Speaker #1Bienvenue sur le podcast Liberté d'être femme et dans ce quatrième épisode de ma série d'inspiration de l'été. Et aujourd'hui, j'aborde un sujet différent de ce qu'on a vu les fois précédentes. Donc si vous ne les avez pas encore découvert, je vous invite à écouter les trois épisodes précédents de cette série d'inspiration de l'été où je raconte... mes transformations des derniers mois. Et aujourd'hui, c'est la peur du vide que j'ai envie d'aborder. Alors quand je dis peur du vide, je ne parle pas du vertige, je parle d'un autre sujet qui est la peur du vide, qui serait plus, je dirais, en rapport avec un vide intérieur. Je vous explique comment je suis arrivée à cette prise de conscience-là. Il y avait deux sujets en fait. Premièrement, c'est le vide temporel. Je me suis rendu compte que lorsque j'avais devant moi une journée de travail, une journée de travail où de prime abord je me dis « Chouette, j'ai pas de rendez-vous aujourd'hui, donc j'ai plein de temps devant moi, je vais pouvoir avancer sur des sujets qui sont importants ou des sujets qui me plaisent, des sujets plus créatifs. » Et il n'y aura pas d'interruption, j'ai pas besoin de me préoccuper d'un horaire. Une journée, par exemple, où je n'ai pas mes enfants, où il n'y a aucune limite, je peux travailler comme je veux. Paradoxalement, je n'avance pas forcément tant que ça dans une journée de ce type-là, parce que je me retrouve à faire face à ce que j'appelle un vide temporel, une sorte de peur et donc un besoin de remplir ce temps-là. et pas avec un travail qualitatif, constructif. Comment je fais ? Prenons le matin, par exemple. Au lieu de me dire, je démarre à telle heure, et puis j'ai, par exemple, trois heures devant moi pour bien avancer, je vais commencer par faire d'autres choses, des choses qui n'ont rien à voir avec mon travail, et qui me permettent de réduire le temps disponible pour travailler. Je vais, je ne sais pas moi, jouer sur mon téléphone, lire un livre, regarder une série ou faire autre chose. Enfin, peu importe. Je vais trouver une action parce que ce temps qui est disponible, il me fait peur. Même si au départ, je trouvais ça super agréable d'avoir du temps devant moi, au moment de passer à l'action, je n'y arrive pas. J'ai peur de cette durée qui est devant moi. Ça, c'était la première observation. Ce qui fait qu'au final, peut-être que je vais trouver des occupations jusqu'à 11h. Et à 11h, je vais m'y mettre. Il me restera une heure jusqu'à midi. Et puis là, je vais réussir à m'être au travail et à être productive. Deuxième observation, c'est le vide physique. J'ai du mal à conserver un espace rangé autour de moi. En particulier, je pense à la table sur laquelle je travaille, qui est souvent la table de cuisine, mais qui peut être un bureau aussi. C'est comme si l'espace épuré me mettait mal à l'aise et j'avais besoin de le remplir avec des objets. Évidemment, la procrastination n'est pas très loin aussi derrière toutes ces choses-là. Je n'ai pas envie de faire un épisode sur la procrastination, je fais un épisode sur le vide, mais bien sûr qu'il y a un rapport entre les deux. Bien sûr que je vais procrastiner pour travailler et que je vais procrastiner pour ranger, mais ce que je trouve intéressant, c'est ce qu'il se cache derrière. Ce n'est pas forcément une difficulté à passer à l'action. Là, j'ai vraiment envie de l'aborder sous l'angle de la peur du vide. Donc, je reviens à mon espace vide que je remplis avec des... avec des objets, de manière pas forcément contrôlée, on est d'accord, et qui peut me jouer les tours aussi, parce que, autant peut-être que pour créer, j'ai besoin d'avoir des choses autour de moi, des carnets, des stylos, des piles de livres, ça je le savais déjà, j'en ai conscience, autant quand j'ai fini de travailler, j'ai pas forcément envie d'avoir des rappels des choses qui évoquent le travail, c'est bien de pouvoir couper et de pouvoir penser à autre chose. Et puis aussi, si je veux me lancer dans une activité complètement différente et que j'ai besoin de place, parfois je ne le fais pas parce que je me dis « non, mais il faut faire de la place sur la table, je n'ai pas envie, etc. » Voilà. Deux observations, le vide physique, le vide