Speaker #0Je trouve ce décor absolument parfait pour ce nouvel épisode de podcast. Je recommence à poster, je recommence à m'intéresser, je recommence à vraiment être engagée dans ce projet. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de quelque chose qui trotte dans ma tête au quotidien, un débat que j'ai quasi quotidiennement avec mes parents, mes amis, ma psy. Bref, j'en parle à absolument tout le monde parce que c'est un vrai mal-être en moi et c'est des questions que je me pose en permanence. C'est que j'ai l'impression qu'on nous a menti, pas volontairement, certes. mais qu'on nous a menti quand même sur le futur. Toute ma vie, on m'a vendu une perspective d'avenir, un futur, et j'ai l'impression que la société n'est plus capable de m'offrir ça et que je cours après quelque chose qui n'existe plus ou qui n'existe pas vraiment et que je ne l'atteindrai absolument jamais. Et qu'en plus, du coup, je ne serai pas heureuse, alors qu'en soi, c'est un système et c'est une perspective d'avenir qui ne m'a jamais plu. Je m'explique. Le modèle qu'on m'a inculqué quand j'étais jeune, ça a toujours été le même et qu'on a inculqué aussi à beaucoup de personnes de notre génération. Trouver un CDI, travailler près de chez soi, rester près de ses proches, de ses amis, sa famille, se mettre en couple, acheter une maison, avoir des enfants et se marier et avoir une vie stable. Et ainsi de suite, tes enfants refaisaient exactement la même chose et tes petits-enfants aussi, etc. La vie, tu es toujours enterré au même endroit, près de tes proches, tu n'es dans le même hôpital que ta mère. nés. Bref, on a compris. Pour nos parents, c'était assez cohérent. L'économie, elle suivait. Les loyers étaient assez accessibles. L'immobilier, le marché de l'immobilier était quand même assez stable et il était atteignable. La stabilité, elle existait vraiment. Moi, je pense que mes parents étaient vraiment stables et qu'ils le sont toujours, qu'ils l'ont été assez jeune. Et que pour eux, en fait, quand je leur en parle, je leur dis comment vous imaginez votre futur et qu'est-ce qui vous motive, etc. Ils étaient en mode, on arrêtait le lycée et le seul truc, c'était de trouver un boulot. le plus proche possible et qu'ils payaient le mieux possible. Mais en soi, il n'y avait pas de pression en particulier sur déjà le bonheur. Ils ne cherchaient pas forcément un boulot qui allait les épanouir, pour lequel ils seraient vraiment engagés. Non, il fallait juste qu'ils bossent et qu'ils bossent bien pour être gardés et pour monter en grade et pour avoir plus de sous. C'est tout pour pouvoir ainsi acheter une maison, élever leur enfant, terminé. J'ai l'impression que c'était assez simple. Ils ne se posaient pas plus la question que ça. Ils allaient bosser et puis c'est tout. Et en plus, il bossait bien, il bossait beaucoup et il ne se plaignait pas. Aujourd'hui, le marché du travail, il est totalement instable. Quand je vois le nombre de mes amis qui ont des diplômes et qui ne trouvent pas de travail, ça me rend folle. Déjà, ça me fait peur parce que je vais y passer aussi, forcément. Il y a un moment où je finirai mes études parce que je suis au même stade que les 2004 puisque j'ai mis trois ans à me remettre de ma dépression et de reprendre mes études. Mais je sais qu'au bout d'un moment, moi aussi, il va falloir que j'y aille dans ce marché du travail et je vous avouerai que ça me fait un peu peur. Après, on a une comparaison qui est constante à cause des réseaux sociaux. Moi, je suis désolée, mais j'avoue que voir le bonheur des autres en permanence, même si je sais que ce n'est pas toujours ce qui est exposé, je sais que ça me met mal. Et au-delà du bonheur, en fait, ça me met une pression sur ma propre réussite et ma vision de la réussite. Parce que je suis désolée, mais pour moi, les influenceurs ont la vie rêvée. Et je n'ai pas honte de dire que j'aimerais bien le devenir. Parce que pour moi, ils ont un pouvoir sur leur vie que nous, on n'a pas. Ils peuvent faire absolument ce qu'ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent, avec qui ils veulent, même s'ils ont des