Speaker #0Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard de devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est nuit. Ah ben... Nous avons tous besoin de reconnaissance, d'être vu, d'être apprécié, d'être connu, reconnu. Et moi le premier, quand je fais ce podcast par exemple, c'est... très certainement inconsciemment pour être reconnu dans ce que je sais faire, dans la notion de changement. Et quand je regarde des youtubeurs, des acteurs, je les kiffe et je me dis « Ouais, j'aimerais bien être comme eux, j'aimerais bien avoir leur vie » . Et nous avons tous, me semble-t-il, en tout cas j'en suis persuadé de mon côté, ce côté besoin de reconnaissance, de vouloir être reconnu. Pas un peu, mais vraiment. Et le pire, c'est qu'on le sait et qu'on fait comme si ce n'était pas important. On dit je me fiche du regard des autres, puis on vérifie si on a été vu, si on a été liké, validé. On dit je suis pas jaloux, puis la réussite des autres, ça nous pique quand même un petit peu. On se dit je veux juste réussir, alors qu'au fond on veut surtout prouver qu'on vaut quelque chose. Aujourd'hui on va arrêter de se mentir, vous et moi, on va se parler de ce besoin d'être vu, de ce besoin d'exister, de ce que ça fait à notre tête, à nos choix, à nos relations. On va aussi parler de ceux qui ont réussi, entre guillemets, et qui pourtant se sentent vides, fatigués, piégés par leur propre image, pendant que nous, on continue à les idéaliser, à se dire, tiens, si je pouvais, je serais comme eux, j'aurais la même vie. Peut-être que j'aimerais mieux qu'eux, parce que moi, je sais ce que je veux. Et voilà, c'est pas... Non, non, je veux pas être connu, je veux pas être reconnu, tu parles. Et surtout, on va voir comment on s'en sortir de cette prison, comment arrêter de vivre pour paraître et recommencer à vivre, à vivre pour de vrai, tout simplement. C'est ce qu'on va voir dans cet épisode. Imaginez une seconde, vous publiez quelque chose, une photo, un projet, une idée, un poème, sur internet, sur les réseaux sociaux, et là, ça tombe. Des likes, des messages, des « waouh, bravo » , des partages, une mini-vague de chaleur dans la poitrine. Ça m'est arrivé sur une page Facebook qui parlait d'acheter des terrains en France et de partager. en communauté et j'avais mis dessus un petit commentaire, même un long commentaire sur l'importance de se retrouver ensemble, de pouvoir faire des projets version collégiale enfin bon bref, et je m'étais retrouvé sur cet échange avec 400 ou 500 likes et je me suis retrouvé submergé, je me suis dit waouh ça y est je suis devenu quelqu'un, c'est l'important deux jours après c'est terminé je suis retombé sur le parfait inconnu mais Oui ! Mais j'avais cette chaleur, cette impression d'être devenu quelqu'un d'important. Bien sûr, ça retombe. Et souvent, derrière, il y a un truc plus froid. Ok, ok, très bien. Et maintenant, qu'est-ce qui se passe ? Et on va être franc, ce besoin d'être vu, d'être validé, d'être reconnu, ce n'est pas un caprice moderne. Ce n'est pas lié spécifiquement aux réseaux sociaux, même si, maintenant, ça les accentue. C'est un mécanisme humain, profond, ancien. On ne cherche pas seulement à être aimé. On cherche à compter. C'est normal, à compter pour les autres, à compter et avoir une impression d'une image de quelqu'un de bien, tout simplement, au minimum. Le problème, c'est quand la reconnaissance devient une drogue, quand le regard des autres devient la boussole, quand on se met à vivre pour l'image et qu'on perd parce que nous sommes réellement la personne que nous sommes. Et aujourd'hui, on va parler de pourquoi ce besoin est si puissant, ce besoin de reconnaissance, de comment il se transforme en piège avec la comparaison, la jalousie. Cette notion de modèle, de réseaux sociaux, encore une fois, c'est ce qui se passe dans la tête de ceux qui réussissent, et qui pourtant se sentent vides, parce que c'est vrai qu'on les imagine, ces personnes que l'on estime... avoir réussi, on se dit « c'est trop cool, ça va être génial » . Et en fait, pas tant que ça. Et surtout comment exister sans se