- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Minute Santé, le podcast pour prendre soin de ta santé où l'on décrypte différents sujets santé en misant avant tout sur la prévention car comme le dit l'adage mieux vaut prévenir que guérir. Je suis Nadia, blogueuse santé sur consommousslim.com et médecin. Je suis passionnée par la médecine et les alternatives naturelles.
- Speaker #1
J'espère t'aider au travers de ce podcast à prendre soin de ta santé en prenant en compte toutes les sphères de ta vie. N'hésite pas à t'abonner pour ne rater aucun épisode et prendre ta santé en main dès aujourd'hui.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je vous retrouve pour un nouveau témoignage. Dans cet épisode, je vais laisser la parole à Amina, qui a accepté de témoigner sur son hyperphagie. Cette série de témoignages, en plus des épisodes classiques, vous permettra, je l'espère, de vous sensibiliser sur différentes pathologies, sous l'angle et sous le point de vue des malades ou anciens malades eux-mêmes. Le but étant toujours le partage d'expérience, et que vous puissiez écouter dans le cas où vous aussi souffrez d'hyperphagie, les paroles d'une personne dans le même cas que vous. Avant de vous laisser avec l'échange que j'ai eu avec Amina au sujet de son hyperphagie, je vous invite à écouter ou réécouter l'épisode du podcast sur le sujet, à savoir l'épisode
- Speaker #1
16. Je mettrai également le lien en description. Si vous souhaitez soutenir le podcast totalement gratuitement, n'hésitez pas à le noter, à vous abonner et à laisser un commentaire sur Apple Podcast. Je vous laisse avec l'épisode du jour et vous souhaite une bonne écoute.
- Speaker #0
Bienvenue Amina sur le podcast Minute Santé, je te remercie d'avoir accepté de témoigner sur ton hyperphargie, car je sais que ce n'est pas forcément facile pour tout le monde de se livrer sur ces sujets-là. Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter aux auditeurs et aux auditrices ?
- Speaker #1
Oui, bonjour, merci à toi pour l'invitation. Alors moi je m'appelle Amina, j'ai 28 ans, je travaille et je vis encore chez mes parents.
- Speaker #0
Bienvenue à toi sur le podcast. Donc, on ne connaît pas forcément... tout et tout ce qu'est l'hyperphagie. On ne sait pas forcément, parfois aussi, que ce n'est pas forcément une prise alimentaire adaptée, surtout quand on a toujours eu l'habitude de s'alimenter de cette manière ou d'en faire. Toi, qu'est-ce qui t'a permis de mettre un mot sur tout ça ? Et qu'est-ce qui t'a permis de savoir, au final, que ta façon de t'alimenter quand tu es en crise d'hyperphagie n'était pas adaptée ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'a permis de mettre un mot sur tout ça, il me semble que c'est toi.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #1
Oui, il me semble. Alors, j'ai un souvenir, je crois que c'était l'année dernière où tu avais parlé de ça sur Insta et un podcast. Et vraiment, ça m'a donné envie de me renseigner. Et quand j'ai lu la description, je me suis rendu compte que c'est ce que je vivais depuis des années.
- Speaker #0
D'accord. Donc, justement, tu dis que tu vis ça depuis des années. Depuis combien de temps tu atteintes d'hyperphagie ? Enfin, tu fais de l'hyperphagie ?
- Speaker #1
Alors, depuis très longtemps, il me semble depuis le lycée, donc... Donc, ça fait longtemps. Du plus loin que je me souvienne, c'est-à-dire, je précise qu'au début, les crises étaient assez rares. La plus lointaine dont je me souvienne, c'était il y a dix ans. Après, c'est compliqué parce que je n'étais pas consciente de ce que c'était. Donc, c'est compliqué de situer vu que ça fait longtemps.
- Speaker #0
D'accord. Donc, grosso modo, il y a dix ans, dans la période du lycée, tu dis que tu en faisais beaucoup. Actuellement, est-ce que tu fais encore beaucoup de crises ou est-ce que ça s'est amélioré au fur et à mesure des années ?
- Speaker #1
Ça s'est amélioré surtout depuis un an.
