- Speaker #0
Après l'épisode Où dansent les Noirs, qui cartographie les fractures de la nuit et montrait comment le récit rave est arrivé déjà blanchi, puis l'épisode sur l'émergence et les percées des voix invisibilisées, on quitte le constat pour regarder ce qui bouge réellement sur le terrain. Comment des artistes et des collectifs diasporiques pilotés par des personnes noires déplacent la norme ? Le cadre est simple, faire place n'est pas prendre la place. Son mandat explicite sur l'axe racial L'inclusion fabrique surtout la tokenisation. Un récit ne se corrige pas par circulaire, il se corrige sur la piste. Là où des directions artistiques noires tiennent le volant, les codes bougent, mixité choisie, répertoire diasporique, imagerie centrée sur les artistes, et ça se voit dans la fréquentation, la récurrence des invitations, la consolidation d'une scène. Dans cette recomposition, le positionnement subjectif compte. Sortir de l'extérieur toléré, pour revendiquer une place au centre de la définition de la scène.
- Speaker #1
J'ai été vraiment dans un truc, un peu dans un espèce de void où est-ce que je suis à ma place ? Est-ce qu'on peut vraiment me considérer comme un acteur du truc ? Ou je suis encore un outsider ? Ou j'ai encore à devoir approuver ?
- Speaker #0
NS2, artiste français pluridisciplinaire dont le travail se trouve à la croisée de la danse, de la musique et du digital art.
- Speaker #1
Donc j'ai souvent refusé, tu vois, de discuter. Et c'est marrant parce que je me rappelle que Crystal Messe m'avait déjà posé des questions et j'avais dit je réponds hop. Je sentais pas que ma parole allait avoir de l'importance, tu vois. Parce que j'arrivais pas à savoir où je me situe, vraiment. Je me sens déjà privilégié de faire ce que je fais, parce que j'ai eu la chance d'avoir... Alors je peux pas parler pour tout le monde, et j'arrivais pas à me dire, ouais, je peux être un input assez intéressant pour que les gens se projettent, ou se disent, ah ok, d'accord, je capte où il en est, ou je peux me relate, tu vois, par rapport à ce gars-là ou quoi. J'avais encore du mal à comprendre où était ma place. Bah aujourd'hui, moi je me suis radicalisé. Tu vois, dans ma façon de penser. J'ai lâché l'affaire sur plein de choses. J'ai arrêté de m'adapter. Quand je dis m'adapter, c'est parce que j'adore m'adapter. Comprendre. De toute façon, j'ai jamais eu ce truc où peut-être plus jeune, je vais essayer de plaire, mais à partir d'un moment, avec les expériences que j'ai eues, avec le taf, le mannequinat, j'ai compris que plaire, je m'en battais les reins. En fait, j'ai des trucs à partager. Mais j'ai compris que je devais aller chercher le dialogue et pas attendre qu'on comprenne ce que je fais. Et là, ça va beaucoup mieux parce qu'en fait, je suis dans une autonomie. Je fais ce que je veux. Je suis obligé de suivre une traîne pour faire la musique que je veux. Je suis dans une pénétration lente et profonde dans ma vision de comment j'aimerais faire mon travail en tant qu'artiste.
- Speaker #0
La critique du mainstream n'est pas morale. Elle vise des mécanismes d'absorption qui neutralisent le contexte.
- Speaker #1
Le mainstream ne m'intéresse pas. Quand je dis le mainstream, c'est tout ce qui tourne autour. Comment le système est construit pour que le mainstream existe. C'est une espèce d'entité qui est dominante. et qui arrivent à très bien sucer toutes les entités qui sont minoritaires, tu vois ce que je veux dire ? Elles prennent le meilleur des minorités pour après en faire un truc un peu... Tu parlais de lycée, c'est un peu ça tu vois.
- Speaker #0
Le choc du Covid a accéléré une bascule, programmation plus poreuse et retour appuyé aux racines noires et queers de la techno.
- Speaker #2
Le Covid il a tellement coupé l'arbre sur le pied à tout le monde, tellement il y a eu un flot d'informations, il y a beaucoup de personnes qui se sont déconstruites pendant le Covid.
- Speaker #0
En 14 000. DJ influente de la scène parisienne qui évolue à l'intersection de la scène underground et mainstream.
- Speaker #2
Et c'est au bonheur des programmations et des programmateurs maintenant. Tu le vois dans les programmations du Rex qui sont un peu plus éclectiques, des grosses soirées rap avec Lilier. On adore, tu vois ce que je veux dire ? Que cette scène qui était assez fermée musicalement, en tout cas en termes de nightclubbing, ouvre ses portes à d'autres industries et compartimente le hip-hop comme musique électronique à part entière, tu vois. Et en même temps, il y a des gens qui ont compris que la techno découlait de pères, de nos pères fondateurs qui sont noirs et de surcroît, qui sont gays. C'est pour ça que la techno, ça me touche, parce que c'est un monde queer, c'est un monde où les gens, en fait, ils ont créé de la musique qui appartenait à une histoire commune. Il y a eu une réappropriation. pour le bien collectif de la techno peut-être et la diffusion de cette dernière. Oui, dans le monde, super, mais je ne trouve pas que tous les acteurs ont eu la chance de jouir totalement du fait d'être un perfondateur de ce mouvement. En tout cas, je n'ai pas l'impression qu'ils vivent mieux que certains autres acteurs non racisés européens à l'heure actuelle.
- Speaker #0
Black Lives Matter. a injecté de la conscience dans les line-up et sur le dancefloor en rappelant l'héritage et la responsabilité qui va avec.
- Speaker #3
Je pense que c'est une conscience collective qui a été vraiment actée, on va dire, après le grand mouvement Black Lives Matter dans les années 2000. 2020.
- Speaker #0
Roxy Mor, DJ et productrice française qui a évolué majoritairement en dehors de l'Hexagone, dont l'environnement musical qui recherche l'exploration se situe en marge de la culture club.
- Speaker #3
Je pense qu'il y a eu beaucoup de discours qui sont sortis par rapport à la présence des artistes noirs dans les line-up, etc. et aussi sur les dancefloors en fait. Et ça c'est une question qui a été vachement posée à ce moment-là et je pense qu'il y a eu une redécouverte de l'héritage. De cette musique, à ce moment-là, je pense qu'avant, si t'étais dans les milieux courts, et encore même, je pense que les gens n'avaient pas trop de conscience de ça, enfin, savaient vaguement que c'était une partie qui vient des Etats-Unis, c'est pas que des Etats-Unis.
- Speaker #0
D'autre part, le Covid, temps de pause, de réflexion et de création, a favorisé l'émergence d'initiatives comme Black Artist Database, une liste collaborative d'artistes, de producteurs et de labels noirs. La DJ et productrice Nyx, cofondatrice de la plateforme, expliquait dans le huitième épisode d'Inside Tracks de Mixcloud la naissance du projet. Oui bien sûr, BAD est né en 2020, donc ça fera 5 ans en juin. Nyx, DJ et productrice britannique et cofondatrice de la plateforme Black Artist Database.