détruire, sans se trahir, sans courir après quelque chose qui ne finit jamais. Commençons par nous dire que la reconnaissance, ce n'est pas de l'ego. On ne va pas dire que c'est de l'ego, c'est un besoin vital. Il y a une idée simple, c'est que l'être humain est une espèce sociale. Ou sociable d'ailleurs. Et on est dedans, on est protégé. Et quand on est dehors, on est en danger. C'est un peu, vous savez, l'effet quand on était... Moi, j'étais vraiment là-dedans quand j'étais beaucoup plus jeune, mais alors vraiment beaucoup plus jeune, en CM2 ou un peu plus tard, quand on faisait l'équipe de football, il y avait deux capitaines d'équipe qui choisissaient chacun, l'un tour après l'autre, les joueurs, et qu'on se retrouvait remplaçants. Ça m'est arrivé très souvent. Et là, on n'est pas dedans, on ne fait pas partie de l'équipe. On est dehors, on est le remplaçant. Et les psychologues Bosmer et Lery ont résumé ça dans une formule assez connue, en tout cas une devenue classique, c'est le besoin d'appartenance n'est pas optionnel, il est fondamental. Donc nous avons besoin de ce côté d'appartenir tout simplement à un groupe ou à une communauté. Vous entendez certainement la pluie à côté de moi qui risque de se prolonger, parce que nous sommes à temps des pluies à Bali, la saison des pluies, et qu'il pleut pas mal. Donc c'est pas juste une métaphore, l'exclusion ça fait mal pour de vrai. Une expérience connue utilise un jeu, c'est super simple. En fait on lance une balle virtuelle à quelqu'un, donc on vous inclut pendant longtemps, on passe la balle de façon virtuelle et puis à un moment donné on commence à vous ignorer. Et même quand on sait que c'est juste un jeu, les gens ressentent une chute nette de l'appartenance et de l'estime de soi parce qu'en réalité on ne reçoit plus la balle. on est plus... inclus dans le jeu. Et mieux, une étude en imaginerie cérébrale a montré que l'exclusion sociale active des zones liées à la douleur, notamment le cortex antérieur. Cette activation est liée à la détresse ressentie. Donc oui, chercher la reconnaissance, c'est aussi chercher un signal. Je suis accepté, je suis à ma place, je peux respirer. J'aimerais vous donner un petit exemple par rapport à ça. Par exemple, à Bali, nous sommes expatriés. Et le fait que les Français, pas une grande communauté d'expatriés français, ont beaucoup de mal à se réunir. Et au bout d'un moment, on se retrouve exclu de ces groupes, exclu quelque part de tous les groupes d'expatriés qui sont anglophones, qui sont espagnols ou autres. Et on se retrouve sans reconnaissance et sans personne à qui parler. Et ce n'est pas forcément très évident. C'est la même chose quand on est dans une entreprise où les groupes sont déjà formés, on vient d'arriver dans l'entreprise. Et on sent qu'on a besoin d'en connaissance, on a besoin d'être accueilli, d'être bien accueilli. Et souvent, on zappe cette partie en disant « Paul ou Brigitte ou Isabelle, elle va s'y faire. Pour le prochain anniversaire ou pour le prochain pot, on ne l'invite pas, mais bon, ce n'est pas grave. » Pourtant, ça a une répercussion, parce qu'on a besoin d'être accepté, on a besoin d'être à sa place, de ressentir sa place. Et le vrai piège, c'est de confondre appartenance et statut. Il y a deux choses très différentes. L'appartenance, c'est « je suis relié, j'appartiens » . à un groupe, à quelque chose. Et le statut, c'est « je suis au-dessus, je suis remarquable » . Donc l'appartenance calme et le statut excite, puis ensuite épuise. Et là, on bascule vite dans la comparaison. Fislinger a théorisé ça très tôt. Quand on ne sait pas exactement ce que l'on veut, on se compare. Ça vous parle ? Le souci, c'est qu'on ne se compare pas à la réalité complète des autres. On compare notre... les coulisses, ce que nous vivons de notre côté, c'est-à-dire les doutes, les fatigues, les chaos, à leur scène, à ce que nous pensons qu'ils vivent, c'est-à-dire le résultat, les photos, la réussite affichée. Et c'est exactement ce que vous décrivez, ce que nous on décrit d'ailleurs sur une sorte de vision en tunnel, où notre scène