déjà un tel travail d'aller faire la demande. Ça a déjà demandé tellement d'énergie et d'effort que d'avoir un non, c'est...
- Speaker #0
Tout ça pour ça.
- Speaker #1
Donc finalement, de peur du non, on ne va peut-être pas y aller.
- Speaker #0
Oui, on ne préfère pas demander plutôt que de s'exposer. Oui, je comprends. Est-ce que tu as des conseils très concrets ? Parce que tu dis que c'est une telle demande d'énergie, un tel effort, peut-être des rituels de préparation pour une femme qui devrait justement aller négocier, alors que ce soit parce qu'elle est nouvellement embauchée, effectivement, il y a ce cas de figure, ou parce que ça s'avère peut-être normal dans son évolution professionnelle ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai un bon besoin d'expliquer aussi Merci. et là, je reviens à l'intérieur de soi, en fait. C'est-à-dire que je pars du principe, un peu comme la pyramide des besoins, la notion de rémunération est liée à cette pyramide des besoins. C'est-à-dire que le besoin de base, ça va être la sécurité. Payer mon logement, payer la nourriture, on va être sur la base. Et puis, ça, c'est le seuil, c'est indispensable que je l'ai. Ensuite, il va y avoir le seuil qui va plutôt être un petit seuil de confort. Ça va pouvoir permettre de partir en vacances, de pouvoir avoir des activités à côté, de pouvoir... Là, on va être sur la notion de j'ai assuré la sécurité, je suis sur le confort. Et puis après, il va y avoir la notion du seuil d'épanouissement. Et en fait, l'idée, c'est d'aider chacune d'entre nous à aller réfléchir à qu'est-ce que ça représente au niveau pécunier. Et ça passe.
- Speaker #0
basiquement par un tableau budgétaire, alors ça peut faire peur, mais en soi, pour moi, c'est une base pour pouvoir savoir quels sont mes besoins de sécurité, quels sont mes besoins de confort et quels sont mes besoins pour être dans l'épanouissement, pour ensuite savoir quelle est la jauge que je veux en salaire. Et à partir de ce moment-là, on est ultra à l'aise sur ses pattes. C'est-à-dire qu'en fait, à cet endroit-là, c'est ce dont j'ai besoin. Je ne suis pas en train d'essayer de négocier un truc farfelu. C'est-à-dire que moi, là, aujourd'hui, dans ma vie, si je n'ai pas cette rémunération, je n'accède pas à ça. Et je pense que ça vient appuyer une posture dans la demande. C'est vraiment ça que j'aime faire avec les femmes que j'accompagne.
- Speaker #1
Oui, tu constates que du coup, elles se sentent plus à l'aise.
- Speaker #0
C'est qu'en fait, c'est relié à elles. Elles ne sont pas en train de dire, en fait, j'ai constaté que celui d'à côté, il avait 300 balles de plus que moi. Elles sont en train de dire, moi, dans ma vie, en fait, j'ai besoin de ça. Et si demain, je veux anticiper les études de mes enfants, je sais que je dois mettre 150 balles de côté tous les mois. Donc en fait, ceux-là, je ne les ai pas et ils me manquent.
- Speaker #1
Oui, je comprends. C'est une approche intéressante. Ça m'amène à une question. Tu interviens en entreprise sur l'éducation financière, sur la qualité de vie au travail. Quel lien est-ce que tu fais entre santé financière et bien-être professionnel ? Ça rejoint un peu ce qu'on vient d'évoquer, je trouve.