contrats, etc., je ne sais pas quoi. On ne peut pas nier le fait qu'ils voient le monde entier, ils voyagent beaucoup, ils ont forcément beaucoup de matériel, beaucoup d'argent. Je ne dis pas que l'argent fait le bonheur, etc., mais je ne peux pas mentir sur le fait que j'en vis leur vie. Parce que je trouve que... Ils ont du pouvoir sur leur vie et ils sont assez libres quand même. Bref, moi, ça a complètement ruiné ma conception de ce que je voulais faire de ma vie. Parce qu'au final, je sais que ce que je veux, la finalité, c'est ce qu'ils ont, mais pas forcément ce qu'ils font. Donc, c'est un peu compliqué, je trouve. Forcément, le coût de la vie, pour nous, il a explosé. Oui, forcément, les parents, ils se mariaient, ils achetaient une maison dans la foulée pour trois bouchées de pain. Nous, pour trois bouchées de pain, on a vraiment trois bouchées de pain pour le coup. Et quand on voit l'inflation, la crise, etc. Le coût de la vie n'est plus du tout le même. J'ai beaucoup d'amis qui sont propriétaires et qui ont acheté une maison. Mais franchement, avec toutes leurs taxes, les rénovations, etc., il y en a beaucoup qui me disent que actuellement, c'est peut-être plus rentable comparé à payer un loyer en permanence. Moi, je sais que ce n'est pas une envie que j'ai. Franchement, acheter une maison, je m'en fous royalement. Déjà, je n'ai jamais trop aimé les maisons. J'ai toujours préféré les beaux appartements. Mais au-delà de ça, même acheter en termes généraux, ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse. Même si je sais que c'est... une rentrée d'argent, etc. Pour moi, ça me paraît beaucoup de taxes, beaucoup d'impôts, beaucoup de problèmes. Je préfère payer un loyer. Mais de loin, payer un loyer. La notion-là de réussite, etc., elle a quand même vachement été baisée par le fait que nos parents, ils se comparaient à leurs voisins. Nous, on se compare à la Terre entière. Nos amis, mais aussi forcément les gens sur les réseaux, les gens qu'on voit à la télé, enfin tout ça. Et puis en plus, maintenant, ça nous paraît accessible parce que toutes ces personnes qui en sont arrivées là où elles sont maintenant, au départ, c'était des gens comme nous. Donc, on a ce truc de se dire que si on échoue, c'est notre faute. Parce qu'eux, ils ont réussi alors qu'ils sont partis du même point que nous. Et méritocratie, tout ça, mon cul, à... on enlève évidemment, il n'y a pas de méritocratie dans cette planète et dans cette France à Macron ça n'existe pas, mais quand on voit ça sur les réseaux, qu'on voit des gens qui réussissent alors qu'ils sont partis de rien du coup tu peux que te dire que toi aussi tu peux réussir et que du coup si tu ne réussis pas c'est de ta faute donc c'est chiant parce que ça te met une pression de dingue moi j'ai une pression de fou genre tout le temps que j'ai là maintenant je suis au chômage, écoutez moi bien je suis étudiante au chômage donc j'ai une ou deux semaines de cours par mois Et les autres, je suis chez moi. Je pourrais me reposer, faire plein de trucs juste pour avoir du plaisir. Non, je passe ma vie à me poser des questions sur « Ok, qu'est-ce que je pourrais faire pour réussir ? » Est-ce qu'il faut que je fasse une vidéo pour les réseaux ? Est-ce qu'il faut que je filme là maintenant ? Ah, attends, je voulais me maquiller. Mais si je veux me maquiller, il faut peut-être que je le fasse plus tard et que je fasse une vidéo en même temps et que machin. Et rappelle-toi que peut-être que tu aimerais bien apprendre une nouvelle langue pour toujours être mieux. Et puis fais du sport aussi parce que tu aimerais bien avoir une shape parfaite. Et puis pense à bien manger et pense à bien boire. pense à faire du guacha, pense à faire du pilates, pense à aller faire de la pole, pense à aller faire... Bref, je suis jamais reposée. Je trouve que la notion de réussite, elle a complètement été biaisée. Il faut que tu sois passionné par ce que tu fais, que tu sois épanoui, que tu voyages, que tu entreprennes, que tu aies 40 sociétés différentes, que tu bosses à côté et que tu cotises. Et on respire quand ? Quand est-ce qu'on peut vraiment se poser