intérieure se fracasse sur les projecteurs braqués sur les autres. C'est un peu abstrait, donc je vous conseille... d'écouter l'épisode sur les croyances limitantes. On en parlera un petit peu plus. Mais on continue. Ça va peut-être vous éclaircir si je continue. Quand la comparaison devient chronique, elle produit trois poisons. L'envie. D'abord, par exemple, un acteur hollywoodien, Brad Pitt, et l'envie. Pourquoi lui ? Et pourquoi elle réussit ? Ou tiens, Pierre Ninet, parce que c'est un acteur qui date pas de... Il y a quoi ? Il y a 5, 6 ans, 7 ans qu'il commence à être connu. Et on se dit, mais pourquoi lui ? Moi aussi, je suis bon sur scène. Ou je suis bon au théâtre, pourquoi lui ? Puis ensuite, la honte, c'est parce que je ne suis pas à la hauteur. Je ne suis pas bon. Et la mise en scène, ensuite, via la mise en scène, ces trois poisons, je vais prouver que je suis bon. Et c'est la même chose, par exemple, pour un manager. Un manager qui vous a pris votre place, ou vous arrivez sur place et vous vous rendez compte que le manager, il n'est pas terrible, et vous vous dites, mais pourquoi lui, il est manager, et pas moi ? Et ensuite, vous vous dites, parce que je ne suis peut-être pas forcément à la hauteur. Autant, il a la valeur super, mais si lui n'est pas super, et que moi, je ne suis pas à sa place, je n'ai pas le positionnement pour un manager, c'est que vraiment, je ne suis pas à la hauteur. Et ensuite, d'ailleurs, vous vous mettez en scène pour prouver que vous êtes capable de devenir... prendre sa place ou d'être manager. Donc il y a quelque part une notion de jalousie à l'intérieur aussi. On pense souvent que les réseaux sociaux sont superficiels. En réalité, ils exploitent un mécanisme social profond, l'approbation du groupe. C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure par rapport au message que j'avais laissé sur un groupe. On disait « Waouh, j'ai 300 likes, mais ils m'ont vite oublié. Je n'avais l'approbation du groupe que sur un seul poste. Est-ce que c'est utile ou c'est important ? Non, pas du tout. » Mais ça m'a duré deux jours. Je me sentis le roi du monde. Donc je parlais de l'approbation du groupe sur les réseaux sociaux. Dans une étude qui parle des ados dans l'environnement type Instagram, les photos avec beaucoup de likes déclenchent plus d'activité dans des régions impliquées dans la récompense. Et l'attention. Et les participants ont tendance à liker davantage ce qui est déjà validé par le groupe. Donc le cerveau apprend à confondre. approuvée et désirable. Et ce ne serait pas, bien sûr, que chez les ados. Chez les adultes, c'est même plus subtil. On ne like pas forcément, mais en cherche le même shoot, c'est-à-dire la validation, la visibilité, la preuve sociale. D'ailleurs, je vous conseille de regarder la vidéo que j'ai postée sur Minua Bali et sur Facebook qui nous parle d'une personne qui parle d'un post qu'elle a mis en place et qui s'étonne de nombre de gens qui l'ont vu et qui l'ont liké et qui expliquent pourquoi. Ce poste a fait plus de vues que les autres. C'est très intéressant parce qu'on en revient à cette notion de approuvé et désirable et ce besoin de validation de visibilité et de preuve sociale. On a vu tout à l'heure la cyberballe, cette invisibilité qui suffit à nous dérégler. L'expérience de la cyberballe, cette balle qu'on envoie à quelqu'un, à vous, et à un moment donné on commence à vous oublier, on commence à ressentir une frustration, cette expérience est brutale parce qu'elle est minimaliste. On n'est pas insulté, on n'est pas humilié. On est juste ignoré. Et ça suffit à déclencher la baisse de sentiments de contrôle, la baisse d'appartenance et le malaise. Ça dit quelque chose de très important. Ce que nous redoutons souvent, ce n'est pas l'échec, c'est l'invisibilité. Et ce besoin d'être vu peut nous faire accepter n'importe quoi. De surjouer, de performer, de nous comparer, de nous épuiser. Juste pour ne pas disparaître. On l'a certainement vu dans les repas entre amis, par exemple. qu'il y a... commence à se mettre en avant, à surjouer. Oui, c'est son caractère, il est