Speaker #0Il y a des moments où une décision vous prend toute la place. Pas parce qu'elle est forcément immense, mais parce qu'elle finit par se résumer à deux options. Je reste ou je pars ? Je continue ou j'arrête ? Je garde cette vie ou je la change ? Et plus la question se présente comme ça, plus elle devient lourde. Parce que quand vous réduisez un sujet complexe à deux portes, vous créez vous-même l'étau dans lequel vous essayez ensuite de respirer. A la fin de cet épisode, vous allez comprendre pourquoi cette décision paraisse impossible, non pas parce qu'elle vous manquait de courage, mais parce que vous posez ces questions dans un cadre trop étroit. Je parle de vous, qui tournez peut-être depuis des semaines avec cette question dans la tête des mois, peut-être même parfois plus, autour d'une même question, sans réussir à avancer. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre entre nous. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit. Bye bye. Nous avons tous été face à cette question, cette question qui tourne depuis des semaines, depuis des mois, parfois plus d'ailleurs, toute cette même question, sans réussir à avancer. Et on se répète, est-ce que je reste ou est-ce que je pars ? Est-ce que je balance tout, je me barre, ou alors est-ce que je reste tout simplement et j'assume ? Il y a de fortes chances que ce soit précisément cette formulation d'ailleurs qui vous bloque. Et c'est ce que nous allons voir aujourd'hui dans cet épisode. Tous nous avons été confrontés à ça. Dans une relation, par exemple, je quitte ou je reste. La vérité simple, c'est celle-ci. Quand une décision paraît impossible, c'est souvent que la question est mal posée. Nous allons le voir d'ailleurs à travers le livre « Décisive » qui est écrit par Chip and Dan Heltz et qui montre quelque chose de très utile. Nous décidons mal quand nous réduisons trop vite un problème à deux options. Ils appellent ça un cadrage trop étroit. Et c'est extrêmement fréquent. On croit réfléchir et en réalité, on tourne dans un couloir trop petit. On se dit qu'il n'y a que deux possibilités. Dans cet épisode, il y a trois idées principales. La première idée, c'est qu'un faux choix peut vous bloquer plus sûrement qu'un vrai risque. La deuxième idée, c'est que les meilleures décisions naissent rarement entre deux options. Elles apparaissent quand vous en créez d'autres. Et la troisième idée, c'est avant de trancher, il faut ouvrir le champ, le champ du possible, et pas forcer la conclusion en disant que de toute façon, on n'avait que deux options. Alors on va commencer par le plus important. On parle souvent dans Minua Bali de l'inconscient. On a fait trois épisodes très importants au tout début de Minua Bali, Recherchez-les, sur l'inconscient, la place de l'inconscient, ce côté avocat que peut avoir l'inconscient. Je parle de là, de cette notion de défense qu'il peut avoir, et c'est de protection surtout. Et là on peut se poser la question, pourquoi le cerveau adore les faux choix ? Oui, les faux choix. Parce qu'il donne une impression de clarté, tout simplement. Deux options, c'est propre, c'est nickel, c'est net. C'est presque rassurant. Soit je reste, soit je pars. Soit je continue comme avant, soit je casse tout. Parce qu'on a toujours un peu l'impression de faire la chose en moitié, quand on se dit, bah oui, mais... Voilà, c'est soit l'un, soit l'autre. Le problème, c'est que la vie réelle, elle fonctionne très rarement comme ça. Vous le savez, entre rester exactement pareil et tout quitter, il n'y a quand même pas mal d'options. Il existe souvent, par exemple, on peut... Réduire la voilure, faire peut-être moins de choses. On peut négocier d'autres conditions de travail ou d'autres conditions de vie. Déplacer les choses, tester de nouvelles possibilités. Demander autrement quelque chose qu'on a demandé depuis 3 ou 4 fois ou 10 fois qu'on n'arrive pas à obtenir. Peut-être le demander autrement. Explorer à côté. Suspendre sans rompre. Reconfigurer. Essayer quelque chose avant d'annoncer à tout le monde qu'on va changer de vie. L'option intermédiaire demande plus d'imagination, plus de nuances, plus de réel aussi, donc plus de travail. Alors on les oublie. Et c'est là que beaucoup de décisions se grippent. Pas parce qu'elles sont