- Charles Marinakis (Century 21)
Mon podcast IMO.
- Ariane Artinian
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon podcast Immo, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinoan, journaliste fondatrice de MySweetImmo. Et aujourd'hui, je suis avec Charles Marinakis, président de Century 21 France. Bonjour.
- Charles Marinakis (Century 21)
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Saint-Uri 21 vient de publier son bilan du premier semestre. Saint-Uri 21 France et... 945 agences immobilières.
- Charles Marinakis (Century 21)
C'est ça, exactement. Et 7000 collaborateurs.
- Ariane Artinian
Ça fait combien de transactions ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Ah, c'est secret, on ne dit pas ça. C'est top secret.
- Ariane Artinian
Vous êtes néanmoins bien placé pour avoir une vue d'ensemble pertinente et des datas qui disent quelque chose. Alors, qu'est-ce qu'elles disent justement vos datas sur le premier semestre ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Elles disent que c'est bof. Elles disent que c'est un marché dont on espérait beaucoup parce qu'il faisait suite à une année 2025 qui avait été une bonne année. Donc, on a un semestre un peu... Casser en deux, on va dire. Un premier trimestre qui a bénéficié de l'engouement et des résultats de 2025. Et un deuxième trimestre qui, malheureusement, s'est un peu avachi, on va dire ça comme ça. Et une volumétrie qui est légèrement en retrait. Des prix qui sont stables, légèrement en retrait aussi. Voilà, donc un marché qui s'est malheureusement un peu affaibli, qui s'est neutralisé, on va dire ça comme ça, qui est un peu à tonne aujourd'hui.
- Ariane Artinian
Et ça, c'est la faute à Trump ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Je ne sais pas si c'est la faute à Trump, mais je crois que c'est l'agrégat de plusieurs facteurs. C'est effectivement les conditions géopolitiques qui ne sont pas très favorables à un optimisme sans mesure. C'est aussi les conditions d'approvisionnement de l'énergie qui font peur aux gens. C'est le pouvoir d'achat tout court des Français qui se réduit. C'est le pouvoir d'achat immobilier qui se réduit malgré tout par l'augmentation des taux, même si elle est légère. Il y a un ensemble de dispositifs et puis c'est des prix qui n'ont... Toujours pas retrouvé leur niveau de 2019, qui ont certes baissé depuis 2022, mais qui n'ont pas encore retrouvé les prix d'avant Covid. Voilà, tout ça, mis bout à bout, fait qu'on a un marché qui est poussif, on va dire ça comme ça.
- Ariane Artinian
Il est poussif à l'échelon national et il est très poussif à Paris.
- Charles Marinakis (Century 21)
Oui, il est très poussif à Paris. Vous savez, Paris, c'est la ville de tous les excès. Quand tout allait très bien, ça allait très très bien. Et maintenant que ça va moins bien, ça va moins moins bien. Et c'est vrai que Paris est un peu en souffrance. Le prix baisse, qui est quand même pour le coup une bonne nouvelle. Mais du coup, les volumes de transactions se sont un petit peu enrayés. Les investisseurs, ce n'est pas nouveau malheureusement, mais continuent de déserter la capitale. Voilà, là aussi, les agrégats ne sont pas réunis pour que Paris soit une plaque tournante de l'immobilier, comme cela l'a été pendant des années et des années.
- Ariane Artinian
Il y a un chiffre intéressant que vous avez mis en exergue. C'est la baisse d'environ 100 000 euros du prix de cession d'un bien à Paris. Oui,
- Charles Marinakis (Century 21)
alors le prix de cession moyen a baissé, ça veut dire que déjà les prix ont beaucoup baissé à Paris d'une part, et qu'ensuite les surfaces ont légèrement baissé, et puis probablement aussi que la typologie des biens à vendre a dû se réguler à la baisse compte tenu des prix. Alors on n'a pas donné cette analyse, mais on pourrait la faire assez facilement, et on a fort à parier que là aussi la typologie des biens a dû se réduire, et peut-être même d'ailleurs les choix d'arrondissement aussi, parce que tout le monde sait que le prix du mètre carré dans le 7ème n'est pas le même que dans le 16e et encore moins que dans le 19e.
- Ariane Artinian
Qu'est-ce qui bloque ? Les prix ? Est-ce qu'ils peuvent encore baisser beaucoup ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Il faudrait qu'ils baissent encore, oui, il faudrait qu'ils baissent encore. Parce que je vous rappelle que les taux, eux, n'ont fait qu'augmenter. Donc on est aux alentours d'entre 3,20 et 3,50 aujourd'hui. Et que je vous le dis, les prix n'ont pas suffisamment encore baissé à Paris, oui.
- Ariane Artinian
Vous vous appelez une baisse de combien à Paris ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Il faudrait que ça se régule d'au moins 5%, si vous voulez, minimum. Ça neutralise au moins, il faudrait que les prix neutralisent l'augmentation des taux, ce qui n'est pas encore le cas.
- Ariane Artinian
Sur les autres territoires, quelles sont les grosses tendances qui se dégagent ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Il n'y a pas de tendance lourde, si vous voulez. La tendance est assez homogène pour une fois, même si je suis un farouche défenseur des marchés de l'immobilier et pas d'un marché de l'immobilier. Je crois que la tendance dont on n'a pas parlé encore, c'est la résurrection des primo-accédants. Je trouve que c'est vraiment l'information principale, si vous voulez, augmentée financièrement par les... la possibilité d'accéder au prêt à taux zéro, et puis la crispation et l'empêchement d'une partie des secondos accédant, qui est d'ailleurs aussi, de mon point de vue, très préjudiciable à Paris.
- Ariane Artinian
Alors les secondos, ils ne vendent pas, pourquoi ? Ils ont acheté trop cher ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Non, ils ont acheté avec des taux d'intérêt très bas. On a montré un exemple probant dans une ville comme Nice où les prix ne baissent pas. Et bien même en revendant à la hausse, si vous voulez, les conditions d'accès au crédit leur sont très défavorables dans le cadre d'une seconde acquisition.
- Ariane Artinian
Dans ces conditions-là, vous tablez sur combien de transactions en fin d'année ?
- Charles Marinakis (Century 21)
Entre 890 et 900 000 transactions à la fin d'année, ça devrait être la jauge normalement.
- Ariane Artinian
On est autour de 950 aujourd'hui.
- Charles Marinakis (Century 21)
C'est ça, 952.
- Ariane Artinian
Merci beaucoup, je rappelle que vous êtes président de Century 21 France. Merci Ariane.