- Speaker #4
Ça a commencé avec un groupe d'amis dont je faisais partie, des artistes, des DJs et des producteurs de Berlin, Londres et Lisbonne. On avait un groupe de discussion où on parlait de l'actualité, notamment aux Etats-Unis après George Floyd. Ça nous a amené à réfléchir à l'industrie musicale, notamment à la scène underground à laquelle on appartenait, et aux changements qu'on pourrait y emmener. Plus précisément, comment est-ce que nous, comme membres de cet écosystème, nous pouvions être plus proactifs pour dénoncer le traitement injuste des artistes noirs dans cette scène electro-underground ? Alors on a créé un tableur Google avec des noms d'artistes et leur compte Benkem. A l'époque, et je crois qu'ils le font encore aujourd'hui, Benkem suspendait sa commission chaque premier vendredi du mois pour que 100% des profits aillent aux artistes à ce jour-là. La veille, on a partagé la liste sur nos réseaux et le lendemain matin, il y avait 700 ou 800 noms dessus. Tout le monde avait accès au tableau et pouvait le remplir. Ça s'est développé tout naturellement à mesure que le lien circulait auprès de plus en plus de monde, de revues,
- Speaker #5
de plateformes.
- Speaker #4
Quelques mois plus tard, j'ai écrit à deux amis qui étaient développeurs pour leur demander d'en faire un site un peu plus facile à naviguer. Ils ont accepté. À ce moment-là, il y avait environ 2000 noms. Et c'est devenu un vrai site web, blackbandcamp.info. Les années qui ont suivi, on a continué de travailler avec des développeurs pour en faire une base de données fonctionnelle qui s'appelle aujourd'hui blackartistdatabase.com. Elle rassemble 5000 artistes et 1000 créatifs. On peut faire des recherches par nom, par lieu, par genre. Et il y a même un bouton à l'écran. aléatoire. C'est une vraie base de données. On a aussi travaillé avec des structures qui nous ont fourni des bourses et des liens qu'on pouvait partager avec les communautés, en plus des newsletters mensuels et d'autres ressources éducatives concrètes pour compléter les données elles-mêmes. Aujourd'hui, on travaille surtout sur notre site web et on propose à côté des événements à la fin des tables rondes, des conférences. BAD n'a pas été créé comme une forme de réparation économique. On s'est simplement demandé puisque les DJ ne peuvent pas faire de concerts ni de tournées, comment peut-on soutenir financièrement les artistes noirs ? C'est quelque chose à quoi j'ai beaucoup réfléchi. comme on... offrir une meilleure expérience aux auditeurs et aux acheteurs et comment remettre les artistes au centre pour qu'ils puissent partager leur travail et gagner leur temps. Je tiens vraiment à souligner une fois de plus que ce changement vient de plateformes alternatives, créées par des personnes marginalisées et non de l'industrie. Des plateformes comme la nôtre ne sont pas lucratives. On ne gagne pas d'argent. La plupart d'entre nous travaillent bénévolement. On demande des subventions pour mener à bien nos activités, mais l'industrie ne nous aide pas vraiment à pérenniser nos plateformes. Quand on parle de changement, on parle de ces plateformes comme la nôtre qui doivent travailler d'arrache-pied et lutter pour continuer à exister. L'industrie elle-même n'a pas changé.
- Speaker #0
À ce moment du récit, un rappel de résilience s'impose. La capacité des artistes et publics noirs à tenir malgré l'adversité structurelle est aussi un horizon politique.
- Speaker #6
« In my mind, we are the brightest light in the solar system. We are the brightest light. »
- Speaker #0
Jeff Mills, pionnier de la techno de Détroit, DJ et producteur.
- Speaker #6
« We are the ones that... » Nous sommes des survivants.
- Speaker #7
Si les Afro-Américains ont pu survivre à l'Amérique,
- Speaker #6
on devrait être capables de survivre à tout, songer à tout ce qu'on nous a infligé. Et pourtant,
- Speaker #7
on se lève chaque matin, on s'habille, on prend soin de nos familles, de nos maisons.
- Speaker #6
Si on réussit à faire ça,
- Speaker #7
alors personne n'est plus fort que nous. Nous portons l'espoir,
- Speaker #6
Bien.
- Speaker #7
Car nous avons dû affronter quantité de malheurs. Et il semblerait que nous ne soyons pas au bout de nos peines. Mais prenez note, cette fois, nous ferons les choses un peu différemment.
- Speaker #0
Reste un angle mort. L'axe racial est moins outillé que l'axe genre. DJ Westfa, coordinateur des événements de Black Artists Database, pose le constat suivant.
- Speaker #8
Ce que je constate, c'est que beaucoup de clubs et de promoteurs défendent l'égalité sans vraiment reconnaître les différences entre les artistes qu'ils engagent et leurs besoins à chacun. On devrait plutôt promouvoir l'équité, c'est-à-dire répartir les outils et la visibilité selon les besoins réels des artistes. C'est quelque chose qui fait vraiment défaut. Je vois beaucoup de collectifs et de clubs... qui ont les meilleures intentions, qui défendent la diversité, l'inclusion, l'égalité. mais qui ne savent pas réellement ce qu'être inclusif veut dire ou ce qu'implique l'égalité de traitement. C'est quelque chose de très frustrant pour moi. Les gens doivent apprendre qu'il n'y a aucun mal à être différent, à être un artiste en marge ou un artiste noir. Ce qui importe quand on travaille avec des groupes marginalisés, c'est de comprendre quel chemin ils ont dû parcourir pour en arriver là où ils sont. Je comprends bien qu'un promoteur ou un club ne puisse pas être parfaitement informé sur tous les sujets, sur toutes les difficultés qu'affrontent les artistes minorisés. Mais il faut qu'ils s'engagent sincèrement et pas que pour des stratégies marketing. C'est un vrai problème. C'est la même chose dans les hautes sphères de l'industrie. La plupart des postes sont malheureusement occupés par des hommes blancs et hétéros. Je connais quelques patrons de clubs qui essaient activement de faire bouger les choses, mais la structure globale reste très blanche. Il faut que ça change, que l'on prenne conscience de ce problème pour faire une place aux artistes, aux agents et aux promoteurs noirs.
- Speaker #0
Par ailleurs, si de nouvelles actions se mettent en place, la la communauté femme noire demeure sous-adressée. On ne refait pas l'ordre des choses du jour au lendemain, mais ça me donne envie de dire bon sang. Au quotidien, le terrain associatif réarme. Histoire des genres, archives décoloniales, féministes, moyens techniques, savoirs d'organisation, formats en mixité choisis. Mais en France, si l'activisme des artistes et collectifs féministes rouvre l'accès aux moyens de création et remet en lumière l'histoire des publics minorisés, Dans les faits, L'essentiel des dispositifs reste centré sur le genre. Ils sont faits pour les femmes et personnes s'identifiant comme telles, et on en a besoin. Simplement, il serait bon d'y intégrer les problématiques intersectionnelles et donc la dimension raciale.
- Speaker #9
Il y a beaucoup d'initiatives pour rassembler les femmes, les queers.
- Speaker #0
Tatiana Jane, DJ et productrice franco-cameroonaise, signée sur le label Headbanger.