- Speaker #0
Oui. Alors aujourd'hui, j'interviens dans les entreprises quand je suis sur de l'épargne salariale, qui est un dispositif de partage de la valeur aujourd'hui dans les entreprises, et dans un souci de transparence sur... les finances d'une entreprise dans laquelle on est. L'idée, c'est aussi d'accompagner les gens à aller prendre soin de leurs finances, de leur budget. Pourquoi ? Parce que si eux sont sereins sur cette partie-là, ils viendront plus sereins au travail. Quand on est en difficulté financière, la première des réflexions qui se passent dans notre cerveau, c'est « je ne suis pas assez payé » . Du coup, le responsable, c'est mon patron. Et donc, ça crée un climat aussi dans les entreprises qui n'est pas très agréable. On est moins investi, on peut avoir la tête ailleurs parce qu'on a des dettes, on a des difficultés financières à finir le mois, on a tout ça. Et donc, pour moi, aujourd'hui, prendre soin de ses finances, c'est aussi libérer son esprit pour pouvoir être pleinement productif dans une entreprise, mais aussi dans le lien de ses collègues. Quand on ne va pas bien, on n'est pas dans le lien. On n'a pas envie d'aller discuter à la pause café. On n'a pas envie... Ou alors, nos collègues, ils nous disent, on va faire une pause de midi. Ben, en fait, moi, je galère financièrement. Donc, en fait, à cet endroit-là, je ne vais pas venir avec vous. Donc, on va se retrouver aussi exclue.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, je pense que c'est un vrai sujet aujourd'hui dans les entreprises parce que l'argent reste la base de ce qui peut nous permettre d'être dans une sécurité, j'ai envie de dire, de bien se loger, de bien ci, de bien ça. Merci. Et donc, si on a accès à tout ça, et si on a la capacité d'avoir un espace où on peut en parler, où on peut être accompagné pour savoir sur quoi on pourrait aussi aller faire des économies dans son budget.
- Speaker #1
Oui, donc la sécurité, notamment financière, conditionne aussi le lien, la qualité du lien et le bien-être professionnel.
- Speaker #0
Et l'investissement.
- Speaker #1
Et l'investissement, oui. Comme je l'avais annoncé, passons maintenant au côté entrepreneurial de l'affaire. un sujet quand même qui revient souvent c'est la question des tarifs se sentir légitime à facturer fixer ses prix qu'est-ce que tu observes toi sur ce point peut-être pour toi déjà et puis ce que tu vois pour les femmes que
- Speaker #0
tu accompagnes je pense que moi j'ai vécu aussi une première étape d'entrepreneuriat dans le prendre soin qui sont aussi des secteurs dans lesquels fixer ses prix sont très complexe. Et je crois qu'aujourd'hui, c'est une partie difficile pour la femme, encore plus que pour l'homme, tout simplement parce que c'est quelque chose qu'elle a toujours fait naturellement. Et moi, je me souviens que quand je me suis mise à mon compte en tant qu'éducatrice, ça a été vraiment une grosse difficulté pour moi parce que... Je faisais ça tellement depuis longtemps et sans devoir fixer un prix à ce que je faisais que j'étais en train de me dire, moi je le fais naturellement, est-ce que réellement ça me coûte quelque chose ? Là, ça commence à devenir compliqué. Alors j'ai eu la chance, moi je me suis fait accompagner. par quelqu'un qui sait monter des entreprises, monter des business plans et tout ça. Donc ça m'a permis aussi de poser les choses. Et en fait, il faut reprendre à nouveau le problème à l'envers, comme quand on va aller négocier sa rémunération en tant que salarié. C'est-à-dire, quelles sont mes charges fixes qui vont me mettre dans la survie ? Quels sont les besoins que j'ai au niveau du confort et au niveau de l'épanouissement ? Et aujourd'hui, dans le temps que je veux travailler, avec la liste des prestations que je peux avoir, qu'est-ce que je dois faire pour atteindre la rémunération dont j'ai besoin ? Et est-ce que mes prix aujourd'hui, s'ils se posent sur mes besoins, sont en corrélation avec le marché, avec la concurrence ? Et est-ce que réellement j'ai cette valeur ajoutée ? Et en fait, je pense que le démarrage d'une entreprise pour fixer ses tarifs est toujours bas pour les femmes.
- Speaker #1
Oui, il y a une forme de... honte à facturer ces services, de penser que, ben non, en fait, du moment où je prends plaisir à faire, parce que j'ai choisi de le faire, ben ça devrait être gratuit.
- Speaker #0
Et puis il y a aussi cette croyance de travailler, c'est dur. Donc si c'est pas dur, c'est pas vraiment du travail.
- Speaker #1
C'est ça. Et il y a aussi ce besoin, cette envie d'aider. un peu le syndrome du sauveur ou de la sauveuse, ce qui fait que dès qu'on nous demande quelque chose, on se précipite pour aider et on est prête à le faire gratuitement. Alors les hommes l'ont pour une partie d'entre eux certainement aussi, mais je sais que c'est particulièrement présent chez les femmes.
