Speaker #0Plusieurs fois, on a tout début de la création de Minua Bali, ce podcast. J'ai parlé du développement personnel, mais au fil du temps, ce que j'ai pu lire sur le sujet, les podcasts que j'ai pu écouter, les discussions que j'ai pu avoir, mon regard, il a quelque peu changé. Donc je n'ai bien sûr pas la prétention de détenir la vérité, mais il me semble important de revenir sur le sujet quand même, parce que c'est le sujet principal de ce podcast, vu que les épisodes que je vous propose sont très sérieusement teintés de développement personnel, donc on va en parler dans quelques instants. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer, ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre entre nous. Parce qu'il n'est jamais trop tard de devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit. Bye bye. Merci. Le développement personnel. Je dois vous avouer que sur le sujet, j'ai fini par m'y perdre. Franchement, j'ai écouté des personnes très très très inspirantes qui avaient l'air de savoir de quoi elles parlaient. J'ai vu ou j'ai lu des sujets auxquels je n'y avais pas pensé, c'est vrai, qui sont à la fois juste, concrets, qui apportent une vraie réflexion sur ce que nous sommes, sur nos croyances. Et j'avais envie d'en parler aujourd'hui avec vous de nouveau, parce qu'après tout, c'est le sujet, encore une fois, principal de ce podcast. Et forcément, l'algorithme de mes réseaux sociaux me propose des contenus en lien avec le nom personnel. Et j'ai dû plusieurs fois les contourner pour aller chercher autre chose. Je me suis très souvent retrouvé avec des personnes qui avaient l'air de savoir de quoi elles parlaient. Mais j'avais cette impression que j'ai toujours d'ailleurs d'un joyeux gloobie-boulga destiné à apparaître. maîtriser les sujets plutôt que de les incarner. C'est une sorte de publicité, mais j'ai du mal à m'y retrouver. Belle gueule, posture de coach, vidéos qui mettent en valeur le messager plutôt que le message. Et au fil du temps, c'est devenu la foire de Paris où chacun possède forcément le produit miracle, la phrase qui tue, qui va changer votre vie. Et Dieu sait s'il nous a besoin de changer notre vie, en partie ou totalement. Je ne suis pas en train de tirer contre mon camp ou descendre les copains pour me faire mousser, mais vu le nombre de personnes qui prétendent savoir et comprendre, on peut tout de même se demander pourquoi notre société va encore si mal. Entre ceux ou celles qui détiennent les clés du savoir-être, de l'équilibre parfait, ce qui décrypte l'actualité pour la transformer en leçon de vie, ce qui s'étonne encore que vous fassiez toujours les mêmes conneries alors que c'est si simple, ce qui rattache... tout au divin. Il y en a beaucoup à Aouboud, à Bali, qui rattachent tout ça au divin, à l'éveil spirituel et ceux qui nous promettent une vie meilleure, d'être moins seul, moins perdu. Ils ont tous, en tout cas, un point commun, quelque chose à nous vendre. Et soyons honnêtes, il n'y a rien de mal à monner son savoir. Son accompagnement, c'est quelque part normal. C'est du temps qu'on propose et on ne peut pas faire forcément tout le temps gratuit. Il faut arrêter avec l'idée que c'est que du business. Nous avons Déjà donner de l'argent pour apprendre à conduire une voiture, pour apprendre à nager, à parler d'une autre langue que la nôtre, il n'y a rien de mal à s'initier la poterie et tant d'autres choses. Alors pourquoi ne pas s'investir sur nous ? Le problème ce n'est pas l'argent. Pour nous sentir mieux, plus en équilibre. D'ailleurs réduire ceux qui font des lois personnelles à des vendeurs de bagnoles, des charlatans, je trouve ça perso assez facile. Il y a dans le tas de vraies pépites des femmes ou des hommes qui maîtrisent leur sujet. Mais pour 100 personnes qui vous parlent de gérer ses émotions, de la procrastination, de la société qui nous entoure, des dérives du système, et que sais-je encore, combien sont légitimes, combien savent de quoi elles parlent vraiment, et quelque part comment choisir, parmi toutes ces personnes qui sont là et qui nous proposent de belles phrases. Rien que le sujet du changement de