- Speaker #0
Bonjour chères auditrices, chers auditeurs et bienvenue dans mon Pas de Côté, le podcast qui met en valeur l'expérience et l'audace de celles et ceux qui ont osé. Je m'appelle Dine, je suis psychologue certifiée en analyse transactionnelle et en coaching. J'accompagne les parcours de vie depuis déjà une dizaine d'années. Et depuis peu, j'ai créé l'écosystème Mon Pas de Côté. Tu y retrouveras le podcast, la newsletter et très prochainement, des week-ends pensés comme des retraites. confidentielle et immense en pleine nature. Et pour le moment, je te laisse le plaisir de découvrir le nouvel épisode de Mon Pas de Côté. Belle écoute !
- Speaker #1
Bonjour Anaïs ! Bonjour Ondine ! Comment vas-tu ? Ça va, ça va, avec un peu de soleil ce matin du coup.
- Speaker #0
Ouais ! Écoute, je suis ravie de te recevoir ce matin au début de semaine pour cet épisode de mon Pas de Côté. Et dans un premier temps, si tu es d'accord, serais-tu en disposition pour te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors je m'appelle Anaïs, du coup j'ai 32 ans, je suis maman de deux petits garçons en bas âge encore.
- Speaker #0
Et de quel âge ?
- Speaker #1
Un an et demi et trois ans, donc très rapprochés. J'ai plusieurs métiers, donc je suis opticienne, optométriste, audioprothésiste et je suis également enseignante dans les deux domaines, dans l'optique et dans l'audioprothèse. Et à côté, je donne des formations auprès des professionnels en audioprothèse. Voilà.
- Speaker #0
Alors, tu as dit audioprothésiste et ?
- Speaker #1
Optométriste.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que c'est ? Je ne connais pas ce métier.
- Speaker #1
Alors, c'est normal que tu ne connaisses pas parce que c'est une formation qui vient après le BTS Opticien Lunetier. On passe par une licence, ensuite par un master à la faculté d'Orsay. Généralement, c'est celle qui fait le master. Et c'est un métier qui n'est pas reconnu par l'État, en fait. Donc, on est diplômé d'État, mais on n'est pas reconnu. C'est-à-dire que si on s'intéresse un petit peu à ce qui se fait chez nos voisins, les Belges ou en Espagne, l'ophtalmo, lui, va pouvoir diagnostiquer les maladies, il va pouvoir donner des traitements, il va pouvoir opérer. Mais l'optométriste, lui, il est là pour prescrire des lunettes et adapter en lentilles. En France, aujourd'hui, ce n'est pas possible pour un optométriste de faire ça parce que la France ne reconnaît pas le métier. et donc pour vous Généralement, les optométristes se retrouvent à travailler comme des opticiens, comme des assistants ophtalmo. Tu sais, on voit un peu pousser un peu tous les cabinets d'ophtalmologie, on a une batterie de tests avant. L'optométriste fait ce métier-là, mais n'est quand même pas reconnu. Il est plutôt là comme assistant médical. Et d'ailleurs, ça fait partie des raisons pour lesquelles j'ai pris la décision de me réorienter. Parce que moi, j'ai eu la chance de pratiquer le métier d'optométriste en Suisse. Donc, j'ai vraiment adoré mon métier. J'étais prescripteur. Je travaillais dans un petit cabinet. Et je suis rentrée en France et je suis redevenue opticienne, ce qui est un très beau métier. D'ailleurs, humainement, je préfère être opticienne qu'audioprothésiste. Et quand j'ai vu que je n'étais pas reconnue, que le métier d'opticien Ça s'était un peu dégradé.
- Speaker #0
Tu expliques ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si tu te souviens, à un moment donné, il y avait eu un reportage qui avait fait un peu le buzz à l'époque, mais c'était bien avant la hype des réseaux sociaux. Il y avait eu un reportage qui avait mis en scène un peu toutes les fraudes à la mituelle.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Et à partir de là, on entendait... partout, même en boutique, que nous étions des voleurs. Et malheureusement, le métier, pour moi, il n'a fait que se dégrader par la suite parce qu'on ne travaillait plus comme opticien. On était devenus agents administratifs, c'est-à-dire qu'on ne venait plus nous voir pour nous dire « moi, j'aimerais un équipement comme ça ou un équipement comme ça » . On venait nous voir, on nous dit « moi, je veux rentrer dans les frais de ma mutuelle » . Il n'y avait plus cet échange technique, si tu veux. Et même en atelier, derrière, pour tout ce qui est montage des lunettes, de plus en plus, ça s'industrialisait. On recevait des verres télé-détourés. Ça veut dire quoi,
- Speaker #0
ça ?
- Speaker #1
On reçoit le verre déjà taillé. Nous, tout ce qu'on a à faire, c'est de le mettre dans la monture. Ce que n'importe qui pouvait faire maintenant, en réalité, sans vraiment avoir besoin de la formation. Il suffit de tourner une vis ou savoir qu'il y a un verre dedans. Je pense que la plupart des Français aujourd'hui, ou même dans le monde des personnes, s'ils perdent leurs lunettes, ils essayent par eux-mêmes de le remettre. Donc, ça n'avait plus de sens à mon goût.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Mais ce qui m'a triste encore plus, c'est que l'audioprothèse est en train de suivre ce chemin. Elle est en train de suivre ce chemin, malheureusement.
- Speaker #0
OK. Et il y aura des choses à faire, tu crois ?
- Speaker #1
En optique, des choses ont été un peu plus cadrées d'un point de vue administratif, c'est-à-dire que les mutuelles ont beaucoup plus serré les vis. Là où avant, on avait des forfaits de 800 euros, faites-en ce que vous en voulez, aujourd'hui, c'est plus cadré. C'est-à-dire qu'on a un forfait de 100 euros pour la monture, tant de forfaits par verre. La démarche, du coup, elle est beaucoup plus longue dans la demande de prise en charge. Et donc, tu passes plus de temps, finalement, à faire de l'administratif pour un peu réguler la fraude.
- Speaker #0
Et du coup, toi, comment tu retrouves du sens aujourd'hui là-dedans ?
- Speaker #1
C'est tout mon problème, dans le sens où aujourd'hui, j'ai cherché à trouver du sens dans l'enseignement, dans la formation.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. OK.
- Speaker #1
Mais je trouve que le métier d'audioprothésiste, là, pour le coup, je ne sais pas si tout le monde sait ce que c'est, mais on appareille les personnes qui ont des déficiences auditives, des surdités. Il s'est énormément dégradé, mais pour une raison de fraude à la mutuelle et à la sécurité sociale, mais pour une autre raison également. Mais pour moi, le métier d'audioprothèse va encore plus aller en déclin par rapport à l'optique.
- Speaker #0
Ah oui, pourquoi ?
- Speaker #1
Si tu veux, le métier d'audioprothèse, c'était un peu une niche. C'est-à-dire que c'était un métier où on ne pouvait y avoir accès que par concours à mon époque. On était ensemble pour avoir 20 places par école. En plus du peu de place qu'il y avait, on avait trois chances dans une vie, dans le sens où il y a cinq écoles. Si dans une année X, on se décide de présenter le concours à l'école à Paris, à Nancy et à Rennes, on ne pouvait plus jamais être audioprothésiste dans la vie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'était très sélectif. Oui,
- Speaker #0
j'entends ça.