- Speaker #9
Mais en tout cas, en ce qui concerne communauté noire-femme, c'est inexistant. Il y a une meuf qui a fait un répertoire avec toutes les DJ femmes de France, mais je n'y suis pas dedans. Donc, je ne sais pas, parce qu'on a eu un bif personnel. Mais même ça, tu vois, c'est représentatif en fait de l'intention. C'est-à-dire que moi, si mon intention est de mettre en avant toutes les femmes, femme, même si j'ai un bif avec une femme, je vais quand même mettre son nom parce que c'est l'idée. Donc en fait, j'ai souvent l'impression que ce truc est un cheval de Troie ou un truc de dire « vas-y, j'ai cette bataille-là pour pouvoir me démarquer des autres profils » . En fait, j'ai cette impression que certaines personnes qui font ça le font pour d'autres intérêts. ou leur intérêt personnel. Ça, c'est l'impression que j'ai. Et je pense que c'est un peu ça, parce qu'au final, il n'y a pas de rencontre autour de ça, il n'y a pas d'action claire.
- Speaker #0
Prenons donc quelques instants pour congratuler les projets collectifs qui font bouger les choses et qui font du bien à la scène. Parmi eux, Move Your Gambette, initié par DJ Bernadette, qui travaille autour de la sous-représentation des minorités de genre dans le milieu des musiques électroniques. More Girls Behind Decks, un programme d'initiation au DJing en non-mixité, créé par la DJ Mayu Pichu, ou encore Bridging Woman, un projet transfrontalier soutenu par l'Union Européenne, qui vise à promouvoir les artistes femmes et personnes non-binaires en milieu de carrière de la scène des musiques électroniques. Ce qu'on retient de tout ça ? Il faut poursuivre et recentrer l'axe noir et celui des personnes racisées plus globalement. Sinon, l'effort de transmission s'arrête à mi-chemin. La réécriture du récit passe aussi par des scènes et des images qui assument leur centre de gravité noire, comme la ballerine scène parisienne, de plus en plus visible grâce au House of Ninja et Mizrahi dans un premier temps pour ne citer que les pionnières en France, puis le travail de Vinnie Revlon qui a su faire voyager cette communauté du plancher de la guettée lyrique au plateau de France Télévisions, ou encore des figures emblématiques comme The Legendary Queen Mother Nikki Gorgeous Gucci et Kiona pour ceux qui ont regardé Drag Race. qui ensemble redessinent les imaginaires et le son des Pride, car un ball sans DJ et sans MC n'est pas un ball. Côté nocturne, on retrouve les soirées du collectif La Créole, un espace de fête, de communion et de politique, un environnement où les identités peuvent circuler librement dans le respect mutuel. Un projet centré d'abord sur les minorités, raciales, femmes, LGBTQIA+, où la dimension sociale est omniprésente et rendent d'une certaine manière hommage à la complexité de la culture créole, puisque leurs soirées s'inscrivent volontairement dans le courant de la pensée de l'écrivain Edouard Glissant. Ces deux dernières années, on note aussi la naissance de nouveaux projets et de nouveaux collectifs. Préto Novo, une plateforme qui utilise la mode et la musique pour recentrer des esthétiques noires et queers sur la scène parisienne et au-delà, revendique l'héritage afro-brésilien sur le dancefloor. D'ailleurs, son nom vient de Préto Vélo. qui signifie littéralement « vieux noir » pour nommer les esprits désincarnés des morts. Préto Novo, c'est la version jeune de Préto Vélo, la version du présent et du futur qui n'oublie pas de remercier les anciens. Il y a aussi Headbutt Project, un espace de rencontres et d'expressions à la croisée de la performance, de la danse et de la techno, née de la rencontre entre deux filles métisses, Marie Manguelet et Vanny Ferraghi, après avoir réalisé que personne ne leur ressemblait dans les organisatrices en France. Leur objectif, offrir un espace où chacun et chacune peut être soi-même, sans jugement, tout en honorant la culture noire et en rejetant toute forme de discrimination. Côté francophone, la moonshine fait briller Montréal et Djoko Collective, Barcelone. La majorité de ces espaces refusent le folklore et assument une centralité qui facilite la compréhension que l'on a des musiques électroniques et des sons que l'on peut écouter en club.
- Speaker #10
Jouer les genres. Éduquer un peu les gens dans les clubs ou...
- Speaker #0
Mouki, DJ et producteur, membre du collectif Joko. basé à Barcelone.
- Speaker #10
Commencer à comprendre qu'il y a des rythmes différents, qu'on n'est pas obligé d'être 1, 2, qu'on peut être 1, 2, 3, 1, 2, 3, 1, 2, 3, 4, 1, 2, 3. Tu vois, genre, wow, qu'est-ce qui se passe ? Les gens dansent, ils ne comprennent pas trop ce qui se passe, mais ça leur ouvre l'esprit, ça leur ouvre the mind. Et puis aussi, comme je te disais, d'amener, de pouvoir programmer, d'amener des gens d'Afrique ou de la diaspora qui puissent, eux, montrer leur style, les nouveaux genres et tout ça, Et qui aient l'opportunité. C'est aussi de simplement voyager, de s'exporter et d'être un portal. Je pense que c'est un peu ça l'idée de Joko. La mission de Joko, c'est un peu ça.
- Speaker #0
Cette centralité ne se joue pas qu'en salle. Elle passe aussi par les outils de production. de communication, l'usage assumé de canaux décentralisés, de niches et de réseaux obscurs permettant de rester maître des codes et d'éviter la dilution des formats noirs dans le flux mainstream.
- Speaker #1
En tout cas, moi, les réseaux sociaux, j'essaye d'être dans des réseaux super obscurs, des canaux de communication qui ne sont pas forcément des trucs mainstream. J'ai une utilisation d'Internet qui est à l'image un peu de ma Zik, où j'aime les trucs de recherche, j'aime les trucs de niches, parce que pour moi, ça exprime quelque chose. A partir du moment où tu te démarques dans ta façon de communiquer, en tout cas la façon d'utiliser un outil, pour moi c'est une façon de voir comment tu te démarques des choses, si t'es d'accord par rapport à un système ou si t'es pas d'accord. Tu vois, d'utiliser des canaux plus ouverts comme Instagram, TikTok, tous ces trucs-là, moi je suis pas contre, parce que je l'utilise aussi, mais par contre derrière, c'est deep down dans des canaux de décentralisation du web, du peer-to-peer et ce genre de choses.
- Speaker #11
D'avoir des représentations différentes. Comme je disais, quand j'allumais la télé quand j'étais plus jeune, c'était tout le temps les mêmes têtes, pour moi ça n'existait pas. avec internet, les réseaux sociaux, là on voit d'autres acteurs et on peut se permettre de dire « Ouais, moi aussi je peux le faire en fait, ça c'est cool, moi aussi c'est ce que je, en tant que personne concernée ou engagée, je sais qu'il y a une représentation, genre, que ce soit à ma musique, de par mes écrits, de par tout ça, c'est une représentation. Donc ça c'est cool et il faut que ces représentations là existent. Par contre, après c'est qu'est-ce qu'on en fait de ces représentations ? Parce que si c'est de la représentation que pour la représentation, là encore une fois on tombe dans l'essentialisme. on tombe dans le fait que l'essentialiste c'est D'être défini par ce que tu es, de par ton identité. Donc à partir de là, c'est-à-dire qu'on est bon... D'autres promoteurs vont voir ça et vont dire « Ah moi aussi je veux une femme d'or sur mon line-up ! » Voilà, et c'est ce qui va donner les problèmes qu'on a actuellement. Pour moi, c'est pas une avancée, c'est...
