Speaker #0Avant de m'installer à Bali, de créer mon agence de voyage, j'avais une agence de communication, communication globale, communication événementielle. J'ai fait ça pendant une dizaine d'années. Et puis au fur et à mesure, ça a commencé en 2007-2008, j'ai commencé à me poser des questions sur mon but, sur mon but de la vie, presque une quête de sens, si vous préférez. Et je me suis vraiment posé la question de ce que j'avais envie de faire, et le soir, voilà, quand... Quand c'était plus calme, je promenais mon chien, je disais, là, il faut que ça change. En fait, j'étais bien, j'avais une vie confortable, une bonne situation, mais j'avais l'impression que ça devait changer. Pas il faudrait, pas un jour, vraiment, je voulais que ça change. Et pourtant, dès le lendemain, je repartais à l'agence, je m'étais derrière mon latérateur, je m'embêtais sur un projet, et je refaisais exactement la même journée. Jusqu'à ce que, plus tard, un an ou deux ans après, je m'installe à Bali. Mais là, ce dont je vous parle, peut-être que ça vous parle à vous aussi, vous avez déjà vécu ça, ou vous vivez peut-être déjà ça en ce moment. Vous avez une note sur votre téléphone, un doc, un carnet, mon projet, ma nouvelle vie, ce que je veux peut-être, vous l'ouvrez, vous écrivez deux lignes et puis vous le refermez. Vous vous surprenez à jalouser des gens qui ont osé, un ami qui s'est reconverti dans un nouveau boulot, qui est parti dans le sud de la France, quelqu'un qui a déménagé, une personne qui a quitté une relation, un collègue qui a lancé un truc. Voilà, un nouveau métier. Pas par méchanceté, juste parce que vous dites, « Ouais, ok, très bien, mais pourquoi pas moi ? Pourquoi je ne l'ai pas fait, moi ? » Vous avez des pics de clarté en vacances, sous la douche, en marchant, en prenant le chien, je ne sais pas, et puis ça s'éteint. Ça s'éteint parce que vous revenez à une réalité, entre guillemets. Vous sentez que votre vie fonctionne, donc ce n'est pas quelque chose de dramatique, mais qu'elle ne vous ressemble plus complètement, ou que vous ne vous ressemblez plus complètement. Et ça crée une espèce de tension. Vous n'êtes pas malheureux à 100%, attention vous n'êtes pas à plaindre, mais vous n'êtes pas non plus vivant à 100%. Vous avez même parfois honte, parce que vous avez de la chance en fait, parce que vous avez une situation, un salaire, une certaine stabilité, et malgré ça, je vous l'ai dit au tout début, vous avez de tant qu'être de sens. Et là souvent, vous commencez à vous parler durement. « Ouais mais si je ne chance pas de vie ou si je la vis pas autrement, c'est parce que je manque de volonté. Je ne vais jamais y arriver. Peut-être que les autres y arrivent, mais pas moi. Je suis trop confortable, je suis installé, c'est trop tard. » Je vais attendre la retraite. Je suis ingrat. Après tout, tout ce que je vis, c'est quand même plutôt sympa par rapport à d'autres qui n'ont rien. Et je me trouve des excuses. Alors, que vous le voulez vraiment au fond de vous ce changement ? Que vous l'appelez ? Donc la question de cet épisode, elle est simple et elle est sérieuse. Pourquoi vous n'arrivez pas à changer de vie ? Même en le voulant vraiment ? Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer, ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard de devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit. Bye bye. Je vais commencer cet épisode par vous dire un truc qui va peut-être vous soulager. Dans la plupart des cas, vous ne bloquez pas parce que vous manquez de motivation. Vous bloquez parce que vous êtes face à un système de verrou. C'est beaucoup plus profond. Je vais vous en donner quatre verrous. Je crois que ça va être concret. D'abord, il y a le verrou biologique. Quand vous vivez sous stress, attention, il n'y a pas besoin d'un gros stress, un stress normal, comme on peut tous le vivre. Notre cerveau... perd une partie de ses capacités de décision et de flexibilité. Ce n'est pas une opinion, ce n'est pas un truc comme ça que je sors du chapeau, c'est documenté et ça parle du rôle du cortex préfrontal très sensible au stress. Puis ensuite, il y a un verrou économique. Votre cerveau, toujours lui, déteste la perte plus qu'il n'aime le gain. Résultat, vous gardez le statu quo parce qu'il est à vous, le statu quo, et que vous le connaissez, et vous surestimez ce que vous risquez de perdre. C'est