- Speaker #0
D'accord. Dans toutes les hyperphagies, généralement, on retrouve ce qu'on appelle un élément déclencheur, une cause qui est soit consciente, conscientisée par la personne, soit parfois c'est encore inconscient et ça fait partie du travail après, de la prise en charge, de trouver la cause de tout ça. Toi, est-ce que déjà cet élément est déclencheur et selon toi, qu'est-ce qui t'a amené vers l'hyperphagie si tu en connais la cause ou l'élément déclencheur ?
- Speaker #1
Alors, j'ai pu faire un gros travail depuis l'été dernier avec une professionnelle. Et donc, après beaucoup de recherches, beaucoup de réflexions, et surtout grâce à elle, j'ai réalisé que je refoulais plein de choses. Le fait que je suis d'un naturel assez serein et que j'ai une facilité à faire sortir les émotions négatives très rapidement. Au final, on s'est rendu compte qu'elles étaient juste refoulées dans mon inconscient. Et après une recherche, oui, j'ai vu que l'élément d'étoile déclencheur, c'était une relation avec un membre de ma famille qui m'humiliait beaucoup à l'époque en fait et les conséquences que ça entraînait aussi.
- Speaker #0
D'accord, donc voilà il y a un élément déclencheur avec un traumatisme en fait dû à des relations type humiliante, humiliation pendant l'enfance ou l'adolescence. Justement, tu viens de dire que tu as consulté du coup une professionnelle, quel professionnel tu as consulté, si ce n'est pas indiscret, est-ce que tu en as consulté plusieurs, Est-ce que tu n'en as consulté qu'une seule ?
- Speaker #1
Alors, depuis que j'ai découvert l'hyperphagie, j'y pensais, mais ce n'est pas trop mon truc, je ne suis pas trop à l'aise avec ça. Sauf que je me suis inscrite à une formation de médecine traditionnelle prophétique, et une des membres de l'équipe était nutritionniste. Donc, je me suis dit, c'est maintenant ou jamais pour essayer, en fait. Et je me suis dit que ça allait peut-être m'aider, le fait qu'on partage certaines convictions au vu de notre religion. Et du coup, j'ai essayé, j'ai été agréablement surprise, parce que ça m'a aidée vraiment dès la première séance.
- Speaker #0
D'accord, ça fait plaisir de l'entendre. Et du coup, tu as consulté une nutritionniste. Est-ce que la nutritionniste, elle t'a clairement évoqué le diagnostic ? Est-ce qu'elle t'a dit, oui, c'est bien une hyperphagie ? Ou c'est toi, d'emblée, tu es venue, tu lui as dit, je souffre d'hyperphagie ?
- Speaker #1
Elle m'a posé plein de questions sur mes habitudes. Du coup, forcément, je lui ai parlé de ces crises. Et oui, elle a décelé que c'était bien ça.
- Speaker #0
D'accord. Donc, le diagnostic a été confirmé par la nutritionniste, du coup. J'en reviendrai peut-être plus tard sur la... prise en charge, qu'elle t'a conseillé, etc. Parce que je voulais te poser d'autres questions avant. Je voulais qu'on revienne sur les crises d'hyperphagie. Parce que voilà, les crises d'hyperphagie, elles ont des points communs entre les différentes personnes qui en sont atteintes. Les personnes, elles vont souvent décrire une phase avant la crise, la crise en elle-même et puis l'après-crise. De ton côté, comment tu décrirais tes crises ? Qu'est-ce que tu ressens avant, pendant, après ? En fait, en gros, quels sont tes symptômes ?
- Speaker #1
D'accord. Avant, c'est un peu dur à dire parce que Pareil avec cette professionnelle, on s'est rendu compte que c'est des choses qui pouvaient arriver dans la journée et que j'éludais en fait, et qui faisaient que le soir je faisais une crise. Donc je veux dire, il n'y a pas quelque chose de spécifique juste avant la crise. Ça va arriver d'un coup, je vais aller dans la cuisine et ça va commencer. Alors pendant, je suis très consciente maintenant, pas avant. Je suis très consciente qu'il s'agit d'une crise, mais je n'arrive quand même pas à me contrôler. Donc c'est assez dur à vivre parce que je sais que je ne dois pas le faire, mais je le fais. C'est comme si mon cerveau ne m'obéissait pas. Après, à ce moment-là aussi, j'essaye d'agir. Ça fait partie de mes exercices, on va dire. Et après, c'est le sentiment détestable entre le dégoût, le regret, tristesse, colère, tout ensemble, auquel il faut travailler aussi dessus.