- Speaker #2
Je trouve que par exemple les réseaux sociaux aident au développement d'une scène, d'une nouvelle scène que j'appellerais la scène des Gen Z. En 14 000. Qui est beaucoup plus diversifiée en fait. Où il y a toutes les têtes, tous les corps, tous les genres. J'ai vu encore la dernière fois un réel d'un mec qui faisait de la techno avec du bouillon, etc. Il y a tellement de métis, il y a tellement de trucs qui sont en train de se passer grâce aux nouveaux technologies, grâce au fait qu'on est de plus en plus connectés. J'ai qu'envie de voir le positif. Mais je ne peux pas mentir sur le fait que c'est long. C'est trop long. être raciste c'est tellement has been genre qu'est ce que tu vas me dire j'aime pas les noirs l'asie c'est bon frère ça ça date là arrive avec quelque chose de thé arrivant guen et arrivant et rennes tu vois genre l'âge des phases un peu et de trouver des trucs mais non il Il n'y a rien à dire, en fait. Et que les programmations ne soient toujours pas en équité de genre, qu'il n'y ait pas forcément certaines scènes représentées par les bonnes personnes, c'est de la faute des gens qui sont au-dessus de moi et qui veulent reproduire un système. Je n'ai pas les armes encore pour les contrer. Est-ce qu'on doit faire un blocus ? Est-ce qu'on doit faire un shutdown ? Est-ce qu'on doit dire... Nous, on ne mixe plus pour vous. Si on fait ça, il n'y a plus de représentation. Du coup, on nous oublie. C'est un peu une bataille. Enfin, c'est difficile d'avoir un possessionnement où tu te dis, vas-y, je suis un cavalier et je ne vais que bouffer de cette manière-là. Tu peux être un cavalier et parfois, tu vas devoir être le fou. Tu vas devoir avancer en diagonale parce qu'en fait, quand tu avances en diagonale, ça permet une perspective aux personnes qui arrivent derrière toi. Mais tu as envie d'être un cavalier et d'y rejoindre mes chefs de fuck-up, en fait. Donne-moi une stage et je ne mets que des renois dessus, en fait. Et tu as au moins déjà... Plus de 30% de ta programmation, c'est que des personnes qui sont racisées et qui savent ce qu'ils jouent.
- Speaker #0
La dénomination est politique. Tant que les plateformes et agendas professionnels ne référencent pas correctement les genres de musique électronique et africain, comme Singli, Kadodi, Kuduro, etc., l'oreille publique reste tenue hors contexte. Dans le même temps, la dite nouvelle Underground Global Music, issue des Suds, Kampala, Bogota, Mumbai, réécrit la carte. Tandis que Lagos voit l'Afro House s'infuser dans des raves. D'Erek Debru, cofondateur du festival ougandais Nyege Nyege.
- Speaker #12
Tu vois,
- Speaker #13
une chose que j'ai notée, c'est que sur Spotify, sur Soundcloud ou sur d'autres plateformes de musique, il y a des centaines de genres. Je ne sais pas, il y a bien 50 genres de rock différents. En revanche, en musique électronique, on ne trouve pas de gomme. Pas d'Eloné, de Kadodi, de Balanisho. À la limite, tu peux trouver un peu de Singeli. Et ça, ça nous ramène à la nécessité de décoloniser la culture, de défaire cette logique du centre et de la périphérie. Au centre, il y a toujours les mêmes. Live Nation, Spotify, Ibiza Sound, Amsterdam Dance Event. Et tant que le centre ne regardera pas vers la périphérie, il imposera toujours le même récit, même si les angles morts ne sont pas vraiment intentionnels. C'est pour ça qu'on a toujours milité pour une définition plus ouverte de la musique électronique. On peut considérer le coup d'ourreau ou le coupé-décalé comme de la musique électronique. Sur la piste de danse, les gens veulent des rythmes variés, quelque chose qui leur permette de bouger leur corps de différentes manières. Et petit à petit, les gens s'habituent à cette variété.
- Speaker #12
Tu vois,
- Speaker #13
dans plein de pays africains, quand tu passes la techno, les gens trouvent ça un peu ennuyeux, trop répétitif. Ils disent, mais je ne peux pas danser là-dessus, je ne fais que bouger la tête. Moi, je veux vraiment danser. Le corps et la musique sont étroitement mêlés. Et quand on regarde les dancefloors européens aujourd'hui, on voit que les gens commencent à s'ouvrir, qu'ils dansent différemment. Tu vois, ils se lâchent un peu. Je me dis toujours que si la techno a un tel succès en Europe, c'est parce que les gens ne savent pas danser. Ne bouger que la tête pendant des heures, évidemment, c'est plus simple que de coordonner ses épaules, ses hanches, tout son corps. C'est pourquoi à New York, tu trouves plein de styles musicaux différents. Surtout dans les communautés queer, c'est comme ça que la techno a commencé à l'origine. C'est un mouvement de tout le corps et pas un truc mécanique sombre ou restrictif.
- Speaker #0
Reste la question du public et des imaginaires transatlantiques. C'est-à-dire qui est sur le dance floor, derrière le boost, et que se racontent nos diasporas les unes des autres.
- Speaker #7
En 30 ans, Je n'ai jamais joué pour un public européen qui soit majoritairement noir. C'est la composition des villes et de la scène qui veut ça. La techno attire surtout un public blanc et masculin. Ce n'est pas si inhabituel. Ce serait à peu près la même chose pour les gens qui sont en France. chose aux Etats-Unis. Mais je veux dire un mot des relations entre les noirs américains et les noirs européens. Je vis ici depuis un certain temps déjà, et il y a beaucoup d'idées fausses qui circulent entre ces deux communautés. J'ai toujours eu l'impression que les Européens noirs étaient un peu déconcertés par les Noirs américains. Ils trouvent que les Noirs américains sont plus tape à l'œil, plus fanfarons. Et c'est vrai. Mais il faut comprendre l'histoire qu'il y a derrière. La loi nous interdisait de posséder certaines choses, d'accéder à certains lieux. D'une certaine façon,
- Speaker #6
on essaie de rattraper ce dont on a été si longtemps privés.
- Speaker #7
Je parle des années 60. Moi,
- Speaker #6
je suis né en 63.
- Speaker #7
Et il y avait encore des lieux qui nous étaient interdits en
- Speaker #6
65. En 61,
- Speaker #7
62, 63, il y avait encore des Noirs dans le sud qui vivaient dans les plantations où leurs familles avaient été esclaves durant des générations.
- Speaker #6
Ça c'était les années 60.
- Speaker #7
Et donc toute l'ostentation, les chaînes en or, les rappeurs, tout ça vient du besoin dévorant. de rattraper notre retard.
- Speaker #6
Mais au fond, c'est quelque chose d'inconditionnel.
- Speaker #7
C'est ce que je veux dire. Quand je vois une personne noire ici en Europe, j'éprouve le même amour inconditionnel que pour n'importe quel noir américain. qui qu'ils soient, quoi qu'ils fassent et où qu'ils vivent. C'est inconditionnel. Même si on est timide, qu'on ne se dit rien, ça je le ressens toujours, toujours l'envie irrépressible de créer un lien et de parler. C'est un sentiment que j'ai à chaque fois.
