- Arthur Colarossi
Mon podcast IMMO.
- Ariane Artinian
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinian, journaliste fondatrice de MySweetImmo et aujourd'hui je reçois Arthur Colarossi, président du réseau Breteuil. Bonjour.
- Arthur Colarossi
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Breteuil, c'est une maison fondée il y a près de 30 ans par votre mère, Marianne Colahossi, en 2019 avec votre frère. Arsène, vous avez décidé de reprendre le réseau, de le transformer en profondeur. Mais avant les investissements, avant les flagships, avant la restructuration, il y a une histoire. Vous allez nous la raconter, Arthur. Pour vous, ça s'est passé comment ?
- Arthur Colarossi
En 2018, lors de vacances avec ma mère et mon frère, on a discuté de la nécessité de faire passer à Breteuil le virage digital. Il y a eu différentes options qui ont été discutées. Moi, j'étais dans une phase professionnelle entre deux fonds, deux hedge funds. J'ai passé 14 ans à faire du trading de matières premières pour une banque puis un hedge fund. Je me suis donc lancé dans la mission de revenir moi-même avec mon frère faire cette restructuration. Cette restructuration était peut-être une parenthèse dans ma vie professionnelle, mais assez rapidement. Avec Arsène, on s'est pris au jeu, on s'est très bien entendu et on a trouvé qu'il y avait beaucoup de choses à faire avec une marque qui avait un potentiel et une réputation exceptionnelles. De la restructuration, c'est devenu un nouveau projet de vie avec beaucoup de temps, d'énergie et d'investissement.
- Ariane Artinian
Grandir avec une mère fondatrice d'un réseau immobilier. Ça veut dire quoi ? Ça signifie quoi ?
- Arthur Colarossi
On revenait d'expatriation quand j'avais 14 ans. Et lorsqu'on est revenu, notre expérience dans les différents pays avec beaucoup de déménagements nous ont confronté à un service à l'anglo-saxonne en immobilier qui était peut-être à l'époque quelque chose qui manquait un peu à Paris. Et je pense que c'est grâce à ça que le succès de Breteuil est né. Un, un réseau international d'expat et deux, un service à l'anglo-saxonne. Donc on a toujours suivi la progression de Breteuil, c'est-à-dire que quand j'étais à Dauphine, je m'occupais de faire par exemple la comptabilité du groupe. Quand j'étais à Londres, j'ai accompagné mon frère pour trouver sa première boutique à Londres.
- Ariane Artinian
Parce que vous, vous avez pris l'option finance.
- Arthur Colarossi
À 20 ans, ce qui me passionnait, c'est les marchés financiers. Et je suis arrivé en pleine crise des subprimes à Londres. Et j'ai pris la branche matière première, un peu grâce au background d'ingénierie pétrolier que notre père nous avait donné. Et trading de pétrole et de gaz naturel pendant 7 ans à Londres, puis 7 ans à New York.
- Ariane Artinian
Votre frère, lui, a pris tout de suite le chemin de l'immobilier ?
- Arthur Colarossi
100%. Études, premier poste en immobilier. vendeur, puis directeur, puis développer une marque à Londres dans un marché très compétitif. Même si on avait une clientèle française pour aider le démarrage de l'agence londonienne, il a monté deux agences à Londres dans un marché en décroissance. Et il n'y a rien de plus compliqué, on l'a vu ces deux dernières années, que de mener une boîte en immobilier dans un marché qui décroît.
- Ariane Artinian
Alors à quel moment vous vous dites ras-le-bol de la finance ou alors je vais continuer la finance mais autrement ? et je vais investir dans Breteuil.
