Speaker #0Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui qui nous prépare ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard de devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit. A Bali. Si vous écoutez régulièrement Minuit à Bali, vous le savez, de temps en temps je fais un backstage, c'est-à-dire je reviens sur les coulisses de Minuit à Bali, je vous confie certaines choses, je partage avec vous du moment de ma vie et puis... Je reviens sur des petites choses qui ont pu, ou des grands moments d'ailleurs, qui ont pu ponctuer ma vie, peut-être vous aider de votre côté à y voir plus clair ou à envisager les choses différemment. Et aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous mes moments de vacances quand j'étais plus jeune. Et vous allez voir qu'on arrive quand même à quelque chose qui me semble important. Et j'ai pensé cette nuit, je voulais absolument vous le partager aujourd'hui pour être avec vous, pour être plus proche de vous. Plus jeune, mais alors vraiment plus jeune, beaucoup plus jeune. Je devais avoir 8, 9 ans, 10 ans. Enfin, à partir de ma naissance jusqu'à l'âge de 12, 13 ans, j'allais en vacances chez mes grands-parents. Et nous partions, c'était le temps où on partait pendant deux mois, juillet, août. On avait un J9, un camion, et mon père mettait toutes les affaires à l'intérieur. On partait de la maison de vacances, et puis on restait pendant deux mois pour vivre ces vacances. nous avions là-bas des... des amis, des copains que nous étions faits au cours des différentes vacances. Donc les vacances d'été, c'était un peu les vacances à la pagnole. Nous avions des heures à respecter, parce que je vous rappelle, je vivais dans une secte, en tout cas maman était dans une secte, donc j'avais plein de choses qu'il fallait respecter, dont des horreurs, ce qui était plutôt normal de ce côté-là, mais il y avait aussi des concessions à ne pas avoir, des personnes à ne pas fréquenter. Nous devions impérativement suivre les principes bibliques, Mie. Pour être sincère avec vous, pendant ces vacances d'été, nous on s'en foutait un peu. On grattait du temps, on explorait tout et n'importe quoi, on apprenait la vie avec les copains et chaque année notre amitié grandissait. C'était ces vacances d'été un univers de possibilités qui s'offraient à nous, dans les limites que nous imposait ma mère, mais nous étions passés maîtres dans l'art de la dissimulation et dans l'imposture. Nous étions toujours d'accord avec les règles imposées, mais nous nous arrangeons toujours pour déplacer les lignes, nous passions notre temps. à être borderline, jouant sur le manque d'imagination de ma mère quant à nos facultés à lui désobéir. Notre maison, celle de mes grands-parents en l'occurrence, c'était une ancienne maison de pêcheurs, c'était dans les Landes, et notre maison était à la lisière de la forêt des Landes, qui était traversée par une piste cyclable improbable, c'était une piste cyclable allemande large d'une cinquantaine de centimètres qui nous amenait à l'océan, et de l'autre côté de cette même maison, nous étions à 500 mètres du bassin d'Arcachon. C'était le combo parfait pour faire plein de conneries en fait, en un minimum de temps. Nous nous déplassions en vélo, puisqu'on était jeunes, et on organisait nos journées en fonction du couvre-feu imposé par ma mère. Donc il y avait plusieurs couvre-feux. Le matin, on pouvait partir vers 10h, ensuite il fallait manger à la maison, et puis le soir, on pouvait rentrer assez tard, parce que c'était les moments où le soleil se couchait assez tard, donc on avait jusqu'à avoir 10h du soir. Mais là, on faisait plutôt du vélo autour du quartier. Ma mère n'était pas pour nous surveiller, elle nous faisait confiance, et nous, on en profitait. Et donc, parfois, ma mère nous croyait chez les copains, surveillés par leurs parents. Et nous, on était en pleine forêt, en train de construire une cabane ou au bord de l'océan. Les journées étaient longues, paresseuses. Elles s'étiraient, suivant nos envies. Les copains faisaient semblant d'être des enfants