la logique. de la loose inversion et des biens liés au statu quo. Et puis aussi le verrou d'investissement. Vous avez déjà mis beaucoup de temps, de l'énergie, de l'argent, une réputation peut-être pour arriver là où vous êtes. Donc vous restez, même si ça ne vous convient plus, c'est l'effet des coûts irrécupérables. C'est là aussi sourcé, bien sûr. Et puis le quatrième verrou, ça vous fait quand même quatre verrous qui vous empêchent de changer quelque chose dans votre vie ou toute votre vie, c'est le verrou de l'identité. Parce que changer de vie, ce n'est pas juste changer d'activité. C'est quitter un rôle social et réécrire une partie de votre histoire. En sociologie, on parle même de processus de rôle exit. Vous devenez l'ex-quelque chose. Donc, le vrai diagnostic, ce n'est pas vous êtes faible. J'aimerais revenir sur le verrou d'identité. D'ailleurs, quand j'ai quitté mon agence, c'était en 2008, 2008 ou 2009. À partir du moment où j'ai quitté mon agence, je me suis dit que les copains, les copines, les collaborateurs, tous les gens avec qui j'étais en contact, avec qui j'avais travaillé pendant des années, allaient se rappeler de moi, allaient m'appeler régulièrement que Néni. Je me suis retrouvé seul parce qu'ils avaient le boulot à... Le boulot était leur priorité. Et puis j'étais l'ex, l'ex-associé, l'ex-fondateur d'une agence, l'ex. Et je n'avais plus du tout cette identité sociale. Et j'ai dû effectivement casser ce verrou d'identité. Donc on en revient au fait que le vrai diagnostic, ce n'est pas que nous sommes faibles. Le diagnostic, c'est qu'on va essayer de changer de vie, mais qu'on n'attaque pas le bon problème. On essaye de pousser une porte alors qu'elle est verrouillée à quatre endroits, quatre verrous qu'on vient de voir. Et ce que je vous propose aujourd'hui, c'est une vraie lecture en profondeur avec des études, des expériences humaines et surtout des exemples de gens qui arrivent. On va regarder ça en douceur, tranquillement, mais on va en même temps comprendre que, encore une fois, ce n'est pas l'être faible, ce n'est pas savoir prendre des décisions ou ne pas savoir se positionner, mais qu'effectivement, il y a des raisons. Je pense que cet épisode est important et il est important de le creuser, de regarder un petit peu. On va voir le verrou 1, ce cerveau sous tension, qui n'aime pas le changement. On l'a déjà vu dans l'inconscient. On commence par celui qui surprend le plus. Beaucoup de gens pensent, si je suis fatigué, je me repose et après je décide. C'est une phrase qui revient souvent. Tu es fatigué, tu te reposes et après tu décideras. Sauf que dans la vraie vie, vous ne vivez pas fatigué seulement. Vous vivez souvent sous stress, même léger. une notification sur votre portable, urgence, rythme, surcharge, pression sociale bien sûr, l'incertitude, et puis le stress qui a un effet direct sur ce qu'on appelle les fonctions exécutives, à savoir planifier, inhiber, choisir, tenir un cap. Ami Allerstein, qui est toujours d'ailleurs neuroscientifique, décrit cela comme comment même un stress modéré peut perturber rapidement le fonctionnement du cortex préfrontal. c'est la partie du cerveau qui décide ou qui aident à décider, à rester flexible et à tenir une ligne. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand vous rentrez chez vous le soir, que vous êtes déjà saturé et que vous essayez de changer de vie, à 22h, vous essayez de piloter un avion, quand le cockpit a perdu ses instruments. Plus d'instruments, plus d'un cockpit, et pourtant vous essayez de piloter cet avion. Votre cerveau va choisir la solution la plus simple, revenir au connu. C'est ce qu'il connaît déjà. Et ce n'est pas la lâcheté, ça s'appelle du pilotage automatique. Pensez à votre projet de changement, quel qu'il soit. Maintenant, imaginez que vous devez prendre une décision dessus après une journée. Donc, une décision sur ce changement. Voilà. Une décision concrète après une journée où vous avez reçu 12 messages. Vous avez dû vivre deux imprévus, un conflit, un enfant malade ou une réunion lourde. Imaginez la même décision dimanche matin après une marche avec un carnet. C'est la même personne. Même personne. mais deux états cérébraux différents. Le premier état adore le statu quo, puisqu'il y a déjà eu beaucoup d'autres choses qui ont été... qui nous ont perturbés dans la journée, et le second