vie, ce qui est mon domaine d'expertise, vous le savez, combien ont vécu dans leur chair le changement de vie, pas une fois en passant, mais en profondeur. Combien on fait un travail sur elle pour le comprendre, ce changement de vie, l'apprivoiser ? Pas en lisant des bouquins, du côté théorique, ou en regardant des vidéos, mais en le vivant. Toutes ces formes, c'est pas évident, il n'y a pas tant que ça. Par contre, sur le canapé, sur le fauteuil, ils peuvent en parler. Qui connaît vraiment le changement, autant dans les victoires qu'il nous propose que dans les magistrales échecs qu'il nous impose ? C'est pas une fois, pas dix fois, mais cent fois. Le changement de vie, c'est vraiment un univers très particulier, même si on le vit tous les jours, je le répète sans arrêt, on le vit tous les jours, que ce soit voulu, désiré, ou que ce soit pas souhaité, que ce soit imposé. Ce changement, il est présent, mais encore faut-il le comprendre, l'analyser, le maîtriser. Il y a personnellement des sujets que je ne devrais pas aborder, je ne me sens pas légitime. Non pas que je n'ai pas une idée, on a toujours une idée ou quelques convictions, mais juste parce que j'en sais autant que vous, par certains côtés, peut-être un peu plus, mais pas d'autres, d'autres gens que je connais beaucoup moins, je connais beaucoup moins les sujets que vous ou que d'autres personnes. Je n'ai pas de légitimité, encore une fois. L'éducation des enfants, par exemple, ce n'est pas mon sujet de prédilection. J'ai pas assez d'expérience pour en parler, je peux en parler en général bien sûr. J'ai eu des éducateurs sportifs, j'ai accompagné des enfants, je leur ai appris à nager, j'ai même enseigné, vous le savez, à l'EFA pour l'ISCOM, mais je ne me verrais pas accompagner une maman ou un papa dans leur rapport avec l'enfant ou avec leur enfant. Si vous préférez, j'ai énormément de théories sur le sujet, mais en finalité, peu d'expérience, ou pas une expérience validée pour en parler, pour vous accompagner. Donc je préfère m'abstenir, même si en piochant chez Dolto ou Maria Montessori, je je pourrais faire la blague et donner le change. C'est la même chose sur la déco, le jardinage, l'immobilier. Ce ne sont pas mes domaines. Le problème, ce n'est pas le nombre de coachs, de mentors, de philosophes, de thérapeutes. À la limite, je trouve ça bien que des gens se posent des questions sur la vie, sur notre environnement, sur la société. C'est très bien. Mais ces thérapeutes qui semblent tout connaître, surtout, et qui ont une posture de sachant, qui ont toujours les bons mots ou les bonnes phrases, qui ont écrit des bouquins ou fait des conférences, ce n'est pas le problème. qui sont prêts à vous accompagner, à vous vendre une méthode, mais c'est plutôt leur légitimité, leur expérience sur le sujet qui nous intéresse. Comme pour les docteurs, il y a les généralistes et les spécialistes. Personnellement, j'ai toujours préféré choisir une personne qui ne connaît qu'un sujet, mais qui le maîtrise, plutôt qu'une personne qui connaît tous les sujets, mais qui ne les maîtrise pas vraiment. D'ailleurs, en ce moment, je suis allé voir, quand j'étais en France, pour mon diabète, parce que j'ai du diabète, et je suis allé voir d'abord une généraliste qui m'a donné des médicaments génériques et des conseils génériques. Ensuite, j'allais voir un vrai diabétologue. Et là, effectivement, oui, il m'a donné de bons conseils. D'abord, il ne m'a pas jugé, ce qui est important, contrairement à la généraliste qui m'a mis sur le feu les projecteurs en me disant ce que je devais faire. Et puis, surtout, il était un expert. Il m'a apporté des choses, même si derrière, j'ai quand même vérifié les médicaments qu'il me donnait. Et je refusais d'en prendre certains parce qu'il y avait trop de contre-indications. En tout cas, je suis allé voir un spécialiste. Vous l'aurez compris, je crois essentiel que la personne qui va vous inspirer, vous motiver, peut-être vous accompagner d'ailleurs, soit crédible. Et qu'avant tout, elle ait de l'expérience sur le sujet, qu'elle l'aborde avec, oui, encore une fois, avec de l'expérience. Elle sait de quoi elle