Speaker #0Bienvenue dans Tips Santé, la série d'épisodes où je vous donne des conseils rapides et pratiques pour améliorer votre bien-être et votre santé au quotidien. Toutes les deux semaines, entre deux épisodes classiques, retrouvez-moi pour un mini conseil santé conçu pour s'intégrer facilement à votre routine. Que vous cherchiez à adopter de nouvelles habitudes alimentaires, à améliorer votre forme physique ou à trouver des astuces pour réduire votre stress, cette série de tips vous fournira des conseils simples et efficaces. Bienvenue à bord ! et préparez-vous à découvrir des conseils qui auront un impact positif sur votre santé et votre bien-être à chaque épisode. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Tips Santé. La semaine dernière, j'ai partagé avec vous le témoignage de Nivine, atteinte d'endométriose. Si vous l'avez écouté, vous avez pu entendre les répercussions que ça peut avoir sur la vie sociale, et notamment pour elle, la vie scolaire, et plus généralement, la vie professionnelle. Donc c'est le quotidien, au final, de beaucoup de femmes qui sont atteintes d'endométriose. ou plus généralement aussi si on veut élargir atteinte de maladies chroniques, c'est-à-dire de devoir compenser avec leur pathologie et leur vie au travail. Ce qui concerne l'endométriose, je vous renvoie à l'épisode complet, si vous ne l'avez pas encore écouté, c'est l'épisode 144. Et aujourd'hui, je voulais aborder ce sujet sous un autre angle qu'on aborde beaucoup moins, à savoir l'endométriose et le travail et de voir comment aménager votre vie professionnelle si vous êtes atteinte d'endométriose. Donc... Quelques chiffres avant de commencer pour que ça soit plus parlant. Alors pour rappel, l'endométriose ça touche une femme sur dix en âge de procréer. Il y a 70% des femmes atteintes d'endométriose qui ont des douleurs chroniques invalidantes et il y a 53% de ces femmes qui notent une vraie diminution de leur capacité de travail. Donc c'est plus de la moitié et pourtant ce problème n'est pas encore, petite parenthèse, c'est mon avis et ça n'engage que moi, donc je trouve que ce problème n'est pas encore reconnu à juste titre. Soit c'est tabou. soit c'est minimisé, soit les femmes atteintes continuent de bosser en gardant tout ça sous silence. Et au niveau étatique, ce n'est pas mieux reconnu en fait. Enfin bref, je ne suis pas président de la République ni ministre de la Santé pour pouvoir y changer quelque chose, car au niveau santé, il y aurait plein de choses à changer. Le coût de carrière, pour le coup, c'est dans ce domaine qu'il faudrait le passer. Mais bon, passons. Donc, à ma petite échelle, on va voir dans cet épisode déjà pourquoi l'endométriose complique autant le travail et surtout quels sont vos droits. et les leviers concrets que vous pouvez activer. Donc première chose à comprendre, l'endométriose déjà, c'est pas, là c'est pour l'entourage, c'est pas juste des règles douloureuses. C'est une maladie chronique qui peut impacter le travail de plein de façons différentes. Donc il y a bien sûr les douleurs physiques. Donc rester assise longtemps, changer de position, rester debout de façon prolongée, etc. Ça peut être autant de problématiques au cours de la journée. Il y a aussi la fatigue chronique qui accompagne l'endométriose et qui n'est pas toujours... améliorer même avec une bonne nuit de sommeil. Il y a aussi les troubles digestifs, les troubles urinaires qui peuvent demander des allers-retours fréquents aux toilettes, que ce soit en réunion ou sur un autre poste. Le premier qui me vient, c'est une caissière au supermarché. Donc, ça peut être compliqué. Et il y a aussi quelque chose qu'on évoque encore moins, c'est l'impact cognitif de la maladie, c'est-à-dire concrètement les difficultés à se concentrer, les difficultés à tenir un certain rythme. Tout ça, en fait, ça fait partie, en tout cas, ça... peut faire partie de la maladie, car on l'a vu dans l'épisode 144, toutes les endométrioses ne sont pas pareilles, ni n'ont les mêmes symptômes. Il y en a des plus sévères, il y en a aussi des moins sévères, fort heureusement. Bref, tout ce packaging-là, il est de facto difficile à vivre. Et ça peut aussi, en plus, cercle visseux, entretenir un certain stress professionnel, le stress de ne pas être à la hauteur, la culpabilité autour des absences et des arrêts de travail répétés et imprévus par rapport aux