- Arthur Colarossi
Il n'y a pas eu nécessairement un ras-le-bol de la finance, il y a eu des belles années en finance qui m'ont permis de prendre du temps, donc du temps pour réfléchir à ce que je voulais faire les 15 prochaines années. Durant cette réflexion, il y a eu des projets d'hôtellerie, il y a eu des projets entrepreneuriaux divers, et puis il y a eu Breteuil, Breteuil est vite devenu une évidence. Tout d'abord sur une première étape qui était la restructuration. Pourquoi une étape restructuration ? Parce que ça permettait de mettre une période de test, parce que c'est une chose que de venir mettre de l'énergie dans le groupe familial. Il faut être sûr que ça ne va pas ternir une dynamique qui est super avec mon frère, on a toujours été meilleurs amis. Et voilà, je n'allais pas faire un plan indéterminé sans savoir si ça allait vraiment fonctionner. Vu que le test s'est très bien passé, cette période d'intérim est devenue une période permanente avec 100% de l'énergie et plus de 100% des capitaux disponibles investis dans la société pour l'amener sur le prochain niveau.
- Ariane Artinian
Votre déclic finalement, on peut dire que c'est, vous aviez des bonus à investir, vous cherchiez un... Le projet, et puis c'est ce projet Breteuil qui a eu le plus de sens pour vous ? Complètement,
- Arthur Colarossi
à la fois économiquement, à la fois d'un point de vue sens familial, se rapprocher de la famille, revenir à Paris, la qualité de vie parisienne, tout converger pour ce projet.
- Ariane Artinian
C'était évident l'alliance avec votre frère ?
- Arthur Colarossi
C'était évident qu'on s'entendait bien, et ce qu'il fallait tester, c'était notre capacité à travailler ensemble, c'était l'inconnu, et très rapidement ça s'est avéré. extrêmement fructueux, étant donné qu'on est très complémentaires, on a des qualités, des personnalités différentes. Et sur le développement de la société, on a chacun des tâches et des périmètres distincts, même si on s'overlap sur 100% des tâches pour être sûr de bien comprendre ce que fait l'un et ce que fait l'autre, on a des périmètres définis.
- Ariane Artinian
Et votre mère, comment elle réagit à tout ça ?
- Arthur Colarossi
Elle est ravie, ça lui permet de lever le pied, ça lui permet de passer plus de temps sur des loisirs. tout en gardant un pied quelques jours par semaine dans la société.
- Ariane Artinian
Comment ça se passe quand on reprend comme ça une entreprise qui a été créée par la famille ?
- Arthur Colarossi
Ça rajoute une complexité supplémentaire. Sur une restructuration, on peut détruire ou casser des choses qui ne sont pas efficientes sans avoir d'état d'âme. Tandis que sur une construction qui a été faite en famille, on ne casse rien. On ajuste doucement les choses et on fait en sorte de faire évoluer sans rupture. Et c'est ça qui est important dans une reprise familiale, c'est d'arriver à faire des changements efficaces tout en respectant ce qui a été fait dans le passé, ce qu'un cabinet de conseil ou un cabinet externe n'aurait pas forcément fait.
- Ariane Artinian
Avec votre frère, comment vous vous êtes répartis les rôles ?
- Arthur Colarossi
Arsène a une expérience opérationnelle que personne n'a à Paris, étant donné qu'il a été vendeur puis directeur à Paris. vendeur, directeur, dirigeant d'entreprise à Londres. Il a une maîtrise de tous les métiers de l'immobilier français, de tous les métiers de l'immobilier londonien. En termes de gestion du métier des humains et des vendeurs, il n'y a personne à son niveau. C'est lui qui s'occupe et qui a cette responsabilité d'opérationnel et moi qui m'occupe de tout ce qui est structurant, organisationnel et développement. Donc ça prend le marketing, le CRM. Donc si on devait comparer ça un petit peu à du sport, je suis plus la personne qui s'occupe de dessiner la Formule 1, la voiture, et lui d'entraîner et de coacher les pilotes.
- Ariane Artinian
Bon alors qu'est-ce que vous dessinez ? C'est quoi votre vision ?