parle. Quand d'autres disent, je sais, beaucoup disent, non, mais ça suffit. On peut connaître le sujet sans forcément l'avoir fait. Le savoir suffit. Moi, je n'en fais pas partie. Je me fous de la théorie parce que moi, quand je suis accompagné, je veux l'être par une personne qui a vécu la même chose que moi, qui connaît ma douleur parce qu'elle l'a vécue au ressenti. Bon, évidemment. Ce ne sera pas tout à fait pareil, nous sommes tous uniques. Mais je crois que dans l'expérience, je ne crois pas que quelqu'un qui a toujours vécu en France, par exemple, parfois même sans quitter sa région de naissance, puisse m'accompagner quand je pose des questions sur l'expatriation, la douleur de l'expatriation aussi, parce qu'il y a aussi des parties sombres ou un nouveau changement de vie que j'envisage. Je ne peux pas en changer de métier. Quand j'ai une personne qui a vécu toute sa vie, justement thérapeute, qui a toute sa vie, je ne vois pas trop ce qu'elle peut m'apporter, si ce n'est, encore une fois, de la théorie. Ça ne m'intéresse pas. Je ne crois pas qu'un gamin de 25 ans avec une belle gueule puisse m'accompagner dans mes choses de vie et comprendre à la fois mes enjeux, mais aussi mes peurs et mes angoisses. Alors oui, il y aura toute la théorie du monde, je le vois sortir les grandes phrases pour donner le change. Mais ce qui compte pour moi, en tout cas, c'est l'humain, son expertise. Je veux pouvoir parler à un humain qui a fait aussi son chemin. Et si je dois apprendre la menuiserie, ce que j'ai fait d'ailleurs, je vais passer par un artisan, pourquoi pas un compagnon de France. Je veux le meilleur parce que je le mérite. Je n'ai pas envie d'un monsieur bricolage. Mais revenons juste à cet univers du développement personnel qui regroupe à la fois des personnes talentueuses et des opportunistes. Le développement personnel. Il faudrait déjà savoir ce que c'est que le développement personnel. Parce que tout le monde met à sa sauce. On le réduit, encore une fois, souvent à des choses bancales. Le développement personnel, c'est l'ensemble des démarches, que ce soit les réflexions, l'apprentissage, la pratique, qui visent à mieux se comprendre et mieux se réguler. On a les émotions, les pensées, le comportement, et donc faire évoluer sa vie de façon volontaire, consciente, vers les objectifs qui ont du sens pour soi. Il n'y a rien de grave là-dedans, en tout cas même des belles choses, des belles promesses. En clair, ce n'est pas devenir parfait, c'est devenir plus lucide, plus autonome et plus cohérent entre ce que vous voulez, ce que vous faites et la vie que vous construisez, tout simplement. Franchement, ça n'a pas l'air d'une arnaque sur le papier, le principe est clair. Ça touche l'identité, qui je suis, les habitudes, ce que je fais et les relations, comment je fonctionne avec les autres. Ça peut passer par des outils très variés, la lecture, le coaching, la thérapie. La thérapie, c'est quand il y a souffrance, c'est important. La méditation, le sport, le journaling, la formation, bref, vous avez compris. C'est utile quand ça produit du concret, des décisions plus claires, un comportement plus aligné, meilleure gestion du stress, une relation plus saine, vous l'avez compris, c'est important. Il y a une petite limite quand même, limite importante à ce genre personnel, c'est si c'est vendu comme une promesse magique. En 7 jours, vous allez changer de vie. changer de vie quand même, là c'est pas du coaching personnel, c'est du marketing tout simplement. Le développement personnel est donc avant tout un choix. celui de nous explorer. Oh, vous n'avez peut-être pas le temps. D'ailleurs, je ferai juste après un autre épisode qui va faire la suite à cet épisode-là et qui va nous expliquer qu'est-ce qui se passe quand on ne le fait pas. Et ce n'est pas une menace, ce sont les conséquences. Donc le monde personnel est en tout un choix, celui de nous explorer, de mieux nous comprendre, de mieux comprendre nos relations avec ceux qui nous entourent, d'identifier nos blessures, nos freins, nos non-dits, de trouver parfois des mots, ce qui nous empêche d'avancer, de pouvoir exprimer des douleurs