ClémentPendant une crise de panique, il est possible de sentir sa gorge se serrer, sa poitrine se comprimer, et d'avoir l'impression que l'air ne rentre plus, peu importe le nombre d'inspirations. Alors forcément, une question se pose. Suis-je en train de m'étouffer ? Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. Bienvenue sur Même plus Peur. Anxieux depuis plusieurs années, je ne suis ni médecin, ni thérapeute. Juste le cobaye. Et ce podcast, c'est un peu mon carnet de bord. C'est un symptôme assez courant de l'attaque de panique. Cette impression d'étouffement, de souffle-court, comme si la respiration devenait impossible à contrôler. Tout au long de l'épisode, on va comprendre pourquoi cette sensation apparaît, pourquoi elle n'est presque jamais liée à un vrai manque d'oxygène, et en quoi ce n'est pas dangereux. Point important avant de commencer, si vous avez un antécédent d'asthme, d'allergie sévère ou toute autre condition respiratoire et que vous n'avez pas encore fait le point avec un médecin sur la manière de distinguer vos symptômes, c'est le premier pas à faire avant d'écouter la suite. Comme évoqué dans de nombreux épisodes, les réactions de panique sont provoquées par l'activation du système nerveux sympathique afin de préparer le corps à fuir ou à combattre. C'est ce système qui est à l'origine de toutes les sensations que vous connaissez dans les crises d'angoisse. Et par conséquent, dans ces sensations d'étouffement que nous allons aborder juste après. J'ai fait des épisodes dédiés à l'explication du système nerveux et de l'attaque de panique si vous souhaitez aller plus loin. Avant de rentrer plus en détail dans le mécanisme qui provoque les sensations évoquées, je trouvais ça important de faire un rappel sur le manque d'air, autrement appelé asphyxie. L'asphyxie, c'est une ventilation insuffisante ou absente qui prive le cerveau d'oxygène. Elle peut être provoquée par une obstruction, comme un objet dans la gorge ou la trachée, une privation d'air, comme une noyade, une compression, comme une strangulation ou un poids lourd sur la poitrine, des gaz toxiques, comme respirer de la fumée ou du monoxyde de carbone, ou encore, elle peut être d'origine médicale, une atteinte pulmonaire, comme un œdème, une infection, une tumeur, ou aussi dû à un AVC, ou encore une crise d'asthme grave. Tout cela provoque une hypoxie, c'est-à-dire un manque d'oxygénation du sang et des différents organes, avec des conséquences qui peuvent être très graves, allant de la simple perte de connaissance jusqu'au coma, voire la mort, en cas de manque d'oxygène prolongé. Bon, on a passé le plus dur. Le sujet n'est pas forcément facile, mais au moins tout est dit. Après ça, c'est sûr que l'attaque de panique va sembler un peu moins dangereuse. Surtout quand on sait que c'est plutôt l'inverse qu'il se passe. Pendant une attaque de panique, on a plutôt tendance à hyperventiler. Alors, la question est légitime. D'où vient cette sensation d'étouffement si on ne manque pas d'oxygène ? La première partie de la réponse se situe dans le fait que le corps, en état d'alerte, contracte les muscles thoraciques, diaphragmatiques et du cou, pour permettre au poumon de se gonfler davantage. Cela permet une meilleure oxygénation et ainsi courir plus vite et plus longtemps, en cas de fuite par exemple. Ce sont ces contractions qui peuvent donner l'impression très concrète que la gorge se resserre ou qu'il devient physiquement plus difficile de faire rentrer l'air. Une sensation réelle, mais d'origine musculaire, pas respiratoire. En parallèle, Ces contractions ont pour conséquence de nous faire respirer plus vite et plus fort que nécessaire. C'est l'hyperventilation. Et c'est justement là que se cache le paradoxe. Ce n'est pas un manque d'oxygène qui provoque cette sensation d'étouffement. C'est l'inverse. Si vous souhaitez connaître plus en profondeur le mécanisme derrière l'hyperventilation, je vous invite à écouter l'épisode dans lequel je détaille son fonctionnement. Le lien sera bien sûr en description. Cette sensation d'étouffement, je l'ai moi-même ressenti à différentes reprises, surtout au début. Je me souviens de ce réflexe, presque systématique, de tirer sur le col de mon t-shirt. Comme si c'était ça qui m'empêchait de respirer. Je prenais des inspirations de plus en plus courtes et rapides, persuadé que la suivante n'arriverait pas à passer. Cela créait donc un cercle vicieux, dans lequel ces sensations désagréables sont associées à des pensées catastrophes. tel que le fait de s'étouffer. Et pourtant... Comme à chaque fois, l'air a fini par circuler normalement. Et c'est bien ça qu'il faut retenir. Comme toujours, avec l'attaque de panique, bien que les sensations soient très désagréables et réelles, on voit bien qu'elles ont toujours le même objectif, assurer notre survie. C'est la fin de cette petite série d'épisodes dédiée à des peurs bien réelles qui touchent la plupart d'entre nous. Toutes les informations et explications proposées dans ces épisodes sont tirées de ma propre expérience, des témoignages que j'ai pu entendre, et aussi d'articles et livres scientifiques qui documentent toutes ces sensations. Le but est de les dédramatiser. Et malheureusement, cela ne suffit pas toujours à faire taire les sensations. Mais ça peut aider, au moins, à ne pas trop les amplifier, et à pourquoi pas, faire diminuer les pensées catastrophes associées. Et je suis convaincu que c'est un premier pas vers le retour à la sérénité. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.