au soleil sur le transat et juste boire l'apéro avec ta famille et être calme ? Ça n'existe pas. Parce que moi, dès que je suis là, je suis en train de me dire « Ok, là, je perds du temps et peut-être que je pourrais faire autre chose. » Ce n'est pas normal. C'est intenable. Je veux dire, la pression qu'on a, ce n'est pas possible. Évidemment, dans tout ça, il y a l'aspect aussi de se marier, avoir des enfants, être en couple jusqu'à la fin de tes jours. On m'a toujours dit qu'un jour, je retrouverais la bonne personne, quand je l'attendrai le moins, que tout ça, ça arriverait. J'ai toujours été très romantique. C'est quelque chose pour moi, l'amour, qui est hyper important. Mais quand je regarde les couples autour de moi, les divorces, les trahisons, les couples qui ne tiennent pas, juste peur ou habitude et parce que c'est le moment là que cette femme veut des enfants et que ce mec est là à ce moment là donc elle fera des enfants avec cet homme là alors qu'au fond c'est pas plus que ça amoureuse de lui ça me fait flipper bien sûr on peut s'attarder sur le fait que j'ai l'impression que les femmes ne sont absolument pas choyées par leurs hommes qu'elles sont même pas choisies et que elles sont là parce qu'elles sont là et qu'ils l'ont pris elle parce qu'elle était là à ce moment là parce que eux aussi voulaient avoir des enfants pas être père mais avoir des enfants et que du coup c'est elle et pfff J'aurais pu être une autre, ils auraient même préféré que ce soit quelqu'un d'autre. Mais vu qu'elle est là, c'est elle. Ça me fait peur. Voilà, ça me fait peur. Parce que c'est pas ce que je veux. Moi, je veux être en couple, pas parce que j'ai envie d'avoir des enfants, j'ai envie d'être en couple. Parce que j'ai envie d'être folle amoureuse, d'être dévouée et d'écrire des lettres. Enfin bref, vous voyez quoi ? Je rêve de ça. Je veux ça. Je ne veux pas un couple parce qu'il est là à ce moment-là et que j'ai envie de me poser. Bon bah allez, ce sera lui. Puis c'est tout. Non ! Je veux quelqu'un que j'aime profondément. Et en fait, là, je me surprends quand je vois tout ça autour de moi, à vouloir être seule. C'est comme si mon cœur me disait que j'ai tout le temps envie d'être aimée, d'aimer, mais que mon cerveau me disait, mais ça n'existera pas. Il faut que tu arrêtes de vouloir ça, parce que ça n'existera pas. Et tu seras la tante cool. Mais ça me fait chier, parce que moi, je ne voulais pas être la tante cool. Enfin, je voulais être la tante cool, mais avec des enfants et un mari, et voyager autour du monde. Tout ça avec mes enfants et mon mari. Et je ne peux plus avoir ça. Je ne peux plus avoir ce désir-là parce que sinon, ça va me restreindre dans mes choix de vie. Et que je n'ai pas envie de me restreindre pour quelqu'un. Parce que je vais partir du principe que de toute façon, il va me trahir à un moment donné. Et ce n'est pas juste. En fait, j'ai l'impression que la promesse de ce futur-là, elle ne tient plus et qu'elle est fausse. On vit dans un monde qui est ultra moderne, mais... On travaille encore comme si on était en après-guerre. Je suis désolée, mais les 40 heures par semaine, ce n'est plus possible. Personne ne peut être épanoui dans sa vie en travaillant autant, sauf les personnes qui sont passionnées par leur travail. Mais quand tu travailles par nécessité et par besoin, tu ne peux pas être épanoui en travaillant autant. Ce n'est pas possible. Tu ne peux plus avoir du temps pour t'épanouir à côté, pour voyager, pour poser des congés, pour aller se faire un week-end par-ci, par-là. Tu ne peux pas avoir du temps pour, je ne sais pas... peindre, lire, tout ça, tu ne peux pas, tu ne peux pas être épanoui si tu travailles en 35 heures, sachant que t'as une heure de trajet par jour. que tu as une heure de bouffée parce que justement, il faut que tu fasses à manger et que tu étaches le ménageur, etc. Tu n'as pas le temps de t'épanouir, tu n'as pas le temps de te connaître, tu n'as pas le temps de te découvrir. C'est impossible. Moi, si je me connais aussi bien maintenant, c'est parce que je suis passée par des phases de ma vie où j'avais le temps de