- Speaker #0
D'accord. Tu résumes bien, en fait, ce que la plupart des femmes ou des hommes, parce que ça concerne aussi les hommes. des crises, c'est que... Avant, il y en a, ça va être clairement... Ils ont leurs symptômes de crise avec une faim irrépressible. Ils savent que ça va commencer. Toi, ce que tu nous décris, du coup, juste pour résumer, c'est que ça va être l'accumulation de moments difficiles dans la journée qui vont faire que tu vas avoir une crise le soir en rentrant et que pendant ta crise, il y a une perte de contrôle totale et que ça arrive assez subitement. Et qu'après, il y a les fameux sentiments de culpabilité, comme tu l'as si bien dit avec tes propres mots. du dégoût, du regret, de la colère, etc. Du coup, l'hyperphagie, on peut avoir des complications sur la santé, que ce soit physique ou psychologique. Toi, de ton côté, est-ce que justement tu as eu des complications sur ta santé à cause de ton hyperphagie ? Et si oui, lesquelles ?
- Speaker #1
Moi, ça a été l'obésité. J'ai pris beaucoup, beaucoup de poids en très peu de temps. Et du coup, forcément, c'est difficile à vivre, donc aussi dans le moral, dans le mental. de confiance, se bloquer sur plusieurs choses dans tous les domaines de ta vie. Et ce qui est compliqué à vivre, c'est que tu te dis, j'ai une vie normale, je ne suis pas en train de me gonfler toute la journée et pourtant, ça m'est arrivé de prendre 16 kilos en très peu de temps, par exemple.
- Speaker #0
Du coup, une prise de poids, parce qu'il faut le rappeler, pour ceux qui nous écoutent, l'hyperphagie, contrairement à la boulimie, il n'y a pas de stratégie de compensation par rapport au poids, type vomissement ou prise de laxatif ou fermement. plus de sport, se surinvestir, etc. Donc, c'est une des complications classiques, le surpoids, l'obésité. Et puis, comme tu l'as si bien dit, le manque de confiance qui en découle et les différents blocages qu'on peut avoir à cause de ça. Donc, justement, pour en revenir par rapport aux autres troubles du comportement alimentaire, l'hyperphagie, par rapport aux autres troubles, c'est plus facile à dissimuler dans le sens où, en fait, déjà, pendant les crises, on peut se cacher, on peut faire ça en solitaire. Et surtout, même si on peut avoir du surpoids, de l'obésité, les gens ne vont pas forcément faire le rapprochement avec l'hyperphagie. Donc, en fait, ce que je veux dire par là, c'est que ça ne se remarque pas forcément physiquement. En tout cas, ça ne saute pas aux yeux comme l'anorexie, par exemple. Donc, toi, dans ton cas, est-ce que les personnes de ton entourage sont au courant ou est-ce qu'elles ont remarqué quelque chose ou pas ?
- Speaker #1
Alors non, elles ne sont pas au courant. J'ai mis au courant une amie lorsque j'ai commencé à consulter. Ça aussi, ça peut être difficile. C'est bien dans le sens où tout le monde ne sait pas que tu as un problème. Moi, je préfère régler mon problème toute seule, on va dire. Mais parfois, on peut avoir quelques réflexions. Du genre, elle fait un régime depuis, mais ça ne marche pas, c'est bizarre. Du coup, c'est assez décourageant parfois.