modèles pour avoir le droit de jouer avec nous. On avait une table de ping-pong dans notre jardin, on venait jouer au ping-pong. Mais il y avait là aussi des règles imposées, du style, chaque fois qu'un... Un de nos copains disait « Oh, merde ! » Ma mère sortait « Ah, non, tu es polie, sinon tu sors, tu rentres chez toi. » Donc il respectait les règles tacites et... Et puis aussi, nous allions jouer chez eux, parce qu'ils jouaient de la guitare, et on chantait, et on jouait la musique en nous voyant déjà sur scène. Et nous avions surtout un truc qui alors était très précieux, on savait s'ennuyer. Je ne vous parle pas de l'ennui genre tu me déranges, tu commences à m'ennuyer, mais cet espace temps où on ne sait pas quoi faire. On n'a pas envie de bouger, on n'a pas envie de se plaindre, mais en même temps on n'est pas si mal que ça. C'est alors qu'il y avait toujours une personne pour trouver la bonne idée, pour sortir de notre léthargie. C'est souvent des idées à la con, des expériences improbables, mais qui faisaient souvent l'unanimité. Je me souviens de mon père, un été, il n'était pas très souvent là, l'été il partait travailler, il venait le week-end, et nous voyait en train de glander, sans faire grand-chose. Il nous a appris le berthole. Le berthole était un jeu qu'il jouait lui dans son enfance, On sait que... Un manche à balai en équilibre avec un autre petit bout de manche à balai. On tapait dessus. C'est un peu difficile à décrire, mais en fait, ça ressemblait plutôt à du baseball. Et on frappait très fort dans un morceau de bois qui arrivait dans la figure des gens qui étaient en face. Et le premier qui réussissait à attraper ce petit morceau de bois, prenait la place de celui qui avait tapé dans le morceau de bois. On ne le ferait pas de nos jours. Parce que systématiquement, on prenait le morceau de bois dans les jambes, dans la figure. Mais ça nous faisait rigoler, ça nous faisait marrer. On avait passé un été à jouer au berthole. Et c'était cette idée de s'ennuyer. Tout d'un coup, mon père m'a dit, vous vous ennuyez, je vais vous apprendre un jeu, le berthole. Vous regardez peut-être, ça existe sur Internet, mais on avait joué à ça, par exemple. Et c'était l'ennui qui nous avait amené à ça. S'ennuyer, c'était alors un bon signe de bonne santé. Trop de choix tue le choix, nous disions. Nous étions un peu des enfants gâtés. Nous n'avions besoin de rien pour nous amuser, mais nous prenions le temps de bien peser le pour et le contre avant de nous mettre en marche. Alors ouais, l'océan, la forêt, les plages au bord du bassin, nous passions parfois une journée entière à nous poser la question de savoir ce qu'on pourrait faire pour finir à jouer au loup-garou. Oui, ça existait déjà le loup-garou, c'est pas les... et vous les plus jeunes qui avez inventé ça, ça existait déjà, alors que les parents nous reprochaient de rester enfermés. Oui, nous arrivions à nous ennuyer, mais avec la classe, avec panache, au rythme de l'été, des heures plus chaudes, l'ennui nous amenait de nouvelles idées, on choisissait... Les programmes de la journée, de la journée suivante, en fonction de l'excitation que ça allait nous donner, du plaisir instantané. Nous inventions des jeux, des courses poursuites. Et puis quand on s'ennuyait trop, du moins c'était l'impression que nous donnions. Les parents étaient là pour nous amener avec eux, pourquoi pas, aller à la pêche ou aux champignons. Nous ennuyer était notre espace à nous, un peu comme des lézards au soleil. Nous pouvions parler de tout et de n'importe quoi, nous disputer. Puis par flemme, nous réconcilier dans l'instant. L'ennui, c'était le signal pour aller plus loin, ne pas se contenter de ce que nous avions, mais d'en faire plus ou d'inventer quelque chose de nouveau. Nous n'avions aucune inspiration extérieure. Nous vivions entre nous. Si, on avait Pif Gadget et Picsou Magazine quand nous étions plus jeunes, mais sinon les inspirations venaient de nous. L'ennui nous amenait à ouvrir un livre pour nous plonger dans les aventures de grands explorateurs, de nous