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de travail. Maintenant, ce numerosus clausus qui était quand même assez sévère. poser problème sur le terrain. Il n'y avait pas assez d'audioprothésistes pour couvrir le besoin, pour couvrir la demande. Il y a eu une formation qui s'est ouverte en Espagne où on pouvait accomplir des études sur deux ans, pas sur trois, comme en France, sur deux ans. Et en venant en France, en présentant un dossier auprès d'une commission et en faisant quelques stages, on devient reconnu en France comme audioprothésiste. Donc là, le souci qui s'est posé, c'est qu'aujourd'hui, la tendance est inversée. Il y a beaucoup plus d'audioprothésistes que de besoins. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans le secteur de Paris, c'est saturé. On ne peut plus trouver du travail comme audioprothésiste. Mais où est-ce que ça pose problème ? C'est qu'aujourd'hui, les audioprothésistes sur le terrain ne sont pas assez formés. Et si tu interroges... 70% des personnes âgées ou des personnes qui sont porteurs d'appareils auditifs, ils vont répondre qu'ils ne sont pas satisfaits de leur appareillage. Alors, on ne peut pas jeter la pierre que sur les marques d'appareils, finalement, même avec le meilleur appareil du monde, c'est l'audioprothésiste qui fait le travail. Et aujourd'hui, il y a clairement un manque de compétences. Il y a un grand manque de compétences. C'est pour ça que je vois que l'audioprothèse va devenir encore plus en déclin, dans le sens où... où on va se retrouver dans une situation où même les porteurs ne vont pas aller dans ce sens-là, ne vont pas chercher à porter parce qu'ils vont se dire « ce n'est pas efficace, pourquoi j'irais faire ça ? » C'est contraignant. Porter un appareil auditif, ça reste quand même assez péjoratif dans notre société. Ça fait très sénile, très personnalisé. Malgré que les fournisseurs ont tout fait pour sortir des choses très discrètes, très performantes, le retour sur la population aujourd'hui, c'est qu'ils ne sont pas satisfaits de leur appareillage.
- Speaker #0
Eh bien, tu es dans une situation en ce moment particulière, c'est ça que j'entends, quant à ton métier, à ta passion dans ce que tu faisais et ta façon de pouvoir l'exercer aujourd'hui. Tout à fait.
- Speaker #1
Et justement, ce que tu viens exactement de dire, ce qui ne me pose pas problème dans tout ça, c'est que ce n'est pas ma passion. Donc, je n'ai pas de souci à papillonner.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
J'aime ce que je fais quand je pratique mon métier et surtout que je suis dans des relations, je suis dans le paramédical. Donc, forcément, j'ai affaire à des personnes. Quand je m'occupe d'un patient, je le fais comme si c'était moi ou un membre de ma famille. Je tiens à avoir cette satisfaction à ce que mon patient sort de mon cabinet en étant satisfait. Je me forme pour, j'ai appris pour. Et c'est vrai que ça vient de ma formation, certes, diplomate, mais derrière, j'ai toujours cherché à contacter les fournisseurs, à me former, à voir les nouveautés. Mais ce n'est pas ma passion, quelque part.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, alors, peut-être que j'ai ma petite... Oui, j'ai vu. Mon petit chat. du coup toi alors on va peut-être revenir sur ta passion mais toi tu viens d'où alors ? c'est à dire ? comment t'as grandi ? comment t'as évolué ? avec quelle valeur t'as pu t'intégrer dans le monde ?
- Speaker #1
oui je suis née en France c'est très particulier je suis née en France à Meudon dans le 92 Où est-ce que... et pourtant j'ai passé les dix premières années de ma vie au Maroc.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ouais. Donc après, on est venu en France, donc j'ai été élevée par une maman célibataire avec mon frère.
- Speaker #0
C'est toi l'aîné ?
- Speaker #1
Alors c'est lui le plus petit, mais à taille c'est lui le plus grand. Et on n'a pas beaucoup d'âge de différence, on a quinze mois de différence.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Et comme mes enfants.
- Speaker #0
C'est fou !
- Speaker #1
C'est très curieux parce que c'est ce que je me pose en ce moment comme question, c'est que j'ai gardé énormément de valeur, même de tradition et j'y tiens. Et en même temps, j'ai grandi avec une culture française quelque part. Donc, on va dire que je souffre un peu de ce syndrome où je ne sais pas trop me positionner.
- Speaker #0
D'accord. Donc, tu te retrouves… Coincée entre quoi et quoi finalement ?
- Speaker #1
Entre ma culture de naissance, c'est-à-dire que malgré que je suis née en France, finalement ma culture de naissance c'est celle que j'ai acquis au Maroc et la culture que j'ai acquise ici derrière.
- Speaker #0
Alors quelles sont les différences entre les deux pour toi ?
- Speaker #1
Je ne saurais pas te dire comme ça, mais par exemple je parlais avec... Avec mon mari de ça hier, il me disait « mais toi, on ne sait pas trop où te mettre. Est-ce que tu es vraiment, on va dire, ce qu'on appelle aujourd'hui la vraie petite maghrébine qui vient du bled ou la française qui n'a rien à voir avec la culture, on va dire, orientale ? » Donc même dans mon entourage, on n'arrive pas trop à me situer et ça représente totalement ce que je suis. C'est-à-dire que dans certains aspects de ma vie, je vais plutôt agir avec une culture que j'ai acquise à ma naissance. Et dans d'autres aspects de ma vie, je vais agir avec une culture que j'ai acquise ici.
- Speaker #0
C'est comment alors de grandir au Maroc ? Tu étais où au Maroc ?
- Speaker #1
Alors, j'étais chez ma grand-mère.
- Speaker #0
Oui, mais dans quelle ville ?
- Speaker #1
J'étais près de Casablanca, dans une petite ville qui s'appelle Mohamedia.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, j'ai grandi quelque part dans une maison familiale avec beaucoup de cousins, beaucoup de cousines. Tu vois. Je vais te prendre un exemple très concret, une différence que je vois même actuellement qui existe pour moi encore. C'est qu'au Maroc, le côté amitié n'existe pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce n'est pas quelque chose de péjoratif, mais les familles sont tellement grandes qu'on apprend à faire de nos cousins, de nos cousines, nos amis. Ce que j'ai acquis ici et que j'adore, c'est que ma famille devient mes amis. Je suis très, très attachée à mes amis. J'ai grandi avec eux, je me suis mariée avec eux et je ne peux pas me voir plus loin dans ma vie sans eux quelque part. C'est-à-dire qu'à mes naissances, elles étaient là. Et ça, ça a été très choquant quand je rentrais les étés au Maroc. Je sais que certaines personnes n'arrivaient pas à comprendre dans mon entourage les liens que j'avais avec l'amitié. Pour eux, c'était des camarades. Il n'y a pas ce sens d'amitié.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Oui, c'est très curieux. Pas parce qu'ils trouvent qu'avoir des amis, c'est pas bien. C'est parce que leurs amis, c'est leur famille.
- Speaker #0
C'est ça, il y a le clan.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ouais, le clan familial.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ah, donc ça, c'est la valeur de l'amitié que tu as découverte plus tard ?
- Speaker #1
Pas si tard que ça, finalement, parce qu'on va dire que je suis arrivée, j'étais en CM2.
- Speaker #0
Au collège ? Oui,
- Speaker #1
voilà, au CM2.
- Speaker #0
Tu as découvert ça à ce moment-là ? Oui,
- Speaker #1
mais je pense que c'est au collège que les... Aujourd'hui, mes amis que je garde autour de moi, je les ai connus au collège, d'autres au lycée, et c'est celles avec qui je grandis, donc forcément, à 32 ans, ça devient un peu une famille.
- Speaker #0
Donc finalement, t'as grandi avec la valeur famille.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et avec la valeur amitié.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est fort, donc c'est ça que je comprends.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et alors justement, c'est comment de grandir dans cet environnement familial très vaste ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Avec tous ses cousins, toutes ses cousines. Et puis, c'est quoi finalement la culture marocaine ?
- Speaker #1
Ça va être très cliché ce que je vais dire, mais...
- Speaker #0
Les clichés viennent bien de quelque part.
- Speaker #1
Oui, mais on va dire que ça va être surtout l'hospitalité.
- Speaker #0
Ah, l'hospitalité, oui.
- Speaker #1
C'est quelque chose qui est ancré en nous. On adore recevoir. Et quand on reçoit, c'est vraiment avec le cœur. Et par exemple, il m'est arrivé d'accueillir mes amis. Avec moi, quand j'étais plus jeune, pendant les vacances d'été dans ma famille, du coup au Maroc, parce que nous, tous les étés, on y était. Et elles étaient mises sur un piédestal. Elles s'étaient très chouchoutées. Elles avaient la meilleure chambre, leurs anniversaires. Même les cousins qui ne travaillaient pas, qui n'avaient pas forcément d'argent, avaient acheté des cadeaux pour l'anniversaire de la personne en question. Donc, c'est vraiment quelque chose. quand je vois quand je vois Quand j'ai vu mes cousins qui avaient mon âge, on avait 14 ans, 15 ans, donc pas trop de sous, pas trop de moyens finalement, c'est que leur argent de poche. Ils utilisaient cet argent de poche pour faire plaisir à la personne, pour accueillir la personne. Je me dis que c'est vraiment quelque chose qui est ancré.