temporel, les deux sont limitants. J'en prends conscience et génère des limites pour moi, une problématique on va dire. Alors, la prise de conscience derrière tout ça, c'est que le vide pour moi, donc pas de rendez-vous dans l'agenda ou pas de... ou de l'espace vide autour de moi, c'est comme s'il me manquait une limite autour de moi. J'ai besoin d'avoir des contraintes, qu'elles soient physiques ou de temps, pour pouvoir me sentir contenue et pouvoir démarrer. Donc le mot important ici, c'est contenu ou contenant. Et c'est comme ça que j'ai abordé la question temporelle en particulier. C'est de gérer mes propres contenants. pour pouvoir me sentir contenue et ne plus avoir cette peur du vide. Donc l'océan devant moi de trois heures ou d'une journée complète fait que je vais créer des contenants mais de manière non maîtrisée. Je vais m'occuper pendant deux heures à des choses qui sont en plus souvent complètement inutiles et je vais donc créer un contenant naturel. Il ne me restera plus qu'une heure. Une heure, c'est quelque chose que j'arrive à gérer et à appréhender. Alors, comment j'ai fait pour la question du temps ? Je me suis dit que j'allais couper la masse en blocs de temps devant moi. Je parle vraiment de devant parce que c'est vraiment la sensation que j'ai. Donc, je me dis, je vais couper en blocs courts. Évidemment, les techniques de gestion du temps, il y en a plein. J'en ai testé plein dans le passé. Il y a les techniques Pomodoro où on se met des timings de 25 minutes, on fait des pauses, etc. Je n'aimais pas trop ce truc-là. Ce qui change vraiment ici, ce n'est pas tellement le choix de la technique. Après, on peut en tester plusieurs. C'est d'avoir compris le besoin derrière, le besoin du contenant et de la limite rassurante. À partir du moment où on a compris ça, on peut choisir le modèle de gestion du temps qui nous convient. J'ai décidé de tester, j'aime bien les durées de 30 secondes. minutes. Donc je me suis mis des créneaux de 30 minutes devant moi, un premier créneau de 30 minutes et puis une seule tâche dans ce créneau-là, parce qu'il y a aussi le nombre de tâches qui peut faire peur éventuellement. Et ensuite, je sais que j'ai enchaîné sur une deuxième période de 30 minutes, parce que cette période de 30 minutes-là, ça ne m'avait pas épuisée, donc je pouvais continuer. Et comme ça, j'ai travaillé une heure d'affilée, mais en me sentant, avec ce sentiment, cette impression d'être contenue. Et puis, j'utilise aussi des... comment dire ? Je me mets évidemment des carottes, si on peut dire ça comme ça, une carotte au bout, plutôt que de me dire... Je perds deux heures de mon temps à faire quelque chose d'inutile. Je préfère faire tout de suite une heure contenue que je maîtrise, voire plus, évidemment, l'objectif c'est de pouvoir aussi faire plus. Et derrière, après ce temps-là, je fais autre chose, quelque chose que j'ai choisi, mais quelque chose qui me fait vraiment plaisir bien sûr, mais qui va m'apporter une vraie détente. qui va représenter un peu d'utilité pour moi. Parce qu'on est d'accord que jouer une heure sur mon téléphone, ça ne m'apporte strictement rien, c'est de la perte de temps. Je ne dis pas qu'on ne peut pas le faire, qu'il ne faut pas le faire, ce n'est pas ça que je veux dire, mais si tous les matins, je perds du temps avec des activités comme ça, ce n'est pas ça qui va me faire avancer sur les projets qui ont du sens pour moi. Donc je préfère jouer avec mon esprit, Remplir. être un peu dans le contrôle de la façon dont je remplis le vide plutôt que de me sentir aspirée dans quelque chose et au final d'avoir vraiment l'impression d'avoir perdu mon temps. Parce que je peux avoir une matinée où je travaille une heure et le reste du temps je l'ai perdu, ou bien une matinée où je travaille une heure, où j'ai fait ce choix de travailler une heure de manière consciente et où je fais ensuite autre chose. soit avant, soit après, autre chose. Et ce n'est pas du tout la même chose, ce n'est pas le même ressenti qu'on peut avoir. Donc je reviens, ça c'est la comparaison si je dis que je veux faire une heure, mais bien sûr que je peux aussi réussir avec ma méthode à faire une matinée de deux heures, de trois heures par exemple, ou à