Speaker #0Il y a des plaisirs qu'on respecte, qu'on identifie facilement, et puis il y a les autres, ceux qui sont un petit peu plus honteux peut-être, ou négligés tout simplement. Les grands plaisirs, on les comprend tout de suite, un voyage, une réussite, une belle rencontre, un dîner attendu, une victoire, quelque chose qui se raconte. Et puis il y a ces petits plaisirs minuscules qui sont presque embarrassants. Tu sais, les dix minutes seules le matin, avant que le téléphone commence. Le moment où un rendez-vous saute et où vous respirez enfin, le café pris debout dans le silence, la marche un peu plus longue que pour rentrer, la musique remise sans raison, la fenêtre qu'on ouvre, le détour inutile qui fait du bien. Vous savez, je me rappelle, j'avais un bouquin chez moi quand j'habitais encore à Paris qui s'appelait « La première gorgée de bière » . C'est rien au fond. Et pourtant, parfois, c'est le meilleur moment de la journée. Le problème, c'est qu'on traite souvent ça comme un détail. Presque comme une petite faiblesse, comme un confort sans importance. Alors que parfois, ce plaisir minuscule dit quelque chose de beaucoup plus sérieux. Il indique l'endroit exact où la vie en vous recommence un petit peu à circuler, tout simplement. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer, ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer, ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, master coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard. pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Je crois en fait qu'on se trompe souvent sur ce qui mérite d'être écouté dans une nuit. Ou alors, je ne sais pas, on l'amplifie, on le glorifie. On prend très au sérieux ce qui est impressionnant. C'est ce qui élève le statut, ce qui rassure l'image, ce qui se voit tout simplement de l'extérieur en fait. Et on sous-estime ce qui apaise, ce qui ouvre un peu d'air, ce qui remet de la présence dans une journée. Pourquoi ? Parce qu'un plaisir minuscule, ça ne ressemble pas à une grande direction. C'est pas forcément noble, ça fait pas projet, ça fait pas décision importante. Et pourtant, ça peut dire beaucoup. Comme on dit, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Pas tout, mais beaucoup. Ça peut dire, par exemple, là, quelque chose de vous se dessert. Là, vous forcez moins, vous forcez moins avec ce petit plaisir. Là, vous n'êtes plus seulement en train de tenir. Et ça, c'est pas anodin. Donc le sujet de cette épisode n'est pas de dire suivez tous vos plaisirs, quoique, bon ça serait idiot, les plaisirs qui endorment, qui distraient, qui évitent, qui anesthésient, le vrai sujet c'est autre chose. C'est que certains petits plaisirs ne vous éloignent pas de vous-même, ça vous y ramène. Et ça, il faut apprendre à les reconnaître, à reconnaître ce plaisir. Parce que c'est pas la même chose, de se jeter sur quelque chose pour ne plus rien sentir, ou sentir quelque chose... C'est le plus simple qui vous remet un peu d'aplomb. Un plaisir d'évitement vous vide après, un plaisir plus juste vous laisse souvent plus simple, plus calme, plus entier. Vous voyez la différence ? Le premier ça vous coupe, le second ça vous rassemble. C'est exactement là que l'épisode devient utile. Parce que une vie d'un homme ou de femme fatigue rarement seulement par des surcharges. Elle fatigue aussi par l'absence de micro-respiration, comme on pourrait appeler ça, de vraie micro-respiration. On remplit tout, on tient, on avance, on fait ce qu'il faut. Ça, c'est sûr. Et au milieu de ça, il y a les seuls moments qui nous remettent un peu vivants, on les traite comme des parenthèses sans importance. Je pense à un truc qui me vient à l'esprit, vous savez quand vous êtes dans votre voiture et tout d'un coup il y a une musique qui vous plaît, à la radio vous la mettez à fond et vous chantez. Vous chantez et pendant trois minutes vous chantez à fond dans votre bagnole. Ça c'est des petits moments de plaisir. Mais on les traite comme des parenthèses en important. Non, ça fait du bien. On se vide son énergie pour se remplir d'une autre énergie. Et c'est ces parenthèses qui sont parfois les indices. Je veux dire, avec une image peut-être plus simple. Le corps manque d'eau, il ne rédige