- Speaker #0
Une très forte générosité en fait.
- Speaker #1
Exactement, oui, exactement.
- Speaker #0
Et justement, en évoluant en France par la suite, qu'est-ce que tu as pu observer toi ? Qu'est-ce que ça t'a donné la France ?
- Speaker #1
Ça m'a donné, je pense, ce que moi j'aimerais donner à mes enfants. Et pour moi, aujourd'hui, la clé fondamentale de la rééducation, et j'espère que je vais y arriver, c'est l'ouverture d'esprit. C'est-à-dire accepter tout le monde tel qu'il est. Et je pense qu'on ne peut pas avoir cette ouverture d'esprit-là tant qu'on n'est pas confronté à des personnes qui nous sentent différentes. Et ça, je n'aurais pas pu l'acquérir au Maroc, parce qu'au Maroc, on ne grandit qu'avec des Marocains. On peut trouver des personnes qui sont d'autres pays, d'autres cultures, d'autres origines. Oui, il y en a, mais ce n'est pas, on va dire, 100% de notre entourage. En France, on est amené à se confronter à d'autres origines, à d'autres cultures au quotidien, au quotidien. À l'école, quand on va faire les courses, Et je trouve que ça, c'est génial parce qu'on arrive à tous vivre ensemble, même si en réalité, on voit que ça commence à être un peu compliqué d'un point de vue politique. Mais quand même, on apprend à être amis avec d'autres personnes qui n'ont pas d'autre culture et à s'ouvrir et à accepter les autres, même s'ils n'ont pas la même culture que nous, même s'ils ne sont pas comme nous. Et je trouve que ça, c'est juste incroyable.
- Speaker #0
Ça rejoint l'hospitalité.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est vrai. C'est vrai. Ça rejoint l'hospitalité, mais l'hospitalité, on va dire, quand on accueille un invité, c'est un certain temps.
- Speaker #0
Oui, oui, mais tu vois, d'accueillir l'autre, d'aller à sa rencontre et d'accueillir la diversité, en fait. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai.
- Speaker #0
Ça rejoint, tout le temps. Si tu l'étends, tu vois, de façon plus large.
- Speaker #1
Moi, je trouve qu'il y a quand même une légère différence dans le sens où aujourd'hui, c'est des personnes avec qui on vit.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je vais prendre, je te parlais de l'amitié. Mais moi, j'ai grandi avec une amie à moi qui n'a pas la même religion que moi, qui n'a pas la même culture que moi. Et pourtant, on a été amis toute notre vie jusqu'à aujourd'hui, depuis le collège. Au fait qu'elle pratique, je lui souhaite. Au fait que je pratique, moi, elle me souhaite. Donc, ça, c'est un quotidien. L'invité, il va rester là à un certain moment. On va être heureux de le recevoir, mais on n'aura pas l'occasion de vivre certains moments clés avec lui. respecter cette vie-là. C'est plutôt nous qui faisons découvrir notre culture et notre hospitalité. C'est cette différence que je vois.
- Speaker #0
Et c'est là que se joue la finesse.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Ok. Eh bien, on parle de choses importantes là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et de l'humain.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De l'humain avec un grand H. Et toi, alors, quand tu te regardes enfant, t'auras envie de te dire quoi aujourd'hui ? Si tu pouvais aller à la rencontre de l'enfant que tu étais, qu'est-ce que t'auras envie d'aller lui dire ?
- Speaker #1
C'est bête, mais je pense que je dirais il ne faut jamais dire jamais.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Tout ce que je disais, jamais je ne ferai ça, en fait, j'ai fait tout le contraire. J'ai fait exactement ce que j'ai dit que je n'allais jamais faire.
- Speaker #0
Comme quoi, par exemple ?
- Speaker #1
Moi, je disais toujours, tous mes étés, jamais je ne ferai autrement. Je viendrai toujours au Maroc. Là, j'y vais tous les ans, même plusieurs fois dans l'année. Mais je passe pas moins d'été là-bas. Ça sera pour un week-end, pour une semaine. Et ça, j'aurais jamais cru dire ça, par exemple. J'aurais jamais, à moi enfant ou à moi adolescente, j'aurais jamais pu penser que j'allais être comme ça.
- Speaker #0
Le mouvement.
- Speaker #1
Ouais, exactement. Exactement.
- Speaker #0
Alors, tu fais quoi maintenant, l'été ?
- Speaker #1
Maintenant, je suis maman. Mais donc, les étés précédents, on va dire, avant que... je rencontre mon mari, je voyageais énormément avec mes copines. C'est-à-dire que tous les étés, je partais avec un groupe d'amis, un autre groupe d'amis, encore un autre groupe d'amis. Et maintenant, j'essaie de voir un peu ma famille, de voyager avec mes enfants tout en gardant des petits week-ends ou des petites semaines avec mes amis. Et du coup, l'une des choses que je... que je vais... peut-être pas transmettre à mes enfants, c'est cette culture de tous les étés, on va au Maroc ou on va en Algérie, puisque mon mari il est algérien, ça fait que c'est quelque chose que je ferais.
- Speaker #0
Et tu vois, il y a une différence entre le Maroc et l'Algérie, tu dirais que, comment tu te nourris de la culture algérienne de ton mari ?
- Speaker #1
Mon mari n'a pas beaucoup, enfin, ne pratique pas beaucoup la culture algérienne. C'est vrai ? Oui. Mais lui, quand on le voit dans son quotidien, il n'y a rien d'algérien. Mais on va dire que je me suis énormément nourrie de la culture algérienne parce que toutes mes amies le sont. Enfin, une partie de mes amies sont... Enfin, même mes amies les plus proches sont algériennes. Donc, je dirais que c'est à peu près similaire. Oui. Il y a des différences, c'est sûr.
- Speaker #0
Alors moi, j'ai découvert par mon ancien beau-père c'est vrai que L'une des différences, c'était le couscous. En Algérie, il y a le couscous au poisson.
- Speaker #1
Ah non, je crois que c'est en Tunisie, il me semble.
- Speaker #0
Ah non, lui, il était algérien de ville. Je peux te dire, il m'avait fait un couscous au poisson. Et quand je lui ai raconté ça à mes amis marocains, ils m'ont dit « Quoi ? » Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Nous, ce n'est pas quelque chose qui se fait. Oui, au niveau de la nourriture, il y a des choses un peu comme partout, finalement, selon les régions. Même en France, on va voir que selon les régions, il y a différents plats. C'est pas la même chose, finalement. Il y a certaines bases qu'on a tous, c'est-à-dire qu'on va rentrer, on va parler d'un même plat, c'est normal, on va pas le faire de la même façon, c'est un peu ça, mais...
- Speaker #0
C'est très bon, le couscous au poisson.
- Speaker #1
Ah oui, t'aimes bien ? Moi, j'en ai jamais mangé.
- Speaker #0
Ok, et du coup, toi, alors, c'est quoi ton pas de côté ?
- Speaker #1
Mais comme je te disais, d'ailleurs... notre rencontre, j'ai l'impression que moi, toute ma vie, professionnellement, ça a été un pas de côté. Et je suis encore dans un pas de côté actuellement. Là, je sens que, comme je te disais, par rapport à toutes les problématiques liées au métier d'opticienne, d'optométriste et du prothésiste, la formation, ça me plaît, l'enseignement, ça me plaît, ça, il n'y a pas de sujet. Et je pense que... Je pense que c'est quelque chose pour lequel je suis faite, parce que je sais transmettre, je sais comment attirer l'attention d'un public, et garder cette dynamique, parce que c'est la meilleure façon d'apprendre, c'est d'avoir un échange. Ça, je pense que je sais le faire, mais en ce moment, je me cherche un peu, mais dans tout autre domaine. Là, j'ai lancé avec une amie à moi, Reware. Je ne sais pas si je t'en ai déjà parlé ou pas.