- Speaker #0
Dans un besoin de connexion qui traverse les océans et les mers, la curiosité, la reconnaissance mutuelle et le désir d'échange concret s'intensifient.
- Speaker #7
Je parle pour tous les Noirs américains. On a toujours voulu se connecter avec les autres Noirs, où qu'ils soient. N'importe où, en Scandinavie, n'importe où. On cherche toujours à les connaître, ça fait partie de notre histoire en tant qu'Américains. Il faut se connecter pour survivre. On a besoin de savoir ce qui se passe. Comme disait Marvin Gaye, what's going on ? Quoi de neuf, mon frère ? Il vient de Détroit, Marvin Gaye, et le titre de ce morceau, ce n'est pas un hasard, ça nous ressemble. Ça fait un bon moment que je vis ici, et je ne me connecte plus aux autres autant que je le voudrais, ça, ça m'attriste.
- Speaker #0
L'exemple de Nyege Nyege prouve que déplacer la définition de l'électronique en reliant scène locale, producteur et public prêt à écouter autrement, c'est désormais possible.
- Speaker #13
Il y a 15 ans, si tu proposais à un Ougandais d'écouter de la musique électronique sans parole,
- Speaker #12
il ne considérait pas ça comme de la musique.
- Speaker #13
Voilà quel était le statut de la musique électronique, du moins pour la majorité des gens. Alors qu'en Afrique du Sud, par exemple, il y avait une longue histoire de la house, avec le Kwaito, la Bacardi House, la Deep House. En Ouganda, la musique électronique était encore marginale et très mal comprise. Nyege Nyege a toujours milité pour élargir le spectre de la musique électronique au-delà de la house et de la techno. Pour beaucoup d'Ougandais, la house et la techno,
- Speaker #12
c'était de la musique de blanc. Et en même temps,
- Speaker #13
dans le nord du pays, en Acoliland, il y avait de la musique électronique, des rythmes traditionnels réinterprétés sur ordinateur. Ça sonnait comme de la musique électronique, c'était pas du 4x4, les signatures rythmiques étaient différentes, mais ça sonnait comme de l'électro.
- Speaker #12
Au nord de l'Ouganda,
- Speaker #13
donc en Aquilolande, il y avait ce style appelé Atelier Tronix. A l'est, un style appelé Kadodi, qui suivait le même schéma. Des jeunes producteurs, influencés par les rythmes traditionnels, faisaient de la musique sur ordinateur,
- Speaker #12
avec ou sans parole. À l'époque, c'était la musique mainstream qui était dominante en Ouganda.
- Speaker #13
Dans les années 90, on écoutait beaucoup de musique congolaise. Au début des années 2000, c'était le tour des musiques nigériennes et jamaïcaines. L'Ouganda n'avait pas encore trouvé sa propre identité sonore. Il faut se rappeler que dans le pays, il y a 54 groupes ethniques différents. chacun avec son propre son. Quand on a lancé Nyege Nyege, on a commencé avec des petits événements. C'était des espaces alternatifs pour accueillir tout type de musique. Les personnes qui faisaient ce genre de son dans le nord et à l'est ne se disaient pas qu'ils faisaient de la musique électronique. Ils faisaient juste leur musique. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils étaient exclus de la définition de la musique électronique. Il y a des exemples partout sur le continent. Dans beaucoup de zones rurales, les gens font de la musique avec des machines. Parfois pour des raisons économiques ou simplement pour pouvoir faire leur son tout seul.
- Speaker #12
En Tanzanie,
- Speaker #13
il y a le singeli, une musique électro très rapide qui vient de Dar es Salaam. En Côte d'Ivoire, il y a le coupé décalé et maintenant le biama. En Angola, le kuduro. En Afrique du Sud, il y a l'amapiano, le gomme, le mapanta.
- Speaker #12
Au Gabon,
- Speaker #13
il y a l'Eloné. En Égypte, le Maraghanat. Il y a de la musique électronique sur tout le continent. Quand j'ai été invité à l'Amsterdam Dance Event, l'une des principales conférences de musique électronique en 2017 ou 2018, il n'y avait que deux ou trois artistes africains sur les 200 invités. Cela montrait combien la définition de la musique électronique restait vraiment eurocentrée. La house, la techno, éventuellement la drum and bass, le footwork, le juke, le gabber. Mais surtout, les courants vraiment commerciaux de l'IDM, de la house. et de la techno.
- Speaker #12
Et tu vois,
- Speaker #13
dix ans plus tard, l'espace qu'on a créé a permis de mettre en lumière la musique électronique des différentes communautés africaines et a permis à des producteurs africains de rencontrer aussi la scène mondiale. Ils n'essayaient pas de faire de la musique électronique africaine, tu vois. C'était juste des personnes africaines qui faisaient de la musique électronique. Et c'est important de ne pas tomber dans ce piège de la musique du monde, de ne pas effacer les Africains qui font aussi de la techno, de la house, de la bass music et d'autres styles. Et ensuite, on a ouvert un studio communautaire où chacun pouvait créer librement ce qu'il voulait. Et ça a fait émerger des producteurs vraiment originaux. Ailleurs, sur le continent, là où il n'y avait pas de scène électronique locale, c'est quelquefois des expats qui ont pris la main. Les scènes sont malheureusement devenues des soirées bourgeoises avec des DJ qui n'avaient jamais joué dans leur propre pays mais qui passaient de la techno et de la house en Ethiopie ou au Kenya. Pour nous, ça a toujours été important de rester underground en fusionnant le hip-hop, les troupes de percussion, le dancehall, la musique électronique et les sons afro-diasporiques de Kampala.
- Speaker #12
Les diasporas africains de Kampala se sont tous unis.
- Speaker #13
Ça n'a jamais été une question de changer la culture, mais plutôt d'apprécier la diversité du paysage culturel et de veiller à ce que chacun,
- Speaker #12
quelle que soit sa vision esthétique ou artistique, puisse y trouver sa place.
- Speaker #0
J'en profite pour faire un aller-retour du côté de Barcelone, afin d'échanger avec Mouki, membre du collectif Djoko, qui s'inscrit dans une démarche similaire à Nyege Nyege, mais avec leur propre ADN et environnement sonore. Et si vous avez un jour l'occasion de vous rendre à leur soirée, surtout, n'hésitez pas.