penser et de réfléchir et de déprimer et d'apprendre à me connaître, de faire des exercices pour apprendre à me connaître. Maintenant, je me connais, je sais qui je suis, mais parce que, heureusement... J'ai fait une dépression qui m'a empêchée de travailler pendant trois ans et qui, du coup, j'ai eu bien le temps de comprendre tout ce qui se passait dans ma tête. Même si des fois, c'est un peu compliqué, mais je pense me connaître assez bien. Et puis, on a toujours cette peur, en fait, d'expérimenter. On n'a pas le droit à l'erreur. Tu as l'impression qu'une fois que tu bosses dans un boulot, tu n'as plus le droit de changer de trajectoire. Tu n'as plus le droit de vouloir essayer autre chose. En fait, là, moi, si, demain, je travaille dans le tourisme. Donc, je ne sais pas, je travaille à un office de tourisme. Et puis, en fait, ça me saoule. Voilà, ça m'agace. Et j'ai envie d'être biologiste marine ou j'ai envie de devenir boulangère, pâtissière, fleuriste, que sais-je. J'ai envie de bosser dans un truc qui est totalement différent. J'ai l'impression que ce n'est pas possible. Alors qu'en soi, ça l'est, mais on nous inculque le fait que ça ne l'est pas et qu'il faut rester stable et qu'il faut rester dans ce boulot et que tu vas prendre beaucoup de risques quand même. Tu peux perdre tout ça, tu peux perdre six... Enfin, puis déjà, vu que tu es engagé à... On t'a poussé à acheter une maison, à avoir des enfants. Tu ne peux pas te permettre de changer comme ça parce que tu as un crédit à rembourser et tu as des bouches à nourrir. En fait, tout est devenu trop sérieux. Tu as l'impression que tu n'as plus le droit de vouloir changer. Et on te demande de savoir qui tu es, ce que tu veux faire tout le temps et de rester la même personne éternellement, d'avoir le même boulot en permanence et d'être figé, d'être toi comme ça et de ne pas avoir le choix de changer. T'es une personne et tu dois le rester jusqu'à la fin de ta vie. Mais non, en fait. Moi, je suis passée par des phases. J'étais complètement différente d'une année à une autre. Et j'ai envie que ça continue. J'ai pas envie de rester la même personne toute ma vie. Et j'ai pas envie d'avoir que deux versions de moi-même toute ma vie. J'ai pas envie de passer tant de moitié à bosser là et l'autre moitié à bosser là. Parce qu'on va quand même pas se mentir que le travail te définit beaucoup. Puisque ton temps est quand même beaucoup occupé par ça. Et ça te définit énormément. Non, j'ai pas envie d'être comme ça. j'ai envie de pouvoir changer autant que je le veux j'ai envie de, en fait que la vie soit beaucoup plus cool et soit ce qu'elle est de base, on est humain et on est fait pour expérimenter, enfin je veux dire va dire aux gens qui chassaient des mammouths que maintenant on a un seul boulot toute notre vie et qu'on n'expérimente rien et qu'on passe notre vie à aller bosser, rentrer, manger, dormir avoir un mec de merde et des enfants ingrats top, super, je suis ravie non, la vie c'est pas ça en fait Et j'ai souvent cette peur de ne pas être assez sérieuse, j'ai souvent cette peur d'être trop immature, d'être trop enfantine, d'être trop... Je sais pas comment dire, mais j'ai souvent cette peur d'être trop ou pas assez du coup, pas assez mature et pas assez stable, et que du coup ça me met moi-même des bâtons dans les roues pour rencontrer quelqu'un par exemple, parce que du coup t'as pas envie d'être avec quelqu'un comme moi, vu que je change en permanence et que je suis pas sérieuse et que je suis pas stable. Par exemple, on va parler d'un truc bête, les stories. Je me suis fait allumer parce que pendant un moment, j'ai posté mes stories privées en public. Faut voir comment on m'a dit mille fois que j'étais immature. Alors que je me considère absolument pas comme quelqu'un d'immature. Je me considère certes pas toujours sérieuse. Je me considère certes... J'ai un petit peu de mal avec la notion de pudeur, de privé, public, tout ça. En fait, je suis la même personne en privé et en public. Donc pour moi, il y a beaucoup de gens qui me disent oui. Tu as grave du courage de faire ton podcast et d'exposer si ça