comme ça, mais parfois ça démontre aussi le fait qu'il a besoin d'exister, il a besoin d'être vu. Le théâtre social, c'est paraître, tenir son rôle et sauver la face. Le sociologue Erwin Goffman a une image puissante. La vie sociale ressemble à une scène, comme si on était sur scène. On joue des rôles, on gère des impressions et on protège une sorte de masque, une valeur sociale qu'on veut maintenir. Et ce n'est pas faux, encore une fois. Ça n'est pas faux, c'est humain, on le fait tous. Mais si on oublie qu'il y a une différence entre le rôle et la personne, eh bien, on se perd. Dans certaines cultures, ce mécanisme est encore plus visible parce qu'il est codé. Du coup, j'habite à Bali, donc autant en parler. En Indonésie, la notion de malou, c'est-à-dire la honte, le gêne, la perte de face, on le voit souvent d'ailleurs, joue un rôle social fort et guide beaucoup de comportements. Et moi, je l'ai pu le vivre, par exemple, en négociation. pour un tableau, au tout début de mon arrivée à Bali, un tableau qui avait comme représentation la mer. C'est très joli, je veux faire ça à mon frère. Et je parlais avec un vendeur, et tout d'un coup, j'exagérais. Je disais, mais non, ça ne vaut pas ci, ça ne vaut pas ça. Et tout d'un coup, il s'est fâché, même pas. Il a eu honte, il s'est senti gêné, il a eu l'impression de perdre la face, parce que j'ai trop forcé le trait. Et à un moment donné, il a arrêté de me parler, et il est parti. Parce que cette notion de malou guide beaucoup des comportements en Indonésie. Et au Japon, c'est l'opposition Hone Taname. qui illustre bien l'écart entre le ressenti intime et ce qu'on présente socialement. C'est important. Moralité, le paraître, ce n'est pas un bug moderne. C'est une technologie sociale ancienne. Le danger, c'est de vivre uniquement dedans. Pourquoi on idolâtre la réussite des autres, même quand ça nous fait souffrir ? Parce que la réussite des autres remplit deux fonctions. Ça donne un modèle, voilà ce qui marche, et ça donne un mythe. Si j'ai ça ? je serai enfin tranquille. Sauf que beaucoup de modèles, ce ne sont que des vitrines. Et c'est là qu'on se fait avoir. Pourquoi courir vers la liberté alors qu'on court vers une prison plus chic en fait ? Parce que ceux qui ont réussi, ils ressentent et ils le disent, ils l'expriment. Écoutez, dans Click par exemple, ou dans d'autres, je n'ai pas le truc en tête, mais dans d'autres interviews, ceux qu'on estime avoir réussi, ils expriment l'insatisfaction, la frustration et l'incompréhension. Là encore, on va être direct, la reconnaissance externe ne garantit rien. Déjà parce que le cerveau s'habitue. Ce qui vous fait vibrer devient la norme et vous avez besoin de plus. C'est d'ailleurs ce qu'on retrouve beaucoup chez les milliardaires. Une maison, deux maisons, des villas, des voitures, et ça continue. Parce qu'à un moment donné, le cerveau s'habitue et il n'est plus satisfait. Ensuite, parce que la réussite visible crée un piège. Vous ne pouvez plus être banal quand vous avez commencé à être connu. Vous ne pouvez plus être banal. On a dit banal entre guillemets. Vous devez tenir un rôle, un personnage. Et puis ensuite, vous êtes jugé en continu par rapport à ce rôle. Regardez les haters sur Facebook ou sur d'autres supports, bien sûr, qui s'en donnent à cœur joie pour vous juger. Et vous devez être à la hauteur en continu. Et vous vous doutez, bien sûr, encore de vous, mais en silence. C'est Pierre Ninet qui en parlait de ça. Et puis d'autres comme Raphaël Kenard, je crois, qui parlait de ce doute dans Hot One. Deux exemples simples, utiles, qui servent le propos. On a beaucoup parlé de Jim Carrey, qui a fait, vous connaissez les films de Jim Carrey, mais qui parlait justement de sa célébrité, de la pression qu'il ressentait. Il a illustré cette pression, l'illusion de cette célébrité avec une phrase qu'on cite souvent d'ailleurs, qu'on retrouve dans son discours de remise au diplôme. Il a dit, je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre. pour se rendre compte que ce n'est pas la réponse. Et Billie Eilish, une chanteuse, dans un de ses