- Speaker #0
Dans tous les sujets de santé, j'essaie d'en parler, c'est souvent les remarques de l'entourage qui ne sont pas bienveillantes, qui peuvent détruire des personnes. Ils ne s'en rendent pas compte, que ce soit dans les problèmes de dépression, les problèmes de troubles du comportement alimentaire, où, comme tu l'as dit tout à l'heure, il y a déjà un manque de confiance en soi et les gens viennent en se rajouter. Je dis toujours aux gens, taisez-vous, ne dites rien. C'est toujours mieux de se taire. Parce qu'il y a des gens aussi qui sont sous couvert d'une bienveillance. ils peuvent des fois Des fois, c'est des gens clairement méchants et malveillants. Il y a des gens avec une bonne intention, mais qui sont maladroits dans leurs paroles. Du coup, ça auto-entretient la chose. Et c'est vraiment quelque chose sur quoi il faut lutter. J'espère que les gens qui écouteront ce podcast et qui ont tendance à faire ce genre de réflexion, même si elles ne sont pas mal intentionnées, c'est de se dire que des fois, il vaut mieux se taire et rien dire. Donc là, tu nous as dit qu'il y a une seule amie à qui tu t'es confiée. Et comment elle a réagi ? Est-ce qu'elle t'aide à vivre ça plus sereinement ou pas ?
- Speaker #1
C'est complexe. Au début, j'ai vu qu'elle était très surprise comme moi. Déjà, elle ne savait pas, avant que moi je découvre ce que c'était l'hyperphagie, elle ne savait pas que je le vivais. Le fait, moi, qu'il y a un mot dessus, que ce soit vraiment un trouble, parce qu'au début, nous-mêmes, on se remet en question. On se dit, ça se trouve que je me cherche des excuses, je suis juste une gourmande. Mais le fait d'avoir conscience qu'il s'agit d'un vrai trouble, ça rassure aussi pour en parler aux gens. Et c'est vrai qu'au début, elle a eu une petite réaction du genre « Oui, bon, ça, c'est pas très grave. Ça se soigne facilement. C'est pas un truc de fou, quoi. » Après, petit à petit, elle a compris, en fait.
- Speaker #0
C'est pareil. Je pense que son amie est bienveillante, mais on a tendance à minimiser. On veut rassurer les gens. Mais même dans n'importe quel problème, on va dire t'inquiète, ça va aller. Ça part toujours d'un bon sentiment quand on dit ça, mais ce n'est pas forcément adapté aussi, encore une fois, dans le sens où c'est l'hyperphagie, ce n'est pas si anodin que ça. Et ça peut avoir des répercussions, mais surtout les causes de l'hyperphagie. Elles peuvent être gravissimes, en fait, et il faut agir sur ces causes-là. Donc voilà, encore une fois, un message à l'entourage, il faut être bienveillant, et puis se renseigner sur un sujet si on ne le connaît pas, et puis essayer de dire le moins de... qui minimise les symptômes de la personne ou son vécu. Du coup, pour en revenir à ta prise en charge avec la nutritionniste, quelle prise en charge, en gros, elle t'a conseillée ?
- Speaker #1
Alors, au début, on a mis en place déjà un rééquilibrage alimentaire. Elle a bien vu mes habitudes alimentaires pour ne pas trop faire un changement radical. Ça s'est fait petit à petit, en fait. Elle a adapté le rééquilibrage par rapport à mon alimentation. À propos des crises, elle m'a proposé des exercices d'écrivain. Moi, ça m'arrange, j'aime bien. Du coup, elle m'a demandé d'une part de prendre deux cahiers, en fait, d'une part d'écrire tout ce que je mangeais dans la journée, donc en essayant de bien respecter notre programme. Et à côté, elle m'a demandé d'écrire pour les jours où je faisais une crise, de me souvenir au maximum de tout ce qui s'est passé dans la journée, mais surtout de tout ce qui s'est passé dans ma tête. Et du coup, je me suis rendue compte que parfois, il ne se passait rien de spécial ou de négatif dans la journée, mais qu'à un certain moment, j'ai repensé à... qui faisait partie de l'élément déclencheur dont je parlais tout à l'heure. Et c'est vrai que je me suis rendue compte, par exemple, qu'en fait, j'y repensais très, très souvent. Et ça, je n'en étais pas consciente, par exemple.
- Speaker #0
D'accord. Donc, l'exercice d'écriture, il t'a permis de conscientiser le fait que tu repenses souvent à ton élément déclencheur, mais aussi, ça te permet de mettre un mot sur tes émotions, en fait.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et par rapport à ce problème-là qu'il y a eu dans ton enfance-adolescence, est-ce que tu as consulté une psychologue ? un psychiatre ou un professionnel de la santé mentale, en gros, ou pas ?