faire une journée de travail plus intensive. Mais ce que je retiens là-dedans, ce n'est pas tant non plus de remplir ma journée systématiquement avec du travail, Parce que cette notion de « il faut travailler tant d'heures par jour » , c'est quelque chose qui est très lié au salariat. Lorsque l'on devient entrepreneur ou entrepreneuse, on apprend aussi à se détacher des horaires qui sont l'horaire classique d'un job salarié, dans lequel souvent les gens sont là, mais ne sont pas forcément performants toute la journée non plus. Donc, il faut apprendre aussi à se dégager du fait qu'une journée... de travail productive, ce n'est pas forcément une journée de 7 heures ou de 10 heures de travail. Parfois, travailler 3 heures, 4 heures, ça peut être suffisant pour avoir très bien avancé sur des sujets, pour avoir été ultra productif et il vaut mieux couper là et profiter de ce temps pour faire d'autres choses. Le problème avec moi, c'est que je me laissais, comme je l'ai dit, je travaillais peut-être ces 3 ou 4 heures. certains jours, quand je n'avais pas de rendez-vous, etc. Mais un peu de manière forcée, parce qu'à un moment, j'avais gaspillé du temps à faire des choses inutiles, parce que je n'avais pas compris ce besoin de contenant et d'être contenu que j'avais. Pour ce qui est de la partie bazar physique, je suis moins... comment dire, à même d'expliquer comment gérer cette partie-là, parce que j'ai pas forcément encore trouvé bien les solutions. Alors j'essaye, dans la mesure du possible, de délimiter des places pour pouvoir ranger les affaires dont j'ai besoin, par exemple, pour travailler. J'ai encore du chemin à faire sur ce sujet-là. C'est pas opérationnel, donc je vais pas trop développer cette partie-là. Maintenant, ce que j'avais envie de dire aussi sur cette Et... prise de conscience de la peur du vide, moi je relie ça à l'angoisse existentielle. Donc c'est une notion qu'on voit en psychologie. Nous sommes toutes et tous soumis à des angoisses, qui sont l'angoisse de la mort, et qu'on peut, par exemple, il y en a d'autres, et qu'on peut... et qu'on peut tout simplement formuler sous le terme d'angoisse existentielle, et qui font qu'on a une tendance justement à vouloir remplir, à vouloir fuir cette angoisse existentielle, et à avoir besoin de faire différentes choses pour pouvoir éviter de ressentir cette émotion-là. Alors, il y a... C'est un sujet que j'ai étudié dans un livre qui concerne le travail, les organisations, comment ça fonctionne dans les organisations, mais sur le plan psychologique et humain. Et j'ai trouvé ça très intéressant parce qu'effectivement chacun et chacune va avoir ses stratégies pour répondre à cette angoisse existentielle. Et donc le travail, c'était le sujet du livre, est une façon d'y répondre et notamment le fait d'une part de se sentir inclus dans un groupe, de se sentir inclus, accepté dans un groupe. Alors ça peut être au travail mais ça peut être ailleurs aussi. Donc ça, ça fait partie des éléments qui nous permettent de lutter contre l'angoisse existentielle. Et un autre spécifiquement lié au travail, c'est le besoin de sens. Le fait de trouver du sens dans son travail et donc de ressentir qu'on a une utilité, ce sont des choses très importantes pour lutter contre cette angoisse existentielle. Je ne vais pas faire tout l'épisode là-dessus parce que ce n'était pas l'objectif, mais j'avais envie de vous en parler. Cette angoisse existentielle qu'on ressent toutes et tous à différents moments sans forcément savoir que c'est ça, c'est normal. Après, on peut aussi vouloir choisir la façon dont on y répond. Et donc, moi, je pense que cette peur du vide que j'ai exprimée là, c'est une des façons dont l'angoisse existentielle peut s'exprimer chez moi. Et donc, lorsque je choisis la façon dont j'y réponds, il y a une forme de choix, en tout cas, et de souveraineté, pour ne pas dire contrôle ou maîtrise, mais en tout cas, une forme de choix dans la façon dont j'y réponds, plutôt que de me laisser, comme je l'ai dit avant, aspirer. par des activités qui, au final, ne me feront pas me sentir si bien que ça, parce que j'aurais l'impression d'avoir perdu mon temps. Je fais le choix de gérer ça un peu sous un angle différent. Donc, je