poser avec les grands-parents devant l'émission des chiffres et des lettres, de regarder le Tour de France ou un épisode de Colombo. On ne choisissait pas le programme, c'est eux qui le choisissaient, c'était les adultes. Mais on s'ennuyait tranquillement en famille, laissant nos esprits divaguer pour s'imaginer quelque chose à faire avec les copains plus tard. Nous ne cherchions pas à combler l'ennui et à occuper le temps, mais plutôt à observer ce qui nous entourait, à regarder les colonies de fourmis, la sève des pins couler le long des troncs d'arbres. Nous savions que l'ennui était une pause qui ne demandait pas à être absolument éradiquée. C'était un peu comme une pause, comme un souffle. et nous aimions nous ennuyer juste parce que Ça nous donnait ensuite l'envie de bouger, de faire de nouvelles choses, de les imaginer par nous-mêmes, ou de les créer et puis ensuite de les vivre. Ah oui, nous faisons plein de choses, je me souviens, puisque nous n'avions pas, encore une fois, de parasites extérieurs. Mon père nous a amenés, quand il était là, il nous a appris dix façons, et véritablement dix façons de pêcher différentes, au lamparo, au filet, à la foine. Et il nous a amenés, on allait dormir au bord de l'océan, et c'était à chaque fois... de nouvelles aventures, et dès qu'on commençait à s'ennuyer, on trouvait quelque chose d'original à faire. Et pendant l'ennui, c'était pas un problème. C'était un sas pour d'autres choses. Vous voyez ce que je veux dire ? Vous l'avez peut-être vécu d'ailleurs vous-même. D'ailleurs de nos jours, dans une salle d'attente, enfin même avant, quand on était plus jeunes, dans une salle d'attente, on regardait autour de nous, on observait, on pensait, on réfléchissait en voiture. On regardait le paysage, on inventait une histoire, on s'endormait. Dans une file d'attente, on soupirait, puis notre cerveau partait ailleurs. Puis le soir, on laissait monter les idées, des regrets, des envies, des décisions. Et cet ennui, cet ennui, eh bien, je me pose souvent la question, est-ce que je sais encore m'ennuyer ? Je ne crois pas, en fait. Ou alors je fais mal, je culpabilise, je dois faire absolument quelque chose, je dois utiliser ce temps, ce silence, ce moment où je ne sais pas trop quoi faire. Vous savez, même les philosophes avaient mis le doigt dessus. Pascal, par exemple, explique que l'être humain déteste rester face à lui-même et qu'il préfère le divertissement, au sens d'être détourné de soi. Il écrit, en gros, c'est donner à quelqu'un ce qu'il gagne au jeu, à condition qu'il ne joue pas. vous le rendrez malheureux. Parce qu'il ne cherche pas juste le gain, il cherche l'occupation, la tension, l'illusion qui empêche l'ennui. Donc l'ennui, avant, c'était une pause imposée, mais imaginée aussi, une friction naturelle, un moment où la tête travaille sans s'en rendre compte. Et surtout, on avait moins d'outils pour l'anesthésie. On en arrive là. L'autre temps, c'était pas... Ce n'est pas juste les gens sont plus fragiles ou on a moins de patience, c'est pas ça. Le tonnant, c'est qu'on a désormais une machine à tuer l'ennui dans la poche. Vous voyez ce que je veux dire ? Il y a un truc contre-intuitif, mais quand on ne le regarde pas, mais on sait qu'il est dans la poche, sa présence peut nous coûter de l'attention. C'est le téléphone, tout simplement, ou même le réseau social d'ailleurs. Et pourquoi alors faire l'éloge de cet ennui sans le regretter ? Oui, il y a des choses que je regrette dans l'ancien temps, je ne dirais pas que c'était mieux avant, mais il y avait des choses... résolument mieux avant et puis il y a des choses beaucoup mieux maintenant comme les relations entre les hommes et les femmes, notre rapport à l'autre ça peut être mieux maintenant mais il y avait aussi des choses souvent quand on dit ah ouais c'était mieux avant on pense pour un passéiste un vieux con mais il y a des choses qui étaient mieux avant bien sûr alors pourquoi faire cet éloge de l'ennui parce que l'ennui ordinaire il fait au moins trois choses utiles d'abord il relance la créativité quand il