trop grandes, mais parce qu'elles sont mal cadrées. Vous voyez ? Quand quelqu'un dit « si je dois rester ou partir, je ne sais pas, je dois rester ou partir, je n'en sais rien » , la phrase paraît profonde. On se dit « waouh, c'est beau » . Mais très souvent, c'est déjà trop pauvre, cette phrase, parce qu'elle contient une hypothèse cachée, qu'il n'existe que deux façons d'avancer. Or, c'est rarement vrai. La deuxième chose, c'est que quand une question est mal posée, on gaspille énormément d'énergie au mauvais endroit. On fait des listes pour ou contre. Une première liste pour, une deuxième liste contre. On rejoue les conversations dans sa tête. On se joue l'avocat du diable pour aller vers un choix ou un autre. On demande des avis, même si les personnes à qui on demande l'avis n'ont pas forcément d'expérience pour ça. Et puis, si ça nous concerne à nous, c'est pas grave, on va demander des avis pour choisir l'une ou l'autre des options, bien sûr. On compare les scénarios extrêmes. On imagine le pire. On imagine aussi... Un soulagement total quand on aura eu la réponse. Et tout ça donne l'impression d'un vrai travail intérieur. Mais en réalité, on passe parfois des semaines à arbitrer entre deux caricatures. La fidélité complète ou la rupture complète. Mais ce n'est pas une réflexion, c'est un duel. Et un duel, ça épuise vite. Et Chipende, dont je vous ai parlé tout à l'heure, ces auteurs qui parlent de ses décisions, de ses choix... insiste justement là-dessus. Une bonne décision ne consiste pas d'abord à mieux poser deux options, elle consiste souvent à élargir les options. Ah oui, c'est autre chose. Autrement dit, avant de décider, il faut souvent penser plus large. C'est beaucoup plus simple que ça en a l'air. Si, si. Prenons un exemple. On n'est pas obligé de choisir tout de suite entre, par exemple, je garde la situation actuelle, le cadre actuel, ou alors je sors totalement de ce cadre. Par exemple, si c'est dans le travail, je me barre ou je reste. Il peut exister une troisième voie ou une quatrième voie. Par exemple, demander un changement précis au lieu d'imaginer une sortie totale. Créer une activité parallèle au lieu de basculer d'un coup. Tester un autre rythme. faire une immersion, réduire un périmètre, penser à trois personnes qui sont déjà passées par là pour regarder un petit peu. C'est d'autres options que de tout casser ou de rester. Négocier une période d'essai intérieure à votre propre vie. Là, tout change. Parce qu'on ne vous demande plus quelle vie vous voulez pour toujours. On vous demande quelle option n'avez-vous même pas encore sérieusement regardé. C'est une meilleure question. Et surtout, c'est une question qui fait respirer. On a besoin de respiration. La troisième idée, c'est qu'une décision mûre ne n'est pas toujours d'une certitude. Elle naît souvent d'un champ mieux ouvert, d'un champ des possibles mieux ouvert. On s'ouvre, on écarte un peu les bras, on ouvre la poitrine. Là, c'est vraiment différent, parce que beaucoup de personnes attendent le moment où tout deviendra évident. On le sait. Je vous en ai parlé la semaine dernière sur les personnes qui attendent que ce soit le bon moment. Le moment où elles seront, le moment où la réponse s'imposera, le moment où il n'y aura plus d'ambiguïté. Mais ce moment-là, il arrive moins souvent qu'on ne le croit. Et surtout, il arrive rarement, si vous restez enfermé entre deux options trop grossières. Ce qui aide, ce n'est pas seulement de réfléchir davantage, c'est de comparer des futurs plus fins. Pas de extrêmes, des nuances, pas un grand oui contre un grand non. Des possibilités habitables et acceptables. C'est là qu'on commence à y voir plus clair, non ? Vous ne le sentez pas ? Parce que la clarté ne vient pas toujours d'une illumination. Elle vient parfois d'un meilleur éventail. J'ai accompagné ce qui s'appelait Mireille. Il y a quelque temps, une personne, Mireille, qui depuis des mois se répétait la même phrase. « Je ne sais pas si je dois partir. » Je ne sais pas si je dois partir. Et tout tournait autour de ça, partir. Partir ou rester. Et comme la question était posée ainsi, chaque journée pour elle devenait un tribunal. Elle plaidait pour le maintien, puis pour la rupture, puis de nouveau pour le maintien, puis de nouveau