- Speaker #0
Vas-y, redis-moi. Parce que tout le monde ne sait pas forcément ce que c'est.
- Speaker #1
De toute façon, ce n'est pas tout neuf. C'est quelque chose qu'on fait depuis qu'on est petite. C'est-à-dire que depuis 2018, on fait ce qu'on appelle des vide-dressing. C'est-à-dire qu'on invite plusieurs amis à nous, nos amis invitent leurs amis et on ramène un peu tout ce qu'on ne met pas, toutes nos affaires qu'on a envie de changer. Et puis, on fonctionne sous le principe du truck ou bien on se revend, mais à petit prix. Et donc, généralement, on fait ça à peu près deux, trois fois par an.
- Speaker #0
C'est top.
- Speaker #1
Oui, c'est super sympa parce qu'on partage quand même un moment convivial. On fait un goûter ensemble, un thé, un café. C'est très sympathique. C'est très girly aussi parce qu'on s'essaye, on prend les avis des unes et des autres. Donc, c'est super sympa. Et on s'était dit, pourquoi pas. pas ouvrir ça à plus de monde. Donc, on a créé des après-midi vide-dressing. D'ailleurs, le prochain a lieu le 29 mars à Paris.
- Speaker #0
Ok. C'est dans quel coin, Paris ?
- Speaker #1
Rue Saint... Attends, je vais te donner l'adresse tout de suite.
- Speaker #0
C'est dans quel quartier ?
- Speaker #1
C'est pas très loin du Marais.
- Speaker #0
D'accord, parce que je l'écrirai plus tard, c'est juste pour savoir dans quel quartier.
- Speaker #1
Ah oui, Je vais te dire ça. plus en détail parce que je ne veux pas dire de bêtises sur l'adresse mais il me semble alors c'est rue Faubourg Saint-Antoine dans le 12ème bon c'est un peu le marais finalement oui et comment vous trouvez vos locaux pour faire ça ? du part-à-part du part-à-part on se présente on explique notre projet donc le but c'est un peu de venir avec son stand enfin nous on prévoit les tables, on prévoit les cintres, on prévoit tout ce qui est portant. Et c'est une journée où il y a des visiteurs qui viennent. Les filles s'échangent entre elles, les exposantes, mais aussi les personnes qui peuvent venir uniquement acheter ou voir ce qu'il en est.
- Speaker #0
Ok, c'est un petit peu un temps Pretty Woman, quoi.
- Speaker #1
Exactement. C'est vrai.
- Speaker #0
C'est sympa. Donc là, justement, vous avez ouvert les portes depuis quand ?
- Speaker #1
Depuis... bat. La vraie première édition qui va avoir lieu, c'est celle-ci, celle du 29 mars. Mais ça fait 3-4 ans qu'on travaille dessus. Merci.
- Speaker #0
Félicitations. Et donc, ça fait partie de tes pas de côté, en fait, de créer ça.
- Speaker #1
Oui, oui. Mais je me cherche aussi un petit peu. Je fais un peu de photos. J'essaye de réfléchir à créer autre chose, un peu plus artistique. Quelque chose qui n'aurait plus rien à voir avec le paramédical.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui. J'ai même réfléchi à faire un podcast, mais je trouve que c'est difficile quand même de se lancer dans le podcast parce qu'il faut avoir une thématique particulière. Et justement, de nouveau, ça va me laisser me sentir renfermée dans quelque chose. Alors que j'aurais aimé un peu discuter, un peu comme ce que tu fais finalement, mais toi tu reviens toujours sur le pas de côté, mais discuter avec un peu de tout. Donc, je réfléchis un peu à tout ça.
- Speaker #0
Oui, tu es en train d'aller contacter ta propre créativité, en fait.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Moi, ce que j'entends dans ce que tu dis, c'est que tu viens quelque part, tu me dis si je me trompe.
- Speaker #1
Oui, dis-moi.
- Speaker #0
De quelque chose de l'ordre de l'entre-soi.
- Speaker #1
Ah oui, complètement en ce moment. Et je vais même te dire ça vient d'où. Quand j'ai accouché de mes deux petits garçons, que ce soit le premier ou le deuxième, j'avais tellement hâte de reprendre le travail. C'était nécessaire. Je crois que pour mon premier, maintenant avec du recul, je trouve que c'est une aberration de reprendre le travail après deux mois et demi. Je ne sais pas comment ça a été pensé, comment ça a été réfléchi. Allez, on se dit qu'il n'y a pas eu de pointe-situure, qu'il n'y a pas eu de césarienne, que tout va pour le mieux. À deux mois et demi, c'est très, très rare un nourrisson qui fait ses nuits.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Comment on peut se lever ? Le cliché, c'est de se dire, je ne peux pas laisser mon bébé de deux mois et demi. On va se dire que le coparent peut derrière garder. Donc, on est un peu plus rassuré quand c'est une personne qu'on connaît. Moi, ça a été le cas. Mon mari a gardé mon premier jusqu'à ses neuf ans. Après, on l'a mis à la cache. On ne peut pas être productive au travail. Ce n'est pas possible d'enchaîner les nuits blanches, de se lever à 7h du matin, de se préparer pour arriver au travail à 8h. Enfin, ce n'est pas visible pour les femmes. Et je n'arrive pas à concevoir ça. Et moi, j'avais hâte de reprendre le travail. Et je l'ai fait avec mes nuits blanches, avec mon allaitement, parce que j'ai quand même allaité mon grand jusqu'à ses 8 mois, je crois, 7-8 mois.
- Speaker #0
Bon, à la fin, j'ai fini en mixte parce que malgré que le travail dans lequel j'étais, il n'y avait pas de souci pour tirer mon lait, il n'y avait pas de problème là-dessus. Mais moi, je travaillais sur rendez-vous. Donc, il suffisait que mes rendez-vous durent plus longtemps. Tu connais ça un petit peu toi aussi quand tu es psychologue. Si tu es obligé de prendre le patient d'après, du coup, tu rates ton moment de tirage et forcément, ta production, elle diminue. Et je pense que j'ai trop vite repris le travail. Avec mon deuxième, ça a été très compliqué après, parce que c'était un bébé RGO. Donc, il n'y avait quasiment pas de sommeil. J'ai un souvenir au plan d'enfance. Je pense que sur les trois semaines, j'ai dû dormir. Ça paraît irréel, mais j'ai dû dormir à les 9h, 10h sur les trois semaines. Et j'ai quand même repris le travail. Je pense que je suis arrivée à un moment où j'étais épuisée.
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #0
Épuisée. Donc, moi qui étais tellement carriériste et j'ai atteint certains postes que je voulais tellement et j'ai arrêté pendant la période d'essai parce que je n'avais plus l'énergie et ce n'était plus possible. Ce n'était plus possible. Et je pense que là, comme tu disais, j'arrive à un moment où je me recentre sur moi. Mes bébés, ils ont grandi. Ils ne font toujours pas leur nuit, d'ailleurs. Je tiens à juste m'y aller. Ils ne vont toujours pas la nuit. À trois ans, mon grand se réveille toujours toutes les nuits. Le petit, un an et demi, pareil. Et là, je me dis, là, c'est bon. La carrière, c'est une chose, mais je pense que la santé, c'est plus important.
- Speaker #1
Si tu n'as pas la santé, malheureusement, c'est difficile que le reste suive.
- Speaker #0
Ah oui, évidemment. En fait,
- Speaker #1
quand le corps ne fait pas de bruit, il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En ce moment, mon corps, il fait du bruit, tu vois, je m'en rends bien compte la nuit. La journée, je ne m'en rends pas compte, mais en fait, j'ai super mal aux épaules. Mais c'est ça. Ça me réveille dès que je bouge. Je suis totalement d'accord. Oui, ça te dérange, tu vois. Alors, si ça ne fait pas de bruit, tu te dis, c'est normal, tout va bien.