- Speaker #10
Djoko, qui signifie connexion en Wolof, est né à travers deux personnes à la base, qui sont Maguette Dieng et Babassi, qui justement sont des Sénégalais ou... descendants de Sénégalais et qui sont basés à Barcelone depuis des années. Maguette est née à Barcelone et Baba vit à Barcelone depuis une quinzaine d'années, je dirais, peut-être même 20 ans, je ne sais pas. Ce collectif est né de ces deux personnes qui ont vu la nécessité dans cette ville et en Espagne de mettre en avant un côté de la culture électronique africaine et de la diaspora africaine, donc sur le continent et ici, qui n'étaient pas forcément représentés. qui était en émergeant même dans le reste de l'Europe en soi, avec beaucoup de genres émergents comme le gomme, ou le kuduro expérimental, ou plein d'autres genres en fait. Même des gens qui font du métal au Kenya ou quoi que ce soit. Et d'essayer de mettre ça en avant un petit peu, le fait qu'il y avait une scène underground de l'électronique en Afrique et que du coup ils le faisaient d'une certaine façon, Puisque, bon... On sait que la musique est née en soi en Afrique. C'était intéressant de se pencher sur comment ils le faisaient, comment ils le percevaient et comment ça pouvait influencer ce qui se passe en Europe et montrer aux gens ce qui se passe en Afrique. Ouvrir les yeux des gens et donner l'opportunité surtout à des artistes africains et de la diaspora de jouer en Espagne, en Europe, d'être un espèce de portal. Je pense qu'il y a énormément d'artistes africains, noirs Ouh ! racialisés on va dire qui peuvent relate parce que c'est toujours assez compliqué il y a pas mal de schémas on va dire et de patterns qui se répliquent c'est à dire il y a la tokenisation soit ils veulent de toi pour une raison pour compléter un vide il nous faut quelqu'un de noir, on va le mettre là et du coup quand tu leur proposes quelque chose si c'est un peu avant gardé, si c'est un peu différent ils sont un peu Attends, c'est ça votre proposition et tout ? Vous voulez pas plutôt amener des danseurs ? Amener des gens qui font du tam-tam ou quoi ? J'exagère un peu, mais ça nous est arrivé. Des choses comme ça, tu vois. Et nous on est genre non en fait c'est une pièce afro-futuriste je sais pas quoi ou on va partir par là et on va refaire... Non on n'est pas là dedans, on n'est pas dans le cliché en fait du tout et donc du coup là c'est là que c'est compliqué donc des fois faut dire non en fait tout simplement, en fait faut dire non beaucoup de fois pour que les gens comprennent que... Ils ne vont pas... They're not gonna bend you. Et ta vision, c'est ce qui est important parce qu'elle est concrète dans ta tête. Et donc, arrive au bout d'un moment, ils se rendent compte que c'est solide, ton projet, et qu'ils en ont besoin et qu'ils ont envie de faire partie du fait que dans tous les cas, on va y aller. On va aller de l'avant, peu importe si tu nous aides ou non, on va aller de l'avant. Donc, tu ferais mieux d'être avec nous si tu veux pouvoir, après, te tirer certains mérites de ça. C'est con, mais c'est vrai. C'est ça, l'idée, en fait. Après, il y a des gens dans tout ça qui sont bien évidemment de base, genre complètement déjà ouverts, déjà « awakened » , on va dire, et qui n'ont que ça en tête, de participer avec quelque chose de divers et qui ont déjà cette empathie un peu pour les minorités ou quoi.
- Speaker #0
Retour à nos moutons, bien qu'on soit restés dans le même pré. Pour éviter le tourisme de genre, il faut de la durée. Réinvitation, angle éditorial renouvelé, studio, continuum d'artistes plutôt qu'un non-totem par an. Derek Debrue nous explique comment il travaille toute l'année pour s'assurer que l'intérêt grandissant pour ces nouvelles scènes soit durable et ne constitue pas simplement une mode pour les publics et les scènes internationales.
- Speaker #13
Je pense que ces deux aspects étaient importants, notamment pour l'Afrique de l'Est, parce que personne ne connaissait la musique de la région. On n'a pas cherché à promouvoir la musique est-africaine, on voulait simplement apparaître sur le radar. On voulait que les gens se disent « Tiens, en fait, il y a une scène en Afrique de l'Est avec des artistes comme Campire, Slickback, Zilla, Hibotepe. » au Team Alpha, DJ Travla. Ce qui nous intéressait, c'est de faire découvrir quelque chose de nouveau. Ensuite, on a dû s'assurer que ça ne serait pas juste une phase, une mode passagère. Prenez Shungan Electronics, par exemple, où Nozinja a été une révélation pendant un an, et après ça, plus rien. Ou prenez le GOM. D'un coup, DJ Lag est devenu le son de l'Afrique du Sud, la nouvelle musique électro. Mais à Durban, il y avait des centaines d'autres gens qui faisaient du son, avec toutes sortes de styles, de variantes et de dérivés du gomme. Pourtant, c'est juste DJ Lag qui faisait la couverture de Mix Mag. Et puis, on passait vite à autre chose. Et il y a eu aussi DJ Spoko et le Bacardi House. Et de nouveau, c'était fini. Ce qui se passe aussi, c'est que ces sons sont repris par des mecs blancs, en Europe, qui les diffusent partout, et d'un coup on se demande « Attends, où sont les artistes brésiliens qui ont créé ces morceaux ? » On devait rester cohérents, et pour ça il a fallu organiser nos propres soirées, proposer de nouvelles approches, en faire quelque chose de durable, qui aurait une vraie influence sur la culture musicale mondiale. Le Singeli est un bon exemple. Ça fait 8 ou 9 ans qu'on travaille avec le Singeli. La première année, Bambapan et Machiavelli ont fait une trentaine de concerts. Tout le monde ne jurait que par le Singeli. Puis d'un coup, plus du tout. Plus rien, plus bouquet. Heureusement, on a rebondi. Et si Ciccio et Maeko faisaient des lives ? Et si DJ Travella explorait un peu plus la mélodie ? Et si Rem et Asher, un duo mère-fille, se produisaient sur scène ? Les producteurs européens ont commencé à s'intéresser à ces artistes et à leur musique. Des collaborations se sont montées et le sing-a-lee est aujourd'hui reconnu comme un genre à part entière.
- Speaker #0
D'autre part, la tokenisation fabrique aussi de la compétition artificielle entre concernés quand les programmations refusent les présences plurielles.
- Speaker #9
Ce n'est pas normal que des « We love green » Qu'on ne voit pas des Andy, des Crystal, des Odilo, c'est leur rôle en fait. Ils ont des subventions pour ça. Ils arrêtent de nous saouler avec des artistes internationaux.
- Speaker #0
Tatiana Jane, DJ et productrice franco-cameronaise signée sur le label Headbanger.