pour la rupture. Le problème n'était pas qu'elle manquait de lucidité, c'était pas ça. Le problème c'est qu'elle examinait une situation complexe avec seulement deux portes. Je pars, je reste. Quand nous avons élargi un peu le paysage ensemble, nous avons regardé, et le paysage a changé. Il n'y avait pas seulement « je reste ou je pars » . Il y avait aussi demander un autre périmètre, tester un temps différent, créer une respiration concrète en dehors, explorer une piste sérieuse pendant 60 jours, rencontrer des personnes d'un autre univers, vérifier ce qui lui donnait réellement de l'énergie. au lieu de l'imaginer. Et en quelques semaines, la tension a baissé. Pas parce que tout était réglé, encore une fois, on ne règle pas les choses en trois séances, en dix séances, c'est un travail qui se fait sur la longueur, pas à pas, mais parce que la question était devenue intelligente. Parce qu'on n'avait plus à choisir entre prison et le saut dans le vide. Et donc, on pouvait commencer à construire. Et là, c'était un changement majeur. Alors l'image... que j'utilise, qui me semble être la plus simple, c'est celle d'une maison. Imaginez quelqu'un qui vit dans un lieu qui ne convient plus tout à fait. Voilà. Une maison. Moi, j'en ai marre, cette maison. Et qui se pose seulement cette question. Est-ce que je garde cette maison ou est-ce que je la vends ? Question simple, question légitime. Est-ce que je garde cette maison ou est-ce que je la vends ? C'est trop pauvre. Parce qu'entre garder telle qu'elle et vendre complètement, il y a d'autres options. Il y a souvent, par exemple, réaménager la maison entièrement, louer une partie de la maison, pourquoi pas, en changer l'usage, transformer certaines pièces, passer moins de temps dedans, ou tester un autre lieu avant de décider de savoir si on garde ou on la vend la maison, faire des travaux ciblés. Et puis sortir un temps pour voir ailleurs ce qui se passe et se laisser inspirer pour éventuellement changer la maison. Vous voyez, quand on regarde une maison, on comprend tout de suite qu'il existe plusieurs options. Mais quand on regarde sa vie, on se comporte souvent comme si deux seules portent existé. Et c'est ça, le faux choix. Qu'est-ce que les gens font aujourd'hui ? Pourquoi ça échoue ? Prenons un autre exemple. Ils passent leur temps à faire un match entre deux options. Rester ou partir. Accepter ou refuser. On l'a vu d'ailleurs dans le non, le non positif. On peut tout à fait refuser quelque chose tout en ouvrant d'autres options. Continuer ou rompre. L'un ou l'autre. Et pourquoi ça échoue ? Parce que ce cadre produit presque toujours soit de la panique, soit de la paralysie. Et il ne produit pas de discernement. Un autre contre-exemple. Ils attendent qu'une option gagne émotionnellement. Ils se disent, quand je sentirai clairement ce qu'il faut faire, j'avancerai. On a beaucoup de personnes comme ça qui attendent, je ne sais pas, un signe divin, quelque chose. Bien sûr, je vous en ai parlé, les signes de la vie, ça existe. Mais là, ils se disent, quand je sentirai clairement ce qu'il faut faire, j'avancerai. Mais je comprends qu'il faut que je le fasse. Mais une émotion forte ne suffit pas à faire une bonne décision. Une absence d'évidence ne veut pas dire qu'il n'y a pas de chemin. Ça veut souvent dire que vous comparez encore des options trop brutales. Donc, la vraie sortie n'est pas de trancher plus vite. La vraie sortie est de se poser des meilleures questions. Pas « est-ce que je reste ou est-ce que je pars ? » Mais plutôt, par exemple, ce sont les options intermédiaires que je n'ai même pas étudiées. Quelles sont les options intermédiaires que je n'ai pas encore étudiées ? avant de dire je reste ou je pars ? Est-ce que je peux tester sans tout décider ? Quelle troisième voie aurait l'air crédible si je cessais de penser en noir ou blanc ? Cette option me donnerait plus de réel, pas seulement plus de fantasme. Est-ce que je peux déplacer avant de conclure ? Et là, la décision cesse d'être une falaise, elle redevient un chemin. Je prends l'exemple à Bali. L'exemple n'est pas tout à fait juste, mais on parle de cette notion de blanc ou noir dans le polingue, un tissu qui entoure les statues et les arbres sacrés. Il y a un carré blanc, un carré noir et un