- Speaker #1
Non, pas encore.
- Speaker #0
Et tu comptes le faire ou est-ce que tu as des blocages dessus ? C'est pour ça que je te pose la question.
- Speaker #1
Pour ça, je bloque encore. En fait, il y a eu cet élément déclencheur, mais il y en a eu un autre quelques années plus tard, en fait. C'est vraiment ces deux événements-là auxquels je pense à chaque jour où je fais crise. Et là, j'en suis juste au stade où j'ai fait le rapprochement. Après, c'est toujours bloquant pour moi d'en parler, en fait.
- Speaker #0
D'accord. De toute façon, il faut y aller à ton rythme. Il ne faut pas te mettre la pression. C'est juste de se dire, moi, pourquoi je te demande ça ? C'est de se dire qu'en fait, la prise en charge, pour qu'elle soit bien globale, voilà, le nutritionniste, il est bien pour la prise en charge alimentaire et même pour les... Il y a des nutritionnistes spécialisés en troubles du comportement alimentaire, mais c'est aussi bien de... Parce que là, on ne va pas rentrer dans les détails, mais cet élément, les humiliations ou autres, les autres traumatismes psychologiques dont tu as pu être victime dans ton enfance ou ton adolescence, Je pense que sur le long terme, il faudra faire un travail sur ça pour que tu puisses t'en libérer et je pense te libérer par la suite de l'hyperphagie. Mais c'est sûr, ce n'est jamais facile de franchir le pas, surtout qu'en plus, il faut trouver quelqu'un avec qui on est à l'aise. Et il y a ce, je dis toujours, c'est tabou. Surtout dans, je ne sais pas si tu es maghrébine, mais dans la communauté maghrébine, c'est très tabou. Mais comme tu l'as dit tout à l'heure, rien ne t'empêche de le faire dans ton coin et d'en parler à personne. C'est vrai,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
C'est ça. Puis après, trouver la bonne personne avec qui tu te sentiras bien.
- Speaker #1
Oui, effectivement.
- Speaker #0
En tout cas, c'est tout ce que je te souhaite. C'est déjà très bien d'avoir consulté la nutritionniste, d'avoir commencé ta prise en charge, parce que ce n'est pas facile de sauter le pas. Et franchement, déjà, je tenais à te féliciter pour ça, parce qu'il y a plein de personnes, malheureusement, qui sont atteintes d'hyperphagie et qui en sont conscientes et qui ne consultent pas, parce que c'est très difficile à faire. Et tu es courageuse de ce côté-là, donc c'est important de le souligner. Et justement, actuellement, t'en es où un peu avec l'hyperphagie ? Ce que j'ai cru comprendre de notre échange, c'est qu'il y a une certaine amélioration, mais que tu es toujours suivie par la nutritionniste, c'est ça ?
- Speaker #1
Alors, je suis suivie, alors avant c'était toutes les semaines et on a diminué pour que je devienne aussi étonnante. Alors, on était passé à une séance par mois, puis tous les deux mois. Et là, on en est à, je l'appelle quand j'ai besoin, c'est-à-dire les périodes où j'ai vraiment beaucoup de crises d'un seul coup, j'arrive plus à tenir le rythme, je vais prendre une consultation.
- Speaker #0
D'accord. Ça fait combien de temps que tu es suivie par cette nutritionniste ? Depuis quand tu as commencé ?
- Speaker #1
Depuis le mois de juillet 2021.
- Speaker #0
2021, d'accord. Donc oui, ça fait plusieurs mois. Et du coup, depuis juillet, il y a eu des améliorations.
- Speaker #1
Oui, beaucoup. Rien que le fait de conscientiser les choses, ça m'a bien aidée. Et du coup, pendant les crises, j'ai conscience que c'est une crise qui n'était pas le cas avant. J'ai conscience de ce que je dois améliorer. En fait, ça donne un plan d'action et c'est ça qui est motivant aussi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Comme tu l'as dit, en fait, la conscientisation, c'est le premier pas d'un long chemin. Qu'est-ce que tu aimerais dire ? aux autres personnes qui souffrent comme toi d'hyperphagie et qui sont soit comme toi dans un parcours de prise en charge ou au contraire à l'autre partie qui n'ose pas aller consulter ?