- Speaker #9
Ok, Charlie, c'est cool, mais une fois qu'elle a pris 100 000 balles, tu vas aller prendre des gens qui ne savent pas mixer. Pour 300 balles. En fait c'est pas ça en fait, t'as des gens qui font des trucs, t'as Vanny qui fait Headbutt là depuis un an, le projet il est incroyable, mais Book est là en fait, arrêtez de nous dire oui on book des gens pour qu'ils ramènent de l'argent, mais en fait elle a construit sa communauté, sa crowd. Donc si tu la book, elle va ramener sa communauté, sa crowd. Pourquoi tu veux pas en fait ? Pourquoi vous voulez pas juste donner une récompense à ceux qui bossent comme des chiens dans le fond en fait ? C'est un problème, je comprends pas en fait ce truc venant des promoteurs et des médias archi-axés sur l'argent et sur ce que les gens ramènent alors que c'est tellement... l'unité de mesure elle est inexistante en fait. Alors, je ne veux pas faire trop de name dropping parce que ce n'est pas bon. Mais voilà, j'ai pris l'exemple de Vani. Je prends l'exemple de Crystal. Je prends l'exemple... Je pense que ce n'est pas les seuls qui font des trucs incroyables. Mais pourquoi ils ne sont jamais bookés ? Ni We Love, ni Peacock. Parce que c'est des copains. Le gars, il va booker ses potes. Et il va nous faire le même line-up tous les ans. On ne va pas avancer en fait si on fait ça. Donc plus les promoteurs nous ferment la porte, plus nous, entre nous, on a envie de se flinguer parce qu'on ne comprend pas pourquoi l'autre marche et pas nous. On ne comprend pas pourquoi... Alors qu'en fait, une victoire, ça doit servir à toutes. Ça a toujours marché comme ça, dans toute l'histoire de la musique. Ed Banger est Ed Banger parce que c'est Quentin Dupieux, c'est Sébastien, c'est Justice. Il y a un peu l'ombre de Daphne qui plane autour. En fait, c'est un groupe. C'est-à-dire que s'il y en a un qui arrive à avoir le... C'est tous les autres qui héritent de ça, en fait. Je ne sais pas si tu as vu l'interview de Théodora, pour finir. Ou à un moment, elle dit, je ne comprends pas. pas ce délire de c'est la nouvelle temps, c'est la nouvelle ci. En fait, je suis pas là pour remplacer Ayana Kamura. Ayana Kamura, elle existe. Et moi, j'existe en fait. Et on peut cohabiter. Et ça, je le ressens en fait encore aujourd'hui. Que sur un line-up, s'ils prennent une noire, ils vont prendre une. Et du coup, ils vont se dire, c'est bon, on en a déjà une. Alors que sur un même line-up, tu peux très bien avoir Crystal, Vanny, moi et Andy, tu vois. Et ça n'a rien à voir, tu vois. Et ça sera un line-up de fous malades. Tu vois, j'espère bien. Moi aussi. J'espère bien. Parce qu'en fait, la mentalité, elle n'est pas bonne et on ne va pas progresser. Je te dis ça parce que je suis allé voir les anglo-saxons et vraiment, ils ont une autre mentalité et une autre manière de construire le business. Et je pense que plutôt que de les inviter des pays 50K, on pourrait peut-être juste prendre exemple chez eux. En fait, comment ils bossent, comment chacun a sa place et comment chacun aide. à sa manière en fait.
- Speaker #0
Le soin intracommunautaire s'impose donc comme une condition de la durée. Sortir des micro-conflits et reposer la curiosité active comme moteur du commun.
- Speaker #1
N'ayons pas peur entre nous. Soyons curieux et en fait moi je pense qu'on peut vraiment se parler et qu'on a plein de choses à écrire encore. Il y a des... Des espèces de micro-ingérences entre nous qui fait qu'en fait on est en train de perdre notre temps de temps en temps sur des sujets qui ne sont pas nos sujets. Et en termes de création, on a toujours su faire nos espaces.
- Speaker #0
A l'échelle du métier, un principe de camaraderie lie les DJ au-delà des frontières. Une expérience sensible partagée qui précède même la scène.
- Speaker #7
Il y a ce genre de camaraderie entre tous les DJ, qu'ils soient noirs, blancs, hommes, femmes, qu'importe. On fait le même métier. on partage les mêmes buts et on est contemporain. Que tu aies démarré hier ou il y a 30 ans, c'est pareil. Si tu choisis de devenir DJ, alors on est connecté. Et je ferai tout ce que je peux pour t'aider à t'améliorer.
- Speaker #6
Ça,
- Speaker #7
ça n'a jamais changé. Avant même que moi je devienne DJ, cette camaraderie, ça remonte à Frankie Knuckles, à Larry Levan et même au-delà. On est tous liés. Tous les DJs. On partage les mêmes expériences. Ce que je veux dire, c'est qu'on entend la musique avant le public. C'est ce qui rend cet art si extraordinaire. La musique qu'on joue, c'est une chose.
- Speaker #6
Mais ce qu'on vit, c'est cette expérience,
- Speaker #7
c'est quelque chose de très spécial que tous les DJ connaissent et qui nous dit. Qu'on soit de Lagos, de Zambie ou d'ailleurs. Quand je croise un DJ, j'ai envie de lui parler, de lui demander ce qu'il fait, où il va. Mais ce n'est pas toujours aussi simple malheureusement. Je n'aimerais pas vraiment que ce soit. Et en disant ça, je suis sûr que je parle pour de nombreux Noirs américains.
- Speaker #0
Au-delà de cette connexion, l'expérience individuelle rappelle la charge qui pèse sur l'exception et la responsabilité de la transmission vers la nouvelle génération. Andy Catmille revient sur son intégration dans la scène.
- Speaker #2
Je pense que j'ai été intégré naturellement. Est-ce que ce n'est pas ce qu'on appelle un cas exceptionnel ? Peut-être que je suis un cas exceptionnel.
- Speaker #0
Andy Catmille.
- Speaker #2
Je ne vais pas commencer à dire aux gens « Ouais » . Méritocratie, oué, il faut croire en ses chances. Si ça se trouve, je serais la seule à être intégrée de cette manière-là, ou la seule à pouvoir faire ce lien-là entre la musique électronique et la musique dite urbaine, donc le rap à l'heure actuelle. Peut-être que je suis le seul acteur à l'être, et j'ai l'impression qu'en France, les gens aiment bien avoir un seul acteur qui représente quelque chose. On a un Magloire, on a un Vincent McDoom, on a un Omar Sy, on a un Harry Rosenbach. Il n'y a pas trop de multiplication, de reproduction. Après, je n'ai pas eu l'impression en tout cas. D'avoir dû rouler ma bosse. J'ai mixé avec tout le monde. J'ai eu de la chance d'avoir partagé la scène avec Tatiana Jane, avec Crystal Mess, avec Vani. Je pourrais même rajouter Yasmin Regensford maintenant, dans le même spectre et tout. J'ai eu la chance de mixer avec Ayam BPM, si je ne me trompe pas, si je ne dis pas n'importe quoi, peut-être que je suis trompée dans son nom, mais il y a aussi Erna. Avec qui j'ai aussi partagé Alianel, ça c'est la nouvelle gêne et tout, mais c'est vrai que dans les sociétés établies, j'ai eu la chance de partager la scène avec tout le monde. Et en fait, on ne s'est jamais dit, mais encore une fois, c'est peut-être une position de privilégié parce qu'on est ce 1% qui a réussi à passer à travers les barreaux. Mais je ne me suis jamais dit, ou en tout cas, on ne s'est jamais dit pourquoi on était solo. On savait qu'on était solo, en tout cas, moi, je ne me suis pas dit pourquoi j'étais solo. Parce que pour moi, déjà, que je sois là, c'était déjà unbelievable. Donc, j'ai compris que j'étais solo. Maintenant, mon taf... C'était de faire en sorte qu'on soit plus solo après. Moi, je vous avais dit que ma génération était morte. Moi, les gens de ma génération, 93, il n'y a pas à blâler DJ Renaud. Il y a des meufs avant, connues, pas connues, qu'importe. Il y a des meufs après. Et moi, le moment où c'est next gen, vous arrivez, c'est à l'aise. En fait, tout le struggle que moi, je n'ai pas forcément ressenti, mais qui était là et qui était présent, vous ne devez même pas le conscientiser. C'est ça le boulot, en fait, des personnes qui sont privilégiées. Dans un milieu où il est minoritaire, c'est d'ouvrir la porte, c'est pas de rentrer et de fermer la porte derrière soi. En tout cas, moi, c'est pas mon mood. Mais c'est vrai que le fait d'être solo, tu te poses des questions, genre pourquoi il n'y en a pas d'autres ? Et après, tu digues et tu dis, en fait, il y a aussi personne qui se présente. Donc c'est pour ça que je dis que c'est archi important d'avoir ce rôle modèle, cette personne qui te donne envie quand tu la vois. de faire la même chose qu'elle. Et pour ça, effectivement, c'est un travail des programmateurs.