collègues, les difficultés relationnelles que ça peut parfois engendrer. ça peut arriver que les collègues ne soient pas compréhensifs, etc. Donc, quoi faire concrètement ? Première chose, et c'est la plus importante, il faut bien que vous vous dites que vous n'êtes pas seul. Il y a des dispositifs, même si c'est encore une fois insuffisant, mais bon, ça, ça relève de la politique, donc passons. Il y a quand même des dispositifs, on le fait avec ce qu'on a, qui peuvent accompagner et que beaucoup de femmes ne connaissent pas. Ça, moi, je le vois dans ma pratique quotidienne que certaines femmes ne connaissent pas certains de ces dispositifs. Il y a déjà votre médecin du travail, si vous êtes salarié, ça bien entendu. Avant même votre employeur, j'aurais envie de vous dire de faire un point avec votre médecin du travail qui est votre premier interlocuteur. Vous pouvez le solliciter soit lors de votre visite d'embauche et lui en parler, en profiter pour lui en parler, ou lors d'une visite occasionnelle à votre demande. C'est lui qui va évaluer l'impact de votre maladie sur votre poste et vite vers ça, parce que votre poste peut aussi avoir un impact sur la maladie. Et il peut dans certains cas, si c'est faisable, parce que ce n'est pas toujours le cas, des fois il y a des entreprises où ce n'est pas faisable, proposer des aménagements de postes qui peuvent prendre plusieurs formes selon votre profession. Je donne des exemples pour que ce soit plus parlant. Ça peut être du télétravail, si l'activité s'y prête pour les « mauvais jours » . Ça peut être des horaires décalés, des horaires adaptés, une réduction de la charge de travail pendant les périodes de crise, des pauses régulières intégrées dans votre journée de travail, ou encore du matériel adapté, si par exemple vous restez longtemps debout ou longtemps assise. Ça peut être... je sais pas, une chaise de bureau ergonomique, un tabouret, un repose-fesses, comment on appelle ça, etc. Bref, ça c'est juste des exemples, il n'y a pas que ça. Deuxième levier que vraiment très peu de femmes connaissent, c'est la RQTH. Qu'est-ce que ça veut dire la RQTH ? Ça veut dire reconnaissance de la qualité de travailleurs handicapés. Je sais que le mot handicap fait peur, a une colocation négative. Il est difficile à accepter quand on parle d'endométriose, mais il ne faut vraiment pas s'arrêter au terme. D'ailleurs, on parle de plus en plus de personnes en situation de handicap. Mais voilà, ça s'appelle comme ça, il faut faire avec. Il ne faut pas s'arrêter au terme, mais plutôt voir la finalité de cette reconnaissance qui ouvre des droits concrets en fait. Donc une possibilité de financement. pour des aménagements de postes, que ce soit matériel ou pas, une protection renforcée, l'accès à un accompagnement spécifique en cas de reconversion professionnelle, etc. Donc, bien entendu, elle est quand même accessible sous certaines conditions, vous vous en doutez bien. C'est votre médecin traitant qui initie la démarche avec vous en faisant le certificat médical. Et pour la partie non médicale, vous pouvez vous faire accompagner d'un employé de la MDPH. Donc, MDPH, ça veut dire Maison Départementale des Personnes Handicapées, qui pourra vous aider à remplir votre partie. Troisième chose, si vous avez... eu par exemple une chirurgie ou un arrêt de travail prolongé, pensez à en parler avec votre médecin traitant pour pouvoir bénéficier d'un mi-temps thérapeutique. On va plutôt parler de temps partiel thérapeutique parce que ça peut être un mi-temps, ça peut être moins, ça peut être plus. C'est-à-dire de reprendre le travail. Dans l'exemple que je vous ai donné, c'est à mi-temps, donc à mi-temps avec un maintien partiel de vos indemnités par la sécu et ça permet une reprise en douceur et d'augmenter le temps de travail progressivement. Donc ça, c'est un dispositif qui vous permet de reprendre à temps plein. Ce n'est pas pour travailler à mi-temps tout le temps. Sinon, on parle d'un autre dispositif qui s'appelle l'invalidité première catégorie, qui permet de travailler 70% d'un temps complet et d'avoir une compensation financière, une pension d'invalidité pour les 30% restants. Mais ça pareil, il y a des conditions bien particulières, c'est une demande qui se fait directement à la Sécurité sociale et vous n'êtes pas sûr d'être accepté. Mais voilà, c'est bien de savoir que ça existe pour les endométrioses