peut envisager autre chose. Donc si votre moment changement de vie est toujours placé dans un moment où votre système est déjà à genoux, c'est quasiment normal que ça n'avance pas. On a vu le verrou numéro 2, c'est-à-dire la peur qui n'est pas psychologique, elle est économique. Donc là, c'est la deuxième couche, le deuxième verrou, c'est la perte. Même quand vous voulez changer, vous avez un cerveau qui fait des comptes. Pas en euros seulement, mais en réputation. en sécurité, en confort, en stature, en identité. La recherche en économie comportementale a montré un phénomène robuste. Les pertes pèsent plus lourd que les gains. Et il y a un cousin encore plus vicieux, c'est le statu quo, le biais du statu quo. Ce qui est déjà à vous, ça prend plus de valeur simplement parce que c'est à vous, tout simplement. Peut-être même que vous êtes battu pour l'avoir. En traduction, même si votre vie actuelle vous coûte, elle a une valeur énorme, parce qu'elle est connue, vous savez. et qu'elle est maîtrisée, elle est justifiable, elle est cohérente, ne disons pas, on sait ce qu'on perd, mais on ne sait pas ce qu'on gagne, à un moment donné, on préfère rester sur ce qu'on perd, à la limite. Et la vie, vous imaginez, elle est floue, elle est incertaine, elle comporte des pertes immédiates. Donc, à l'intérieur, vous n'avez pas seulement une envie de changement, vous avez un débat de pertes. Si je perds mon statut, par exemple, si je perds ma routine de tous les jours, si je change, je perds l'image qu'on a de moi. Si je change, je perds une sécurité financière. Ce n'est pas négligeable. Et si je change, je perds aussi du contrôle. Parce que bien sûr, on ne pourra pas tout contrôler. On l'a vu. Et votre cerveau n'aime pas perdre, tout simplement. Donc résultat, il va freiner les quatre fers. Prenez votre changement de vie encore. Prenez votre changement de vie. Ne notez pas les bénéfices. Ça, vous les connaissez. Notez uniquement ce que vous avez peur de perdre. Même si ça vous semble pas évident, pas noble, c'est pas grave. Notez uniquement ce que vous avez peur de perdre. souvent, vous allez tomber sur un truc très intime. Pas « je perds de l'argent » , mais « je perds ma place » , quelque part mon identité, on l'a vu tout à l'heure. Et en tant que cette perte n'est pas nommée, vous restez coincé, donc faites-le. Ne notez pas les bénéfices que vous allez pouvoir obtenir grâce au changement de vie, mais plutôt ce qui vous fait peur, ce que vous avez peur de perdre. Et puis le troisième verrou, c'est le vrai piège, c'est « j'ai déjà trop investi pour partir » . Ça, c'est très courant, très très courant. Dans mes accompagnements, je le vois très souvent. Des personnes qui disent « mais moi j'ai trop bossé pour en arriver là, pour tout perdre » . l'investissement. Même si vous êtes lucide, même si vous savez que ça ne vous convient plus, vous avez une phrase intérieure qui tourne. J'ai déjà trop donné. J'ai déjà trop construit. J'ai déjà trop sacrifié. Ça peut être dans un couple aussi. 10 ans, 12 ans, avec la même personne, vous savez qu'il y a des trucs qui déconnent, des trucs qui vont pas, mais vous êtes trop investi, vous avez trop donné, vous n'avez pas envie d'abord de partir dans l'inconnu avec une nouvelle relation. J'ai déjà trop sacrifié. Et vous restez. Et là, vous tombez là aussi sur un biais très documenté. Le sunk cost effect, les coûts irrécupérables. Arkadiusz Brumler a montré par exemple que des gens qui avaient payé plus cher un abonnement au théâtre allaient ensuite à plus de représentations, pas parce qu'ils aimaient plus, mais parce qu'ils avaient plus investi. Donc on reste dans un truc pour justifier l'investissement passé, c'est-à-dire plus clair. C'est humain et c'est violent parce que ça nous enferme. Et c'est là qu'une croyance très profonde se glisse. Si je pars ? Tout ce que j'ai fait avant devient inutile. Mais c'est faux. On l'a vu d'ailleurs dans cette partie très intéressante, en tout cas je l'ai trouvée très intéressante, sur l'épisode sur l'échec. L'échec nous construit et on ne peut pas réussir qu'avec des... On ne peut pas aboutir à un changement de vie si on reste tout le temps. On a besoin d'échecs. Les échecs sont hyper importants. Ce qui est vrai, c'est que si vous restez uniquement pour rentabiliser votre passé, vous allez vous transformer votre vie en comptabilité. Ça, c'est sûr. Ligne