carré gris au milieu, qui est la jonction entre le carré noir et le carré blanc. Pour rappeler que tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir, qu'il y a parfois et même souvent des nuances. Vous voyez ce que je veux dire ? Parce qu'un esprit coincé entre deux murs demande une réponse définitive, un esprit qui ouvre le champ retrouve du mouvement. Et comme vous le savez, j'aime bien de temps en temps, même souvent, terminer avec un petit exercice. Pour vous permettre peut-être d'ouvrir à la fois vos chakras, pourquoi pas, mais aussi les champs des possibles. Donc, vous prenez la question qui vous tourne dans la tête en ce moment. Ça peut être une question compliquée. douloureuse, qui vous accompagne depuis longtemps, question que vous venez de vous poser à l'instant. OK, on y va. Et là, vous le prenez, vous mettez ça sur votre téléphone ou sur une feuille de papier, et puis vous regardez honnêtement le « ou » . Si elle contient un « ou » , si elle contient un « ou » , Vous la reprenez et vous la réécrivez. Ça peut être par exemple, je pars ou je reste. Je quitte mon boulot ou alors je reste dans mon travail. Je quitte cette personne ou je reste avec cette personne. Je change de maison ou je reste dans la maison. Quand on le dit comme ça, ça fait bizarre. Même maintenant, ça fait bizarre. On se dit, après avoir vu tous les... Écouter, lu plein de choses sur le sujet, on se dit quand même... C'est dommage de ne pas sourire des options. Alors justement, si votre phrase contient un « ou » , reprenez cette question et remplacez-la par cette phrase. Quelles sont les cinq options réalistes que je n'ai pas encore sérieusement envisagées ? Oui, je quitte ma maison, je pars de Reims et je m'installe à Paris. Par exemple, je pense à la déj. Quelles sont les cinq options réalistes que je n'ai pas encore sérieusement envisagées ? Pas deux, cinq. Cinq options. Cinq options. J'ai un travail en ce moment, j'ai créé ma société. Et c'est vrai que je commence à avoir envie de partir de ma boîte. Je commence à me poser des questions. Je continue ou j'arrête ? Ou j'arrête ? Ça veut dire qu'il y a cinq options réalistes à écrire, que je n'ai pas encore sérieusement envisagées. Donc cinq, ça veut dire cinq options, pas deux. Même imparfaites, même provisoires, même moins élégantes. Le but, ce n'est pas de choisir tout de suite. Le but, c'est d'arrêter de vous enfermer dans un faux duel, qu'on se crée soi-même. Et si vous êtes reconnu dans cet épisode, si vous sentez que vous manquez peut-être pas de décision, mais d'espace. Pour penser mieux, pour penser juste, pour penser différemment, vous pouvez bien sûr me contacter, je suis là pour vous. C'est toujours pareil, ce n'est pas pour obtenir une réponse parfaite, ou une réponse toute faite, ce n'est pas pour qu'on décide à votre place, vous ne déciderez jamais à votre place. Juste pour clarifier la question. Parce que parfois, on ne reste pas bloqué faute de courage. Non, non, ce n'est pas ça, on reste bloqué parce qu'on s'obstine à poser sa vie comme un choix binaire, alors qu'elle demande une question plus large. Voilà. J'espère que cet épisode vous a intéressé. Encore une fois, nous ne sommes ni lâches, ni dépourvus de courage, nous ne sommes pas paresseux, et parfois nous n'avons pas forcément le regard nécessaire pour poser les choses différemment. Et ce que je vous propose sur chaque épisode, parfois certains épisodes sont un petit peu plus durs que d'autres, mais là c'est assez léger, tout simplement, il suffit de ne pas se poser des questions binaires, blanc ou noir, un ou deux, mais de choisir aussi de trouver, d'identifier d'autres options. N'oubliez pas de laisser un message sur Facebook, je le dis à chaque fois. Bien sûr, également sur... Ah, il y a le coq qui est d'accord avec moi, je ne sais pas si vous l'avez entendu derrière. J'ai envie de rester un peu plus avec vous, c'est pour ça que je fais durer l'épisode. De laisser un message sur Spotify, sur Apple Podcasts, et puis on se retrouve bien évidemment, et avec grand plaisir, parce que moi j'adore ça, de trouver des nouvelles façons d'aborder le changement. Et puis comme je l'ai expérimenté, c'est peut-être plus facile aussi. et on se retrouve donc très bientôt, la semaine prochaine, quand il sera...