- Arthur Colarossi
On a une vision assez anglo-saxonne sur l'approche des choses. Donc c'est de l'organisation, c'est un service précis, C'est de la solution logicielle qui permet aux... conseiller d'être plus rapide, plus performant et de mieux suivre les relations clients, de mieux connaître le marché grâce à de l'absorption de data transactionnelle. Donc c'est vraiment le mélange de la tech et de l'humain. Donc ça c'est une vision qui vient essentiellement des Etats-Unis et de Londres, à la fois sur le service et sur le logiciel. Et ce qu'on a dû adapter à Paris, c'est une implantation et une visibilité locale. Parce que si à New York, Les agences vivent très bien en plateau de bureau. À Paris, les agences doivent être visibles, visibles pour les propriétaires, visibles pour que les conseillers se sentent dans un environnement de travail performant et haut de gamme. Donc c'est la particularité du direct Paris. C'est sa nécessité, plus d'investissement qu'on ne pensait. C'est la refonte de toutes les agences, la fermeture des agences. les plus petites et l'ouverture de flagships.
- Ariane Artinian
Alors on va parler justement de ces flagships. Vous avez investi d'abord 7 millions d'embreteuils.
- Arthur Colarossi
Exactement. Donc ça, c'est de l'argent qui a été investi de la poche de mon frère et de la mienne, qui pour la plupart, c'est la refonte et l'ouverture de nouvelles agences et sur des proportions plus faibles, le nouveau logiciel.
- Ariane Artinian
C'était vraiment une nécessité. stratégique ces flagships ?
- Arthur Colarossi
Complètement. La position de la marque, la visibilité de la marque sont des choses très importantes dans un métier de service. On va se positionner face à des marques qui ont déjà fait ces investissements, qui ont déjà fait cet effort. Et pour pouvoir avoir une chance de se battre contre eux, il nous fallait faire ces investissements rapidement.
- Ariane Artinian
Alors depuis 2019, est-ce que vous avez des résultats à nous communiquer sur ce que vous avez impulsé chez breteuils
- Arthur Colarossi
Depuis 2019, et on va dire réalistiquement depuis 2021, étant donné que les investissements ont commencé en
- Ariane Artinian
2021. Juste après le Covid.
- Arthur Colarossi
C'est ça. On a commencé la restructuration et la rénovation. et le développement des agences juste après le Covid. En 4 ans, durant cette période, le marché a réduit de 30% et les chiffres d'affaires de breteuil a doublé. Cette augmentation, elle ne vient pas d'une augmentation du nombre de vendeurs qui, lui, a augmenté de 25%. Donc, on a essentiellement augmenté le chiffre d'affaires par vendeur de 65% et le prix moyen des mandats vendus. Donc, c'est un mix d'efficacité de chacun. et de positionnement de la marque qui nous permet d'avoir des biens de valeur supérieure, donc des commissions supérieures. Le mandat moyen était un peu au-dessus de 1,1 million et aujourd'hui on est passé à 2,2 millions.
- Ariane Artinian
Alors Breteuil, vous êtes implanté où et vous avez combien de collaborateurs aujourd'hui ?
- Arthur Colarossi
On est implanté à Paris avec 17 agences. On a des agences sur le littoral de la Normandie en passant par la Bretagne, Loire-Atlantique, Pays Basque, donc Saint-Jean-de-Luz et Biarritz. Et à Londres, ce qui fait un total de 125 collaborateurs. Et sur Paris, pour revenir un petit peu sur les augmentations de chiffre d'affaires, on a dépassé l'année dernière le 250 000 euros de chiffre d'affaires par conseiller.
- Ariane Artinian
Ces conseillers, c'est des agents commerciaux, des indépendants, des salariés ? Comment ça se passe ?