et colonne. Mais en réalité, vous n'allez pas avancer. Je vous donne un exemple. Marc, 43 ans, qui était cadre depuis 15 ans dans un secteur qu'il ne supportait plus. Il était dans l'agroalimentaire. Ce qui l'empêche de bouger, ce n'est pas l'absence d'idée. C'est cette pensée. Si je change maintenant, j'admets que j'ai perdu 15 ans. Pendant l'agroalimentaire, vraiment, ce n'était pas son truc. Au début, il est rentré grâce à un ami qui l'a fait rentrer là-dedans. Il a passé 15 ans dessus. Il a monté les échelons, échelons, après échelons, après échelons. Il est devenu, je ne sais plus, je ne me rappelle plus quelle mission et quel poste il avait. En tout cas, mon nez s'est dit, j'ai envie de changer de vie. J'ai envie. Mais si j'en change maintenant, j'aurais tout perdu. En fait, j'aurais perdu 15 ans de ma vie. Et c'est ça, c'est l'insupportable pour l'ego. Donc il reste. Enfin, il est resté. Et puis il a perdu 5 ans de plus. Et le déblocage, ce type de profil, ce n'est pas trouver sa passion. C'est juste une phrase. Mon passé n'est pas une prison. C'est un capital, j'ai appris plein de choses dedans. Justement, qu'est-ce que ça m'a apporté, comment je peux transformer ? Capital de compétences, de relations, de disciplines, de coûts et de maturité. Le 5 costes vous enferme quand vous voyez votre passé comme un gâchis. Il vous libère, comme vous le voyez, comme une base qui va derrière, comme un tremplin si vous préférez, qui va venir derrière vers un changement, un changement de vie qui va vous apporter autre chose. Et enfin, le verrou 4, vous ne changez pas une habitude, vous quittez un rôle. On l'a vu tout à l'heure, l'identité. Et là, on sort du drame personnel parce qu'on rentre dans un sujet social. La sociologue Hélène Rose a étudié ce qu'elle appelle le rôle exit. Le processus par lequel une personne quitte un rôle. Je divorçais, ex-alcoolique, ex-religieux, comme moi par exemple qui suis resté pendant 16 ans dans une secte. Changement de statut, elle décrit ces étapes. Doutes, recherches, alternatives, recherche d'alternatives d'ailleurs, turning point, construction d'identité de l'ex, etc. Et pourquoi c'est important ? Parce que changer de vie dans votre cas, ce n'est pas faire autre chose, c'est devenir quelqu'un que votre encourage. de votre entourage, pardon, n'a pas encore validé. Eh bien oui, quand votre entourage vous a toujours connu dans un rôle particulier, vous étiez peut-être responsable de projet dans une agence événementielle, ou peut-être traiteur, ou peut-être DJ, et que d'un coup vous voulez changer de métier, changer d'activité, parce que l'autre, une activité vous appelle, oui, mais les gens vous considèrent toujours comme étant l'autre, celui d'avant, parce qu'ils n'ont pas encore compris qui vous étiez, ce que vous alliez devenir. Et ça déclenche, bien sûr, des peurs très profondes. La peur d'être jugé, ah bah oui, mais t'étais mieux avant. La peur de décevoir, là aussi t'étais mieux avant. J'ai l'impression que tu t'éclatais plus dans ce que tu faisais avant. La peur de perdre une appartenance, c'est la peur de perdre la cohérence de votre histoire. Là, je vous donnais aussi une phrase clé, me semble-t-il. Votre cerveau préfère souvent la cohérence au bonheur. Vous voyez ce que je veux dire ? Parce que la cohérence vous protège socialement. Et c'est pour ça qu'on peut rester dans une vie qui ne vous convient plus, parce qu'elle reste logique. Alors on parle, on critique souvent le développement personnel, mais avant on faisait toute une carrière en étant coiffeur, en étant boucher, en étant commercial. Maintenant on change deux, trois fois, quatre fois de métier sans problème, ou en tout cas si, justement les problèmes que l'on rencontre là, d'identité, c'est verrou. En tout cas c'est plus commun, c'est plus simple. Alors bien sûr le métier, trouver un travail avant, on pouvait le trouver à vie, on avait les conditions beaucoup plus simples peut-être. Il y en avait des contrats longue durée. Maintenant, c'est beaucoup plus compliqué. Donc, quelque part, vous êtes obligé de changer de vie. Et ces quatre verrous interviennent. Vous souhaitez changer de vie, vous dire que cette vie ne me correspond plus. D'autres l'ont fait avant moi, mais ces quatre verrous reviennent. Et c'est pour ça qu'on a envie de rester dans une vie que l'on connaît déjà, même si elle ne nous convient