- Speaker #0
Mais déjà parce que de manière générale, et pourtant moi je suis entrepreneur depuis dix ans, à la naissance de ma fille qui a eu cinq ans hier, c'est quand même moi qui réduis mon temps de travail.
- Speaker #1
Oui, je connais bien ce fonctionnement-là.
- Speaker #0
Il y a quelque chose de, peut-être chimique, ou je ne sais l'expliquer, mais il y a quelque chose où on se prend cette responsabilité.
- Speaker #1
Complètement. Il y a aussi une autre question, celle de se payer, de se verser un salaire en tant qu'entrepreneuse, et une tendance à passer un peu après toutes les autres dépenses de l'entreprise. comment aider les femmes à inverser cette logique ?
- Speaker #0
C'est toujours cette question de cette jauge que je parlais tout à l'heure entre la sécurité, le confort et l'épanouissement. En fait, on m'avait donné un conseil quand je me suis lancée dans l'entrepreneuriat, c'était de fêter les réussites. Et de fêter les réussites par quelque chose qui me nourrissait, moi. C'est-à-dire que je me fais un cadeau à moi-même. En fait, ce n'est pas négociable. Je me suis fixé un objectif, je l'ai atteint, je me fais un cadeau. Ça peut être difficile de se donner de l'argent. Donc parfois, on va s'offrir un massage, on va s'offrir un bon resto, on va s'offrir quelque chose qui va permettre aussi de se dire « Ok, j'ai franchi une étape. » Mais la question de se rémunérer, c'est la question, encore une fois, de ne pas avoir pris conscience de sa valeur. Et pour prendre conscience de sa valeur, je suis persuadée qu'aujourd'hui, les femmes ont besoin de voir le regard de l'autre, de leur client, pour se dire « Ah ouais, ça a eu un impact sur l'autre » . Il y a quelque chose vraiment… Et pourtant, j'ai des gens qui sont dans la com, des gens qui sont dans la finance, qui sont dans le soin, qui sont… Il y a toujours ce côté de « Ah ouais, j'ai vu chez l'autre qu'il s'est passé quelque chose » .
- Speaker #1
Oui, je comprends tout à fait. Il y a une question que je voulais aborder avec toi aussi, c'est la question du financement. Alors, on en avait parlé, ça me revient avec une précédente personne sur le podcast, donc c'était Alexia Chandorpoust, qui, c'était dans les premiers épisodes, donc une femme qui avait créé une start-up avec d'autres femmes, et qui avait exprimé le fait qu'elles avaient eu beaucoup de mal à lever des fonds. et qu'elles avaient vu les choses changer le jour où il y avait un homme qui avait rejoint leur équipe. Donc, qu'est-ce que toi, tu observes de ton côté quand une femme entrepreneur cherche des fonds, que ce soit pré-bancaire, des levées, des subventions ? Est-ce que ces obstacles, selon toi, ils sont réels ? Ils sont intériorisés ? Ou est-ce que c'est les deux ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'il y a les deux. Je pense qu'il y a les deux parce qu'aujourd'hui... Notre positionnement en tant que femme quand on est porteur de projet. est souvent encore un peu dans le syndrome de l'imposteur. Et en fait, on transmet par du langage sûrement non-verbal, par des attitudes, par des choix de mots, cette question de « je ne suis pas 100% convaincue qu'un jour ça va marcher, mais j'ai besoin d'y croire » . Et là où je pense qu'une bonne préparation dans le pitch... de son projet est hyper important pour qu'il soit incarné et ancré et montré en face qu'il n'y a pas d'issue possible autre que la réussite. Et je pense que ça, c'est un vrai travail dans la confiance de la femme en elle-même, dans l'entreprenariat, qui est beaucoup moins présent chez les hommes parce que, de manière générale, on a toujours plus vu les hommes entreprendre. Moi, je regarde. J'ai deux grands-mères qui ont bossé gratos toute leur vie. au service du même boulot que mes grands-pères. J'ai un grand-père qui était fromager, ma grand-mère a tenu la fromagerie pendant que mon grand-père fabriquait, elle a jamais eu un salaire pour ça. Pourtant, elle était autant entrepreneuse que mon grand-père. Et de l'autre côté, c'était une famille d'agriculteurs avec mon grand-père qui portait la ferme et ma grand-mère était dans les champs tout le temps et s'occupait des bêtes. Et je pense que... Il y a ça qui reste encore ancré. L'homme est un entrepreneur depuis des années, ce n'est pas un problème. On ne va jamais remettre ça en question. La femme, on le remet encore en question parfois. Après, je précise aussi, c'est qu'il y a de plus en plus de dispositifs aujourd'hui pour aider les femmes porteuses de projets, et notamment les banques se sont dotées de programmes, et c'est hyper intéressant d'aller se renseigner aussi sur ces questions-là.