- Speaker #0
Mais c'est exactement ça. Quand tu dis que rien ne suit, c'est-à-dire qu'avec mes enfants, j'avais forcément moins de patience. L'âge de la première année et des deux ans, Le terrible tout, les neuf mois, c'est là où il faut être armé de patience. Donc, je n'étais pas bien avec mes enfants. Je n'étais pas bien chez moi parce que je n'avais pas le temps de m'occuper de mon chez-moi. Et du coup, ça devenait rapidement un bazar. Finalement, même les moments off, on est fatigué. Donc, on ne profite même pas. Comme tu disais, le corps fait du bruit. Et oui, c'est le cas. Non, franchement, je trouve que sur ça, j'ai eu tort. C'est un choix que j'ai mal fait.
- Speaker #1
Sur le moment, tu fais du mieux que tu peux, j'ai envie de te dire. Oui,
- Speaker #0
exactement ça.
- Speaker #1
C'est difficile de faire des justes choix. Juste, voilà, tu fais du mieux que tu peux. Ce n'est pas forcément le bon choix à ce moment-là, mais en fait, c'est le choix que tu pouvais faire.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Je ne sais pas si tu vois qui c'est Justine sur les réseaux sociaux. Elle vient de sortir un podcast avec Bliss. Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de l'écouter, mais elle parlait un petit peu de son enfance. où elle a subi un peu des violences par rapport à son papa. Donc, il n'y a pas de sujet. Les violences, il n'y a pas d'excuse à ça. Mais avec du recul, je me suis dit, il y a un angle qui n'a pas... Je ne défends pas du tout le papa, mais elle est née, c'était l'aînée d'une fratrie. Entre elle et les triplés qu'il y a eu, juste après elle, il y avait, je crois, pareil, à peu près moins d'un an. Donc en fait, là, ce sont deux parents qui se sont retrouvés avec quatre bébés en deux ans. Donc je peux entendre que les séquelles psychiques, ça donne derrière des comportements violents quand on grandit. Donc je me dis, on sous-estime beaucoup trop la violence de ce qu'on peut avoir, du changement de vie, du manque de sommeil, de la fatigue. Ça a forcément des répercussions psychiques. Moi, j'en ai eu que deux et j'étais au bout du rouleau. Alors eux, je n'imagine même pas avec quatre bébés d'un coup.
- Speaker #1
Et t'en es où, toi, justement, là, au niveau de ton sommeil, au niveau de ton équilibre interne ? Tu dis que tes enfants ne font toujours pas leur nuit. C'est lourd, parce que le sommeil, c'est un peu le même. Comment tu fais ça ?
- Speaker #0
Quand on a vécu pire, comme je te disais, passer de trois semaines avec 8-10 heures de sommeil dans la nuit où on se réveille plusieurs fois, pour moi, c'est un luxe. Mais pour moi,
- Speaker #1
je suis relative.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Je le vis bien, finalement. Donc, je me dis, OK, il ne faut pas oublier d'où tout vient. Et OK, aujourd'hui, trois ans, deux ans, je pense que je peux encore juste un peu serrer les dents un petit peu et tout le monde finit par retrouver des nuits complètes.
- Speaker #1
Tu n'abîmes pas trop les dents quand même. Oui.
- Speaker #0
Non, oui, c'est ça. Mais finalement, ça va. Ça va, on va se dire que ça va.
- Speaker #1
Tu vois, dans ce que tu disais, donc en fait, je parlais d'encre-soi. Toi, tu l'as compris sur revenir un peu vers soi. Mais en fait, je voyais ça comme quelque part tu as grandi sur tes dix premières années de vie, quelque part dans quelque chose de l'ordre de l'entre-soi avec ta famille élargie, mais pas avec d'autres cultures, d'autres horizons. C'est ça que j'entends. Et en fait, j'ai l'impression, et tu me dis si je me trompe, que... avec ta façon après d'évoluer, dans tes rencontres, dans ton regard vers le monde. Aujourd'hui, de cet entre-soi, tu as envie de t'ouvrir au reste du monde, de découvrir et d'accueillir ça, non pas simplement dans l'invitation, mais dans le quotidien. Et donc, j'ai l'impression que c'est peut-être un peu ça aussi, tu vois, ton pas de côté. Quitter l'entre-soi pour s'ouvrir au monde.
- Speaker #0
tu parles du côté professionnel.
- Speaker #1
Mais même au niveau général, tu parlais de ton ami que tu as depuis le collège, qui n'a pas ta culture, qui n'a pas ta religion. Tu parles aujourd'hui justement de ces vides dressings qui étaient dans un entre-sous entre tes copines. Oui, je suis d'accord. Tout le monde, tu vois, dans cette idée peut-être d'ouvrir un podcast. Oui, exactement. J'imagine que... Tu dis, je n'ai pas envie d'avoir une thématique, je n'ai pas envie de m'enfermer. Ah, exactement, je suis totalement d'accord avec ça, oui. Et d'offrir. J'ai l'impression que quelque part, en fait, fondamentalement, il y a ça qui s'opère, tu vois. J'ai l'impression que tu me dis si ça te parle.
- Speaker #0
Non, non, c'est totalement ça. Et je rajoute même à ça que, comme je te disais, je suis vraiment dans un énorme pas de... de côté comme je ne l'aurais jamais cru. Et ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure, ne jamais dire jamais. Mais moi, c'était inconcevable dans ma tête que d'un point de vue professionnel, je ne sois pas avec un CDI à 35 heures et quelque chose de très sécuritaire, très carré. Aujourd'hui, c'est tout ce que je veux fuir.
- Speaker #1
Pour quelle raison ?
- Speaker #0
Parce que je... Les derniers moments, je pense que par rapport à ma pression que j'avais dans mon quotidien, je ressentais beaucoup trop de pression liée à ça. De devoir rendre des comptes, d'être à l'air. Tu sais, vraiment respecter ce côté, je dois faire mes 35 heures, ma pause c'est une heure. Il faut que je me débarrasse d'une dépression dans ma vie et je pense qu'il fallait que je me débarrasse de celle-là. Et je rejoins de nouveau ça, c'est-à-dire que de nouveau, pour travailler dans l'audioprothèse, dans l'optique ou dans des choses qui sont… On a quand même une responsabilité. Aujourd'hui, j'ai des étudiants, j'ai une responsabilité. Je me dois de les former au mieux pour que derrière, on ait des professionnels de santé qui soient aptes à s'occuper de personnes qui ont soit un handicap visuel, soit un handicap auditif. Donc, j'ai cette responsabilité. Et là, je cherche justement à fuir cette responsabilité, à faire quelque chose de plus léger en fait.
- Speaker #1
Tu cherches une liberté quelque part ?
- Speaker #0
Oui, oui. Et d'où ce que je te disais, les vides dressings, ça reste quelque chose de léger finalement. C'est un moment convivial. C'est vrai que j'ai la responsabilité de garder les lieux qu'on a prévus, qu'on a loués en état correct, en état impeccable. Mais encore une fois, là, on a affaire à des adultes qui sont responsables. C'est des filles qui viennent par les mugs, de passer un bon moment. C'est quelque chose de plutôt sympathique. C'est une responsabilité, mais qui n'est pas de l'ordre de former un professionnel de santé. On parle de tout.
- Speaker #1
Tu dirais, je vais aller me mettre dans le ciel, en fait.
- Speaker #0
J'adore ça. J'adore. Franchement, j'adore, si je pouvais te montrer ma bibliothèque sur le côté, tu verras, j'adore la décoration, j'adore tout ce qui est esthétique. Je n'aime pas trop ce mot, mais c'est exactement ça ma définition. Quand on rentre chez moi, j'adore recevoir ces compliments. On me dit que c'est très beau, mon intérieur. J'ai souvent des compliments aussi sur ce que, on va dire, mon œil artistique. C'est marrant parce que j'ai un œil artistique, mais je n'ai pas les mains artistiques. Je ne peux pas te peindre un tableau magnifique. Par contre, je saurais reconnaître un très beau tableau.
- Speaker #1
T'as l'œil.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je me rappelle, ma grand-mère, elle travaillait dans l'art. Et elle avait cet abonnement à un magazine qui s'appelle L'œil.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Tu connais ?
- Speaker #0
Non. Ça me dit quelque chose.
- Speaker #1
Ouais, ça fait partie des références.
- Speaker #0
Ouais, ça me dit quelque chose. T'as l'œil,
- Speaker #1
juste. Ouais.
- Speaker #0
Ouais. Oui, mais ça, si quelque chose devait me définir, ce serait ça.