interviews, parle du décalage entre vouloir l'attention et découvrir ce que la célébrité fait réellement. Et là aussi, il évoquait des difficultés psychiques. Donc, point important, ça veut dire que les célébrités souffrent toutes. Ça ne veut pas dire qu'elles souffrent toutes de façon permanente et durable et que c'est dur, mais elles souffrent comme tout le monde. Donc la réussite rend malheureuse, ça ne veut pas dire ça non plus. Mais ça veut dire que la reconnaissance peut amplifier tout ça et que donc ce n'est pas un antidote, une solution, elle ne répare pas. Et j'ai même envie de dire que quand vous arrivez avec vos problèmes et que vous devenez célèbre, ça ne fait que les amplifier. Donc là, la seule détermination de théorie... qui a été proposé par Desi et Ryan, distingue les besoins psychologiques fondamentaux, comme le besoin d'autonomie, de compétence, de lien, et montre que certains objectifs, ça les nourrit, et d'autres, ça les affame. Dans cette lignée de travaux sur les aspirations intrinsèques, je suis un peu compliqué, mais c'est l'argent, l'image, le statut, la célébrité, contre les aspirations intrinsèques, c'est-à-dire la croissance, la relation, les contributions, montrent que privilégier forcément l'extra... L'extré sec, c'est-à-dire l'argent, l'image, le statut, la célébrité, est associé à une moins bonne qualité de vie et davantage de mal-être, selon des études et des contextes. On va traduire ça de façon plus simple, ça peut vous permettre, peut-être un peu obscur, si votre carburant principal c'est le regard, vous devenez dépendant d'un truc que vous ne contrôlez pas. Donc on fait quoi ? Vivre avec ce besoin sans se casser. Je ne vais pas vous dire arrêtez de vouloir être reconnu. Ce serait idiot. Ce besoin existe. Je l'ai, ce besoin. Comme tout le monde. Le sujet, c'est plutôt qui tient le volant, qui tient la barre de tout ça. Et la règle, c'est que la reconnaissance doit être le bonus, pas un salaire vital. Si votre valeur dépend du public, vous êtes en danger. Et on va voir donc trois cercles. de reconnaissance, dont on a parlé dans le titre, ces trois cercles de reconnaissance qui vont vous permettre de mieux vivre ce besoin de reconnaissance. Donc le premier cercle, c'est l'appartenance. C'est le début, c'est vital. Et de vous demander, mais qui me connaît vraiment ? Qui me connaît vraiment ? Qui peut me dire la vérité sans me détruire ? L'objectif, c'est le lien, la sécurité. La sincérité. Je vais déjà parler de ça, mais Vincent Cassel, dans Click, Mouloud lui avait demandé justement combien il avait d'amis. Et il a commencé à regarder, à compter sur les doigts de ses deux mains. Et au bout d'un moment, il est arrivé à une seule main. Et il s'est dit, en fait, j'ai deux, trois personnes qui sont vraiment mes amis, qui donc le connaissent vraiment et qui donc peuvent lui dire la vérité sans le détruire. Et pourtant, Vincent Cassel est quand même quelqu'un d'excellente. extrêmement connu, et on peut l'envier, lui dire « mon Dieu, il doit avoir une vie formidable » , pas tant que ça, puisqu'il a trois amis. Comme beaucoup, nous avons tous les deux ou trois amis sur lesquels on peut compter. Donc le premier cercle, c'est cette appartenance. Qui peut me dire la vérité sans me détruire ? Et le cercle 2, ce cercle de reconnaissance, c'est la compétence stable. Le premier, c'est l'appartenance, ce côté vital. Le deuxième, c'est la compétence stable. Qu'est-ce que je sais faire, même quand personne ne regarde ? L'objectif, c'est la fierté propre, la progression et la maîtrise. Qu'est-ce que je sais faire même quand personne ne me regarde, quand personne ne me juge en fait ? Et puis le troisième cercle, c'est le statut qui lui est volatile. Combien de gens m'appaudissent ? Objectif, l'opportunité, mais ça c'est instable. Donc nous avons un côté, combien de personnes peuvent me dire la vérité sans me détruire. Le deuxième, c'est qu'est-ce que je sais faire quand personne ne me regarde, quand je ne poste pas de... de post sur Facebook, par exemple. Et en troisième, c'est combien de gens m'applaudissent. Mais ça, c'est