- Speaker #1
Oui, effectivement. Et une autre question aussi, c'est la question de l'irrégularité des revenus quand on est entrepreneur. Comment une entrepreneur, ou un d'ailleurs, ça marche pour les deux, peut construire sa sécurité financière personnelle quand justement il y a cette irrégularité de chiffre d'affaires à minima ?
- Speaker #0
Moi, il y a quelque chose que j'ai aussi appris dans cette expérience d'entrepreneuriat, c'est qu'en fait... on doit se poser un plan d'action avec des objectifs qu'on doit voir régulièrement. Est-ce que je suis en avance ou je suis en retard sur mes objectifs parce qu'une boîte, elle va se piloter à l'année et qu'il y a des mois où il y aura des activités plus importantes et d'autres moins ? Il y a des mois où on va partir en vacances, il y a des mois où il y a les vacances scolaires, par exemple, en tant que femme. Moi, je sais que je porte aussi les vacances scolaires souvent. Du coup, comment aujourd'hui... dans le nombre de semaines ou le nombre de jours que je vais bosser, je vais découper mon plan d'action pour arriver à la rémunération que je me suis fixée sur cette année. Et en fait, je trouve que la plus grosse des difficultés, moi, quand j'ai lancé l'entreprise dans le social, c'est que je ne m'étais pas posée aussi franchement ses objectifs. Et donc, je naviguais à vue. Et donc, je vivais des périodes d'angoisse. Là où... quand on a posé un plan d'action, qu'on le regarde régulièrement. Alors, ça peut paraître fou, mais moi, je regarde une fois par mois où j'en suis. Où j'en suis dans mon projet ? Est-ce que je suis en avance ? Est-ce que je suis en retard ? Qu'est-ce qui a fait que sur ce mois, je n'ai pas réussi des objectifs que je m'étais posés ou que je ne suis pas au niveau du chiffre d'affaires que je m'étais donné ? Quelle est la vision de ce que j'ai dans les tuyaux qui va se mettre dans les rémunérations futures ? Est-ce qu'il y a des... personnes que je dois re-solliciter pour pouvoir avancer dans ces objectifs-là. Et de se dire qu'en fait, pour jamais se sentir en difficulté, quand on est entrepreneur, il faut absolument ce petit matelas de sécurité. Le petit matelas de sécurité qui va faire que si un mois est plus difficile, je ne suis pas dans le rouge et que je vais pouvoir potentiellement me sortir ce que j'ai besoin et rester peut-être au niveau de la sécurité. et de ne pas être dans le confort ou dans l'épanouissement sur ce mois-là, mais de jamais négocier la rémunération de la sécurité.
- Speaker #1
Il y a aussi un autre sujet important qu'on n'a pas encore abordé, c'est la partie investissement. Enfin, tu as un tout petit peu effleuré par moments. J'ai noté des études, notamment une étude Fidelity de 2021, les travaux des chercheurs aussi Barber et Odean, qui montrent... que les femmes investissent moins que les hommes, mais que lorsqu'elles investissent, elles obtiennent en moyenne de meilleurs rendements. Qu'est-ce que tu penses de tout ça ?