est sain bien sûr ensuite eh bien, il nous rend une direction. Ça ne nous anesthésie pas immédiatement l'ennui. Ça nous donne une question qui finit par sortir. Par exemple, quand on s'ennuie, on fait « mais qu'est-ce qui me manque ? » « Qu'est-ce que j'évite ? » « Qu'est-ce qui n'a plus de sens pour moi ? » Et ça, c'est précieux, c'est notre boussole. Et l'ennui, ça peut être aussi un signal rouge, bien sûr, parce que l'ennui, ça peut être aussi un ennui toxique. Je ne le dis pas, mais ça peut être toxique aussi. Mes vacances d'été, ça n'était pas ça. Mais ça peut être aussi toxique en ce moment pour vous, par exemple. Si cet ennui est dur, il colle, il ressemble à de l'apathie et il s'accompagne d'une perte d'élan. La recherche distingue notamment l'ennui, l'état ponctuel de l'ennui, et une forme plus stable qui est associée à divers problèmes, la dépression, l'anxiété, le stress. Moi, je vous parle vraiment d'ennui, encore une fois, de cet ennui ponctuel. Donc l'éloge de l'ennui, ce n'est pas rester dans le vide et souffrer. C'est plutôt apprenez à écouter le signal, puis... bouger intelligemment. J'ai même envie de dire que quand j'étais plus jeune je ne m'ennuyais pas, j'apprenais et chaque fois, chaque ennui qui arrivait, chaque moment où je me disais qu'est ce que j'ai envie de faire, oh non j'ai rien envie de faire, je vais rester là, se plaindre un petit peu, c'était le moment d'apprendre quelque chose et j'avais envie aujourd'hui de vous proposer de réapprendre à vous ennuyer, c'est à dire de ne pas prendre systématiquement le téléphone pour scroller, ce que je fais, assez régulièrement, ou ne pas vous poser devant les réseaux sociaux, ou de ne pas allumer la radio quand vous êtes dans votre voiture, ou d'écouter un post-cat d'ailleurs, mais simplement de vous poser avec vous-même, et d'apprendre, ou de réapprendre à vous ennuyer, de vous dire, tiens, qu'est-ce que j'ai envie de faire en fait ? Qu'est-ce qui me manque ? Qu'est-ce que j'évite de faire en ce moment ? Qu'est-ce qui n'a plus de sens et que je n'ai plus envie de faire ? De remettre en place votre boussole, de... de vous reconnecter avec vous-même. Ça fait très délorement personnel, mais après tout, est-ce qu'on en fait pas un quelque part ? Un peu, même beaucoup délorement personnel. Encore une fois, on a vu que c'était pas un gros mot, mais ça nous pouvait nous permettre de nous sentir mieux. Voilà, c'était un petit backstage de mes émotions, de ce que je vivais avant, comme je l'ai dit un peu à la Marcel Pagnol, ces moments où on se retrouve avec soi-même, ces grandes promenades, ces grands moments d'ennui profond et de... plaisir de ne rien faire, de rien foutre tout simplement en fait. Voilà, cette fois-ci c'était le backstage, la semaine prochaine on va attaquer un sujet important, un sujet qui va nous parler et qui va nous parler du comment structurer un changement avec le Kaizen en trois décisions opérables. Ah oui, on passe du coq à l'âne, donc structurer un changement avec le Kaizen en trois décisions opérables. Et je vais vous demander quelque chose, je vais vous demander de réfléchir pour la semaine prochaine à un changement que vous voulez opérer. Pensez à quelque chose que vous avez envie de faire depuis longtemps ou maintenant, qui vous tient à cœur et que vous allez pouvoir structurer, organiser pour le réaliser en trois décisions opérables. Pensez-y et puis on se retrouve la semaine prochaine. prochaine. En attendant, bien sûr, abonnez-vous. Abonnez-vous à ce podcast pour suivre les nouveaux épisodes. Vous le savez, le but, ce n'est pas simplement d'écouter, mais de faire. Et c'est ce qu'on va voir la semaine prochaine. Encore une fois, on va voir que ça ne suffit pas d'écouter, de se dire c'est super ce qu'il nous a dit, mais aussi de mettre en place parce que vous avez tous les outils, une grande partie des outils qui sont déjà entre vos mains ou dans votre mental. C'est à vous de les mettre en place. Sinon, on n'avancera pas. Et donc, n'oubliez pas de vous abonner. 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