les plus invalidantes. Donc voilà, revenons au temps partiel thérapeutique. Donc le temps partiel thérapeutique, c'est votre médecin traitant qui vous le prescrit. Et c'est votre médecin du travail qui en décide des modalités conjointement avec vous et votre employeur. Et ce mi-temps, il est quand même soumis à l'acceptation de la sécurité sociale et de votre employeur. Sachez que l'un ou l'autre peut refuser et du coup, vous pouvez ne pas pouvoir y accéder. Et enfin, pour toutes celles dont le poste finit par devenir incompatible avec la maladie, c'est des cas qui peuvent arriver malheureusement, la reconversion professionnelle, ça peut être une option à envisager. Et ce n'est pas, même si c'est facile à dire, ce n'est pas à vivre comme un échec. Même s'il y a un certain deuil à faire, et pour ce deuil, je vous conseille fortement de vous faire accompagner avec un psychologue du travail, que vous pouvez trouver dans votre structure de médecine du travail directement, ou bien en libéral à vos frais. Il faut vraiment voir la reconversion professionnelle comme une adaptation de votre métier à votre état de santé. Et pour ça, il y a ce qu'on appelle des conseillers en évolution professionnelle qui peuvent vous aider. Il y en a dans chaque région, donc faites une petite recherche Google. à ce sujet-là. Et si vous avez la fameuse RQTH dont on a parlé tout à l'heure, donc reconnaissance de la qualité de travail handicapé, vous pouvez pareil avoir un conseiller en évolution professionnelle de Cap Emploi. Donc c'est un organisme particulier qui peut vous accompagner et qui prend en compte vos spécificités de santé, en regardant vos capacités restantes. Donc voilà, et puis après vous pouvez aussi vous faire accompagner par quelqu'un de France Travail. Ça c'est vraiment comme vous préférez. Et enfin, si vous vous en sentez capable et que votre entourage professionnel est plutôt bienveillant, Ça arrive des fois. Essayez aussi de votre côté, si vous êtes dans une période difficile, d'anticiper dans la mesure du possible. Évidemment, ce n'est pas toujours anticipable. Par exemple, c'est d'en parler à votre manager, si vous en avez un, votre supérieur hiérarchique, si vous en avez un aussi. Pas forcément de l'endométriose à proprement parler, ni en détail, si vous n'êtes pas à l'aise avec ça, mais au moins de ce dont vous avez besoin concrètement. Par exemple, c'est pour citer des exemples, pour que ça soit plus parlant, travailler en binôme sur certains projets quand c'est plus difficile pour vous. d'avoir des points réguliers pour ajuster la charge de travail, d'avoir la possibilité de prendre une pause quand vous sentez que la douleur, elle monte. En fait, c'est des petites choses comme ça, à droite, à gauche, mais qui peuvent vraiment aider au quotidien. Et si votre entourage professionnel, il ne comprend pas, parce que oui, tout le monde n'est pas compréhensif, d'autant plus que l'endométriose, ça ne se voit pas extérieurement, en tout cas, ça fait partie des maladies, entre guillemets, dites invisibles. Donc là, prenez... contact avec, par exemple, des associations comme EndoFrance qui, eux, proposent des ressources pour sensibiliser les employeurs sur l'endométriose. Parce que souvent, le problème, bon, il y a des gens, c'est des abrutis finis et on ne peut rien faire, mais il y a aussi des gens par incompréhension qui n'agissent pas comme il le faudrait et sur ça, heureusement, on peut agir avec de la sensibilisation. Pour finir, ce que j'aimerais que vous reteniez de cet épisode, c'est ça. Vous avez des droits, vous avez certains leviers, même si insuffisants, mais c'est toujours ça et vous n'avez pas à choisir entre votre santé et votre vie professionnelle. Parfois, on peut faire des petits aménagements. Ce n'est pas facile par contre. Moi, je ne veux pas vous vendre du rêve. Ce n'est pas facile, ce n'est pas linéaire. Il y a des montagnes russes, mais il y a quand même des solutions qui existent. Donc, c'est quand même bien d'essayer de ce côté-là. Donc, commencez par votre médecin du travail. C'est le premier pas, en plus des structures et des associations spécialisées autour de chez vous et bien entendu de l'accompagnement médical par votre médecin et votre spécialiste, votre gynéco. Merci d'avoir écouté cet épisode de Tips Santé. Pour d'autres conseils santé, abonnez-vous. Prenez soin de vous, de votre santé et à bientôt !