- Speaker #0
Moi, je le constate aussi. Déjà, les femmes vont aller moins sur des supports à risque. Elles vont avoir une approche plus sécurisante, avec des bonnes pratiques, parce qu'il y a des bonnes pratiques. Là où les hommes vont avoir un côté un peu plus trading. Ils vont avoir envie de s'en occuper, d'être dans l'action, de faire des mouvements sur ce qu'ils ont mis en place. Et donc, peuvent, à cet endroit-là... perdent les moments où les opportunités sont les plus importantes parce qu'ils ont changé leur position sur les marchés, par exemple. Et je pense que la femme, elle a une capacité plus importante à se projeter sur du long terme quand elle est accompagnée et qu'il y a des points réguliers. Donc, de manière générale, les femmes sont moins fondues sur les marchés. Ils sont davantage dans des options de diversification. J'ai beaucoup de gens aujourd'hui que je reçois qui ont investi dans la crypto. Là où les femmes auront mis 3 000 balles, les hommes auront mis 25 000 sur des patrimoines similaires, j'entends. Il y a quelque chose qui se situe vraiment à cet endroit-là. Et donc forcément, quand les marchés peuvent vivre des fluctuations, les hommes vont être plus dans la perte que les femmes. Après, l'écart n'est pas dingue non plus entre les investissements des hommes et des femmes. Je crois que le point, c'est 0,4, il me semble. Mais ça vient de cette histoire-là, en fait. La notion du risque et les mouvements.
- Speaker #1
Oui, ce n'est pas surprenant. On a évoqué le sujet de la peur tout à l'heure. Et justement, quand on n'a jamais investi et que c'est un sujet qui fait peur, par quoi est-ce qu'on pourrait commencer ?
- Speaker #0
Pas par le début. Comme quand on construit une maison, en fait, on va construire les fondations. C'est notre matelas de sécurité, notre matelas de précaution qui fera que ce qu'on investira plus haut ne devra pas être sorti si on a suffisamment assuré sa sécurité. Et ensuite, on va aller construire un patrimoine qui nous ressemble en fonction de nos projets. Si on a bien défini nos projets et leur temporalité, Pour moi, on peut mettre en place des actions simples pour pouvoir construire ça. Il y a des outils simples et flexibles qui permettent de pouvoir commencer. On a toujours des choses, typiquement, on commence par mettre de l'argent sur nos livrets pour assurer notre sécurité avec un virement en 3 secondes, c'est bon, c'est fait, c'est sur notre compte courant. Et ensuite, on va commencer à aller investir sur des choses à moyen terme ou à plus long terme. Mais pour moi, c'est vraiment... aller étape par étape. On commence par des choses simples, on se familiarise avec ça, on évalue, et ensuite on passe à l'étape supérieure.
- Speaker #1
Tu n'en as pas parlé encore, mais je crois que tu l'avais abordé peut-être au début, je ne me souviens plus, de Inovea. Je crois qu'on n'a pas abordé encore le sujet. Du coup, tu vas pouvoir expliquer ce que c'est. Vous avez fait le choix d'un modèle qui est porté par une fondation. avec une répartition équitable des actions, en quoi est-ce que ça change la relation à l'argent et au conseil ? Je te laisse expliquer ce que c'est d'abord.
- Speaker #0
Innovéa, c'est un groupement d'ambassadeurs, de consultants et de conseillers en investissement financier avec un objectif de rendre accessible la gestion budgétaire et patrimoniale à monsieur et madame tout le monde. L'idée de ce groupement, c'est de pouvoir permettre à monsieur et madame tout le monde d'avoir accès à des choses qui parfois sont plutôt réservées à une élite. Le tout en le simplifiant et en donnant des accès beaucoup plus petits. Aujourd'hui, on a des solutions qui peuvent commencer à partir de 25 euros d'investissement par mois. Inovea, c'est quoi ? C'est une société... où tous les conseillers, consultants et ambassadeurs de ce groupe sont indépendants, mais sont rattachés à cette société et peuvent devenir actionnaires à partir du moment où ils sont dans la production, à parts égales. C'est-à-dire que le statut d'ambassadeur donne un accès à des parts, le statut de consultant et le statut de conseiller a un nombre de parts, mais le nombre de parts a un maximum qui est de cinq parts. Et à chaque fois que des nouveaux... arrivent et investissent et achètent une part ou deux jusqu'à cinq et bien en fait on redistribue ses actions. L'idée c'est quoi ? C'est qu'on soit tous actionnaires pour pouvoir avoir un droit de vote sur les décisions prises pour notre groupe. L'actionnaire majoritaire c'est une fondation. Pourquoi ? Parce que notre objectif c'est que dans la finance, on a très vite un fonds de pension qui peut nous racheter et une personne qui va prendre la tête de ça, qui va changer les règles et qui va s'en mettre plein les poches. Et là c'est pas l'idée. L'idée c'est qu'on est dans une démarche de rendre accessible et de diffuser les connaissances. Donc la fondation, elle est garante que le groupe ne soit pas racheté. Puisque forcément, nous sommes tous décisionnaires. Et aujourd'hui, on est plus de 3000 à être actionnaires. Donc forcément, à 3000, il faut qu'on ait la majorité. Ça n'arrivera pas de se faire racheter puisque c'est ce qu'on a créé. Et l'avantage aussi, c'est que cette fondation, elle a une vraie volonté aujourd'hui de promouvoir l'éducation financière. Donc, on a des partenariats avec Cresus, avec les Compagnons du Devoir, avec la Finance pour tous, pour faire des actions de prévention, des actions de mentorat. On a créé aussi un jeu de société pour aider les gens et les jeunes à pouvoir commencer à réfléchir à ces questions-là.