s'a de toi. Pour moi, ça n'en demande absolument aucun. Je peux ne pas te connaître et te raconter ma vie sans aucun problème. Je n'ai aucune gêne. Ça a beaucoup été défini comme de l'immaturité. Pour moi, ça ne l'est pas. Après, chacun ses opinions, je ne juge pas. Il y en a beaucoup qui m'ont trouvé immature et gênante. C'est OK. Mais je trouve ça pas juste. Parce que moi, je filmais juste ma vie. Et que je suis quelqu'un. de fun. Et je suis partie sur un autre débat de maturité et de la vision qu'on avait de moi. Mais c'est pas grave, voilà. Ça me fait un peu chier parce que du coup, j'ai pas envie que... Forcément, sur des stories, etc., c'est une version qui est totalement extrapolée de moi et les gens qui me connaissent vraiment savent que je ne suis pas comme ça. Mais je vais pas vous mentir que ça m'a fait chier. Bref, je parlais de ça parce que je voulais dire que j'avais souvent cette peur qu'on me dise, Léa, c'est parce que t'es trop jeune, arrête de rêver, la vie c'est pas ça. La vie, tu fais... Parce que ma mère me disait tout le temps d'ailleurs... Tu ne fais pas toujours ce que tu veux. Bah si, moi j'ai envie de faire toujours ce que je veux. Parce que c'est comme ça, c'est en moi. Et j'en ai parlé à ma psy de ça. Et elle m'a dit que depuis qu'elle me connaissait... J'avais toujours fait ce que je voulais. Ça m'avait amené des fois à des trucs absolument merdiques. Ça m'avait poussé à me batailler pour avoir un emploi qui me plaise. Par exemple, j'ai repris mes études dans le tourisme. Je ne voulais rien d'autre que cette filière-là parce que je sentais que c'était pour moi. Quand j'ai commencé, je me suis dit, ok, je vais faire mon internance. Mais sachez que la plupart des internances que vous trouvez dans le tourisme, c'est beaucoup d'hôtellerie. Moi, l'hôtellerie, ça ne me plaît pas du tout. Et j'ai toujours dit, moi, je commencerais, ok. je veux travailler dans une agence de voyage. Il y a eu beaucoup d'offres d'hôtellerie. Je ne me suis jamais, jamais postulée à ces offres-là. Alors que j'aurais pu être dans la merde. Mais non, je voulais une agence de voyage. J'ai trouvé une agence de voyage. J'ai fait mes deux ans. J'ai aimé pendant un moment. Après, ça m'a saoulée. J'ai eu envie de partir. Je suis partie. J'ai fini mon contrat. Je suis partie. Après, j'ai continué. Donc, bachelor. Je voulais continuer de travailler dans le tourisme. Toujours pas. Ni dans l'hôtellerie, ni dans les agences de voyage. Qui sont les deux offres les plus... posté. Je suis rentrée en master. La même chose. Je veux absolument travailler dans un château et dans l'événementiel. Je sens que c'est ça que j'ai envie de faire. Et c'est ça que j'aurais. J'ai cherché partout. Je ne l'ai pas trouvé. J'aurais pu postuler à mille offres. Et d'ailleurs, j'avais d'autres offres auxquelles j'aurais pu être prise dans le public, dans les agences de voyage, dans l'hôtellerie. Je ne l'ai pas fait. Je me suis mise dans la merde parce que maintenant, je paye mon école. Mais je l'ai fait en connaissant Zoco, je savais que je devrais payer mon école. Mais je refusais d'avoir sur mon CV quelque chose qui ne me correspond pas. Et je refusais surtout de faire quelque chose qui ne me plairait pas pendant deux ans. Alors oui, je n'ai pas choisi la facilité parce que du coup, je continuais mes études, il a fallu que je rentre chez mes parents, que je pose ces étagères absolument sublimes. Bref, pour moi, ce n'est pas grave de rentrer chez mes parents. J'ai l'impression juste de rentrer chez moi, chez mes parents, c'est chez moi. Mais je n'arrêterai pas de rêver et je n'arrêterai pas de faire ce que je veux. Je n'arrêterai pas de vouloir faire ce que je veux et de tout mettre en place pour faire ce que je veux. Et je n'arrêterai pas de refuser ces choses qui me sont accessibles mais qui, je le sais, ne me rendront pas heureuse. J'ai encore envie d'essayer, j'ai encore envie d'explorer, j'ai encore envie de changer d'avis. Est-ce que ça fait de moi quelqu'un d'immature ? Peut-être. Est-ce que ça fait moi quelqu'un d'instable ? Oui, sur le plan financier, matériel et géographique, mais je suis