volatile. Et le piège, c'est de vivre que sur le cercle numéro 3 et d'oublier les deux autres. De se dire, mais en finalité, ma vie, ma qualité, je ne vis que par rapport au cercle 3 qui sont les gens qui m'applaudissent. Et je vais vous proposer un protocole concret sur 7 jours, 7 jours, 8 jours, 9 jours, on s'en fout, je propose 7 jours, pour exister. sans jouer un rôle. Vous allez voir, c'est un exercice simple, mais qui peut vous être utile si vous vous sentez seul, en besoin de reconnaissance, avec ce diagnostic des trois regards. Donc on va prendre une feuille, vous pouvez faire ça peut-être sur votre portable, peut-être mieux sur une feuille, vous prenez un carnet, un carnet qui est déjà utilisé pour d'autres exercices, je vous ai déjà proposé d'autres exercices pour mieux vous connaître. Vous mettez trois colonnes, trois colonnes sur une feuille. Le premier, c'est ce que les autres attendent de vous. Ce que vous imaginez qu'ils attendent de vous. Le deuxième, ce que vous essayez de montrer. Et le troisième, ce que vous voulez vraiment, même si ça fait peur. Et là, vous allez voir où vous trichez pour être aimé. Ce que les autres attendent de vous, ce que vous essayez de montrer pour répondre à cette attente, quelque part. Mais ce que vous voulez vraiment, en troisième, c'est ce qui est important. Parce que même si ça fait peur, pour vous, et peut-être pour les autres, ou par rapport au regard des autres, c'est ce qui est important. Ok, trois colonnes. Ça, c'est le premier jour. Le deuxième jour, vous allez lister cinq personnes que vous admirez. Ok ? Prenons cinq personnes. Je ne sais pas, moi, Fabien Olicard, que j'adore en l'occurrence. Brad Pitt, je le cite souvent parce que c'est le must. J'en sais rien, il y en a plein. Juliette Binoche, je parle ça à ma compagne qui adore ça. Bon, bref, qui adore cette personne, pardon. Donc, listez cinq personnes que vous admirez. Et pour chacune... Vous allez dire, qu'est-ce que vous admirez exactement chez cette personne ? Mais ça peut être aussi votre conjoint, ça peut être quelqu'un, mais vraiment, il faut l'admirer. Il faut kiffer ces cinq personnes. Et puis vous ajoutez, mais qu'est-ce que ça me coûte d'essayer de le ressembler ? Prenez une actrice, un acteur, un comédien, un chanteur, qu'est-ce que ça vous coûte d'essayer de le ressembler ? Est-ce que ça vaut le coup aussi ? Et ça c'est autre chose. Donc, deuxième jour, la pure jeunesse modèle. Le troisième jour, c'est la preuve sans témoin. Vous faites une action qui vous rend fière sans la poster. Un entraînement, une super recette de cuisine, une page écrite, un geste courageux, une limite posée. Vous connaissez déjà ce levier, la preuve vécue qui fissure les scripts internes. Ou, si vous préférez, cette notion de preuve va nous permettre de fissurer ces croyances limitantes qui nous empoisonnent la vie. Et puis en jour 4, on va passer au stop. à la micro-destruction. Et ça, on est bon pour la micro-destruction. On va repérer ces micro-coupures relationnelles, une remarque, un mépris, une habitude qui vous rabaisse. On l'avait déjà vu dans d'autres épisodes. Et on va stopper ça proprement parce que l'épuisement vient aussi d'une accumulation invisible. Rappelez-vous, nous l'avions vu sur cette notion de coupure journalière avec ces réflexions qu'on peut recevoir et on ne dit rien, ces gestes de mépris, ces remarques qui nous empoisonnent la vie, eh bien, on va y mettre un terme, on va repérer ces micro-coupures et les stopper proprement. Et ça, c'est le jour 4. Et le jour 5, eh bien, on va revenir aux vrais besoins. Quand vous cherchez la validation, vous posez la question de quoi ai-je besoin là vraiment ? Et on va avoir un lien, une compétence, un statut et répondre aux bons besoins, pas aux mauvais. Donc, revenir aux vrais besoins, ce qui est essentiel pour nous et non pas... à essayer de copier d'autres personnes, de se créer des besoins qui ne sont pas les nôtres en fait. Le jour 6, on va essayer de se limiter sur la scène, sur les rôles qu'on peut se donner, les masques qu'on peut se donner. On va choisir un endroit où vous