ou des émotions enfouies en nous qui ne nous demandent qu'à être compris. Le nom personnel, c'est avant tout de la curiosité. La curiosité vient de nous-mêmes et des autres. Comment nous fonctionnons ? Comment nous arrivons parfois à nous tirer une balle dans le pied ? Le regard que nous avons sur nous-mêmes, mais aussi sur les autres, et l'importance que nous donnons à celui que les autres portent sur nous, sur le regard que les autres portent sur nous. C'est quelque chose que nous devrions tous apprendre dès notre plus jeune âge. C'est une des premières choses qu'on devrait apprendre. Ce rapport à nous et aux autres. Nous aurions dû savoir et comprendre dès le début la place de notre environnement, le conditionnement dans ce que nous pensons être nos propres choix de vie. Nous aurions dû avoir des cours sur le savoir vivre, mais pas le savoir vivre en posant la courchette à droite et le couteau à gauche, celui qui nous permet d'affronter nos échecs, d'aimer, de respecter ce qui nous entoure, d'avoir le goût de la découverte, de l'aventure, du débat et de l'échange. On aurait dû apprendre ça, mais on ne l'a pas appris. Nous avons vu l'idéal personnel et une moquerie de comptoir. Comme si le simple fait d'avoir envie de s'explorer tenait de l'ordre de l'arnaque, de l'attrape-nigaud. Comme si derrière chaque personne, chaque interaction, chaque relation, chaque société, il n'y avait rien à comprendre. On nous a noyés dans des injonctions, des emplois du temps chronophage, des modèles de réussite, des obligations de résultats, ou demander un temps mort, un espace pour nous, une pause pour regarder autour de nous et comprendre. Ce n'est pas prévu. Ce n'est pas prévu. Et en avant le besoin, souvent on sentit comme une faiblesse, une erreur de programmation. Quelque part, c'est bien une erreur de programmation. Et on nous regarde avec un regard du genre en attendant que ça nous passe. Ah, tu fais du long personnel, toi aussi, j'ai entendu ça. Il y a Mireille qui fait ça, c'est nul, ça sert à rien. Toujours dans les premiers épisodes de... De Minua Bali, je vous ai parlé du délire en personnel en tout premier épisode. J'ai parlé aussi d'une personne que je respecte, je n'ai rien contre elle. Je vous ai parlé de Julia de Funès. Julia de Funès, elle est docteure en philosophie avec un D.E.S. en sciences humaines. C'est une personne érudite qui a écrit un livre sur le délire en personnel dont le titre était « Développement impersonnel » . Et j'ai lu ce livre, j'ai lu ce livre, je me suis vraiment intéressé à ce qu'elle disait et j'ai écouté de nombreux interviews. Parce que ça me mettait mal à l'aise. Ce qu'elle me disait, ça me mettait mal à l'aise parce qu'il y a des choses qui sont vraies à l'intérieur. Et je me suis dit, merde, ce qu'elle dit, c'est pas con. Et je l'ai lu. Je l'ai lu au moins 2-3 fois ce bouquin. Et j'ai écouté ses interviews. Et voici les points clés à retenir qui vont nous permettre de résumer écrit, proposé par une personne qui, encore une fois, a fait des études, de longues études. Sur le papier, ça fonctionne. Et c'est sans doute ce qui m'a dérangé. Je creuse le sujet et je prenne le temps de revenir sur chaque affirmation. Il y a, grosso merdo, cinq affirmations, je crois. La première, c'était la dénonciation d'un conformisme. Le dénombre personnel, loin de favoriser... C'est tel qu'il le dit. Le dénombre personnel, loin de favoriser l'individualité, impose des normes comportementales, rigides. Ça veut dire quoi ? C'est être toujours positif, par exemple, résilient ou zen. Si j'avais un buzzer, je ferais « mais non, pas du tout » . C'est un des phases ou des aspects du délégation personnelle, mais pas du tout. Par exemple, moi, je ne dis pas tout le temps « soyez positif » , « soyez zen » , « résilient » . Non, il y a des fois où on peut gueuler. Il y a des fois où il faut ouvrir sa bouche et dire « je ne suis pas d'accord » . Et justement, quelque part, pratiquer le délégation personnelle, c'est sortir du conformisme et le comprendre. Donc, ce n'est pas bon. La deuxième chose qu'elle nous dit, c'est le bonheur comme une injonction tyrannique. de perfection intérieure