- Speaker #0
Cependant, changer la structure, c'est aussi poser la question des murs et du capital. Qui possède les lieux ? Qui signe les virements ?
- Speaker #14
Il faudrait qu'on soit...
- Speaker #0
Kiddy Smile, DJ, producteur, activiste noir et queer français, figure incontournable de la ballroom scène parisienne.
- Speaker #14
Pour être en possession des murs d'un club, il faut avoir du capital. Le capital, c'est toujours relié à des dynamiques raciales. Obtenir des prêts c'est toujours relié à des dynamiques, on revient toujours à la même chose et je ne sais pas construire un autre système que celui qui existe et je sais pas si j'en ai la force donc euh... En soi, on regarde un peu les choses se faire et on essaye. Moi, je comprends les gens. En tout cas, je ne juge pas les gens qui se disent « Puisque je ne peux pas combattre plus que ça, je vais faire un travail de représentation et je ne peux pas vivre en dehors de ce système. » On ne vit pas en marge du système, on vit à l'intérieur. Et qu'on veuille ou non, on y participe. Même aux choses qui nous blessent sans le vouloir. Donc, je ne sais pas. J'espère que... Des gens un petit peu plus jeunes, avec plus d'envie, plus de...
- Speaker #1
On n'a pas besoin de recoloniser des espaces. On a déjà nos espaces. Donc, c'est essayer de ne pas faire ce qu'on subit et être dans le soin de pouvoir justement se caler à tous et savoir qui fait quoi, qui est qui. Ça, c'est important.
- Speaker #13
Je crois que ce qui est important, c'est qu'en entrant dans ces espaces, on se sent compris. On n'est pas juste un truc à la mode, il y a une vraie attention. Il y aura toujours un underground, il y aura toujours de nouvelles personnes, des nouveaux collectifs, des nouveaux sons en marge qui vont fédérer une communauté et finir par être appréciés par les centres. La question aujourd'hui c'est... Comment faire pour que les marges deviennent le centre ? Comment est-ce qu'on arrive à devenir décisionnaire ? Comment faire exister un live nation africain qui n'aurait pas d'argent, mais la culture pour centre ? C'est des allers-retours constants, bien sûr. Parfois, on abandonne un peu, puis on reprend le travail. On réfléchit à toutes ces interactions et aux luttes de pouvoir. Les dynamiques de pouvoir sont toujours là. Ce qu'on fait, c'est juste tenter de reprendre un peu de ce pouvoir pour l'utiliser à meilleure éthion.
- Speaker #15
J'adorais...
- Speaker #16
Que la nouvelle génération, que les jeunes qui s'intéressent à cette musique et à cette culture trouvent les moyens d'y investir ou d'attirer des investisseurs et inventent des modèles nouveaux pour soutenir durablement la création.
- Speaker #0
DJ, productrice, curatrice et activiste culturelle de premier plan qui se consacre à la musique afro-diasporique. Elle est aussi fondatrice d'Oyasound Production.
- Speaker #15
Ces systèmes vont s'éloigner à l'heure actuelle. Les systèmes...
- Speaker #16
Le système dominant s'effondrera un jour. Si l'on veut que notre culture et ce mouvement musical restent vivants dans les années à venir, il faut qu'on soit créatifs, qu'on continue d'évoluer et qu'on s'entraide. Je veux aussi lancer un appel aux pionniers de ce mouvement. s'ils sont toujours dans les parages et embauchés dans les grands clubs. Ils ont la responsabilité d'investir pour soutenir en retour les communautés dont ils sont issus.
- Speaker #15
Si on est créé par les gens, si on gère les espaces et met un plan de business réel,
- Speaker #16
les gens qui ont créé cette culture doivent devenir propriétaires des espaces. Il faut qu'on élabore ensemble des plans d'affaires, qu'on soit coopératif et collectif. Voilà comment on peut sauver cette scène musicale. Moi, je veux bien investir ou être administratrice. Il faut que ce soit un écosystème. Tout le monde, et notamment les artistes, n'est pas doué pour le business. Mais peut-être que sur la piste, l'un des danseurs est avocat, un autre docteur, un autre prof, un autre artiste plasticien. On rassemble tous ces gens qui ont des compétences et des privilèges différents et on bâtit un écosystème. C'est comme pour construire un mouvement politique. Tout le monde n'a pas besoin d'être en première ligne ou dans la rue. Chacun a un rôle à jouer. Une personne gère l'administration, une autre le graphisme, une troisième la logistique, et ainsi de suite. Il y a des compétences dans nos communautés, mais souvent on est cloisonné, compétitif, c'est la mentalité occidentale. Il faut qu'on décolonise nos esprits, ce ne sera pas simple, mais il faut qu'on investisse dans ce qui compte pour nous. Pas seulement la musique, mais aussi les institutions artistiques et culturelles.
- Speaker #0
Au terme de cet épisode... Une idée s'impose. Faire place ne suffit pas. Il faut déplacer le centre de gravité. Les scènes, collectifs et directions artistiques noires qui prennent le volant montrent déjà la voie. Elles refusent la tokenisation, assument des mixités choisies, rebranchent les répertoires diasporiques et redessinent l'imaginaire du club. De la ballroom parisienne à Djoko, de Prétonovo à Nyege Nyege. La critique n'est pas morale mais structurelle. Tant que l'on confond visibilité et pouvoir... Nommé, programmé, financé, on fabrique des exceptions utiles plutôt qu'une norme assumée. D'où l'importance de trois leviers très concrets. Une taxonomie précise pour sortir des moods, une gouvernance qui travaille l'ownership, un canal de présence pluriel qui installe la durée au-delà des cycles tendances, car s'il y a bien une chose que nous ne sommes pas, c'est une mode. À ces conditions, la piste redevient un espace de récits et de transmission, pas un showroom. Et l'électronique en France peut renouer avec ses racines noires, sans nostalgie ni folklore. J'ajouterais même que le futur est déjà présent, car une génération déjà autonome, consciente et connectée existe. Elle n'attend pas l'aval du mainstream pour bâtir des lieux, des langages et des alliances. Maintenant, c'est au tour des institutions, aux festivals et aux médias d'aligner leur métrique sur cette réalité, afin que la marge cesse sans fin d'être une exception et devienne la mesure. C'était Explain the Sound, un podcast imaginé, porté et raconté par Marie-Maxime Dricot, avec la collaboration éditoriale de L'Orthogola et Jérôme Caron à la réalisation, produit et soutenu par la Maison des Mondes Africains. Un grand merci à Elisabeth Gomis, sans qui le projet n'aurait jamais vu le jour, Mathilde Lemasson et Sarah Provost pour le soutien, aux artistes et aux personnes qui ont participé au projet, à celles et ceux que vous entendez, celles et ceux qui ont participé aux interviews. Merci à Sébastien Boyéchamart d'avoir prêté sa voix pour la version française de Derek Desbrus Vicky R pour celle de Nyx Chita pour la voix de Sabine Blaisin Jean-Philippe Detingui pour la voix de DJ Westfa et Maxime Guiguet pour la voix de Jeff Mills On se retrouve là où le prochain battement décide de nous conduire