plus, parce qu'elle reste logique. Et c'est là que la fausse croyance, la plus toxique, apparaît. Changer de vie, c'est devenir quelqu'un d'autre. Non. changer de vie, c'est souvent devenir plus vous en fait, quelque chose qui vous ressemble, mais au prix d'une phase transitoire où vous n'avez pas encore de nouveau rôle stable. Et cette zone-là que les gens fuient, ils ont la trouille, ils ont les pépettes. Parce que ne plus être personne, entre guillemets bien sûr, par rapport à vos proches, par rapport à votre famille, par rapport à vos amis qui ont du mal et vous en défait, mais tu fais quoi maintenant ? Tu veux faire quoi ? Personne n'a envie de vivre ça. En tout cas, notre cerveau, lui, dit non, non, moi ce qui me convient, c'est ce que je vis actuellement, même si c'est difficile, même si c'est compliqué. Le coût réel de l'inaction, et ce n'est pas la théorie, quand vous ne changez pas, vous ne payez pas seulement un inconfort, vous payez quelque chose de plus subtil. Vous perdez la confiance dans vos propres paroles. Parce que vous dites « je change » , mais en fait vous ne changez pas. Et à force, votre cerveau n'écoute plus vos promesses. Votre monde se retraitit. Vous évitez certains sujets, certaines conversations, certains endroits, certaines personnes qui vous renvoient à ce que vous n'avez pas osé faire. Vous devez développer des croyances limitantes, intelligentes, pas des trucs naïfs, des croyances élégantes, du style « c'est pas le moment, tu sais, j'ai des responsabilités, ça va bientôt changer certainement, la situation va bientôt changer, mais c'est pas encore le moment. Je dois d'abord être stable. » Vous entendez ? « Je dois d'abord être stable » , c'est certainement déjà dit. « Après l'été, je le ferai » ou « après ce projet, après cette mission » . Et un jour, ça fait trois ans, ça fait quatre ans, ça fait dix ans. Parfois vous vous glissez vers une forme d'impuissance apprise. C'est un vrai concept, c'est le Lern-Helmholtz, je le dis très mal. C'est écrit par Seligman et Mayer, où l'exposition répétée à des situations vécues comme incontrôlables réduit ensuite la probabilité d'essayer, même quand des options existent. Ok, je traduis tout ça. Quand vous avez essayé 2-3 fois et que ça n'a pas marché, ou que vous avez déjà été cassé par la vie, votre système apprend et il vous dit que ça ne sert à rien. Et ils vous protègent, quelque part, mais en vous immobilisant. Et ce n'est pas de la paresse, c'est une stratégie de survie, et votre cerveau est spécialiste pour ça. Alors après, on peut trouver des solutions. des solutions bancales. Par exemple, croire que vouloir suffit. Ah, il suffit de vouloir ! Bandura a posé un concept clé. L'auto-efficacité. La croyance qu'on est capable d'agir et de réussir influence fortement l'action et la persévérance. Projeter, si vous voulez projeter, la gagne, la victoire. Vous pouvez vouloir très fort et ne pas bouger, si en dessous votre auto-efficacité est basse. Oui, je veux bien le faire. Je veux que j'ai envie de le faire, mais je ne sais pas faire. Je ne tiendrai pas. Et puis, je vais échouer. Vous avez aussi la possibilité d'attendre, d'être prêt. On l'a vu. Je le retrouve très souvent dans les accompagnements. Quand je serai prêt, je bougerai. Sauf que la préparation ne crée pas toujours le passage. Souvent, c'est l'inverse. C'est le premier mouvement qui fabrique la sensation de préparation. On l'a vu tout à l'heure. On peut aussi chercher la bonne réponse au lieu de construire une trajectoire. On veut changer de vie, mais ce n'est pas résoudre une équation. C'est une succession d'essais, d'ajustements et de retours. Il est important que vous le compreniez. Vous allez vous planter à un moment donné, mais ce n'est pas grave, c'est un ajustement. Et hop, on se remet sur ses pieds et on repart et on va d'échec en réussite jusqu'à atteindre son objectif. Et puis, bien sûr, on peut aussi se raconter dans les fausses solutions qu'on peut rencontrer. aussi ben c'est Ils se racontaient que si je change, je perds tout. Donc c'est la loss inversion qui parle. Mon anglais est dramatique. La plupart des changements, pourtant je parle anglais tous les jours. La plupart des changements réussis ne sont pas tout ou rien. Ils sont, je gâte 70%, je transforme 30%. Oui, ce n'est pas tout ou rien. Et vous le savez quand vous allez changer. Changer de vie ou faire