pas un rapport. Il dit j'ai soif, ou plutôt il donne soif. Le plaisir minuscule, ça fonctionne parfois un peu comme ça. Il ne vous donne pas une stratégie, il ne vous explique pas toute votre vie, mais il signale un besoin. Et encore une fois, ce n'est pas forcément spectaculaire, c'est parfois très sobre. Par exemple, plus de silence, Ça ne s'est jamais arrivé d'être quelque part, peut-être dans une salle d'attente, ou dans la forêt, ou au bord de la mer, et d'avoir besoin de plus. Plus de bruit de mer, de vagues, plus de silence, plus d'être avec vous, d'avoir besoin presque corporel, charnel, d'avoir besoin de plus de silence. Plus de lenteur, comme si vous aviez envie de ralentir le temps, tout simplement, parce que tout va trop vite. Plus de lenteur, plus d'espace, plus de beauté. Peut-être que, si vous êtes arrivé, je vous en avais parlé il y a des années. Dans un de mes podcasts, dans un de mes épisodes où j'étais tombé à Philadelphie, sur un tableau avec un clown triste derrière un village abandonné, je trouvais ça tellement beau, j'aurais pu rester, ça réunissait plus de silence, plus de lenteur, plus de beauté, et c'est un petit plaisir de regarder ce tableau, je n'arrivais plus à m'arracher de la vue de ce tableau que je n'aurai certainement jamais à retrouver, mais il était là dans cette exposition et je regardais ce tableau pour plus de beauté. Plus de présence, parce que j'étais aussi très présent. Ou alors moins de bruit, moins de rôle, c'est-à-dire de jouer un rôle, moins de tension. Ça, c'est des petits plaisirs. Et ce qui est troublant, c'est qu'on a souvent déjà ces informations sous les yeux. Simplement, on ne les lit pas. On dit, j'aime bien marcher seul. Très bien. Mais peut-être que ce n'est pas juste j'aime bien. Peut-être que votre corps vous dit qu'il manque de décompression, de solitude, de rythme choisi. On a souvent peur de la solitude. D'ailleurs, quand quelqu'un vous dit « Moi, j'aime bien marcher seul » , vous dites « Oh là là, tu marches seul, tu n'aimes pas les autres » . Ça n'a rien à voir. Petit plaisir. Parfois, on dit « J'adore quand une réunion est annulée » . Très bien. Mais ce n'est pas parce que c'est juste une flemme passagère, mais c'est que ça dit quelque chose de plus sérieux sur la manière dont votre agenda vous avale. Vous voyez, on dit souvent « je me sens mieux quand je fais ça » , mais ce n'est rien, on minimise. Justement, le problème commence peut-être là. Peut-être qu'à force de considérer comme négligeable ce qui vous remet vivant, vous finissez par donner plus de poids à ce qui vous structure qu'à ce qui vous nourrit. Ça, à la longue, ça déséquilibre tout. Une vie peut-être très très bien organisée et très très mal oxygénée. C'est comme une pièce impeccable, rangée, propre, bien meublée, mais sans fenêtres ouvertes. Rien à redire sur l'ordre. Et pourtant on y respire mal, c'est le principe des feng shui. Certains plaisirs minuscules sont des fenêtres. Pas des solutions entières, encore une fois, des petits pas. Pas une vérité absolue. Non, c'est juste une fenêtre. Une fenêtre sur le monde, une fenêtre sur vous. pour vous retrouver. Et leur rôle, c'est pas de vous donner un grand destin. Leur rôle est plus modeste et plus précieux. Vous montrez où l'air circule encore. Et là, faut être honnête. Beaucoup de gens méprisent ces indices parce que ça n'a pas la bonne allure, c'est pas la bonne... bon rythme. Un plaisir minuscule, ça ne fait pas sérieux. J'avais fait carrière avec un plaisir minuscule. Ça ne fait pas grande ambition. Ça ne fait pas de récit impressionnant. On allait raconter à quelqu'un que votre première gorgée de bière, comme je l'ai parlé tout à l'heure, était... Oh ! Quel plaisir ! Ça n'intéresse personne. Alors on continue à privilégier ce qui rapporte, ce qui rassure, ce qui remplit, ce qui prouve, ce qui se raconte. Et on laisse de côté ce qui, pourtant, nous aide à mieux tenir. Et c'est une erreur qu'on fait tous, parce qu'on croit qu'une vie se construit seulement avec de grandes décisions, des coups d'éclat, des grands effets de manche. En réalité, elle se construit aussi avec des endroits minuscules où on recommence à respirer, où on s'offre des moments de pause, des escalages. Et je ne parle pas ici