quelqu'un de stable dans ma tête parce que je sais ce que je veux, que je me connais et que ma personne, même si je vais passer par plein d'étapes, que je vais grandir, etc. Au fond fond de moi, je ne changerai pas parce que je sais que je suis faite et que je fais ce que je veux. Et c'est ça ma stabilité en fait, c'est de savoir que je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour... avoir et pour faire ce que je veux. J'ai pas envie qu'on m'enferme dans quelque chose, d'être figé quelque part. Je ne le veux pas. Je ne critique absolument pas ce que mes parents m'ont inculqué, la façon dont ils m'ont façonné, la façon dont ils m'ont présenté l'avenir. Je ne le critique pas parce que, eux, c'est ce qu'on leur a appris et ce qui leur était accessible. Et je suis peinée que mes parents aient dû se réduire à ça parce que la vie, c'est pas ça. Il y a peut-être des gens qui sont très heureux dans ce schéma-là. Je connais d'ailleurs des couples, par exemple, qui sont très heureux, qui ont acheté, qui ont des enfants, qui voyagent, qui sont hyper épanouis. Je pense vraiment qu'à terme, c'est ce qui me rendra heureuse aussi. Une fois que tu as trouvé la bonne personne, tout s'éclaire. En fait, ta stabilité, c'est la famille que tu crées avec cette personne-là. C'est hyper beau parce que j'ai un couple en tête. Je sais que tous mes amis ont ce couple en tête aussi quand on parle de... un couple heureux tout un cheminement de pensée pour me dire là c'est pas ça qui te rendra heureuse arrête de courir après ce truc et d'ailleurs si je fais des études encore actuellement je sais que c'est pour correspondre à ce modèle là qu'on m'a inculqué parce que clairement moi je m'en fous d'avoir un bac plus 5 j'en ai rien à secouer pour mon égo c'est génial j'adore le dire que j'ai des études et qu'elles sont longues mais concernant je vais vous dire que là depuis ma 3ème année j'ai rien à... j'ai l'impression qu'on ressasse éternellement les mêmes choses et en soi oui je me sens plus intelligente et je sais que ça peut m'aider et que ça m'aide sur plein de choses mais moi à la base de la base je pense que je serais plus heureuse et que l'humain serait plus heureux à juste en fait foncièrement la nature humaine on est pas fait pour faire ça on est fait pour voyager, faire des choses aller vendre des noix de coco sur la plage je sais pas, aller cueillir des bananes aller faire la cueillette des fraises et des framboises j'en sais rien mais Comment on peut être heureux dans notre société actuelle ? En fait, je ne vois pas comment c'est possible d'être heureux. dans ce modèle de stabilité, de CDI, de mariage et d'enfant, et d'aller faire ses courses au Lidl, parce que putain, la vie, elle est de plus en plus chère, et que les enfants, ça coûte une blinde, et que ton mari, il est nul, et qu'il ne te regarde même plus, et qu'il regarde le foot, et qu'il va aller avec ses potes, mais certainement pas avec toi. Bref, le futur m'angoisse, parce que j'ai l'impression que la normalité, c'est ça, et que je vais forcément devoir, à un moment donné, accepter. que c'est ça et je vais devoir avoir ça, mais je ne veux pas. En fait, là, moi, je me dis, demain, j'ai fini mes études. Voilà, enfin, j'espère un jour que je les aurai finies. Avant qu'elles me terminent, je termine mes études. Il y a de grandes chances pour que je ne trouve pas de travail qui me plaise là où je suis. Donc, je vais étendre ma géographie dans toute la France, ou du moins dans les régions qui me plaisent, parce que hors de question que j'aille bosser en Bretagne. Je suis navrée, mais ce n'est pas possible. J'ai besoin de soleil le plus possible. Donc, je n'ai pas trouvé de boulot. Je le sais déjà. Je pense vraiment que je ne trouverai pas de boulot quand j'aurai fini mes études. Donc, qu'est-ce que je vais faire ? J'ai deux choix qui s'offrent à moi. Soit je trouve un boulot qui me plaît moins et je m'engage pour cette stabilité, pour avoir un revenu, pour pouvoir vivre et avoir des loisirs à côté qui vont me rendre heureuse. Mais moi... C'est pas cet angle-là que j'ai envie de prendre. J'ai envie de prendre la deuxième