- Speaker #1
L'œil ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le regard ?
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Comment tu décrirais ça ?
- Speaker #0
J'ai peur de ne pas bien répondre à ta question.
- Speaker #1
Il n'y a pas de bonne réponse.
- Speaker #0
C'est-à-dire, comment je décrirais le fait d'avoir l'œil ?
- Speaker #1
Oui, c'est quoi ? Tu dis, c'est ça qui me définirait, mais c'est quoi l'œil pour toi ?
- Speaker #0
L'œil, c'est de voir la beauté des choses là où ce n'est pas forcément évident pour tout le monde, je pense.
- Speaker #1
C'est superbe comme réponse. Je me souviens, tu vois, il y a quelques années, j'ai hésité à faire des études de photographie. Ah oui ? Finalement, je ne suis pas allée, mais j'ai pris quelques cours à une époque. Et le prof nous avait emmené dans un quartier de Paris pour justement travailler notre œil. Parce qu'il disait, je ne vais pas vous emmener dans l'endroit où tout le monde va pour prendre des clichés parce que ça, c'est trop facile. On connaît par cas. Je vous emmenais ailleurs pour justement travailler ce regard pour que vous puissiez prendre des clichés de choses que tout le monde ne verrait pas. Et en fait, ça fait complètement écho à ce que tu es en train de dire. C'est voir la beauté, là, on ne la voit pas forcément de façon automatique.
- Speaker #0
Oui. Tu sais ce que je trouve dommage ? D'ailleurs, j'en discutais parce que j'étais en week-end avec ma cousine à Marrakech, là, en début du mois de janvier.
- Speaker #1
Oh, sympa !
- Speaker #0
Ouais, c'était vraiment génial. J'ai acheté un appareil photo argentique.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Parce qu'avec la marque Canon. Ah ! C'est bon, En fait, j'ai eu deux choses, parce que j'adore cet aspect de photo avec l'argentique. Je trouve ça très beau, très vintage. Mais aussi, ce n'est pas comme un téléphone où on prend clic, Non, là, tu prends le temps de voir, de cibler. Et c'est une photo. Parce que tu peux t'amuser à terminer ta pellicule. C'est un choix. Mais en tout cas, je trouve que ça donne de la valeur à la photo. Que ce soit d'un point de vue esthétique, quand elle ressort après. Ou d'un point de vue, c'est-à-dire que là, j'ai une prise, je dois vraiment mettre le bon œil là où il faut pour faire une jolie prise. Et je trouve que c'est super qu'aujourd'hui, un peu les photos, c'est bien parce qu'on a des qualités incroyables, que tout le monde peut partager tout, mais ça dénature un peu ce côté artistique de la photo.
- Speaker #1
Oui, il y a l'intention.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a l'intention. Et toi, tu veux me photographier quoi ?
- Speaker #0
Tout.
- Speaker #1
Tout ? Tout les paysages ou les personnes ?
- Speaker #0
Un peu des deux. C'est-à-dire que je vais aimer prendre des photos. En fait, si je vais répondre à ta question, j'aime photographier les moments. C'est-à-dire que si on est autour d'une table et que j'aime ce moment-là, il y en a beaucoup qui disent « Ah, ce n'est pas bien de prendre la table en photo. Il y a des personnes qui n'ont pas forcément le repas ou quoi que ce soit. » Mais dans l'intention de prendre cette photo, c'était de garder le moment en souvenir.
- Speaker #1
C'est ça. C'est le travail du souvenir. C'est important pour toi les souvenirs ?
- Speaker #0
Oui. Oui. Oui, oui. Oui.
- Speaker #1
C'est le premier souvenir qui te revient là, c'est quoi ?
- Speaker #0
Plus ou moins proche ou très éloigné ? Peu importe. C'est encore cliché, mais j'ai les souvenirs de mon petit garçon Adam quand il était bébé. En plus, il pense beaucoup en ce moment parce que je le vois tellement grand. Et je me dis, mais il était tout petit bébé. C'est incroyable comment ça passe vite. Finalement, c'est de nouveau. Moi, quand j'entendais ça avant, vous allez voir, ça passe super vite. Je me disais, j'en peux plus de ces mamans parfaites. Mais finalement, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est fou comme ça passe. Parce que j'ai un garçon qui n'est pas du même âge que ton aîné.
- Speaker #0
Ah oui, il est né quand d'ailleurs ?
- Speaker #1
Le 1er juin.
- Speaker #0
Ah oui, bon, moi c'est le 21 décembre.
- Speaker #1
du coup bon c'est équivalent et c'est vrai ça y est il parle c'est des petits gams quoi c'est plus des bébés et ce qu'ils disent c'est moi il choque mon fils en
- Speaker #0
fait c'est parce que maintenant il est à l'école donc il apprend forcément des choses là-bas que moi je lui ai pas dit donc quand il vient me les dire ça me surprend comment ça ? non mais de petites... tournure de phrase et je lui dis mais waouh tu grandis trop vite pour moi et je lui dis mais arrête de grandir et du coup toi adepte
- Speaker #1
comme tu le dis du pas de côté c'est à dire finalement c'est re-questionner les choses pour les faire différemment de façon régulière s'il y avait des personnes qui pouvaient se reconnaître Merci. dans ce que tu vis, mais à qui manque encore le petit truc, tu sais, pour faire ce pas de côté. T'auras envie de leur dire quoi ?
- Speaker #0
Encore une fois, je ne sais pas si je réponds à ta question, mais je vais surtout dire que faire un pas de côté, c'est extrêmement difficile. Parce que même là, je te parle, mais je me pose énormément de questions. Je me dis, est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que je ne ferais pas mieux juste de postuler, de revenir à ce que je te disais, à ce CDI de 35 heures et d'assurer une sécurité ? Bon, c'est vrai que je n'ai pas trop la pression de la sécurité financière parce que je suis mariée, forcément. J'ai mon mari qui prend le relais, qui assure sur le côté financier. Mais au-delà de ça, si on se pose des questions dans le sens où j'ai étudié tout ce temps-là finalement pour mettre ce diplôme à la poubelle, est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire ça ? Donc, je dirais que si on se pose surtout cette question-là, c'est normal que ça soit difficile. C'est plutôt ça. Je trouve, après, toi qui as eu souvent à écouter des gens qui ont fait des pas de côté, quel est leur retour ? Est-ce qu'il faut sauter le pas ?
- Speaker #1
Ce qui revient de façon récurrente, c'est en fait exactement ce que tu viens de dire, c'est l'importance de l'entourage.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'une façon ou d'une autre. Là, tu parles donc d'un soutien, quoi qu'il arrive, de ton mari, j'imagine émotionnellement aussi, mais financier déjà.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qui te permet d'avoir cette ouverture-là ?
- Speaker #0
Oui, j'ai ce luxe-là.
- Speaker #1
Mais en fait, c'est l'importance de l'étayage, de l'environnement, d'avoir des personnes qui sont là pour nous soutenir, nous dire, t'inquiète, je suis là, et je suis là de différentes façons. Il y a plein de façons d'être là. Soit pour encourager, soit pour être l'épaule sur laquelle on va pleurer si ça ne marche pas, parce que parfois ça ne marche pas du premier coup, et ce n'est pas grave en fait. Oui, c'est un accès clément. là il n'y a pas longtemps tu vois j'avais lancé des week-ends j'ai eu trois inscriptions j'ai eu trois inscriptions et donc un mois avant je me suis dit bah moi j'aime pas voir les choses dernière minute si au bout d'un mois je n'ai que trois inscrites je m'étais dit je le fais, je le lance à cinq minimum tu vois, j'avais pas mes trois, certainement qu'en un mois il y aurait peut-être eu d'autres inscriptions tu vois parce qu'il y a beaucoup de personnes qui s'inscrivent dernière minute, je me suis dit je veux pas parier là-dessus Merci. Je ne suis pas au poker.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
j'entends. Si jamais je n'ai pas d'inscription, je ne vais pas dire trois jours avant à celles qui se sont inscrites. En fait, on n'y va pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois ? Et en fait, c'est OK. Ça arrive. Donc, j'ai appris, tu vois. Je me suis dit OK. Là, j'ai comme une erreur. Là, je n'ai pas fait ce qu'il fallait. Là, j'y suis allée trop vite. Pourtant, je m'y étais prise six mois en avance. Mais en fait, ça n'allait pas par rapport à tout le reste, tu vois. Et en fait, c'est ça. Il faut un étayage, soit pour soutenir pour que ça marche, Soit pour soutenir quand ça ne marche pas.