- Arthur Colarossi
Essentiellement des salariés. Aujourd'hui, on a 100% des sièges qui sont occupés chez Breteuil. et on pourrait... augmenter le nombre de personnes qui travaillent chez nous, mais on essaye de maîtriser cette croissance pour conserver un chiffre d'affaires par conseiller important et que ce dernier continue d'augmenter, car c'est ça avant tout notre force, c'est d'avoir les meilleurs à leur poste, que ce soit les conseillers, ou que ce soit les directeurs de zone, ou les postes clés comme directeur de communication, ou notre CTO. Toutes ces personnes-là, on a une vision très anglo-saxonne, on les fait monter au capital et on les chouchoute.
- Ariane Artinian
Vous les fidélisez, vous les chouchoutez. Comment vous expliquez concrètement que le chiffre d'affaires par conseiller est augmenté autant que ça ? C'est quoi la recette ? Les outils ?
- Arthur Colarossi
Le logiciel. Le logiciel, c'est une course contre la montre. Et aujourd'hui, notre logiciel nous permet de gagner du temps. Des tâches qui prenaient 4 heures à l'époque, aujourd'hui, sont faites en 25 minutes.
- Ariane Artinian
C'est votre logiciel ou c'est l'IA ?
- Arthur Colarossi
L'IA est dans le logiciel, en fait. L'IA, c'est un mot sympathique. qui existe depuis très longtemps en fait. Dès qu'on met de l'algo, dès qu'on met de l'aide à la décision, quelque part c'est de l'intelligence artificielle. Et aujourd'hui, il y en a à tous les niveaux, à tous les niveaux du process de transaction dans notre logiciel.
- Ariane Artinian
Alors, pourquoi est-ce que vous disiez tout à l'heure que vous alliez vers un modèle plus haut de gamme, que vous vouliez monter en gamme ?
- Arthur Colarossi
La montée en gamme, elle est nécessaire pour se positionner sur la partie... du segment qui ne sera pas remplacé par du logiciel. Nous, ça ne nous intéresse pas de faire une boîte full tech. On veut de l'humain adossé à de la tech. Donc, ce qui nous intéresse avant tout, c'est l'humain. L'humain chez nos conseillers et l'humain chez nos clients. Donc, pour ça, il fallait monter légèrement le prix moyen des bien-vendus chez Breteuil pour ne pas se retrouver l'hôtellerie de trois étoiles qui a été absorbée par des plateformes comme Airbnb.
- Ariane Artinian
Alors, comment on fait ?
- Arthur Colarossi
C'est les investissements sur les agences, la qualité des emplacements, sur la qualité du marketing, de la communication. Il ne suffit pas de dire on veut le faire ou de marquer luxury devant breteuil, c'est du détail, du détail, encore du détail.
- Ariane Artinian
Aujourd'hui vous avez un flagship du côté de la muette.
- Arthur Colarossi
Aujourd'hui on a ouvert deux flagships dans le 16ème, un au 1 rue de la Pompe et un au 155 à Nuit-Victor-Rigaud. Ces flagships permettent de venir se positionner face au tenant du... du podium que sont Barnes et Feo. Et aujourd'hui, les résultats sur le 16e sont probants. Donc cette stratégie de flagship va être déployée sur le reste de Paris avec cinq couvertures sur les trois prochaines années. Dans le déploiement de ces flagships, on va même avoir des boutiques uniques, une sur la rive gauche et une sur la rive droite, qui vont être construites comme un joaillier place Vendôme avec des salons. confidentielles qui permettent de recevoir les clients à très fort patrimoine. Le premier va ouvrir en juin au 34 rue du Bac. La rue du Bac est la terre de prédilection des agences immobilières à Paris.
- Ariane Artinian
C'est l'artère où tout se passe, où tous les acteurs du luxe posent leur pion.
- Arthur Colarossi
Exactement. C'est l'artère incontournable pour toute agence haut de gamme à Paris. Donc, ouverture en juin pour le 34 rue du Bac. qui sera ce flagship avec une finition différente de nos autres enseignes. Et du côté de la rive droite... La jumelle sera dans le triangle d'or et on l'ouvrira en 2027.