solution qui est de me dire bon, il n'y a rien, je me barre, tant pis. J'ai envie de prendre un billet d'avion, d'aller soit, je ne sais pas, en Angleterre, en Suisse, d'essayer de trouver un boulot qui me plaît ou de me dire visiblement, le boulot que je veux, je ne l'ai pas. Bon, tant pis, je prends un autre billet et je vais aller voir sur une foutue île parce que j'ai envie d'aller sur une île. Je ne sais pas, j'allais voir à la Réunion, sur l'île Maurice en Polynésie française et je vais essayer de trouver un petit boulot. Rien à voir ! Peut-être que je vais aller bosser femme de ménage ou Leclerc de je sais pas. Je pense que vraiment je serais plus heureuse à faire un boulot moins bien, mais dans une région que je connais pas, où je vais pouvoir apprendre et passer mon temps en dehors de mon boulot, à vivre intensément. Je préfère ça en fait, je préfère ça. Je préfère me dire que je serais totalement instable, mais que je vivrais intensément. Et que je vivrais plein de galères et de... bordel et que ça va être vraiment vraiment dur, mais je vais vivre intensément. Plutôt que cette stabilité d'un boulot qui me plaît un peu moins mais où j'aurai une meilleure paye, mais à Reims. Alors que c'est une ville que j'apprécie pas forcément ou je sais pas. Bref, je préfère vivre, aller vivre quelque part où je sais que je vais vivre intensément. Pour moi, déjà géographiquement, c'est déjà hyper important. Je vois pas comment tu peux être heureux dans une ville qui te plaît pas. C'est pas hyper clair ce que je veux dire. En gros, ce que je veux dire, c'est que je préfère faire femme de ménage à Saint-Raphaël plutôt que d'être directrice d'office de tourisme à Reims. Bon, peut-être pas à Reims, je pourrais. Mais office de tourisme de la Creuse. Enfin, un parc qui me plaît pas du tout, quoi. De la Bretagne. Je n'ai rien à foutre d'avoir un bon poste si c'est un endroit qui me plaît pas et où je ne suis pas épanouie parce que mon âme va mourir. En fait, c'est sûr que si je travaille quelque part où je n'ai pas la mer, où je n'ai pas le soleil, où qui ne m'anime pas, ma lumière va partir. Et je ne veux pas que ma lumière parte parce que je pense, et là je le vois, et je le vois depuis deux ans, depuis que j'ai déménagé, que ma lumière et mon âme sont animées et sont de nouveau là parce que je suis partie à un endroit qui me nourrissait, entourée de gens qui me nourrissent aussi. Et en fait, c'est un état d'esprit parce que maintenant, je suis revenue à un endroit qui m'a tuée. Et je suis hyper bien et heureuse parce que je sais que c'est possible. Tout ça pour dire que je suis assez heureuse. Donc franchement, je me plains, mais je ne me plains pas trop. Je pense que cette lumière qui bug, c'est un signe pour que j'arrête de parler et de dire éternellement la même chose. J'aimerais bien avoir votre retour sur cet épisode parce qu'on est beaucoup et on est plein de générations différentes. Je pense que ça peut être intéressant. d'avoir l'avis de tout le monde à ce propos-là. En tout cas, c'est un épisode que j'ai beaucoup aimé tourner parce que déjà, moi, parler, ça me fait du bien et ça m'aide déjà, moi, à poser des mots sur ce que je ressens. Et surtout, à la fin, je finis toujours par m'auto-rassurer. Donc ça, c'est cool. C'est un sujet qui touche tout le monde puisque c'est la société de nos jours et j'aimerais bien avoir votre petit retour et vos avis là-dessus et que vous soyez quelqu'un comme moi qui veut chercher ailleurs. ou que vous soyez même de l'autre bord et que vous vous recherchez cette stabilité qu'on vous a toujours vendue et auquel vous avez réussi à accéder ou que vous voulez y accéder parce que je trouve ça hyper intéressant. Moi, j'ai plein d'amis aussi qui souhaitent cette stabilité-là. Et pour moi, je veux dire, ce n'est pas moins bien que ce que moi je veux. C'est différent. En tout cas, quel que soit votre plan pour l'avenir, j'espère que vous serez très heureux et que vous l'êtes actuellement. Et voilà, je vous souhaite une belle soirée, journée. Je ne sais pas à quelle heure vous écoutez ça. Mais en tout cas, voilà. Bisous tout le monde. Ciao !