- Speaker #0
Mais justement, pour rebondir sur le fait que ça ne marche pas, eh bien, moi, ça, j'ai du mal avec l'échec.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que tu as du mal avec ça ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, mais je me souviens, pour te dire à quel point j'ai du mal avec l'échec, je me souviens que la première fois que j'ai passé mon permis, je l'ai raté.
- Speaker #1
Ouais, comme beaucoup d'entre nous.
- Speaker #0
Je l'ai très mal vécu. Je me suis retrouvée avec un... Je ne sais plus ce que c'était, mais ça m'avait fait ressortir quelque chose dans ma peau. Je me suis retrouvée aux urgences...
- Speaker #1
Oh là !
- Speaker #0
...dermatologiques à Créteil. C'était horrible.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Mais j'ai beaucoup de mal avec ça. C'est pour ça que si je lance quelque chose, il faut que ça fonctionne parce que je sais que ça aura des répercussions derrière.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis, ce rapport à l'échec qui est pour toi impossible.
- Speaker #0
Non, il n'est pas impossible.
- Speaker #1
Tu es heureux.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de risques dans ce que tu exprimes quand tu es à l'échec.
- Speaker #0
Et c'est pour ça que je dis que c'est extrêmement difficile, c'est-à-dire qu'il y a ce risque d'échec, et il faut être plus ou moins apte à l'accepter, et je pense que finalement, même si on ne veut pas l'accepter, il faut l'accepter, il n'y a pas d'autre choix, ça s'impose de toute façon. Et aussi, malgré qu'on puisse avoir tout le soutien possible et inimaginable, c'est très dur de faire ce type de choix.
- Speaker #1
Tu vois, ça me fait écho avec un autre épisode avec Raphaël Torel que j'ai interviewé pour mon bas de côté qui est coach. Il a complètement bouleversé sa vie. Il a tout plaqué pour se lancer dans le coaching à 30 ans. Il était directeur d'une agence digitale à New York. Ça le cartonnait. Bref.
- Speaker #0
Incroyable, oui.
- Speaker #1
En fait, à un moment, il te dit c'est quoi l'échec en fait ? Et quelles sont les peurs qu'il y a derrière ? Et en fait, quelles sont les clés ? Et si j'échoue finalement, qu'est-ce que ça va m'apporter ? qu'est-ce que ça va me permettre et qu'est-ce que j'aurai et donc c'est hyper intéressant je le dis beaucoup moins bien que lui donc si tu veux je pourrais te renvoyer le lien oui oui comme je te disais on a quand à écouter je vais mais par rapport à ça c'est donc lui il est coach entrepreneur justement et il accompagne en fait les bas de côté dans le fond tu vois je ne suis pas toute seule là-dessus de toute façon tu vois et il décrit Merci. très bien cette peur de bouger les lignes en fait et les outils qui existent pour nous permettre d'y aller parce que finalement c'est ça ok j'ai envie de bouger, quels sont les risques quels sont les bénéfices l'avenir je ne le sais pas, je ne le connais pas donc il y a toujours quelque chose qui va se passer que je ne pourrais pas contrôler donc c'est vraiment cette question du contrôle qui et puis... finalement peut être bloquante ?
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, tu parlais d'outils, mais je pense qu'on est dans la période où les outils sont très, très accessibles. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tout le monde peut faire un pas de côté et je trouve que tout le monde fait des pas de côté. On voit de plus en plus de personnes, je ne sais pas, peut-être que c'est parce que c'est ce que je vois autour de moi, de plus en plus de personnes claquer la porte à cette sécurité de l'emploi et à se lancer sur son propre projet. Donc, ça encourage quelque part. on se dit « je ne suis pas seule » . Donc, je pense que ça, c'est le fait de voir que l'entourage est comme ça, ça facilite la décision. Par exemple, pour des personnes qui vont se lancer dans du e-commerce ou qui vont créer quelque chose, la magie des réseaux fait qu'aujourd'hui, on peut tout faire. On n'a pas forcément besoin de passer à 20 heures à la télé aujourd'hui pour pouvoir se faire connaître et je trouve ça génial. Donc, je pense que la société d'aujourd'hui, elle est faite justement pour passer du côté entrepreneuriat. Si c'est ça le pas de côté, parce qu'il peut y avoir d'autres types de pas de côté, mais en tout cas, si c'est pour être entrepreneur, je pense qu'aujourd'hui, il faut quand même avoir un minimum de connaissances, parce que ce n'est pas pour rien que des études de marketing, de communication ont été mises en place. Mais je pense que c'est facile. Enfin, c'est facile. C'est plus simple. à de se projeter.
- Speaker #1
Techniquement parlant, techniquement, toi, ce dont tu parles, c'est plus profond. Oui. Ce sont ces blocages qui sont bien plus profonds et qui sont bien plus bloquants, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et, ouais, mais en tout cas, pour moi, tu ne me retireras pas ça de ma tête. Pour moi, toi, ton pas de côté, mentalement, c'est l'ouverture.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Ça te fait quoi quand je te dis ça ?
- Speaker #0
Je suis contente de l'entendre parce que c'est un beau pas de côté. Je trouve. S'ouvrir aux autres, s'ouvrir au monde, c'est encore mieux. Et de toute façon, ça rejoint ma valeur du départ. C'est ça ? Oui. Et tant mieux, c'est-à-dire que malgré que je fais ce pas de côté, je reste alignée avec mes valeurs. Donc, c'est que du positif, oui.
- Speaker #1
Mais c'est ça. C'est qu'on t'a appris. On t'a donné toutes les valeurs de générosité, d'accueil, de réception, d'hospitalité et d'amour qui t'ont donné la possibilité d'aller encore plus loin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En fait, c'est ça qui est très beau dans ce que tu énonces depuis tout à l'heure. C'est ça que je retiens en tout cas. Et du coup, là, on arrive au petit rituel de fin.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et donc, la visualisation, si t'es d'accord.
- Speaker #0
Oui. Je vais essayer. En fait, vu que je t'ai beaucoup écoutée, j'ai essayé de le faire toute seule, mais j'arrivais pas en fait à me dire dans... Je me vois où... Dans dix ans. C'est ça que tu poses souvent comme question. On va voir.
- Speaker #1
Du coup, ce que je vais t'inviter à faire, c'est de t'installer confortablement dans ton siège.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
De ne pas avoir de croisement ni dans les bras, ni dans les doigts, ni dans les jambes, ni dans les pieds afin de pouvoir laisser circuler l'énergie. D'avoir le dos soutenu afin que tu puisses relâcher tes muscles. Et que ton corps juste puisse se laisser aller et traverser par ce qui va se passer. Et donc, je vais t'inviter, si c'est d'accord pour toi, à fermer les yeux. Si tu as besoin d'aller hors champ caméra, n'hésite pas. Non,
- Speaker #0
non, ça va aller.
- Speaker #1
Je t'invite à fermer les yeux et puis à te concentrer sur ta respiration. De prendre conscience de la température de l'air qui change, tant dans l'inspiration, l'air est plus frais dans tes narines, qu'à l'expiration, l'air est plus chaud en ressortant, il a été réchauffé en passant par ton corps. Et d'en profiter et de prendre une inspiration bien profonde et ventrale, d'inspirer, de gonfler le ventre. Et puis d'expirer plus lentement encore. Et puis encore une fois. Et puis je te propose de te projeter dans un futur idéal où tout est possible. Il n'y a aucune contrainte. Tu peux être où tu veux. Avec qui tu veux ? Pas où tu veux ? Là, maintenant, où es-tu ?
- Speaker #0
Je ne saurais pas trop te dire où, mais en tout cas, il fait chaud. Il ne fait pas froid.
- Speaker #1
Il fait chaud, ok. Donc, tu ressens la chaleur, oui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu vois devant toi ?
- Speaker #0
Mes enfants, ma famille.