jouez un rôle, le boulot, la famille, les réseaux sociaux éventuellement, et on va retirer 10% de cette mise en scène, juste 10%. Le but c'est respirer par exemple, si vous dites de trop pas en faire en famille ou au travail, eh bien on va reprendre un petit peu de recul et s'enlever 10% de mise en scène pour être vrai tout simplement. Puis la phase 7, la dernière phase, le dernier jour. C'est la phrase d'identité, c'est-à-dire une phrase sobre, véritable, vérifiable aussi, et dire que nous sommes une personne qui, par exemple, vous êtes quoi ? Vous êtes une personne qui tient ses engagements, simple par exemple, ou vous êtes une personne qui parle vrai quand ça compte, ou une personne qui construit même sans applaudissement. C'est important de définir qui on est réellement, pour en finalité mieux se connaître et être moins dans la reconnaissance, en tout cas. de la reconnaissance des autres, du regard des autres. Mais par contre, vous pouvez reconnaître vous-même qui vous êtes. En conclusion de cet épisode, qui me semblait important, c'est être plus que paraître. Le regard des autres, c'est comme la météo, ça change tout le temps. Et si vous construisez votre vie dessus, vous allez vivre dans l'instable. Alors oui, la reconnaissance, ça fait du bien, bien sûr, mais elle peut ouvrir des portes. C'est possible, bien sûr, mais attention aux croyances limitantes qui vont vous freiner. par exemple, pour vouloir ressembler à personne que vous avez toujours voulu être, mais qui n'est pas vous, qui est peut-être un comédien, un artiste, un youtubeur, mais en réalité, ce n'est pas vous. Ça, c'est une croyance émitante. Et ça va enlever votre oxygène et ça va vous tuer à petit feu. Le vrai objectif, c'est pas être applaudi, c'est d'être aligné. Que votre vie privée, vos choix, vos relations, votre travail, ne soit pas une pièce de théâtre permanente. Et donc, il va falloir fixez vos limites, et ça on l'a vu dans un autre épisode, et au fond, c'est pas la personne que vous avez envie que les autres voient, ou que les gens imagent, que les autres vous renvoient en disant « Ah, j'aimerais que tu sois comme ci ou comme ça, j'aimerais que tu ressembles à ceci ou cela » , mais bien une personne que vous avez toujours voulu être, et que vous voulez être dès maintenant. C'est celle où tout le monde vous voit, mais que vous ne vous reconnaissez plus, et cette personne-là, on va arrêter de jouer le rôle, on va arrêter de jouer la comédie. On va arrêter de chercher tel des chiens de compagnie, une reconnaissance, la croquette qui fait du bien, mais plutôt nous ressembler à travers cet exercice par exemple. Mais ce qui est important, c'est surtout encore une fois de vous rendre compte que ce n'est pas parce que des gens sont connus ou reconnus qu'ils sont forcément heureux et que cette reconnaissance, ce bonheur, il vient ailleurs. Il vient par la prise de conscience et la connaissance de soi. Voilà, c'est la fin de cet épisode. J'espère que ça vous a intéressé, parce que pour moi, en tout cas, ton connaissance était importante, parce que je me suis vraiment posé la question de savoir pourquoi, par exemple, je faisais ce podcast. C'était pour être connu, reconnu, et j'ai creusé le sujet, je me suis remis en question, et c'est avant tout pour vous proposer des sujets qui m'intéressent, dont ce sujet sur la reconnaissance, des sujets qui me touchent, qui m'interrogent en tout cas, qui m'interpellent. J'espère que ce sujet vous parlera. N'hésitez pas, bien sûr. à m'envoyer un message ou me proposer, si vous le souhaitez, on peut se parler ensemble pour que vous puissiez être accompagnés en ce besoin de reconnaissance, par exemple. N'hésitez pas à partager autour de vous, si vous avez des personnes qui sont touchées par ce sentiment de devoir jouer un rôle quelque part. N'hésitez pas, bien sûr, à laisser des messages sur Facebook. Je laisse très souvent des interrogations, des vidéos qui peuvent vous intéresser. N'hésitez pas à laisser un petit... une petite 5 étoiles sur Spotify ou sur Apple Podcast en tout cas on se retrouve très vite quand il sera minuit à Bali