Speaker #0Il y a des moments où l'on croit très bien savoir ce que l'on veut. On veut ce poste, on veut partir, on veut cette relation, on ne veut plus cette relation. On veut réussir davantage, on veut changer de vie, on veut enfin être libre. Et puis on s'approche, parfois on l'obtient, on obtient quelque chose qui sonne faux. Pas forcément un échec, pas une catastrophe, juste cette sensation très troublante de quelque chose qui n'est pas tout à fait ce qu'on voulait. C'est pas exactement ça. Et à l'inverse, il y a des choses beaucoup plus discrètes qui vous font du bien sans faire de bruit. Un rythme plus simple, un endroit où on respire mieux, une conversation qui nous remet d'aplomb, un travail moins prestigieux peut-être, mais qui nous vit de moins, une manière d'être qui nous laisse plus entier. Et pourtant, on le traite souvent comme un détail, parce que c'est pas spectaculaire. On aime bien les choses qui changent de façon spectaculaire, parce que ça raconte pas une grande histoire. Parce que ça ne donne pas forcément une belle image de nous-mêmes. Alors on continue à courir après ce qu'on croit vouloir, vraiment, tout en négligeant ce qui nous ferait vraiment du bien. C'est ça le vrai sujet. On ne manque pas toujours de désir, on passe souvent son temps à mal le comprendre, à mal l'interpréter. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause pour découvrir D'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minua Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment. De mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement. Celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble. nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Vous l'avez certainement compris dans le titre, nous allons parler un petit peu de Spinoza, parce que le désir passe. Qu'on passe sa vie à ne pas comprendre, et bien ça passe par Spinoza. Alors Spinoza, on va peut-être quand même vite fait en parler, c'est un philosophe qui est né à Amsterdam en 1632, qui est mort en 1677, et qui était l'un des penseurs les plus puissants pour comprendre le désir, les émotions, la liberté intérieure et la façon que nous sommes souvent gouvernés sans nous en rendre compte. Pour Spinoza, la liberté ne consiste pas donc à faire ce qu'on veut, elle consiste à comprendre ce qui nous détermine. pour ne plus être simplement emporté par nos émotions. Il est célèbre pour une idée simple, le désir c'est pas un problème, le désir est l'essence même de l'être humain. En version simple, ça donne quoi ? Ça donne que Spinoza est le philosophe qui nous aide à passer de subir, je subis ma vie, à je comprends ce qui agit en moi. Donc voilà, comme ça en moins, on a fait un petit rappel sur Spinoza. Et ce que Spinoza éclaire très bien, c'est une chose simple. On croit facilement connaître ce qu'on veut alors qu'on connaît surtout ce qui nous attire sur le moment. Et c'est pas pareil, c'est pas la même chose. Il y a les désirs qui nous agrandissent, il y a les désirs qui nous agitent. Vu de loin, on est d'accord, ça peut se ressembler dans la vie. Pas du tout. Alors, de quoi il s'agit ? Vous pouvez vouloir un poste parce qu'il vous correspond davantage, ou parce qu'il vous donnera enfin la sensation d'exister aux yeux des autres. Vous pouvez vouloir partir parce qu'un lieu vous étouffe vraiment ou parce que vous espérez qu'un autre décor réparera quelque chose que vous emportez pourtant avec vous. Je vous ai parlé souvent, enfin souvent, mais je vous parlais de l'expatriation à Bali. Je vous ai parlé sur un épisode de l'expatriation tout court de partir. On vous rappelera une chose essentielle, c'est que si vous partez avec des problèmes, des bagages lourds émotionnellement parlant, ils viendront avec vous. Vous les emporterez avec vous. Vous pouvez vouloir être aimé ou vouloir surtout ne plus vous sentir de trop. Et c'est pas la même chose. Et pourtant, sur le moment, tout ça prend souvent le même nom. Mon envie. C'est là qu'on se trompe. Parce qu'une envie peut être intense, sans être juste. Eh oui. Je veux dire qu'une image, me semble-t-il, une image simple, Le