un tournant dans votre vie. Puis il y a le fantasme du grand tournant. Ah oui, ça, celui-là, c'est... Dans les récits, on l'adore. Un jour, j'ai décidé. Dans la vraie vie, c'est rarement un jour. C'est un processus. Le jour où j'ai décidé de m'installer à Bali, ça a pris un petit peu de temps quand même. Le temps de me décider vraiment, de regarder autour de moi. Enfin, je vous ai fait un podcast sur l'expatriation. Et puis, j'ai fait aussi un podcast sur le changement à ce niveau. C'est un processus, le changement. Ça ne s'invente pas. Je fais quand même, depuis plus de 100 épisodes, un podcast sur le changement. Ça veut dire que c'est quand même parfois un peu complexe. Ebo le décrit très bien. Il parle de doute. alternative, turning point et nouvelle identité. Donc les gens qui réussissent ne sont pas forcément plus courageux. Ils traversent mieux la zone transitoire. Alors c'est quoi la vraie sortie ? C'est quoi, comment on fait pour changer ? Comment on fait pour changer de vie ? Ou prendre une autre direction ? Je ne vais pas vous donner une méthode en 12 étapes, c'est trop long et puis je ferai un jour une formation là-dessus. Mais là je vais vous donner une direction en 4 mouvements. C'est le cœur, c'est le pilier. On va commencer par réparer la sensation de contrôle. Je ne parle pas de motivation, la sensation de contrôle. Si vous avez perdu le sentiment de contrôle, vous avez besoin d'une chose, une preuve. Donc, une des études que nous avons pu voir montre que l'absence de contrôle perçue casse l'initiative. Et Bandoura insiste sur un point. L'auto-efficacité se reconstruit notamment... par des expériences de maîtrise, des petites réussites réelles. Donc la première question n'est pas quel grand changement je fais. La première question est quand, ou plutôt quelle preuve de contrôle je peux obtenir en 48 heures. Une preuve, c'est quoi ? C'est un message envoyé, un rendez-vous obtenu, une action finie, une conversation tenue, une chose rangée, une limite posée. Ce n'est pas spectaculaire, c'est réel. Et les gens qui réussissent leur changement de vie ont souvent ce point commun. Ils commencent par reconstruire. Leur capacité à agir, parce que c'est important d'agir, sinon tout ça ne sert à rien. Le deuxième mouvement, je vais parler de quatre mouvements. Le deuxième mouvement, c'est traiter la perte au lieu de la nier. Vous voulez changer, très bien. Regardez ce que vous allez perdre. Pas pour vous faire peur, mais pour arrêter qu'elle vous pilote dans l'ombre. Mettez des mots. C'est un exercice très simple. Si je perds, ce que je perds, si je change. Allez-y. Qu'est-ce que vous allez perdre si vous changez ? Le statut, la sécurité, l'image, le confort, l'appartenance peut-être. Qu'est-ce que vous perdez si vous changez ? Si vous arrêtez maintenant votre métier que vous faites depuis 15 ans, ou si vous quittez votre conjoint, ça peut être ça aussi, ou si vous changez de région, carrément de ville ou de pays, qu'est-ce que vous allez perdre si vous changez ? Mais aussi, la deuxième question, c'est qu'est-ce que je perds si je ne change pas ? Du temps, de l'énergie, de l'estime de soi, de la joie peut-être, de la présence pour ceux que j'aime. Il y a deux faces à la même pièce. C'est un fait humain, les pertes pèsent lourd bien sûr. Mais le basculement se produit quand vous ne voyez pas que ne pas changer, c'est aussi une perte. Les gens qui réussissent ne sont pas ceux qui n'ont pas peur. On dit toujours qu'il n'y a pas de courage sans peur. Ils sont courageux. Les gens qui réussissent ne sont pas ceux qui n'ont pas peur. Ce sont ceux qui mettent les pertes sur la table et qui choisissent la perte acceptable. Mouvement 3. Rappelez-vous, ce 4 mouvements. On va créer un rôle transitoire. Au lieu d'exiger une nouvelle identité parfaite. C'est ici que ça devient original et surtout utile. Vous n'avez pas besoin de devenir la nouvelle version de vous-même. Je n'aime pas, c'est dans le monde personnel justement la meilleure version de vous-même. Nous sommes tous les jours une nouvelle version. Ensuite, maintenant, vous pouvez être la version que vous avez toujours envie d'être, que vous avez toujours voulu être. Vous pouvez tout simplement aller étape par étape. Vous n'avez pas besoin de devenir tout de suite la nouvelle version de vous-même. Mais vous avez besoin d'un rôle transitoire, une étiquette, si