génère, selon elle, de l'anxiété et de la culpabilité chez ceux qui n'atteignent pas les standards de sérénité promis par les gourous du bien-être. Là aussi, cliché. On utilise un cliché parce qu'il y a plein de gens qui ne sont pas des gourous du bien-être et qui, moi, personnellement, m'apportent des choses. Pléonasme, moi, personnellement, qui m'apportent des choses qui me font du bien et qui ne sont pas des gourous du bien-être. D'ailleurs, je ne crois pas que dans le monde personnel, on vise au bonheur. Certains le font, bien sûr, mais là aussi, c'est un résumé. C'est un résumé. La troisième... Troisième réflexion que j'ai pu en sortir de ce livre, c'est l'escroquerie des solutions clés en main. La philosophie, la philosophie, on rappelle que la vie est faite de contingences, de tragédies et de doutes que l'on ne peut pas simplement gommer avec l'exercice de respiration de la pensée positive. Wow, d'accord, non, pas du tout. Là aussi, le développement personnel, certains le font, bien sûr, c'est vrai, on parle de temps positif, pensée positive. tout le temps, mais non, non, pas du tout. Il y a des aspects, comme je le propose moi par exemple, quand je parle de la respiration, c'est pas pour gommer des doutes ou des tragédies. C'est plutôt pour se rassembler, se recentrer, mais gommer les doutes, les tragédies ou les contingences, c'est travailler dessus. Bien au contraire. Vous voyez, comme là aussi, c'est un résumé, c'est facile de le vendre comme ça. Le détournement, le quatrième point, c'était le détournement de la philosophie. Ça se fait mal parce qu'elle est philosophe elle-même. Et elle dénonce l'usage abusif de concepts philosophiques, comme le stoïsme, le bouddhisme, vidés de leur substance pour servir les objectifs d'efficacité productive, notamment l'entreprise. Oui, bien sûr, bien sûr, c'est vrai, c'est tout à fait juste. Mais notons que le bouddhisme que j'utilise, par exemple, ou la certaine partie de la philosophie asiatique, n'est pas... la panacée ou le concept ou le parc ou le jardin exclusif de la philosophie. J'avais d'ailleurs écouté un philosophe il y a pas longtemps qui expliquait que le philosophe était quelqu'un qui devait essayer de vulgariser des choses compliquées pour que tout le monde puisse le comprendre. D'abord je pense pas que tout le monde ait besoin qu'on vulgarise, mais c'est vrai il y a besoin de... quand chacun reste à sa place, ce qu'on verra tout à l'heure, chacun reste à sa place, la philosophie à sa place, autant que les gens qui font du monde personnel. Donc encore une fois réduire ça en disant non non non, attention. Il y a des concepts philosophiques qu'on ne touche pas, c'est complètement absurde. Et pour terminer, la proposition de Julia de Funès, c'est penser plutôt que ressentir. Contre le repli sur soi et l'obsession du ressenti, Julia de Funès plaide pour un retour à la pensée critique et à l'action vers l'extérieur. Moi aussi, j'ai d'accord avec elle. Pour elle, c'est en se confrontant au monde, en oubliant un peu son moi, que l'on trouve une forme de liberté réelle. Non, pas tout à fait. Parce que si on veut comprendre ce qui nous entoure, ce qui est autour de nous, il faut déjà se comprendre soi-même, comprendre ses émotions, comprendre notre ressenti, comprendre nos réactions par rapport à ce monde. Donc non, on n'oublie pas son moi, au contraire. On comprend son moi et on comprend son extérieur. Ce sont deux choses qui vont ensemble, qui sont indissociables. Donc non. En résumé, ce livre est un plaidoyer pour accepter nos failles, nos colères, oui, oui, accepter nos failles, nos colères, et notre complexité plutôt que de chercher... à devenir une version optimisée et lisse de nous-mêmes. Alors là aussi, non. D'abord, je n'ai jamais prôné pour une version de soi-même. Oui, je prends ça quelque part personnellement. Mais je n'ai jamais prôné pour une meilleure version de soi-même. Parce que nous sommes là maintenant la meilleure version de nous-mêmes avant d'avoir une nouvelle. Mais bon, il n'y a pas de version. C'est simplement devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Pourquoi pas ? Mais derrière, non. Ne