d'élovisme, je parle de discernement. Et le discernement, dans cet épisode, consiste à distinguer deux choses. Ce qui vous soulage. Parce que ça vous évite de faire quelque chose, par exemple. Ce qui vous soulage, parce que ça vous réaligne un peu. Vous voyez ce que je veux dire ? Les deux peuvent se ressembler, mais ça ne laisse pas la même trace. Entre ce qui soulage, parce que ça vous évite de faire quelque chose. Et ce qui vous soulage, parce que ça vous réaligne tout simplement avec vous-même, même un petit peu. L'évitement vous laisse plus flou, le petit plaisir juste vous laisse souvent plus net. Et cette netteté-là, elle vaut cher. Parce qu'elle permet parfois de mieux comprendre une fatigue, un trop-plein, un rythme absurde, une manière de vivre devenue trop serrée. Un plaisir minuscule ne vous dit peut-être pas où aller, mais peut aussi vous dire très précisément ce qui vous manque. Et d'un beaucoup Le coût de vie, c'est déjà énorme. Alors cet épisode, s'il vous parle, il n'y a qu'une chose à regarder dans les jours qui viennent. Quel est le plaisir minuscule que vous traitez comme un détail ? Peut-être le café le matin, tout seul, tranquillou. Peut-être un bain que vous prenez tranquillement pour vous reposer, un bon bain avec des bulles, bien chaud. Et ce petit plaisir minuscule que vous traitez comme un détail, pourtant il vous indique peut-être un besoin très sérieux. D'accord ? Donc vous allez regarder, dans les jours qui viennent, ou peut-être ce soir ou aujourd'hui, quel est le plaisir minuscule que vous traitez comme un détail, alors qu'il vous indique peut-être un besoin plus sérieux, ou très sérieux. Pas dix, hein ! Un seul. Un seul moment. Un seul plaisir. Un geste, un silence, un endroit, une respiration, un plaisir. Un plaisir minuscule. Parce qu'on se trompe souvent sur ce qui compte. On pense que les grandes réponses changeront la vie. Mais il arrive aussi qu'une vie commence à se réajuster quand on cesse de mépriser les petits endroits où on respire encore, encore une fois, ces petits plaisirs minuscules. Voilà, j'avais envie aujourd'hui de partager ça avec vous, parce qu'en fait, tout simplement, ce matin, j'étais en train de me... Enfin, la piscine, voilà, j'allais nager. Je faisais la piscine comme les enfants. Je suis allé nager, je me suis rendu compte que ça me faisait du bien, que c'était un vrai plaisir, que ça me faisait décrocher. Et puis j'ai peut-être un sentiment de culpabilité, parce que j'avais du travail aussi à faire. Et puis, ben oui, ça comptait pas dans ma carrière, ça comptait pas dans mon développement de travail professionnel. Je me suis dit, mais quel plaisir en même temps, mais quel... Ah, il faut que je parle des plaisirs. Et puis ça rebondissait sur, encore une fois, ce livre qui s'appelait « La première gorgée de bière » et qui, encore une fois, revient sur ces petits plaisirs qu'on sous-estime et qui sont tellement agréables et qui nous disent tellement sur nous. Voilà, je vous rappelle toujours et encore que vous pouvez laisser des messages sur Facebook, que vous pouvez mettre des étoiles si ce n'est déjà fait sur le podcast Spotify. C'est important pour moi, ça me permet de pouvoir mesurer ce que vous aimez, ce qui vous touche, ce qui vous plaît, et puis de savoir que vous êtes là, que vous êtes présent. Je reçois en ce moment des messages dont je vais parler dans un autre podcast, des messages de personnes vraiment généreuses dans leur dimension d'écoute et puis aussi dans le partage qu'elles ont par rapport à des situations parfois compliquées ou des choses plus simples. On parle de changements, bien évidemment, de petits changements, de grands changements, mais ces personnes-là partagent et je répondrai à certaines de leurs questions parce que ça me touche, ça me fait plaisir de partager ça avec vous, ces changements. Personne ne nous a jamais... expliqué quand nous étions plus jeunes. On a eu des cours de géographie, de mathématiques, de français, d'histoire géo, mais jamais de changement, comment aborder le changement, les petits changements, comment nous comporter face à des changements qui nous percutent. Voilà. Donc tout ça, c'est Dormi Nuit à Bali. Et bien sûr, on se retrouve très vite quand il sera minuit à Bali.