vous préférez, temporaire. Donc exemple, vous vous mettez, en ce moment, je suis en exploration, ou je suis en transition, je suis en phase pilote, je suis en train de construire mon prochain rôle. Là, vous êtes, vous voyez, c'est transitoire, mais au moins vous l'exprimez. Ça a l'air simple, mais c'est énorme. Vous vous sentez du piège du soit je reste, soit je deviens quelqu'un d'autre. Et beau, on a vu tout à l'heure, montre que la sortie d'un rôle passe par une... période où on ne sait plus exactement si on est ancien ou si on est nouveau, vous voyez, parce qu'on n'est plus exactement l'ancien et pas encore le nouveau. Et les gens qui réussissent à accepter cette zone, au lieu de vouloir la sauter, ils réussissent, bien sûr, parce qu'ils se sont, au lieu de dire « Ah, mais tu sais, en ce moment, c'est comme ça. » Non, je suis en exploration. Je suis en transition. Je suis en fast-pilot, même pour vous-même. Vous le dites pour vous-même. Je suis en train de construire mon prochain rôle. Et enfin, la quatrième partie, c'est ce mouvement 4. qui est passé de rêver à tester. Oh mon Dieu, qu'on passe de temps à rêver ! Avec une stratégie validée. Donc il existe un outil très étudié qui évite le piège du positif stérile. Donc ce test, l'idée est très simple. Au lieu de visualiser uniquement le résultat, vous mettez face à face votre souhait, le résultat désiré, l'obstacle réel et un plan concret. Ce n'est pas du coaching. C'est une méta-analyse qui montre un effet global, petit et moyen, sur l'atteinte de vos objectifs. Je reviens dessus. L'idée est simple. Au lieu de visualiser uniquement le résultat, vous allez mettre en face à face votre souhait, ce que vous souhaitez, le résultat désiré, donc là on est sur comment je me vois à la fin, l'obstacle réel, qu'est-ce qui barre la route, quel est le mur qui me barre la route, et un blanc concret, donc comment je vais... casser ce mur, comment je vais passer les obstacles pour arriver à un résultat désiré qui est donc mon souhait. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que ça répond à votre question. Je veux vraiment, mais je n'y arrive pas. Parfois vous voulez, mais vous n'avez jamais nommé l'obstacle réel. Pas l'obstacle noble, le vrai, la fatigue, la peur d'être jugé, l'environnement, le manque de soutien, la charge mentale. Les finances, bien sûr, et la culpabilité. Et les gens qui réussissent sont souvent ceux qui arrêtent de se raconter une histoire héroïque et qui travaillent avec l'obstacle réel. J'ai trois exemples, je vais vous en citer un. Je ne veux pas non plus vous prendre trop de temps sur cet épisode qui, encore une fois, est extrêmement intéressant. Ça parle du changement, ça parle de nous. J'ai accompagné Claire, qui avait 39 ans à l'époque, et qui disait « Je veux changer » . Mais je suis maman et je ne peux pas. Voilà, c'est tout simple. 39 ans, je veux changer, mais je suis maman et je ne peux pas. Et Claire veut se reconvertir. Elle a un projet de vie, mais elle se répétait tout le temps. Ce n'est pas le moment. Et d'ailleurs, elle m'a appelé pour non pas changer, mais que je valide le fait que ce n'était pas le moment. Voilà, j'ai des enfants, je dois m'en occuper, donc je ne peux pas. Pourtant, j'ai un projet de vie qui m'intéresse. Donc, elle me répétait tout le temps, mais ce n'est pas le moment. Ce n'est pas le moment pour avoir la validation. Et ce qui l'a bloqué, ce n'était pas l'envie, c'était la perte. La perte de la sécurité, l'image de mère responsable et la peur du changement. Et le jour où on a commencé à avancer ensemble, c'est quand elle a fait deux choses. Elle a accepté une perte limitée. Je perds du confort pendant trois mois, trois, quatre mois, au lieu de fantasmer un changement sans coût. Et puis la deuxième chose, c'était qu'elle a reconstruit l'auto-efficacité. Une preuve par semaine. L'expérience par la maîtrise. Résultat, elle n'a pas tout quitté. Elle a changé de vie par accumulation de preuves. On l'a déjà vu dans un autre épisode. Mais je pense que c'est intéressant. Allez, je vous en fais un deuxième, vite fait, là. Karim, Karim qui avait 45 ans, 45 ans. Non, en plus, 48 ans, 48 ans. Il m'appelle, il me contacte parce qu'il avait investi beaucoup sur sa société, dans un métier du bâtiment, exactement, il était architecte, pardon. Et il disait, moi, j'ai trop investi, j'ai plus envie de lâcher. Mais