le répète encore une fois, avec cette histoire de contenant d'une part, mais d'autre part, en faisant le choix des autres activités que je fais. pour remplir mon temps, plutôt que de me laisser faire. Et donc voilà, c'est une façon de répondre aussi à cette angoisse existentielle, de manière, comme je dis, plus contrôlée, plus dans le choix. Alors, je reprends juste mes petites notes pour voir s'il y avait autre chose que je voulais voir avec vous. Parce que comme j'ai fait ces transformations sur les derniers mois, je n'ai plus toujours tout en tête ce que je veux vous dire sur ce sujet-là. Oui, alors je rajouterais quand même un élément intéressant sur le vide. C'est que le vide, c'est... Donc on peut avoir ce besoin, cette sensation de manque et ce besoin de remplir d'urgence le vide. Ça c'est vraiment la partie qui est liée pour moi à l'angoisse existentielle. Mais il faut savoir que le vide peut aussi être un espace d'intégration, de pause nécessaire qui permet la création aussi. Ça c'est... Quelque chose que j'ai compris, déjà il y a un moment, le fait que lorsqu'on fait une pause, que ce soit un choix ou qu'elle nous soit imposée par la vie, parce que c'est souvent imposé par la vie, c'est aussi un espace dans lequel on vit des transformations. C'est le moment où on intègre en fait des choses qui sont passées. Ça peut être des choses qu'on a apprises, ça peut être des événements qu'on a vécu, des transformations qu'on a vécues. C'est un moment essentiel. Et lorsque ce moment de pause, ces temps morts sont passés, on se rend compte, moi en tout cas, je me suis rendu compte, j'ai compris qu'ils étaient nécessaires. Et j'ai vu à l'issue de ces moments-là que j'étais devenue une personne, une nouvelle version de moi. et que cette nouvelle version de moi était nécessaire pour pouvoir accomplir les tâches, les missions qui étaient à venir. Et que si je n'étais pas passée par ces temps morts-là ou ces pauses-là, je n'aurais pas pu le faire ou pas dans les meilleures conditions. Alors je sais que c'est quelque chose qui n'est pas facile à entendre, qui n'est pas facile à accepter. Même moi, ça m'arrive encore de râler, mais petit à petit, je comprends et j'accueille. le fait que ces temps-là sont nécessaires. Donc le besoin de combler immédiatement le vide, c'est ce qui va nous faire disparaître cette angoisse existentielle ou la peur du vide. Mais d'un autre côté, il ne faut pas les remplir tous tout le temps non plus. Voilà ce que j'ai envie de dire. Donc c'est à vous de sentir... comment il faut gérer ça. Mais vous pouvez vous poser des questions. Quand vous ressentez un espèce de sentiment diffus comme ça, qu'est-ce que je ressens là ? Est-ce que je ressens le besoin de combler absolument quelque chose ? Et du coup, je suis prête à le combler avec un peu n'importe quoi. Est-ce que je peux prendre le temps de me poser quelques instants ? et d'accepter qu'il y a cet instant de pause, même si c'est bref, même si c'est court, avant de le remplir. Comment puis-je ensuite combler ce vide de manière consciente et choisie, plutôt qu'en me laissant aspirer par quelque chose, juste pour combler à tout prix la peur ? Voilà des questions que je vous invite à vous poser lorsque vous vivez ces situations-là. Et puis, je vous invite aussi à beaucoup de patience vis-à-vis de vous-même. Ce n'est pas parce qu'on n'arrive pas à quelque chose du premier coup que tout est perdu. On peut remettre chaque jour le focus sur quelque chose et réessayer, réessayer, réessayer, cent fois remettre sur le métier à tisser. cent fois, mille fois s'il le faut. Chaque journée est une occasion de recommencer, de réessayer. Ce n'est pas parce que ça ne fonctionne pas tout de suite qu'il faut lâcher l'affaire. Donc, je vous invite à la patience, à la patience vis-à-vis de vous-même, qui est donc une invitation à l'amour vis-à-vis de vous-même. Soyez indulgente vis-à-vis de vous. J'espère que cet épisode vous a apporté quelques éclairages complémentaires et prenez le temps de le digérer et de voir comment ça peut vous aider et quelles sont les clés là-dedans dans l'ensemble de ce que j'ai dit qui peuvent vous être utiles et vous aider à avancer. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.