- Speaker #1
Et du coup, tu as trouvé un modèle qui conforme à tes valeurs, j'imagine.
- Speaker #0
Ouais, en fait, si... Moi, aujourd'hui, j'ai rejoint Inovea, c'est vraiment pour cette fondation aussi. En fait, j'avais besoin d'avoir un mode de... J'ai envie de dire une économie circulaire dans tout ça. Aujourd'hui, je gagne moins besoin de ma vie en étant dans le groupement Inovea que si je travaillais en totale indépendance, en étant directement en partenariat avec mes partenaires. C'est une réalité. Mais j'estime... qu'aujourd'hui les actions qu'on porte avec la Fondation sont nécessaires dans l'éducation des jeunes de demain, des familles de demain, des couples de demain, pour pouvoir finalement permettre à tout le monde d'avoir accès à quelqu'un qui va nous expliquer comment ça fonctionne. Donc une partie de ce qu'on produit permet de financer ces actions.
- Speaker #1
C'est une très belle démarche. On a parlé beaucoup de concret, d'argent de manière concrète, et je voudrais aller dans une voie que j'explore très peu sur le podcast, mais je sais qu'on partage tout ça, c'est la dimension spirituelle et puis intérieure, c'est le fait que l'argent c'est pas qu'une affaire de chiffres. Quel lien fais-tu toi entre argent et énergie, entre abondance et état intérieur ?
- Speaker #0
Alors moi, je pense que pour des gens purs financiers, je dois paraître perché. D'ailleurs, quand on rentre dans mon bureau, il y a une armoire où il y a quelques oracles. Donc, quand on sait ce que c'est... Donc, c'est assez atypique, j'avoue. Mais en fait, moi, je pars du principe que... Aujourd'hui, on doit déjà réfléchir à soi et à qu'est-ce qu'on a réellement envie. L'argent, ça va venir nourrir quelque chose qu'on a envie créer. On a besoin d'argent pour mieux manger, pour mieux se loger, pour faire plus d'activités, mais ça vient nourrir quelque chose d'autre derrière. Et en fait, c'est cette dimension-là que moi j'ai envie d'aller chercher. C'est vraiment cette notion de reconnecter les gens à eux. Et j'ai des outils, oui, effectivement, un peu spirituels et autres, parce que je suis persuadée qu'aujourd'hui, en allant se poser des questions sur soi et en prenant le temps d'un rendez-vous avec moi où je vais être script du premier rendez-vous, c'est-à-dire que je ne vais faire que prendre des notes, j'ancre dans la matière des rêves qui n'ont toujours été que dans la tête des gens. Et le résultat est hallucinant. C'est-à-dire que... Tous les gens qui ont franchi mon bureau en me disant « j'ai pas de projet ou de toute façon j'y arriverai jamais » ont eu dans les 2-3 ans des déblocages de leur situation pour aller nourrir le projet qu'on avait posé ensemble.