pourtant, j'ai envie de changer de vie. Mais j'ai trop investi. Il était dans un métier depuis 18 ans. Mais il sentait que ça ne lui ressemblait plus, que ce n'était plus lui. Mais il restait parce qu'il avait déjà trop donné. Il avait commencé très bas, il a repris certaines affaires de son père, qui était architecte lui-même, et trop, trop, trop de choses. Et le tournant, ce n'est pas une illumination. C'est quand il reformule son passé comme un capital. Je n'ai pas fait l'erreur d'être architecte. C'était une base. Et là, il s'est donné un rôle transitoire, en exploration, pas en rupture, avec des phases intermédiaires. Et il ne s'est pas libéré en osant. Il s'est libéré en cessant de traiter son passé comme une dette. Vous voyez ? Alors bien sûr, je survole quelque part le sujet, mais j'espère que ça vous apporte quelque chose, un mieux. Donc si vous n'arrivez pas à changer de vie, même en le voulant vraiment, vous pouvez arrêter de vous traiter comme un problème, traiter ça comme un problème de volonté. Parce que vous êtes probablement face à un système, un système bien huilé, un cerveau sous tension qui préfère l'eau connue. Une économie de la... Pertes qui survalorisent, pas facile à dire, une économie de pertes qui va survaloriser le statu quo. Des investissements passés qui vous retiennent. J'ai mis trop de temps, j'ai passé trop de temps là-dedans, j'ai fait des études. Oh là là ! Et une identité sociale qui rend la transition inconfortable. Et les gens qui réussissent ne sont pas plus motivés que vous. Ils sont juste mieux outillés sur ces quatre points. Contrôle, perte, rôle transitoire, test réaliste. Et surtout, surtout... Ils arrêtent d'attendre que l'envie les sauve. Ils se fabriquent des preuves. Je vous propose une action courte, que vous pouvez faire ce soir, demain matin, pas pour changer de vie, mais pour ouvrir une brèche. Vous avez fait le test des quatre verrous. C'est assez rapide. Vous prenez une feuille, un peu de papier, sur un carnet. Vous devez d'ailleurs avoir un sacré carnet, ou un certain cahier, avec tous les exercices que je vous propose. Et vous écrivez « mon changement de vie » en une seule phrase. Je veux changer de métier, je veux quitter mon conjoint ou ma conjointe, je veux m'installer à Biarritz, je veux... Vous, marquez votre changement de vie en une seule phrase. Et ensuite, vous marquez quel verrou est le plus fort chez moi. Rappelez-vous, il y a quatre verrous. Je veux dire, c'est un seul. Le stress, donc la surcharge, la peur de perdre, l'investissement passé ou l'identité. Rappelez-vous, stress, surcharge. Peur de perdre, l'investissement passé, tout ce que j'ai passé, identité. Ok ? Ça c'est la deuxième chose que vous pouvez mettre. Et ensuite, une preuve de contrôle en 48 heures. Donc une action réelle, ça c'est la troisième partie, une action réelle, petite, qui donne à votre cerveau le message « je peux agir » . Une fois que vous avez identifié votre changement de vie en une seule phrase, que vous avez mis le verrou le plus fort qui est en vous, donc entre le stress, la surcharge, la peur de perdre, l'investissement ou l'identité, derrière vous pouvez mettre en place une action réelle pour tester dans votre cerveau le message mais je peux agir c'est tout si vous avez déjà fait ça vous avez déjà commencé et si en écoutant si en écoutant vous vous êtes reconnu et que vous sentez vous êtes coincé depuis longtemps dans ce genre de monde où vous pouvez bien sûr m'écrire voilà n'oubliez pas de laisser oui c'est la fin de l'épisode déjà ça aurait pu être beaucoup plus long et je me suis fait c'était déjà très long je vérifie ça fait déjà trente et une minutes Mais le sujet est encore une fois extrêmement intéressant, ce changement de vie. Il est au cœur de ce podcast Minua Bali. Donc je vous propose tout simplement de me laisser des messages sur Facebook, de laisser les étoiles. Vous le connaissez sur Spotify ou Apple Podcast. Et puis pourquoi pas de me mettre un message sur Facebook pour peut-être approfondir ce sujet du changement. Peut-être que vous souhaitez des exercices qu'on peut faire ensemble. Et puis bien sûr, encore une fois, vous le savez, je peux vous accompagner si vous le souhaitez. Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode qui me touche tout particulièrement, ce changement de vie. Et on se retrouve très bientôt quand il sera minuit à Bali.