- Speaker #1
Je dirais à celles qui n'osent pas aller consulter, moi c'était le cas pendant des années. En fait, on ne fait que retarder le problème et il faut se dire qu'on s'ajoute des problèmes dont on n'a même pas conscience dans notre corps et dans notre cerveau, dans notre inconscient. Je pense vraiment qu'il faut se motiver à... Un peu se faire violence, se dire je vais reprendre ma vie en main parce que personne ne va le faire à notre place et que nous on n'est pas bien, d'accord on n'est pas bien mais il faut agir pour être mieux justement. Donc vraiment se porter à faire un travail sur soi, aussi être indulgente envers soi parce qu'on se culpabilise beaucoup en fait. On se culpabilise d'avoir, après les crises on se sent très mal et même si on sait que c'est de l'hyperphagie, on se culpabilise quand même, c'est limite incontrôlable. Donc ça aussi, faire un travail sur soi. dans la relation avec soi-même, je dirais. Ça peut passer par un travail même spirituel. Moi, c'est ce qui m'a aidée aussi en me recentrant, en recentrant l'essentiel dans ma vie. Et du coup, on remet de l'ordre dans sa tête et ça permet de se motiver, de vouloir s'améliorer. Et donc forcément, ça motive aussi pour ça, pour régler ce problème.
- Speaker #0
D'accord. Justement, comme tu as parlé de spiritualité, toi, ça t'a aidée ? De quelle manière la spiritualité a mieux géré tes crises d'hyperphagie ?
- Speaker #1
Ça m'a aidée à prendre du recul sur mes problèmes, on va dire. C'est vrai que de ce côté-là, on est bien aidée dans la religion musulmane. Ces preuves ont un sens. Moi, je lis beaucoup, en fait. Quand je lis beaucoup à propos de ça, ça me rassure. Ça me rend encore plus sereine par rapport à ce qui a pu se passer dans ma vie. Et surtout, on se rend compte que, pas que c'est rien, mais qu'on peut passer outre et on peut avancer dans sa vie malgré les choses difficiles qu'on a pu vivre, en fait. Voilà, le plus important, c'est la manière dont on va avancer à partir de maintenant, à partir du moment où on en prend conscience.
- Speaker #0
D'accord, ça te permet de sortir du fatalisme, en fait, de dire, il n'y a rien qui est fatal, je peux agir dans mon quotidien.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #0
D'accord. Je te remercie, Mina, avant de nous quitter, je te laisse le mot de la fin.
- Speaker #1
Moi, je te remercie, toi, justement, de mettre des mots sur ces mots dont on n'est vraiment pas conscient. Ça aide beaucoup, je pense que ça aide. beaucoup de femmes à se rendre compte que ce qu'elles vivent, c'est pas... Déjà qu'elles sont pas seules, parce que c'est vraiment un concept qui existe, dont beaucoup de gens souffrent. Et rien que ça aussi, ça aide à la prise de conscience. Donc je voulais te remercier. Et surtout, j'espère que mes réponses pourront aider certaines femmes comme moi, j'ai été aidée.
- Speaker #0
J'en ai aucun doute. En tout cas, ça me fait très plaisir ce que tu me dis aujourd'hui. Encore une fois, vraiment, merci, merci pour ton témoignage. Parce que j'en ai aucun doute que ça va aider plusieurs personnes, que ce soit hommes ou femmes qui sont atteintes d'hyperphagie, d'entendre la voix non pas d'un professionnel de santé, mais de quelqu'un. qui est atteint d'hyperphagie, ce n'est pas la même chose, ce n'est pas le même angle, et je pense que c'est intéressant dans ce sens-là. En tout cas, Amina, merci, et je te souhaite le meilleur pour la suite.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
J'espère que ce témoignage vous a été utile. N'hésitez pas à le partager à une personne concernée par l'hyperphagie. Je vous dis à bientôt pour un prochain épisode, et d'ici là, prenez soin de vous et de votre santé.