désir, c'est un peu comme une boussole. En théorie, ça indique une direction. Mais si vous approchez un aimant, l'aiguille se dérègle. L'aimant dans une vie, ça peut être le regard des autres, la peur de rater, le besoin de prouver, la comparaison, la honte, la revanche ou simplement le vide. Et après, on dit « Moi, je sais ce que je veux » . Non. Parfois, c'est surtout ce qui nous attire fortement. Et ce n'est pas la même chose. C'est pour ça que tant de gens se retrouvent à poursuivre des choses qui les excitent mais qui ne les nourrissent pas. Ils avancent, ils obtiennent, ils décrochent. Et parfois même, ils réussissent. Et une fois sur place, une fois qu'ils ont terminé, ça retombe très vite. Pourquoi ? Parce qu'ils ont répondu à une tension, pas un désir juste. Prenons un cas simple. Quelqu'un qui veut absolument être promu, recevoir une promotion. Cette personne se donne à fond. Elle pense à ça tout le temps. Elle imagine que ce sera enfin la bonne place, la preuve qu'elle avance, qu'il faut... qu'elle vaut quelque chose, qu'elle est à la hauteur. Et enfin, elle réussit, elle obtient le poste, elle obtient sa promotion. Et très vite, notre fatigue commence. Pas parce que le poste est mauvais, mais parce que le désir réel n'était pas seulement professionnel. Il était mélangé à un besoin de réparation, de validation et de rattrapage. On croyait lire une ambition, on était aussi dans une fin plus ancienne, fin F-A-I-M. Et si on ne voit pas ça, on recommence ailleurs, avec un autre poste, un autre projet, un autre amour, un autre décor. C'est comme avoir soif et manger à la place. Bien sûr que vous faites quelque chose, vous répondez à un manque. Mais comme vous ne vous adressez pas aux bons besoins, ça ne calme pas vraiment. Alors vous recommencez. Encore. Et vous finissez par croire que vous êtes insatiable. Alors qu'en réalité, vous répondez simplement au mauvais signal. Et il n'est pas facile à identifier, c'est pas simple de faire la différence. Et c'est pas seulement par manque de temps, pas seulement du travail, mais du fait qu'on investit énormément d'énergie dans des désirs mal traduits. On veut plus, on veut plus, mais plus de quoi ? On veut partir, mais on veut quitter quoi exactement ? On veut être libre, mais libre de quoi ? Et pourquoi faire derrière ? On veut changer, mais vers quoi au juste ? Toutes ces questions restent floues. Le désir nous tire sans vraiment nous orienter. On sait qu'on veut quelque chose, mais quoi exactement ? Et c'est là que Spinoza devient précieux. Pas comme le philosophe a cité pour faire sérieux, mais comme quelqu'un qui oblige à distinguer. Distinguer ce qui nous met en mouvement de ce qui nous met en sous-tension. Distinguer un désir vivant d'un désir fabriqué par la peur, le manque ou l'imitation. Distinguer ce qui nous agrandit de ce qui nous agite. Et ça fait la différence, ça change beaucoup, parce qu'à partir de là, on arrête de se demander « qu'est-ce que je veux ? » et on commence à se demander dans ce que j'appelle mon envie. Qu'est-ce qui relève vraiment du désir ? Et qu'est-ce qui relève du manque de la peur et du regard des autres ? Je vous refais la phrase, elle est importante, dans ce que j'appelle mon envie. J'ai envie de quelque chose. Qu'est-ce qui relève vraiment du désir, du désir profond ? Et qu'est-ce qui relève du manque de la peur et du regard des autres ? Et là, on devient plus précis. Et souvent... Je le dis effectivement souvent, ce qui apparaît est moins spectaculaire, mais plus juste. Mais oui, c'est tout à fait... C'est pas forcément des grands changements, des grandes choses qui vont changer, qui vont aboutir à assouvir notre envie. Le désir juste ne crie pas. Plus fort, il force moins, il ne vous promet pas forcément une autre identité, ça vous rend plus cohérent, ça gonfle pas notre ego, ça enlève du tiraillement. Je le dis souvent, rappelez-vous, des petits pas, kaizen, l'un après l'autre, quand on commence à faire des grands écarts, surtout si ça fait longtemps qu'on ne l'a pas fait, en général, on se fait une entorse, on se fait un tiraillement musculaire, ça