soyez surtout pas optimisés ou lisses. Non, non, non, non. Soyez plein d'écueils, plein d'aspérité. Et au contraire, critiquez, regardez. Ne soyez pas justement sur le premier point qu'elle dénonçait, la dénonciation du conformisme. Ne soyez pas conformes. Et là aussi, on s'aperçoit quoi en fait ? Ce qui est intéressant en soi, c'est que ça vient d'une personne philosophe. Je ne critique pas la personne. Attention, je critique ce qu'elle a écrit dans le livre et les interviews qu'elle fait. C'est sur ce sujet-là. sur ce sujet-là. C'est une personne qui est un philosophe, écrivaine et conférencière, qui a donc étudié son sujet avant d'en écrire un livre. Donc ce regard est forcément intéressant. Il va nous éviter de nous disperser en reprenant les arguments de ceux qui croient savoir ou qui se pensent plus malins que les autres. Ceux qui font, moi, le moment personnel, jamais c'est de l'arnaque, de la manipulation, et qui impose aux autres une version du monde étroite et conformiste, justement. d'ailleurs c'est Quand Julia de Funès présente son livre, elle précise bien qu'elle a forcé le trait, que tous les gens qui ont le personnel ne sont pas comme ça. Mais enfin, elle le dit au tout début, ou éventuellement un peu à la fin. Dans l'ensemble, elle reprend tous les points dont je viens de vous parler. Alors que nous dit donc Julia de Funès ? Ou plutôt, que faut-il retenir de son livre ou pas ? Son approche, elle est partielle, à charge. Bon, ça c'est un peu le but du livre, bien sûr, mais qui manque aussi de recul, de vécu, bref, d'expérience. On revient d'expérience, ce qu'il fait d'un livre d'une philosophe qui donne son avis sur le domaine personnel. Avis que l'on trouve souvent parmi ceux qui sont thérapeutes, psychologues, et qui ont tout simplement peur pour l'avenir de leur métier. On sent la peur derrière de se dire, « Oh, laissez ceux qui ont fait des études, qui ont été formés pour ça, les philosophes, par exemple, ou les thérapeutes, ou les psychologues, faire leur métier et réfléchir pour vous. » Et il est là, le problème. C'est qu'effectivement, ils vont réfléchir pour vous, ils vont vous apporter des solutions, et elles ne sont pas forcément mauvaises. Encore une fois, je parlais des philosophes qui disaient qu'il avait un rôle de simplifier les choses pour qu'on les comprenne mieux. Mais je le dis encore une fois, le peuple est tout à fait capable, le peuple c'est nous, la société est capable aussi d'avoir ses propres réflexions, et c'est ce que nous faisons à Très-Réminieux à Bali, d'avoir nos propres réflexions, d'être capable de réfléchir par nous-mêmes. Donc, on peut noter ou comprendre que ce n'est pas... simplement un précaré ou une partie des philosophes qu'on ne doit pas toucher. Parce qu'en finalité, si les psychologues ou les thérapeutes ou autres, ou les philosophes, ont simplement peur pour leur avenir dans leur métier, c'est parce que le monde personnel offre la possibilité de réfléchir par soi-même. Peut-être mal parfois, c'est vrai, mais en tout cas de réfléchir par soi-même. Et ces deux approches sont différentes. La philosophie et la psychologie sont des approches différentes par rapport au monde personnel. Deux approches pratiques qui sont complémentées à la thérapie. On traite la souffrance, les blessures, les schémas profonds. On comprend l'origine, on répare, on stabilise. Ça, c'est la thérapie. L'objectif, c'est d'aller mieux, de se libérer de ce qui bloque, de l'anxiété, du trauma, de la dépression, de la compulsion. Ça, c'est la partie de la thérapie. Et le coaching, on transforme le présent en plan d'action. L'objectif, c'est passer à l'étape suivante, avec des objectifs, des décisions, des habitudes, de la responsabilité et des résultats. mesurable et quand on est bien formé en général personnel on peut vous accompagner et arriver à atteindre ses objectifs deux choses différentes et la complémentarité la thérapie débloque et sécurise le terrain et le coaching construit et fait avancer là où le bât blesse c'est ce besoin de comparer les univers comme on le ferait comme le ferait un gamin de maternelle moi le foot c'est mieux que le rugby papa il est