- Ariane Artinian
Ces flagships, ils sont faits pour quoi ? Qu'est-ce que vous avez en tête quand vous l'ouvrez ? Montrer que vous êtes au bon endroit, permettre à vos collaborateurs de recevoir leurs clients, fédérer vos équipes, c'est quoi l'enjeu ?
- Arthur Colarossi
C'est ces trois choses-là. Il y a deux choses à distinguer. Il y a les boutiques qui vont être dédiées à l'ultra-luxe, qui, elles, ont ce côté... confidentielles et intimes nécessaires aux transactions à plus de 5 millions.
- Ariane Artinian
Ça, c'est le côté placement d'hommes.
- Arthur Colarossi
Exactement. C'est ces écrins pour recevoir les clients à fort patrimoine. Et ensuite, le flagship général, comme ceux de Pomp ou de Victor Hugo, eux, ils ont pour vertu d'accueillir les équipes et d'avoir une forte visibilité auprès des propriétaires qui habitent le quartier.
- Ariane Artinian
Aujourd'hui, vous avez une vingtaine d'agences, si j'ai bien compté.
- Arthur Colarossi
25.
- Ariane Artinian
25, elles vous appartiennent en propre, vous vous développez comment ?
- Arthur Colarossi
À part deux qui sont en franchise, elles sont toutes en propre. Cependant, depuis cette année, les développements futurs vont être ouverts aux franchises. Donc on a mis en place un nouveau système pour avoir des franchisés qui se déploient à l'unisson avec nos agences.
- Ariane Artinian
C'est combien de transactions aujourd'hui, Breteuil ?
- Arthur Colarossi
Plus de 500 transactions. On a une grosse partie de nos transactions qui sont entre 1 et 5 millions et on est à 15% qui se retrouvent au-dessus de 5 millions d'euros.
- Ariane Artinian
Alors maintenant, la suite pour vous, c'est quoi ? L'international ?
- Arthur Colarossi
La suite déjà, c'est le littoral français où nos clients partent en vacances et où on n'est pas encore. Donc typiquement, dans les ouvertures des prochaines années, on a le bassin d'Arcachon. On a Saint-Tropez. On a les Alpilles, la Corse, Cannes, Monaco, les Alpes. Donc les Alpes, les stations Meugeves, Courchevel, Méribel, Val d'Isère. Ça continue sur le reste du monde et de l'Europe. Sur pareil, toujours les endroits où on a à la fois du réseau perso et à la fois des clients qui partent en vacances. Donc c'est Saint-Barthes, c'est les Balears, c'est la Toscane. la Sardaigne, les îles grecques et l'île Maurice.
- Ariane Artinian
Qu'est-ce qui vous rend le plus fier aujourd'hui dans votre parcours ?
- Arthur Colarossi
Le fait que les personnes qui travaillent avec nous sont heureuses de participer à la croissance du groupe. Le fait qu'à la fois le travail avec mon frère et avec ma mère se passe extrêmement bien, donc ça nous a soudés. C'est l'expérience humaine qui aujourd'hui manquait cruellement à ma carrière de trader et de financier. que j'ai découverte et redécouverte avec l'expérience et l'aventure breteille, qui est en haut des choses qui me rendent heureux.
- Ariane Artinian
Donc si c'était à refaire, on se retrouve en 2019, vous faites le même choix ?
- Arthur Colarossi
Je referai le même choix. La question, c'est est-ce que j'aurais fait avant ce choix ? Et je ne pense pas, parce que je pense qu'il fallait que je passe par mes 15 ans de trading face à mes écrans Bloomberg.
- Ariane Artinian
C'est aussi excitant ce que vous vivez aujourd'hui ?