- Speaker #1
Tes enfants, ta famille.
- Speaker #0
Mon mari, mes enfants et ma mère, mon frère.
- Speaker #1
Ok. Qu'est-ce qu'il y a sous tes pieds ?
- Speaker #0
Du sable.
- Speaker #1
Du sable, ok. Donc, il fait chaud, il y a ta famille, t'es sur le sable. Et t'es habillée comment ?
- Speaker #0
En robe. Longues.
- Speaker #1
Roses bleues. Est-ce qu'il y a des sensations ?
- Speaker #0
Je dirais pas. Enfin, j'ai pas l'impression.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a du vent ?
- Speaker #0
Je dirais qu'on est plutôt au bord de mer, donc oui, il y a un petit vent.
- Speaker #1
Un petit vent. Et ça fait comment sur la peau ?
- Speaker #0
C'est assez doux.
- Speaker #1
C'est assez doux. Et qu'est-ce que tu sens ? Est-ce qu'il y a des odeurs ?
- Speaker #0
Un peu l'odeur de la Méditerranée, du Moneuil,
- Speaker #1
des vacances. Ok. Et qu'est-ce que font tes enfants avec ton mari, ta mère et ton frère ? Qu'est-ce qu'ils font ?
- Speaker #0
Tout le monde, enfin les petits sont en train de jouer.
- Speaker #1
Oui. Et toi, tu fais quoi ?
- Speaker #0
Je suis plutôt assise sur une table.
- Speaker #1
D'accord. Et à ce moment-là, c'est quoi ton rôle ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'ai un rôle, mais en tout cas, je discute.
- Speaker #1
Tu discutes ? Ok. Avec qui ?
- Speaker #0
Avec mon mari.
- Speaker #1
Oui. Et c'est comment ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et si on regarde de façon plus haute, ce serait quoi ta mission de vie ?
- Speaker #1
Ça c'est dur.
- Speaker #0
Là comme ça, ce qui te vient dans l'instant, quand tu es sur cette plage avec ta famille, en train de discuter, ce serait quoi ta mission de vie à ce moment-là, juste là ?
- Speaker #1
Ce serait d'être une bonne maman.
- Speaker #0
Être une bonne maman. Comment tu te sens avec ça ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Très bien. Je te laisse respirer dans cette mission-là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, je vois que tu as les yeux ouverts.
- Speaker #1
J'ai refermé, je pensais que...
- Speaker #0
Je ne regarde pas dans ces moments-là. Tu peux garder les yeux ouverts si tu les as ouverts. C'est comme tu veux. Et puis, je t'invite à respirer là, dans cette sensation, dans cette mission de vie. Et puis, de t'étirer, respirer un peu plus fort afin de revenir bien dans l'instant. Ok ! Comment tu te sens ?
- Speaker #1
Très bien. Oui ? J'ai passé un moment agréable, mais je ne parle pas que de la fermeture des yeux, je parle que depuis le début, depuis le début de cet échange, c'était vraiment bien.
- Speaker #0
Là, quand tu disais, je vais rester quand même sur cette visualisation afin de voir ce que tu peux en garder pour arriver là. Sur cette plage en famille, avec cette sensation-là d'être simplement une bonne mère dans cet instant-là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, ce que j'entends, c'est cent autres parasites de plein d'autres choses, tu vois, qui peuvent venir parfois nous embêter dans ces moments un peu idylliques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourtant, ils sont d'une simplicité, mais qui sont tellement essentiels et parfois tellement compliqués à atteindre. Qu'est-ce que tu pourrais mettre en place pour arriver à cette authenticité-là ?
- Speaker #1
Je pense que je suis sur la bonne voie. Parce que comme je te disais, ces dernières années, j'étais trop trop sur le travail et je n'avais pas le temps d'être une bonne maman. Donc je pense que je suis sur la bonne voie. Maintenant, il n'y a plus qu'à me retrouver professionnellement quelque part. Quand je dis professionnellement, c'est-à-dire... créer quelque chose, comme tu disais un peu cette... faire de mon œil artistique quelque chose pour être vraiment, entre guillemets épanouie professionnellement mais je pense que je suis sur la bonne voie parce que j'ai beaucoup trop négligé ma vie familiale à cause du travail ouais,
- Speaker #0
ok Si tu pouvais mettre en place un tout petit mouvement cette semaine, en lien avec cet objectif de pouvoir passer un temps de vacances pures, et d'amour pur, c'est ça que je ressens.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu pourrais mettre en place dès cette semaine ?
- Speaker #1
Alors, je... Pour tout te dire, j'ai mes semaines qui sont généralement très programmées, très écrites heure par heure justement. Donc déjà, j'ai prévu de regarder un petit peu, d'avancer sur Eware avec mon amie, donc de créer un peu de contenu. J'ai commandé un micro parce que je me suis dit, pourquoi pas essayer de tourner un podcast, une vidéo. pour voir ce que ça donne pour moi, pas forcément pour le mettre en ligne.
- Speaker #0
Ah ouais, attends ! Pourquoi ne pas le mettre en ligne ?
- Speaker #1
Ça va dépendre de ce que ça donne.
- Speaker #0
Comment tu peux savoir si tu ne le mets pas en ligne et si tu n'as pas d'avis extérieur ?
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai. J'aurai des avis extérieurs, peut-être que je la partagerai avec mon entourage dans un premier temps, je vais voir.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu pourrais noter comme action par rapport à... À cet épisode-là, cette semaine,
- Speaker #1
tournez la vidéo !
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
Alors, quand ? Tu le mets dans ton planning.
- Speaker #1
Vas-y. C'est prévu, c'est prévu. Je pense que je vais... Ça y est,
- Speaker #0
c'est bon ?
- Speaker #1
Idéalement, j'aimerais bien le faire demain, mais j'ai peur d'être trop dans l'orage.
- Speaker #0
C'est pas écrit. Il faut que ce soit écrit dans ton planning. Prends ton planning. Bon, alors,
- Speaker #1
je le mets vendredi. Vendredi, comme ça, on est sûr, oui.
- Speaker #0
À quelle heure ?
- Speaker #1
Je dirais aux alentours de 15 heures.
- Speaker #0
Ça marche pas, ça. C'est à 15 heures ou pas ?
- Speaker #1
Alors, ok. Bon, ben on va se dire demain à 15h.
- Speaker #0
Ah, mardi 15h ? Oui. Est-ce que tu peux l'écrire, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et étant donné que notre épisode sera en ligne après l'enregistrement de ton podcast, est-ce que tu serais d'accord que dans la description de notre épisode à nous, il y ait le lien ? pour écouter ton épisode.
- Speaker #1
Alors, podcast, je sais pas, mais plutôt une vidéo.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
plutôt une vidéo. D'accord,
- Speaker #0
partagez le lien.
- Speaker #1
Oui. Mais après, je sais pas si le thème va te plaire.
- Speaker #0
C'est pas grave, mais ça me concerne pas moi, c'est pour toi. C'est un engagement envers toi et une petite ligne en plus du lien vers ton épisode. Qu'est-ce que t'en penses ?
- Speaker #1
Allez, j'adore.
- Speaker #0
Gagné. Tu le soucies ?
- Speaker #1
Ouais, il arrive. Je vais chercher mon planer.
- Speaker #0
Super. T'as eu. Je t'en prie. Il est là. Allez.
- Speaker #1
Alors, mardi, 15h, tournage vidéo. Je te l'enverrai sur WhatsApp. Et tu me diras ce que t'en penses.
- Speaker #0
C'est au top. Et on demandera à nos auditeurs ce qu'ils en ont pensé.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord. Et ce sera la surprise pour le thème, même si ce que j'avais prévu de dire, je l'ai un peu dit dans notre échange.
- Speaker #0
Oui, bah écoute.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je te remercie infiniment.
- Speaker #1
Merci à toi, Ondine. Merci. En tout cas, c'était un très bon moment.
- Speaker #0
Merci. Pour clôturer, trois mots que tu gardes de cet échange.
- Speaker #1
ouverture je dirais liberté et du sens je sais pas si c'est un mot mais donner du sens aux choses génial
- Speaker #0
merci merci à toi et à très bientôt au revoir