plus gentil que maman on dit pain au chocolat et pas chocolatine bon ça ce dernier n'est pas négociable mais je dis cela c'est Parce que dans un interview de Julia Daphnes, que j'ai écouté il y a à peu près une semaine, et c'est pour ça que je relance ce sujet sur ce débat personnel, elle nous explique que le débat personnel, c'est comme le paddle. Et là, on ne touche pas au paddle. Le paddle par rapport au tennis. Et elle y va, tranquillement, et elle dit, on choisit le paddle parce que c'est plus facile. Ça demande moins d'efforts et que le résultat est immédiat. Et nous sommes arrivés à la limite de sa réflexion. Elle pratique-t-elle le paddle ? On suppose qu'elle pratique plutôt le tennis. Et je lui propose donc... de se retrouver sur un terrain de paddle, pour non seulement lui expliquer les règles, les niveaux, mais également pour lui permettre de mieux comprendre que quand on parle d'un sujet, il vaut mieux le connaître vraiment, que ce soit le délore personnel ou le paddle, le pratiquer et arrêter les comparaisons hasardeuses, parce qu'à un moment donné, on devient pédant. Au fond, la vraie question, est-ce que le délore personnel est bien ou nul ? Comme ça, en moins qu'à rien. La vraie question, c'est quelle place vous donnez dans votre vie au développement personnel et surtout à quoi ça sert concrètement ? Parce que si ça devient un spectacle, une posture, une injonction au bonheur, oui, une consommation de contenu qui vous donne l'impression d'avancer alors que vous restez au moment droit, bien sûr. Alors oui, c'est du développement impersonnel. Nous sommes d'accord du bruit, du marketing. Mais le fait de vendre le développement impersonnel, son livre, de la façon qu'elle peut proposer... en comparant deux choses qu'elles ne maîtrisent pas, alors c'est du marketing, c'est du bruit. Une fois, on vend une version lisse de vous-même. Mais si vous utilisez comme un outil de lucidité, selon le personnel, alors là, ça change tout. Le D.F. perso, pour moi, c'est simple. C'est plus de clarté, plus d'autonomie, plus de cohérence entre ce que vous ressentez, ce que vous choisissez et ce que vous faites. Il ne s'agit pas de devenir parfait, mais de devenir plus vrai, plus authentique. puis un équilibre. C'est pas intéressant. Et quand c'est bien fait, ça se voit. Décision plus nette, relation plus saine, meilleure gestion des émotions, plus d'équilibre de vie, plus de confiance en soi et d'estime de soi. C'est pas en théorie, c'est dans vos journées. C'est pas en théorie, c'est dans vos journées. Et si vous gardez une règle, gardez celle-là. Arrêtez de croire les promesses, regardez les preuves. Ne confiez pas votre développement personnel à des personnes qui n'ont pas l'expérience, qui ne savent pas de quoi elles parlent. Choisissez des personnes crédibles, pas des personnages, des gens qui ont de l'expérience sur le sujet qu'elles abordent, pas juste des phrases qui sonnent bien. Et surtout, ne confondez pas... Les outils, quand il y a des souffrances et blessures profondes, c'est la thérapie qui soigne et stabilise. Et quand il s'agit d'avancer, d'agir, de construire, le coaching vous met en mouvement. Les deux peuvent se compléter, sans compétition, ridicule. Et si, je devais résumer une nouvelle fois tout ça, mettez le développement personnel à sa place. Pas au-dessus de votre vie, au service de votre vie. Donc moins de gourou, plus de discernement. Moins de contenu. plus d'action, moins d'ego, plus d'humain, et surtout une philosophie de vie qui se vérifie dans vos choix, pas dans vos mots. Oh, dernière chose, on ne touche pas au pas d'elle. N'hésitez pas à partager cet épisode avec vos amis, avec vos proches qui sont là, et qui justement peut-être se font accompagner, ou ont envie de s'accompagner, de pratiquer dans le personnel, d'essayer de mieux se comprendre, qui sont dans une phase un peu compliquée, partagez cet épisode avec eux. N'hésitez pas à laisser. des likes, des étoiles vous avez compris le principe c'est important, ça me fait du bien et puis ça résonne tout simplement avec ce que je propose comme épisode et on se retrouve très bientôt quand il sera minuit à bain