- Arthur Colarossi
C'est différent et puis ça va aussi avec des phases de vie. Ce que je cherchais quand j'avais 25 à 40 ans, ce n'est pas la même chose que ce que je cherche après 40 ans.
- Ariane Artinian
Dernière question, votre vision du marché du luxe ?
- Arthur Colarossi
Résilient car Paris séduit toujours de plus en plus. Dans nos networks, on trouve de plus en plus de personnes qui avant hésitaient entre New York, entre Miami, entre Los Angeles, entre Londres, Dubaï et aujourd'hui on les voit arriver à Paris. Parce qu'il y a une qualité de vie, des commerces de proximité qui n'existent nulle part ailleurs en fait. Donc cette possibilité d'habiter à 20 mètres du parc Monceau et de connaître son boucher, son poissonnier, c'est quelque chose qui séduit des gens qui ont habité à New York et qui ne trouvent pas ça à New York, qui ne trouvent pas ça à Los Angeles. Donc on a, nous en tout cas dans nos clients, une balance positive pour Paris plutôt que négative. On voit plus de gens arriver que de gens partir. On entend beaucoup de gens se poser la question si ça pourrait être le moment de partir. Et puis au final, lorsqu'ils regardent les options et la réalité des chiffres, souvent ils décident de rester.
- Ariane Artinian
Et vous, vous avez fait le choix de rester ?
- Arthur Colarossi
Complètement. C'est la meilleure destination. Et puis c'était un choix de revenir en Europe pour justement la qualité de vie. J'avais regardé, avant même de penser à Bretagne, j'avais regardé la possibilité de me positionner à Londres, que j'aime beaucoup, à Lisbonne. Et mon choix, même avant de devoir reprendre Bretagne, s'était mis sur Paris.
- Ariane Artinian
Comment ça se passe la journée d'un président de réseau à Paris aujourd'hui ? C'est différent de Londres, de New York ?
- Arthur Colarossi
Alors c'est différent mais c'est aussi autant organisé. À New York, je devais me lever à 2h du matin pour arriver au Hedge Fund à 2h30. Je fais la grasse mat maintenant que je suis à Paris. Je me réveille à 5h, j'en profite et j'ai le temps pour me promener avec mon chien pendant 45 minutes, 1h. Et j'arrive au bureau vers 7h du matin.
- Ariane Artinian
Avec votre chien ?
- Arthur Colarossi
Toujours. Le chien est au bureau, il n'est pas là en interview.
- Ariane Artinian
C'est la mascotte ?
- Arthur Colarossi
C'est la mascotte, Gus, un bulldog anglais qui est emblématique et qui sera peut-être même sur notre prochain site en clin d'œil. Donc tous les matins, il vient au bureau. on commence toujours la journée avec le le morning meeting avec notre directeur marketing et mon frère entre 7h et 7h30. Puis on a nos meetings respectifs qui commencent. Pour ma part, j'ai toujours un break entre 11h et 12h30 pour aller faire du sport. Et la journée continue avec des passages dans les différentes agences, des rendez-vous, des interviews, et une fin de journée aux alentours de 20h avec un retour au repos, au plus tard, à 21h45.
- Ariane Artinian
Donc vous vous couchez tôt pour tenir le rythme et vous levez à 5h ?
- Arthur Colarossi
Il n'y a pas besoin de tenir le rythme, et d'un moment donné, je me réveille sans alarme, sans réveil depuis 10 ans, donc c'est juste une question d'heures de sommeil, en se couchant à 10h, à 5h, on est en pleine forme.
- Ariane Artinian
Qu'est-ce qui vous fait vibrer aujourd'hui ?
- Arthur Colarossi
La croissance du groupe, le sport, et les moments le dimanche en famille.
- Ariane Artinian
Eh bien, merci beaucoup Arthur Colarossi de vous être prêté au jeu de... et pour vous, ça s'est passé comment ? Et je rappelle que vous êtes président de Breteuil.
- Arthur Colarossi
Merci à vous.