- Speaker #1
J'adore son expression « ancrée dans la matière » . T'as un côté manifesteuse, je sais pas comment on dit, féminin. Enfin bref, manifestation quoi. Tu les aides à manifester. Moi, ça me parle beaucoup. J'ai fait une série d'épisodes de podcast cet été qui sont des épisodes solos. où j'ai parlé de mon cheminement personnel. Alors, je n'utilise pas trop le terme de spirituel. Je parle plutôt de coaching ou d'auto-coaching, mais bon, il y a ça aussi derrière. Et j'ai traversé une période financièrement difficile dans mon entreprise qui a duré plusieurs années. Et j'ai vraiment observé que le fait d'avoir intégré la visualisation, la gratitude, et surtout, le plus important, c'était une conviction. profondément ancré en moi, mais inébranlable que les contrats allaient arriver, ça a débloqué les choses. Après un blocage de plusieurs années, tout d'un coup, les contrats sont vraiment arrivés par le réseau, par la reco, par différents moyens. Ça rejoint un peu ce que tu observes. Tu dis qu'il y a des situations qui se débloquent comme ça, tout d'un coup.
- Speaker #0
Mes clients repartent souvent de mon bureau avec des devoirs. Et un des devoirs... La principale que je leur donne souvent, c'est quand on me parle d'un boulot ou qu'on me parle d'une maison. Je leur demande de rentrer à la maison et d'écrire ce job de rêve ou cette maison de rêve. Mais pas juste de l'écrire, je voudrais une maison avec trois chambres et un petit jardin. Non, c'est d'aller vraiment de qu'est-ce que j'y sentirais, quelles seraient les couleurs, qui y aurait dans cette maison, qu'est-ce qu'il y aurait autour, comment serait ce jardin, quelles odeurs je pourrais sentir. Et de vraiment poser ça. Et moi, c'est un exercice que j'ai fait. Alors, on appelle ça le cahier des rêves. D'ailleurs, j'ai une tasse à café qui fait à peu près la même chose, parce que ça s'appelle vivre ses rêves. Je suis persuadée que de poser sur un papier ce qu'on a réellement envie va permettre de faire une vraie demande à l'univers. Et je l'ai fait pour ma maison. Et je peux assurer qu'aujourd'hui, ce qui est écrit dans ce cahier, il ne manque pas un mot de ce que j'ai écrit.
- Speaker #1
Oui, moi, ça prend la forme d'un tableau de visualisation. Je colle les images et je le fais faire à mes filles aussi, pour qu'on ait quelque chose de commun. Mais ce qui a changé, c'est aussi la conviction qui va avec. Parce que si tu n'y crois pas, en fait, ça ne marche pas.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Comme on arrive sur la fin de l'épisode, j'ai envie de te demander si tu as des ressources que tu aurais envie de partager. Des livres, des podcasts, des pratiques. Qu'est-ce que tu as envie pour se réconcilier avec l'argent ? Qu'est-ce que tu as envie de partager ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis très podcast parce que je fais un peu de route. Donc j'aime bien aussi quand je couche ma fille et que je mets mes écouteurs en faisant la vaisselle. Mais il y a deux podcasts que j'aime beaucoup. On en avait un peu parlé, d'ailleurs, je crois. Il y a Thune, que j'aime beaucoup. J'aime bien aussi Héloïse Boll, qui fait Oseille et compagnie, et qui a sorti plusieurs livres. Moi, j'aime bien aller générer des discussions que les gens n'ont jamais pensé avoir. Et il y a un livre que j'aime bien, c'est Les bons comptes font les bons amants, pour travailler la relation. de l'argent dans le couple, en fait. Donc ça, c'est un petit bouquin que j'aime bien. Et puis après, il y a des choses peut-être plus... J'ai envie de dire plus développement perso ou des choses comme ça, mais le livre de Simon Sinek sur « Commencer par son pourquoi » , je pense que c'est une bible. Moi, j'y retourne régulièrement, je le rebosse. Le pourquoi ne change pas, mais l'expression... de comment nos communiques sur son pourquoi évoluent. Donc ouais, je pense que ça. Il y en a un aussi qui est sorti. Il y avait une... Je ne sais pas si c'est quelque chose qui te parle, Femka. Je ne suis pas sûre. Elle faisait des programmes d'accompagnement des femmes sur l'investissement. Et il y a un livre qui était sorti qui s'appelle « Femmes AGC pour votre liberté financière » , je crois.
- Speaker #1
Oui, non, je crois pas, je connais.