marche pas, ça ne fonctionne pas, donc on est par contre pour gonfler l'ego. On va enlever du tiraillement, donc aller faire un petit pas. Il n'est pas toujours à la hauteur d'un grand projet. Parfois, ça ressemble à quelque chose de beaucoup plus simple. Peut-être un travail moins flatteur, mais plus respirable. Une relation moins intense, mais plus vraie. Une vie moins impressionnante, mais plus tenable. Et c'est précisément pour ça que parfois on tombe à côté. Parce qu'on s'attend à... On a l'impression qu'il faut tout changer pour que tout redevienne ou devienne ce qu'on a envie d'avoir, et non. Parfois, c'est juste un petit pas de côté, parce qu'on a été formé à admirer ce qui brille, pas toujours à reconnaître ce qui est, à ajuster. Je crois qu'on reconnaît souvent un désir mieux lu à une chose très sobre. Il vous laisse plus entier que dispersé. Je le redis encore une fois, dans le cadre de mes accompagnements dans le changement, je rencontre souvent des personnes qui veulent tout casser. D'un coup, je quitte mon boulot, je quitte mon conjoint. Ou ma conjointe, je me barre, je m'en vais parce que j'ai envie d'autre chose. Et les questions se posent. Mais tu as envie de quoi ? Je veux plus. Mais plus de quoi ? Je veux barrer, je veux partir. Mais tu veux quitter quoi exactement ? Ah ben c'est pas compliqué, je veux être libre. Ah je veux être libre, c'est pas compliqué, je veux être libre. J'en ai marre de tout ça. Mais libre de quoi ? Et pour quoi faire ? On va pas chercher un changement euphorique ou triomphant. On va chercher quelque chose d'entier. Quelque chose de juste, un petit pas de côté. Les changements, je le dis dans mes introductions de podcast, c'est des petits changements comme des grands changements. Mais n'oubliez pas aussi les petits changements, les ajustements. Alors, si cet épisode vous parle, il n'y a qu'une seule question à garder avec vous quelques jours. Toujours le petit pas à faire en plus. Dans ce que vous appelez aujourd'hui mon envie, qu'est-ce qui est vraiment du désir ? Et qu'est-ce qui est peut-être surtout de la peur, du manque, de la comparaison ou du besoin de réparer quelque chose ? Pas pour tout analyser, pas pour vous méfier de tout, juste pour mieux vous comprendre. Parce qu'on se perd moins souvent par absence de désir que par mauvaise traduction de ce qui nous met en mouvement. Dans le prochain épisode, on ira vers quelque chose de beaucoup plus léger en apparence, mais pas votre révélateur, c'est ce plaisir minuscule qui en sait plus que vous. Allez voir, on va parler d'un sujet, encore une fois... assez léger, mais très intéressant, sur ce plaisir minuscule qui en sait plus que vous. Et encore une fois, je vous le rappelle, ces changements que vous souhaitez, puisque vous écoutez Minua Bali, peut-être depuis longtemps, ou que vous picorez dans les épisodes que je vous propose, tout d'un coup, vous dites, mais évidemment... ça, il faut que je mette en place. C'est ça qu'il faut que je fasse. C'est OK, j'ai compris. Ce n'est pas parce que vous avez plein d'outils que vous savez comment les utiliser. Et ce n'est pas parce que vous avez compris tout d'un coup votre envie, que vous avez compris l'origine de cette envie. Et qu'il faut forcément des grands changements. D'ailleurs, il n'y a aucune méthode qui existe en coaching pour ces petits changements. Et pourtant, ces petits changements, pardon, ces petits ajustements peuvent modifier votre vie. Ou tout simplement, vous permettre de la vivre autrement. Et c'est ce que nous cherchons aussi à travers ces épisodes. N'oubliez pas que je suis là pour vous accompagner. Donc n'hésitez pas à me contacter. Et surtout, surtout, surtout, laissez des étoiles sur votre podcast, sur Spotify. et allez voir sur Facebook, je continue à laisser des petites vidéos de temps en temps. temps des petites inspirations, tout simplement. Des choses pour vous motiver ou pour vous faire réfléchir. N'hésitez pas à passer sur Facebook et à vous abonner bien évidemment. Et quant à nous, nous nous retrouvons bientôt quand il sera minuit à Bali. Musique de générique