- Speaker #0
Et après, il y a pas mal de livres sur un appel aux femmes. Il y a aussi « Autunes citoyennes » qui est intéressant. Donc voilà, ça vient déconstruire un peu ces modèles, ces croyances et tout ça. Il y en a certains en forme de guide pratique. Moi, je suis assez guide pratique. J'aime bien parce que ça permet de pouvoir fermer le bouquin, poser une action, reprendre le bouquin, se dire... Ah, finalement, je le vois autrement. Je peux peut-être reposer une autre action. C'est des petits bouquins comme ça qui sont assez sympas. Je ne l'ai pas lu sur « Femme agissée sur votre liberté financière » . Ça va faire partie de mes achats, je pense. Mais j'en ai pas mal entendu parler. Je crois qu'il est sorti en mars 2026.
- Speaker #1
Oui, donc c'est récent.
- Speaker #0
Donc voilà, je pense qu'aujourd'hui, j'ai une grande envie d'aller aussi éduquer les hommes. à tout ça. Parce qu'en fait, les femmes, on se retrouve dans une situation qu'on a subie depuis quelques années. Aujourd'hui, on a, pour plusieurs, envie d'en sortir, envie de reprendre le pouvoir de nos finances, mais on agit dans un écosystème aussi, dans lequel il faut éduquer l'entièreté du système pour pouvoir changer les choses et le regard sur la femme. Moi, en toute honnêteté, j'adore ma belle-mère, mais un jour, ma belle-mère m'a quand même dit « Tu travailles trop. » Et je lui ai dit « Est-ce que vous diriez la même chose à votre fils ? »
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Pourtant...
- Speaker #1
Ben oui. Vous êtes deux parents, hein ? Ben oui.
- Speaker #0
Ben oui. Donc, je pense qu'il y a un vrai... Enfin, j'ai une vraie volonté à vouloir aujourd'hui éduquer l'entièreté du système dans lequel on évolue. Et c'est pour ça que j'impose la rencontre quand on est en couple. du couple.
- Speaker #1
Oui. Je pense que c'est une excellente démarche, effectivement.
- Speaker #0
Et ça crée des choses assez dingues. J'ai des exemples par milliers de discussions qui se créent dans ces moments-là.
- Speaker #1
Oui, ça va être très intéressant à observer. Et si on veut en savoir plus sur toi ou travailler avec toi, comment est-ce qu'on peut faire ?
- Speaker #0
Eh bien, on peut m'appeler. Le plus simple, c'est qu'aujourd'hui, j'ai un agenda en ligne qu'on peut trouver sur ma fiche Google en tapant mon nom et mon prénom, donc Émilie De Dieu. Il y a plusieurs rendez-vous qui sont possibles. Il y a les rendez-vous téléphoniques pour pouvoir prendre contact et comprendre un peu et s'assurer qu'on a envie de bosser ensemble. Parce que j'aime ça. J'aime qu'on se renifle et qu'on se dise qu'on a envie de bosser ensemble. il y a des gens on les sent pas alors faut pas y aller mais t'as tout à fait raison tout à fait raison donc et je le dis dans les deux sens parce que il faut aussi que la personne en face elle ait envie de travailler avec moi donc voilà il y a les petits rendez-vous d'une demi-heure qui permettent de faire le point de comprendre comment je fonctionne voilà et puis après il y a les rendez-vous de découverte là c'est un rendez-vous d'une heure trente où il y a un peu de travail avant parce que j'ai vraiment une démarche coaching Merci. Je demande aux gens de travailler un petit peu avant qu'on se voit. Ça me permet aussi de m'assurer qu'ils sont prêts à attaquer la démarche.
- Speaker #1
Ok, je vais mettre les liens vers tout ça. Tout ce que tu as partagé, podcast, livre, etc., je mettrai les titres dans les descriptions des épisodes, que ce soit sur les plateformes de podcast ou sur YouTube. Et puis, je mettrai le lien peut-être vers ton profil LinkedIn.
- Speaker #0
Oui, aussi.
- Speaker #1
Et du coup, vers ta fiche avec ce que tu viens d'expliquer. pouvoir prendre rendez-vous avec toi. Merci, Émilie, pour tous ces partages, pour ce temps que tu m'as consacré.
- Speaker #0
Merci à toi aussi de m'avoir invitée et de pouvoir finalement parler d'argent. Enfin, pouvoir s'autoriser à rêver de gagner un peu plus d'argent, de se payer davantage et de s'aligner avec ça.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça fera du bien au podcast d'aller aborder ce sujet-là. Merci à toi.
- Speaker #0
Merci de ta confiance en tout cas.